Gérald Darmanin : "La France insoumise est prête à tout par méchanceté, désordre, cynisme"
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Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer. Vos questions amis auditeurs et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Gérald Darmanin, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro ces derniers jours, ces dernières semaines. Beaucoup de voix, y compris dans la majorité, déplorées. Le manque d'élan, le manque de vision, le manque d'envie de ce début de second quinquennat d'Emmanuel Macron. A-t-il réussi le Président de la République hier soir sur France 2 à rassurer, à donner le souffle qui manquait ?
Moi je trouvais qu'un Président de la République avait un cap et notamment celui du travail. Je pense que c'est très important ce qu'il a dit sur le partage de la valeur, sur le partage des richesses. Il a encouragé chacune et chacun et notamment le patronat à mieux répartir les profits et les richesses. Moi j'attendais aussi ça du Président de la République comme beaucoup de Français me semble-t-il. Et par ailleurs, je pense qu'on a pu voir aussi un Président entre ces deux émissions, une internationale, une nationale, qui n'a pas eu beaucoup de chance entre les gilets jaunes, le Covid, la guerre en Ukraine, l'énergie, l'inflation. Mais nous on a de la chance de l'avoir.
Il tient son cap et dans la tempête il tient le cap de la France.
Vous déclariez au Monde en juillet, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen parlent aux tripes. Dans la majorité, nous devrions parler davantage aux tripes. Vous avez l'impression hier que vous avez entendu un Président qui parlait aux tripes des Français ?
Oui, je l'ai trouvé très empathique. Je constate d'ailleurs qu'entre-temps, Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se parlent entre eux. Pas simplement, on parle aux tripes des Français. Marine Le Pen ? Marine Le Pen, pardon, je m'en excuse par avance. Mais ils se parlent entre eux pour pouvoir essayer de faire tomber le gouvernement. C'est un autre sujet. Mais hier, le Président de la République, j'ai trouvé, était dans l'empathie. Vous savez, la politique c'est autant des chiffres que du cœur. Autant de la compréhension des Français que de la raison.
Et peut-être que le défaut de la majorité, mais j'ai déjà eu l'occasion de le dire, c'est être trop dans les chiffres et trop dans la raison et pas assez dans le cœur et l'empathie. Il ne faut pas être totalement dans l'empathie parce que ça s'appelle la démagogie. Mais il faut savoir aussi comprendre les difficultés des Français. Moi, j'ai trouvé que la réponse qu'il a faite notamment au reportage de ces Français qui n'avaient pas bouclé leur fin de mois était conforme à ce qu'on attend d'un responsable politique de haut niveau.
Emmanuel Macron a violemment attaqué par ailleurs la NUP qui s'est réjoui que sa motion de censure ait failli passer à 50 voix près. Avec, on le sait, le soutien des députés RN, le Président qui estime que c'est l'alliance du cynisme et du désordre. Jean-Luc Mélenchon lui a répondu, le cynisme et le désordre, c'est vous, M. Macron, votre rage vous démasque. Vous comptez juste sur la larbinisation des LR pour vous maintenir au pouvoir. Fin de citation. Vous lui répondez quoi ?
Moi, je voudrais qu'on réponde à une simple question, que M. Mélenchon réponde solennellement, si je veux dire à une simple question. Y a-t-il eu une négociation derrière cours ? Y a-t-il eu une négociation de la honte entre la France insoumise ? Parce que je ne suis pas sûr que les communistes, les socialistes et les écologistes soient parfaitement d'accord avec ce qu'a fait la France insoumise à l'Assemblée nationale. Entre donc la France insoumise et le Rassemblement national pour voter une motion de censure acceptable, on va dire ça comme ça. Beaucoup de gens racontent dans les couloirs de l'Assemblée, et c'est une question très intéressante à poser à M.
Mélenchon et à la France insoumise. Est-ce qu'ils ont retiré notamment des phrases qui concernaient l'immigration dans le texte de la motion de censure ?
Yannick Jadot, qui était à votre place, dit non.
