Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 28 janvier 2019 54 minFond programmatiqueÉconomie & entreprisesDéfenseEurope & internationalSanté

Conférence de presse avec Abdel Fattah al-Sissi, Président de la République arabe d’Égypte

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 30:00RelanceRéponse partielle

    Qu'est-ce qui a changé pour que votre position sur les droits de l'homme évolue ?

  • 35:00OuverteRéponse partielle

    Qu'avez-vous obtenu concrètement sur la liste des droits de l'homme ? Des noms ont-ils été cités ?

  • 45:00OuverteRéponse directe

    Comment traitez-vous les personnes arrêtées lors des manifestations en France ?

  • 55:00RelanceRéponse directe

    Des armes françaises ont-elles été utilisées contre le peuple égyptien ? La France va-t-elle continuer à vendre des Rafale ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

(Propos en arabe) (...) -A.

F. al-Sissi : Au début, je voudrais souhaiter la bienvenue à M. le président Macron et la délégation officielle qui l'accompagne et les chers hôtes de l'Egypte lors de sa 1re visite en tant que président de la République française, et cela à la lumière des liens d'amitié et de partenariat stratégique entre l'Egypte et la France.

Et c'est un lien d'amitié qui est fondé sur une longue histoire d'intérêts communs et des synergies humaines et d'accords entre les 2 peuples il y a des siècles, ce qui a renforcé ce que les pays ont témoigné des relations au cours des dernières années de coopération continue dans tous les domaines : politique, militaire, sécuritaire, économique et culturel, et le haut niveau de coordination vis-à-vis des différentes causes régionales et internationales. J'ai passé en revue avec M. le président Macron les différents aspects de coopération bilatérale.

De même, nous avons témoigné ensemble les procédures protocolaires de la signature d'un nombre d'accords et de mots d'entente pour la coopération dans différents domaines tels que le transport, la santé, la culture, l'enseignement, les communications, les jeunes, le commerce international et l'énergie, outre des mémos d'entente pour fonder un partenariat stratégique avec l'Agence française pour le développement au cours de 2019 jusqu'à 20, 23, un montant d'un milliard d'euros. Aussi notre relation a représenté aujourd'hui une opportunité importante pour passer en revue les marchés les plus importants pour l'exécution du programme de réformes économiques et sociales exécutées par l'Egypte dès 2016, visant à remédier les déséquilibres structurels dont souffrait l'économie égyptienne il y a quelques décennies et c'est un programme dont ont fait l'éloge les différentes institutions financières internationales. Nous nous sommes mis d'accord sur le fait de la nécessité de donner un (inintelligible) à la coopération dans les différents domaines économiques et l'augmentation du volume d'échange commercial et les investissements pour refléter le poids et les liens stratégiques et politiques entre l'Egypte et la France.

Dans cet élan, j'ai mis l'accent pour M. le président que l'Egypte accueille les sociétés égyptiennes et leur participation aux projets nationaux géants et pour profiter des opportunités prometteuses dans les différents secteurs de l'économie égyptienne, outre le fait que je tienne personnellement à l'appui et à la promotion de l'investissement étranger en Egypte d'une façon générale et des sociétés françaises de façon spéciale. Aussi, j'ai attiré l'attention à ce que le forum des affaires entre les chefs de sociétés de secteur public en fin de cette soirée.

Cela va aboutir à des résultats positifs qui contribuent aux intérêts communs entre nos deux pays. Aussi nous avons discuté les moyens de renforcer la coopération culturelle et l'enseignement entre l'Egypte et la France à l'occasion de la célébration de l'an 2019 en tant qu'année culturelle franco-égyptienne et aussi vu l'impact culturel des patrimoines des deux pays et leur impact sur la vie culturelle, sociale du peuple français et égyptien. L'élite égyptienne parmi les intellectuels a été inspirée par les chefs d'oeuvre de l'époque de la Renaissance française dont le peuple français et M. le président Macron sont amateurs et ont de la passion vis-à-vis de la civilisation égyptienne.

Et ici, nous pouvons oublier la contribution des savants français pour décrypter les secrets de la civilisation pharaonique. Mais, M. le président, mesdames et messieurs, nos entretiens aujourd'hui ont témoigné une entente, une convergence en ce qui concerne les visions pour continuer à lutter contre le terrorisme noir qui vise la sécurité des deux pays et leurs intérêts, ainsi représente une menace directe à nos efforts pour réaliser les échéances du développement durable et le défi pour réaliser la prospérité de nos peuples.

Aussi nos entretiens ont abordé un dialogue positif sur les droits de l'homme dans nos deux pays, le Moyen-Orient et le continent européen. J'ai mis l'accent sur l'intérêt qu'accorde l'Egypte sur ces principes et valeurs sur le niveau mondial étant donné un composant essentiel de tous les efforts déployés afin que le peuple de l'Egypte vise et fait des progrès, vers le progrès et la prospérité. Toutes les institutions de la société égyptienne : exécutive, législative, judicaire et civile coordonnent leurs efforts pour évoluer le système des droits de l'homme du fait d'une compréhension approfondie des facteurs de l'histoire.

La civilisation et le patrimoine qui dirigent l'évolution de la société conformément aux degrés des composants essentiels qui fait à ce qu'il...

Qui va de pair avec ses aspirations historiques. Et ici, nous devons traiter avec les droits de l'homme à travers leur concept exhaustif, parce que tous les droits sont chevauchés et ne peuvent pas être séparés : le droit à la vie, le droit à la sécurité, la liberté d'expression et le développement et aussi avoir accès à la nourriture et les services de santé, l'enseignement et un habitat décent. Ce sont des droits auxquels l'Egypte accorde une grande priorité du fait de sa responsabilité vis-à-vis de ses citoyens et s'engageant aux clauses et aux articles de la Constitution qui sont considérés un fondement pour la protection des droits de l'Homme et que le peuple égyptien a le droit d'évaluer le degré des droits politiques économiques et sociaux Il est à mentionner de même à cet égard mettre l'accent sur la nécessité que les défis auxquels nous faisons face soit dans la région ou en Europe et le fait du terrorisme et le taux haut des crimes liés à la discrimination et à la xénophobie, nous devons tenir à poursuivre la protection et le progrès à nos citoyens.

