EXCLUSIF - Patrick Martin, président du Medef : « Attal, Retailleau et Bardella sont les plus conscients des périls économiques »
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça fait d'entendre une classe politique impuissante ?
- 0:28OuverteRéponse directe
Les chefs de parti étaient-ils tous présents et le débat était-il passionnant ?
- 1:29OuverteRéponse directe
Comment réussissez-vous à les faire parler ensemble malgré les divergences ?
- 2:03OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il y en a un qui vous a convaincu ? Qui est plus sensible aux entreprises ?
- 3:06OuverteRéponse directe
Vous avez passé vos messages très fermement, pourquoi cette inquiétude ?
- 3:27OuverteRéponse partielle
Dominique Régnier a critiqué la timidité des chefs d'entreprise, que répondez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Invité politiqueFait
« j'ai surtout entendu 13 000 chefs d'entreprise à la fois inquiets mais très heureux de se retrouver dans un site magique avec des messages assez exigeants à l'égard des mêmes politiques. »
- 0:48Invité politiqueFait
« Nous on avait une commande si je puis me permettre, à savoir conviennent-ils que la situation des finances publiques est telle critique, en regard que prévoient-ils et sont-ils prêts à se parler ensemble ? »
- 1:02Invité politiqueFait
« Il y a eu des amorces de discussion quand même, parfois un peu inattendues entre les uns et les autres »
- 1:16Invité politiqueFait
« Nous on va faire des pressions fortes, respectueuses, républicaines, bien sûr démocratiques sur les uns et les autres, sur certains en particulier, pour qu'on regarde cette situation à la fois budgétaire et économique très précaire, il y ait un peu de sagesse. »
- 2:17Invité politiqueFait
« certains sont mieux conscients, plus conscients des périls et surtout de ce qui se passe dans le reste du monde que d'autres. »
- 2:41Invité politiqueFait
« certains n'ont absolument pas fait référence aux Etats-Unis, au prix de l'énergie, à un durcissement de la concurrence incroyable, à une Europe qui n'a pas été à la hauteur de la situation dans les négociations avec les Etats-Unis »
- 2:48Invité politiqueFait
« Alors, ça n'est pas un parti pris de ma part, mais c'est plutôt Gabriel Attal, Bruno Retailleau, dans une certaine mesure, Jordan Bardella. »
- 3:20Invité politiqueFait
« un débat politique qui est assez picrocolin, très court-termiste et qui, de nouveau, ne prend pas suffisamment en compte la réalité des choses. »
- 5:03Invité politiqueChiffre
« il faut effectivement que les chefs d'entreprise s'impliquent plus, pour deux raisons. La première, effectivement, il y a eu ce sondage qui est opportunément tombé mardi, sondage d'Oxa Confluence, selon lequel 70% des Français souhaitent que les chefs d'entreprise s'impliquent plus dans le débat public. »
- 5:13Invité politiqueChiffre
« sondage d'Oxa Confluence, selon lequel 70% des Français souhaitent que les chefs d'entreprise s'impliquent plus dans le débat public. »
- 5:22Invité politiqueChiffre
« la cote de confiance que place un concitoyen dans les entreprises n'a jamais été aussi élevée. Donc, 70% d'un côté, 63% de l'autre. »
- 11:10Invité politiqueFait
« non pas des cadeaux, même pas des aides, mais des compensations. 211 milliards, c'est un chiffre totalement boursouflé. »
- 11:14Invité politiqueChiffre
« 211 milliards, c'est un chiffre totalement boursouflé. »
- 11:32Invité politiqueFait
« net de ces compensations, les entreprises françaises, même s'il y a eu des progrès ces dernières années, restent les plus taxées au monde. »
- 13:22Invité politiqueChiffre
« les entreprises payent 60% des retraites. »
- 13:28Invité politiqueChiffre
« 66 000 entreprises ont disparu l'année dernière. Ce sera au moins 67 000 cette année. »
Temps de parole
- Invité politique61 %
- Présentateur35 %
- Invité4 %
≈ 1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Patrick Martin, vous avez bondi quand j'ai annoncé que j'allais vous demander qu'est-ce que ça fait d'entendre une classe politique impuissante ?
