Crise politique et démocratique : le grand soir ou le grand pschitt ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le vote de confiance a tourné au désaveux pour l'approbation 194 contre 364. Le premier ministre doit remettre au président de la République la démission du gouvernement. Un vote sanction qui laisse François Baou comme sonner.
Une image qui contraste avec l'ambiance festive des pots de départ organisé hier dans plusieurs villes de France comme ici à Rennes. Je me suis dit mais quelle bonne idée d'aller fêter le départ de Bairou. Surtout que voilà c'est bien 364 votes.
Je crois que c'est clair. Détract avait relayé la mobilisation sur les réseaux sociaux. L'occasion de célébrer la chute du gouvernement mais aussi d'amorcer le mouvement blocou prévu demain mercredi 10 septembre.
C'est un début le 10 hein, faut pas croire que il va y avoir une journée et puis tout le monde va rentrer sagement chez lui. C'est pas ce qui est prévu hein. Des centaines d'actions sont programmées par tout en France.
Le ministère de l'intérieur dit craindre un climat insurrectionnel. Un important dispositif de sécurité sera déployé. Il comprendra pratiquement 800 policiers gendarmes, une petite trentaine d'hélicoptères mais aussi des drones mais mais aussi les sentors qui sont des engins blindés de la gendarmerie nationale.
Le mouvement bloc tout est notamment soutenu par la France insoumise qui appelle à la mobilisation générale mais aussi et surtout au départ d'Emmanuel Macron. Nous sommes dans un moment dégagiste, vous en conviendrez avec moi, et nous avons besoin d'un moment refondateur. Seule l'élection présidentielle nous permet d'avoir ce moment refondateur.
Pour l'heure, Emmanuel Macron n'envisage ni des missions ni dissolutions. Alors, entre dégagisme et rejet des partis politiques, la mobilisation du 10 septembre prendra-t-elle des allures de grands soir ou faut-il s'attendre à un mouvement sans lendemain ? Nos trois invités pour ce débat.
Gill Peret, bonsoir. Réalisateur et scénariste, vous avez réalisé plusieurs documentaires. La ferme des Bertrand évidemment, mais surtout un sur le mouvement des gilets jaunes, Je veux du soleil.
Vous l'aviez réalisé avec François Ruffin en 2019 et vous estimez qu'il y a une déconnexion totale entre la classe politique et les citoyens français. Le mouvement bloqu selon vous symbolise leur ralbol et l'envie de changer les choses comme l'avait fait les gilets jaunes à l'époque. À côté de vous, Raphaël Doan.
Bonsoir. Vous êtes essayées ancien au fonctionnaire. Dernier ouvrage, faire de la France une démocratie aux éditions du CERF.
Selon vous, nous traversons une crise d'inertie. Il faudrait reprendre les fondements de la 5e République et encourager les pratiques de démocratie directe notamment à travers le référendum. Et à côté de vous, Mathilde Philippe, bonsoir, professeur de droit public à l'université Lyon 3.
Selon vous, pas besoin de 6e République comme la convoque et la rêve souvent Jean-Luc Mélenchon, il faut changer de mentalité et apprendre à voir la Constitution autrement, dites-vous. Le mouvement bloc tout pourrait avoir un impact à ce niveau. Et on démarre Benjamin par la citation la déclaration du jour.
Oui, elle est signé Jean-Luc Mélenchon. J'interprète la chute de François Bairou comme une victoire populaire, a déclaré le chef de fil de la France insoumis. C'était hier soir Gill Peré.
Pour vous aussi, c'est une victoire populaire. Vous reprendriez ces mots dans un sens ? Oui.
En tout cas, c'est la victoire des députés. pour une fois qu'on donne la parole à les députés, ils ont visiblement au moins ce pouvoir-là de de renvoyer monsieur Berou chez lui. Euh et les députés sont certainement plus représentatif du peuple que le sont l'entourage de de Macron et et de de François Beirou.
