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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 13 juillet 2020 17 minContradictoireActualité / polémiqueSantéJusticeÉconomie & entreprisesSécurité

Port du masque, fermeté de la réponse pénale, plan de relance... Le "8h30 franceinfo" de Nicolas Bay

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 70 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse partielle

    Ce week-end, faut-il imposer le port du masque lors de rassemblements ou dans des lieux fermés ?

  • 2:28OuverteÉludée

    Est-ce qu'il y a un problème de responsabilité de chaque citoyen aussi, Nicolas Bé ?

  • 3:34OuverteRéponse partielle

    Faut-il prendre des décisions ? Jean Castex en Guyane.

  • 5:10OuverteRéponse partielle

    Qu'attendez-vous demain de l'intervention présidentielle ?

  • 9:58OuverteRéponse partielle

    Vous savez, c'est l'intervention musclée contre des gilets jaunes dans un Burger King. Ils sont coupables de violences policières à vos yeux ?

  • 11:14OuverteRéponse directe

    Des gendarmes et des militaires qui seront à Place de la Concorde demain pour les cérémonies du 14 juillet. C'est un hommage nécessaire, important ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:49Invité politiqueFait
    « il y a un peu plus de trois mois, vous aviez toutes les autorités de l'État qui nous expliquaient que le port du masque généralisé était totalement inutile. »
  • 2:11Invité politiqueChiffre
    « M. Véran nous avait dit, on va être en capacité de faire 700 000 tests par semaine. Aujourd'hui, tout le monde sait bien qu'on est à moins de 300 000 tests par semaine. »
  • 8:09Invité politiqueFait
    « Toutes les peines de moins de deux ans de prison fermes ne sont pas exécutées. »
  • 15:07Invité politiqueChiffre
    « La France est un des pays où le taux de prélèvement obligatoire, 47% du PIB, est un des plus élevés au monde. »
  • 15:20Invité politiqueFait
    « aujourd'hui, on est un terrain de jeu grand ouvert, on a abaissé les protections douanières, et donc on a organisé la concurrence déloyale qui a tué notre tissu industriel »

Temps de parole

  • Nicolas Bay67 %
  • Invité11 %
  • Présentateur10 %
  • Invité 26 %
  • Invité 33 %
  • Invité 42 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Présentateur

Femme de France Info, bienvenue, bonjour Jean-François Ackilly et bonjour Nicolas Bé, député européen du Rassemblement National, des rassemblements en France où les masques étaient rares. Ce week-end, faut-il imposer le port du masque lors de rassemblements ou dans des lieux fermés ?

0:22
Nicolas Bay

Je crois qu'il faut surtout, au lieu de parler, appliquer une règle qui soit claire. L'État doit être réactif, doit faire preuve d'agilité. On a le sentiment à chaque fois que dès qu'il y a une décision à prendre, même assez mineure ou très technique, c'est des jours et des jours, voire des semaines et des semaines de débat. Ce qui est assez invraisemblable. S'il y a une nécessité pour limiter la propagation du virus de porter le masque dans les lieux publics clos, à ce moment-là, il faut le mettre en œuvre et dans les meilleures conditions et le plus tôt possible.

Moi, ce qui me frappe, c'est que, rappelez-vous quand même, il y a un peu plus de trois mois, vous aviez toutes les autorités de l'État qui nous expliquaient que le port du masque généralisé était totalement inutile. Voilà. Tout ça, pourquoi ? Parce qu'ils étaient incapables, logistiquement, de fournir des masques. Et aujourd'hui, on en est à la généralisation systématique obligatoire du port du masque.

Donc, on voit bien qu'on a un gouvernement qui, au lieu de prendre la situation telle qu'elle est et de prendre les mesures politiques qui s'imposent, eh bien, cherche en permanence à adapter la décision politique à des contingences logistiques et souvent à son manque d'anticipation et à son manque de capacité à, comment dire, à évaluer la situation réelle et à anticiper ce qui peut se produire.

1:34
Invité

Alors, il sauve des vies, les gestes barrières ne sont pas une option, a écrit Emmanuel Macron sur Twitter. Donc, vous dites, vous, qu'il faudrait que, par exemple, demain, tiens, pour son intervention du 14 juillet, il y ait des décisions fortes là-dessus, sanitaires ?

