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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 19 juillet 2021 25 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprises

Roxana Maracineanu : "Ce qui a primé, c'est qu'on puisse montrer au monde qu'on peut vivre avec ce virus"

Au micro : Karine BécartSource d'origine 4 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 10 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:49OuverteRéponse directe

    Quelle est l'atmosphère sur place à Tokyo ? Les Japonais ne veulent pas de ces Jeux.

  • 3:11OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça va être difficile pour les journalistes de couvrir cet événement ?

  • 4:06OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il a été envisagé d'annuler ces Jeux Olympiques au Japon ?

  • 5:09RelanceRéponse directe

    Vu l'ambiance et le contexte, est-ce qu'il n'aurait pas été raisonnable d'annuler ces Jeux ?

  • 6:46OuverteRéponse directe

    Les enjeux financiers sont importants, est-ce que ça a joué dans le maintien de ces Jeux ?

  • 8:13OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous ressentez en entendant ce qui se passe sur place ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:32Invité politiqueFait
    « Le problème, c'est que ces Jeux ont été décidés dans une période qui ne s'y prête pas selon la majorité de la population. »
  • 2:51Invité politiqueFait
    « Les Japonais ont fait énormément de sacrifices, et puis d'un seul coup, on leur dit, on fait les Jeux, et les Jeux, il n'y aura pas de problème. »
  • 4:12Invité politiqueFait
    « Officiellement non, il y a eu d'énormes appels de la part de l'opposition, mais entre le gouvernement, le comité d'organisation, la ville de Tokyo et le comité international olympique, le mot annulation n'a, nous le dit-on, jamais été prononcé. »
  • 4:46Invité politiqueFait
    « Et les Japonais se sentent un petit peu habitants d'un pays colonisé par le comité international olympique. »
  • 6:51InvitéFait
    « Ce qui a primé vraiment, c'est que les athlètes puissent reprendre, parce que c'est aussi montrer au monde qu'on peut vivre avec ce virus. »
  • 10:01InvitéFait
    « C'est le message que j'ai porté moi-même à Thomas Barre. Il y a de cela quelques mois, je l'ai incité à se positionner, et que le CIO se positionne sur le soutien qu'il pouvait apporter aux sportifs. »
  • 10:30InvitéFait
    « Ils ont été un peu vaccinés, et commencé à se vacciner en avance de phase pour pouvoir être prêts. »
  • 11:21InvitéChiffre
    « Aujourd'hui, on a quasiment 90% des athlètes qui sont à Tokyo en ce moment, qui ont été vaccinés, les deux doses, ou une dose s'ils ont eu le Covid avant. »
  • 14:50Invité politiqueFait
    « Pourquoi pas obligatoire ? En fait, il y a une raison particulière. C'est que le Premier ministre japonais a répété pendant des mois qu'il ne faisait pas de la vaccination une condition préalable à la tenue de ces JO. »
  • 15:21Invité politiqueChiffre
    « Au Japon, actuellement, il y a 20% de la population qui est totalement vaccinée, pas davantage. »
  • 20:18InvitéFait
    « Tokyo a beaucoup souffert de l'annulation de l'année dernière. Déjà, ils ont perdu énormément d'argent. Je n'ai pas le chiffre exact en tête mais ça aurait été effectivement dramatique aussi pour eux d'annuler. »
  • 21:20Invité politiqueChiffre
    « Il y a des polémiques parce que le coût officiel est déjà de 13 milliards d'euros sans compter le surcoût occasionné par les mesures sanitaires par le report et par divers surcoûts qui vont arriver. »
  • 21:34Invité politiqueChiffre
    « Le manque à gagner de la billetterie qui rien que pour les spectateurs japonais est de l'ordre de 750 millions d'euros. »
  • 22:35InvitéFait
    « Notre objectif, c'est de grappiller deux places dans le classement des nations, passer de la 7ème nation à la 5ème nation pour Paris. »

Temps de parole

  • Invité41 %
  • Présentateur25 %
  • Invité politique19 %
  • Invité 213 %

2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

8h21 France Inter Karine Bécart Le 6-9 Dans le grand entretien ce matin, trois invités, trois femmes pour parler des Jeux Olympiques à quatre jours de la cérémonie d'ouverture dans la ville de Tokyo. Des Jeux évidemment particuliers cette année après 17 mois d'une épidémie de coronavirus qui est bien loin d'être finie. De très nombreuses épreuves vont devoir se dérouler à huis clos. C'est en tout cas ce qui a été décidé par les autorités sur place. De même qu'il n'y aura pas de spectateurs venus de l'étranger. Sans parler des mesures draconiennes qui ont été édictées pour les sportifs bien sûr mais également pour les journalistes.