Après, c'est une victoire aussi pour le peuple, je pense, parce que ça évite quand même ce plan d'austérité qui était prévu, qu'elle allait toucher principalement les plus faibles sur les non remboursements et cetera, tout ce qu'on connaît et qu'elle ait une fois de plus épargné les plus riches. Donc ça c'est une victoire. Après, c'est quand même c'est quand même très triste tout ça de de que de temps perdu, de cette succession de premier ministres qui ne font toujours rien pour l'environnement, qui ne font toujours rien pour l'égalité sociale, que de temps perdu.
Mais j'ai je sais pas, ils ont pas d'enfant ces gens-là, ils pensent pas à la suite, c'est incroyable et donc voilà, tristesse et puis espoir. Raphaël de pour vous, comment vous interprétez cette déclaration populaire ? J'ai j'ai du mal à le comprendre puisque c'est pas vraiment une victoire.
On sait pas très bien qui sort gagnant de cet épisode là puis c'est pas directement populaire puisque c'est quand même d'abord une manœuvre parlementaire alors qui a été initié par le Premier ministre. Mais enfin tous ceux qui se sont exprimés là, ce sont seulement les parlementaires représentants les représentants du peuple représentant. Mais bon on voit bien aujourd'hui qu'il y a justement un décalage dont que vous avez évoqué tout à l'heure entre les élus et les électeurs.
Je suis pas sûr qu'aujourd'hui enfin ça représente vraiment un grand mouvement de masse. Ça veut pas dire qu'il y avait un soutien populaire au gouvernement. pas du tout mais simplement là je pense qu'on est dans des configurations politiques qui en fait des qui n'intéressent pas beaucoup les Français eux-mêmes.
Et Mathil Philippe alors éclairez-nous est-ce que c'est une crise politique, une crise institutionnelle, une crise économique, une crise de régime ? Comment vous la vous qualifiez ce qu'on est en train de vivre ? Alors c'est déjà une crise politique, c'est évident mais en revanche, est-ce que c'est une crise constitutionnelle ?
Cela ne va pas tarder à l'être à si jamais on ne fait pas ce que je disais effectivement. C'est-à-dire qu'il faut absolument mieux comprendre la Constitution. Donc c'est sûr que les perdants sont pour l'instant les citoyens.
Les perdants sont aussi à mon avis les parlementaires qui ne comprennent pas vraiment quel est leur rôle actuellement. La constitution lorsqu'il n'y a pas la majorité absolue permet aux parlementaires de prendre la main et ils doivent prendre la main. C'est à eux désormais de le faire.
C'est-à-dire qu'ils doivent s'organiser, former une coalition. Alors évidemment, il faut faire des compromis, ça c'est difficile, mais faire une coalition qui fasse surgir un programme et donc un nom. Alors ça paraît extrêmement complexe, mais c'est vrai que c'est malheureusement la seule solution si on veut pouvoir reprendre la main actuellement sur la crise politique.
Il Peré, il y a pas de compr pourrait y avoir des compromis pour vous sans encore possible ou pas ? Alors là, moi je suis pas un spécialiste. Non, mais c'est ce que est-ce que quand on dit victoire populaire, on a l'impression que bon voilà, c'est terminé que toute cette classe politique est plus en capacité de diriger et de nous représenter.
Moi, je me suis intéressé énormément dans mon dans le cadre de mon travail à toute l'histoire sociale française et l'histoire sociale française, elle s'est pas souvent enfin la progression sociale, progression du niveau de vie, du niveau de santé, du niveau de retraite et cetera, ça s'est jamais fait dans le compromis. Ça s'est quand même fait dans le rapport de force et ça s'est jamais fait ni dans la joie ni dans la bonne humeur. Et donc du coup, je je suis pas un un gros adepte du compromis.
Je crois qu'il faut des des lignes claires et des un projet pour tout le monde parce que vers quoi on veut aller ? parce que c'est ça si si le projet c'est de savoir quel premier ministre on va choisir, c'est pas tellement porteur d'avenir. Et aujourd'hui, ben comment voulez-vous que les citoyens croi en leur classe politique consent à l'impôt, consent à la cotisation sociale si on sait que la majeure partie de nos impôts finalement servent à financer des entreprises et que la grande partie de cet argent là va directement dans les poches des actionnaires.
