Nicolas Poincaré : Où en est l'épidémie de Covid-19 dans le monde ? - 08/07
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« Le risque d'une seconde vague est-il élevé ? »
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« il faut se préparer à une reprise de l'épidémie, voire à une deuxième vague à l'automne ou à l'hiver prochain. »
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« il faudrait alors envisager notamment des mesures de limitation des déplacements »
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« On a toujours moins de malades en réanimation. 548 hier contre 7000 à la mi-avril. »
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« 12 décès par jour en moyenne sur la semaine dernière contre 500 au plus fort de la crise. »
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« notamment au Brésil, où le président Bolsonaro vient d'annoncer qu'il était lui-même contaminé. »
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« Il a opposé encore lundi son veto à deux projets de loi sur le port du masque obligatoire. »
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« Il a suggéré à ses concitoyens d'aller dans les hôpitaux pour filmer les lits vides »
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« Le Brésil est aujourd'hui le pays au monde où l'on compte le plus de morts par jour. »
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« On est à environ 500 par jour devant le Mexique et l'Inde. »
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« 133 000 morts maintenant. »
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« 40 000 nouveaux cas par jour. »
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« il y a 10 fois moins de morts aujourd'hui aux États-Unis qu'à la mi-avril. »
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« Au Vietnam, 100 millions d'habitants, zéro mort. »
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« La Chine où il n'y a plus aucun cas ni aucun mort depuis plusieurs semaines. »
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Vous écoutez RMC. Nicolas, expliquez-nous. Voilà, expliquez-nous, parlons du coronavirus, puisque l'OMS estime que l'épidémie s'accélère dans le monde et que nous n'avons pas atteint le pic. En France, le directeur général de la santé, qui ressurgit, que nous n'avions pas vu depuis longtemps, Jérôme Salomon, déclare qu'il faut se préparer à une reprise de l'épidémie.
Et ça fait deux messages d'alerte. Donc, alerte du directeur général de la santé dans le Figaro ce matin et puis alerte de l'OMS hier soir. Jérôme Salomon répond à une question simple dans le Figaro. Le risque d'une seconde vague est-il élevé ? Et il dit, oui, nous ne savons pas tout de ce virus, mais il faut se préparer à une reprise de l'épidémie, voire à une deuxième vague à l'automne ou à l'hiver prochain. Et il précise, si la situation devait se dégrader à nouveau, il faudrait alors envisager notamment des mesures de limitation des déplacements les mots sont importants. Il ne parle pas de reconfinement, mais d'une éventuelle future limitation des déplacements en France.
En attendant, les chiffres restent bons. On a toujours moins de malades en réanimation. 548 hier contre 7000 à la mi-avril. 12 décès par jour en moyenne sur la semaine dernière contre 500 au plus fort de la crise. Et puis, ces bilans n'ont plus cessé de s'améliorer depuis maintenant des semaines et des semaines.
Bien, au niveau mondial, en revanche, la situation pire, notamment au Brésil, où le président Bolsonaro vient d'annoncer qu'il était lui-même contaminé.
Oui, et alors ça, c'est quand même un symbole, parce que c'est le président de tous les présidents du monde qui a le plus douté de la réalité ou de la dangerosité.
Il n'y a jamais cru. Il a toujours parlé de grippettes.
Voilà. Et il a opposé encore lundi son veto à deux projets de loi sur le port du masque obligatoire. Et puis, il a fait un truc incroyable. Il a suggéré à ses concitoyens d'aller dans les hôpitaux pour filmer les lits vides parce qu'il ne croit pas aux statistiques de son propre ministère de la Santé. Il dit qu'on ment que les hôpitaux ne sont pas si débordés et que les citoyens devraient aller prendre des photos. On imagine que les médecins brésiliens ont hurlé en disant qu'ils avaient autre chose à faire que de voir les citoyens débarquer avec leur starphone. Et puis, finalement, qu'est-ce qui s'est passé ? Bolsonaro, hier, a ressenti une petite fièvre. Pas énorme. 38 degrés.
