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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 3 mars 2023 7 minComplaisantPortrait personnelDéfense

Léa, veuve de guerre à 26 ans - L’Oeil de Pierre Lescure - C à Vous - 03/03/2023

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Vous venez de publier un livre qui s'appelle « La guerre aux féminins » et vous êtes allé à la rencontre de dix femmes qui sont ou qui ont été dans l'armée

  • 0:27OuverteRéponse directe

    Vous citez un chiffre frappant : 16,5% des militaires français sont des femmes

  • 0:40OuverteRéponse directe

    Vous, leur porteuse de guerre, elles vous épatent ces femmes ?

  • 1:26OuverteRéponse directe

    Dans ce livre, vous racontez à Dorothée votre rencontre avec Alain, le coup de foudre

  • 2:43OuverteRéponse directe

    Un matin, Alain est en mission au Burkina Faso, c'est son père qui vous appelle et vous apprend le drame

  • 2:55OuverteRéponse directe

    On fait comment ? On essaie de garder vivant le souvenir le plus possible ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31InvitéChiffre
    « 16,5% des militaires français sont des femmes, ce qui place l'armée française à la quatrième place de la féminisation dans le monde. »
  • 1:47InvitéFait
    « Là, c'était un mur, je me suis pris en pleine face, et j'avais deux options. C'était soit je me fais écraser et je n'avance plus, ou alors je l'escalade. »
  • 2:01InvitéFait
    « Donc j'ai choisi la deuxième option, parce qu'Alain, je sais qu'il veut que je continue, pour moi et pour nous. »
  • 3:45InvitéFait
    « Quand il partait plus de trois jours, l'anecdote, c'était qu'il me disait, qu'il regardait Le Seigneur des Anneaux. C'était un film qu'on aimait tous les deux en commun. »
  • 5:10InvitéFait
    « Pour moi, il était trop fort, trop intelligent pour mourir au combat. »
  • 5:21InvitéFait
    « Et même le jour de son départ, je lui ai dit en rigolant « Fais attention à tes fesses ». »
  • 5:38InvitéFait
    « C'est le président de la République qui nous l'a proposé avec Florence d'effectuer ce mariage à titre posthume. »

Temps de parole

  • Invité42 %
  • Présentateur31 %
  • Invité 213 %
  • Présentateur 212 %
  • Invité 32 %

3,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Oui, Dorothée, vous venez de publier un livre qui s'appelle « La guerre aux féminins » et vous êtes allé à la rencontre de dix femmes qui sont ou qui ont été dans l'armée de terre, de l'air, dans la marine ou dans les forces spéciales ou même auxiliaires de santé. Elles disent leur engagement, leur passion, c'est à la fois bouleversant et passionnant, mais aussi leur peur, leur doute et elles n'esquivent pas les problèmes de sexisme ou de difficultés pour une femme dans l'armée. Dans ce livre, vous citez un chiffre frappant ou en tout cas pas forcément connu. 16,5% des militaires français sont des femmes, ce qui place l'armée française à la quatrième place de la féminisation dans le monde.

Vous, leur portère de guerre, elles vous épatent ces femmes ?

0:43
Invité

Elles m'épatent parce que ce n'est pas le même métier que nous. Il y a des points communs, mais il y a cet engagement, cette envie de servir la France. Nous, je ne sais pas si vous avez le sentiment, mais nous, on n'est pas là pour servir la France. Et elles, elles ont ça, mais il y a la même passion, il y a la même envie de vivre des choses extraordinaires, d'avoir une vie un peu pimentée, d'avoir des sentiments exacerbés. Toutes le disent, tout est 100 fois plus extraordinaire au quotidien. Et elles ont besoin de ça avec les difficultés que ça comporte, les problèmes psychologiques, les retours, la famille, le conjoint, les enfants.

Et elles m'ont montré aussi beaucoup de force, mais beaucoup de faiblesse aussi. C'est ça qui est intéressant.

1:20
Présentateur

« Elles combattent pour la France », c'est le sous-titre de la guerre aux féminins. Et le livre vient de sortir chez Talendier. Dans votre livre, il y a le témoignage de Léa, qui a été auxiliaire de santé dans l'armée de l'air, et dont le compagnon, l'amour de sa vie, Alain Bertoncello, a trouvé la mort en 2019 à 28 ans dans une opération de libération d'otages au Burkina Faso.

1:40
Invité

Le moment le plus dur, c'est le sevrage, en fait. Quand on se rend compte qu'il faut continuer, qu'il faut vivre sans lui. Là, c'était un mur, je me suis pris en pleine face, et j'avais deux options. C'était soit je me fais écraser et je n'avance plus, ou alors je l'escalade. Donc j'ai choisi la deuxième option, parce qu'Alain, je sais qu'il veut que je continue, pour moi et pour nous.

2:06
Présentateur

Bonsoir Léa Bertoncello, merci de votre présence ce soir. On vient de voir un extrait de votre témoignage qui a bouleversé les Français. Il a été vu des centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux. Dans ce livre, vous racontez à Dorothée votre rencontre avec Alain, le coup de foudre, la passion commune que vous aviez pour l'armée. C'était presque le cœur de votre rencontre. Vous saviez que vous vous retrouviez là, si j'ose dire, dans cette passion.