Aussi, nous avons passé en revue les situations régionales objets d'intérêts communs, notamment en Libye et en Syrie, la cause palestinienne et le Sahel, de même l'immigration clandestine outre les relations entre l'Egypte et l'Union européenne et les priorités de la présidence égyptienne de l'Union africaine au cours de cette année courante et les occasions pour entamer une coopération à trois entre l'Egypte et la France pour promouvoir les efforts (inintelligible) continent africain J'ai de ma part, mis l'accent sur le fait que l'Egypte a appuyé les efforts politiques visant à résoudre les conflits régionaux maintenir l'état national et empêcher son "démorcellement" ou permettre à des forces extérieures de continuer à déstabiliser la sécurité de la région pour réaliser quelques objectifs idéologiques ou leurs intérêts. M. Le président, je vous souhaite la bienvenue autre fois de nouveau en Egypte.

Et nous exprimons toute notre estime à l'appui présenté par l'Egypte et l'évolution accélérée et fructueuse que témoignent nos relations bilatérales dans tous les domaines. Je vous remercie. Et maintenant, permettez-moi, M.

Le président de vous donner la parole. Monsieur, la parole est à vous. -E.

Macron : Merci beaucoup, M. Le président. Merci pour votre accueil et votre hospitalité à mon égard, celui de mon épouse et de toute la délégation qui m'accompagne.

J'avais reçu à Paris le président Sissi à l'automne 2017 et nous étions convenus de nous revoir au Caire et entre ces deux rencontres, nous avons multiplié les échanges téléphoniques afin d'évoquer beaucoup de situations, et j'y reviendrai, de la région, comme la relation bilatérale. Et ce déplacement en Egypte est pour moi très important. Il est l'occasion, en effet, de renforcer le lien avec un partenaire essentiel pour toute la région.

Un partenaire avec lequel nous avons une histoire forte, une estime réciproque avec lequel nous souhaitons faire davantage. Avec le président Sissi, nous venons d'avoir de longs échanges et des discussions approfondies tout à la fois sur les crises régionales et la situation bilatérale. Et je crois pouvoir dire que sur nombre de ces sujets, nous avons des convergences de vue.

Sur les sujets régionaux, nous travaillons depuis plusieurs mois ensemble sur la situation en Libye, qui est un enjeu de stabilité majeur pour nos deux pays. Le dialogue étroit et confiant que nous entretenons depuis plusieurs mois sur cette crise nous a permis de converger et surtout d'agir de concert sur le terrain. Et je crois pouvoir dire que nous avons deux objectifs : le premier, c'est la lutte contre le terrorisme et le soutien à tous les acteurs libyens qui luttent efficacement contre le terrorisme dans leur pays.

Et le second, c'est la réconciliation nationale qui, seule, permettra d'assurer la stabilité nécessaire. A cet égard, nous nous étions concertés avant que la France ne prenne plusieurs initiatives dès d'ailleurs juillet 2017 avec la conférence de La Celle Saint-Cloud nous avons constamment échangé lorsque la France a réuni l'ensemble des parties prenantes au printemps 2018 à Paris. Et je crois pouvoir dire que par notre travail, nous avons réussi à consolider un début de réconciliation sur le territoire, et nous veillerons à ce que les prochaines semaines et les prochains mois permettent d'avancer en ce sens.

Evidemment notre travail se fait très étroitement avec le représentant spécial des Nations Unies, M. Salamé. Nous travaillons également étroitement pour coordonner nos actions en réponse au conflit syrien.

La France et l'Egypte font, en effet, toutes deux partie du Small group qui rassemble 7 pays autour de l'objectif de trouver une solution politique durable. Et je dois dire que sur ce sujet, là aussi, nos convergences sont fortes, et nous l'avons réaffirmé ensemble ce matin, qui consiste évidemment en Syrie non seulement à lutter contre le terrorisme islamiste, mais à nous assurer qu'une solution politique inclusive sera établie sur le territoire. C'est conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité, ce que nous souhaitons mettre en oeuvre avec tous nos partenaires.

Le travail se poursuivra. Le format que nous avons décidé a montré déjà sa force. Et nous continuerons les discussions dans les prochaines semaines à la fois avec les Nations Unies et les puissances de la région pour obtenir justement les évolutions constitutionnelles puis politiques qui seules seront en mesure d'assurer la stabilité de la Syrie.

Nous avons convenu que dans le contexte actuel et alors que le régime syrien n'a donné aucune indication de vouloir engager une discussion politique, la perspective de normalisation, de banalisation de la situation serait irresponsable. Notre position est bien de continuer à oeuvrer conformément justement à ce qui a été acté aux Nations Unies dans un processus de transition constitutionnelle et politique. Nous avons également échangé sur la relance du processus de paix entre Israël et les Palestiniens.

L'impasse actuelle est très clairement une préoccupation pour nous, et je veux ici saluer l'engagement du président Sissi dans le dialogue et la politique que nous voulons conduire. Là aussi, nous sommes, l'un et l'autre, convaincus et nous aurons l'occasion de porter et de travailler ensemble sur des initiatives multiples dans les prochains mois. Mais nous sommes convaincus que la solution, celle d'ailleurs que nous portons depuis plusieurs décennies de manière constante, n'est possible que si la discussion se rétablit sur le terrain.

Et je veux saluer votre engagement dans le processus de réconciliation intra palestinien. Nous avons bien évidemment également évoqué l'Afrique qui sera un sujet important dans notre agenda politique commun des prochains mois surtout, alors que dans quelques jours, le président Sissi s'apprête à prendre la présidence de l'Union africaine. Nos deux pays ont une même vocation africaine, et nous allons travailler ensemble par exemple sur les questions d'opération africaine de maintien de la paix.