Oui, mais moi j'ai beaucoup de respect pour Yannick Jadot, et je peux dire que c'est un nom franc et massif, comme disait le général de Gaulle. Il a dit qu'il n'était lui-même pas à l'Assemblée, que les députés écologistes disaient qu'eux, donc moi je crois à M. Jadot, et je ne crois pas que les écologistes soient mêlés là-dedans. Je pense que la France insoumise, la question se pose, doit répondre à la question de avez-vous négocié avec le Rassemblement national pour qu'elle puisse voter, Mme Le Pen, votre motion de censure ? Parce que là c'est encore pire que de voter la motion de censure de la France insoumise contre le gouvernement.
C'est effectivement le fait que la France insoumise est prête à tout. Elle est prête à tout par méchanceté, par désordre, par cynisme en effet, pour jouer contre les Français, s'allier avec le Front national, trahir leurs électeurs. Méchanceté ? Drôle de mot. Il y a beaucoup de méchanceté dans le comportement, me semble-t-il, des élus de la France insoumise. Et je crois vraiment que le conglomérat de gauche qu'on a appelé la NUPES se décompose à vue d'œil, parce que je crois que quand on est sincèrement communiste, sincèrement écologiste, sincèrement socialiste, et des voix s'élèvent, on ne peut pas accepter les petites négociations honteuses de la France insoumise.
On rappelle, Gérald Darmanin, que vous, député en 2015, aviez voté une motion de censure avec les voix du Front national à l'époque, pour faire tomber le gouvernement Valls où Emmanuel Macron était ministre de l'économie.
Quand j'étais député, j'ai voté la motion de censure que mon groupe a déposé.
Même chose pour la NUPES, ils ont déposé un...
Non, non, mais on n'a jamais été négocier avec Marion Maréchal-Le Pen des phrases dans la motion de censure. On ne comparaît pas ce qui n'est pas comparable. La France insoumise, matin, midi et soir, essaye d'être paragon de vertu contre l'extrême droite. Et en fait, on s'aperçoit que très hypocritement, la question se pose pour savoir s'ils sont vraiment honnêtes dans cette démarche. Manifestement, ils acceptent les voix de Mme Le Pen. M. Mélenchon s'est réjoui des voix de Mme Le Pen. Il s'en est réjoui quelques minutes après. C'est bizarre d'ailleurs pour quelqu'un qui n'était pas à ce national.
Votre groupe a voté pour des vice-présidents RN ?
Moi, j'ai une question simple, Mme Salamé. Qu'on réponde à cette question. Est-ce qu'ils ont ou pas négocié entre eux ? C'est quand même une question démocratique intéressante. Quand on fait tomber un gouvernement, est-ce que la France insoumise a négocié avec le Front National ?
Emmanuel Macron a par ailleurs souhaité une alliance avec votre ancien parti, les Républicains et les députés du groupe Centris, Liberté, Indépendant, Outre-mer et Territoire, Liot, pour l'adoption de textes à l'Assemblée. Olivier Marlex, président du groupe LR à l'Assemblée, répond non. On l'entendait dans le journal de 8h. On ne sait toujours pas où Emmanuel Macron veut mener le pays, dit-il. Une gestion au jour le jour, sujet par sujet, ça ne fait pas une politique. Là encore, votre réponse, Gérald Darmanin.
Moi, je constate, et depuis longtemps, vous m'avez déjà entendu le dire, que la droite républicaine, la droite et le centre républicain, doit soutenir le gouvernement d'Emmanuel Macron. Et je constate que le gouvernement du président de la République doit effectivement faire des signes d'ouverture avec la droite et le centre. Ils disent non. Mais nous le faisons déjà. Je prends l'exemple de la loi de programmation du ministère de l'Intérieur. Le Sénat, qui a une majorité à droite, chacun le sait, a voté le texte avec seulement quelques petites modifications. Je prends l'exemple de l'assurance chômage.
