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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 20 février 2020 10 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieSécurité

Conseil européen : déclaration à l'arrivée | Emmanuel Macron

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Vous affichez beaucoup d'ambition sur ce budget, d'autres pays beaucoup moins, qui préfèrent que l'Europe se serre la ceinture aujourd'hui et compenser le départ des Britanniques. Qu'est-ce que vous allez leur dire ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Une conséquence très concrète de ce projet de budget, c'est une baisse pour les aides des agriculteurs. Qu'est-ce que vous avez envie de leur dire ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    But how are you gonna do it ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00E. MacronFait
    « Il y a des guerriers de Daesh, il y a des combattants, il y a des terroristes, il faut les combattre et nous sommes, dans le cadre de la coalition, dans ce combat. »
  • 3:00E. MacronFait
    « Ce budget est important parce que nous avons des ambitions pour l'Europe et nous devons mettre des moyens en face de ces ambitions pour la transition climatique, pour une Europe plus souveraine, plus unie, plus démocratique. »
  • 4:00E. MacronFait
    « La Politique agricole commune, c'est celle qui permet de nourrir les Européennes et les Européens. Nos paysans nous nourrissent depuis des décennies »
  • 5:00E. MacronPromesse
    « Nous allons nous battre aussi pour avoir un Fonds européen de la défense plus ambitieux, des moyens au rendez-vous de nos exigences et de nos ambitions en matière de numérique, pour augmenter un peu aussi Erasmus. »
  • 6:00E. MacronFait
    « Nous souhaitons que, justement, ce budget européen donne la possibilité aussi d'avoir plus de ressources propres nouvelles, ce qui permettra de sortir de ces débats des contributions nationales ou des rabais avec lesquels nous pensons qu'il faut en finir. »
  • 7:00E. MacronPromesse
    « Nous n'y sommes pas. Nous allons encore nous battre pour l'améliorer, pour que nous ayons les moyens d'accompagner nos paysans »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-E. Macron : Après la fusillade d'Hanau, et je veux dire ici évidemment au peuple allemand, aux familles des victimes d'abord, mais à tout le peuple allemand et la chancelière, le soutien, la solidarité de la France et notre volonté d'être à leurs côtés dans ce moment de tristesse, de deuil, mais aussi à leurs côtés pour le combat contre la haine, les racismes qui est conduit par la chancelière avec beaucoup de force, comme d'ailleurs par l'essentiel des forces politiques allemandes aujourd'hui en présence. Le 2e mot que je voulais vous dire avant de commencer ce Conseil, c'est un mot pour Idleb et la Syrie.

Nous ne pouvons pas aujourd'hui nous réunir comme s'il ne se passait rien à quelques milliers de kilomètres de nous. Aujourd'hui, et depuis plusieurs semaines, c'est l'un des pires drames humanitaires qui est en train de se passer. Et je veux ici condamner avec la plus grande fermeté les attaques militaires qui sont menées depuis plusieurs semaines par le régime de Bachar al-Assad contre les populations civiles d'Idleb.

Il y a des guerriers de Daesh, il y a des combattants, il y a des terroristes, il faut les combattre et nous sommes, dans le cadre de la coalition, dans ce combat. Mais aujourd'hui, c'est aussi la population civile, ce sont les humanitaires qui sont attaqués. Ce sont des centres médicaux qui sont attaqués, qui ont été détruits depuis plusieurs semaines et je veux ici condamner avec la plus grande fermeté ce qui se passe à Idleb.

Je souhaite d'ailleurs que nous puissions, à 27, prendre une position forte en la matière et que nous puissions mener de nouvelles initiatives au niveau des Nations unies et je demande vraiment à l'ensemble des membres permanents du Conseil de sécurité de prendre leurs responsabilités. Rien ne peut justifier le non-respect du droit humanitaire international et le sacrifice de populations civiles. Ensuite, l'objet de ce Conseil, c'est, comme vous le savez, le budget européen.

Et je veux, à cet égard, commencer par féliciter Charles Michel pour le travail qu'il a conduit depuis plusieurs semaines à travers des auditions successives pour essayer de trouver, si je puis dire, une plate-forme commune. C'est un travail qui est toujours ingrat, que lui et son équipe ont mené avec beaucoup de patience, et nous avons aujourd'hui une copie qui va permettre de démarrer la discussion. Ce budget est important parce que nous avons des ambitions pour l'Europe et nous devons mettre des moyens en face de ces ambitions pour la transition climatique, pour une Europe plus souveraine, plus unie, plus démocratique.