D'abord on n'a pas entendu qu'une classe politique impuissante ou pas, j'ai surtout entendu 13 000 chefs d'entreprise à la fois inquiets mais très heureux de se retrouver dans un site magique avec des messages assez exigeants à l'égard des mêmes politiques.
Alors les politiques, vous m'avez dit le débat entre les chefs de parti, on parlera de Bayrou après, mais vous m'avez dit le débat entre les chefs de parti parce qu'ils étaient tous là quasiment, Marine Tondelier, Gabriel Attal, Jordan Bardella, Manuel Bompard, Bruno Retailleau, j'en oublie sans doute, enfin ils étaient quasiment tous là et vous m'avez dit c'était passionnant.
C'était passionnant. Nous on avait une commande si je puis me permettre, à savoir conviennent-ils que la situation des finances publiques est telle critique, en regard que prévoient-ils et sont-ils prêts à se parler ensemble ? Il y a eu des amorces de discussion quand même, parfois un peu inattendues entre les uns et les autres et d'ailleurs dans son propos terminal, Gabriel Attal a dit que le format était très intéressant et qu'il souhaitait que ces discussions reprennent.
Nous on va faire des pressions fortes, respectueuses, républicaines, bien sûr démocratiques sur les uns et les autres, sur certains en particulier, pour qu'on regarde cette situation à la fois budgétaire et économique très précaire, il y ait un peu de sagesse.
J'ai une question très sérieuse Patrick Martin, comment se fait-il que vous réussissiez à les faire parler ensemble, à les faire constater ce qu'il y a à constater malgré les divergences, mais qu'ils viennent chez vous, qu'ils parlent ensemble, qu'ils débattent ensemble, vous réussissez là où Bayrou échoue ?
J'ai qu'un est à sa place. Non, je pense, j'espère du moins, que les uns et les autres, quelle que soit leur orientation politique, comprennent que les chefs d'entreprise dans cette affaire ont un rôle important. Les entreprises ont un rôle important. C'est peut-être ce qui les a conduits à accepter cet exercice.
Est-ce qu'il y en a un qui vous a convaincu ? Est-ce qu'il vous semble qu'il y a parmi ces chefs de parti, un ou une qui est plus sensible, qui connaît mieux l'entreprise que les autres ? Ne faites pas Jacques Martin, tout le monde a gagné.
Non, non, c'est sincèrement pas pour me dérober, mais d'évidence, certains sont mieux conscients, plus conscients des périls et surtout de ce qui se passe dans le reste du monde que d'autres. Je veux dire par là que, dans leur couloir en quelque sorte, certains n'ont absolument pas fait référence aux Etats-Unis, au prix de l'énergie, à un durcissement de la concurrence incroyable, à une Europe qui n'a pas été à la hauteur de la situation dans les négociations avec les Etats-Unis, et puis d'autres manifestement en sont plus conscients. Alors, ça n'est pas un parti pris de ma part, mais c'est plutôt Gabriel Attal, Bruno Retailleau, dans une certaine mesure, Jordan Bardella.
Les représentants des partis de gouvernement, Jordan Bardella vous a fait un effet intéressant.
Non, je ne vais pas distribuer les bons et les mauvais points. Ce qui nous importait, c'était d'abord de passer nos messages. Je pense les avoir passés très fermement dans mon discours introductif, respectueusement, mais très fermement, parce qu'on est assez inquiets, à vrai dire, et abasourdis de voir qu'il y a un débat politique qui est assez picrocolin, très court-termiste et qui, de nouveau, ne prend pas suffisamment en compte la réalité des choses. Donc, nous, entrepreneurs, on veut peser dans ce débat.
Patrick Martin, je voudrais vous faire entendre quelqu'un que vous connaissez sans doute. Il était notre invité sur Radio Classique mercredi. C'est Dominique Régnier et, à un moment donné, il est parti tout seul et il a mis en cause, d'une certaine façon, la timidité des chefs d'entreprise et du monde économique à s'engager très fermement dans le débat du moment.
Je trouve quand même que les entrepreneurs en France n'ont pas fait leur travail. C'est un peu curieux de le dire aujourd'hui, mais je trouve qu'ils n'ont pas fait leur boulot. Je ne sais même pas s'ils ont commencé aujourd'hui à s'investir dans les affaires de la cité, à prendre la parole, à soutenir ceux qui prennent la parole et qui essayent d'expliquer, à s'occuper d'enseignement, à s'occuper de produire du contenu. C'est une très grande responsabilité de la part des entrepreneurs qui, d'une manière générale, ont laissé au système, au système n'est pas péjoratif dans ma bouche, simplement à l'éducation nationale, aux médias, aux partis, aux syndicats, le soin d'organiser le débat.