Enfin, voyez, il y a pas si si on vous si on disait aux citoyens, bah comme ça, l'hôpital va être mieux maintenant, on va s'attaquer franchement au problèmes climatiques, faire un grand plan d'isolation, on aurait des perspectives d'avenir et on accueillerait les jeunes beaucoup mieux dans la société. Mais c'est pas le cas. Moi, il nous semble que votre voisin Raphaël Doban redoute que la démocratie représentative so remplacée par une sorte de démocratie d'opinion.
C'est ça que vous redoutez ? Il y a ça. Et puis que la démocratie représentative prenne toute la place au dépend de la démocratie directe aussi.
Je pense que moi depuis la dissolution, je me suis toujours dit que c'était l'occasion ou jamais de revivifier la pratique du référendum parce que puisqu'on a justement un parlement qui est bloqué en trois trois groupes qui sont incapables de s'entendre, moi je crois pas, je suis pas très optimiste sur la capacité de ce parlement là à trouver des compromis au-delà de un vote de non enfin d'un accord de non censure sur le budget et encore un budget qui sera le même que que le précédent. En revanche, il y a des majorités de fait entre les Français sur certains sujets, des grands sujets d'ailleurs sur sur l'énergie, sur des sujets régaliens, sur le logement. Bon, pourquoi pas ?
Il y en a beaucoup. Et le président de la République aurait pu euh se servir de ses prérogatives pour déclencher un référendum sur différents sujets et en fait gouverner les Français. C'est pas c'est pas la voix qu'il a choisi clairement.
Et donc aujourd'hui, il est bloqué, il peut plus réformer et je vois pas comment son mandat peut reprendre la moindre voie de réforme. On y reviendra tout à l'heure mais concentrons sur les Français et la colère des Français. que vous êtes, comment elle réagit quand elle attend ça ?
Est-ce que que ce n'est pas au président de la République de prendre l'initiative en réalité lorsqu'il n'a pas la majorité absolue au Parlement, il n'a plus l'initiative et puis le référendum, il y a une grande méfiance en France envers le référendum, ça n'est pas pour rien. C'est parce que justement il y a cette tradition de l'homme fort, je dis exprès pas la femme forte parce que c'est l'homme fort cette idée qu'il y aurait un homme fort qui gouvernerait mieux. Et le référendum dans le passé a toujours servi à essayer de légitimer ces hommes forts.
Donc euh moi à ces techniques de démocratie semidirecte, je préfère la vraie démocratie directe. C'est-à-dire et il y a eu des tentatives, ces conventions citoyennes, les gilets jaunes, les le cahier de doléance. Si effectivement ça avait été suivi des faits, alors là on avait des instruments qui étaient clairement des instruments qui permettaient de renforcer la participation populaire.
C'est encore possible, mais il va falloir le faire vite en prenant l'engagement que lorsqu'une telle euh lorsqu'un tel instrument est mobilisé, les il sera suivi des faits parce que c'est le grand problème, le fait que évidemment lorsque l'on interroge la population, y compris par référendum en 2005, euh ce n'est pas suivi d'effets. C'est ça le problème. Concernant ça a été suivi d'effets, mais les effets c'était la matraque quoi.
Et c'est vrai que ce mouvement des gilets jaunes a été réprimé dans une violence terrible. on se souvient de Castaner et et tout ça et et c'était terrible. Par contre, il y avait quand même quelque chose de jouissif en tout cas en ce qui concerne par rapport à mes attachements aux questions sociales, c'est que dès que la discussion s'instaure entre des citoyens sur un rond-point qui sont à l'origine plutôt dépolitisés, méfiant des systèmes comme ça, plus les semaines et les jours passaient, plus la question qui revenait alors qu'il voulait pas entendre parler des impôts, il y avait trop de charges et tout comme ça, c'était justement remettre l'impôt sur la fortune, faire un impôt plus juste.