Alors vos questions, vos réactions sont comme toujours, et vous le savez, les bienvenus sur France Inter au 01 45 24 7000. Roxana Maracineanu, bonjour. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes la ministre déléguée chargée des sports. Et vous êtes aussi, tout le monde le sait, une ancienne nageuse, championne du monde de natation sur 200 mètres d'eau et médaillée d'argent en 2000 au JO de Sydney. J'ai le plaisir d'accueillir également la judocate Sandrine Martinet. Bonjour. Soyez la bienvenue. Ce sera votre cinquième participation à des Jeux paralympiques en judo-handisport dans la catégorie des malvoyants B2.

On ne compte plus vos médailles, notamment deux en argent aux Jeux d'Athènes et de Pékin, une en or aux Jeux de Rio. Et vous aurez l'immense honneur d'être porte-drapeau de la France lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques. Enfin, nous attend au Japon. Vous connaissez sa voix. Elle est notre correspondante installée là-bas depuis 17 ans, la journaliste Karine Nishimura. Bonjour Karine. Bonjour Karine. Bonjour à tous. Bonjour Madame la Ministre. Et je vais commencer avec vous justement, Karine. Allons sur place à quelques jours du début de ces Jeux. J'ai envie de dire tout simplement, quelle est l'atmosphère ? Racontez-nous, les Japonais ne veulent pas de ces Jeux.

Il y a régulièrement des manifestations. Est-ce qu'on peut aller jusqu'à parler d'un climat de tension, par exemple ?

2:04
Invité politique

Oui, il y a une certaine tension, mais qui n'est pas forcément tangible. Les athlètes, quand ils arrivent, ne se rendent pas compte que le climat n'est pas très bon, que l'ambiance est mauvaise, parce que ce n'est pas quelque chose qu'on remarque en arrivant. On ne va pas être accueillis avec des tomates au Japon, ni avec des œufs cassés sur le visage. On va être accueillis avec des sourires, comme d'habitude. Les Japonais, d'habitude, adorent les Jeux olympiques, et ils ont une admiration pour les athlètes qui n'ont pas disparu. Ce n'est pas ça le problème. Le problème, c'est que ces Jeux ont été décidés dans une période qui ne s'y prête pas selon la majorité de la population.

Il y a une angoisse latente qui dure depuis des mois, qui s'est installée et qui s'est accumulée, qui s'accumule avec du ressentiment par rapport à la gestion de crise par le gouvernement. Les Japonais ont fait énormément de sacrifices, et puis d'un seul coup, on leur dit, on fait les Jeux, et les Jeux, il n'y aura pas de problème. Mais toute leur vie a été bousculée, et il n'y a que pour les Jeux qu'il n'y a pas de problème, et il n'y a pas eu de débat sur tout. Donc les Japonais ne comprennent pas que ces Jeux soient maintenus dans la période actuelle. Et c'est ça qui les tracasse, en fait.

3:11
Présentateur

Est-ce que ça va être difficile aussi pour les journalistes de couvrir cet événement, de relater ce qui est notre métier, ce qui est en train et ce qui va se passer sur place ?

3:21
Invité politique

Les journalistes qui arrivent au Japon vont se concentrer sur les épreuves sportives, ne vont rien voir du Japon, de la société japonaise, ne seront pas en contact avec les habitants du Japon, à moins de passer plus de 15 jours sur place, et puis de lever ces barrières qui sont valables pour les 15 premiers jours. Mais le Japon est un pays qui est compliqué, même quand on y réside depuis des années et des années, les réactions des Japonais ne sont pas faciles à comprendre. Et quelqu'un qui arrive et qui veut appréhender ce qui se passe ici aura beaucoup de mal.

Et s'y ajoutent effectivement des restrictions qui empêchent totalement d'aller raconter ce qui se passe au Japon si on n'est pas déjà sur place. Et c'est un vrai contrôle des médias par ailleurs, donc c'est assez problématique.