Et j'ai rappelé au président combien, l'année passée, la France n'avait cessé d'agir avec et aux côtés de l'Union africaine sur nombre de crises du contient. Bien sûr, au-delà de ces sujets, la relation bilatérale a structuré nos échanges. Relation bilatérale dont aujourd'hui l'une des priorités est la lutte contre le terrorisme et la volonté d'assurer la sécurité et la stabilité, en particulier sur le sol égyptien.

L'Egypte, comme la France... j'espère que vous entendez...

Ca grésille. L'Egypte, comme la France, ont été sévèrement touchées ces dernières années par le fléau terroriste. Je crois que... (Grésillement) ...

Parce que j'ai entendu que vous n'entendiez rien, j'ai arrêté. (Il rit) (Grésillement) ...

Il se passe manifestement quelque chose. ... (Propos en égyptien) -E.

Macron : Est-ce que vous m'entendez ? Là, c'est bon ? Très bien.

Donc j'étais en train d'évoquer, au-delà des sujets régionaux, les échanges bilatéraux que nous avons pu avoir. Au premier chef, le sujet de la lutte contre le terrorisme et de la sécurité. En effet, nos deux pays ont été confrontés au terrorisme et au fléau de ce terrorisme islamiste et j'ai indiqué très clairement au président Sissi que, pour la France, la sécurité et la prospérité de l'Egypte sont de la plus haute importance stratégique.

Et nous avons acté une nouvelle étape dans notre coopération sur ce sujet qui est absolument essentiel. C'est la base du partenariat stratégique et c'est la base de ce que nous conduisons ensemble. A ce titre, l'Egypte est véritablement une puissance régionale dont la stabilité est essentielle à nos yeux.

Essentielle, pour l'Egypte même, ses 100 millions d'habitants, essentielle pour toute la région et essentielle pour nous-mêmes. Et la lutte que vous menez sur ce point, président, comme vous le savez, est extrêmement importante à nos yeux. J'ai également fait part au président Sissi de ma ferme conviction, il l'a évoqué, que la stabilité et la paix durable vont de pair avec le respect des libertés de chacun, de la dignité de chacun et d'un Etat de droit.

Et la recherche de stabilité et de sécurité qui nous anime, dans le cadre de notre partenariat que nous avions évoqué en octobre 2017 ensemble, ne saurait être dissociée de la question des droits de l'homme. A l'inverse, une société civile dynamique active, inclusive reste le meilleur rempart contre l'extrémisme et une condition même de la stabilité du pays. En ce sens, j'ai rappelé au président Sissi, dans la confiance et dans la franchise qui caractérisent nos relations, la portée des actes qu'il pourrait prendre s'agissant, par exemple, de l'action des organisations non gouvernementales en Egypte dans les assouplissements législatifs qui allaient être introduits pour rendre la loi sur les ONG plus équilibrée, ou qu'il s'agisse de cas individuels ou des sites Internet bloqués.

A cet égard, nous avons échangé longuement et j'ai pu remettre au président Sissi également une liste sur les sujets qui nous paraissaient les plus évidents et en tout cas, les plus importants. J'ai souhaité, au-delà de ce point, que nous instaurions un dialogue sur ces questions, et informer le président Sissi que je rencontrerai demain des représentants de la société civile. Pour moi, cet échange s'inscrit dans cette volonté, ce partenariat d'une stabilité et d'une réussite de l'Egypte, et c'est bien ainsi que je l'entends.

Le président Sissi m'a informé de ses ambitieuses réformes sur le plan économique menées avec courage et dont les premiers résultats ont été salués. Alors que l'Egypte renoue avec la croissance, j'ai réitéré au président Sissi la volonté de la France d'accompagner la réussite de ces réformes et pour les soutenir, de mobiliser des financements en particulier dans les 4 années qui viennent. Un milliard d'euros de financements nouveaux, notamment via l'agence française de développement, seront effectués, et sur ce point, les accords précédemment signés ont montré à la fois la variété et la force de cet engagement.

Je souhaite aussi que les entreprises françaises puissent apporter leur contribution et prendre part au développement de l'Egypte. Je l'évoquais, avec 100 millions d'habitants, pays qui croît de 2,5 millions d'habitants par an, l'Egypte a des défis en matière d'éducation, de santé, d'emploi qui nécessitent des partenariats industriels et des investissements. Mon message aux entreprises est simple, et nous aurons l'occasion de le rappeler en fin de journée.

L'Egypte se transforme, l'Egypte se modernise l'Egypte se développe et nos entreprises doivent saisir ces opportunités nombreuses qui se présentent dans l'ensemble de ces sujets. A ce titre, nous aurons, au-delà des accords signés, des accords importants entre RATP Dev et le métro du Caire auquel nous tenons beaucoup et dont nous avons parlé avec le président Sissi. Nous avons clarifié beaucoup de sujets d'entreprises françaises qui sont d'ores et déjà engagées et je remercie le président pour son action et nous avons souhaité pouvoir aller plus loin dans le partenariat.

D'une part, nous avons bousculé l'agenda officiel et nous irons ensemble pour voir le projet de nouvelle capitale qui doit être tout à la fois l'occasion d'un vrai partenariat économique, d'infrastructures, de développer les compétences françaises en matière de ville intelligente, mais qui doit aussi nous permettre de développer nos partenariats culturels. D'autre part, nous allons ouvrir ensemble la perspective d'une nouvelle coopération industrielle, en matière automobile pour lancer des projets de voiture électrique sur lesquels le président Sissi souhaite profondément s'engager et où la France souhaite, à ses côtés, participer à cette ambition industrielle. Et donc nous allons dans les prochaines semaines travailler à la mise en place de ce projet et d'une capacité de production sur le sol égyptien.