Olivier Dussopt a fait voter à l'Assemblée et au Sénat, avec le soutien DLR, un texte qui est celui d'une réforme complète de l'assurance chômage. Donc nous le faisons déjà, sur une partie des textes. Pas sur tous les textes, en effet, mais sur une partie des textes. Donc continuons à travailler. J'ai entendu la voix du président Sarkozy, qui, comme M. Macron évoquait le fait qu'on devait travailler ensemble, continuons à travailler sans perdre l'identité de chacune et de chacun, mais pour le bien du pays.
Venons-en au sujet de fond de votre portefeuille. Et d'abord, les suites de l'affaire Lola, dont le meurtre brutal le 14 octobre a ému tout le pays. Vous aviez déclaré sur RTL le 18 octobre, Gérald Darmanin, au sujet de sa meurtrière présumée, elle n'est pas connue de service de police. BFM a révélé il y a deux jours que Dabia B avait fait l'objet d'une main courante en 2019 pour avoir agressé deux secrétaires d'un cabinet médical à Paris. Je vais revenir, vous ne savez pas de quoi je suis capable, aurait-elle déclaré à ce moment-là ? Vous confirmez ces éléments, elle était donc connue des services de police ?
Non, moi je ne confirme pas ces éléments. J'ai eu la photocopie de la main courante qui a été déposée, mais ce n'est pas une plainte. Et quand vous avez une main courante déposée, vous n'êtes pas convoquée par les services de police. Donc vous pouvez avoir des mains courantes contre vous, Mme Salamé, vous n'êtes pas au courant. Donc elle n'est pas connue des services de police au sens où elle n'avait pas été l'objet de plaintes. Elle n'avait commis jusqu'à présent aucun crime et délit. Et par ailleurs, elle était connue d'une fois des services de police pour justement une violence conjugale dont elle aurait été la victime.
Donc je veux redire ici que cette dame, qui effectivement serait la responsable de ce meurtre absolument ignoble de la petite Lola, n'était pas connue des services de police.
Interrogé hier à ce micro sur la récupération politique par reconquête de cette affaire, l'affaire Lola, Marion Maréchal a répondu, celui qui devrait avoir honte, c'est le ministre de l'Intérieur. Elle vous accuse, Gérald Darmanin, de porter indirectement une responsabilité dans le décès de la jeune fille, considérant que le droit français n'a pas été correctement respecté, puisque la principale suspecte de nationalité algérienne était illégalement sur le territoire français, malgré une obligation de quitter le territoire au moment du drame. Voilà pour la citation. La charge était rude hier dans ce studio. Votre réponse ?
D'abord, ce drame nous a profondément tous touchés. Et je pense qu'effectivement, la politique politicienne n'a pas beaucoup de rendez-vous. Et bien sûr que le ministre de l'Intérieur se pose toujours la question quand il y a un drame, est-ce que l'État, est-ce que nous sommes responsables ? Bien évidemment, il y a toujours une part de responsabilité du fonctionnement, bien sûr, des services de police, de justice, de l'État, quand il y a ce drame. Mais en même temps, moi j'ai d'abord l'habitude d'être attaqué, je crois que le Front National ou Mme Le Pen, Mme Le Pen me demande de ma démission quasiment chaque semaine, donc je commence à être habitué.
Je veux dire ici qu'à la question qui a été posée à M. Zemmour, est-ce que si ça avait été une petite arabe qui était victime, ou est-ce que si l'auteur avait été une française ou un français, est-ce que vous auriez fait ces manifestations ? Elle a répondu non. Moi je vais vous dire, quel que soit l'auteur et la victime, le viol et le meurtre d'une petite fille est un drame pour toute l'humanité entière. Et je crois que ce qu'a fait M.
Zemmour, comme ce qu'ont fait une partie des représentants du Rassemblement National, d'acheter des noms de domaines sur Internet pour faire des pétitions, récupérer des données, faire des manifestations pour faire de la politique, et des pétitions pour récupérer, sans doute pour enrichir leur fichier de sympathisants sur le dos de la petite Lola, est profondément ignominieux. Mario Maréchal a reconnu hier une maladresse. Mais c'est ignominieux, c'est pas une maladresse, c'est ignominieux. Moi j'étais avec les parents au téléphone tous les jours depuis ce drame. Ignominieux. Alors ensuite, c'est pas parce que c'est ignominieux et qu'il n'y a pas de lien particulier à faire avec ce que dit M.