1:46
Nicolas Bay

Je ne dis pas ça. S'il y a une nécessité, il faut le faire. Il faut trancher tout de suite. Mais, encore une fois, c'est un ensemble de batteries, de mesures à prendre. On voit bien qu'en matière de tests, c'est exactement la même chose. Le gouvernement n'a cessé de raconter tout et son contraire. Au début, on nous disait, tester tout le monde ne sert à rien. Aujourd'hui, on sait très bien qu'il y a une nécessité, c'est de tester, d'isoler, de traiter. Voilà, c'est le meilleur moyen d'éviter la propagation du virus. Or, M. Véran nous avait dit, on va être en capacité de faire 700 000 tests par semaine. Aujourd'hui, tout le monde sait bien qu'on est à moins de 300 000 tests par semaine.

On est environ à 300 000. Est-ce qu'il y a un problème de responsabilité ? Or, ça fait des semaines que cette promesse de 700 000 tests avait été faite.

2:28
Présentateur

Est-ce qu'il y a un problème de responsabilité de chaque citoyen aussi, Nicolas Bé ? Vous preniez l'exemple de l'obligation au Puy-du-Fou. C'est obligatoire pour visiter le parc d'avoir un masque et pourtant, les images qu'on a vues ce week-end, personne n'en portait.

2:39
Nicolas Bay

Non, mais je crois que ce serait un peu facile de culpabiliser les Français. Les Français, pendant le confinement, et ensuite maintenant avec les gestes barrières, sont exemplaires. Ils font preuve de civisme et de responsabilité. Il ne faudrait pas que l'incapacité de l'État, de l'autorité publique à prendre des décisions, soit aboutie à rejeter la responsabilité sur nos compatriotes. Quand on fixe une règle claire, les Français l'appliquent. Et il y a quelques quartiers où c'est vrai, on n'applique jamais les lois de la République et donc on n'applique pas plus ces règles de la République. Non, non, je ne parle pas du Puy-du-Fou.

Honnêtement, je crois que dans les parcs d'attraction en plein air, par exemple, jusqu'à maintenant, en plein air, il n'y avait aucune obligation de porter le masque. C'est obligatoire. Voilà. Alors, s'il y a une règle, il faut faire en sorte que la règle soit respectée. Mais on ne peut pas demander aux Français, ce qui caractérise la parole gouvernementale, c'est finalement un grand flou, on ne peut pas leur demander ensuite d'être extrêmement égourd.

3:34
Invité

Alors, vous évoquez la parole gouvernementale. Faut-il prendre des décisions ? Jean Castex, le Premier ministre en visite en Guyane. Je vous confirme, et M. le ministre de la Santé pourra le confirmer, que la question de développer l'usage et le port du masque est bien à l'étude et que, en particulier, cela surtout concernerait prioritairement tous les lieux, quels qu'ils soient, clos. – Ce Premier ministre vous semble, au fond, dans les clous ? Il va prendre des décisions ? Il est en Guyane ? Il se déplace ? Il va vite ?

4:11
Nicolas Bay

– Non, mais il prend un air un peu docte pour nous expliquer qu'il réfléchisse à la question de savoir s'il faudrait peut-être généraliser le port du masque. Qu'il prenne une décision. Il est Premier ministre de la France. S'il y a une décision à prendre qui protège les Français, son plan sanitaire, c'est à lui de l'apprendre. C'est pas à lui de nous faire part de ses réflexions sur le sujet comme ça en Guyane. Et puis, moi, j'ai rien contre les ministres qui se déplacent sur le terrain. Mais enfin, à un moment donné, il faut passer de la parole aux actes. Il ne suffit pas d'aller en Guyane, constater la situation dramatique, qui n'est pas nouvelle.