Troisième point, en matière d'infrastructure régionale ferroviaire et routière, nous souhaitons travailler ensemble, là aussi, pour accompagner l'Egypte dans sa volonté, non seulement nationale mais régionale, de poursuivre des projets ambitieux d'infrastructures. Au-delà de ces points, en matière de santé, en matière de culture, d'éducation, nous avons beaucoup échangé également sur les sujets de développement et de coopération que nous souhaitons mettre en place. Nous avons signé un partenariat important en matière académique, en particulier pour former les cadres de la nation en Egypte.

Nous avons une université, partenariale. Nous souhaitons développer fortement ce partenariat éducatif en donnant beaucoup plus de force et d'ampleur à cet établissement franco-égyptien. Il est attractif et reconnu, mais nous devons en multiplier les étudiants.

C'est pourquoi l'université française d'Egypte a vocation à croître fortement dans les prochaines années et doit trouver des perspectives dans la nouvelle capitale. C'est aussi pour cela que nous avons souhaité nous engager plus fortement dans l'enseignement du français en Egypte à travers notre réseau éducatif, et je remercie le président Sissi également pour son engagement en faveur de l'enseignement du français dans l'éducation égyptienne, qu'il s'agisse de son enseignement dans le cadre des langues secondaires ou des classes bilangues. Ce partenariat éducatif, c'est aussi celui avec la forte augmentation des bourses que nous avons décidé qui permet la mobilité d'étudiants entre nos deux pays.

Ces partenariats éducatifs académiques, scientifiques, nous continuerons à les déployer. Ils s'accompagnent aussi d'une volonté d'aller beaucoup plus loin en matière culturelle. Sur le plan culturel, nous avons une histoire.

Nous étions hier avec votre ministre à Abou Simbel qui symbolise en quelque sorte cette alliance forte entre nos deux pays et l'engagement de nos experts, de nos passionnés. Nous souhaitons l'un et l'autre poursuivre ce travail d'une part, à travers la consolidation de la présence française sur le plan archéologique et scientifique et des échanges entre nos deux pays, d'autre part, à travers la coopération scientifique, muséographique entre nos deux pays et la volonté d'échanger en matière d'égyptologie, d'art islamique et au-delà, en participant pleinement. Et nous nous sommes organisés pour ce faire, au déploiement des deux grands projets de musée que porte votre pays, mais également à travers la présence et le partenariat que nous souhaitons développer dans le cadre de la Cité des arts et de la culture de la nouvelle capitale.

Tous ces projets montrent combien, à nos yeux, le développement, la stabilité, la réussite de l'Egypte contemporaine nous importent. Elle nous importe compte tenu de notre histoire et de ce qui nous lie. Elle nous importe compte tenu da sa force démocratique, démographique et de son rôle militaire dans la région et elle nous importe compte tenu de la place que l'Egypte a précisément dans la région au sein de l'Union africaine dans quelques semaines et par son rôle sur les sujets du Proche et Moyen-Orient.

Merci encore, M. le président pour votre accueil et l'agenda que nous avons ainsi dessiné ensemble. -A. al-Sissi : Merci, M. le président et permettez-moi de donner l'occasion à deux questions de chaque partie. ... -Je remercie M. le président Abdel Fattah al-Sissi et je souhaite la bienvenue à M. le président français.

M. le président, le peuple égyptien n'était pas le seul et le peuple français n'était pas le seul, mais je crois que le monde entier a suivi en toute admiration votre image hier lorsque vous avez regardé et admiré le temple de Abou Simbel. Cet instant reflète votre estime à cette nation égyptienne du point de vue civilisation, histoire, peuple et faits acquis.

Nous savons cela parce que le peuple égyptien de même estime à la même appréciation à la nation française du point de vue civilisation et histoire de même que peuple. Mais permettez-moi, M. le président, L'année dernière, lorsque M. le président Abdel Fattah al-Sissi était en visite à la France, il y avait la conférence commune, vous avez dit d'une manière claire que vous refusez d'intervenir, vous refusez que n'importe quel Etat intervienne dans les affaires intérieures d'autrui.

Vous avez déclaré de même en toute clarté que vous ne deviez pas donner des leçons aux Egyptiens pour leur dire qu'est-ce qu'ils doivent faire, parce que les Egyptiens savent très bien ce qu'ils doivent faire. Hier, et pour quelques heures, il y a quelques heures, nous avons tous regardé les déclarations que vous avez citées et qui ont été diffusées par quelques agences de presse et quelques sites. Je voudrais poser la question concernant les déclarations, mais déjà ce que vous avez dit maintenant sur le dossier des droits de l'homme a mis l'accent sur le fait que les déclarations sont minutieuses à 100 %.

La question : Qu'est-ce qui a changé au cours de cette année chez vous pour que votre conviction change et pour que vous fassiez marche arrière de ce que vous avez déjà cité ? Est-ce que nous faisons face à une nouvelle politique et qui sera adoptée par la France dans la région ? J'espère avoir une précision.

Merci. Et vous êtes toujours le bienvenu en Egypte. -E.

Macron : Merci beaucoup. Merci pour votre question, monsieur. Et vous avez raison de rappeler le lien historique, le respect réciproque entre nos deux pays et la considération que nous avons l'un pour l'autre.

La politique de la France n'a en rien changé. Et je vais vous expliquer en quoi. Je crois très profondément dans le principe de la souveraineté populaire.

C'est au peuple d'un pays de décider de l'avenir de ce pays. Et c'est pour cela que depuis que je suis président de la République, la France ne suit pas des politiques qui consistent à expliquer par un interventionnisme excessif à tel ou tel peuple quel doit être son avenir. C'est de veiller à ce que les réconciliations se fassent, c'est de veiller à ce que le peuple puisse parfois s'exprimer lorsque le loisir ne lui en est pas donné.

C'est tout le travail que nous menons en Syrie, mais ce n'est en aucun cas de vouloir bousculer tel ou tel gouvernement ou dicter depuis l'extérieur quel devrait être le cours des choses. Ce principe est là, et il est au coeur de la politique internationale que je poursuis. La 2e chose lorsque je regarde notre ami qui est l'Egypte, c'est la volonté de stabilité.