Zemmour, qu'il ne faut pas se poser des questions sur la politique migratoire du pays. Il ne faut pas non plus être naïf. Mais cependant, je veux redire ici, et tout le monde l'a constaté, puisqu'en 48 heures ils auraient trop pédalé, que M. Zemmour, le Rassemblement National, était conforme à l'idée que nous faisons deux, c'est-à-dire un parti qui est en dehors du champ républicain.
Gérald Darmanin, sur les OQTF, les fameuses obligations de quitter le territoire français, Emmanuel Macron promettait dans une interview à Valeurs Actuelles que 100% des OQTF seraient respectés. Il l'a redit hier soir, on en est loin, en 2017 on était à 13,5%, 12,4% en 2018, en 2019 on était à 12%, 6% en 2020, mais ça c'est le Covid. Comment vous expliquez ces chiffres si faibles de tout ce quinquennat où vous étiez au pouvoir ? Pourquoi vous n'avez pas mis le paquet immédiatement ? Il n'y avait pas de volonté politique de faire respecter ces OQTF ?
Alors si je peux me permettre, de quoi parle-t-on ? On parle des obligations de quitter le territoire quand on est un étranger en situation illégale. Les chiffres que vous donnez, c'est les départs dits forcés. Il y a aussi des départs dits volontaires. Donc ce n'est pas 12%, on est autour d'un tiers des étrangers qui doivent quitter le territoire, qui quittent le territoire. Il y a deux types de départs, il y a ceux qui ont fait éloignement forcé, en effet, et éloignement volontaire. D'ailleurs, Mme Dabia, celle qui serait responsable du meurtre de la petite Lola, elle était dans un départ dit volontaire.
100% des OQTF seront respectés, on est à 12%.
Mais vous avez parfaitement raison, nous sommes très loin d'appliquer, comme tous les pays d'Europe, puisqu'on en fait plus que l'Allemagne, plus que l'Italie, plus que l'Espagne.
Alors ça c'est l'élément de langage, vous faites plus sur 2021, on fait plus sur 2021, mais si on prend toutes les autres années, et depuis 10 ans, on est bien derrière l'Allemagne et tous les autres pays.
Prenons l'exemple depuis que je suis ministre de l'Intérieur, depuis la fin du Covid, nous faisons aujourd'hui plus que l'Allemagne, plus que l'Espagne, plus que l'Italie. Mais nous ne faisons pas assez, je veux le bien dire, bien volontiers. Pour trois raisons. La première raison, c'est que notre droit est trop complexe. Pour expulser un étranger en situation irrégulière, nous avons jusqu'à 12 recours administratifs et judiciaires. 12 recours. Le projet de loi que nous allons porter, à la demande du président de la République, c'est divisé par 3. On passera de 12 à 4. Ce sera un grand débat parlementaire très compliqué, vous le savez. Pour gagner du temps.
Parce que quand vous faites des recours, vous ne pouvez pas expulser les personnes. Sur les 120 000 EQTF, par exemple, Mme Salamé, que nous prenons, il y en a plus de la moitié qui ne sont pas exécutoires parce qu'il y a des recours au tribunal administratif. Donc il faut savoir compter ce que nous pouvons en effet exécuter. La deuxième des choses que nous devons faire, évidemment, c'est pouvoir lever les protections qu'ont un certain nombre d'étrangers. J'ai moi-même dit, voilà quelques semaines, mais j'ai été très vilipendé, qu'il fallait mettre fin à la double peine.
