Primaire du PS, présidentielle 2027, canicule... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Olivier Faure. Bonjour à vous. Les adhérents du PS étaient appelés à voter hier soir pour choisir la méthode qui doit permettre de désigner la future tête d'affiche du parti pour la présidentielle. Et ils ont voté en majorité pour une primaire réservée aux adhérents. Ce n'était pas l'option que vous défendiez, c'était celle de vos opposants on va dire. Vous vous défendiez une primaire ouverte à tous les sympathisants socialistes. Vous êtes une nouvelle fois mis en minorité dans votre parti. Est-ce que vous allez finir par démissionner ?
J'aime bien la façon dont vous présentez les choses qui est toujours délicate. Mais la question n'était pas hier de savoir si je démissionne ou si je ne démissionne pas. La question était de savoir après le 25 juin où nous avons voté un projet, où j'ai fait voter un projet qui a été voté unanimement. Eh bien j'avais demandé à ce qu'on puisse trancher entre deux options. L'option que je défendais qui était une option effectivement d'une primaire ouverte où tous les français pouvaient venir participer au choix du candidat de la gauche socialiste.
Et il y avait une deuxième option qui était présentée par mes opposants internes qui était effectivement de dire on réservera ce choix aux seuls militants. Les militants ont tranché. Ils ont préféré la seconde option. C'est la seconde option qui s'applique puisque désormais, eh bien, il y a eu un vote. Et évidemment, mon devoir de premier secrétaire, après avoir appelé à ce vote, eh bien c'est de le respecter.
Mais donc une nouvelle fois, vous n'êtes pas suivi au sein même de votre parti, votre courant est minoritaire.
Pourquoi une nouvelle fois ?
Parce que cette semaine encore, vous avez choisi de ne pas voter comme l'ensemble des autres députés.
Votre courant est minoritaire, est-ce que ça vous pousse à réfléchir à votre avenir au sein du parti ? Mais je réfléchis surtout à l'avenir de la France. On va y revenir, j'espère, sur la question de la canicule. La question n'est pas illégitime, en tout cas vous le reconnaissez. Mais toutes vos questions sont forcément légitimes.
Olivier Faure, ce matin, est-ce que vous sentez une pression particulière ? Il y a évidemment ces questions qu'on vous pose, mais elles ne viennent pas nulle part. Est-ce que vous sentez une pression particulière suite à ce vote où vous avez été mis en minorité ?
Non, je ne sens pas de pression particulière. Il y a un parti qui est un parti démocratique dans lequel, en fait, on soumet des options à des militants, qui les tranche. Et ensuite, le devoir d'un premier secrétaire, c'est évidemment de faire appliquer les décisions qui sont prises. Voilà, point. Maintenant, il y a forcément des regrets, de ma part. C'est-à-dire ? Parce que, tout simplement, moi, ce que je souhaite, c'est qu'on n'ait pas une toute, toute petite primaire. Je souhaitais qu'on ait, au contraire, en fait, une primaire large qui permette d'engager une partie du peuple français, créer une dynamique, créer une forme de soulèvement, comme en 2012.
Faire en sorte qu'il y ait une forme de game changer. Une possibilité de dire que, dans cette élection présidentielle, il y a l'irruption d'une force pour venir bousculer le jeu. Ce n'est pas le choix qui a été pris, j'en conviens. Mais enfin, ça ne m'empêchera pas de continuer à me battre sur mes options, sur ce que je crois, et sur la nécessité, y compris, de rassembler toute la gauche démocratique et écologique. Parce que, si ça n'est pas le cas, il y aura un problème.
On va continuer, on va continuer à en parler.
Et nous avons, face à nous, Marine Le Pen, qui est désormais candidate, c'est une option, malheureusement, qui est une option que l'on croit possiblement victorieuse. Et donc, nous devons nous battre jusqu'à la fin pour éviter le pire.
Olivier Faure, on va continuer à en parler. Vous évoquez donc des regrets, ce matin, par rapport à ce vote. Est-ce que, déjà, vous pouvez nous donner le vote précis ? Quel est le rapport de force au sein du Parti Socialiste ? Quelle est la part des militants qui ont souhaité, donc, majoritairement, que ce soit une primaire fermée, comme on dit, réservée aux adhérents ?
