Réseaux sociaux : "ça ramollit le cerveau", Gabriel Attal invité du 19h45
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 5 %Défensif 35 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir fixé l'interdiction des réseaux sociaux à 15 ans ?
- 0:32RelanceRéponse partielle
En quoi est-on mieux préparé à 15 ans qu'à 14 ans ?
- 1:00RelanceRéponse partielle
Est-ce que WhatsApp, où circulent aussi insultes et harcèlement, est concerné ?
- 3:37OuverteRéponse directe
Qui dit loi dit sanction : quelles seront les sanctions et pour qui ?
- 4:19RelanceÉludée
Est-ce nécessaire au lycée ? Ça va coûter cher, qui va payer ?
- 4:59RelanceRéponse partielle
Cette loi, c'est la vôtre ou celle du président ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51Gabriel AttalFait
« L'Australie a plus de 16 ans. »
- 2:59Gabriel AttalChiffre
« en quelques mois, ils ont désactivé 5 millions de comptes sur les réseaux sociaux de jeunes »
- 3:53Gabriel AttalChiffre
« Ça pourra aller jusqu'à 6% de leur chiffre d'affaires dans le monde »
- 5:08Gabriel AttalPromesse
« J'avais fixé en septembre 2023 cet objectif d'interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans en France. »
Temps de parole
- Gabriel Attal67 %
- Présentateur33 %
≈ 1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Merci d'être avec nous, vous êtes le patron des députés Ensemble pour la République à l'origine de ce texte. La protection des jeunes face aux réseaux sociaux était d'ailleurs l'un de vos combats quand vous étiez au gouvernement. Pourquoi avoir fixé l'interdiction des réseaux sociaux à 15 ans ?
Parce que beaucoup d'études montrent que c'est à ce moment-là qu'un jeune développe suffisamment d'esprit critique pour prendre un peu de recul sur un certain nombre de choses qu'il voit. Parce que 15 ans c'est aussi la majorité sexuelle, c'est un âge auquel un certain nombre de choses évoluent. Et donc c'est cet âge qui a été choisi pour notre texte.
Mais en quoi on est mieux selon vous préparer à 15 qu'à 14 ans ?
Je pense que tout l'enjeu ce sera de préparer les jeunes à 15 ans quand ils auront le droit d'utiliser les réseaux sociaux. Bien sûr, il faudra qu'il y ait de la prévention à l'école, qu'on leur explique comment les utiliser, bien les utiliser. Mais il faut choisir un âge. Et quand même beaucoup d'études qui ont été faites montrent que c'est le bon âge, 15 ans. L'Australie a plus de 16 ans. Mais nous le choix qu'on a fait c'est 15 ans.
Les réseaux sociaux que vous visez en gros, c'est X, TikTok, Instagram, Snapchat notamment. Est-ce que WhatsApp par exemple, où circule aussi insultes, photos, pressions, harcèlement scolaire, est concerné ?
WhatsApp c'est une messagerie. Et c'est une messagerie qui est utile, y compris pour organiser la vie de famille. Donc tout ce qui concerne la messagerie ne sera pas sujet à une interdiction au moins de 15 ans. En revanche, sur WhatsApp, vous avez maintenant une fonctionnalité avec des comptes publics et des vidéos qui peuvent être envoyées. Et pour ça, effectivement, il faudra que ce soit plus de 15 ans. Mais là, on parle des comptes publics qui ressemblent finalement à ce qu'on trouve sur des réseaux sociaux.
Oui, mais ça devient un réseau social dans une classe d'élèves. Ça tourne, vous le savez, vous avez des ministres de l'éducation.
Il y a parfois du harcèlement sur des boucles WhatsApp dans une classe. C'est pour ça que moi, j'ai beaucoup appelé les établissements scolaires à regarder ce qui se passe sur ces boucles de classes qui peuvent exister. S'il y a des élèves qui sont victimes de harcèlement sur ces boucles, sur WhatsApp, il faut toujours le signaler. Parce qu'il peut y avoir des sanctions ensuite. Mais WhatsApp, ça reste une messagerie. Beaucoup de familles l'utilisent pour organiser leur vie quotidienne.
Donc pour l'heure, c'est pas... Et sur YouTube aussi, c'est un débat. En Australie, ils ont interdit par exemple. Au moins de 16 ans, YouTube. En France, vous en êtes...
Et vous savez que YouTube, il y a aussi une fonctionnalité maintenant, les YouTube Shorts, ça s'appelle, qui ressemble à des vidéos avec lesquelles vous scrollez. Pourquoi est-ce qu'on fait ça ? Parce que toutes les études montrent que quand un enfant, un ado jeune, passe plusieurs heures par jour à scroller sur ses réseaux sociaux en regardant des vidéos qui parfois en plus sont des vidéos assez violentes, ça ramollit le cerveau.
Donc YouTube sera aussi concerné ? Bien sûr.