Comment quand on expliquait la cotisation sociale qui est quand même un magnifique édifice, c'est pas les charges sociales et bien naturellement les gens venait à ce réflexe là et des réflexes qui sont plutôt de gauche de partage d'organisation collective et bloquons tout c'est une réédition pour vous des gilets jaunes franchement on nen sait rien pour l'instant en tout cas c'est l'émanation d'un ral bol quand même assez généralisé mais par contre qui est moins qui qui est beaucoup plus scanné scruté et il y a pas le le côté les gilets jaunes oui spontané puis surtout le gilet jaunes il y avait dans dans la classe médiatique qui avait un petit côté exotique comme ça. Donc on s'est intéressé, on a été gentil au début avec les gilets jaunes avant de les traiter de de violent, d'inculte, de de je sais pas quoi, de de fachaotud et cetera alors que il y avait tout là-dedans, quoi. Il y a eu quelques violents à l'arc de triomphe né moins.
Oui. Oui. Sur Paris mais c'est pas du tout ce que nous on vivait en Provence.
On va évoquer avec vous trois et avec Julia le fait que donc les gens qui sont à l'origine de ce mouvement bloquont tout ont choisi Coluche comme figure tutellaire ou comme Égéie, je ne sais pas comment il faut le dire. Mais alors un Coluche retrafiqué par l'IA. Tout à fait.
Alors c'est la dernière tendance hein sur les réseaux sociaux utiliser la figure de Coluche pour lancer des appels à bloquer la France donc le 10 septembre. Des vidéos de l'humoriste décédé il y a près de 40 ans qui sont générées donc par l'intelligence artificielle et qui se multiplient sur TikTok et YouTube notamment. Regardez, si vous voulez vraiment faire chier l'État, faut pas juste rester au lit le 10, faut continuer le 11, le 12, le 13 jusqu'à ce qu'il viennent nous supplier en slip devant le carrefour du coin.
Sinon, c'est juste une manifard. Grâce à LIA. Donc, les internautes ont aussi généré, vous allez voir, un bébé coluche récitant un vrai sketch he datant de 1980.
Il a été réactualisé au goût du jour. Ils nous font chier avec la sécurité sociale qui est en déficit. Alors que le ministre de la santé est même pas médecin.
Alors on se souvient l'humoriste était engagé politiquement un ardent défenseur des classes populaires. C'est la raison pour laquelle le collectif les essentiels qui étaient à l'origine de Blontou en a fait sa figure de prou. Et puis l'autre raison, c'est que Julien Mariciot, le le fondateur de ce collectif qui appelle à rendre le pouvoir au peuple et bien il se fait très rare dans les médias parce qu'il ne veut pas surtout pas personnaliser ce mouvement.
Et c'est pour cela qu'il a décidé de faire de coluche sa figure de prou. Euh je me tourne vers vous Raphaël Don. On voit que pour le moment c'est un mouvement qui n'a pas de leader.
Pourquoi selon vous quel est l'intérêt ? Oui, d'ailleurs le fait qu'il prenne une figure d'abord du passé et en plus en l'animant de manière virtuelle, ça montre bien à quel point il refuse d'avoir un leader aujourd'hui incarné. Euh, il y avait eu le même problème qui s'était posé pour les gilets jaunes et et c'est souvent quand même une difficulté après pour durer et pour arriver à quelque chose.
Euh ça a été aussi un des problèmes du mouvement 5 étoiles en Italie, même s'ils ont fini par trouver des des figures qui ont ensuite ont été assez éphémères quand même dans la vie politique italienne. Gelo mais qui voilà luiême n pas réussi à à transformer l'essai vraiment et je pense qu'il peut se poser le même problème de toute façon pour ce mouvement bloquant tout il y a à la fois le manque d'incarnation et puis aussi le manque de disons de d'accroche. Quel est le exactement la mesure par exemple ou le le sujet précis sur lequel se enfin se tourne le mouvement pour les gilets jaunes, il y avait eu une étincelle de départ qui la taxe carbone mais là per il y en a tellement euh le mystère quand même c'est pourquoi ça défiance la défiance et puis aussi tout ce niveau d'inégalité.