C'est 55-45. Donc, ce sont à peu près les équilibres du Congrès depuis que Boris Vallaud a rejoint les amis d'Anne Hidalgo et de François Hollande. Et donc, on avait fait 42 au Congrès, on a fait 45 cette fois-ci. « Écoutez, c'est la vie, mais je ne me satisfais, évidemment, pas de ce résultat. Pour autant, je le respecte parce que c'est le choix des militants et que j'ai toujours respecté ce choix. »
Vous aviez dit qu'une primaire fermée, ce serait un huis clos entre militants. Ça pose la question de son utilité. Est-ce que cette primaire fermée a un sens dans cette campagne présidentielle ?
Oui, oui, malgré tout, en fait, l'acquis de la soirée d'hier, c'est qu'il y a désormais, malgré tout, un processus de primaire qui avait été jusqu'ici plutôt refusé par les uns et par les autres. Moi, j'ai toujours défendu le fait qu'il fallait un choix démocratique qui conduise à un moment à donner une légitimité la plus forte possible au candidat ou à la candidate. Et donc, je me félicite au moins d'une chose, c'est qu'il y aura une primaire, donc un débat qui aura lieu pendant tout le mois de septembre. Nous voterons en octobre.
Et donc, il y aura la possibilité d'un échange et d'affirmer des lignes, de faire en sorte qu'il y ait quelque chose qui se passe et que ce ne soit pas simplement à chaque fois sur la base des seuls sondages ou la base de rapports de force interne que les choses se passent. Il faut qu'il y ait un débat. Il faut qu'on sache que les Français comprennent ce que nous allons porter dans l'élection présidentielle et quelle est la place que nous entendons y occuper. Mais est-ce que vous avez un peu l'impression de vous tirer une balle dans le pied en fermant cette primaire, justement ? Ne me demandez pas de trouver que c'est mieux de fermer que d'ouvrir.
J'étais pour une primaire totalement ouverte. Il y a une déception, bien sûr, parce que moi, je souhaite au contraire que toutes celles et ceux qui ont envie d'un candidat ou d'une candidate socialiste ou apparentée qui se disent « j'aimerais participer à ce choix », ont le sentiment qu'au fond, on est en train de privatiser ce choix et de l'enfermer. Donc, je regrette que ce soit ce choix-là qui a été opéré. Pour autant, c'est le choix des militants et donc il est respectable.
Vous regrettez, mais il y aura quand même une primaire. Il y aura donc des candidats. Est-ce que vous serez candidat à cette primaire ?
Le moment venu, vous le saurez. Ce sera quand ? Je ne sais pas.
Vous ne serez qu'un livre en mois de septembre. En général, c'est quand on est candidat qu'on sort des livres.
Non, j'ai déjà sorti plusieurs livres et je n'étais candidat à rien. Mais là, il y a une échéance qui arrive quand même. Il y a une échéance qui arrive. Je dirais ce que je crois nécessaire pour le pays parce que nous sommes à la veille d'une échéance cruciale. Et encore une fois, nous ne sommes pas dans les années 30, mais enfin, on voit quand même progressivement les choses se dessiner avec une droite qui se confond de plus en plus avec l'extrême droite et une menace réelle de voir l'extrême droite l'emporter.
Donc ça, c'est le discours de quelqu'un qui va se présenter ?
Écoutez, ne cherchez pas à chaque fois à me faire dire ce que je ne dirais pas.
Non, mais vous dites qu'il y a quelque chose, il y a une menace, donc ça veut dire que vous réfléchissez et que vous laissez le temps dans la réflexion.
Je dis simplement que je crois que dans un moment comme celui-là, il faut sonner le toxin. C'est vrai sur la question de l'extrême droite, comme je viens de le dire. C'est vrai sur le climat et c'est la raison pour laquelle j'ai voté à la censure lundi. C'est vrai aussi sur la question démocratique. C'est vrai, et vous en savez quelque chose, y compris sur la pression mise aujourd'hui sur le service public d'audiovisuel. C'est vrai aussi de la question sociale avec des Français qui ont un pouvoir d'achat qui est malheureusement en berne.
