A-t-on le droit de rire de Sarko devant son fils Louis ? - Retour sur l’affaire "Guedj viré" de manif
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:31OuverteÉludée
Est-ce qu'une ministre de l'Intérieur est islamophobe ?
- 1:57RelanceÉludée
Est-ce que vous diriez que France Inter est une antenne militante ?
- 3:28OuverteRéponse directe
Pourquoi cette erreur sur Normandie-Nyémen ?
- 5:35OuverteRéponse directe
Pourquoi cette initiative de Gonnadel est-elle stupide ?
- 6:48OuverteRéponse directe
Pourquoi rire de Sarkozy devant son fils ?
- 8:36OuverteRéponse directe
Pierre Rondeau trouve la blague drôle, vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:41PrésentateurFait
« Bien sûr que ça m'a choqué. Bien sûr. Profondément choquant. »
- 2:13PrésentateurFait
« Bruno Retailleau est complètement dans son rôle. »
- 3:28InvitéFait
« c'est le nom d'une unité célèbre de l'armée de l'air française qui a été créée pendant la Seconde Guerre mondiale. »
- 4:03PrésentateurFait
« Évidemment que les mirages n'existaient pas, mais on pourrait faire, toi et moi, j'imagine, la même erreur. »
- 5:35InvitéFait
« Je trouve que c'est une initiative d'une très, très rare stupidité. »
- 7:41InvitéFait
« Léa, tu sais que ton père, c'est un voleur ? »
- 8:36InvitéFait
« Personnellement, je le trouvais très drôle. »
- 10:39PrésentateurFait
« un peuple qui a survécu à l'horreur de la Shoah ne peut rester indifférent quand des gens sont tués aux portes de son pays. »
- 12:19InvitéFait
« les terroristes du Hamas pourraient donc être exécutés en raison de la nature, de l'extrême gravité des crimes qui ont été commis »
- 18:17InvitéChiffre
« un Français musulman sur deux a connu une discrimination ou connaît une discrimination dans sa vie. »
- 20:33PrésentateurFait
« Immédiatement, les accusations d'antisémitisme ont fusé. »
- 21:42InvitéFait
« l'ensemble du Parti Socialiste qui avait été pris à partie en étant insulté de soutien au génocidaire, mais plus fréquemment de vendu, de traître. »
- 26:40InvitéFait
« l'antisionisme pour lequel serait visé Jérôme Gage aurait des relents antisémites. »
- 37:40PrésentateurFait
« on peut reconnaître un juif par son physique »
- 39:24PrésentateurFait
« sioniste c'est l'aspiration de certains juifs à un foyer national sur la terre de leurs ancêtres »
- 47:04InvitéFait
« l'éviction contrainte de Jérôme Gage »
- 52:10PrésentateurFait
« on a beaucoup conspué les médias ceux-entendus ont beaucoup conspué la lutte contre le racisme anti-blanc »
- 52:38PrésentateurFait
« on ne parle que de ça, que de LFI antisémite LFI antisémite autour de Gège »
Temps de parole
- Présentateur57 %
- Invité33 %
- Invité 23 %
- Invité 32 %
≈ 0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Salut à toutes et à tous, vous regardez l'œil de Moumou sur le Média, le Média qui grandit, qui innove. Avec une deuxième chaîne YouTube, le Média 24-7, à laquelle nous vous invitons à vous abonner. Une proposition plus axée sur l'actualité quotidienne, avec également de nouveaux programmes, notamment la Contre-Matinale, diffusée tous les matins du lundi au vendredi à 8h sur le Média 24-7. Retrouvez également le Journal des Luttes du lundi au vendredi à 13h, toujours sur le Média 24-7, au cœur de l'actu. Notre émission d'actualité du soir, évidemment, sur notre chaîne principale, vous avez toujours rendez-vous avec vos chroniqueurs et journalistes habituels.
En plus du récap, un bulletin d'infos concis et denses, animé par Marion Lopez, sur la chaîne Le Média TV. Voilà, on passe tout de suite à ce nouveau numéro de l'œil de Moumou. Salut Mourad. Bonjour à toutes et à tous, bonjour à toi, cher Fabrice. Alors, on démarre comme habituellement avec les tops et les flops, mais avant tout, ton sacro-saint préambule. Oui, le petit préambule, il n'est pas long du tout. Je voudrais saluer, parce qu'il faut qu'on soit quand même confraternel, on est assez incisif parfois, notamment dans les flops. Et puis les tops paradoxaux, là, on va être un peu confraternel.
Et puis on va saluer un nouveau chroniqueur de notre ami Papounet, Pascal Praud, qui, waouh quoi, à peine il a démarré, il a complètement compris les codes de CNews et de Bolo Land, et il s'est intégré de manière extraordinaire. Je vous laisse regarder et écouter.
Il y a une journaliste du service public posée, en l'occurrence à Sarah Kedafo, une question.
Est-ce qu'une ministre de l'Intérieur est islamophobe ? Est-ce qu'il est raciste ? Est-ce que ça vous choque ? Bien sûr, bien sûr. Ça, c'est le service public du militantisme. Et du pire du militantisme, qui relaie d'ailleurs les accusations, les manips, la récupération, l'instrumentalisation de l'extrême-gauche, des insoumis. Bien sûr que ça m'a choqué. Bien sûr. Profondément choquant. Mais en tout cas, ça se déroule sur le service public. Est-ce que vous diriez par exemple que France Inter est une antenne militante ? Elle est, en tout cas, cette journaliste, quand elle pose cette question, en l'assumant d'ailleurs, en l'assumant, en posant un point d'interrogation, c'est du militantisme.
Évidemment que c'est du militantisme. Oui, carrément, le ministre de l'Intérieur, je trouve extraordinaire qu'il soit à ce point-là fondu dans le moule et qu'il réponde, mais vraiment comme répond, vous pouvez me faire confiance, je regarde quelques heures par semaine, il répond exactement comme répondent les plus réacs, les plus improbables des chroniqueurs de CNews. Il a trouvé son rôle. Bruno Retailleau est complètement dans son rôle. Je ne sais pas exactement si c'est digne d'un ministre de la République, d'un ministre d'État, en pleine période un peu trouble quand même, et troublé par rapport à ce qui s'est passé notamment dans le Gard.
Je trouve ça absolument extraordinaire qu'il puisse avoir une telle tribune et qu'il accepte d'aller jouer ce rôle de chroniqueur et d'essayiste, enfin on appelle ça comme on veut, sur ce plateau dont acte, on enregistre. L'autre préambule, il va être juste quand on pointe effectivement les dérapages, les fautes professionnelles notamment, les fautes déontologiques et autres, il y a ça et puis il y a les erreurs. Et j'insiste un tout petit peu parce qu'il y a une consoeur sur qui des dizaines, des centaines d'internautes sont tombés vraiment de manière, je trouve, peu indulgente parce qu'elle a juste commis une erreur, vraiment une tout petite erreur.
Je vous laisse écouter, je pense que vous allez entendre de quoi il s'agit.
Alors cette unité qui combattrait aux côtés des forces russes, vous avez entendu son nom, Normandie-Nyémen. Avant d'expliquer de qui il s'agit, pourquoi Normandie-Nyémen, cela signifie, c'est le nom d'une unité célèbre de l'armée de l'air française qui a été créée pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est une unité de chasse, donc avec des pilotes de l'air français qui utilisaient à l'époque des mirages pour combattre sur le front de l'Est aux côtés de l'armée soviétique. C'est un cas presque unique de force occidentale.
Donc je ne vais pas citer son nom parce que le but, ce n'est pas justement de la protéger un peu, mais elle parle de pilotes qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, pilotaient des mirages. Évidemment que les mirages n'existaient pas, mais on pourrait faire, toi et moi, j'imagine, la même erreur. À la place de dire chasseur ou avion de chasse, dire mirage, honnêtement, ce n'est pas méchant. À quelques lettres près. Exactement, si on fait un bugle, on peut retrouver le même mot. Non, franchement, il faut savoir être indulgent et ne pas systématiquement aller chercher une espèce de... Alors, ils parlent d'inculture, crasse, de je ne sais pas quoi.
Non, là, c'est une simple erreur et franchement, j'aurais très bien pu la commettre. Et donc, j'apporte mon soutien à cette consoeur qui en a pris un peu trop, je trouve, par rapport à cette petite erreur qui est quand même un tout petit peu insignifiante. Allez, on passe au top et au flop. Et pour commencer, les tops, et tu nous amènes sur le plateau de I24 News. Oui, un top pop-corn. Alors, on va inaugurer une nouvelle rubrique, une sous-rubrique. C'est notre ami Gonnadel, le fameux avocat de l'extrême droite française et le porte-parole de l'extrême droite israélienne. Il va s'en prendre à ses camarades, a priori, de nous vivrons.