Non la question qui se pose pour moi c'est pourquoi ça n'a pas pété plutôt ? Enfin, je veux dire, s'il y avait un extraterrestre qui arrivait sur qui regardait l'état de la France aujourd'hui, il se dit "Wou, c'est la 7e puissance économique mondiale et puis regarde les chiffre en bas." Il dit : "Il y a 10 millions de pauvres." Ah, il y a les 500 fortunes qui captent 42 % du PIB du pays.
Vous êtes complètement débile. Donc donc comment on est capable d'accepter ça ? Bon, pour moi, il y a trois raisons.
On accepte ça parce que l'idéologie néolibérale a réussi à faire croire que chacun par la méritocratie sera l'heureux élu. Bon, il y a peu d'heureux élus. Euh il y a la violence de la répression sur les gilets jaunes mais aussi sur tous les mouvements des retraites où on a une une violence qui était inédite sur la répression.
Et puis il y a aussi des médias qui euh ne mettent jamais en perspective ce qui arrive et qui euh se contentent souvent de de répondre à des communiqués ou à de la politique politicienne sans euh faire la l'analyse de fond. Et comme les détenteurs des médias, vous savez qu'ils sont-ils, ils ont aucun intérêt à changer l'état du monde. Donc tout ça, ça tient.
Moi pour moi c'est une grande question. Pourquoi ça ne ça n'a pas pété avant ? Ouais.
Ou moi la question que je me pose, c'est plutôt que peut-on en faire ? Euh et euh que va-t-il se passer ? Qu'est-ce que ça dit ?
C'est ça. Et qu'est-ce que ça dit de notre système politique ? Qu'il est usé, qu'il est épuisé ?
Pas réellement. Je pense qu'il est mal compris. Encore une fois, on a changé de système.
En fait, on a presque changé de constitution à partir de la décision prise en conscience et seul hein par Emmanuel Macron en 2024 de prononcer la dissolution avec le résultat des élections législatives. Donc il se retrouve sans majorité. Donc on change le système.
On est dans un régime parlementaire, celui qui appelle euh de leur vœux les partisans de la 6e République. Par mes dissolutions ou pas, il y avait déjà un rejet des partis politiques, des institutions et des relais traditionnels. C'est ce qu'on a dans la voix de Gilpér.
Tout à fait. Oui. Oui, c'est exactement ça.
Mais là, on est on a changé de constitution, donc on a changé de pratique. Il faut désormais que chacun prenne ses responsabilités. Donc, que faire de ce type de mouvement ?
Premier première chose, je le redis, les parlementaires sont désormais au cœur du système. Le chef de l'État doit incarner la continuité de la nation. C'est l'article 5 qui doit être l'arbitre entre les partis mais c'est tout.
Donc ce n'est pas lui qui doit avoir l'initiative, il peut nommer tous les premiers ministres qu'il souhaitent. Il peut éventuellement reproncer une dissolution. Il en a le droit.
Il a récupéré he ce droit depuis juillet dernier. Il peut également être destitué ou démissionné. Les choses produi les mêmes effets justement.
Vous dites malheure je crois qu'il un sondage là aujourd'hui qui dit que 70 % des Français n'en veulent plus donc qui veulent sa destitution c'est quand même on a jamais vu un truc pareil bon il faut dire qu'il quand même quelques bateaux pour faire battre alors on va écouter justement Jordan B le président du rassemblement national qui pour lui il y a deux solutions la dissolution ou la démission d'Emmanuel Macron si on ne revient pas de les devant les Français d'une manière ou d'une autre c'estàd soit par la dissolution du parlement soit par la démission du président de la République et par l'organisation d'une nouvelle élection action présidentielle qui pourrait permettre au pays de retrouver non seulement un cap une majorité mais de la stabilité. Alors je ne vois pas comment quelque chose de sain pourrait émerger. Alors Raphaël, est-ce que le problème aujourd'hui c'est le président de la République ?