4:03
Présentateur

Un vrai contrôle des médias. Karine, encore une question, est-ce qu'il a été envisagé à un moment donné, vu le contexte, d'annuler ces Jeux Olympiques au Japon ?

4:12
Invité politique

Officiellement non, il y a eu d'énormes appels de la part de l'opposition, mais entre le gouvernement, le comité d'organisation, la ville de Tokyo et le comité international olympique, le mot annulation n'a, nous le dit-on, jamais été prononcé. Donc il n'y a pas eu de débat. Le gouvernement a acté officiellement la décision du CIO, du comité international olympique, de maintenir ces Jeux. Et donc du point de vue de la population japonaise, c'est le CIO qui décide. Et les Japonais se sentent un petit peu habitants d'un pays colonisé par le comité international olympique. C'est ainsi qu'ils le disent. C'est ainsi qu'ils le ressentent.

Et c'est ainsi que ça n'a pas été compris, notamment par le CIO qui s'est montré assez arrogant vis-à-vis de la population japonaise.

5:02
Présentateur

Donc on l'entend, une situation particulière tendue. Je me tourne vers vous, Roxana Maracineanu, et je vous pose la question à vous aussi. Vu l'ambiance, vu le contexte, vu la reprise épidémique avec le variant Delta, est-ce qu'il n'aurait pas été quand même un peu raisonnable de les annuler, ces Jeux olympiques ?

5:19
Invité

C'est sûr que tout le mouvement sportif, athlètes, entraîneurs, mais aussi fédérations internationales, vont se rendre au Japon dans cet esprit de reconnaissance, de reconnaissance d'avoir réussi à organiser ces Jeux, comme tous ces acteurs ont été reconnaissants à la France d'avoir organisé les TQO, les tournois de qualification olympique, pour que nos athlètes puissent faire leur métier. Je crois que c'est ça qu'il faut retenir, faire 8 ans sans Jeux olympiques, c'est inconcevable pour un sportif. C'est une compétition rare, c'est une compétition pour laquelle on se prépare pendant de nombreuses années.

Et pour nous, particulièrement Français, qui allons accueillir les Jeux olympiques et paralympiques à Paris en 2024, c'est essentiel que nos athlètes puissent y participer. Donc nous, on a tout fait pour respecter ce que nos hôtes japonais nous ont proposé, pour y aller, pour que ces Jeux se tiennent, et pour finalement reconnaître la crainte aujourd'hui des Japonais, l'inquiétude. C'est une population vieillissante, c'est une île, ils n'ont pas beaucoup d'infrastructures médicales pour accueillir les personnes en cas de difficulté.

Donc, rester dans la bulle sanitaire, respecter tout ce qui nous a été proposé en termes de passes sanitaires, de tests, ce n'est pas facile pour les athlètes, ce n'est pas facile pour les entraîneurs, mais maintenant on le sait, et je crois qu'il faut aller de l'avant, et c'est très bien que ces Jeux puissent démarrer dans quelques jours maintenant.

6:39
Présentateur

Alors, on entend les enjeux sportifs, et dans la bouche d'une ministre des Sports, rien ne nous surprend, malgré tout, j'ai envie de vous demander aussi, les enjeux financiers sont également très importants, et ça a joué dans le maintien de ces Jeux ?

6:51
Invité

Je ne pense pas que ce soit ce qui a primé, ce qui a primé vraiment, c'est que les athlètes puissent reprendre, parce que c'est aussi montrer au monde qu'on peut vivre avec ce virus.

Ces Jeux Olympiques, comme tous les grands événements sportifs qu'on vient de vivre, également en France, le Tour de France qui vient de se terminer, l'Euro de football, c'est aussi donner cet espoir, et ce sens pour l'avenir, pas seulement aux Françaises et aux Français, mais à toute la population mondiale, pour dire, on vient de vivre une période difficile, ce n'est pas terminé, mais il faut qu'on vive avec ce virus, et ces Jeux Olympiques, je pense qu'ils doivent être marqués de ce saut de la renaissance, et d'un nouveau départ aujourd'hui.