Nous protégeons encore des étrangers qui, ayant commis des crimes et des délits en France, et étant en situation irrégulière, ne peuvent pas être expulsés. Dans le projet de loi que je vais présenter au nom du président de la République, nous mettrons fin totalement à la double peine. Nous pouvons, par exemple, expulser 4 000 étrangers délinquants supplémentaires par année. Troisièmement, nous avons un travail à faire pour rendre impossible la vie des EQTF en France. Par exemple, aujourd'hui, quelqu'un qui a un EQTF, qui doit quitter le territoire, peut encore avoir un logement social.
Moi, je ne souhaite pas que quelqu'un qui a une obligation de quitter le territoire national puisse encore vivre dans le parc social de notre pays. C'est tout à fait logique.
Vous savez ce qu'on vous répond, il y a déjà 28 lois qui ont été adoptées sur l'immigration depuis 30 ans. Il suffit de les appliquer, en fait ? Pourquoi vous faites une nouvelle loi ? Pour des détails ?
Non. D'abord, non. Excusez-moi, mais passer de 12 recours à 4, personne n'a jamais fait, et ce n'est pas un détail. C'est une discussion parlementaire extrêmement compliquée. Dire à tous ceux qui ont commis des crimes et délits, quel que soit leur venue sur le territoire national, avant 13 ans, s'ils ne sont pas mariés avec une Française ou un Français, des expulsés, c'est loin d'être un détail. Puis, deuxièmement, moi, je ne suis pas un commentateur, moi, je suis un acteur. J'essaie de résoudre un problème qui se pose. Après, il appartient aux journalistes et aux analystes de voir si ce que nous faisons est bien ou non. En tout cas, c'est très difficile.
Nous ne sommes pas parfaits dans cette situation, bien évidemment. Mais tous les jours, je me lève avec l'énergie de pouvoir résoudre cette question.
Sur l'immigration, toujours, Gérald Darmanin, Emmanuel Macron a déclaré hier soir, nous avons eu ces dernières années trop d'arrivées, en moyenne de 150 000 titres de séjour accordés par an. C'est trop, moins, ça veut dire combien ?
Il faut distinguer ce qui relève de droits d'asile, qu'on ne peut pas quantifier. Quand les gens qui disent qu'ils mettent un quota sur le droit d'asile, non, ce n'est pas possible, évidemment, de l'immigration de travail et familiale. Aujourd'hui, plus de la moitié de l'immigration en France, c'est familial, et peut-être est-ce un problème. Et l'immigration de travail, malheureusement, est trop peu importante, alors que, par ailleurs, les entreprises ont besoin de main-d'oeuvre pour travailler. L'Allemagne, c'est un peu l'inverse. Il y a plus d'immigration de travail et moins d'immigration familiale. Il faut sans doute diminuer un certain nombre, effectivement, de possibilités de visa.
Nous le faisons déjà avec certains pays.
De combien ? C'est-à-dire que là, 250 000, vous allez descendre à 200 000 ?
Le président de la République a dit qu'on aura un débat parlementaire. Je pense que c'est un débat qu'on peut racleter parlementaire. Et surtout, indépendamment du nombre, dont effectivement il faut le diminuer, il y a qu'est-ce qu'on exige des étrangers. Dans la loi que je vais porter à la demande du président de la République, nous allons exiger de tous les étrangers qui ont à titre de séjour qu'ils réussissent un examen de français. Ça n'a jamais eu lieu. Parce que la question, ce n'est pas tellement le nombre d'étrangers qui viennent encore qu'eux, sont-ils parfaitement intégrés ? Parle-t-il français ?
Voilà, donc demain, pour tous les étrangers qui vont venir sur le territoire national, une fois que la loi sera adoptée, un examen de français sera demandé pour avoir le titre de séjour.
Et s'ils le ratent ?
Il n'aura pas le titre de séjour.
A Rohan, un père a frappé un adolescent soupçonné d'agression sexuelle sur sa fille. Une enquête a été ouverte pour violences aggravées en réunion avec usage d'une arme. Selon le procureur, l'adolescent a notamment été fouetté avec un câble électrique au sol. Quelle est votre réaction à cette affaire ? Vous comprenez qu'un père veuille se faire justice lui-même ou vous condamnez ?