Toutes ces questions-là, oui, effectivement, il faut se battre et ne pas donner le sentiment qu'on serait dans une forme de repli sur soi-même et dans l'entre-soi, à un moment où, au contraire, il faut ouvrir les portes et les fenêtres pour pouvoir convaincre et faire en sorte que l'inéluctable ne le soit pas.
Vous vous laissez jusqu'à quand, pour le dire ? Jusqu'au mois de septembre. Quand vous êtes candidat ou pas ? En septembre, c'est le rendez-vous ? Ce sera ce moment-là ?
Je ne donnerai pas de date parce que je n'en ai pas. Mais enfin, je pense qu'à un moment, il faudra bien que chacun se termine et puisque la primaire aura lieu début octobre, il faut que les candidats se déclarent à un moment et disent s'ils y participent ou pas.
Vous nous expliquez à quel point l'enjeu de cette campagne présidentielle va être particulièrement important avec un rassemblement national donné au-delà de 35% dans les intentions de vote. Est-ce que vous n'avez pas déjà perdu trop de temps ?
Non, je ne pense pas que nous ayons perdu trop de temps mais il ne faut pas en perdre beaucoup plus. La réalité, c'est que les primaires que nous avons organisées les fois précédentes ont eu lieu entre octobre et janvier. C'est dire qu'on n'est pas... Voilà. Et que les champions qui sont les champions de l'été qui précèdent...
Mais le parti n'était pas si divisé et si replié sur lui-même qu'il l'est aujourd'hui.
La question n'est pas la question du parti, c'est la question à un moment d'une candidature, de son lien à l'opinion publique et méfiez-vous des sondages. Je sais bien que politiques comme médias commettent la même erreur à chaque élection présidentielle. C'est de vouloir désigner un an à l'avance celui qui va y gagner. La réalité, c'est que ça n'a jamais été le cas à une exception près de 1974. Donc, évidemment, il y a les champions de l'été et puis vous aurez le réceau de l'automne et puis vous aurez à la fin, en réalité, quelqu'un qui finira par l'emporter.
Mais est-ce que vous ne donnez pas raison à Jean-Luc Mélenchon qui dit « nous, c'est carré » et qui, d'ailleurs, avec son meeting de lancement de campagne à Saint-Denis qui a été plutôt réussi, a peut-être commencé déjà à incarner le vote utile à gauche, c'est lui ?
Bien sûr qu'il a réussi son entrée en campagne. Il faudrait manquer de lucidité pour ne pas le reconnaître. Donc, bien sûr qu'il a réussi d'entrer en campagne en fanfare et qu'il a, évidemment, acquis quelque chose dans le moment. Maintenant, ce que je vous dis, c'est que ce n'est pas parce qu'on est le champion de l'été qu'on est celui de l'automne ou celui de l'hiver et que le débat va être long.
Mais vous êtes mal parti pour être les champions de l'hiver et les champions du printemps prochain, tout de même.
C'est vrai que, si nous continuons sans la même lancée, le risque, c'est d'être, effectivement, battus largement. Et donc, c'est la raison pour laquelle, moi, je vais me battre pour, au contraire, faire en sorte que les choses se passent différemment. Je vous l'ai dit, on a commencé par adopter le projet. Il fallait adopter une méthode. Nous aurons, en octobre, et j'espère début octobre, une incarnation. Et à partir de là, nous entrerons pleinement en campagne et ferons valoir ce que nous avons à faire valoir.
Mais Olivier Faure, si vous réfléchissez à vous présenter, c'est que vous estimez qu'aujourd'hui, les Raphaël Glucksmann, Philippe Brun et tous les autres candidats à gauche ne peuvent pas porter la gauche, ne peuvent pas porter vos combats ?
Mais je défends une ligne. La ligne que je défends depuis huit ans, c'est une ligne de rassemblement et d'unité de la gauche démocratique et écologique. Faire en sorte que nous puissions nous retrouver, trouver là la force nécessaire pour atteindre le second tour et ensuite arriver à rassembler plus largement encore pour gagner. Et donc, voilà, c'est ce que je défends. Je défends des convictions.