Vous savez, l'assaut qui traite notamment nos amis et nos camarades juifs de Tzedek, d'antisémites. Je l'ai vécu en direct au cours d'un colloque. Ils étaient venus perturber cette réunion, ce colloque. Et là, ils sont venus perturber une réunion des camarades, donc de Gonnadel, des camarades du Rassemblement National. Alors, c'est assez drôle parce que je parle de pop-corn. Vous savez, pop-corn, c'est une expression qu'on emploie sur les réseaux sociaux pour dire qu'en gros, deux de vos ennemis se tapent sur la tronche. Et là, c'est exactement le cas. Je vous laisse écouter.
Je trouve que c'est une initiative d'une très, très rare stupidité. Il se trouve qu'en France, nous ne souffrons pas d'une pénurie d'adversaires. Nous avons affaire à un parti antisémite d'extrême gauche, très violent,
qui est en train de mettre le feu au pays et notamment à la communauté juive de France. Il n'est pas condamné pour l'antisémitisme. Pardon ? Il n'est pas condamné pour l'antisémitisme. Je dis que c'est un parti antisémite. Je le dis.
Et d'ailleurs, je vous renvoie à deux livres qui viennent de paraître,
qui montrent la profondeur de l'antisémitisme d'extrême gauche d'aujourd'hui. Alors, ce qui est drôle, en fait, c'est qu'il aurait très bien pu jouer sur un registre genre démago, je ne sais pas quoi. Non, il leur en veut vraiment à mort. C'est comme une trahison, en fait. C'est pour ça qu'on parle de pop-corn, parce qu'il est complètement perdu, le pauvre Goldnadel. Il perd ses repères et j'espère que ça ne se reproduira pas avec, par exemple, je ne sais pas moi, des émouristes ou des émouriens qui viendraient perturber une émission de CNews. Ce n'est pas l'ordre du jour. Sarkozy a été dans l'actualité ces derniers jours, mais pas celui auquel on pense. C'est l'objet de l'un de tes tops.
Alors, on y pense quand même de plus en plus, au petit père Louis. Il a été invité dans quelle époque ? L'une des émissions que je qualifie régulièrement de TPMP pour Bobo. Et là, ils vont à la fois inviter deux fils à papa. Vous voyez, je fais des efforts, je n'emploie pas le terme fin de race. Ils vont inviter Louis Sarkozy et Nicolas Bedos. Nicolas Bedos, qui a quand même été condamné. Et Louis Sarkozy, qui est un fils à papa, qui a fait des études, qui est parti aux Etats-Unis, avec de l'argent dont on peut éventuellement se poser la question des origines diverses et variées. Et qui a un papa, qui a quand même été condamné, qui a un bracelet électronique au pied.
Eh bien, il va y avoir une séquence qu'on va regarder. C'est extrait par Maud Destangal. On va regarder cet extrait.
Léa, tu sais que ton père, c'est un voleur ? Non. Parce qu'il a pris toutes les étoiles dans le ciel, il les a mises dans tes yeux. Louis, tu sais que ton père, c'est un voleur ? Voilà, c'est tout. Vous avez le droit de sourire.
Donc, on vient de voir Paul de Saint-Sernin. Donc, Paul de Saint-Sernin, il joue le rôle du sniper. C'est comme dans les années 90, c'était comme ça dans les émissions de Fogiel et compagnie. Il y a toujours quelqu'un qui va essayer de sortir des vannes. Maurice, c'est souvent. Voilà. Paul a gratté. Et là, il a plutôt fait mouche. Ça a pas mal tourné. Sauf que toute la fachosphère d'un côté, les Wauquiers et puis sur les plateaux de CNews et compagnie, mais je ne vous l'épargne parce que c'est un petit peu long et un petit peu lourd, vont dire que c'est scandaleux, on n'a pas le droit d'attaquer quelqu'un comme ça par rapport à son père et ainsi de suite. Sauf que, bah, si.
Et c'est justement Pierre Rondeau qui va nous l'expliquer sur le plateau d'Estelle Midi. Je vous laisse écouter.
Personnellement, je le trouvais très drôle. Il était très bon durant toute l'émission, notamment avec Nicolas Bedos. Là, il a dérapé. Peu importe. Mais il a droit de déraper. Il a cette liberté. Chacun de nous peut juger le niveau de la blague. On a rigolé ou pas rigolé, peu importe. Il a cette liberté. Point. Il n'y a même pas à débattre, trop loin, drôle ou gênant. Peu importe. Un humoriste, si, en théorie, on a tous été Charlie en 2015, un humoriste a le droit de dire ce qu'il veut. Point final. Après, certains disent, allez taper sur sa famille. Est-ce que ce n'est pas un peu gênant ? Mais comme l'a dit Pierre Récoule, Louis Sarkozy aurait pu le dire. Et alors ? Et aussi, il s'expose.
Il ne va pas arrêter de vivre parce que c'est le fils de Nicolas Sarkozy. Il ne s'est pas arrêté de vivre. Simplement, Louis Sarkozy, il s'expose, c'est le fils de Nicolas Sarkozy. Et jusqu'à preuve du contraire, Nicolas Sarkozy a été condamné. Oui, bien sûr. Donc, il n'y a pas à dire le pauvre Nicolas Sarkozy. Quand Paul de Saint-Sarmain dit « ton père s'est un voleur », c'est un constat. C'est tout. C'est tout. Un constat. Oui, mais après… Nicolas Sarkozy porte actuellement un bracelet électronique. Il n'y a pas à être outré, à être choqué, à être gêné. Paul de Saint-Sarmain a constaté une vérité.
Je trouve que ça fait du bien de temps en temps d'avoir des explications un peu sérieuses et puis un peu posées pour expliquer qu'arrêtez vos cris d'orfraie. Oui, il a eu raison de faire ça. Oui, il peut y avoir un esprit Charlie et qui n'est pas à géométrie variable. Et qu'il a joué son rôle d'amuseur public en sortant une vanne très gentille par rapport à la gravité de ce qu'est reproché à son papa. I24 News à nouveau qui, décidément, ose tout. Là, c'est absolument extraordinaire. C'est-à-dire qu'il se passe en ce moment beaucoup de choses dans cette région moyenne orientale ou proche orientale. Il y a eu, il va y avoir des frappes à propos de la situation des Druzes en Syrie.
On pourrait dire que c'est quelque chose d'absolument positif, que c'est bien qu'Israël vienne en secours et vienne faire des frappes de nouveau en plus des autres fronts. Sauf que là, ils vont avoir un intervenant, un lieutenant-colonel qui va expliquer tenez-vous bien, je vous laisse écouter, c'est tellement extraordinaire.
D'où vient cette idée de vouloir aider ses voisins syriens ?
C'est quelque chose que j'ai compris déjà à l'époque. En fin de compte, il fallait comprendre qu'un État juif, avec des gens qui ont survécu à la Shoah, nous ne pouvons pas rester les bras croisés et ignorés que sur notre frontière, les gens sont tués. Et c'est ce qui se passe encore aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est les Druzes, à l'époque, c'était la population sunnite et l'État d'Israël a choisi d'ouvrir ses portes à cette population sunnite entre 2013 et 2018 pour leur tendre la main et les aider. Cher Fabrice, vous avez bien entendu, j'ouvre les guillemets, un peuple qui a survécu à l'horreur de la Shoah ne peut rester indifférent quand des gens sont tués aux portes de son pays.
Fermez les guillemets, c'est absolument extraordinaire, je ne sais pas ce que tu en penses. Est-ce que tu penses que c'est de la provocation ou tu penses qu'il le pense sincèrement ? Étant donné le passif avec cette chaîne, je pense que c'était préparé d'avance. Alors le prochain top, c'est un top paradoxal qui concerne encore une fois I-24 News.
Et oui, avec toujours ce même logiciel, ils vont s'interroger sur le plateau très tranquillement, ils vont donner la parole ou relayer plutôt la parole dite de la population israélienne sur une question simple, peut-on ou pas, alors que ça fait je crois une trentaine d'années, on va l'écouter, mais ça fait très longtemps que la peine de mort n'a pas été effectivement appliquée en Israël. Doit-on l'appliquer ou pas par rapport à ce qui s'est passé le 7 octobre ? Je vous laisse écouter, puis on en reparle juste après.