Ça vous surprend, cette remarque de Dominique Reynier, qui s'appuie aussi sur le résultat d'un sondage où les Français disent qu'il voudrait que vous preniez davantage la parole, et pas cette semaine, parce que c'est la rencontre des entreprises de France, mais finalement, ça aurait dû se faire beaucoup plus tôt, dès qu'on a eu une absence de majorité, dès après la dissolution.
J'allais dire que j'en prends pour mon grade avec ce propos de Dominique Reynier.
Je ne suis pas sûr qu'il vous visez, vous, d'ailleurs.
J'espère bien que non. Et j'espère qu'il est venu à la REF, parce que là, il aurait compris que ça n'était pas tout à fait vrai ce qu'il a dit. Mais effectivement, et moi, je ne perds pas une occasion de le faire, je l'ai refait à plusieurs reprises hier et avant-hier dans le cadre de cette REF, il faut effectivement que les chefs d'entreprise s'impliquent plus, pour deux raisons. La première, effectivement, il y a eu ce sondage qui est opportunément tombé mardi, sondage d'Oxa Confluence, selon lequel 70% des Français souhaitent que les chefs d'entreprise s'impliquent plus dans le débat public.
Et, deuxième élément qui me paraît très important aussi, la cote de confiance que place un concitoyen dans les entreprises n'a jamais été aussi élevée. Donc, 70% d'un côté, 63% de l'autre. Donc, c'est notre intérêt, d'une certaine manière, mais c'est surtout notre responsabilité, effectivement, d'aller beaucoup plus loin. Cela dit, et ça, on ne le fait peut-être pas suffisamment savoir, vous évoquez l'éducation nationale, il y a des milliers de contacts qui sont pris sur le terrain. On a notre semaine école-entreprise, on reçoit des jeunes. Mais il faut aller beaucoup plus loin encore.
Comment expliquez-vous qu'il y ait cette attente ? Parce qu'effectivement, il faut être absolument honnête, les entreprises ont des actions à l'école, il y a la responsabilité sociale environnementale, alors, tout un tas de choses. Il y a évidemment le MEDEF, qui depuis très longtemps, et puis avant lui, le CNPF, prend une parole dans le débat public. Mais j'ai l'impression qu'il y a une autre attente. Comme si on vous demandait peut-être d'envoyer des candidats, de désigner un candidat pour la présidentielle. J'en passe et des meilleurs. On vous veut plus radicaux.
Radicaux ? On est capables d'être plus radicaux. Si sur le champ politique, les choses n'évoluent pas dans le sens que l'on souhaite, qui est le sens de l'intérêt du pays, en définitive, on aura peut-être des expressions un peu plus fermes encore. D'ailleurs, moi, j'ai appelé à l'unité patronale, on va probablement prendre une initiative dans les tout prochains jours, pour avoir une expression collective des organisations patronales.
Ça veut dire quoi, ça traduisait pour nos auditeurs ?
On a, dans ma petite tête en tout cas, on a toute une gradation, je dirais, d'expression. Et à nouveau, moi, je sais, parce que ça va se concrétiser, que... Vous allez manifester le 10 septembre ? Non, on ne va pas manifester le 10 septembre, évidemment non. Mais dans l'histoire, il y a eu des expressions plus tonitruantes du côté patronal. Alors, c'est toujours républicain, il n'y a jamais de débordement, il n'y a jamais de violence. Et évidemment, j'insiste sur un point.
Je pense qu'une des raisons pour lesquelles nos concitoyens accordent ce crédit très élevé aux entreprises, ce n'est pas nécessairement aux entrepreneurs eux-mêmes, c'est qu'on entretient une bonne qualité de dialogue social. On a des désaccords profonds, on les connaît avec les organisations syndicales, mais on se parle, on se parle respectueusement, on essaie de construire, on signe des accords avec les organisations syndicales. Et c'est tellement contrasté, je dirais, par rapport à ce qu'on observe sur le champ politique, qu'à bon droit, me semble-t-il, nos concitoyens se disent, il y a quand même des gens raisonnables.