La crise sanitaire en Guyane, c'est un département que je connais bien, se superpose à d'autres crises. Une crise migratoire, un chaos migratoire même, exactement comme à Mayotte, une crise économique et sociale. Et donc, aujourd'hui, la situation en Guyane est très critique. Il donne le sentiment de la découvrir. Il vient sur place pour commenter. Il n'apporte aucune solution concrète, aucun moyen nouveau précis. Est-ce que c'est le rôle du Premier ministre de faire ça ?

5:06
Invité

Au fond, Nicolas Bé, qu'est-ce que vous attendez demain de cette intervention présidentielle ? Est-ce que vous attendez un message de fermeté, notamment après l'agression mortelle du chauffeur de bus de Bayonne, Philippe Monguillot ? La solution, c'est de réaffirmer l'autorité, car trop souvent, dans notre société, l'autorité n'est pas respectée. C'est ce qu'a déclaré Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, qui s'est rendu sur place samedi après-midi. Vous êtes d'accord avec lui ?

5:30
Nicolas Bay

Là encore, il vient sur place. On ne va pas le lui reprocher, les ministres de l'Intérieur. Mais il vient pour commenter, pour nous dire qu'il faut de l'autorité. Enfin, dans les années 80 déjà, on disait ça. Il fallait de l'autorité, bien sûr, mais on n'en est plus là. On est à un niveau d'ensauvagement de la société qui nécessite des mesures extrêmement fermes. Rétablir la police dans toutes ses prérogatives, avec des moyens nécessaires, avec le soutien de l'État. Ça n'est pas le cas aujourd'hui. Rétablir une justice qui doit faire preuve d'une sévérité exemplaire.

On a eu cette semaine, je vais vous dire, moi, quand Emmanuel Macron parle demain, ce qu'on attend, ce n'est pas la question de savoir la date de réouverture ou pas des boîtes de nuit. La question, l'urgence absolue, c'est de mettre fin à l'ensauvagement de la société française. Et donc, par exemple, en matière de justice, quand vous avez...

6:12
Invité

Comment est-ce qu'on met fin à l'ensauvagement de la société française ?

6:14
Nicolas Bay

Eh bien, par des mesures de très grande fermeté contre les voyous et les criminels. Quand vous avez le nouveau, excusez-moi... En ce moment, c'est l'actualité, ce n'est pas la relance économique, sociale, pour vous. Justement, on a eu le jeune Thomas massacré par un récidiviste qui sortait de prison. Cette policière, cette gendarme, Mélanie Fauché, ce chauffeur de bus tabassé à mort par de la racaille, simplement parce qu'il demandait leur ticket. Le ministre de la Justice, M. Dupond-Moretti, va à Freyne. Et qu'est-ce qu'il fait à Freyne ? Il se félicite de la baisse de la population carcérale. Mais la baisse de la population carcérale, elle n'est pas liée à la baisse de la délinquance.

Elle est simplement liée au laxisme total, qui fait que souvent les délinquants et les criminels sont soit relaxés, soit relâchés. Et donc, s'il y a une baisse de la population carcérale, ça veut dire...

6:59
Présentateur

Ce n'est pas vrai ce que vous dites, il s'en félicite parce que la population carcérale est en excès, que la France est régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme. En l'occurrence, vous parlez de Bayonne, il y a eu quatre mises en examen, trois jours après l'effet. En quoi la justice n'avance-t-elle pas ? Sur ce dossier, Bayonne.

7:13
Nicolas Bay

Il y a eu des milliers et des milliers... Qu'est-ce qui vous fait dire à Bayonne que la justice n'avance pas ? Je ne parle pas de Bayonne, on verra si la justice... Vous dites qu'il y a un laxisme et ça n'avance pas à Bayonne. Bien sûr, il y a un laxisme général quand vous avez... Agression, mis en examen, trois jours après. Pendant la crise sanitaire, des milliers de prisonniers, des milliers de prisonniers ont été relâchés. Et c'est ceux dont se félicite M. Dupond-Moretti. Mais quand ils sont relâchés, ça veut dire qu'ils sont dehors. S'ils sont dehors, c'est là qu'ils commettent des délits ou des crimes. Alors, on verra si la justice avance.