Selon les principaux procureurs israéliens qui sont cités par le Sun, les terroristes du Hamas pourraient donc être exécutés en raison de la nature, de l'extrême gravité des crimes qui ont été commis, parce que certains experts estiment qu'Israël ne serait désormais plus préoccupé par les pressions internationales dans ce domaine. Alors il y a un élément également important à noter, vous l'avez mentionné, c'est que ce serait la première fois que la peine de mort serait appliquée en plus de 60 ans en Israël. La dernière fois donc, c'était celle du criminel nazi Adolf Eichmann, il avait été pendu le 1er juin 1962.
Donc la question, alors qu'on est en plein génocide et déportation de population, c'est de savoir si oui ou non, comme s'il y avait une espèce de conscience vis-à-vis de la mort, vis-à-vis de la peine de mort, alors qu'elle est appliquée à des centaines, des milliers, des dizaines de milliers de civils depuis plusieurs mois. Je trouve cette question complètement indécente.
Ils sont dans un déni qui me fait un peu flipper, parce que je me dis qu'à partir du moment où ils sont dans ce déni, ils ne mesurent pas l'importance de ce qui se passe à Gaza et que ça va continuer comme ça, dedans qu'il y a eu des déclarations notamment de plusieurs ministres sur le fait qu'il faut en terminer, en terminer avec Gaza, raser Gaza et déporter définitivement l'ensemble de la population gazaouie. Donc l'intérêt de se mobiliser en ce moment, en cette période-là, me semble complètement d'une utilité quasi publique. Alors le député PS Jérôme Gage a été dans l'actualité cette semaine après les événements du 1er mai.
Cette fois-ci, ce sont des personnalités de droite et d'extrême droite qui l'aiment mieux accueillie sur CNews que dans les manifs. Alors on va au microscope, donc dans la seconde partie de l'émission, on va reparler évidemment des événements du 1er mai. C'est Geoffroy Lejeune, donc l'ancien de Valeurs Actuelles, qui a été débarqué et qui maintenant dirige le JDD avec les mêmes visions, les mêmes visions sociétales et politiques, qui va parler de Gage et qui va l'embrasser, le cajoler, en lui expliquant qu'effectivement, il est mieux accueilli chez CNews que dans les manifs dites de gauche. Je vous laisse écouter.
Bien sûr, il y a une euphémisation du phénomène chez lui, chez tous les gens de la gauche, entre guillemets, normal, ceux-là avec qui on peut discuter. Ils ont du mal à se détacher des éléments les plus radicaux de leur camp. En revanche, il faut se mettre à sa place une seconde, il faut avoir un peu d'empathie pour ce qu'a vécu Jérôme Gage aujourd'hui. Il est en train de réaliser qu'il est mieux accueilli à CNews que dans la manifestation du 1er mai. Pour lui, ce n'est pas évident. Il n'avait pas anticipé ça dans sa vie, en fait. C'est vrai, il a été viré d'une manif il y a quelques temps.
Je l'ai écouté ce matin, Sonia Magrou, qui a été très courtoise avec lui, elle lui a posé les questions qu'il fallait lui poser. Et ensuite, il va l'après-midi retrouver ses camarades,
alors qu'il était chez les méchants quelques heures avant.
Et c'est là qu'il se fait virer.
Je crois que c'est ce qu'on appelle le baiser de la mort. Enfin, en tout cas, il est embrassé par Geoffroy Lejeune. Ce n'est pas vraiment un gage de gauchitude pour ce pauvre Jérôme Gage. Non, effectivement. La manif du 1er mai qui, décidément, a beaucoup créé des émules. Oui, alors notamment, Mickaël Zermann, je ne le connais pas du tout. Alors, je l'ai déjà croisé, mais c'est un conseiller municipal. Alors, c'est ça, ça m'a toujours fait marrer. Ils font venir des gens, parfois, on se demande, est-ce qu'ils vont inviter tous les conseillers municipaux d'Île-de-France ? Ils doivent être quelques milliers.
Non, ils ont choisi celui-ci, Mickaël Zermann, qui va raconter une histoire, un espèce de storytelling, où il va fantasmer ses 1er mai passés en terrasse de restaurants ou de bistrots. Alors, j'imagine Kachère. Et voilà ce qu'il y a entendu. Je vous laisse écouter. Et je pense aussi que vous parliez qui dénature le message du 1er mai. Chaque 1er mai, chaque année, vous voyez depuis les attentats du 11 septembre, des drapeaux algériens et palestiniens. Quel est le rapport ? Moi, chaque 1er mai, il m'arrive parfois d'être en terrasse. Vous savez quoi ? Il s'arrête devant le restaurant Kachère. Je vous parle de groupes syndiqués organisés.
Il s'arrête devant les restaurants Kachère et il crie mort à Israël. Quel est le rapport ? Chaque année, c'est les mêmes scènes. On voit très peu d'images qui sortent dans les médias, bizarrement. Mais vous allez me reproduire. Je ne suis pas devin. Mais c'est chaque année le même scénario. Ils s'arrêtent devant les restaurants. Ils s'en prennent aux juifs. Ils s'en prennent aux policiers. Et chaque année, on a des policiers qui sont blessés. Donc, on vit une période d'insurrection, d'ensauvagement. Et c'est toujours la même haine. Alors, j'ai à mon actif, je pense, une trentaine de 1er mai, un peu partout. Enfin, essentiellement à Paris. Jamais, jamais de la vie, je n'ai entendu ces propos.
De propos à la fois antisémites. Et jamais, je n'ai vu de gens en terrasse se faire conspuer, se faire insulter, notamment par des militants ou des cadres syndicaux. C'est complètement fou de sortir ce genre de conneries. Alors, c'est fou, comme je le dis à chaque fois. Mais ce qui est fou, c'est de ne pas être repris. Et je ne comprends pas qu'ils acceptent encore ces plateaux d'avoir comme ça des mythos qui viennent raconter tout et n'importe quoi. On peut aussi dire qu'on lui a craché dessus, qu'on a dessiné des croix gammées, qu'on a dessiné des étoiles de David.
Simplement, s'il y avait eu le moindre propos d'un syndicaliste ou d'une syndicaliste antisémite, vous imaginez bien que tous les médias mytholines l'auraient infilmé, capté, au moins le sont. Il y aurait des témoignages. Jamais, jamais, il n'y a eu ça. Michael Zerman, s'il vous plaît, consultez. Parce que là, je pense que vous racontez absolument n'importe quoi. Alors, on a beaucoup parlé du meurtre islamophobe d'Abu Bakar Sissé. Sur d'autres plateaux, il s'agit plus d'une question de sémantique qui occupe les débats. Oui, c'est un top, un vrai top pour le coup.
C'est notre consoeur Astrid de Vilaine qui va se poser un instant et qui, par rapport à l'assassinat d'une violence extraordinaire d'Abu Bakar, donc effectivement dans cette fameuse mosquée du Gard, va relever l'indécence de la guerre sémantique autour notamment des questions d'islamophobie et compagnie et puis des deux poids de mesure. Je vous laisse l'écouter. Elle est vraiment, je la trouve nourrissante et je la remercie.
On voit qu'il y a une sorte de malaise, de gêne. Je pense qu'il y a l'image aussi de ce que vivent au quotidien beaucoup de nos compatriotes musulmans. Je crois que les derniers chiffres disent qu'un Français musulman sur deux a connu une discrimination ou connaît une discrimination dans sa vie. Le fait qu'il y ait une bataille de vocabulaire, je trouve ça très indécent en fait dans la période vu ce qui vient de se passer. Et ça montre qu'il y a encore soit des gens qui ne veulent pas comprendre ce qui se passe et ce que certains vivent et là on en arrive quand même jusqu'à l'assassinat ou le meurtre. Soit qu'on ne connaît pas, on ignore, on ne se fréquente plus en fait.
Moi c'est ça qui m'inquiète beaucoup dans la période qu'on vit et qu'il faut absolument dater en fait aux attentats de 2015. C'est ça qui a accentué la fracture.
Alors dans les flops, tu voulais parler aussi du traitement du 1er mai par le Parisien. Oui, alors ça c'est absolument exceptionnel. Alors c'est le choix iconographique. Alors si vous voulez, les choix iconographiques, les équipes changent, elles bougent. C'est pas tout... Alors l'iconographie c'est le service qui choisit les photos dans les banques de données. Soit du Parisien, en l'occurrence c'est le Parisien. Soit d'aller chercher dans les agences de presse des photos pour illustrer un événement. Là, c'est le même jour à quelques dizaines de minutes près. Donc c'est la même équipe. Le 1er mai, on imagine bien qu'il n'y a pas 500 iconos au service du Parisien.
