Réforme des titres-restaurant : "C’est un instrument de pouvoir d’achat", explique directeur général d’Edenred France
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« Prenez un salarié au SMIC, par exemple, c'est 7% de pouvoir d'achat supplémentaire. »
- 2:14InvitéFait
« Il y a encore beaucoup de potentiel de développement. »
- 4:30InvitéChiffre
« En moyenne, c'est 9 euros. Et au maximum, c'est 14 euros. »
- 6:25PrésentateurFait
« Vous êtes arrivé au moment de la guerre en Ukraine. »
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Bonsoir Ilan Wanounou, vous êtes le directeur général d'Edenred France. Alors on ne sait pas forcément ce que c'est, si ce n'est des titres restaurants. Vous êtes sur ce marché où 5 millions et demi de salariés bénéficient en France de titres restos. Et cette semaine, Serge Papin, le ministre des PME, du commerce, du pouvoir d'achat, a annoncé qu'il y aurait une proposition de loi pour pouvoir utiliser ces titres restos. Le dimanche, pour aller au restaurant ou pour faire ses courses alimentaires, est-ce que c'est une bonne chose, selon vous, cette idée ?
Cette idée, c'est évidemment une bonne nouvelle pour les salariés qui pourront utiliser leurs titres restaurants de façon plus fréquente. C'est également une bonne nouvelle pour les restaurateurs qui pourront accueillir les titres restaurants de façon plus régulière. Mais c'est juste l'une des mesures de la réforme qui a été proposée par Serge Papin et qui sera présentée au Parlement a priori d'ici le mois de juin, qui a toutes les chances de passer, je pense. Et dans cette réforme, il y a d'autres choses. Il y a notamment la dématérialisation totale du titre restaurant et la confirmation de la possibilité de l'utiliser définitivement en supermarché en plus de l'utilisation en restauration.
Alors justement, l'utiliser en supermarché, y compris le dimanche, ça veut dire que le gouvernement cherche à donner du pouvoir d'achat aux salariés sans que ça lui coûte.
En fait, le titre restaurant, c'est évidemment un instrument de pouvoir d'achat. Évidemment, le gouvernement souhaite le promouvoir parce que c'est aussi un instrument de pouvoir d'achat. Mais ce n'est pas qu'un instrument de pouvoir d'achat.
Mais on a une idée de ce que ça... Quand vous dites que c'est un instrument de pouvoir d'achat, c'est quoi comme gain pour le salarié qui en bénéficie ?
Prenez un salarié au SMIC, par exemple, c'est 7% de pouvoir d'achat supplémentaire. Oui, donc ce n'est pas négligeable. Donc ce n'est quand même pas négligeable. Mais c'est du pouvoir d'achat, certes, mais c'est surtout du pouvoir d'achat alimentaire. C'est surtout la capacité de proposer à tous les Français, quel que soit leur niveau de revenu, une alimentation de qualité pendant leur journée de travail. Et c'est également de l'équité parce que ça permet de rendre équitable le fait d'accéder à un restaurant d'entreprise et de ne pas accéder à un restaurant d'entreprise. Et le ticket restaurant vient combler cette inéquité.
Ce sont les salariés qui n'ont pas de restaurant d'entreprise qui bénéficient en général de titres de restaurant.
En France, vous savez, vous avez 25% de la population active qui accède à un restaurant d'entreprise, 25% qui accède à des tickets restaurant et 50% qui n'ont rien. Donc il y a encore beaucoup de potentiel de développement.
Il y a un potentiel de développement parce qu'il y a des vraies différences. Vous parlez d'équité, mais quand même, ce sont essentiellement des grandes entreprises qui proposent des titres restaurant.
Alors, pas essentiellement. Ça va de la PME jusqu'au très grand groupe, en passant par le secteur public, hospitalier, territorial, etc. Il est vrai que dans les PME, il y a moins de salariés qui en bénéficient, alors que dans les grands groupes, il y a plus de salariés qui en bénéficient. Et donc, on a un travail, nous les émetteurs, puisque c'est notre métier en fait, de convaincre les entreprises d'équiper les salariés, vos auditeurs de titres restaurant. On a un travail auprès des PME pour les convaincre d'équiper leurs salariés.
Bon, ça veut dire que vous avez une grande marge de progression quand même.
J'espère.
Sur cette idée des courses alimentaires, on rappelle qu'il y a un plafond. On peut utiliser ces titres restaurant jusqu'à 25 euros de courses alimentaires par jour dans les supermarchés. On entend que ça devient un titre alimentaire finalement, ou un chèque alimentation.
Alors, les restaurateurs parlent beaucoup de ça. Ils sont un peu en colère et je les comprends. Ils ont raison d'être en colère parce que le titre restaurant, c'est avant tout un outil pour déjeuner pendant sa journée de travail. Et donc, si ça s'appelle titre restaurant, c'est que ça doit être ancré dans le monde de la restauration. D'ailleurs, aujourd'hui, c'est encore quasiment les deux tiers des volumes qui sont dans la restauration.