Évidemment, ça fait beaucoup de poids sur les épaules de nos athlètes, mais je crois que depuis 15 mois, ils ont vécu une vie qu'ils n'avaient jamais vécue avant, et une responsabilité aujourd'hui qu'ils assument en allant à Tokyo, qui est supplémentaire en plus de celle pour aller chercher des résultats, pour être compétitif. La chance pour nos Français, c'est que les cartes, elles ont été rebattues pour tout le monde, et donc, si on arrive à tirer son épingle du jeu, eh bien, on aura une chance aussi de figurer parmi les meilleures nations, et évidemment, on y va avec cette ambition et cette confiance.

8:05
Présentateur

On va en reparler de ça, évidemment. Il est grand temps de se tourner vers une athlète, justement, une judocate malvoyante, Sandrine Martinet. Quand vous entendez ce qui se passe sur place, quand vous entendez les propos de la ministre, qu'est-ce que vous ressentez, vous ? Qu'est-ce qui se passe dans la tête de l'athlète, en ce moment ?

8:23
Invité

Nous, clairement, l'important, c'est que les Jeux soient là, qu'on puisse les faire. Voilà, on s'est entraînés tous pour ça, et c'est ça sur lequel on doit rester focus, vraiment. Et les conditions sanitaires, on sait qu'elles vont être compliquées, mais comme on le fait depuis un an et demi, on va s'adapter, et on va vraiment rester focus, et ne pas se laisser happer par toutes ces choses un petit peu compliquées qui peuvent nous faire sortir de notre objectif. Voilà, rester concentrés. On sait que ça va être compliqué, qu'il va y avoir des tests, qu'on va être isolés. Mais ça fait partie des cartes, des données, et il faut faire avec.

Et vraiment, l'important, c'est de rester focus sur l'objectif sportif.

9:09
Présentateur

Et rien ne vous inquiète ?

9:11
Invité

Non, on va respecter à maxima les consignes. Tout est mis en œuvre pour que ça se passe bien. Donc, on va faire le job, tout simplement, et aller performer.

9:24
Présentateur

Est-ce que vous êtes vaccinée ? Oui. Depuis longtemps ? Vous avez les deux doses ? Vous êtes totalement vaccinée ou pas ?

9:31
Invité

Alors, moi, j'ai eu le Covid en mars, et j'ai eu une dose courant juin.

9:36
Présentateur

Alors, j'en profite pour aller au standard. Marc a une question pour la ministre, j'imagine pour la ministre des Sports, Oksana Maraciné à nous. Bonjour Marc, vous êtes le bienvenu.

9:44
Auditeur

Oui, bonjour. Bonjour France Inter, bonjour Madame la Ministre. Je trouve que les débats actuels surréalistes compte tenu de l'importance des enjeux. Pourquoi le CIO n'a pas imposé la vaccination aux athlètes pour lesquels cet événement est si important ?

9:58
Présentateur

La réponse de Oksana Maraciné à nous. Merci beaucoup Marc.

10:01
Invité

C'est le message que j'ai porté moi-même à Thomas Barre. Il y a de cela quelques mois, je l'ai incité à se positionner, et que le CIO se positionne sur le soutien qu'il pouvait apporter aux sportifs. Il y a cette notion d'ingérence, qu'ils ne veulent pas aujourd'hui assumer, le mouvement sportif international, mais je pense que pour, dans cette période exceptionnelle, le mouvement sportif peut et doit se positionner un peu plus pour son secteur d'activité.

10:27
Présentateur

Vous ne pouviez pas intervenir sur ce sujet-là ?

10:29
Invité

Nous, on intervient au niveau de chaque gouvernement, donc moi je me suis battue pour que les sportifs puissent être prioritaires, aussi bien pour l'utilisation des tests dès le départ, dès le mois d'avril dernier, enfin l'année dernière, et puis pour la vaccination dès que c'était possible qu'ils deviennent publics prioritaires, ce qu'ils ont été. Ils ont été un peu vaccinés, et commencé à se vacciner en avance de phase pour pouvoir être prêts. Stéphanie l'a dit tout à l'heure, il fallait anticiper pour avoir les deux doses avant de partir.

10:54
Présentateur

Mais les sportifs le souhaitaient, ou ils ont eu un petit peu tendance à rechigner, à ne pas avoir forcément envie d'y aller ?