Et donc ils vont prendre sur un même événement. Donc à quelques dizaines de minutes, je le redis, à propos du 1er mai toujours, dont on va reparler, ils vont prendre deux photos que je vous laisse regarder. Je ne vais même pas commenter parce que je vous laisse voir la différence de traitement qu'il peut y avoir entre Mélenchon, regardez son visage, et Marine Le Pen, regardez non pas son visage mais son sourire. C'est troublant. Je ne sais pas si c'est volontaire ou pas volontaire, mais quand même il y a quelques questions à se poser sur la volonté de ce qu'on veut faire penser, de ce qu'on veut faire passer vis-à-vis du lecteur et surtout de l'électeur. Merci Momo.
On passe à la rubrique au microscope. Le 1er mai, journée emblématique de lutte sociale a été ternie cette année par une séquence devenue virale, l'agression verbale de Jérôme Guedj, député PS, par un petit groupe de manifestants. Immédiatement, les accusations d'antisémitisme ont fusé. Pourtant, les images ne montrent ni slogan raciste, ni insulte à connotation religieuse. Alors pourquoi cette charge immédiate ? Pourquoi ces amalgames si rapides entre critiques politiques, colères populaires et haines antisémites dans un contexte de mobilisation massive pour la Palestine où toute remise en cause de la politique israélienne est suspectée d'antisémitisme ?
Cette affaire en dit long sur les stratégies de discarification utilisées par certains pour étouffer le débat. On en parle dans cette rubrique au microscope avec notre invité Jonathan Rufzan du collectif juif décolonial Tzedek. Salut Jonathan. Salut, merci pour l'invitation. Alors, quel regard tu portes sur cette polémique au sujet de Jérôme Guedj ?
Je pense qu'il y a plusieurs choses à voir derrière. Le premier, c'est un énième cas d'instrumentalisation de l'antisémitisme sur lequel je pense qu'on va revenir un petit peu plus en détail après avec Morad. Le deuxième, c'est de vouloir aussi, pour le coup, isoler les faits qui ne touchent pas seulement Jérôme Guedj, mais l'ensemble du Parti Socialiste. Emma Rafovitch, d'ailleurs membre du PS, a clairement dit que c'est l'ensemble du Parti Socialiste qui avait été pris à partie en étant insulté de soutien au génocidaire, mais plus fréquemment de vendu, de traître. Quelque chose qui n'est pas nouveau, en tout cas de la part du mouvement social.
Il faut rappeler que le Parti Socialiste, ça ne fait quand même pas super longtemps qu'ils sont de retour dans les manifestations et qu'il y a tout un passif derrière. Et du coup, la troisième chose, c'est justement, pour revenir à l'instrumentalisation, ce qu'on fait derrière le terme de génocidaire, etc. Et quelle vision concrète et réelle de la paix on porte au moment où se déroule un génocide à Gaza.
Alors, Momo ? Oui, alors merci beaucoup, Yonatan, d'avoir accepté mon invitation. Alors, on va se tutoyer parce que j'ai eu, on se connaît depuis un petit quart de siècle, et je t'ai eu notamment, j'étais connu comme stagiaire quand j'étais notamment à la République du Centre, donc le journal local d'Orléans. Et j'avais eu le plaisir de t'y croiser. Et puis depuis, on se côtoie de manière assez régulière. Et donc maintenant, je te croise effectivement comme militant de Tzedek. Et alors, je voudrais savoir, parce que tout le monde ne connaît pas de Tzedek, on parle souvent ici, on parle souvent de Tzedek, mais on parle aussi souvent de l'IGFP, l'Union des Juifs Français pour la paix.
Et quelle est l'arborescence entre les deux mouvements ?
Alors déjà, pour certaines et certains d'entre nous, on est directement issus de l'Union des Juifs Françaises pour la paix. Je tiens à préciser que c'est une organisation sort de la nôtre, dont on est issus et dont, pour certaines et certains d'entre nous, on fait toujours partie. C'est mon cas. Je dirais que la différence, la première différence qui est frappante, c'est que nous, on est une organisation non-mix, c'est-à-dire qu'il n'y a que des personnes juives et juifs, au sens large du terme, qui se retrouvent chez Tzedek.
Et la deuxième, je dirais qu'on est peut-être un petit peu moins centré sur la question israélopalais finienne de base, même si là, actuellement, étant donné l'actualité et le fait que l'antisionisme fasse partie de notre colonne vertébrale, c'est un sujet qui revient de manière très répondeurante. Et enfin, il y a aussi tout un aspect culturel qu'on essaie de développer chez Tzedek, à travers, moi, je dirais presque de manière communautaire, à travers notamment de l'étude de texte hébraïque, à travers l'organisation d'un ciné-club, l'organisation d'événements culturels. Mais fondamentalement, sur la ligne politique, il n'y a quasiment pas de différence.
– Alors, merci pour cette précision. Je voulais, comme Fabrice l'a laissé entendre tout à l'heure, Gage est un révélateur, en fait. L'affaire Gage est un révélateur de la manière dont les questions de judéité sont traitées, notamment au travers des médias français et par les invités, notamment les politiques, qui viennent sur les plateaux pour s'exprimer là-dessus. Et donc là, ça a été très largement débattu. Alors, je fais une toute petite parenthèse, une petite aparté sur l'affaire des drapeaux. Les drapeaux palestiniens présents à la fête, à la fête, à la manifestation, pardon, j'allais dire la fête de l'humain, à la manifestation du 1er mai à Paris.
Je tiens à dire, Robelot, pardon, je me répète, mais j'ai un peu d'expérience sur les manifs du 1er mai, il y a toujours eu, et je pense notamment aux camarades du PKK, du parti kurde, des travailleurs kurdes, il y a toujours eu des drapeaux de gens en lutte à travers le monde et qui venaient s'exprimer. Et donc, ce n'est pas quelque chose... Et d'ailleurs, ça me fait un peu sourire, parce que j'entends de nombreux acteurs politiques, notamment au Parti Socialiste, qui n'ont jamais foutu les pieds ou alors qui étaient encadrés avec un service d'ordre et qui n'ont jamais vu le cœur de la manifestation du 1er mai, qui viennent tout d'un coup découvrir la Lune et s'exprimer là-dessus.
Je ferme la parenthèse. Donc, l'affaire Gage, pour moi, oui, est révélatrice. On va regarder un premier extrait, si tu le veux bien, Jonathan, sur... Alors ça, c'est à vous, donc sur France 5, où on va expliquer qu'il est visé, lui, donc Jérôme Gage, parce que juif, avec aucune preuve, aucun élément, aucune vidéo, aucun son, alors que les autres cadres socialistes ne l'auraient pas été. Ah bon ?
Le dimanche d'avant le 1er mai, vous avez dû quitter un rassemblement
en hommage à Aboubakar Sissé, le jeune Malien tué dans une mosquée sous les cris de sionistes dégage. Et jeudi dernier, à nouveau, vous avez été ciblé par des manifestants
de gauche et d'extrême-gauche.
Précision importante, tout le monde déteste le PS, c'est un slogan scandé par l'extrême-gauche depuis les années Hollande. Mais le stand socialiste a été investi par des manifestants antifa, des militants ont été bousculés, il y a eu des tirs de mortier, le PS a porté plainte et plusieurs militants et élus socialistes ont entendu des insultes à relents antisémites, salsionistes, génocidaires, etc. Donc, Patrick Cohen va expliquer, il a expliqué dans ce fameux édito que l'antisionisme pour lequel serait visé Jérôme Gage aurait des relents antisémites.
Donc, s'il nous renvoie sur le fameux débat, on ne peut pas dire antisioniste si on ne pense pas antisémite, alors qu'il y a quand même une connotation d'antisioniste, si tant est que ça a été prononcé, il y a une connotation très clairement anticoloniale à minima ou décoloniale dans le meilleur des cas. Comment tu expliques ce travers et d'un coup cette accusation d'antisémitisme alors que rien ne le prouve et que comme tu l'as très bien dit et comme tu l'as dit par ailleurs, si ça avait été un autre cadre socialiste sur les mêmes positions politiques genre Delga ou Hollande,
à priori, ils auraient subi le même sort, non ? Pour moi, il y a plusieurs choses à voir. Déjà, sur le concept même de sionisme, il y a différents types de sionisme, mais le sionisme n'est pas une idéologie politique qui ne touche que les juifs et les juifs. Ça, je pense que c'est important de rappeler, par exemple, que Bolsonaro, Trump ou Macron peuvent très bien être qualifiés de la sorte.
