Faut-il créer un impôt sur la fortune vert ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Faut-il créer un ISF vert, un impôt de solidarité sur la fortune destiné spécifiquement à financer la transition écologique pour lutter contre le changement ? L'idée vous paraît ? ?
Encore un impôt qui stigmatise encore une fois les riches, toujours les ? Attendez, alors que le réchauffement de la planète inquiète de plus en plus, record de chaleur dépassé au mois de mai, phénomène climatique extrême à répétition, été 2026 qui s'annonce déjà brûlant et que ces changements du climat commencent à coûter très cher matériellement et humainement, n'y a-t-il pas urgence à passer à la vitesse ? Et comment financer une transition qui se chiffre en ?
Est-ce que tout le monde doit contribuer ou seulement les plus gros ? Et d'ailleurs, qui sont-ils ces plus gros ? Les ultra-riches et leurs jets ?
Ou c'est plus ? Y a-t-il un manque de justice sociale dans la lutte contre le réchauffement ? Aujourd'hui, dans le temps de l'actu, zoom en archive sur la fiscalité verte en France et ses enjeux. [musique] Pour comprendre l'arrivée progressive en France de la fiscalité écologique ou fiscalité verte, en gros, les impôts et taxes qui visent des produits et activités polluantes, retour au début des années 2000.
À cette époque, on commence doucement à prendre conscience de l'urgence climatique. Il y a déjà notre cher président Chirac en 2002 qui nous dit ça. Notre maison brûle.
Et nous regardons ailleurs. Et puis il y a surtout l'été 2003. Les Européens avaient rarement eu aussi chaud que l'été dernier.
Ce sentiment est désormais scientifiquement confirmé par l'Organisation météorologique mondiale. Celle-ci vient de classer 2003 comme la 3e année la plus chaude jamais enregistrée depuis 1951. Un réchauffement qui a provoqué des phénomènes climatiques extrêmes, ouragan aux États-Unis, incendie monstre en Australie, canicule en Europe.
Mais le plus inquiétant, c'est qu'au classement des années les plus chaudes, 1998, 2002 et 2003 occupent les trois premières places. Sur ce point, les scientifiques sont unanimes, le thermomètre va grimper de plus en plus vite. Le constat est clair, il est grand temps de prendre des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique.
C'est justement l'objet du Grenelle de l'environnement organisé en 2007 par notamment Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'écologie, de Nicolas Sarkozy et parmi les pistes évoquées, il y a d'abord la taxe carbone. Une taxe carbone pour sanctionner la pollution au dioxyde de carbone. En clair, pour augmenter le prix des produits les plus polluants et donc inciter les consommateurs à ne plus acheter que des produits écologiques.
Seront donc taxés les hydrocarbures, pétrole, fioul domestique, l'essence à la pompe, mais pas seulement. Cette taxe carbone, vous allez la retrouver dans tout ce qui a nécessité des hydrocarbures pour être produit ou acheminé. Donc en fait, ça va toucher au prix d'absolument tout et n'importe quoi.
Exemple, une clémentine du Maroc importée par avion, un moyen de transport très polluant, elle sera donc surtaxée et coûtera au final plus cher qu'une clémentine produite sur place, en France. Une taxe qui ne sera finalement mise en place qu'en 2014 sous François Hollande. Par contre, d'autres mesures fiscales entrent elles très vite en vigueur comme le bonus malus sur les ventes de véhicules neufs.
C'est l'une des mesures phares du Grenelle de l'environnement, un système de bonus malus pour favoriser les véhicules les plus propres au détriment des plus polluants. Le dispositif s'appliquera une seule fois à l'immatriculation. Concrètement, l'heureux acheteur d'un véhicule propre touchera un bonus.
Celui-ci ira de 200 à 1000 euros, le maximum réservé aux petits véhicules émettant moins de 100 g de CO2 au kilomètre. Le malus, lui, s'échelonnera de 200 à 2600 euros pour les véhicules les plus polluants, au-delà de 250 g de CO2 au kilomètre, ils représentent 1 % des véhicules neufs. Autre mesure imaginée par le Grenelle de l'environnement, l'écotaxe sur les poids lourds.
Le principe, taxer dès 2014 les camions de plus de 3,5 t sur certains tronçons du réseau routier français. Oui, sauf que ça va faire grincer des dents. Novembre 2013, c'est ce que l'on va appeler la révolte des bonnets rouges.
La main sur le klaxon, les poids lourds prennent possession de la route. Un barrage pour réclamer l'abandon pur et simple de l'écotaxe. Pas question de se satisfaire d'une suspension.