Je l'ai dit. C'est ce qui m'a conduit en octobre 2017 à demander à ce qu'il y ait une forme de patience, en tout cas qu'on considère les difficultés auxquelles était confronté le président Sissi. La stabilité d'un pays comme l'Egypte, en effet, exigeait que, face à des intrusions, des déstabilisations, des mouvements de tel ou tel, au nom d'une religion, en la déformant, ou au nom d'intérêts autres, le gouvernement puisse être déstabilisé et impliquer une réponse.

Et je réaffirme ici très clairement cette nécessité. Mais nous avons aussi des valeurs. Elles sont universelles.

Ce ne sont pas que les valeurs de la France. Et nous avons des exigences pour nous-mêmes. Réciproquement, les droits de l'homme en font partie.

Et on peut se dire les choses de manière très franche. Et nous pouvons les affirmer. Et c'est aujourd'hui ce que j'ai décidé de faire et ce que j'ai fait avec le président Sissi sans revenir pour autant sur les principes que j'ai édictés, sans considérer qu'on vient ni donner des leçons, ni déstabiliser.

Pourquoi ? En octobre 2017, nous avons longuement échangé en aparté avec le président Sissi et je lui ai remis une liste. Les choses n'ont pas été dans la bonne direction depuis octobre 2017.

Il y a eu des blogueurs, des journalistes, des activistes qui depuis ont été emprisonnés. C'est une réalité. Et je ne peux pas faire, compte tenu du respect que j'ai pour l'Egypte, comme si rien ne s'était passé.

Dans ce contexte, je considère qu'avoir un dialogue exigeant sur les droits de l'homme est totalement cohérent avec l'objectif qui est le nôtre et ce dialogue d'amitié et de respect. D'abord parce que l'image internationale de l'Egypte peut s'en trouver abîmée. Il faut être lucide.

Vous avez commenté la presse du jour. J'imagine donc que vous voyez la presse de tous les jours. Lorsque des présentateurs, des blogueurs sont emprisonnés, ça n'est pas bon pour l'image d'un pays qui m'est cher et qui m'est ami.

Et comme je suis attaché à la réussite de l'Egypte dans le contexte contemporain, je pense qu'il est bon d'apporter une réponse à ce point. La deuxième chose, c'est que la réussite à laquelle croit beaucoup le président Sissi de l'Egypte passe par la réussite du monde économique, intellectuel, académique, la capacité à attirer les meilleurs esprits et à les garder. Les meilleurs esprits ont besoin de liberté.

Les meilleurs esprits ont besoin de liberté, de pouvoir s'exprimer. Ils ont besoin de controverse, ils ont besoin de pouvoir dire, faire. Et donc je pense que l'Egypte éclairée et ce que porte votre président, votre pays, a besoin de cette liberté.

Enfin, parce que je pense que la véritable stabilité passe par cette vitalité de la société civile. Et autant je respecte profondément toutes les décisions qui sont liées à la stabilité de l'Egypte, à la volonté portée par le président à la fois de ne pas être déstabilisé, de pouvoir développer le tourisme et l'économie, et j'accompagnerai de toutes mes forces l'Egypte sur ce chemin. Le président le sait.

Et c'est le sens de nos échanges et ce que nous allons faire. Autant sur certains cas particuliers, il m'est apparu qu'il n'y avait pas de risque de déstabilisation. Et c'est l'objet des échanges que nous avons eus et de la liste que j'ai pu donner au président.

C'est aussi tout le sens de la réforme qui peut être portée par le président. Voilà. Donc je pense que la discussion que nous avons, l'expression que je peux avoir là elle est respectueuse de la souveraineté de l'Egypte, elle est à la hauteur de la considération qui est la nôtre.

Deux grandes nations dont la vocation est d'éclairer le monde. Et elle passe par un dialogue qui se poursuit, parce que sur certains cas particuliers...

Le président Sissi sera peut-être pas d'accord. Il dira la réalité de fait que je ne connais peut-être pas sur d'autres. Je sais aussi qu'il sera en capacité de faire évoluer les choses, mais je pense que c'est important, et je ne serais pas un ami sincère de l'Egypte d'aujourd'hui si je ne disais pas le fond de ma pensée, étant pleinement conscient de toutes les différences, de tout ce qui fait l'Egypte d'aujourd'hui et de tous ses défis.

Je ne mésestime rien des défis sécuritaires auxquels le président Sissi a à faire face. Je ne mésestime rien de toutes les difficultés de rebâtir un Etat, de développer une économie et le tourisme. Rien.

Et donc je ne fais aucun raccourci et je ne donne aucune leçon. Je vois aussi tous les efforts qui sont faits pour que toutes les religions soient reconnues, que la liberté de culte soit pleinement reconnue. La liberté de croire, comme de ne pas croire.

Et je les salue, et je les accompagne. C'est une des raisons pour lesquelles je veux aussi voir la nouvelle capitale où, il y a quelques jours, le président a inauguré l'église et la mosquée. Mais je sais tout cela.

Je sais aussi ce que je lis comme vous et entends. C'est pourquoi nous avons ce dialogue et c'est pourquoi je me suis ainsi exprimé. ... -Bonjour, MM. les Présidents.

Jean-Rémi Baudot pour Europe 1 à Paris. Vous m'entendez ? On vient de parler des sujets des libertés civiles.

Vous vouliez des assurances de votre homologue sur les droits de l'homme. Qu'avez-vous concrètement obtenu par rapport à cette liste dont vous parlez ? Est-ce que des noms ont été cités ?

Avec quelles avancées ? Et M. al-Sissi, le président Macron s'inquiétait hier justement de l'arrestation, il l'a refait aujourd'hui...

Les ONG dénoncent une situation alarmante. ... (Traduit de l'arabe) -A.

F. al-Sissi : Je vous entends bien. Je vous entends bien.

Je vous entends bien. Permettez-moi...