La deuxième chose, c'est que nous, l'antisionisme dont on se rebondit n'a absolument rien à voir avec l'antisémitisme puisque c'est une tradition juive qu'on essaye de perpétuer, dans notre cas, dans un projet d'émancipation révolutionnaire de nous-judéité contre une idéologie nationaliste qui est coloniale, mais comme on le ferait, en combattant d'autres idées qui sont coloniales. Je pense qu'il y a plusieurs choses derrière.
L'une des premières, c'est la séquence dans laquelle on se trouve, à savoir qu'il y a une gauche de rupture qui a fait le choix de se positionner contre un génocide à Gaza et de manière plus générale, contre l'islamophobie, de manière un peu plus limitée, contre les OQTF, mais qui se positionne sur une ligne qui est clairement antiraciste au sens politique du terme et des personnes qui sont un petit peu entre deux dont font partie Jérôme Guedj. D'ailleurs, Jérôme Guedj et d'autres, moi, je tiens quand même à rappeler un petit peu ses positions avant le 7 octobre.
C'est quelqu'un qui ne voulait pas entendre parler de sanctions et de pénalisation des produits illégaux qui émanaient de la Cisjordanie. Un an après le génocide, il nous explique qu'en dépit des désaccords qui, moi, je pense, sont réels entre lui et le rabat Haïm Korsia, que la plainte de Caron, grosso modo, est antisémite puisqu'elle vise, en fait, toutes les Juives et toutes les Juifs de France, ce qui est quand même, pour moi, complètement délirant.
Et enfin, plus récemment, lorsqu'il appelle à manifester le 8 mars aux côtés de Nous Vivrons, en passant par le cortège qui bloquait la manifestation, et non seulement le cortège de Nous Vivrons, mais aussi celui des fascistes de Némésis, de manière provocatrice et provocateur, je pense qu'il n'est pas allé poser des questions à Caroline Yadant sur les propos antisémites qu'ont pu tenir certains macronistes, à savoir réhabiliter des concepts affreux comme l'anti-France. Ça, il me semble que c'est Prisca-Tegno, si je ne dis pas de bêtises, qu'il a cité.
Je ne pense pas qu'il y soit allé interroger Gérald Darmanin sur l'écriture de son bouquin qui, en gros, stipule une assimilation forcée à l'encontre des populations musulmanes en se basant sur ce que Napoléon a fait aux Juifs et aux Juifs, ce qui, pour moi, est une forme d'antisémitisme. Et donc, du coup, il y a quelque chose de non gradué là-dedans, si j'ose dire.
Alors, justement, Gage, lui, parle, on va revoir un extrait de cet avou, il parle d'un antisémitisme qui arrive par la gauche avec un effet de surprise. On va écouter l'extrait et puis je vais te laisser réagir.
Il a évoqué Marine Tondelier, la patronne des écologistes, qui a finalement reconnu qu'il y avait un antisémitisme d'extrême-gauche. Et hier, le premier secrétaire du Parti Socialiste en a fait de même. Bien sûr qu'il y a l'antisémitisme de gauche. L'antisémitisme, il traverse toutes les classes de la population et qui est parfois visible contre Jérôme Gage, contre Raphaël Glucksmann, contre Imara Fovitch, contre toutes celles et ceux qui portent un patronyme qui les renvoie à l'idée de leur judaïté. Pendant trop longtemps, la gauche française n'a pas voulu voir non plus cet antisémitisme de peur de se diviser. Elle a manqué de lucidité.
Mais je vais vous dire, pour être tout à fait honnête, moi-même, j'ai parfois été dans le déni, dans la sidération, de me dire, non, c'est pas possible. Jamais je n'aurais pensé que la question juive reviendrait par la gauche.
Donc là, c'est Olivier Faure qui vient en appui sur cette question-là, le premier secrétaire du PS. Il vient expliquer que oui, il y a maintenant, alors qu'avant, c'était plutôt à l'extrême-gauche, qu'aujourd'hui, il y a effectivement l'antisémitisme de gauche. On a toujours, à ce stade-là, il n'y a toujours aucune preuve qu'il ait été molesté et insulté sur la base de sa confession ou de sa culture présumée.
Dire qu'il peut y avoir de l'antisémitisme à gauche à titre individuel comme n'importe quelle forme de racisme, de discrimination et d'oppression, ce n'est pas une nouvelle. Enfin, je veux dire, on vit dans une société qui est profondément sexiste, qui est profondément homophobe, transphobe, raciste et donc l'antisémitisme n'est forcément pas épargné, mais comme c'est le cas de l'islamophobie, de l'antiziganisme et de la négrophobie qu'on a quand même tendance à sous-estimer dans un contexte de fascisation où il y a malheureusement aussi un déferlement de ces haines-là. Alors, dire qu'on peut en trouver à toutes les échelles et à tous les stades de la société, c'est exact.
En revanche, prêter des accusations de production d'antisémitisme à l'extrême-gauche est une accusation qui est extrêmement grave, particulièrement dans une séquence où l'extrême-droite est au porte-du-pouvoir et surtout en sachant sur quoi on se passe, c'est-à-dire pas grand-chose à part le soutien d'une partie de la gauche, donc celle qu'on qualifie de gauche de rupture, qui va grosso modo de la France insoumise à ce qu'on peut appeler l'ultra-gauche autonome, solidarité envers la Palestine.
Moi, je pense que c'est entretenir une forme de confusionnisme qui est extrêmement grave et qui nourrit complètement l'agenda réactionnaire qui est porté non seulement par le printemps républicain, mais aussi par l'extrême-droite et après tout ce qu'on peut trouver là-dedans, c'est-à-dire des partis qui sont clairement racistes, qui appliquent des politiques racistes comme LR ou comme c'est le cas de la Macronie actuellement. La deuxième chose, c'est que si on parle vraiment de production de racisme, je pense qu'il est important de se rappeler de ce qu'a fait le Parti socialiste sous l'air Hollande.
Enfin, je veux dire, l'islamophobie d'État avec des perquisitions toutes azimutes au lendemain des attentats et clairement une stigmatisation des populations musulmanes qui ont été vraiment la porte ouverte à tout ce qu'on a pu voir par la suite avec Darmanin, etc. C'était sous Valls. Des OQTF et des exilés qui se font expulser, c'était sous Hollande aussi. Un autre exemple tout bête. Parlons des violences policières. À quel moment le Parti socialiste s'est positionné clairement sur les différents meurtres et assassinats qu'il y a eu, je dirais, pardon, sur les différents meurtres qu'il y a eu par la police ?
Lorsque, par exemple, Assa Traoré essaie de tendre une perche à François Hollande dans l'émission de Mouloudachour, il ne l'a jamais tendue et il n'y a jamais eu vraiment d'excuses à ce niveau-là par le Parti socialiste pour lequel, d'ailleurs, je tiens à préciser que le terme lui-même d'islamophobie pose encore problème, visiblement.
Est-ce que, justement, le danger dans ce calcul politicien, on le voit bien de la part du Parti socialiste, ce n'est pas de mettre comme ça les projecteurs sur la gauche alors qu'il y a un véritable antisémitisme qui peut-être croit, peut-être existe, effectivement, mais que le Parti socialiste ne dénonce pas parce que, sous ses aires de réhabilitation, l'extrême droite a encore dans ses rangs les pires antisémites.
Bien sûr. Je ne pense pas que le Parti socialiste ne la dénonce pas mais, par contre, elle n'est quand même pas loin, enfin, ils ne le font pas de manière aussi explicite de nous expliquer que, par exemple, les extrêmes se rejoignent ou qu'il y aurait une production antisémite d'extrême gauche qui serait comparable à celle de l'extrême droite. Ce n'est pas forcément dit explicitement par tous les membres du Parti socialiste donc je tiens quand même à être un peu rigoureux là-dessus avant de l'affirmer.
Néanmoins, le schéma politique dans lequel ils s'inscrivent tend quand même vers ça et je pense aussi qu'il faut aussi ne pas oublier que, déjà, il y a plusieurs choses c'est qu'en fait, quels effets concrets cette ligne politique a eu en matière de lutte contre l'antisémitisme pour le moment. Moi, j'ai l'impression que l'antisémitisme comme toutes les formes de racisme est en train de progresser de manière assez inquiétante.