Vous avez l'air extrêmement confiants, peut-être un peu trop confiants d'ailleurs. Pas de confiance, mais pas de point de vue sur le sujet. On n'a aucun élément précis qui nous laisse penser que ça avance vite. Mais ce qu'il faut, c'est faire preuve d'une sévérité absolue. Ceux qui ont tabassé comme ça à mort un chauffeur de bus, ils doivent subir une peine absolument exemplaire. C'est-à-dire qu'ils doivent être mis hors d'état de nuire. Ils doivent être pour des décennies derrière les barreaux.

Et tant qu'on n'aura pas rétabli la chaîne complète de la sanction, la certitude d'être interpellé, puis la certitude d'être condamné, puis la certitude que la peine soit effectivement exécutée, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Toutes les peines de moins de deux ans de prison fermes ne sont pas exécutées. C'est pour ça que M. Dupond-Moretti, aujourd'hui, peut se gargariser de voir les prisons vides. Mais les prisons vides, c'est les délinquants dehors, c'est-à-dire les Français qui continuent de subir la délinquance et la criminalité.

8:22
Présentateur

Nicolas Baireau, député du Rassemblement National. On continue la discussion dans un instant. Le fil info d'abord avec Lauriane Delannoué.

8:30
Invité

Avez-vous encore des masques à la maison ? Le gouvernement étudie la possibilité de le rendre obligatoire dans les lieux fermés pour freiner la propagation du coronavirus. On n'y coupera pas, estime ce matin le président du conseil d'administration de l'Académie de médecine. Sur France Info, Jean-François Matéi indique que les chiffres remontent. Des signes qu'il faut craindre, selon lui, une deuxième vague de la maladie. En Guyane, le virus circule encore fortement. Le Premier ministre s'y est rendu hier quelques heures. Le fonds de solidarité, les aides pour les petites entreprises, vont être doublés à 3 000 euros. Cela vaut aussi pour Mayotte.

Les accords du Ségur de la Santé signés cet après-midi à Matignon, après 7 semaines de concertation sur les salaires et les conditions de travail à l'hôpital. Tous les syndicats des personnels soignants ne signent pas, mais ceux qui valident les accords sont majoritaires. En Pologne, le président sortant conservateur Andrzej Duda, en tête des élections, le second tour hier. Les résultats sont maintenant quasiment complets. Il devance le maire libéral de Varsovie, Rafał Czaskowski, avec un peu plus de 51% des voix.

9:34
Présentateur

Le 8.30 France Info, Jean-François Aquili, Nicolas Teilhard. Et notre invité, Nicolas Bé, député européen du Rassemblement National. Jean-François Aquili.

9:48
Invité

Nicolas Bé, le Parisien aujourd'hui en France, relate ce matin, les auditions des quatre CRS mises en examen dans l'enquête de l'IGPN. Vous savez, c'est l'intervention musclée contre des gilets jaunes dans un Burger King. Ils sont coupables de violences policières à vos yeux, ces CRS ?

10:03
Nicolas Bay

Ce n'est pas à moi de le dire. Ça montre simplement qu'il y a une enquête qui se poursuit. Et que, contrairement d'ailleurs à ce qui a pu être dit ces dernières semaines, pour jeter l'opprobre sur la police, sur toute une profession, en réalité, quand il y a des fautes ou des erreurs ou des actes critiquables, eh bien, ils sont poursuivis, ils font l'objet d'une enquête. Et sans doute, s'il y a une faute, eh bien, il y aura sanction. Donc, on arrête de nous raconter que les policiers font n'importe quoi dans l'impunité la plus totale.

Et puis, excusez-moi, mais s'agissant des manifestations de gilets jaunes, on sait très bien que c'est la hiérarchie politique qui avait donné des ordres à la police pour faire preuve d'une extrême sévérité contre les gilets jaunes.

10:43
Invité

Hiérarchie politique ou policière ?

10:44
Nicolas Bay

Politique et policière. En réalité, ça se confond un peu. La réalité, c'est que le ministre de l'Intérieur est l'autorité de tutelle du préfet de police, qui lui-même est l'autorité de tutelle des policiers sur le terrain. Donc, on a fait preuve d'une très grande sévérité contre les gilets jaunes. En revanche, eh bien, on sait très bien qu'il y a beaucoup de quartiers où les lois ne s'appliquent pas et où la police, on lui demande de ne pas aller ou de ne pas aller systématiquement pour y rétablir l'ordre.