Vous le défendez, mais pas pour la présidentielle. Vous n'avez pas Jean-Luc Mélenchon comme candidat.
Vous me dites, vous êtes minoritaire, vous êtes ceci, vous êtes cela. Moi, ce que je dis, c'est que... C'est un fait, ce matin, dans votre parti. Mais je ne nie rien de tout cela. Je dis simplement que moi, je défends des convictions et que je n'en change pas. Je ne suis pas de ceux qui bougent à chaque étape en se demandant si ça leur permet d'être majoritaire, minoritaire, etc. Là, j'ai une ligne politique. Je viens de vous la définir en termes d'unité. Sur le fond, j'y reviendrai. Et vous l'avez dit, j'écris... Enfin, un livre sera publié au mois de septembre qui définira davantage encore ce que je suis, ce que je crois, ce que je veux pour mon pays. C'est un programme, en soi.
Ce que je veux pour mon pays. Et peut-être que c'est moi qui le défendrai. Peut-être que ce sera un autre. Ce n'est pas la question. La question, c'est qu'à un moment, il faut aussi parler avec son cœur, parler avec ses tripes, parler aussi avec sa tête et essayer de dire ce qui, dans le moment que nous vivons, doit être défendu parce que nous vivons un moment qui est un moment très compliqué. On parle de l'échelon national, mais il faudrait parler de l'échelon européen, de l'échelon mondial.
Et aujourd'hui, de cette mutation du capitalisme qui, aujourd'hui, est outrancièrement autoritaire, cherchant à renouer avec les empires, avec des géants de la tech qui n'ont jamais concentré autant de richesse entre leurs mains, concentré autant de pouvoir entre leurs mains. Et donc, oui, il y a des combats à mener et j'entends bien les mener.
Olivier Faure, en deux mots, pour mener ces combats, il y a aussi un candidat qui est très bien placé dans la gauche hors France Insoumise, c'est Raphaël Glucksmann. Est-ce que vous pensez qu'avec ce mode de désignation d'un candidat, d'une primaire plus fermée, c'est des conditions auxquelles Raphaël Glucksmann pourrait souscrire ? Est-ce qu'il va finir par accepter le vote des militants socialistes ? Est-ce qu'il a d'ailleurs le choix de s'en passer,
selon vous ? Je crois qu'il n'a pas le choix de s'en passer. Et que quand on veut le soutien des socialistes, le moins que l'on puisse faire, c'est de se plier à la règle du départage démocratique. Donc ce matin, vous l'invitez à participer à cette future primaire ? Oui, mais de toute façon, moi je crois qu'on ne gagne pas une présidentielle en se cachant. Et que donc, on doit forcément, à un moment, entrer dans l'arène, accepter la confrontation, parce que ça n'est pas une nomination, l'Elysée. C'est une élection, et donc ça suppose, à un moment, d'accepter la confrontation.
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste et député de Seine-et-Marne, invité ce matin du 8.30 de France Info. L'actualité ce matin, c'est ce plan inédit, hors sec, chaleur extrême, qui a été déclenché. On écoute tout de suite Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement.
Nous déclencherons le plan hors sec, chaleur extrême, qui est un dispositif nouveau. Il sera mis en place à compter d'aujourd'hui sur tous les départements en vigilance rouge. Et donc, on va ouvrir des centres dédiés, des centres de protection, des centres de rafraîchissement, dans lesquels on va pouvoir les mettre à l'abri.
Voilà, des centres pour les personnes particulièrement vulnérables, pour les mettre à l'abri de cette troisième vague de chaleur. Votre réaction ce matin, Olivier Faure, face à ce plan inédit ?
Plan inédit, oui. Enfin, plan improvisé. Et malheureusement, c'est tout ce que vient de dire le Haut Conseil sur le climat. C'est que ce gouvernement, ces gouvernements qui l'ont précédé, n'ont absolument pas anticipé ce qui se passerait, alors que nous savons très bien qu'il y a une accélération du réchauffement climatique, que cette accélération est beaucoup plus forte en Europe et singulièrement en France, où nous avons déjà dépassé ce qui aurait dû être l'objectif, en tout cas la perspective pour la fin du siècle.
