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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 13 juillet 2019 9 min

De Rugy : peut-il tenir ? - Les questions SMS #cdanslair 12.07.2019

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Locuteur 5

Alors, un sèche-cheveux recouvert de feuilles d'or, qui peut vouloir cela ? Alors, c'est le Parisien, mais il l'a démenti ce matin. En tous les cas, il a démenti le fait que ce sèche-cheveux que François Drugy avait fait acheter à l'Assemblée nationale était plaqué or.

0:16
Locuteur 4

Oui, alors, moi, je ne savais pas que ça pouvait exister, donc j'ai vérifié. Alors, effectivement, ça existe. Il y a une marque qui fabrique un sèche-cheveux plaqué or. Alors, ce n'est pas plaqué or, c'est qu'il y a une fine couche d'or qui le recouvre. Alors, dans la notice, en tout cas, on n'explique en rien en quoi l'or serait bien pour sécher les cheveux, mais il existe. Donc, voilà.

0:36
Locuteur 5

On va s'arrêter là pour la publicité, pour ce sèche-cheveux qui, en plus, n'aurait pas porté chance forcément à ses acquéreurs. Quel rôle a tenu sa femme dans cette histoire ? Il l'a dit ce matin, François Drugy. Il dit « Ma femme est victime d'un règlement de compte ». C'est quelqu'un qui a publié ses photos qui voulait se venger de ma femme.

0:54
Locuteur 3

– Ça, c'est à lui, c'est difficile, mais peut-être que sa femme a été un peu imprudente, si vous voulez. Elle n'est pas dans le… sa femme n'a pas une carrière politique. Elle ne connaît pas la politique, a priori.

1:04
Locuteur 5

– C'est une journaliste. Elle dit « Donc, c'est une personne qui règle des comptes avec ma femme qui a dévoilé les photos de ce livre ».

1:09
Locuteur 3

Il faut ajouter que ce n'est pas une journaliste politique non plus. Et cette femme n'était peut-être pas suffisamment attentive, eh bien, précisément, à ce qu'un ministre et ce qu'un président de l'Assemblée nationale, un élu, tout simplement, peut faire ou ne pas faire, et qu'il ne peut pas se comporter. Ce n'est pas une personne privée, si vous voulez. Ce n'est pas comme un grand PDG d'une société privée, à qui on peut reprocher, quand on est salarié, certains excès, mais ce n'est pas de l'argent public. Alors, tout le problème, là, c'est que c'est de l'argent public. Et on ne se comporte pas comme ça, de façon ostentatoire, avec, évidemment, des vengeances.

En plus, s'il y a des vengeances, c'est terrible.

1:53
Locuteur 1

– Mais se pose, à propos de sa femme, la question du statut du conjoint ou de la conjointe. Quel rôle ils ont ? Parce qu'ils vivent ensemble, ils sont logés, ils étaient en tout cas logés à l'hôtel de l'Assemblée. Qu'est-ce qu'elle a le droit de faire ou de ne pas faire ?

2:05
Locuteur 5

– Alors ça, François de Rugy a dit que ce n'est pas clair. D'ailleurs, quand on a été invité au Japon, j'ai payé le billet. Enfin, ma femme a payé son billet.

2:10
Locuteur 1

– Voilà. Là, il y a une ambiguïté très forte dans le système français.

2:14
Locuteur 5

– Combien de temps, François de Rugy, peut-il tenir avec la pression médiatique ? Jérémy Marron sait qu'il y a une enquête qui va déranger une semaine. Alors, mouillez-vous. – Il termine le quinquennat ?

2:24
Locuteur 2

– Bon, ça, je n'irais pas, Lucie, est-ce qu'il termine le quinquennat ? – Voilà, alors, ça, il a déjà fermé la porte depuis longtemps. Est-ce qu'il pourrait la rouvrir à la faveur de ça et trouver une sorte d'exfiltration ? On se rappelle que Richard Ferrand avait été exfiltré du gouvernement. Il n'avait pas démissionné. Il était parti pour briguer la présidence du groupe des députés En Marche. Est-ce qu'on trouvera une porte de sortie honorable à François de Rugy ? Il est quand même ministre d'État numéro 2 du gouvernement. La porte de sortie honorable, il va falloir qu'elle soit elle-même dorée.

2:56
Locuteur 5

– Vous disiez que ça va dépendre des remontées du terrain que les parlementaires vont recueillir lors des prochains déplacements.