Est-ce que tout tourne autour de lui et que du coup tout s'articulant autour de lui et bien c'est lui qui peut faire en sorte que les choses se fluidifient s'il démissionne ? Il est responsable de la situation dans la mesure où il a causé la dissolution. Ça d'accord.
Et donc effectivement, le blocage parlementaire vient de lui. Mais en même temps, il faut pas oublier que là, il y a une situation assez inédite dans la politique française derrière décennies, c'est justement qu'on a un bloc de 30 plus de 30 % du Rassemblement national avec lequel personne ne peut s'allier pour des raisons idéologiques et historiques. Et ça ça fait que c'est très difficile de trouver une majorité alternative.
Ça veut dire qu'il y aura plus jamais de majorité absolue. C'est ça qu'on pourra plus court terme imaginer qu'à court terme là une dissolution reproduirait à peu près les mêmes équilibres. Donc de toute façon les solutions ne changerait rien.
Enfin en tout cas le parlement serait tout aussi bloqué. Donc c'est vrai que c'est tout ce puzzle là qui fait que Emmanuel Marc se retrouve coincé. Alors on voit des solutions ce qui arriverait hein.
A priori selon les sondages récents 33 % pour le R. Exactement. Le plus probable c'est que finalement le président de la République finisse par tenir entre guillemets jusqu'à 2027 en ne faisant quasiment rien et en faisant passer un budget sous la pression des marchés financiers.
Bon surtout qu'il ne fasse rien qu' fasse rien c'estàd possible. Gill Pérd, on est dans une situation un peu prè réévolutionnaire pour vous. Est-ce que il y a une situation de Lénine qui revient avec insistance, une situation pré-évolutionnaire, on va le voir, éclate lorsque ceux d'en haut ne peuvent plus, ceux d'en bas ne veulent plus et ceux du milieu basculent avec ceux d'en bas.
C'est ça qui est en train de se passer. C'est vrai qu'on a souvent annoncé qu'il allait y avoir ce grand soir. Pourquoi arriverait-il maintenant dans cette convergence des lutes éventuell ?
Je sais pas si ça arrivera maintenant. En tout cas, il y a il y a il y a quelque chose qui est sûr, c'est que maintenant il faut aussi que la classe politique aussi réapprenne à parler avec les gens et arrête d'être découpé de de la base. Et puisque vous citiziez l'énines, c'est vrai qu'on a y compris dans les partis de gauche des gens très éclairés, une élite, on va dire éclairée très politiquement.
Mais l'en disait qu'il faut avoir une élite politique très éclairée dans la locomotive, mais il faut bien que vérifier que la locomotive, faut bien que vérifier qu'il y a les wagons derrière. Donc ce que vous ça concerne autant la droite que la gauche. C'est en tout cas sur réinvestir réinvestir la politique et que les gens se rapprochent de la politique parce que c'est quand même la politique euh qui va nous sauver et qui va faire en sorte qu'on va pas basculer dans quelque chose d'horrible et qu'on va pouvoir politiquement organiser le partage et une vie à peu près sereine tous ensemble puisqu'on sait que potentiellement en étant la 16e puissance économique mondiale, on a les moyens de tous vivre correctement, tous manger correctement, tous vivre ensemble correctement.
Mais pour ça, faut des services publics, faut des hôpitaux, des écoles pour que tout ça fonctionne bien quoi. Euh on va regarder une archive euh on va se souvenir de Nuit debout, c'était il y a presque 10 ans où justement les gens, la politique était là au coin de la rue, enfin les incarnés dans des gens qui étaient sur les places et qui manifestaient leur colère, leur albol et leur rejet du personnel politique. Est-ce que ça suffit à fédérer un mouvement ?
On va vous le demander après, mais regardez, c'est l'archive 2016, nuit debout. C'est un monde à part en plein Paris sur la place de la République. Ici, on prétend tout réinventer et cela commence par le calendrier.