Au titre du DSA, c'est les réseaux sociaux qui sont concernés par la réglementation.
C'est très clair. Le 1er septembre, si la loi est votée, qu'est-ce qui empêchera quand même un jeune de 14 ans de créer son compte, concrètement ?
Il y a toujours du contournement possible. Moi, je ne me satisfais pas qu'on n'agisse pas en se disant qu'il va y avoir du contournement. A chaque fois que j'ai pris des décisions, quand j'étais au gouvernement, il y avait des gens qui m'expliquaient que ça ne va pas être possible, est-ce que ça pourrait être contourné ? Résultat des courses, j'ai pris ces décisions, elles s'appliquent. Je peux vous donner plein d'exemples. En Australie, qui est le premier pays du monde à avoir mis en place cette interdiction, en quelques mois, ils ont désactivé 5 millions de comptes sur les réseaux sociaux de jeunes de moins de 15 ans.
Mais les enfants là-bas, en témoignent encore dans un sujet pas plus tard qu'hier ici, ils contournent, ils se font inscrire par un plus vieux, même parfois les parents inscrivent leurs enfants pour contourner la loi.
Tout ce qui se passe en ce moment en Australie, ça nous sert pour préparer l'interdiction quand elle va arriver en France. On sera un des premiers pays, mais on a cet antécédent avec l'Australie qui nous permet de voir effectivement comment les choses sont contournées pour adapter. Maintenant, vous savez, une loi, ça peut toujours être contourné. Vous avez des limitations de vitesse, il y a toujours des excès de vitesse, mais aujourd'hui, les gens roulent moins vite parce qu'il y a des limitations de vitesse.
Alors, qui dit loi et dit sanction ? Quelles seront les sanctions et pour qui ?
Les sanctions, ça sera pour les plateformes. Si une plateforme de réseaux sociaux ne met pas en place une vérification de l'âge suffisamment forte pour la faire respecter, ils pourront avoir une amende, une amende très lourde. Ça pourra aller jusqu'à 6% de leur chiffre d'affaires dans le monde, c'est-à-dire plusieurs centaines de millions d'euros. Donc, c'est de très grosses amendes. Et donc, ça les incitera à faire tout ce qu'il faut pour que cette application se fasse et que cette interdiction ait lieu.
Il y a un autre point dans ce projet de loi, c'est l'interdiction du portable au lycée. Alors, ça existe déjà au collège. Aujourd'hui, on estime qu'il y a un collège sur dix qui arrive parce que ça coûte cher matériellement à mettre en place ce dispositif. Est-ce que c'est nécessaire au lycée ? Ça va coûter beaucoup d'argent ? Qui va payer ?
D'abord, il faut de la souplesse. Moi, j'étais ce matin dans un lycée, au lycée Michelet à Venves. Ils ont mis en place cette interdiction. Ils l'ont mise en place dans tout l'intérieur, évidemment, les salles de classe, les couloirs, la maison des lycéens, pas dans la cour de récréation. Donc, je pense que les lycées adapteront les choses pour que ça soit applicable. Mais vous voyez bien le sens de cette mesure. C'est évidemment qu'en classe, les élèves ne soient pas sur leur téléphone et écoutent le cours. Et c'est qu'en dehors de la classe, ils se parlent entre eux plutôt que d'être venus sur leur téléphone.
Mais ça reste un coût encore difficile à résoudre.
Si vous mettez en place des casiers, mais ce n'est pas obligatoire.
Très concrètement, cette loi qu'on comprenne bien, c'est la vôtre ou celle du président ?
Moi, je me suis engagé sur ce sujet il y a maintenant plus de trois ans. J'étais ministre de l'Éducation nationale. J'avais fixé en septembre 2023 cet objectif d'interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans en France. Depuis, j'ai travaillé sur ce sujet. Et même si je ne suis plus au pouvoir depuis un an et demi...
Mais lui aussi a pris la parole encore ce week-end sur les réseaux sociaux, justement. On vous sent concurrent sur le sujet.
Non, non, pas du tout. Vous savez, tant mieux s'il y a beaucoup de gens qui sont en faveur de cette mesure.
D'accord. Le 6 octobre, vous disiez de ne plus comprendre le président. Donc aujourd'hui, ça va comment entre vous ce soir pour lever ce...
Je ne suis pas sûr que ça passionne les gens de savoir ça. C'est une info. En tout cas, ce que je peux dire, c'est que sur tout ce qui concerne l'international, la place de la France en Europe et dans le monde, la défense des intérêts de la France dans le monde, évidemment, je soutiens les actions du président de la République. J'ai des désaccords avec lui. Effectivement, des décisions que je ne comprends pas.
Maintenant, j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur le sujet. Merci. Peut-être qu'il vous soutiendra aussi pour 2027. On verra ça dans un prochain épisode. Merci beaucoup d'être venu nous voir, Gabriel Attal.
Gabriel Attal