La chronique de Roger Karoutchi du 22/04/26
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Merci d'être avec nous sur Radio-G ce matin, ce mercredi 22 avril. Et nous retrouvons évidemment, comme chaque semaine, un mercredi sur deux, Roger Carucci, sénateur des Hauts-de-Seine. Bonjour Roger, ce matin, vos réflexions sur ce qui se passe actuellement dans le monde et particulièrement au Proche-Orient. Bonjour Roger.
Bonjour, que se passe-t-il en Europe ? Que se passe-t-il en France ? Et où est-ce qu'on en est tous, si je puis dire, par rapport à la fois à la guerre entre Israël et les États-Unis et l'Iran, ce qui se passe au Liban et quelle est la position française ? Depuis des mois, sinon des années, je demande à ce que le Quai d'Orsay adopte une attitude plus à l'équilibre entre d'une part Israël et d'autre part l'Iran et l'ensemble de ces proxys. Je constate malheureusement, et je m'en suis plaint directement auprès des autorités, que ce n'est pas le cas.
Le président de la République se vante, c'est son bras le plus strict, d'avoir au téléphone le président iranien, de recevoir le Premier ministre libanais. Je ne l'entends pas, en revanche, condamner sévèrement, sévèrement, le fait que le Hezbollah s'en soit pris à des soldats français de la finule et tuer un français en blessant plusieurs autres. Il dit, ce n'est pas les français qui étaient visés. Pas plus d'ailleurs que lorsqu'un navire français veut passer le détroit d'Hormuz, il dit non, non, ce n'était pas la France qui était visée. On a l'impression assez stupéfiante que les autorités françaises ne veulent pas mettre en cause l'Iran d'une manière ou d'une autre. Pourquoi faire ?
Pourquoi faire ? Enfin, quand même, si on explique que les autorités françaises ne veulent pas la chute du régime des Mollahs, c'est quand même un peu inquiétant. 40 000 morts en Iran du fait des Mollahs au mois de janvier, peu de réactions internationales, à part, effectivement, l'intervention militaire américaine ou israélienne, mais pour le reste, où est l'Europe ? Où est l'Occident ? L'Espagne passe son temps à dire que le fautif de tout ça, c'est Israël, que l'Espagne refuse tout accord avec les États-Unis.
L'Espagne, qui, entre parenthèses, ne se prive pas de dire qu'elle va régulariser 500 000 migrants illégaux, sachant très bien que ces migrants vont ensuite se répartir sur le reste de l'Europe, puisqu'ils seront donc ainsi régularisés. C'est une situation folle, folle. On a un gouvernement français qui ne sait plus très bien ce qu'il doit dire au niveau international et qui, dans certains cas, pourrait au moins s'aligner quand même sur les valeurs occidentales de démocratie et de liberté pour soutenir les États-Unis, mais la France ne le fait pas. L'Espagne semble être totalement en lévitation et avoir pris le parti quasiment de l'Iran, du Hezbollah et du reste.
Nous sommes dans une situation où on se demande si l'Europe a encore une voix, si l'Europe a encore un sens, et si l'Europe a encore une vocation unifiée au niveau international, je ne parle même pas des problèmes internes ou des difficultés par rapport aux directives européennes en matière économique. Mais à un moment, il va quand même falloir trancher. Alors moi, je le dis tout à fait sereinement, puisque je l'ai dit au Sénat et je le dis partout, lorsqu'arrivent les élections présidentielles, il faut faire des choix.
Et pour moi, ce sera clair, je ne soutiendrai pas un candidat qui n'aura pas une politique internationale claire, qui sera une politique internationale, qui devra être une politique internationale conforme à nos valeurs de démocratie, de liberté. Je rappelle, je dis juste ça, qu'Israël est la seule démocratie au Proche-Orient, que l'Iran a quand même tué des soldats français dans les attentats en terre et au Liban, qu'aujourd'hui, l'Iran au Liban, par l'intermédiaire du Hezbollah, remet en cause clairement l'autorité, la souveraineté, l'indépendance du Liban. J'attends, j'attends que des dirigeants politiques français se disent « ça suffit ». Certains le font, pas beaucoup.
Eh bien, je soutiendrai ceux qui le font.
Merci beaucoup, Roger Carrucci. Merci d'avoir été avec nous, sénateur des Hauts-de-Seine, comme chaque mercredi, une semaine sur deux. Évidemment, chronique à retrouver en podcast sur radioj.fr. On va revenir à l'actualité en Israël avec Pascal Zanschein, notre correspondante à Jérusalem. Évidemment, l'actualité du jour, c'est ce Yom Ha'atzma'ut, le jour d'indépendance de l'État d'Israël, alors que Jérusalem doit encore se battre sur plusieurs fronts. On fait le point avec Pascal, vous restez avec nous juste après. Ce sera le journal, et oui, jour férié oblige en Israël, il n'y a pas de revue de la presse de Jérusalem aujourd'hui, donc ce sera le journal avec Eleonore Claude.
Et puis juste après, l'humour, Kevin Derbloom sera avec nous, et l'invité de David Revodalone, c'est Marc Toiti, essayiste spécialiste économique, qui sera en studio. Sous-titrage Société Radio-Canada
Roger Karoutchi