Permettez-moi de remercier monsieur le président pour l'intérêt qu'il accorde à la stabilité et la sécurité de l'Egypte et son progrès, et c'est normal pour la France, vu ses liens historique avec l'Egypte et cela de même est apprécié en la personne de monsieur le président. Mais je voudrais vous ajouter une dimension dont nous parlons toujours ici en Egypte sur les droits de l'homme. Nous devons reconnaître et parler clairement...

Nous ne sommes pas comme l'Europe. Nous ne sommes pas comme les Etats-Unis. Nous sommes une région qui a des spécificités et sa nature spéciale.

Et à propos, la pluralité entre les pays et les différences entre les pays, c'est normal. Il n'y a pas un Etat dans le monde. On ne peut pas avoir le monde qui a la même méthodologie et on dit que ça, c'est la méthodologie idéale.

On ne peut pas dire cela, mais on peut dire que la diversité humaine qui se trouve partout dans le monde, c'est normal et va persister. Et je crois que la tentative de changer cela en une seule voie peut ne pas être bien. Ca, c'est un point.

L'autre point, il est juste, lorsque nous abordons les questions en Egypte. Monsieur le président a abordé le nombre de la population de l'Egypte à 100 millions de personnes. Leur stabilité et leur sécurité est très importante.

Et est-ce que le volume des libertés qui leur sont disponibles est combien ? La liberté d'expression est disponible oui ou pas ? La liberté justiciable est disponible oui ou pas ?

Je mets l'accent sur cela pour rassurer celui qui a posé la question concernant les libertés et droits de l'homme en Egypte, mais n'oubliez pas que nous parlons d'une région perturbée et nous ne sommes qu'une partie de cette région. Il y a un grand projet qui aurait dû avoir lieu dans cette région. Et l'Egypte...

Ce projet n'a pas réalisé le succès en Egypte, qui est l'établissement d'un Etat religieux en Egypte au vrai sens du mot, comportant tous les défis pour la région et même pour le peuple de l'Egypte qui a refusé cela. Ca, c'est un autre point que je voudrais ajouter, mais je voudrais dire que venez pour parler du volume des efforts qui ont été déployés par l'Etat égyptien et par le président Sissi dans le cadre des droits de l'homme comme... l'ONU même voit lorsque je vous parle et je vous dis que j'avais 250 000 familles qui vivaient d'une manière pas humaine du tout.

Du tout. Ils vivaient...

Je ne dois pas blesser nos citoyens, mais justement, ils étaient dans des conditions qui ne sont pas décentes du tout. Lorsque l'Etat égyptien leur offre...

L'Etat égyptien qui a des conditions économiques difficiles, qui fait la guerre contre le terrorisme il y a 5 années en prenant en considération le coût sécuritaire, économique ou matériel, qu'elle offre 250 000 habitats, logements meublés pour que nous disions que ces citoyens... pour dire à ces citoyens que l'Etat te prenne en considération et ne va pas te laisser vivre dans la rue ta famille et toi, et parce que parmi les raisons et les causes de l'extrémisme nous pouvons les multiplier si on laisse ces citoyens sans abri ou sans vie décente.

Ca, c'est un point. Lorsque je vous dis que j'ai des listes d'attente concernant les personnes malades en Egypte, l'Egypte pouvait y remédier. Juste 10 000 personnes par an et consacrer les ressources à cet égard.

Lorsque l'Egypte vient, au cours des derniers 8 mois, de traiter 10 000 personnes, patients, chaque mois. C'est-à-dire 120 000 cas d'attente pour recevoir le traitement, un grand... des traitements de tumeurs, de grandes chirurgies...

Lorsque je fais cela pour 120 000 personnes pour rendre sa famille satisfaite, est-ce qu'ainsi, l'Egypte n'a pas pris en considération les droits de l'homme d'une autre vision, différente à celle dont vous parlez tout en l'estimant ? Mais...

Et celle des blogueurs aussi. Mais l'Egypte ne doit pas vivre à travers les blogueurs. Je vous dis cela tout clairement.

L'Egypte, à travers le travail et la persévérance, elle va vivre. Nous faisons une réforme économique, une réforme sociale, une réforme politique et une réforme religieuse. Je veux vous dire que...

Est-ce qu'il y avait quelqu'un qui pouvait parler des liens entre les Egyptiens l'un et l'autre ? Aujourd'hui, en Egypte, si on dit "un égyptien chrétien" ou "un égyptien musulman", c'est considéré une offense, c'est inacceptable chez nous. C'est "égyptien" seulement, qui a tous les droits à la citoyenneté même si ceux qui ne croient pas sont pris en considération.

Ce sont des pratiques exécutées en fait pour que l'Egypte... qu'on ait accès là à la citoyenneté et la fraternité entre les gens.

Je veux vous dire, en Egypte, que chaque année, nous avons un million de diplômés, Vous m'avez dit : "Vous volez les droits des blogueurs." Moi, je vous pose la question. Comment je vais trouver du boulot pour tous ceux-ci ?

Un million de diplômés chaque année. Qu'est-ce que je peux faire ? Je suis prêt à entendre vos conseils.

Mais dites-moi ce que je peux faire. D'où je peux apporter l'argent pour les 1 million qui sont gradués chaque année et les 2,5 millions qui naissent chaque année et qui veulent avoir accès à un enseignement, avoir accès à la nourriture, aux soins médicaux. Dites-moi comment je peux faire.

Comment peut-on, nous, résoudre toutes ces questions ? Je regrette de dire que les blogueurs parlent un autre langage complétement différent de ce que nous vivions. Je parle en toute franchise.

Nous n'avons pas quelque chose à cacher. Pas du tout. Et nous ne craignons rien.

Nous dirigeons notre pays à travers l'honnêteté et la dignité pour avoir accès à une société qui va de pair avec l'Egypte, qui a une longue histoire, qui a vécu dès 5 000 années. Lorsque je fais un programme qui est le plus grand sur le niveau mondial pour le traitement de l'hépatite C en Egypte. En Egypte, il y avait des millions de citoyens qui souffraient de cette maladie.