Moi, je comprends qu'un père ou une mère de famille soit extrêmement choqué quand sa fille de 6 ans est attouchée sexuellement. Mais en même temps, je veux dire que c'est aussi une défaite collective de voir que les gens veulent se faire justice eux-mêmes. C'est absolument inacceptable. Ce n'est pas la société que je veux. La société que nous souhaitons tous, c'est que l'État, la police, la justice puissent intervenir en premier et condamner les personnes. Et ce n'est pas les gens qui se font justice eux-mêmes.
Moi, je vois dans cette terrible affaire, encore une fois, notre devoir de travailler davantage, de mettre davantage de moyens pour que la police, ce qu'elle a fait assez rapidement dans cette affaire, soit arrivée, que la justice, puisqu'on n'avait personne, ce qu'elle a fait dans cette affaire, puisque ce jeune, si j'ose dire, qui serait responsable de ses attouchements, a été mis en détention provisoire. Donc, elle n'a pas tremblé, la main de la justice. Mais il est évident qu'on ne peut pas laisser les gens faire justice eux-mêmes.
Restons sur la police avec la question des refus d'obtempérer. Dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, une jeune femme de 29 ans a été grièvement blessée par des tirs policiers lors d'un refus d'obtempérer en région parisienne. Pronostic vital engagé. Quelques jours auparavant, 14 octobre, Paris, un homme de 32 ans a été tué pour refus d'obtempérer. Depuis le début de l'année, 12 personnes sont mortes après des tirs de la police, toujours donc dans ce cadre-là. 12 personnes mortes, c'est trois fois plus qu'en 2021. Quatre morts cette année-là. Est-ce qu'il y a un problème, Gérald Darmanin ? Est-ce qu'il y a un usage excessif des armes à feu par certains policiers ?
Évidemment, c'est toujours un drame lorsque quelqu'un est tué. Mais vous avez oublié aussi de citer qu'il y a un gendarme qui est mort il y a trois jours parce que quelqu'un l'a renversé sur l'autoroute. Et désormais, il y a une veuve et quatre gamins. Vous avez oublié de dire qu'il y a une semaine, il y a un gendarme qui a eu la jambe arrachée qui est toujours entre la vie et la mort dans le sud-ouest de la France. Malheureusement, les policiers et les gendarmes sont les premières victimes des refus d'obtempérer. Il y a un refus d'obtempérer toutes les demi-heures. Je vais dire quelque chose de très simple. Quand un policier ou un gendarme vous demandent de vous arrêter, il faut s'arrêter.
Ça, c'est le premier point. Si tout le monde s'arrêtait lorsque les policiers et les gendarmes leur disaient de s'arrêter pour faire des contrôles...
Et si on ne s'arrête pas, est-ce qu'on mérite la mort ?
Bien sûr que non, ça ne mérite pas la mort. Mais quand la voiture est elle-même une arme de mort à destination qui tue les policiers et les gendarmes, depuis que je suis mis à l'intérieur, j'ai enterré plus de policiers et de gendarmes parce que des gens ne se sont pas arrêtés en voiture ou en moto que parce que des policiers et des gendarmes auraient été tués par des trafics en drogue.
Oui, d'ailleurs, un des points négatifs de votre bilan, c'est l'augmentation des violences aux personnes, dont les forces de l'ordre.
Ça dépend comment on appelle ça un point négatif. Si des policiers et des gendarmes sont blessés et tués, ce n'est pas à cause du ministre de l'Intérieur quand même. Ce n'est pas moi qui tue les policiers et les gendarmes. Le bilan des violences sur les personnes augmente. Parce que c'est les violences faites aux femmes qui augmentent beaucoup parce que nous savons mieux les toucher. 90% de cette augmentation, c'est les violences faites aux femmes. Mais ne faites pas de renversement de valeur si les policiers et les gendarmes sont blessés ou tués, c'est parce que des délinquants, des criminels, les blessent et les tuent. Et par ailleurs, je regarde les chiffres puisqu'il faut en parler.