Ils peuvent être en contradiction, ils peuvent être en confrontation, mais au moins, ils comprennent les choses, ils sont en prise sur les réalités, et ils essaient d'éviter le collapse.
Vous êtes un peu comme les maires, en fait. Les maires qui sont très proches de nos concitoyens, même si ces dernières années, les maires sont agressés, violentés, parfois, et que c'est préoccupant. Mais effectivement, l'entreprise, un peu comme la mairie, est une cellule proche du citoyen
et de l'actif. J'ajoute une chose, on n'a pas les mêmes horizons que les politiques, et c'est normal, moi, je ne juge pas, il y a des échéances constitutionnelles, elles existent, il faut les respecter. Mais nous, on se projette par nécessité, je dirais, et puis par goût aussi, dans le long terme. Et je pense que nos salariés, l'opinion publique elle-même, savent ça et se disent, bon, les chefs d'entreprise, en l'immense majorité des cas, en tout cas, ne sont pas des opportunistes.
Vous parliez du dialogue social, François Bayrou, dans le discours qu'il a fait hier à la rencontre des entreprises de France, a largement parlé de la démocratie sociale. Je voudrais savoir comment a été perçu ce discours ? C'était très bien filmé, il y avait des contre-champs, donc on voyait Bayrou parler, et puis de temps en temps, on voyait votre mine grave, ou la mine déconfite des gens dans le public. Il a réussi à dramatiser les choses, et sans doute a raison. Mais quel est le sentiment ?
Est-ce que quand un chef d'entreprise voit les politiques prendre la parole sur la question économique, sur la question des droits de douane, sur le déplacement du centre de gravité économique du monde vers l'Asie, est-ce que vous avez le sentiment que ces gens-là sont à la hauteur ?
Écoutez, l'avenir le dira. Moi, ce que je retiens, parce qu'il y a quand même un certain nombre de points positifs, ce que je retiens, c'est que, comme Éric Lombard, devant nous hier matin, le Premier ministre a dit que rien dans le prochain budget, pour autant que ce soit lui qui le porte, rien ne serait fait au détriment de la croissance et de la compétitivité des entreprises. Et c'est évidemment ça, notre gros souci. Parce qu'il ne faut pas se raconter d'histoire. La conjoncture est vraiment sur le fil du rasoir. Elle est très mauvaise dans un certain nombre de secteurs. Je ne vais pas les lister ici, sauf si vous me le demandez.
Et donc, toutes les idées qu'on entend circuler sur le fait qu'il faudrait taxer plus les entreprises, ça nous fait froid dans le dos. Parce que ça peut précipiter, en définitive, les destructions d'emplois qui sont engagées dans le secteur privé. Et puis, le basculement, je dirais, du côté de la récession. Alors, ça intéresse tout le monde, tout ça. Ça intéresse les salariés, ça intéresse les consommateurs. Donc, il faut vraiment que nos responsables politiques soient très précautionneux.
Très précautionneux. François Bayrou a évoqué les aides aux entreprises, ce que l'extrême-gauche appelle les cadeaux aux entreprises. Ces fameux 210 milliards qui ont fait l'objet d'une commission parlementaire où certains chefs d'entreprise sont allés passer le grand oral. Et vous y êtes allés. Vous craignez que l'État dise « Bon, ben, on va supprimer une partie de ces milliards ». D'ailleurs, c'est quelque chose que François Bayrou n'a pas exclu.
Non. Alors, je voudrais préciser que le 13 septembre, je me rendrai de nouveau, parce que j'y étais déjà l'an passé, à la fête de l'humanité, pour dialoguer avec le sénateur Geck et le rapporteur spécial de la commission sénatoriale sur ce sujet. non pas des cadeaux, même pas des aides, mais des compensations. 211 milliards, c'est un chiffre totalement boursouflé. On agrège les carottes et des navelles. Premier ministre a dit « Les carottes et des sèches-cheveux ». C'est intéressant. Donc, le chiffre est faux.