2:30
Invité

Et oui, parce qu'on s'est rencontrés à une soirée avec mon meilleur ami, qui était infirmier dans les forces spéciales. Et du coup, on était entre militaires, donc j'ai rencontré Alain lors de cette soirée entre militaires.

2:43
Présentateur

Et un matin, Alain est en mission au Burkina Faso, c'est son père qui vous appelle et vous apprend le drame. Dans un premier temps, j'imagine que pour toute personne, femme ou homme, le deuil est impossible. Mais on fait comment ? On essaie de garder vivant le souvenir le plus possible ? C'est la première réaction ?

3:03
Invité

C'est compliqué, en effet. C'est pour ça que j'ai voulu témoigner aussi, en tant que veuve de guerre, qu'on peut y arriver. Il peut y avoir des moments où ça va être compliqué. On est face à un mur et il y a un moment où on peut se relever. Moi, j'ai été entourée par ma famille, heureusement. Ça a été eux vraiment qui m'ont aidée à surmonter cette épreuve. Mais on peut avoir des moments où on est face à un mur et c'est important de l'accepter.

3:27
Présentateur

Ce danger qui est partie inhérente du métier que vous aviez choisi, Alain et vous, vous en parliez de ce danger ?

3:34
Invité

Oui, oui. Lui, quand il était en mission, on s'appelait tous les deux et il me disait ce qu'il arrivait à faire. Pas exactement parce qu'il n'avait pas le droit de m'informer sur toutes ces missions. Il y avait des petits codes. Quand il partait plus de trois jours, l'anecdote, c'était qu'il me disait, qu'il regardait Le Seigneur des Anneaux. C'était un film qu'on aimait tous les deux en commun. Donc comme il y a trois Seigneurs des Anneaux, ça veut dire qu'il partait trois jours. On se donnait des petits codes entre nous pour s'aider.

4:01
Présentateur

Un hommage national a été rendu dans la cour des Invalides pour Alain, mais aussi pour son compagnon d'armes, Cédric, qui était tombé en même temps que lui dans cette même opération. C'était évidemment pour vous et Florence, la veuve de Cédric, une étape forte qui aide quelque part.

4:15
Invité

Oui, en effet, on a été. Nous, on ne se connaissait pas avec Florence au début. On s'est vraiment rencontré le jour où on s'est vus aux Invalides pour la première fois. Et ça nous a beaucoup aidé d'être deux dans cette histoire, dans ce drame. Parce que moi, je me suis épaulée à elle et vice versa. Et ça nous a aidé à avancer, à pouvoir partager nos incompréhensions, nos doutes. Et aujourd'hui, on est toujours en contact, toutes les deux d'ailleurs, et on est sœurs grâce à ça.

4:39
Présentateur

Un hommage aux Invalides et un discours du président de la République.

4:43
Invité

Maître Cédric de Pierrepont, Maître Alain Bertoncello, la mort ne vous faisait pas peur.

4:52
Présentateur

Il ne reviendra pas, vous a dit Emmanuel Macron. Je ne peux pas vous le rendre, mais soyez fière de lui. Quand le président s'adresse à votre compagnon et à Cédric en disant « La mort ne vous faisait pas peur », c'était vrai ? Pensez-vous ?

5:05
Invité

On n'en parlait pas avec Alain. Ce n'était pas une option, on n'en discutait pas. Parce que pour moi, il était trop fort, trop intelligent pour mourir au combat. J'avais même... Non, en fait, on n'y pense pas. Parce que si on commençait à y penser, c'est trop compliqué de laisser partir la personne. Et même le jour de son départ, je lui ai dit en rigolant « Fais attention à tes fesses ». Mais on ne s'imagine pas que le pire, en fait.

5:27
Présentateur

Vous avez décidé d'épouser Alain à titre posthume. C'était le sentiment que l'histoire aille jusqu'au bout ?

5:36
Invité

Voilà. Alors moi, à l'époque, je ne savais pas que ça existait. C'est le président de la République qui nous l'a proposé avec Florence d'effectuer ce mariage à titre posthume. Au début, je ne savais pas si je voulais réellement le faire ou pas. J'avais des doutes. Et au final, je me suis dit... Enfin, on avait l'idée de se marier. Pas tout de suite, mais c'était dans nos projets. Et du coup, j'ai fait la demande au président de la République. C'est que le président de la République qui peut valider ce mariage. Donc pour moi, c'était un honneur. Et c'est un honneur de porter son nom aujourd'hui, tous les jours avec moi. C'est bouleversant.

Parce que la première interview que j'ai faite avec elle, c'était peu de temps après. C'est une heure d'interview, les yeux dans les yeux. Et je me souviens. Donc il y a des larmes. Et il y a des moments très, très forts de cette rencontre. Voilà. Surtout à 26 ans. Ouais. Et vous, un des vues de guerre à 26 ans, c'est très jeune.

6:20
Présentateur

Et vous dites de ces deux jeunes femmes, elles sont belles, désespérément belles. Voilà, c'est l'un des portraits à retrouver dans votre livre. Dorothée, au lyrique, la guerre au féminin. Merci beaucoup, chère Léa.

Léa, veuve de guerre à 26 ans - L’Oeil de Pierre Lescure - C à Vous - 03/03/2023 · Pourquijevote