10:59
Invité

Non, je pense qu'ils le souhaitaient, c'est vrai que ce qu'ils craignent, c'est parfois les effets indésirables, vous voyez le bras qui fait mal, un peu de fièvre un jour, deux jours, parce que pour nous, qu'ils ne faisaient plus d'entraînement de sport, c'est tout à fait gérable, mais pour eux, louper trois jours d'entraînement, ça peut être compliqué. Maintenant, s'ils l'ont fait suffisamment en amont, ça s'est très bien géré. Aujourd'hui, on a quasiment 90% des athlètes qui sont à Tokyo en ce moment, qui ont été vaccinés, les deux doses, ou une dose s'ils ont eu le Covid avant.

Voilà, on voit bien qu'ils étaient tous motivés à le faire, ça diminue d'autant plus les contraintes qui vont peser sur eux.

11:38
Présentateur

La question de Patrick, qui est au Standard de France Inter. Bonjour Patrick, on vous écoute. Oui, bonjour. J'avais une réflexion, pourquoi n'a-t-on pas décalé les Jeux Olympiques de Tokyo à 2024, donc ne pas les annuler, simplement les décaler, et de fait, bien sûr, Paris à 2028. Merci Patrick. On écoute Roxana Maracinanou, et il y a également notre athlète, Sandrine Martinet, la judo-cat, qui a envie de réagir également. On vous écoute toutes les deux.

12:05
Invité

D'abord, peut-être Sandrine, qu'est-ce que ça aurait fait ? Moi, je n'aurais pas pu faire ces derniers Jeux, je n'aurais pas pu être porte-drapeau, donc très, très personnellement, ça aurait été une catastrophe pour moi et pour beaucoup d'athlètes. Les décalés en 2024, ça aurait empêché un grand nombre d'athlètes de les faire.

et je pense que, justement, dans cette ambiance très compliquée, les Jeux, c'est aussi beaucoup d'espoir, beaucoup de choses positives, voilà, plein de valeurs, plein de symboles dont on a besoin en ce moment, et j'espère vraiment qu'avec le démarrage des Jeux Olympiques puis Paralympiques, on va avoir un peu des bonnes nouvelles et des belles choses et des belles émotions.

12:44
Présentateur

Mais c'est une question aussi un peu politique, là, Roxana Maracinanou, parce que, est-ce que la France, on a un peu cette impression-là, en vous entendant ce matin, a un peu poussé quand même aussi le Japon à aller jusqu'au bout, parce qu'on sent bien que le Japon était quand même très inquiet de plein de choses et de ne pas savoir gérer tout ça. On a l'impression que la France, qui va organiser les Jeux de 2024...

13:02
Invité

C'est notre rôle, c'est notre rôle d'être en soutien, effectivement, on a beaucoup d'échanges depuis maintenant. Je ne dis pas seulement soutien, je dis vraiment poussé. Moi, je suis allée déjà trois fois au Japon en trois ans pour pouvoir échanger avec eux, avoir cet échange d'expérience sur l'organisation des Jeux, donc on est en soutien du Japon, effectivement, pour qu'ils les organisent. On n'a évidemment pas poussé, puisqu'on respecte la décision de Tokyo et du Japon à les organiser ou pas. Pour nous, c'est important sportivement. Moi, je défends mon secteur pour qu'ils puissent... Et vous savez, une carrière de sportif, d'athlète, c'est éphémère.

La plupart des athlètes, ce n'est pas des athlètes professionnels sous contrat qui gagnent leur vie, toute leur vie grâce au sport. Donc, on a besoin de les maintenir aussi en activité, en action, en entraînement motivés pour pouvoir être encore là dans trois ans. et c'est pour ça aussi qu'on s'est battus pour organiser beaucoup de compétitions en France, parce que beaucoup de compétitions ont été annulées dans le monde. Et on a tout fait pour que ces compétitions puissent se tenir quand c'était à huis clos, à huis clos, quand c'était avec un peu de public, avec un peu de public. Mais l'essentiel, c'était que les athlètes puissent faire leur métier. Et moi, c'était ça mon combat.

14:06
Présentateur

Karine Nishimura, si vous êtes encore avec nous depuis le Japon, depuis Tokyo, qu'est-ce qu'on dit au Japon sur cette question-là ? Est-ce qu'on trouve que la France a un peu trop mis la pression ?