En 2017, quand c'était le gouvernement de M. Hollande, on était à 464 usages d'armes pour les refus d'obtempérer, 254 sur des véhicules. En 2021, puisque vous prenez l'exemple de 2021, 367 usages d'armes, c'est-à-dire beaucoup moins, et 201 sur les véhicules. C'est-à-dire qu'il y a eu moins de tirs en 2021, et c'est vrai pour 2020, c'est vrai pour 2019, c'est vrai pour 2018, que sous le gouvernement précédent. Moi, je veux vous dire collectivement que les premières victimes de ces refus d'obtempérer, ce sont les policiers et les gendarmes. Qu'il faut s'arrêter quand un policier et un gendarme vous demandent de vous arrêter.
Et je le dis extrêmement sincèrement, le procès qui est fait aux policiers et aux gendarmes les blessent collectivement et me blessent personnellement.
Allez, on file au standard. On nous attend Arnaud. Arnaud, bonjour, vous êtes à Paris. Et vous êtes, je crois, membre de la PJ depuis 34 ans.
C'est ça, membre de la PJ depuis très longtemps, fier d'être dit à partenir. Et je suis aussi membre de l'association de sauvegarde de la police judiciaire. Hier, le conseil supérieur de la magistrature, comme toute la chaîne pénale, quasiment s'est inquiété de la réforme de la police judiciaire qui a été envisagée par M. Darmanin. Et je voulais savoir pourquoi M.
Darmanin, pour l'instant, se refusait à recevoir les membres de l'association de sauvegarde de la police judiciaire, qui est principalement composé de membres de la police judiciaire, qui aiment leur métier, qui font leur métier par passion, et qui ont, je pense, de vraies propositions à faire sur la sauvegarde de la police judiciaire telle qu'elle est.
Merci, Arnaud, pour cette question. Je rappelle que cette réforme prévoit, je rappelle en deux mots, de placer tous les services de police du département sous l'autorité d'un seul directeur départemental de la police nationale, dépendant du préfet. Voilà donc pour la...
Et il y a une fronde contre votre réforme.
Voilà, les détracteurs du projet pointent un risque de nivellement par le bas des compétences de la PJ, renforcement également du poids du préfet, sous tutelle de l'exécutif dans les enquêtes. Réponse Gérald Darmanin. Bon, d'abord, bonjour, monsieur.
Je voudrais vous dire d'abord qu'en tant que policier à Paris, vous n'êtes pas concerné par la réforme, puisque vous êtes déjà dans la réforme, que la gendarmerie ou la préfecture de police sont déjà dans le modèle que nous voulons faire pour la direction générale de la police nationale. Deuxièmement, vous me posez la question de savoir pourquoi je n'ai pas reçu l'association. Moi, j'ai des syndicats qui sont élus par vous-même. D'ailleurs, vous avez des élections syndicales le début du mois de décembre prochain. Et j'ai dit que je recevais toutes les associations représentatives des personnels, pas ceux qui ne sont pas représentatifs du personnel.
En l'occurrence, après les élections syndicales qui ont lieu au début décembre prochain, cela explique surtout en partie les contestations que vous évoquez. C'est qu'il y a une campagne électorale aujourd'hui dans la fonction publique, et c'est bien logique. Je recevrai évidemment tous ces syndicats qui porteront des amendements ou des contestations. Et j'ai dit qu'autour du 15 décembre, quand on aura d'ailleurs les rapports d'inspection, nous modifierons la réforme que nous vous proposons. Troisièmement, j'ai reçu une lettre de l'association. J'y répondrai bien évidemment. Nous sommes d'ailleurs en train d'y répondre. J'ai entendu les propositions qui aient été faites.
Je veux dire d'ailleurs à M. Demorand que la réforme qu'il évoque n'est pas celle que nous mettons en place. Par exemple, il n'y a pas de direction unique par département. Nous avons accepté la demande de la police judiciaire de le faire notamment par zone ou par région. Il y aura toujours autant d'antennes, toujours autant d'enfices qui ne dépendent pas du département. Donc vous allez l'amender cette réforme.