3:00
Locuteur 2

– Je pense, je subodore que ce week-end va être effectivement assez important. Les députés vont être en circonscription. Ils vont sentir le terrain. Ils vont voir ce qui leur remonte. Et si les remontées sont assises à l'air, comme on peut le voir sur l'accueil du ministre de Rugy, Agnor, avec Omar Géant, si on a 577 Omar Géant dans les circonscriptions…

3:21
Locuteur 3

– Ils ont un parachute maintenant qu'ils n'avaient pas dans le temps. C'est-à-dire que quand ils sont démissionnés ou quand ils quittent le gouvernement, ils redeviennent automatiquement parlementaires. Alors qu'avant, ils devaient repasser par une élection. Il y avait des élections partielles. C'est un avantage.

3:35
Locuteur 5

– Nicole Klein, donc la directrice de cabinet qui a été limogée de François de Rugy, Nicole Klein a-t-elle servi de fusible ?

3:42
Locuteur 1

– C'est ce qu'elle dit. Et c'est plutôt surprenant de la part de quelqu'un qui appartient à la haute fonction publique comme elle d'avoir ce genre de propos. Et ça dit quelque chose, en tout cas, des relations qu'il entretenait avec elle, qui semblent mauvaises. Et ça dit aussi… – Peut-être qu'elle se venge en disant… – Mais elle a raconté la façon dont elle avait été licenciée. Elle a dit « Je n'ai eu d'une minute à l'autre plus aucun moyen d'accès à mon poste et je suis partie dans l'après-midi sans même avoir parlé avec le ministre. »

4:12
Locuteur 5

– Alors on rappelle l'affaire, c'est parce que pendant 12 ans, elle a bénéficié d'un logement social à Paris alors qu'elle n'habitait plus Paris.

4:17
Locuteur 1

– Et il semblerait qu'elle soit partie dans des conditions très humiliantes, c'est-à-dire que François André-Gilles n'a pas cru bon la recevoir, lui expliquer qu'il était lui-même dans une situation compliquée et qu'il fallait qu'il se sépare d'elle. Il ne l'a pas fait, donc elle lui en veut, mais peut-être que leur relation était mauvaise déjà.

4:30
Locuteur 5

– Tout cela ne donne-t-il pas une image terrible du nouveau monde ? Bruno Jambard, est-ce qu'il est mort ce nouveau monde maintenant ?

4:37
Locuteur 4

– Je crois qu'en fait il était déjà mort depuis l'an dernier, l'affaire Benalla. Mais effectivement, ça rajoute une seconde couche et c'est une vraie difficulté. Il y avait deux promesses dans l'élection d'Emmanuel Macron, une promesse économique qui était de remettre la France à niveau, de permettre à la France de rattraper les autres pays, de faire les réformes que d'autres ont fait et pas nous. Et puis il y avait une promesse effectivement plus morale de changer les pratiques politiques. Et entre l'affaire Benalla et ses petites affaires, alors Ferrand, Rugy aujourd'hui, effectivement cet aspect-là, il est totalement effacé.

5:07
Locuteur 3

– L'un des formules clés de la campagne, c'était « nouveaux visages, nouveaux usages ».

5:13
Locuteur 5

– Alors, vous qui êtes invité partout, Yves Tréard, François de Rugy est-il le seul à organiser ce type de dîner ? – Est-ce qu'on mange du homard ?

5:20
Locuteur 3

– Non, mais c'est vrai, quand on est journaliste politique, ou pas d'ailleurs, puisque quand on est un journaliste international, c'est pareil, vous êtes souvent invité par les acteurs justement de la matière que vous…

5:29
Locuteur 5

– Et vous faites une différence entre déjeuner et dîner ?

5:32
Locuteur 3

– Oui, vous êtes rarement invité à dîner quand même. Généralement, c'est des déjeuners qui sont d'ailleurs où on ne s'attarde pas, parce que tout le monde travaille, beaucoup moins que par le passé. – Donc il n'y a pas forcément du vin ? – Pardon, j'ai un âge plus… Ah ben le vin, ça n'a plus rien à voir maintenant. Il n'y a plus de vin… Il y a du vin, mais personne n'en boit, y compris les ministres. Donc ça va beaucoup plus vite. Avant, les déjeuners, ça tardait. Le monde a complètement changé de ce point de vue-là. Les dîners, ça peut exister.