Alors, on parle de l'antisémitisme mais je pense que si on se rend compte de la xénophobie à l'encontre des exilés que certains appellent migrants ou des musulmans, je veux dire, c'est absolument catastrophique pendant qu'on s'attarde sur une affiche qui a été retirée par la France insoumise, on a une iconographie raciste qui est totalement antisémite, qui ne fait pas la une et qui, pour le coup, touche aussi bien quand je dis qu'elle est antisémite, c'est qu'elle reprend un peu tout l'imaginaire et la dimension conspiratoire d'un ennemi intérieur et de la fabrique d'une figure d'altérité à travers la personne musulmane.
Alors, par exemple, quand on va parler des francs-maçons, quand on va parler du premier parti de la France insoumise comme un parti musulman et que ce soit dans les torchons de Bolloré ou ceux du printemps républicain et de manière plus générale au sein des médias mainstream avec toutes les polémiques qui sont matraquées en boucle, que ce soit une pénurie d'œufs, la longueur d'une robe à la sortie des lycées, je veux dire, on a vraiment de quoi s'inquiéter et je pense qu'il y a aussi un vrai problème de vouloir hiérarchiser les racismes mais également de ne pas identifier les structures qui produisent ces formes de racisme.
Alors, justement, sur la fabrique de l'antisémitisme, je voudrais montrer deux exemples et t'interroger sur ces questions-là parce qu'il y a souvent, revient, tu parles de hiérarchisation, c'est tout à fait juste, il y a la question du deux poids, deux mesures et la fabrique de l'antisémitisme.
Et je voulais savoir, on va voir un extrait, alors c'est un garçon que je ne connaissais pas qui s'appelle Bob Asbara, donc ça veut dire qu'il a carrément un titre, c'est un influenceur qui est proche, évidemment, de Netanyahou, du pouvoir israélien et qui va, donc d'origine belge, si j'ai bien compris, et il va raconter une belle histoire qui explique une hôtesse de l'air, alors qu'il fait le trajet entre Bruxelles et Tel Aviv, une hôtesse de l'air va s'arrêter devant lui et puis va lui dire « Oh là là, c'est vachement bien ce que vous faites, continuez comme ça, j'ai appris beaucoup de choses chez vous, donc c'est évidemment invérifiable.
» Eh bien, on va revoir cet extrait, mais écoutez bien ce qu'il va dire à propos de cette hôtesse de l'air, je vous laisse écouter.
Une petite anecdote même comme ça, en arrivant ici à Tel Aviv la semaine passée, j'ai volé de Bruxelles à Tel Aviv avec une compagnie belge, l'hôtesse de l'air au moment d'arriver à ma hauteur s'arrête, me regarde, je considère qu'elle n'est pas juive à mon avis et elle me reconnaît de mes vidéos, elle me dit « En tout cas, j'ai regardé une de vos vidéos hier,
j'ai appris des trucs que je n'avais jamais entendus en deux ans, donc continuer, c'est important. » Donc il explique qu'il a une espèce de radar, alors j'ai des amis qui s'amusent à ça, qui disent, notamment des amis gays qui disent « Ouais, j'ai un radar, moi je repère les gays dans les soirées et compagnie », mais ils le disent évidemment avec une autodérision qui force l'admiration, c'est très drôle. Là, c'est beaucoup moins drôle parce qu'il va expliquer qu'on repère, on reconnaît. Alors entre, en l'occurrence c'est une femme, entre une juive séfarate, une juive askénase et une juive convertie à travers le monde entier, comment est-ce qu'on peut repérer ?
Est-ce que ça ne renvoie pas à une époque où on pouvait avoir des dessins, des critères, des centimètres entre les oreilles, la direction du nez et le menton qui expliquent que oui, on peut reconnaître un juif par son physique ?
Alors tu as un peu précédé la réponse à ma question, c'est-à-dire que pour moi il y a une certaine forme de validation du racisme pseudo-biologique quand on fait ça, c'est-à-dire si vous commencez à valider une personne en disant c'est vrai que toi tu as une tête de juif etc, valider quelque part toutes les iconographies antisémites qui en ont été faites et puis c'est aussi oublier qu'en fait les juifs et les juifs ce n'est pas un bloc monolithique qui serait uniquement originaire d'Europe de l'Est ou du Maghreb, il y a des juifs et des juifs qui sont noirs, il y a des juifs et des juifs qui sont aujourd'hui issus de couples mixtes et d'ailleurs de manière générale on a tendance à oublier et à ne pas vraiment savoir définir ce que c'est qu'une personne juive c'est-à-dire que souvent on peut parler par exemple d'une personne de confession juive qu'on va voir que par le biais religieux ou on va penser par exemple que la transmission se fait uniquement par la mer justement parce qu'on parle uniquement du fait religieux or être juive ou juif c'est avant tout une condition sociale qui est notamment liée à la racialisation mais pas que on peut se sentir juif et juif en étant athée on peut ne pas se sentir juif ou juif et subir de l'antisémitisme parce qu'on s'appelle Cohen ou Lévi et je pense que ça c'est important de le dire parce qu'en fait on est en train aussi de perdre la diversité des identités juives qui moi font qui à mes yeux font aussi partie de sa richesse quand on fait ça
alors justement il y a une deuxième dimension pour compléter celle-ci c'est de notre cher confrère patron de presse Denis Oliven qui va expliquer on va voir la capture d'écran qui a eu un échange sur les réseaux sociaux assez surprenant il va dire ouvrez les guillemets sioniste c'est l'aspiration de certains juifs à un foyer national sur la terre de leurs ancêtres ancêtres le mot est important il y a des sionistes de gauche ou de droite alors c'est à vrai que tu me dises pour les sionistes de gauche ça m'intéresse d'avoir ton point de vue laïcs ou religieux pacifistes ou bellicistes etc employé comme une insulte il est un signal quasi indubitable d'antisémitisme donc on revient sur le sujet habituel dès qu'on dit antisioniste c'est antisémitisme c'est le fameux extincteur ou le contre-houno du débat public quelqu'un lui répond la Palestine donc l'Arminier lui répond la Palestine n'est pas la terre de leurs ancêtres en parlant des sionistes et lui va répondre ceci c'est là-dessus que je voulais avoir ton avis et j'ouvre les guillemets et la Bible c'est quoi le texte sacré des Wolofs des Paunis des Celtes fermez les guillemets sous-entendu que comme c'est dénoncé de manière assez régulière la Bible ou d'autres écritures enfin là on parle de la Bible serait une espèce de cadastre ou de repère qui permet de dire oui cette terre nous appartient comment un patron de presse peut tenir ce propos à savoir qu'on s'appuie sur la Bible on s'appuie sur la théologie pour dire que oui la Palestine appartient aux Juifs sans valider une fois de plus le deux poids deux mesures et l'idée qu'il y a quelque chose de complètement irréel qui dépasse le droit international concernant ce conflit
je pense déjà ce qui est grave c'est qu'on va pas pour moi il y a plein de choses qui sont graves derrière il n'y a rien qui va la première c'est qu'on va pas s'amuser à faire des tests génétiques pour savoir qui serait issu d'une région dans la Mésopotamie ou de la Palestine on sait très bien que par définition ça ne marche pas très bien si on parle de lutte anti-racisme ou de légitimité puis c'est nier les déplacements de population et encore une fois enfin les déplacements de population au cours de l'histoire c'est aussi nier en fait une fois de plus la diversité la diversité des judéités et des peuples et des peuples qui à un moment ont pratiqué le judaïsme et se sont revendiqués comme juifs ou juifs moi je suis pas sûr que si je recherche avec des ancêtres très lointains j'en ai qui soient originaires d'Israël et à la limite on s'en fout de ça parce que moi j'ai déjà entendu aussi des trucs inverses c'est à dire dans le sens où on pourrait peut-être trouver des origines juives et même probable à certains palestiniens mais qu'est-ce que ça veut dire des origines juives enfin moi je pense qu'il y a une forme vraiment de démence là-dessus et puis même de négation encore une fois de l'histoire c'est à dire que le projet sioniste certes s'est fait sur Israël pour des raisons qui sont liées à la religion qui sont liées à la religion et parce qu'il y avait déjà des colonies sur place mais aussi une population juive palestinienne dont on ne parle absolument pas qui était antérieure qui était antérieure à l'arrivée des colons mais des projets de foyer national juif il y en a eu ailleurs il y a eu le projet à un moment de vouloir mettre des juifs en Argentine il y a eu le projet de mettre des juifs à Madagascar et comme tu dis en fait utiliser la Bible comme une sorte de l'utiliser comme un cadastre c'est aussi oublier que dans l'histoire juive vous avez tout un tas de courants politiques ou idéologiques de juifs et juifs en fait qui ne voulaient pas partir de là où ils habitaient même si ça s'est amoindri pour des raisons logiques après la seconde guerre mondiale et l'extermination massive des juifs et des juifs et des exils parfois forcé par le nationalisme arabe comme ça a été le cas en Egypte