Et donc nous sommes dans une situation où nous avons un gouvernement qui cherche malgré tout à communiquer sur ce qu'il ferait et qui renvoie aux collectivités locales le soin d'aller chercher les personnes vulnérables, ce qui est le moins que l'on puisse faire. Et je ne le rejette pas, évidemment. Il vaut mieux faire ça que rien. Mais admettez aussi qu'on est très très loin de ce qu'il aurait fallu faire depuis des années pour permettre d'arriver à une forme, pour prendre le mot à la mode, de résilience climatique. On en est très très loin. Et même si aujourd'hui, il y a une... On continue à produire des efforts, ces efforts se ralentissent en réalité.
Et vous l'avez vu dans la période récente, en fait, le gouvernement a gelé le fonds vert qui a diminué par trois depuis qu'il a été créé.
Mais qui avait été créé sous Elisabeth Borne, qui avait été créé en 2023 par la majorité au pouvoir.
Mais comment voulez-vous que les gens comprennent qu'on se prépare à ce réchauffement climatique si le fonds qui est destiné notamment à aider les collectivités locales à rénover nos écoles, à faire en sorte que nos EHPAD soient effectivement ou climatisés ou rafraîchis, etc. Comment voulez-vous que les gens comprennent que le gouvernement a compris ce qui se passait alors même qu'il divise par trois les crédits qui y sont réservés ? Ma prime rénov' elle a changé à 16 reprises de critères. Comment voulez-vous que les gens aient encore envie de rénover quoi que ce soit ?
Mais là, dans l'urgence, qu'est-ce qu'il peut faire de plus ce gouvernement qu'on accuse de ne pas s'être suffisamment préparé ? Ce que je vous dis, c'est justement qu'on ne devrait pas se poser la question dans l'urgence. Mais là, il y a l'urgence à gérer quand même, Olivier Faure. Oui, il y a des urgences à gérer, bien sûr.
Il y a eu plus de 2000 morts sur la précédente vague de canicule.
Effectivement, ils vont mettre des plans hors sec, ils vont poser des rustines partout. Mais c'est déjà bien de faire ça ? C'est mieux que rien, évidemment. Mais regardez quand même ce qu'il se passe sur les feux de forêt où les canadaires ne sont pas là. Pourquoi ? Parce que c'est Gabriel Attal qui avait renoncé à l'achat de nouveaux canadaires. On est dans une situation où, évidemment, toutes les décisions qui ont été prises dans les années qui ont précédé ont des répercussions aujourd'hui et des conséquences parfois dramatiques.
Il y a le rapport annuel du Haut Conseil pour le Climat qui est donc sorti hier. La France est épinglée. Les politiques climatiques françaises restent insuffisantes. Mais les premiers rapports du GIEC, donc de ce groupe d'experts intergouvernemental qui fait des rapports régulièrement pour dire notre nécessité à nous adapter, à évoluer par rapport au réchauffement climatique, ils datent de 1991. C'était un gouvernement socialiste à l'époque. Est-ce que vous vous sentez vous aussi responsable de l'état d'impréparation du pays ?
Bien sûr que ça fait longtemps qu'on sait que le réchauffement est là. Mais notez que pendant que nous étions au pouvoir, il y a eu la COP 21 qui a permis justement de fixer des objectifs très ambitieux qui n'ont ensuite malheureusement pas été suivis par les gouvernements. Ce n'est pas de votre faute
que celle des autres gouvernements ?
Moi, ce que je dis, c'est que l'accélération, c'est maintenant et que c'est maintenant. Ça fait 10 ans qu'ils sont au pouvoir. Ne venez pas chercher la responsabilité antérieure. Bien sûr que personne n'a fait suffisamment. Mais évidemment, qu'il faut faire mieux. Et ce que dit aussi le Conseil pour le climat et qui est très important, c'est que l'inaction climatique, elle coûte plus cher en réalité au pays que d'agir et d'investir pour le climat. Merci beaucoup, Olivier Faure, Premier secrétaire
du Parti Socialiste d'avoir été avec nous ce matin. Merci beaucoup, Camille. L'info continue sur France Info.
Olivier Faure