Un pays avancé en Europe peut faire un tel programme parce qu'ils ont des capacités économiques et médicales, mais lorsque moi, en Egypte, je fais, pas moi, l'Etat égyptien, ait accès au traitement de 55 millions d'enquêtes pour s'assurer de leur indemnité et pour remédier le haut taux qui se trouvait dans le monde. Moi je mentionne cela, parce que si nous voulons parler d'ONG et de sociétés civiles, les orientations de société civile dépassent les 45 000 dans notre pays et jouent un rôle communautaire parfait. Et lorsque nous avons trouvé que la loi des ONG est objet de controverse nous l'avons lancée une autre fois sur le tapis et nous avons dit : "Dites-nous ce qu'on peut ajouter", parce que si nous parlons d'un Etat de ce tel volume et les ONG jouent un rôle important à l'ombre de nos conjonctures économiques difficiles de même que sociales, donc nous devons leur frayer la voie pour leur prêter audition.

Je veux dire que nous ne devons pas limiter les droits de l'homme en Egypte avec toute l'estime des opinions des personnes, mais les opinions des personnes est quelque chose, et la destruction de l'Etat est une autre chose. La destruction de l'Etat est une autre chose. Et j'espère bien qu'on ne soit pas loin de ce qui est arrivé dans la région auparavant dans les pays.

L'Egypte aurait dû trouver le même destin. Et moi, je crois ici que...

Qu'est-ce que vous auriez pu faire à nous si l'Etat égyptien avait témoigné une guerre civile ? Je vous parle franchement et en toute transparence et directement. J'ai dit cela lors de la 1re rencontre il y a 3 années au Parlement.

J'ai dit cela et j'ai dit : "Faites attention "à ce que les causes que nous témoignons chez nous "c'est complétement différent de ce que vous en réfléchissez." Et donc vous ne devez pas regarder avec vos propres yeux européens seulement. Nous vous regardons par nos regards non égyptiens seulement, mais nos regards européens.

C'est-à-dire vous devez, vous, nous regarder avec vos yeux égyptiens, et pas à travers des regards européens, parce que sinon, vous serez injustes contre nous. Et ce qui fait la réputation internationale, ce sont les accusations. Et tant qu'on n'a pas abordé les sujets des droits de l'homme, donc point final.

Je veux pas parler plus longuement, parce que monsieur le président a un ordre du jour chargé, mais justement, je voudrais vous rassurer. Et je mets l'accent une autre fois. Moi, de ma position, je n'accepte pas que l'opinion publique en Egypte ou la majorité égyptienne refuse ma présence, et je continue.

Peut-être c'est la 10e fois que j'ai dit cela aux Egyptiens. Je suis là par la volonté égyptienne. Et si cette volonté n'existe pas, je renonce à ma position.

Et, M. le Président, la parole est à vous. Qui veut poser la question ? (Traduit de l'arabe) -Merci, M. le Président Sissi.

M. le Président Macron, vous êtes le bienvenu de nouveau. Et en réalité, la France toujours pour nous en tant que peuple égyptien, nous la regardons en tant qu'oasis de la démocratie et de la liberté.

Et nous admirons l'élection de M. le Président Macron et par cet amour et amitié du peuple égyptien, nous avons passé en revue les masses médias des événements des Gilets jaunes en France et nous avons souffert vraiment lorsque nous avons vu quelques-uns qui avaient accès au sabotage à Paris ou à d'autres villes françaises. Mais aussi, nous avons vu dans les rues comment on a traité avec les manifestants et l'arrestation de centaines de personnes et on a parlé d'une personne qui est tombée morte.

Comment, M. le Président Macron, on va traiter avec les personnes qui ont été arrêtées dans le cadre des droits de l'homme ? Merci. -E.

Macron : Alors. Sur le sujet... parce que je ne voudrais pas oublier votre question, j'ai donné une liste au président Sissi, et sur cette liste, il lui appartiendra désormais de regarder situation par situation.

Donc je n'attendais pas de réponse aujourd'hui. Sur le reste du sujet, je suis longuement revenu en répondant à la question précédente. Je vous remercie, monsieur, pour vos mots pour la France.

Néanmoins, vous aurez noté qu'en France, il est permis de s'exprimer librement. Parfois, les gens l'oublient et ne s'en réjouissent pas suffisamment. Mais en France, on peut dire tout.

Parfois, on dit beaucoup contre le pays lui-même. Je le regrette. Mais on dit librement contre le pays, le président, le gouvernement.

C'est la force d'une démocratie. Et donc, vous avez eu accès à des images, des contestations, et tout ça est bel et bon. Ensuite, il y a eu des manifestations avec l'expression d'une colère, de protestations, d'ailleurs de plusieurs colères, qui se sont manifestées.

Et il y a dans notre pays une liberté qui est constitutionnellement garantie qui est la liberté de manifester. Et nous entendons bien la protéger, parce que nous y tenons beaucoup. Lors de ces manifestations, dont vous avez constaté qu'elles n'ont jamais été interdites, des individus, des casseurs, des extrémistes se sont introduits.

Et ils ont en effet parfois commis le pire. Des exactions consistant à saccager des commerces, des bâtiments publics ou à mener des actes de violence à l'égard des forces de l'ordre ou d'autres personnes. Et donc, de manière légitime, ils ont été interpellés, pas interpellés parce qu'ils disaient quelque chose, pas interpellés parce qu'ils pensaient quelque chose, interpellés parce qu'ils cassaient, parce qu'ils détruisaient, parce qu'ils s'attaquaient à d'autres citoyens ou aux institutions.

Ils sont, conformément là aussi à notre droit, jugés, et donc les procédures sont en cours. Certains d'ailleurs ont été relâchés en attente de leur jugement. Ils seront jugés pour que le droit s'exprime.