le cas juste de Denis Oliven pose aussi la responsabilité médiatique dans ce genre de discours éculé et qu'on entend de plus en plus depuis le 7 octobre on a nous en tant que journalistes une grave responsabilité que beaucoup ne prennent pas en compte
oui alors là dans ce cas en plus on est en train de valider le sionisme messianique qui tend quand même généralement plutôt vers l'extrême droite sous ses formes les plus abruptes quand on voit qui les représente aujourd'hui à la CNES 7 la part de responsabilité je pense qu'il ne faut pas non plus nier une part de responsabilité d'une partie de la gauche derrière pourquoi parce qu'en fait souvent maintenant on commence à avoir enfin des appels à la paix y compris une gauche qui ne s'est pas positionnée qui ne s'est pas positionnée à mes yeux du bon côté dès le début qui commence quand même à reconnaître que bon ce que fait Netanyahou est horrible bon qui sont des gens qui n'ont jamais vraiment soutenu Netanyahou ça il faut quand même le préciser mais le problème c'est qu'il n'y a pas de remise en cause des institutions israéliennes pour ce qu'elles sont fondamentalement à savoir des institutions racistes on va revenir sur le parti socialiste encore une fois lorsque il y a quelques jours on crée un cercle d'amis d'Israël en plein génocide en vantant toute cette espèce de narratif qui est complètement faux où maintenant la plupart des gens qui se renseignent un minimum sur le sujet le savent
il faut juste expliquer pour nos amis on est en période de pré-congrès il y a des textes qui sortent de manière assez régulière assez récurrente qui sont évidemment visés avant d'être mis en ligne et là un texte est sorti donc qui appelle à créer une espèce de cercle d'amitié entre la France et Israël avec des conditions très strictes de soutien quasi inconditionnel de refus de certains termes et ça ça va être mis en ligne sans coup férir et ça va provoquer un tollé qui va faire que d'ailleurs à la fin ça a été retiré en grande partie puisqu'il y a encore une partie de texte mais ça a été retiré en grande partie de ces fameuses propositions du congrès c'est bien ça
ça a été retiré dedans vous pouvez retrouver tout le narratif tout le narratif révisionniste habituel à savoir la seule démocratie du Moyen-Orient sans préciser le fait que les citoyennes et les citoyennes n'ont pas les mêmes droits sur place une négation du coup des discriminations au sein même de l'état israélien notamment pour les palestiniens de l'intérieur et également une critique à l'encontre du PS qui serait devenue trop critique envers l'état israélien alors pourquoi est-ce que je vous parle de ça parce qu'en fait on a tendance souvent à vouloir catégoriser Netanyahou comme étant le mal absolu en oubliant les fondements même de ce qu'est l'état d'israël alors attention quand je parle des fondements même de l'état d'israël moi je peux vous parler de plein d'autres états qui se sont fondés sur des valeurs profondément racistes impérialistes et colonialistes à commencer par le nôtre celui où nous vivons je pense que c'est important de le dire le sionisme est une idéologie qui est nationaliste qui est colonialiste et qui en fait reprend sur de nombreux traits enfin d'ailleurs reprend quasiment trait pour trait des concepts qui émanent de la modernité capitaliste européenne et de la suprématie blanche je pense que c'est important de le préciser mais on a tendance à oublier qu'en fait les premières personnes à avoir bestialisé les palestiniens à en avoir fait à les avoir catégorisés comme des sous-êtres humains en niant totalement les exils forcés etc c'était des gens du centre gauche du parti travailliste comme Goldamer et aujourd'hui si vous prenez par exemple les discours d'une personne comme Yair Golan qui est le leader travailliste il est en opposition à Netanyahou certes ils n'ont pas tout à fait la même ligne politique mais son premier réflexe ça a été de le défendre de le défendre face au mandat d'arrêt international que demande l'ONU
à la CPI alors on va juste revenir sur parce qu'on est donc toujours dans un spectre de critiques médias on va revenir à ce qui nous a intéressé au départ c'est à dire ce qui nous a lancé l'affaire Gage on va écouter Marine Tondelier puisqu'elle a aussitôt réagi et ça revient exactement Jonathan à ce que tu disais au départ à savoir qu'il n'est pas venu pour rien comme il l'a pu le faire ailleurs notamment je crois que c'était le 8 mars c'est ça il a peut-être mis en scène quelque chose qui ressemblerait à une espèce de provocation appelons un chat un chat ce qui a d'ailleurs coûté très cher à Marine Tondelier on l'écoute
l'éviction contrainte de Jérôme Gage comment expliquez-vous qu'il soit spécifiquement prépourcible et pour être tout à fait direct est-ce qu'on peut parler d'un antisémitisme d'extrême gauche je ne vais pas répondre à cette question pourquoi parce que je suis embêtée je suis embêtée parce que personne ne doit être évincé des manifestations mais je vois aussi comment Jérôme Gage donne rendez-vous vient avec 20 journalistes je pense qu'en fait il faut faire attention il faut faire attention tout le temps et vraiment ce moment ce moment c'est le moment des travailleurs le 1er mai donc Jérôme Gage il a mon soutien comme tous les militants du parti socialiste l'ont mais je pense qu'il faut faire attention à ne pas faire du 1er mai à chaque fois la revue de presse des incidents la réalité c'est que pour plein de militants en France pour plein de travailleurs pour plein de syndicalistes c'était une belle journée avec des manifestations qui se sont bien passées dans lesquelles tout le monde doit trouver sa place
et donc il y a un message que j'avais croisé et que j'avais repris sur les réseaux sociaux sur Twitter qui disait très clairement que ben tu vas voir tu vas devoir t'excuser Marine parce que tu vas te faire bâcher pour ce que tu viens de dire et effectivement c'est exactement ce qui s'est passé donc elle a elle a expliqué que ben voilà quoi oui il a organisé quelque chose qui ressemble à une mise en scène peut-être comme on l'a dit on vient d'en parler de la préparation du congrès du parti socialiste et qu'il a besoin peut-être de se mettre en scène littéralement est-ce que tu penses que ça peut être un élément cette question de judéité qui nous intéresse aujourd'hui cette question de judéité et de alors je vais employer le terme avec des guillemets parce qu'elle existe il y a des victimes de l'antisémitisme des victimes réelles est-ce que cette volonté de victimisation peut à ce point-là de manière aussi indécente peser dans le débat politique public
actuellement oui bon déjà c'est quand même assez surprenant de voir Marine Tondelier tenter de faire le travail que devraient faire les journalistes dans cette séquence bon après on est revenu pour des raisons après être revenu dessus pour des raisons que tu as évoquées moi je pense que déjà il y a une surmédiatisation des judéités dès lors qu'elles peuvent être instrumentalisées je vais vous donner des exemples tout bêtes lorsque vous avez des cadres de l'Uni qui font des saluts antisémites il y en a partout ce n'est pas médiatisé qu'à gauche on ait l'envie d'être un petit peu moins indulgent et plus exigeant vis-à-vis voire exemplaire c'est une chose mais ce n'est pas le cas des médias mainstream qui choisissent d'en parler tout le temps une autre chose qui m'énerve c'est qu'en fait on a l'impression qu'en fait les personnes juives ne sont pas percutées traversées par d'autres sujets de société autre que la question d'antisémitisme et de devoir juger du coup ce qui serait antisémite ou pas déjà on n'est pas les seuls à subir du racisme ensuite parce qu'il y a d'autres questions qui nous traversent aussi la question de la précarisation des questions sociales etc mais actuellement je suis désolé mais j'ai l'impression que les juifs et les juifs n'existent dans le débat public que sur ce sujet là que sa judéité puisse être un élément d'instrumentalisation là visiblement c'est le cas je pense que ce n'est pas quelque chose qu'on peut nier mais encore une fois vraiment j'insiste là-dessus j'aurais bien aimé voir par exemple comment François Hollande aurait été reçu dans une manifestation antiraciste ou dans une manifestation de soutien du 1er mai ou même de soutien avec la Palestine mais ça de toute façon la question ne se pose pas ce qui ne s'y rende pas oui bien sûr oui et puis moi je pense qu'il y a vraiment quelque chose aussi de dangereux derrière en fait c'est toujours cette idée de vouloir faire des juifs et des juifs un bloc monolithique qui dans le cadre du débat à gauche en plus malheureusement devrait se positionner en fait dans une bataille entre ceux qui ont renoncé à la rupture d'abord sur la question du capitalisme et du libéralisme mais aussi d'un point de vue des luttes antiracistes et celles et ceux qui décident de porter ce combat donc du coup qui s'oppose à l'islamophobie et au mouvement de solidarité envers la Palestine et si je dois dire juste une chose en fait c'est qu'il y en a un des deux qui fait avancer sur l'antiracisme et l'autre non en fait à gauche de rupture avec tous les défauts qu'elle peut avoir et même je pense vraiment certains biais qui peuvent la traverser il y a réellement une volonté de vouloir lutter contre le racisme que ce soit au sein de la France insoumise ou de l'extrême gauche de manière générale qui n'existe pas de la même manière au sein de la gauche libérale