Mais il s'est fait tester et il s'est révélé positif. Il l'a annoncé à la télévision. Cette fois, pour la première fois, en portant un masque. Le Brésil est aujourd'hui le pays au monde où l'on compte le plus de morts par jour. On est à environ 500 par jour devant le Mexique et l'Inde. Ce sont ces trois grands pays, Brésil, Mexique et Inde, qui font dire à l'OMS que le pic de l'épidémie n'est toujours pas atteint et que le rythme de contamination s'accélère.
Le plus de victimes, le pays où l'on compte le plus de victimes, ce sont les Etats-Unis.
Où en est-on ? 133 000 morts maintenant. 133 000 morts. 40 000 nouveaux cas par jour. La courbe de décès, c'est ce que dit Donald Trump en permanence, la courbe de décès est en baisse. Il dit que s'il y a autant de cas, c'est parce que c'est le pays qui teste le plus. Et de fait, il faut reconnaître qu'il a raison, il y a 10 fois moins de morts aujourd'hui aux Etats-Unis qu'à la mi-avril. C'est surtout maintenant très localisé dans des Etats du Sud qui sont plus touchés que les autres et où il y a des mesures de reconfinement. Quelle est la situation en Europe ?
Alors nous, on vient de franchir le cap des 200 000 morts et les pays du monde les plus touchés en proportion à leur population, ce sont tous des pays européens dans l'ordre. Il s'agit de la Belgique, de la Grande-Bretagne, de l'Espagne, de l'Italie, de la Suède, puis de la France. La France qui est donc le sixième pays le plus touché du monde si on compte le nombre de morts par million d'habitants. Nos voisins ont presque tous pris récemment des mesures de reconfinement partiel. 700 000 personnes sont concernées à Lisbonne, au Portugal.
Oui, à Lisbonne, c'est beaucoup plus strict qu'à Paris. J'y étais ce week-end et effectivement, à partir de 8 heures, vous ne pouvez plus entrer dans un restaurant si vous n'êtes pas inscrit sur une liste. Enfin bon, c'est assez drastique.
C'est du reconfinement partiel. Partiel, oui, partiel. Connu, 600 000 personnes à Lisbeth en Angleterre sont aussi plus ou moins enfermées. Presque autant dans deux cantons de l'Allemagne. 200 000 en Catalogne et maintenant en Galice. Un petit peu, quelques centaines de personnes dans le sud de l'Italie. Ce sont donc des mesures d'isolement. Mais si on regarde globalement, pour tous les pays européens, c'est comme en France. C'est-à-dire que le nombre de nouveaux cas est en baisse, le nombre de patients hospitalisés en baisse aussi, le nombre de décès également. On ne peut pas parler pour l'instant d'une deuxième vague en Europe. On peut la craindre, mais elle n'est pas là.
Il y a des pays qui sont encore préservés.
Voilà, c'est ça qui est spectaculaire.
Six mois après le début de l'épidémie.
Un peu plus de six mois. Et on a effectivement des régions entières, des continents, une très grande partie de l'Asie et de l'Afrique qui sont épargnés. Par exemple, au Vietnam, 100 millions d'habitants, zéro mort. Au Cambodge, aucun non plus. Au Laos, pas non plus. La plus grande partie de l'Afrique est préservée. Pas de mort en Érythrée, pas de mort en Ouganda. Un seul au Burundi, trois au Rwanda. Très très peu dans l'immense et très peuplé Nigeria. Et puis il y a le cas particulier de la Chine où il n'y a plus aucun cas ni aucun mort depuis plusieurs semaines.
On peut douter des statistiques chinoises, mais enfin quand ils annoncent pendant plusieurs semaines zéro mort, ça veut quand même dire quelque chose.
Merci Nicolas Poincaré.