11:08
Présentateur

Des gendarmes et des militaires qui seront à Place de la Concorde demain pour les cérémonies du 14 juillet. Des soignants également. C'est un hommage nécessaire, important ?

11:17
Nicolas Bay

Oui, bien sûr. Je pense que la France et les Français sont heureux de rendre hommage à nos soignants qui ont été admirables. L'ensemble des personnels soignants, ceux qui sont les plus visibles, mais aussi ceux qui ont travaillé dans l'ombre, dans ce contexte difficile de crise sanitaire. Après, il ne faudrait pas non plus qu'Emmanuel Macron et son gouvernement essayent un peu de se faire de la publicité sur le dos des soignants. L'hommage de la nation aux soignants, oui, mais pas Emmanuel Macron qui se met en scène comme le grand organisateur de cet hommage.

11:48
Présentateur

En l'occurrence, Emmanuel Macron et son gouvernement, Jean Castex, Olivier Véran, ont trouvé un accord avec les soignants sur une enveloppe de plus de 7 milliards d'euros par an. Ça représente plus de 180 euros d'augmentation pour ces soignants hors médecin.

12:03
Nicolas Bay

Je pense que c'est une bonne chose, évidemment, mais est-ce que c'est suffisant ? C'est ça la question. Ça règle peut-être une partie de la question de la revalorisation des médecins de soignants, mais est-ce que ça règle fondamentalement le problème du fonctionnement de l'hôpital en France ? Je ne le crois pas. Aujourd'hui, on voit bien que beaucoup d'argent est mal utilisé, avec des échelons administratifs qui se superposent, qui sont souvent inefficaces et qui aboutissent à ce manque d'agilité de l'État. Et puis, parallèlement, il n'y a pas assez d'argent dans la médecine d'urgence, de terrain, pour réellement soigner. On a souvent ce problème-là en France.

Beaucoup trop d'argent dans l'administratif, pas assez dans l'opérationnel.

12:46
Invité

Nicolas B, c'est 183 euros. Est-ce que c'est suffisant ? La CFDT va signer l'accord tout à l'heure. Son secrétaire général, Laurent Berger, c'était vendredi dernier, ici même, sur France Info à votre place, a répondu aux responsables politiques comme vous, qui exigez plus. Moi, je ne fais pas de politique, je fais du syndicalisme. Et le syndicalisme, c'est quoi ? C'est la capacité à être utile, très concrètement, pour les travailleurs. Dans ce protocole d'accord, c'est 183 euros par mois pour tous les personnels de l'hôpital. Ça vous va, ça ? Eh bien, un syndicaliste vous dira toujours qu'il aurait voulu plus, mais c'est 183.

Vous savez, ça fait 2196 euros de plus par an pour la SH, l'aide-soignante, etc. Donc oui, je pense que la Fédération Santé a décidé hier de le signer. Elle va le signer. Nicolas B, il a raison de signer, Laurent Berger, enfin du moins la CFDT a raison de signer ce protocole. C'est toujours ça de prix ?

13:39
Nicolas Bay

Oui, et puis ça apparaît comme très légitime. Cette hausse du pouvoir d'achat des soignants semble être une nécessité, une évidence. Ce qui est dramatique, c'est qu'on ait eu besoin d'une crise sanitaire de cette ampleur pour se rendre enfin compte qu'on a un hôpital public et des dispositifs de santé publique qui fonctionnent de plus en plus mal.

14:00
Présentateur

Un mot également de la relance économique, sociale. Le chef de l'État doit en donner quelques contours. Demain, plan de relance qui est attendu pour fin août. Est-ce que vous pensez que ça arrive tard, comme Xavier Bertrand notamment ?