Oui, mais ils disent que c'est un manque à gagner pour eux qu'on leur enlève de l'activité.
En fait, ils ont vu leur volume évoluer, partir des restaurants vers les supermarchés. Pourquoi ? Parce qu'en fait, les usages ont changé. Parce qu'avec le télétravail, les salariés vont acheter de plus en plus les ingrédients pour faire leur déjeuner à la maison ou pour emporter leur déjeuner au travail. Tout ça est une question d'équilibre. Et d'ailleurs, les restaurateurs que nous soutenons, nous sommes leurs alliés, ont une proposition qui est de différencier les niveaux de dépense entre le restaurant et le supermarché. Ça me paraît une mesure d'équilibre.
Par exemple, qu'on puisse dépenser jusqu'à 25 euros en supermarché, 30 euros ou 35 euros du côté du restaurateur ?
Oui, alors ce qui est dit aujourd'hui, c'est plutôt 25 euros en restaurant et 15 euros en supermarché. On soutient cette demande. Ça se paraît une mesure de justice et d'équité pour équilibrer la restauration et les supermarchés.
Vous parliez du pouvoir d'achat. Déjà, première question, c'est combien le niveau moyen d'un titre restaurant aujourd'hui ?
En moyenne, c'est 9 euros. Et au maximum, c'est 14 euros.
Et vous avez vu changer ce niveau ?
Ça a évolué dans les 3-4 dernières années. Ça a évolué globalement au rythme de l'inflation.
D'accord. Est-ce que vous voyez beaucoup d'employeurs se tourner vers vous parce qu'ils n'arrivent pas à donner du salaire ? Ils préfèrent proposer des titres restaurant parce que la fiscalité n'est pas la même. Il y a une compensation.
En fait, l'un ne remplace pas l'autre. En réalité, on ne remplace pas du salaire par des titres restaurant. En revanche, les entreprises qui décident d'avoir une politique sociale développée et en particulier une politique sociale alimentaire développée ont tendance à ajouter du titre restaurant au salaire. Il est évident que donner du titre restaurant, ça coûte moins cher que le salaire. Ça coûte deux fois et demi moins cher que le salaire. Et donc, ça vient en complément du salaire.
Sur cette histoire de réforme, vous disiez, cette réforme prévoit que ce soit une dématérialisation totale des titres restaurantes. Ça veut dire zéro papier. C'est quoi l'avantage pour le salarié ?
En fait, l'avantage pour le salarié, c'est que le papier... Pour revenir peut-être juste un instant. Aujourd'hui, votre titre restaurant, vous pouvez l'utiliser de trois manières. Soit une carte de paiement.
Comme une carte bleue. Comme une carte bleue.
Soit dans votre téléphone mobile avec Apple Pay, Google Pay, etc. Soit des vieux chèques papier qu'on a depuis très longtemps. Le papier, c'est pénible. On le perd. Il n'y a pas de rendu modé sur le papier. Le restaurateur doit le trier. C'est pénible pour tout le monde. Il y a encore 20% des volumes de titres restaurant qui sont sous format papier. La dématérialisation, ça va permettre aux salariés, d'abord, de pouvoir payer au centime près. Plus d'histoire de rendu monnaie. De pouvoir commander directement sur son appli sur une plateforme de livraison. De pouvoir y joindre sa carte bleue pour dépasser le plafond quotidien. Avoir une application mobile pour gérer son solde, etc.
Enfin, tous les avantages du digital. C'est une très bonne nouvelle.
Eden Red, c'est une entreprise qui est mondialisée. Ça fait quatre ans que vous y êtes. Vous êtes arrivé au moment de la guerre en Ukraine. Après le Covid, à un moment où l'inflation était très, très élevée. Mais vous avez fait toute votre carrière dans la grande consommation. Parce que vous êtes passé par Coca-Cola, par Carrefour. Justement, là, on voit que l'inflation repart. On s'attend à quoi ?
Alors, c'est vrai qu'on est entré dans l'année 2026 avec une hypothèse d'inflation basse. Un 1,5% à peu près. Là, on parle de 3%. Alors, on n'est pas totalement sûr. Parce que c'est lié à la situation géopolitique. Donc, est-ce que c'est conjoncturel ? Est-ce que c'est structurel ? On ne sait pas trop. Ce qui est certain, c'est que l'inflation revient. Et que la problématique du pouvoir d'achat revient. Et que c'est une préoccupation pour les entreprises.
Dans quelques minutes, Sébastien Lecornu va s'exprimer. Vous attendez quoi de cette déclaration ?
Je ne voudrais pas parler à sa place. Je pense qu'il a des propositions pour aider les entreprises et les Français dans cette période difficile. J'écouterai, comme tous mes concitoyens, ce qu'il a à dire. Nous, notre rôle, vous savez, c'est aussi d'aider les entreprises dans ces périodes de forte inflation. Et on a une série de produits qui permettent...
De donner du pouvoir d'achat.
De donner du pouvoir d'achat.
Merci beaucoup, Ilan, ou à nous, d'être venu ce soir sur France Info pour nous parler des titres restaurants.