Et la réalité des choses, et je le martèlerai, y compris à la fête de l'humanité, c'est que net de ces compensations, les entreprises françaises, même s'il y a eu des progrès ces dernières années, restent les plus taxées au monde. Alors, que voulez-vous ? Il ne faut pas s'étonner après qu'on ait une croissance à tonne, que le marché de l'emploi se retourne, qu'on ait une balance commerciale chroniquement déficitaire, et qu'on ne soit pas le pays lui-même à la hauteur des enjeux, au regard des mutations profondes sur le digital, sur l'environnement, sur la compétitivité, alors même que les autres pays, y compris en Europe, sont en train d'accélérer.
Qui mettra contribution, Patrick Martin, pour redresser les finances publiques ? Il doit le regretter aujourd'hui, mais François Bayrou a parlé des baby-boomers. Alors, vous, vous êtes un jeune baby-boomer, puisque vous travaillez, mais beaucoup arrivent en retraite ou le sont déjà. Et s'est installé un débat, qui se poursuit sur le forum de Radio Classique, sur radioclassique.fr, sur faut-il faire payer les retraités, qui, eux, ont le sentiment, alors, d'avoir été dans les clous, d'avoir cotisé, d'avoir aussi élevé des enfants et financé des études longues, etc., etc., d'avoir évidemment payé plein d'impôts.
Bref, cette querelle de génération qui est en train de s'installer, que vous inspire-t-elle et faut-il faire payer les retraités inactifs ?
Je ne voudrais pas que ce soit un écran de fumée ou un tir de dérivation. Le vrai problème, c'est d'attaquer les dépenses courantes de la sphère publique. L'État a fait des efforts dès 2025. Ce n'est pas le cas de la sphère sociale. Ce n'est pas le cas, en tout cas, de l'immense majorité des collectivités locales. Parce qu'à la fin des fins, si on fait, entre guillemets, payer les retraités, ce sera toujours des impôts en plus dans le pays qui, au monde, paye le plus d'impôts.
Par défaut, par défaut, moi, je le dis, si on doit arbitrer entre faire payer un peu les retraités ou faire payer encore plus les entreprises, c'est-à-dire, à la fin des fins, porter atteinte à la capacité qu'aura le pays à payer les retraites, là, il faut vraiment se poser la question. Je rappelle que les entreprises payent 60% des retraites. Si vous affaiblissez les entreprises, 66 000 entreprises ont disparu l'année dernière. Ce sera au moins 67 000 cette année. Mais vous siez la branche sur laquelle vous êtes assis.
Patrick Martin, vous allez monter au front économique, si j'ose dire, dans quelques minutes. Que nous préparez-vous ? Vous travaillez avec un groupe de think tanks et vous allez faire des propositions. Alors, ça rejoint ce que disait Dominique Régnier. Le MEDEF s'engage de plus en plus.
La finalité, c'est d'occuper le terrain. Je veux dire, dans le débat d'idées, il y a une espèce de saturation par des idées qui sont par principe respectables, mais qui, pour beaucoup d'entre elles, sont farfelues et même dangereuses. Donc, c'est dans l'ordre des choses qu'on rééquilibre tout ça et qu'on essaie de faire prévaloir une forme d'abord d'expérience et d'expertise des entreprises. Et donc, on a réuni un groupe d'une centaine de chefs d'entreprise, mais également d'économistes emblématiques avec une règle du jeu. C'était que chacun garde sa liberté de penser et de propos. Et effectivement, je présente ce matin 36 propositions émanant de ce front économique qui sont très robustes.
Quand je vois les économistes qui ont participé à ces travaux, c'est un niveau international.
Si vous ne deviez en garder qu'une de propositions, est-ce que vous pouvez nous faire la primeur de cette proposition ? Une seule ?
Écoutez, on évoquait ces compensations et non pas ces aides, encore moins ces cadeaux aux entreprises. Nous, on propose ce qu'on appelle le double effacement. C'est-à-dire, oui, on rogne un certain nombre de dispositifs de soutien aux entreprises, mais en contrepartie, on abaisse la fiscalité de base, on apportera de la simplicité, on apportera de la lisibilité et finalement, tout le monde s'en portera bien.
Patrick Martin, président du MEDEF, merci d'être venu parler sur Radio Classique ce matin. À bientôt. Je précise que tous les contenus de cette rencontre des entreprises de France sont accessibles sur Internet via le site du MEDEF, rubrique REF, rencontre des entreprises de France. Merci à vous. Merci. À suivre le rappel des titres, la revue de presse et nos esprits libres. Jean-Marie Colombagny et Géraldine Vossner de retour à 8h40.