Et donc, c'est de cela dont nous allons discuter. La position de la France sur ce budget consistera d'abord à se battre pour avoir une Politique agricole commune au rendez-vous de nos ambitions. La Politique agricole commune, c'est celle qui permet de nourrir les Européennes et les Européens.

Nos paysans nous nourrissent depuis des décennies, ça a été d'ailleurs l'un des grands succès de la France et de l'Europe dès les années 60. Et aujourd'hui, c'est aussi une politique que nous sommes en train de faire évoluer. Il en faut pour toutes les catégories, de l'entrée de gamme à une politique agricole qui exporte, une politique agricole aussi de proximité ou plus biologique et aider à cette transition.

Il nous faut aussi, donc, nous donner les moyens de cette transition car on ne peut pas parler de politique climatique et de politique en faveur de la biodiversité si nous ne transformons pas progressivement notre Politique agricole commune. A ce titre, nous nous battrons pour améliorer encore la proposition qui a été faite. La proposition a permis des 1res améliorations et je m'en félicite.

Nous n'y sommes encore pas. Nous ne sommes pas au rendez-vous de ce que nous souhaitons pour notre Politique agricole commune et je souhaite que les prochaines heures, les prochains jours, nous permettent d'améliorer la copie. C'est indispensable pour notre souveraineté alimentaire, c'est aussi indispensable pour avoir une agriculture qui permette l'alimentation de qualité et la transition climatique que nous défendons.

Nous allons nous battre aussi pour avoir un Fonds européen de la défense plus ambitieux, des moyens au rendez-vous de nos exigences et de nos ambitions en matière de numérique, pour augmenter un peu aussi Erasmus. Nous avons aujourd'hui une augmentation, mais elle n'est pas suffisante et pas conforme à ce que nous avions souhaité. Donc il y a plusieurs autres sujets sur lesquels nous allons nous battre pour mettre les moyens budgétaires au rendez-vous de nos ambitions.

Enfin, dans ce contexte-là, il y a un sujet qui est à mes yeux important, c'est celui des ressources externes et des ressources nouvelles. Des propositions sont faites sur ce qu'on appelle les mécanismes ETS, donc le climat ou la taxe plastique. Nous souhaitons que, justement, ce budget européen donne la possibilité aussi d'avoir plus de ressources propres nouvelles, ce qui permettra de sortir de ces débats des contributions nationales ou des rabais avec lesquels nous pensons qu'il faut en finir.

Donc voilà, on a une 1re proposition de la présidence du Conseil que je juge positivement. Nous n'y sommes encore pas. Nous allons travailler sur les actes que je viens d'évoquer dans les prochaines heures et les prochains jours. -Vous affichez beaucoup d'ambition sur ce budget, d'autres pays beaucoup moins, qui préfèrent que l'Europe se serre la ceinture aujourd'hui et compenser le départ des Britanniques.

Qu'est-ce que vous allez leur dire ? -E. Macron : Nous devons acter du départ des Britanniques.

Pour autant, il serait inacceptable d'avoir une Europe qui compense le départ des Britanniques en réduisant ses moyens parce que nous nous sommes aussi donnés des ambitions et tout le monde était d'accord quand la nouvelle commission est arrivée. Quand nous nous sommes battus pour les européennes, de porter de nouvelles ambitions, les mêmes qui nous disent ça nous disent : "Il faut plus d'ambition climatique, il faut plus d'ambition militaire, il faut plus d'ambition pour répondre au problème des migrations". Donc, il faut de la cohérence.

On ne peut pas dire à un moment donné "On veut plus d'ambition", et le jour où il faut mettre les moyens en face de ces ambitions, dire "On n'est pas là". Ce budget, il a un coût pour la France, chaque année. On va rehausser notre contribution nationale de plusieurs milliards d'euros.

Je le mesure et, à un moment, il devra intégrer la copie. Mais il faut qu'on soit cohérents. Si on pense que ces grands défis ont besoin de plus d'Europe, il faut aussi, en étant exigeants sur ces politiques, il faut qu'elles soit utiles, mais on ne peut pas dire d'entrée de jeu qu'on ne veut pas y mettre les moyens. -Une conséquence très concrète de ce projet de budget, c'est une baisse pour les aides des agriculteurs.

