Violences policières : "La BRAV-M m'a roulé dessus à moto"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
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- 2:40OuverteRéponse directe
Peux-tu nous raconter comment les choses se sont déroulées ?
- 2:57FerméeRéponse directe
Dans un cortège ?
- 3:37OuverteRéponse directe
Et tu t'es rendu compte qu'on te prenne en chasse ? T'as couru ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- 3:53RelanceRéponse directe
Et donc, après ça ?
- 5:12RelanceRéponse directe
Alors, dans le cas d'Espèce, il n'y a pas d'affrontement. Il n'y a même pas de manifestation. Donc, on ne peut pas dire que c'est parce qu'ils étaient en train de réagir à la violence de la foule.
- 5:33OuverteRéponse directe
Quel est le bilan médical de cette agression ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49InvitéFait
« « Efface ton sourire, efface ton sourire, efface ton sourire, efface ton sourire, efface ton sourire. Tu la fermes ou tu la fermes ? Ouais, tu la fermes sur tes potes ! » »
- 0:55InvitéFait
« « Tu la fermes ou t'en veux ? » »
- 1:01InvitéFait
« « Je ferme pas. » »
- 1:01InvitéFait
« « Je ferme pas, tu commences à bégayer, t'en veux peut-être une, non, pour te remettre la mâche en droite ? » »
- 1:05InvitéFait
« « Après tu sais, je peux venir dormir avec toi si tu veux. » »
- 2:35InvitéFait
« Oui, c'est justement parce qu'on m'a roulé avec une moto sur la jambe gauche. »
- 4:11InvitéFait
« Et justement, devant ce café, une moto me percute dans le dos et m'envoie en avant, deux, trois mètres plus loin. »
- 4:34InvitéFait
« Il me saute à la gorge pour m'immobiliser au sol. »
- 4:51InvitéFait
« À ce moment-là, je ne comprends pas forcément qu'il s'agit d'une moto. Et accompagné, bien sûr, de plein d'insultes, de défoncer-le, taper-le. »
- 5:36InvitéChiffre
« Je ressors de tout ça avec huit jours d'ITT. »
- 5:44InvitéFait
« Une incapacité pendant quelques semaines de marcher correctement. »
- 6:00InvitéFait
« C'est vrai que c'était un événement assez traumatique. »
- 7:30InvitéFait
« En fait, aujourd'hui, ces violences, elles existent depuis toujours. Pareil, dans la banlieue, en Cité de France. »
- 7:37InvitéFait
« Nous, on a la chance aujourd'hui, en tant que manifestants, d'avoir quelques armes pour nous. À savoir des téléphones et de pouvoir être filmés. »
Temps de parole
- Invité49 %
- Présentateur47 %
- Invité 24 %
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Et voilà que la question des violences policières revient au centre de l'actualité nationale française, à la faveur du vaste mouvement social contre la réforme des retraites qui s'est renforcée après la décision d'Emmanuel Macron de passer en force en se servant de l'article 49.3 de la Constitution. Comme dans la séquence « Gilets jaunes » qui avait commencé en novembre 2018, ces violences policières ont d'abord été occultées par les grands médias en dépit des preuves vidéo qui ont été assez vite disponibles sur les réseaux sociaux.
Mais ces derniers jours, un petit verrou a manifestement sauté, notamment avec la reprise par les chaînes d'info d'un enregistrement audio accablant diffusé par le média en ligne Loopsider, un enregistrement qui documente les intimidations et les actes de violence de la Brave M contre 7 jeunes gens interpellés lundi de la semaine dernière après une manif.
« Efface ton sourire, efface ton sourire, efface ton sourire, efface ton sourire, efface ton sourire. Tu la fermes ou tu la fermes ? Ouais, tu la fermes sur tes potes ! » « Tu la fermes ou t'en veux ? » « Je ferme pas. » « Je ferme pas, tu commences à bégayer, t'en veux peut-être une, non, pour te remettre la mâche en droite ? » « Après tu sais, je peux venir dormir avec toi si tu veux. » À la suite de la divulgation de cet enregistrement, Laurent Nunez, le préfet de police de Paris,
s'est dit très choqué et a saisi l'IGPN, l'IGPN dont la chef a annoncé 17 procédures judiciaires, dont 11 depuis une semaine. Dans le même temps, elle justifiait d'une certaine manière les dérives en évoquant un changement de nature avec la présence nouvelle d'individus dits particulièrement radicalisés. Faut-il prendre au sérieux la toute nouvelle prise de conscience des autorités politiques et administratives alors qu'elles n'ont pas bronché auparavant, alors que des images de violences policières insoutenables étaient disponibles sur les réseaux sociaux ? Je reçois aujourd'hui sur le plateau du Média, Valentin, 19 ans.