14:16
Invité politique

On ressent surtout une pression du comité international olympique au Japon. C'est plutôt celle-là qui est regardée et pas tellement celle des éventuels pays qui ont poussé ou qui ont accentué l'envie de maintenir ces JO cette année. Mais la France a une diplomatie du sport au Japon qui est assez visible. Donc effectivement, la France est perçue comme un des pays qui a favorisé le maintien de ces JO. Je voudrais revenir juste sur la question de la vaccination. Pourquoi pas obligatoire ? En fait, il y a une raison particulière. C'est que le Premier ministre japonais a répété pendant des mois qu'il ne faisait pas de la vaccination une condition préalable à la tenue de ces JO.

C'était un argument politique. La raison étant que le Japon n'était pas prêt pour faire ça et qu'en plus, au Japon, aucun vaccin n'est obligatoire pour personne. Donc, il était difficile d'imposer une vaccination obligatoire pour les gens venant de l'étranger tout en leur disant nous, on ne sera pas vaccinés. Et là, au Japon, actuellement, il y a 20% de la population qui est totalement vaccinée, pas davantage.

15:26
Présentateur

Alors, il y a évidemment une autre question qui se pose, c'est celle de la préparation des athlètes. On l'a laissé sous-entendre tout à l'heure mais parlons-en vraiment maintenant. Depuis 18 mois, on sait que c'est assez compliqué de s'entraîner. Sandrine Martinet, comment est-ce que vous êtes organisée ? Je le disais en introduction, c'est votre cinquième participation à des Jeux paralympiques. Est-ce que vous vous sentez aussi prête, aussi préparée que vous l'auriez souhaitée ?

15:50
Invité

Alors, personnellement, oui. La seule chose qui manque, c'est les fameuses compétitions où on a eu vraiment moins. Combien de moins,

16:00
Présentateur

par exemple ?

16:01
Invité

C'est dans du simple au double ? Oui, à peu près. Donc, du coup, c'est vrai qu'on n'a pas pu se confronter aux étrangers aussi souvent qu'à l'accoutumée. Mais pour le reste, en ce qui concerne la préparation, autre...

16:16
Présentateur

Physiquement, vous n'avez pas peur de vous abîmer ? Pas du tout.

16:18
Invité

Moi, physiquement, j'ai une super préparation physique. Au niveau du judo, je sors d'un super stage qu'on a fait vers Dax et Souston où on était dans des super conditions avec des partenaires qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes pour justement, nous, pouvoir aller chercher vraiment dans nos limites et être fin prêt pour ces Jeux. Donc voilà, il y a des conditions. On va faire une bulle sanitaire les deux semaines avant de prendre l'avion. Donc comme je disais tout à l'heure, on est préparés, on est focus sur notre objectif et voilà. Et ces Jeux seront particuliers, c'est sûr.

Il va falloir une nouvelle fois s'adapter mais l'important, c'est qu'on puisse aller défendre les couleurs de la France sur cette Paralympiade et Olympiade et donner le meilleur de nous-mêmes. Et voilà, vraiment, il faut rester focus là-dessus parce que sinon, c'est vrai que ça... On a bien compris

17:12
Présentateur

le côté rester focus.

17:13
Invité

Non mais je vais vous le dire X fois, c'est pas grave.

17:17
Présentateur

C'est déjà fait. C'est ce que vous dites aux athlètes, Roxana Maracineanu, il ne faut pas avoir d'inquiétude, il faut y aller, il faut foncer, tout ça n'est pas très grave ?

17:25
Invité

Il faut être opportuniste comme sur toutes les compétitions, de toute façon, gérer l'imprévu, gérer l'environnement dans des compétitions comme les Jeux Olympiques, c'est le lot des sportifs, c'est pour ça qu'on y va et c'est comme ça qu'on arrive à remporter des victoires, écrire une page qui n'est pas écrite à l'avance, c'est ça tout l'enjeu et c'est ça toute la motivation qui nous fait nous entraîner autant d'heures par jour. Donc, on a l'occasion de le faire plus que jamais finalement, donc il faut le prendre positivement.

on a l'occasion de changer le cours des choses, donc voilà, il faut avoir cette ambition d'arriver plus haut que la 7ème nation aux Jeux Olympiques, améliorer le nombre de médailles parce que sur les Paralympiques, on est vraiment dans une trajectoire ambitieuse pour Paris 2024. Bien sûr, on va en parler. On a mis des moyens supplémentaires pour que tous nos athlètes soient suivis, se préparent dans des bonnes conditions, soient en lien plus direct avec des personnes qui s'occupent d'eux et d'elles au ministère des Sports, en lien avec les fédérations et ça va être un super test pour Paris en fait ces Jeux ici à Tokyo.

