Sébastien Chenu : "Nous revenons avec plus de mairies que ce que nous avions en partant au combat"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:15ComplaisanteRéponse directe
Vous êtes député du Nord, porte-parole du RN.
- 0:23OuverteRéponse partielle
Vous allez vous mettre à l'écologie vous aussi ?
- 1:47OuverteRéponse directe
Vous êtes content des résultats du Rassemblement national ?
- 1:59FerméeRéponse directe
Combien de mairies ? Vous en aviez 14, c'est ça, il y a 6 ans ?
- 2:36RelanceRéponse partielle
Mais c'était une première pour la République en marche, pas pour votre parti.
- 3:20RelanceRéponse partielle
Le Front Républicain a sauté à Perpignan, mais il faut dire que Louis Alliot a fait campagne sans étiquette.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiqueFait
« On ne vote pas, les Français n'ont pas voté, en tous les cas dans les grandes métropoles écologistes, tout simplement par hasard. »
- 0:42Invité politiqueFait
« Sécurité physique, plus de protection concernant leur identité, mais également plus de protection concernant leur vie courante, qu'ils estiment bien souvent être en danger, ils ont raison. »
- 2:02Invité politiqueChiffre
« Je pense qu'on en avait 12 il y a 6 ans, on doit en avoir 14 aujourd'hui. »
- 2:25Invité politiqueChiffre
« Zéro ville ont été conquise par la République en marche. »
- 3:08Invité politiqueFait
« Louis Alliot, en étant élu à Perpignan, a démontré que ce Front Républicain de Pacotille n'était plus qu'un argument qui ressemblait désormais à une magouille politique. »
- 4:27Invité politiqueFait
« Louis Alliot, il a rassemblé sur son nom des gens qui viennent de gauche, il suffit de regarder les quartiers dans lesquels il a fait des scores, et puis des gens qui viennent de droite. »
- 5:49PrésentateurChiffre
« Votre parti devrait avoir deux fois moins de conseillers municipaux qu'il y a six ans. »
- 5:54Invité politiqueFait
« Et parce que nous avions présenté moins de listes que la dernière fois. »
Temps de parole
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- Présentateur22 %
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France Inter donne la parole aux principaux partis politiques ce matin pour réagir et analyser les résultats des municipales. Premier invité représentant le Rassemblement National. Bonjour Sébastien Chenu.
Bonjour.
Vous êtes député du Nord, porte-parole du RN. Le fait marquant, l'un des faits marquants de ce scrutin, c'est la vague écologiste, grand gagnant du scrutin d'hier. Vous allez vous mettre à l'écologie vous aussi ?
Mais ces résultats disent quelque chose, justement. On ne vote pas, les Français n'ont pas voté, en tous les cas dans les grandes métropoles écologistes, tout simplement par hasard. Ils ont voté en réalité parce qu'ils demandent plus de sécurité, j'allais dire au pluriel. Sécurité physique, plus de protection concernant leur identité, mais également plus de protection concernant leur vie courante, qu'ils estiment bien souvent être en danger, ils ont raison. Alors lorsque cette demande de sécurité s'exprime dans une ville dans laquelle il y a beaucoup de difficultés sociales, beaucoup de difficultés dans les quartiers, et puis ils ont voté pour le RN comme à Perpignan.
Et puis lorsque cette demande s'exprime dans des grandes villes comme à Paris ou comme à Bordeaux, ils ont voté pour les listes écologiques. C'est-à-dire que ces demandes, elles ne sont pas satisfaites par les politiques gouvernementales qui ont été menées. Vous savez, nous on a un discours sur le localisme. Nous n'avons pas un discours d'écologie punitive, mais nous avons un discours sur le localisme.
Et finalement, les seuls partis politiques qui auront réussi hier à marquer des points, ce sont ceux qui ont un discours qui est différent de celui de la politique gouvernementale qui est menée, c'est-à-dire les écologistes dans les grandes villes, et puis le Rassemblement national à Perpignan et dans un certain nombre de villes secondaires. Je pense qu'en fait, Macron avait déjà perdu la confiance des campagnes de la France périphérique. Hier, il a désormais eu l'opposition des grandes villes qui s'est manifestée.
Donc, cela à vous entendre, vous êtes content des résultats du Rassemblement national, de votre parti ?
Oui, nous sommes contents puisque d'abord, nous revenons avec plus de mairies que nous n'étions partis, donc nous revenons avec plus d'élus.
Combien de mairies ? Vous en aviez 14, c'est ça, il y a 6 ans ?
C'est ça, c'est ça. Je pense qu'on en avait 12 il y a 6 ans, on doit en avoir 14 aujourd'hui. Je n'ai pas fait le total exact.
Pas non plus exceptionnel, deux de plus.
Non, mais certains seraient, je pense, ravis à notre place, puisque nous avons conquis pour la première fois une ville de plus de 120 000 habitants, Perpignan, et il faut dire que, par exemple, la République en marche, conquis zéro ville. Zéro ville ont été conquise par la République en marche. Il y a bien Édouard Philippe au Havre qui est reconduit, et qui souligne d'ailleurs toujours qu'il n'est pas des rangs de la République en marche, mais effectivement, la majorité n'a quitté aucune ville en France.
Mais c'était une première pour la République en marche, pas pour votre parti.