Ça va nous programmer encore une surcharge dans le coût de transport qu'on ne pourra répercuter difficilement. Donc on veut la suppression de l'écotaxe, c'est tout. On veut que ça.
La taxe qui qui qui nous impose nous bouffe le les bénéfices. Il faut qu'on se défende, on peut pas continuer à rester à payer des taxes comme ça et puis à toujours travailler de plus en plus parce que c'est Ça qu'on fait, on travaille de plus en plus et on a l'impression que on gagne de moins en moins. L'écotaxe sur les poids lourds sera finalement enterrée par le gouvernement de l'époque.
La révolte des bonnets rouges, une bande-annonce de la crise des gilets ? Peut-être bien. Nous sommes maintenant en automne 2018 et c'est cette fois la hausse des taxes sur le carburant qui va mettre le feu aux poudres.
Barrage filtrant sur la voie rapide au nord d'Avignon. Au milieu des gilets jaunes, Arlette Moncho, 53 ans, participe à la première manifestation de sa vie. Elle est cariste dans une usine à 15 km de chez elle.
La hausse des taxes sur les carburants a fortement impacté son budget mensuel. J'en ai pour 200 euros d'essence. Sans me faire trop de loisirs.
Si je veux aller voir des amis qui habitent un peu loin, je suis coincée. Donc je suis restreinte. C'est pas juste l'essence, c'est un ras-le-bol général.
Voilà, c'est la population se sent s'étouffe. On s'étouffe. En réponse à la colère populaire, une convention citoyenne pour le climat est mise en place à l'automne 2019. 150 personnes représentatives de la société française tirées au sort pour trouver des solutions pour freiner le changement climatique et parmi leurs propositions Quelles idées ont été ?
La quasi-totalité, 146 sur 149. Comme établir un bilan carbone annuel pour les entreprises, les obligeant à détailler leurs émissions de CO2. Autre annonce, le CO2 score, une étiquette qui indiquerait si les produits consommés sont bons pour le climat.
Des mesures qui pourraient être soumises par voie de référendum dès l'année prochaine, les membres de la convention s'en félicitent. À l'inverse, quelles idées ont été écartées par Emmanuel ? D'abord, une mesure emblématique mais controversée, la taxation des dividendes.
Je suis en désaccord. J'avais dit que j'avais quelques jokers avec la taxe de 4 % sur les dividendes que vous proposez. Je ne dis pas qu'il ne faut pas réorienter une partie des investissements vers des vers des investissements plus verts.
Mais mettre sur tous les investissements une taxe, c'est réduire notre chance d'attirer des investissements supplémentaires. Exit donc une taxe verte sur les dividendes. Pour autant, l'idée de mettre à contribution les plus riches pour financer la transition écologique s'installe dans le débat public.
En 2022, la création d'un ISF vert fait partie des propositions de certains candidats de gauche à l'élection présidentielle, mais c'est aussi l'une des recommandations d'un rapport remis au gouvernement en mai 2023 signé par les économistes Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouz. Explication à l'époque d'Axel de Tarlé sur France 2. La feuille de route, c'est de réduire d'ici 2030 de 55 % nos émissions de CO2 par rapport à 1990.
Alors, ça veut dire ? Et bien, il s'agit d'électrifier massivement nos nos nos routes, de décarboner l'industrie. Bref, nous dit Matignon, ça va bouleverser la mobilité et nos modes de vie.
Il y en a pour 66 milliards par an. Qui Qui ? Alors, le rapport de Jean Pisani-Ferry dit bah on ne va on va devoir avoir recours à l'endettement mais on va devoir aussi taxer les ménages mais attention, il faudra les taxer équitablement pour ne pas avoir de phénomène type gilet jaune et c'est pour ça que ce rapport préconise de taxer les 10 % les plus riches.
Alors pas forcément par réflexe anti-riche mais simplement si on regarde les émissions carbone des Français les plus aisés et bien ils émettent 46 tonnes trois fois plus que les 10 % des Français les plus modestes euh et donc Jean Pisani-Ferry préconise une sorte d'ISF vert. Il dit il faudrait prendre euh les 10 de le le patrimoine financier une part taxer une partie du patrimoine financier des 10 % les plus riches. Soit.
Et maintenant alors que le changement climatique devient de plus en plus alarmant, température qui s'envole, phénomène climatique extrême aux conséquences désastreuses, comment lutter et surtout financer la transition ? Doit-on pour ça prendre des mesures radicales notamment ? Réagissez en commentaire et moi je vous dis à très vite pour un autre zoom sur l'actualité.
Et pour approfondir le sujet, écoutez le ton de l'actu, le podcast d'actualité de l'INA et de l'université Panthéon-Assas à retrouver sur toutes les plateformes d'écoute.
Dominique Theophile