18:29
Présentateur

Avant de parler des médailles, pourquoi dans ce contexte si particulier, on n'arrête pas de le dire, avoir revalorisé le montant des primes pour les médailles ? Est-ce que vous aviez besoin de motiver les sportifs ?

18:40
Invité

Oui, on a envie de leur montrer de la considération, de montrer aussi qu'avoir une médaille d'or c'est ce qui permet aussi de changer le classement des nations puisque c'est les médailles d'or qui comptent prioritairement par rapport aux autres médailles et monter sur un podium pour une médaille d'argent ou de bronze, c'est ce qui changera aussi notre place au classement des nations. Mais on motive un sportif

19:01
Présentateur

avec de l'argent en fait ?

19:03
Invité

Bien sûr, parce que vous savez, un sportif, comme je l'ai dit tout à l'heure, ils ne sont pas tous professionnels avec un contrat à l'année et c'est le seul moment où ils peuvent aussi être récompensés pour tout le travail et l'investissement qu'ils ont mis au quotidien pendant 4 ans. Avoir 65 000 euros lorsqu'on gagne une médaille d'or, c'est rien par rapport à l'investissement et le travail qu'on a effectué. Ce sont des personnes qui depuis l'âge de 13 ans, 14 ans ont une activité professionnelle sans qu'elle soit reconnue comme telle, sans qu'ils aient un contrat de travail, qu'ils cotisent pour la retraite, qu'ils aient des charges sociales.

Donc voilà, nous tout ce qu'on fait là c'est essayer de proposer véritablement un statut ou au minima cette compensation lorsqu'ils sont sur les podiums et qu'ils réussissent leur carrière sportive.

19:47
Présentateur

Voilà, c'est 65 000 euros de primes pour l'or, 25 000 pour l'argent et 15 000 pour le bronze. Jacques a une question au standard de France Inter. Jacques, on vous écoute. Soyez le bienvenu.

19:57
Auditeur

Bonjour, merci de prendre ma question. Vous avez parlé un tout petit peu tout à l'heure du coût et je voulais savoir s'il y avait une idée du coût de ces jeux pour l'instant et combien aurait coûté une annulation.

20:13
Présentateur

Merci Jacques. Roxana Maracinanou essaie de vous répondre. Vous avez des chiffres en tête ou pas ?

20:18
Invité

Tokyo a beaucoup souffert de l'annulation de l'année dernière. Déjà, ils ont perdu énormément d'argent. Je n'ai pas le chiffre exact en tête mais ça aurait été effectivement dramatique aussi pour eux d'annuler. En revanche, le faire à huis clos c'est aussi dramatique parce que beaucoup d'argent pour les comités d'organisation rentre grâce à la biéterie. Donc de toute façon, ils seront perdants le comité d'organisation. C'est pour ça qu'on y va dans cet esprit de reconnaissance vraiment par rapport au Japon et à tout l'investissement qui a été mis.

Moi, j'espère, je leur conseillerai de postuler pour organiser les Jeux dans quelques années à nouveau parce qu'ils ont construit énormément aussi d'équipements sportifs qu'il s'agit aussi de rentabiliser. C'est vrai qu'il y a les droits télé et que ça compensera un minimum pour l'organisateur et le CIO mais c'est sûr que ce ne seront pas des Jeux bénéficiaires en tout cas pas comme d'habitude.

21:06
Présentateur

Karine Nishimura, il y a des polémiques au Japon sur le coût financier de cette compétition de ces JO et éventuellement effectivement il y a des gens pareils qui disent on aurait mieux fait de les annuler ça nous coûte beaucoup trop cher tout ça ?