On est quel jour là ? Alors là, on est le 37 mars parce qu'on est le 6 avril. 37 mars car le mouvement Nuit Debout a commencé 6 jours plus tôt, le 31 après une manifestation contre la loi Elcomerie.
Depuis le principe est simple, tout le monde peut parler de tout mais pas plus de 3 minutes. Bonsoir. Je pense qu'on pourra jamais se réapproprier la pensée si on se réapproprie pas les mots d'abord qu'on utilise.
Finalement, le grand soir pour moi, c'est une belle idée mais c'est une vieille idée. Je crois plus en la juste opposition et en l'empilement de petit matin, de petites propositions comme ça et je pense que la nuit debout c'est vraiment ça qu'elle peut permettre. Merci à tous.
La loi Alcomeris, c'est en référence à l'ancien ministre du travail qui avait mis en place une loi très critiquée à l'époque. Mathil Philippe, vous dites il faut recréer du lien mais on a l'impression voilà 2016 ça n'a pas été le cas. Les gilets jaunes non plus.
Bon ça s'invente pas un nouveau lien avec des politiques ? Non mais c'est vraiment le moment. C'est bah oui mais comment c'est que juste un changement de personnel politique ?
Il faut Non, il faut que chacun prenne ses responsabilités. Chacun ça renvoie à trois types de personnes, trois institutions. D'abord, le président de la République qui doit comprendre qu'il n'a plus la majorité, qui ne doit pas gouverner.
Il doit simplement nommer effectivement un premier ministre issu de la majorité parlementaire qui se formera par coalition. Deuxièmement, les parlementaires en particulier doivent prendre leur responsabilité et essayer, le compromis était peut-être pas le mot mal choisi, mais de trouver les points sur lesquels il y a un consensus national et sur lesquels on peut se mettre d'accord. Et troisièmement, les citoyens et les citoyennes doivent prendre leur responsabilité parce que il va falloir s'exprimer, il va falloir discuter, mais euh il va falloir aussi participer.
Donc pas besoin d'une 6e République pour vous. Alors peu importe parce que c'est la 6e République qui est appelée des vœux de tous, elle est là régime parlementaire. C'est ce qu'on a alors à deux conditions.
La convention, il y a quand même une institution qui est le comité économique, social et environnemental qui pourrait être revalorisé. Et puis il y a toutes ces conventions citoyennes où c'est ces modes de participation mais à condition qu'il soit suivi des faits. la mou référendum d'initiative citoyenne tout ça c'est oui normalement on a tous les outils sans avoir besoin de faire des des comités à part.
Normalement, si la la démocratie fonctionnait correctement, on devrait avoir des députés plus représentatifs certainement de de l'état du pays. On devrait normalement arriver à gouverner sans sans être obligé de faire des des bricoles comme ça et de faire de la discussion qui n'aboutit pas forcément à grand-chose. Faire des conventions citoyennes si on prend pas en compte la décision, je suis assez d'accord, c'est les conventions citoyennes, pourquoi pas ?
Mais à la fin, il faut quand même qu'il y a une décision qui soit prise par quelqu'un et cette décision, elle peut être prise soit par les représentants soit par les électeurs directement. La France insoumise a annoncé déposer une motion de destitution d'Emmanuel Macron. Ça va servir à quelque chose ?
Ça peut servir à quelque chose. Franchement, on sait que ça va pas aboutir. Donc euh bon, c'est le la Macron, il peut décider de démissionner s'il veut faire un geste historique.
Après tout, euh le général De Gaul avait bien envisagé ça en qui parte pour sa santé mentale parce que ou alors qu'il se fasse déboucher les oreilles ou sinon ça va mal finir pour lui. Pendu par les pieds sur la place de la sera peut-être pas mieux pour le prochain. Ce sera la conclusion un peu taquine de ce débat.
Bien sûr. Merci à tous les trois d'être venus débattre.
François Bayrou