Vous entendez la protestation des policiers, du conseil supérieur de la magistrature. Tout le monde est contre globalement.
Non, ce n'est pas vrai. La moitié... Non, non, ce n'est pas vrai. La sécurité publique, les policiers de sécurité publique, ça fait très longtemps qu'ils attendent cette réforme. Et d'ailleurs, je vous rappelais que la police judiciaire, c'est un service du ministère de l'Intérieur et pas du ministère de la Justice. Je veux aussi dire à ce monsieur qu'on doit tous constater que le taux d'élucidation, c'est la façon dont on résout les crimes et les délits, ont baissé. Voilà. Et donc il faut savoir modifier nos actions, nos méthodes pour pouvoir améliorer le sort de la police nationale. C'est une réforme voulue par M. Jocs il y a 35 ans. 35 ans après, on essaye de la mettre en place.
Vous la faites.
Une dernière question sur une inquiétude qui pointe dans les milieux culturels. Vous avez annoncé mardi le gros dispositif policier de sécurité pour protéger les Jeux olympiques de 2024. Et le monde culturel craint des annulations du coup et des reports de festivals ou de concerts. Est-ce que vous nous dites ce matin que le festival d'Avignon, les vieilles charrues, le festival d'Aix-en-Provence, les grands concerts de l'été vont être annulés ou reportés parce que vous n'avez tout simplement pas assez de forces de l'ordre pour les protéger ?
Les Jeux olympiques à Paris, c'est une fois par siècle. Et la série d'ouverture sur la Seine, c'est une fois tous les 3000 ans, manifestement. Donc oui, ça demande 45 000 policiers et gendarmes par jour pendant 3 mois puisqu'il y a la flamme et il y a aussi les Jeux paralympiques. Et donc ? Toutes les unités de force mobile, CRS et gendarmes mobiles seront donc pris par les Jeux olympiques, on le sait et nous l'avons dit et je l'ai redit. Ce n'est pas à moi d'annuler tel ou tel événement. Il y a des moments où on a demandé de décaler. Le Tour de France, manifestement, accepte de décaler de quelques jours le départ du Tour de France.
Donc il y a la ministre des Sports, la ministre de la Culture qui travaille en ce moment avec l'ensemble des organisateurs, des villes. Moi, quand j'étais maire, j'organisais des festivals, effectivement, et je comprends qu'on ait besoin de programmation.
Ils disent que culturellement, ce serait dramatique pour eux s'ils décalent de deux mois
ou annulés. Les préfets ne vont pas annuler et ce n'est pas une mise à l'intérieur qui annule les festivals. On dit simplement que les moyens de police et de gendarmerie seront cet été-là consacrés non seulement à la sécurité de nos concitoyens en général mais aux Jeux Olympiques.
Et je veux redire qu'avoir entre 600 000 et 700 000 personnes à Paris pour la série émise d'ouverture avec la crise terroriste que nous connaissons, avec les difficultés d'ordre public que nous connaissons, avoir des centaines de milliers de personnes tous les jours dans les rues de Paris, mais de Marseille, de Lyon, enfin bref, tous ceux qui accueillent les Jeux Olympiques pour qu'il y ait zéro délinquance, pour ne pas reproduire ce qu'on a fait au Stade de France par exemple, ça demande de l'hyperprésence des policiers et des gendarmes. 45 000 policiers et gendarmes par jour, l'État français ne l'a jamais fait.
Moi, Mme Salmé, je vais annuler les congés des policiers et des gendarmes entre grosso modo juin et septembre. Il est normal que chacun puisse faire un effort, ça ne veut pas dire que des choses ne peuvent pas se tenir, ça veut dire qu'elles se feront si elles se tiennent dans des conditions avec moins de force de sécurité que d'habitude. Donc chacun, je pense, peut faire un effort. Je sais que le gouvernement il travaille et j'en reparlerai avec la ministre de la Culture et la ministre des Sports.
Gérald Darmanin, merci d'avoir été à notre micro ce matin. Il est 8h47.
Gérald Darmanin