Mardi dernier, alors qu'il manifestait entre Bastille et Gare de Lyon, il a été agressé par des membres des forces de l'ordre qui lui ont volontairement roulé dessus. Les images de cette agression ont fait le buzz, mais sans conséquences politiques. Il est là pour témoigner. Salut Valentin. Bonjour Théophile. La première des choses qu'on voit en te rencontrant, c'est que tu marches avec une béquille. On imagine que c'est en raison de cette agression.
Oui, c'est justement parce qu'on m'a roulé avec une moto sur la jambe gauche.
Alors, est-ce que tu peux nous raconter comment les choses se sont déroulées ?
J'étais avec des amis. On revenait de la manifestation qui se trouvait à République. Nous sommes allés direction Bastille. À ce moment-là, on partait de Bastille pour rejoindre Gare de Lyon et rentrer chez nous.
Dans un cortège ?
Non, je n'étais même pas un cortège. J'étais juste avec des amis. On était une petite dizaine, voire une vingtaine. Bien sûr, on chantait nos slogans dans la rue, mais de manière pacifique. Certains d'entre eux ont crié qu'il y avait la Bravem. C'est vrai qu'en manifestation, on est très vite au courant des dérives de la Bravem. Donc, ça fait très peur quand on entend ça. Sans compter que quelques secondes plus tard, il y avait les bruits de moteur qui sont assez assourdissants dans les petites rues. Ils sont arrivés à une dizaine en moto. J'avais le malheur d'être au milieu de la route à ce moment-là. Donc, ils m'ont pris en chasse, moi et les autres aussi.
Et tu t'es rendu compte qu'on te prenne en chasse ? T'as couru ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
C'est le premier réflexe, je pense. Ça me paraît normal quand on a deux, trois motos qui nous prennent en chasse. On court pour sa vie. Ça reste des véhicules lancés à, je pense, une trentaine de kilomètres heure sur nous.
Et donc, après ça ?
Après ça, j'ai rejoint, pensant que j'allais être plus en sécurité sur un trottoir, le trottoir d'un café. Et en fait, je me suis rendu compte que les motos me suivaient sur le trottoir. Elles sont montées sur le trottoir. Oui, voilà. Et justement, devant ce café, une moto me percute dans le dos et m'envoie en avant, deux, trois mètres plus loin. C'est à ce moment-là, d'ailleurs, que la vidéo commence. On ne voit pas la première salve, la première agression. Mais à ce moment-là, je me relève un peu étourdi. C'est vrai que je vois tout noir. Et j'essaye de recourir encore une fois, mais je rechute. Et là, il me saute à la gorge pour m'immobiliser au sol.
Il y a plusieurs policiers autour de moi. Et je sens, quelques secondes plus tard, qu'un poids très lourd sur ma jambe. À ce moment-là, je ne comprends pas forcément qu'il s'agit d'une moto. Et accompagné, bien sûr, de plein d'insultes, de défoncer-le, taper-le. Et je pense que moi, je me protégeais le visage. Donc, je n'ai pas vu si tout le monde a mis son coup de pied. Mais j'ai l'impression qu'ils ont tous mis un petit coup de pied.
Alors, dans le cas d'Espèce, il n'y a pas d'affrontement. Il n'y a même pas de manifestation. Donc, on ne peut pas dire que c'est parce qu'ils étaient en train de réagir à la violence de la foule.
Non, c'était une arrestation. Enfin, arrestation. Une agression complètement arbitraire. On n'a commis aucune dégradation. On était juste à chanter les slogans qu'on venait bien en manifestation.
Quel est le bilan médical de cette agression ?
Je ressors de tout ça avec huit jours d'ITT.
ITT, ça veut dire ?
Des arrêts de travail. Une incapacité pendant quelques semaines de marcher correctement. Pour l'instant, c'est des béquilles. Mais le médecin m'a prévenu que pendant trois à quatre semaines, j'allais boiter quand même. Et puis, il y a aussi des conséquences psychologiques qu'il faut prendre en compte. C'est vrai que c'était un événement assez traumatique.
Et est-ce que tu ressens ce traumatisme aujourd'hui ?
Je le ressens parce que c'est vrai que c'est une réelle intimidation. Moi, j'ai des convictions. J'aimerais bien, par exemple, retourner en manifestation. Mais ça fait peur maintenant. J'ai même peur pour mes amis que des bavures comme celle-ci puissent leur arriver. Donc, j'ai l'impression qu'ils ont, d'une certaine manière... Enfin, ce genre d'action, c'est cette volonté d'essouffler un mouvement. C'est des actions qui, certes, se sont retournées contre moi de manière individuelle. Mais on comprend que ça a une portée vraiment globale. Et c'est pour ça que...
Ce sont des violences politiques, à ton avis.