Oui, bien sûr, on peut toujours relativiser, mais ils nous ont quand même bassinés avec leur rassemblement divers et varié. Ils avaient quand même beaucoup d'élus qui les avaient rejoints. Je pense au maire, par exemple, de Quimper, qui vient des Républicains, qui a été battu. Ils avaient quand même beaucoup de gens du système qui avaient rejoint leur parti politique depuis très longtemps. Ils avaient donc, par conséquent, un réseau beaucoup plus important que le nôtre. Et nous, si vous voulez, on a fait sauter aussi la dernière digue, qui est celle du pseudo Front Républicain.
Louis Alliot, en étant élu à Perpignan, a démontré que ce Front Républicain de Pacotille n'était plus qu'un argument qui ressemblait désormais à une magouille politique, plutôt qu'à un argument réel et qui a vécu, il faut bien le dire.
Alors c'est vrai, le Front Républicain a sauté à Perpignan, mais il faut dire que Louis Alliot a fait campagne sans étiquette, sans référence au RN ou à Marine Le Pen sur ses affiches. Pour gagner, quand on est au Rassemblement National, il faut se déleupéniser, il ne faut pas l'afficher ?
Vous savez, on aura beaucoup de mal à faire croire que Louis Alliot n'est pas au Rassemblement National.
Alors pourquoi il ne l'a pas dit ? Pourquoi il ne le mettait pas sur ses affiches ?
Je vais vous répondre. D'ailleurs, beaucoup d'observateurs ne se sont plus à le rappeler tout au long de sa campagne. Aujourd'hui, ils font semblant de l'ignorer. Simplement, lorsqu'on est en campagne et lorsqu'on est un homme politique, et d'ailleurs vous ne trouverez pas chez Anne Hidalgo un quelconque signe non plus du Parti Socialiste à Paris, on cherche à dépasser son électorat. On cherche à rassembler les siens, puis à dépasser son propre électorat.
Donc ce qui est valable pour Louis Alliot est valable pour Anne Hidalgo exactement de la même façon, parce que de toute façon, tous les hommes et toutes les femmes politiques qui sont en campagne municipale cherchent à dépasser leur électorat, à aller beaucoup plus loin. Et c'est vrai que Louis Alliot, il a rassemblé sur son nom des gens qui viennent de gauche, il suffit de regarder les quartiers dans lesquels il a fait des scores, et puis des gens qui viennent de droite, c'est-à-dire qu'il a dépassé le score du Rassemblement National Classique.
Sébastien Chenu, vous voulez voir le verre à moitié plein, et c'est bien normal, on vous comprend. Il faut quand même qu'on parle des défaites du RN. Mente-la-Ville, votre seule ville d'Île-de-France, vous la perdez ? Pourquoi ?
Oui, nous l'avions conquise dans des circonstances très particulières, en quadrangulaire la dernière fois. Donc c'était effectivement une ville qui, quelque part, ne nous amenait que rarement de très très gros scores aux élections. Donc ça avait été un peu le fait du hasard d'avoir conquis cette ville d'Île-de-France. C'est probablement compensé par la conquête de Moissac, première ville de Midi-Pyrénées. Vous voyez, lorsque nous perdons une ville en Île-de-France, nous réussissons à conquérir une autre en Midi-Pyrénées de même taille et d'ailleurs. Donc effectivement, nous avons eu cette défaite.
Et Stéphane Ravie aussi, qui perd sa mairie d'arrondissement à Marseille, ça c'est grosse déception.
C'est une mairie d'arrondissement, donc on n'est pas jugé sur un bilan. Oui, mais il y a de nombreux habitants. Donc on peut s'attarder sur les deux pertes des îles, mais je pense que nous revenons avec plus de mairies que nous n'étions partis au combat. Et donc, par conséquent, on peut considérer que nous avons réussi notre mission. C'est en tous les cas notre implantation qui continue et qui nous permet de dire que nous faisons sauter tous les verrous un à un, puisque désormais, nous serons à la tête d'une ville de plus de 120 000 habitants, ce qui est une première.
Vous dites que votre implantation continue et en même temps, d'après les projections, dites-moi si vous avez les mêmes que moi, votre parti devrait avoir deux fois moins de conseillers municipaux qu'il y a six ans.
Et parce que nous avions présenté moins de listes que la dernière fois, nous avons cherché, moi je le vois dans le Nord, où j'ai exactement le même nombre dans le Nord d'élus municipaux aujourd'hui en 2020 qu'il y en avait en 2014. Mais nous ne les avons pas dans les mêmes villes. Nous avons cherché à nous implanter différemment, à tisser notre toile. Et c'est vrai que la dernière fois, nous avions des élus dans des villes qui ne nous amènent pas d'énormes scores et que nous avons renoncé à présenter des candidats dans ces villes-là, préférant nous concentrer dans des villes qui nous amènent de meilleurs scores.
Et surtout, nos candidats seront retrouvés, vous les retrouverez au départemental, au régional, aux législatives. C'est-à-dire que nous avons aujourd'hui des gens qui vont incarner ces idées dans les territoires. C'est ce qu'il manque bien souvent à des partis comme la France Insoumise ou la République En Marche, qui n'ont pas ces incarnations territoriales. Aujourd'hui, elles sont en route avec nous.
Merci beaucoup Sébastien Chenu, député du Nord, porte-parole du Rassemblement National. Vous étiez le premier invité de cette matinale spéciale municipale. Le prochain, c'est à 6h40. Damien Abad pour Les Républicains.
Sébastien Chenu