14:13
Nicolas Bay

Le problème, c'est, Emmanuel Macron nous explique qu'il va se réinventer, il parle d'un nouveau chemin. On voit bien que tout le modèle mondialiste ultra-libéral s'est fracassé sur le réel. Voilà, notre dépendance, notre vulnérabilité à la guerre de la Chine, notre absence de souveraineté industrielle. Alors on a Emmanuel Macron qui utilise les mots, comme toujours, il explique qu'il faut retrouver une souveraineté française ou européenne, tout ça est d'ailleurs un peu flou. Mais quelles sont les mesures concrètes qu'il va mettre en œuvre pour cela ?

Injecter des milliards d'euros, c'est-à-dire de la dette d'aujourd'hui, qui sera des impôts de demain, dans l'économie, c'est sans doute une nécessité de l'instant.

14:50
Invité

Difficile de faire autrement.

14:52
Nicolas Bay

Bien sûr, de l'instant. Mais dans la durée, comment on fait en sorte d'avoir un modèle économique viable ? Il faut à la fois libérer, c'est-à-dire abaisser la fiscalité. On est un des pays les plus imposés au monde. La France est un des pays où le taux de prélèvement obligatoire, 47% du PIB, est un des plus élevés au monde. Donc il faut abaisser la fiscalité, les charges, les contraintes qui pèsent, aussi bien sur les entreprises que sur les particuliers. Et puis, il faut protéger notre économie, ce que font toutes les grandes puissances dans le monde.

Aujourd'hui, on est un terrain de jeu grand ouvert, on a abaissé les protections douanières, et donc on a organisé la concurrence déloyale qui a tué notre tissu industriel, qui peut tuer demain notre agriculture. Donc il faut rétablir les protections économiques. Est-ce qu'Emmanuel Macron y est prêt ? Je ne le crois pas.

15:37
Invité

Nicolas, il y a ce plan à 750 milliards d'euros d'Ursula von der Leyen qui est discuté en fin de semaine au niveau européen. Il y a le scénario à 500 milliards franco-allemands. La France, est-ce qu'on t'en récupère 40 milliards ? Est-ce que la clé de sortie de crise économique, elle est européenne avec ces milliards de l'Europe ? 40 pour nous.

15:54
Nicolas Bay

En fait, ces chiffres au niveau européen peuvent sembler spectaculaires, mais d'abord, c'est sur 27 pays, il ne faut pas l'oublier. Ensuite, la question, c'est de savoir qui va décider de l'usage de cet argent. C'est évidemment la Commission européenne. Et ensuite, qui va payer ? Et qui va payer, ce sont évidemment les 9 pays contributeurs nets au budget de l'Union européenne dont la France fait partie. Donc en fait, on nous dit la moitié de la réalité. On nous dit, la France va avoir 40 milliards sur ses 750 milliards. Mais en réalité, la question, c'est de savoir combien la France va payer. Et comme toujours avec l'Union européenne, on va payer plus qu'on ne touche. Et aujourd'hui, M.

Breton, le commissaire européen français, nous explique qu'en réalité, on va avoir des ressources propres, sous-entendu demain un impôt européen. Et il voudrait par exemple une taxe que les GAFAM, qui permettrait de prendre en charge une partie de cette somme. Mais en réalité, quand les Etats-Unis vont dire à Angela Merkel que si jamais il y a une taxe GAFAM, en contrepartie, il y aura des taxes sur les voitures allemandes qui arrivent sur le marché américain, et bien je pense qu'Angela Merkel cédera immédiatement.

Donc à la fin, une fois qu'on ne sera pas capable de mettre en œuvre, par exemple, la taxe GAFAM, et bien on va avoir les Français, comme un certain nombre d'autres pays européens, qui vont devoir payer pour les autres. Alors les 750 milliards, c'est peut-être une bonne nouvelle pour la Bulgarie ou pour la Grèce, mais certainement pas pour la France. L'argent, ce n'est pas nous qui en disposerons. C'est la Commission européenne, Mme von der Leyen, qui va décider où cet argent est fléché, où il est utilisé, et par contre, c'est bien les Françaises et les Français qui vont payer par les dettes et par l'impôt dans les prochaines années.

17:21
Présentateur

Sceptique. Nicolas Béhéro, député du Rassemblement National, invité du 8.30 de France Info ce matin avec vous. Jean-François Aquili. Merci.

17:29
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.