Ouais. Moi, c'est ce que je pense. Et je pense qu'on le voit aussi sur la vidéo. Après, ils me relèvent. Et le truc, c'est qu'ils me laissent partir. Donc, ça montre bien qu'ils n'avaient rien contre moi. Et avant de me laisser partir, ils me disent de prévenir mes amis. Qu'ils ne rigolent pas, quoi.
Est-ce que l'IGPN t'a contacté, vous a contacté après cette manifestation ? Pour le moment... Après cette agression, surtout après la sortie de la vidéo.
Alors, pour le moment, l'IGPN ne m'a pas contacté. Je suis en train de voir, justement, avec mon avocat pour déposer un dossier. Et justement, porter plainte au sujet de tout ça. Comme on a pu le voir avec l'enregistrement précédent. En fait, aujourd'hui, ces violences, elles existent depuis toujours. Pareil, dans la banlieue, en Cité de France. C'est des violences qui sont presque quotidiennes, quand on discute un peu avec les gens. Nous, on a la chance aujourd'hui, en tant que manifestants, d'avoir quelques armes pour nous. À savoir des téléphones et de pouvoir être filmés. Pour pouvoir être enregistrés.
Mais on parle au nom aussi de tous ceux qui ont subi ces violences et qui n'ont aucun témoin.
Parce qu'en fait, en réalité, s'il n'y avait pas eu la vidéo, il n'y aurait pas eu d'affaires. C'est sûr. Il y a à peine une affaire, malgré la vidéo, qui est très forte. C'est ça. Après la diffusion des audios de Loopsider, dont on entend vu quelques extraits, il y a une petite prise de conscience qui semble émerger. Et il est temps. Qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que tu ne te dis pas pourquoi cette prise de conscience n'a pas eu lieu alors que la vidéo dont j'étais l'acteur involontaire avait déjà commencé à tourner ? Ou bien tu es plutôt satisfait ?
Moi, je pense qu'on est tous ensemble. Et d'une certaine manière, j'ai beaucoup de compassion pour nos camarades qui ont subi ces violences aussi. Et non, au contraire, je pense que c'est une bonne chose que ça a été enregistré. Par ailleurs, les violences verbales et physiques qu'on peut entendre dans cette vidéo sont... Pour reprendre tes mots, c'est accablant. Ça ne devrait pas exister.
Et nous sommes toujours dans l'expectative parce que ce week-end, à Sainte-Soligne, il y a aussi des manifestations, aussi des violences policières. Il y a une personne dont le pronostic vital est engagé.
Oui, j'ai vu les images. La Bravème est désormais en quad et lance des grenades. Donc, on se demande ce qui se passe. On a l'impression qu'on attend qu'il y ait un drame pour faire changer les choses.
Alors, tu as 19 ans, ce sont les premières années de la citoyenneté puisqu'elle commence à 18 ans. Qu'est-ce que ça fait d'avoir 19 ans dans un pays où, quelque part, la police semble avoir le droit d'agresser la jeunesse dès qu'elle sort des clous ?
D'une certaine manière, c'est assez révoltant. Après, personnellement, j'étais quand même déjà au courant de ses comportements. Et je n'en suis pas fier. Je ne suis pas fier d'être dans un pays où on marche sur la démocratie et où les forces de l'ordre sont, en fait, de réels cow-boys dans les rues par moments.
Et, bon, tu es dans l'incapacité manifeste de retourner en manif, mais est-ce que, tu en discutes avec tes amis, est-ce que ce qui t'est arrivé, les dissuades, d'aller en manif, est-ce qu'il y a un aspect d'intimidation efficace dans tout ce qui s'est passé ?
On en a discuté. Pour certains, il n'y avait pas besoin de mon cas pour qu'ils aient peur d'aller déjà en manif. Ça devient de plus en plus dangereux. Ça ne devrait pas. C'est notre droit de manifester. Pour la plupart, justement, notre dialogue a tourné autour justement de cette répression et de cette prévention, à savoir préviens tes potes, nous, on ne rigole pas, quoi. Et ils continuent d'aller en manif, justement, et au contraire, ça leur a donné d'autant plus de raisons de défendre nos revendications.
Merci beaucoup, Valentin. Bon, à savoir, le Conseil de l'Europe a dénoncé vendredi dernier l'usage excessif de la force en France et, je le disais, à la suite de la répression de la manifestation contre les méga-bassines à Sainte-Solines, une manifestation de samedi dernier, on déplore un manifestant dont le pronostic vital reste engagé au moment où nous tournons. Merci, Valentin. Vous le savez bien, maintenant, ces flash-infos du bon côté de la barricade s'inscrivent dans notre grande ambition. Débarquez à la télé et continuez de tenir notre antenne 24-7 sur YouTube et Dailymotion pour vous proposer un autre traitement de l'information.
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