C'est une bonne chose. Et donc, c'est comme ça que les choses se feront, mais je ne voudrais pas que soient confondus ici ou mélangés ces casseurs professionnels et ces groupes d'activistes extrêmes qui seront punis comme le prévoit la loi qui a été voulue par le législateur avec la protection des droits de la défense auxquels ils ont droit, que soient confondus ces derniers avec des concitoyens français qui manifestaient leur mécontentement, comme ils ont droit de le faire, parce que ça n'a rien à voir. Ensuite comme vous, je déplore que 11 de nos concitoyens français aient perdu la vie durant cette crise.

Je note qu'ils ont tous perdu la vie. Bien souvent, en raison de la bêtise humaine. Mais qu'aucun d'entre eux, aucun, n'a été la victime des forces de l'ordre.

Aucun. Je le dis bien parce que, compte tenu de la nature de cette crise, de ce que la France vit depuis plusieurs semaines, c'est inédit, et je veux ici rendre hommage au professionnalisme des forces de l'ordre dans ce contexte. Voilà.

Mais voyez, les sociétés contemporaines peuvent tout échanger et se parler librement. Mais ces échanges impliquent parfois de ne pas tout mélanger et de ne pas vouloir rapprocher peut-être trop rapidement une réalité et une autre. ... -Bonjour, MM. les Présidents.

Mathieu Coache, BFMTV. Une question pour M. Macron.

Avez-vous déterminé si des blindés ou d'autres armes vendues par la France à l'Egypte ont été utilisées dans des opérations de maintien de l'ordre contre le peuple égyptien, des opérations violentes ? Et malgré ces doutes récurrents sur les conditions d'utilisation de ces armes, est-ce que la France va continuer à en vendre à l'Egypte ? Et plus précisément, est-ce que des négociations ont avancé sur la vente de plus d'avions Rafale ou de drones Patroller.

Je vous remercie. -E. Macron : Sur votre 1er point, les ventes d'armes que vous évoquez sont essentiellement concentrées sur la période 2010-2014.

Elles sont toutes passées dans le cadre des procédures prévues par la France et la commission présidée par le Premier ministre à des finalités militaires. Sur 200 interventions, à une reprise, en 2013, l'utilisation d'un tel blindé a été identifiée. Elle a d'ailleurs donné lieu, sous le mandat précédent, à un échange et une clarification de la part des pouvoirs publics français.

Il est très clair que pour nous, l'utilisation de ces blindés est une utilisation qui doit être exclusivement militaire et c'est clair entre nous. Pour tous les autres sujets militaires qui sont à discussion, dont vous avez d'ailleurs rappelé pour quelques-uns la nature, il n'y a aucune ambiguïté possible. Ce sont des sujets pour défendre, protéger le territoire égyptien contre des ennemis venant de l'extérieur.

Et ils font partie de ce dialogue stratégique auquel nous tenons et sur lequel nous avançons. Il y a 24 Rafale qui ont été signés dans le cadre d'une commande. 23 ont d'ores et déjà été livrés et nous poursuivons le travail, et il se poursuivra dans les prochains mois.

Il n'y avait pas d'autres sujets discutés sur ces points aujourd'hui entre le président Sissi et moi-même si ce n'est l'exigence du partenariat en termes d'utilisation, mais aussi en termes de qualité du partenariat de rapprochement entre nos forces et de partenariats opérationnels. (Traduit de l'arabe) -A. al-Sissi : Permettez-moi de vous mettre l'accent sur le fait que la police ne traite pas avec les manifestants à travers les armes ou par force.

Vous devez savoir cela, parce que la manifestation ici, en Egypte, c'est un droit stipulé par la loi et la Constitution. Nous ne pouvons pas empêcher cela, mais nous demandons les gens si jamais il y a des manifestations que ça soit dans le cadre des règles à cet égard. Ca, c'est un point.

L'autre point, je vous mets l'accent sur le fait qu'on n'a pas utilisé des blindés pas seulement des blindés qui nous ont été fournis par la France pour la dissuasion des manifestants. Non, on n'a jamais fait cela. Nous parlons de la période de 2011 jusqu'à présent.

Il y a une période où l'anarchie régnait en Egypte en l'an 2011, 2012 et une partie de 2013. Et j'espère bien que nous nous rappelons de cela, mais il y avait un traitement avec les éléments intégristes ou terroristes. Ce n'était pas...

On peut utiliser les armes contre un citoyen sans arme que lorsque ce citoyen lève l'arme, et ce sont des règles internationales. Je vous parle pas de la diplomatie et une réponse politique, non, mais justement, nous utilisons l'arme contre les éléments terroristes, extrémistes et j'ai mentionné à monsieur le président un nombre, et je ne peux pas le citer maintenant pour respecter les familles des martyrs et des blessés en Egypte. Nous parlons de grands nombres qui sont tombés lors de la confrontation.

Plus de 100 personnes, hommes ou femmes ou même enfants, au cours de 3 frappes dans les églises. 324 personnes qui ont été abattues en 10mn dans une mosquée. Mettez ceci à côté de cela.

Nous parlons d'une situation qui n'est présente que dans nos pays. Et malgré cela, je vous dis une autre fois : on ne peut pas utiliser les blindés contre les manifestants. Impossible.

Et j'espère bien que nous réviserons le passé. Je ne défends pas, mais je parle de principe. Le droit de manifestation est un droit stipulé par la loi.

La liberté d'expression, le droit de manifestation est stipulé par la loi et la Constitution. Je voudrais mettre l'accent sur cela. N'importe quel équipement que nous prenons de la France avant que nous tenons à cet égard l'Etat français lui-même tient à ce que ces équipements soient utilisés dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la protection de l'Etat et je voudrais vous rappeler que nous avons des frontières de 1 200km avec la Lybie.

Comment on les sécurise ? Comment on sécurise ces frontières contre...

Vraiment, on rassemble les terroristes de partout dans le monde pour qu'ils soient là-bas pour ne pas porter atteinte à nous et les pays du voisinage. Ca peut porter atteinte aussi à la France et en Europe Nous devons être sûrs que les équipements ne peuvent pas être exploités contre les citoyens. Merci à vous et nous souhaitons la bienvenue à monsieur le président. (Applaudissements) (...)