21:19
Invité politique

Oui, bien sûr il y a des polémiques parce que le coût officiel est déjà de 13 milliards d'euros sans compter le surcoût occasionné par les mesures sanitaires par le report et par divers surcoûts qui vont arriver et puis effectivement le manque à gagner de la billetterie qui rien que pour les spectateurs japonais est de l'ordre de 750 millions d'euros donc tout ça va être difficile à compenser les japonais sont contribuables les tokyoïdes qui payent des impôts locaux extrêmement chers sentent passer la facture et bien sûr beaucoup se disent s'il n'y avait pas eu les JO peut-être que je paierais moins tous les mois donc c'est assez légitime comme réaction alors maintenant les équipements effectivement à un moment donné il va falloir quand même pouvoir les utiliser parce que quel dommage que toutes ces constructions ne servent absolument à rien dans l'immédiat

22:09
Présentateur

alors on va parler aussi des objectifs très ambitieux pour la France Roxana Maracinani je lisais que vous espériez au moins 42 médailles pour l'équipe de France une trentaine de médailles pour le paralympique quelles sont les fédérations grâce auxquelles on peut se montrer aussi optimistes quelles sont nos chances de médailles et où en fait dans quel sport

22:29
Invité

on va dire très ambitieux vu le contexte j'espère qu'on pourra être plus ambitieux pour Paris encore notre objectif c'est de grappiller deux places dans le classement des nations passer de la 7ème nation à la 5ème nation pour Paris et pour ça il faut bien figurer d'ores et déjà parce que c'est une première étape pour nos jeunes qui vont vivre des Jeux pour la première fois et on sait que lorsqu'on fait des Jeux olympiques c'est toujours bien d'avoir une expérience précédente pour réussir celle pour laquelle on se prépare donc ces Jeux sont placés sous le saut de la transmission entre les champions expérimentés et les jeunes qui vivent ça pour la première fois pour leur donner les armes pour bien figurer à Paris dans 3 ans et puis évidemment sur ceux qui pensent terminer leur carrière cette année mais on espère tous que 3 ans finalement ce soit pas aussi long que ça et qu'ils vont ranquiller et qu'ils vont aller jusqu'à Paris c'est aussi une opportunité du déplacement d'un an de ces Jeux donc oui une quarantaine de médailles on en a eu 42 à Rio pour les Olympiques 28 en Paralympique et ce serait bien qu'on dépasse les 30 et qu'on aille vers 30-35 ça c'est 35 vous avez la pression là Sandrine oui mais moi je ne suis pas quelqu'un quand j'étais athlète voilà je sais qu'une médaille c'est un résultat ce n'est pas un objectif l'objectif c'est que les athlètes aillent dans les meilleures conditions qu'ils puissent se concentrer comme l'a dit Sandrine sur ce qu'ils font qu'ils soient sereins et confiants quand ils y vont qu'ils sachent que la France est derrière eux qu'on les encourage et qu'on veut qu'ils réussissent et voilà quelque part qu'on arrête de parler de l'environnement des sportifs de la difficulté parce qu'on sait on sait que ce sera difficile maintenant je dis toujours toute compétition c'est un Everest à gravir il faut y aller étape par étape et puis et puis être focus

24:10
Présentateur

je crois que Sandrine on a bien compris on compte sur le judo

24:13
Invité

c'est vrai que moi dans ma tête je me dis que le jour J voilà je me suis préparée quoi qu'il arrive je ne veux pas avoir de regrets donc je donne le maximum et je veux pratiquer mon meilleur judo tout simplement tout simplement tout simplement pratiquer mon meilleur judo me faire plaisir et la médaille viendra avec ça quand on est dans cet état d'esprit là la médaille le résultat vient tout seul on compte sur le judo vous m'avez demandé tout à l'heure le triathlon le pentathlon l'athlétisme on a pas mal d'épreuves où on peut figurer sur les podiums et sur la plus haute marge du podium

24:43
Présentateur

merci infiniment à toutes les trois je rappelle que les Jeux Olympiques débutent ce vendredi avec bien sûr la cérémonie d'ouverture donc du 23 juillet au 8 août et ce sera du 24 août au 5 septembre pour les Paralympiques excellente journée à toutes les trois mesdames France Inter Sous-titrage Société Radio-Canada

25:00
Locuteur

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Roxana Maracineanu : "Ce qui a primé, c'est qu'on puisse montrer au monde qu'on peut vivre avec ce virus" · Pourquijevote