Qu'est-ce que vous avez envie de leur dire ? -E. Macron : Je vais dire très simplement que je me bats pour cela.

Nous n'y sommes pas. Donc la proposition qui a été faite par la présidence du Conseil a amélioré la copie, suivant d'ailleurs les demandes de la France en la matière. Aujourd'hui, nous n'y sommes pas.

Nous allons encore nous battre pour l'améliorer, pour que nous ayons les moyens d'accompagner nos paysans, chaque jour, parce qu'ils nourrissent le peuple français et le peuple européen et de les aider aussi dans les transitions qu'ils sont en train de faire parce qu'ils sont en train de moderniser leurs outils de production, parce qu'on leur demande aussi de faire des efforts, on leur demande de répondre à des objectifs de santé publique ou à des objectifs environnementaux. Il faut les accompagner. (Propos inaudibles) (...) -E.

Macron : C'est le cas. Donc, je vais leur dire: "Regardons ensemble comment répondre à vos demandes, ça ne peut pas être moins". Moi, je ne suis pas pour moins d'Europe, moins d'ambition européenne dans un monde où il y a de plus en plus de défis et où, au contraire, on a besoin de plus d'Europe.

Donc, on va passer par des explications. Il y aura sans doute, selon les politiques, des retours qui peuvent s'améliorer pour eux. Si on a justement une taxe plastique, certains de ces pays sont des bénéficiaires.

Ils sont moins émetteurs que d'autres. Si on place les ressources dites ETS dans le budget, ça peut améliorer. Donc c'est la discussion qui rentre.

La discussion ne peut pas se solder par aller vers 1% de budget. (Propos inaudibles) -E. Macron : Je passerai tout le temps qu'il faut pour obtenir un accord ambitieux défendant les intérêts que je viens d'évoquer. (Propos inaudibles) -E.

Macron : Je pense qu'à ce stade, nous venons d'avoir une réunion avec quelques dirigeants dont Charles Michel, je pense qu'il est possible, qu'il y a un chemin, si tout le monde met un peu d'esprit de compromis et d'ambition, il y a un chemin pour trouver un accord durant ce sommet. Ce chemin peut prendre quelques heures, quelques nuits et quelques jours. J'y suis prêt. (Propos inaudibles) (...) -E.

Macron : Ce budget doit être amélioré. -But how are you gonna do it ? -E.

Macron : Par la discussion, par la conviction et par la possibilité d'aller sur de nouvelles politiques. Je note aussi que, d'ores et déjà, le président Michel, en s'engageant à une augmentation de capital de la Banque européenne d'investissement, en ouvrant aussi avec la Commission des discussions sur ce qu'on appelle le "two pack, six pack", permet de compléter ce qui est simplement le budget par d'autres instruments. (Propos inaudible) -E.

Macron : Je ne sais pas. Je suis prudent. L'expérience instruit.

Peut-être que nous n'y arriverons pas cette fois-ci. En tout cas, je ne veux pas qu'aujourd'hui nous commencions ce sommet en disant : "Ca n'est pas possible". Je pense que c'est possible.

Mais pour moi, il n'y a pas de compromis qui passerait par une réduction de l'Europe, de ses ambitions ou le sacrifice de celles et ceux qui, depuis des décennies, portent ce qu'est l'Europe. L'Europe ne serait pas ce qu'elle est si elle n'avait pas des agriculteurs justement pour l'alimenter, si elle n'avait pas une ambition pour réduire les différences et les inégalités entre régions, s'il n'y avait pas aussi des ambitions nouvelles dont nous nous sommes dotés et ces politiques d'avenir que sont le numérique, le climat ou la défense. (Propos inaudible) (...) -E.

Macron : Il y a des convictions à poursuivre et je pense que notre Europe, vous me connaissez, elle a besoin, en effet, de plus d'ambition. Mais on ne peut pas avoir, le lundi, des ambitions et le jeudi, quand on arrive et qu'il faut payer, dire qu'on ne met pas les moyens en face. Nous avons cette cohérence et j'espère convaincre le maximum de mes collègues.

On va y aller. On va commencer. On vous tiendra au courant.

Merci beaucoup. (Propos inaudible) Juste après. ...