c'est ce que je disais sur les remises en question aussi dans le camp libéral mais même plus à droite de l'échiquier la droite dite républicaine la question ne s'y pose jamais parce qu'effectivement ce camp ne s'intéresse pas à ces questions d'antiracisme et d'antisémitisme que pour dénoncer en fait
il y a quelques jours Manuel Bompard a posé pour moi une question qui est tout à fait légitime qu'avez-vous fait pour faire reculer la lutte contre l'antisémitisme et de manière générale qu'avez-vous fait pour lutter contre le racisme ces dernières années et ça je pense que c'est une critique qu'on peut formuler au sein de tous les gouvernements dans l'histoire de la Ve République les uns après les autres
Alors justement je vais conclure par une très bonne nouvelle elle est signée toujours Papounet Pascal Praud qui va expliquer tranquillou bilou qu'en fait on a beaucoup fait sur le racisme anti enfin on a peu fait sur le racisme anti-blanc on a beaucoup conspué les médias ceux-entendus ont beaucoup conspué la lutte contre le racisme anti-blanc ce qui n'existe pas je ne connais pas de médias qui aient parlé de manière négative du racisme anti-blanc de la lutte contre le racisme anti-blanc et bien à contrario LFI alors que je vous promets qu'au cours des des dix derniers jours depuis le 1er mai on ne parle que de ça que de LFI antisémite LFI antisémite autour de Gège et bien lui va trouver que alors que c'est le principal acteur de ce courant de condamnation de LFI par rapport à ces questions d'antisémitisme lui va dire que bizarrement façon complotiste les médias n'ont pas condamné LFI sur cette question je vous laisse écouter c'est extraordinaire lorsque je crois que c'était reconquête et c'est ce que disait Sarah Knafo ce matin à demander un rassemblement c'était place d'enfer Rochereau pour en hommage Lola
Lola bon il n'y avait pas grand monde sur cette place mais c'est pas ça l'essentiel qu'a répondu l'espace médiatique il n'a fait que fustiger cette initiative il a honni cette initiative il a parlé de récupération d'instrumentation d'instrumentalisation etc c'est ça que je veux dire le phénomène le plus important c'est pas LFI c'est l'espace médiatique qui ne condamne pas LFI c'est ça l'essentiel dans en plus dans des médias entre guillemets modérés de type parisien RTL TF1 etc c'est ça qui me paraît le plus sidérant
merci beaucoup Jonathan Rufzan du collectif donc je disais juif décolonial SEDEC SEDEC qui a une actualité proche que tu voudrais partager avec nous peut-être
oui alors qu'on partage d'ailleurs aussi avec d'autres et encore merci pour votre invitation on va se retrouver du coup le 10 mai au village antifasciste à Panthéon pour faire une contre-manifestation face au plus gros rassemblement de néonazis de France là c'est un appel qui est collectif vous aurez toutes les informations sur les réseaux sociaux c'est un village antifasciste dans lequel vous allez retrouver vraiment l'ensemble pour le coup de la gauche de rupture qui va se mobiliser contre le défilé du CNFM qui est la plus grosse mobilisation de néonazis en n'ayant pas peur de mots annuels le lendemain on se retrouvera pour marcher contre l'islamophobie c'est une manifestation qui est extrêmement importante dans ce contexte là donc je vous invite à vous y retrouver à y aller donc le dimanche 11 le dimanche 11 du 2 au 7 juin avec d'autres organisations notamment l'action antifasciste Paris Banlieue Young Struggle le club 1871 l'Umojia qui est une organisation panafricaine on organise un festival anti-impérialiste du 2 au 7 juin avec des concerts des expos des conférences et plein de choses et enfin dans le cadre d'une nouvelle coordination portée notamment par les soulèvements de la terre Urgence Palestine SEDEC des groupes antifa féministes et de collectifs de sans-papier on vous donne rendez-vous du 20 au 22 juin pour lutter contre la tenue du salon du Bourget toutes les informations arriveront très prochainement le salon de l'armement
le salon de l'armement du Bourget où des fabricants israéliens seront a priori présents
absolument merci Jonathan merci on passe au coup de coeur Moumou
alors mon coup de coeur cette semaine va aller à Franck Frégozi ça fait un petit moment que je ne vous ai pas parlé littérature là on est sur quelque chose d'assez particulier ça s'appelle Gouverner l'islam en France donc Franck Frégozi c'est au seuil et c'est un livre alors malheureusement j'ai envie de dire d'actualité puisqu'il va poser la question de la gouvernance et des rapports entre la république et l'islam sauf que là on n'a pas affaire à quelqu'un qui va venir donner son point de vue personnel son avis il va vraiment argumenter je rappelle que Franck Frégozi est directeur de recherche au CNRS il s'occupe des questions de religion et de laïcité notamment il est spécialiste des questions d'organisation de l'islam en France il va porter un regard chapitre par chapitre il va tout disséquer pour expliquer à travers notamment les questions liées au CFCM et à toutes les gouvernances et tout ce qui a pu être dit notamment de manière assez forte au moment du Gatiana Sarkozy quelle solution finalement pour rendre à la fois cohérente indépendante mais en même temps qu'il puisse avoir une vraie représentativité parce que c'est quand même un peu la question à chaque fois je ne vais pas vous reparler de Shergoumi mais je veux dire quelque chose qui soit vraiment représentatif qui soit démocratique et qui explique vraiment qu'il soit d'une transparence qui permette de comprendre le fonctionnement et qui permette de vivre de manière assez sereine notamment évidemment in fine aux musulmans de France c'est Franck Frégozy gouverner l'islam en France et c'est aux éditions du Seuil et pour terminer quelques remerciements alors cette semaine mes remerciements ils vont être ils vont être courts puisqu'en fait on avait accusé la semaine dernière un certain nombre de remerciements et je te remercie Fabrice donc là ça va aller à Thibaut Maël Yael et Célestin de Saint-Benoît sur Loire qui sont des fidèles et qui c'est une famille une famille nombreuse quasiment il y a également Momo de Marseille Charlotte de Bordeaux et puis je voudrais saluer des confrères et consœurs alors on va peut-être voir une capture d'écran de Sans Transition qui est alors c'est un hommage au comment au guignol de l'info le fameux Sans Transition donc un site d'information qui traite des questions notamment sociétales alors c'est politique c'est à gauche et ça traite des questions de discrimination de voilà de tout ce qui touche à toutes les discriminations et tout ce qui touche aux violences policières c'est vraiment très bien je les ai découverts il y a quelques jours ils nous suivent de manière assez régulière donc je les salue de manière confraternelle Xavier également Xavier S qui est au Québec il nous a l'air depuis le Québec et pour finir pardon il y a Laurent de Montreuil qu'on a croisé juste avec Jonathan en arrivant au studio donc salut Laurent et également pour finir Blanche G une humoriste et comédienne que j'aime beaucoup je la salue et je salue également Rita sa petite chienne je les embrasse affectueusement et je les invite l'une et l'autre Rita et Blanche à prendre soin l'une de l'autre et je leur dis à très bientôt merci Mourad et merci à Blanche G merci à vous de nous avoir regardé et d'avoir regardé l'œil de Moumou sur la chaîne YouTube du Média sur notre site internet ou encore sur le canal 165 de la Freebox on rappelle que le Média votre Média ne vit que des abonnements et des dons de celles et ceux qui l'aiment si vous le pouvez allez sur le site internet lemédiatv.fr slash soutien et donnez-nous donnez-vous de la force restez connecté au Média et donnez-vous de la parcelle
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