Personnellement, je l'avoue, j'ai participé à un dîner à l'Assemblée nationale, pas avec François de Rugy, mais avec un de ses prédécesseurs, mais qui n'avait rien.

6:09
Locuteur 5

– Et la table, il est meilleure qu'ailleurs, vous le confirmez ?

6:12
Locuteur 3

– Moi, je ne vais pas manger de homard, je ne vais pas manger… Non, il y a des tables qui sont… Mais vous allez même au restaurant du Sénat, où pour un prix abordable, les sénateurs ont une très bonne table, si vous voulez. – Mais ça, c'est à midi, mais quand on n'est pas invité, quand on paye de sa poche. – Et le soir aussi, quand on paye de sa poche. Donc, ils ont des avantages, quoi qu'il arrive, et tant mieux. Après tout, ça ne gêne personne, et personne ne leur en veut. Ce qui est gênant, c'est quand ça a un caractère…

6:38
Locuteur 5

– Ce n'est pas ouvert à tout le monde, quand même, la cantine du Sénat.

6:40
Locuteur 3

– Non, il faut être invité par un sénateur.

6:41
Locuteur 5

– Il faut être invité, voilà.

6:42
Locuteur 3

– Mais pour ce qui est… Non, mais les dîners le soir, écoutez, c'est vraiment exceptionnel. C'est très, très rare.

6:50
Locuteur 5

– D'ailleurs, François de Rugy dit qu'il en faisait un par mois.

6:53
Locuteur 3

– Alors, ce qui peut arriver, on a eu des images, d'ailleurs, dans le journal de Virgy, ça arrive parfois, vous voyez, des présidents de la République, dans des restaurants qui sont avec des amis, avec des acteurs, avec des chanteurs, ça, ça arrive, ça.

7:06
Locuteur 5

– Qui, dans son propre camp, a définitivement lâché François de Rugy ?

7:11
Locuteur 2

– J'ai aimé Marot. – Alors, personne ne le dira… – Personne ne l'a soutenu. – Personne ne l'a soutenu. Alors, personne ne le dira publiquement qu'il l'a lâché, pour l'instant. Sauf peut-être Benjamin Griveaux, qu'on a entendu, qui ce matin, quand même, lui a mis des coups dans les reins, de manière assez forte. Alors, Benjamin Griveaux est en campagne aussi, pour Paris, donc il a intérêt à aussi hausser la voix, et se montrer peut-être un peu chevalier blanc. Pour l'instant, personne ne l'a publiquement lâché. En coulisses, c'est autre chose. Il faut quand même se rappeler, juste, la place de François de Rugy dans l'écosystème macroniste.

Il y a quand même un vrai dissensus entre les macronistes pur sucre, de la première heure, ces marcheurs qui ont accompagné Emmanuel Macron, et qui s'estiment un peu gardien du Temple, et les ralliés, comme François de Rugy, qui, en plus, a tout de suite pris beaucoup de poids en macronie. Tout de suite, président rallié depuis deux mois, président de l'Assemblée nationale, numéro 2, ministre d'État. Donc il y en a qui ne seraient pas mécontents de le voir trébucher. Voilà, après, ce serait peut-être trop pensé à monde, mais je ne suis pas sûr que ce genre de passion soit résolu.

8:14
Locuteur 1

Mais on peut noter que la jeune garde des députés marcheurs, ne serait-ce que par la voix de Gabriel Attal, s'est montée très vite au créneau pour dire ça, nous, on n'est pas d'accord.

8:22
Locuteur 5

Alors, Barre, Cahuzac, Fillon, de Rugy, peut-on raisonnablement continuer à faire confiance à notre soi-disant élite ?

8:29
Locuteur 3

Le problème, c'est que là, ils défilent l'histoire, ils font défiler l'histoire. À ce moment-là, ils peuvent remonter, il y a des affaires, je vous citais le trocaire. Oui, il y a toujours des scandales en politique.

8:38
Locuteur 5

Le monde politique est plus que dans les autres milieux, ou ça se sait plus ?

8:40
Locuteur 3

Je ne sais rien, c'est parce que le monde politique, il a deux choses, c'est qu'il est élu. Enfin, la plupart sont élus. Quand vous êtes élu, vous avez des comptes à rendre. Et puis deuxièmement, quand vous êtes élu, vous avez aussi un exemple.

8:52
Locuteur 1

Il ne faudrait pas oublier que derrière ces scandales, se cache une armée de maires, de conseillers généraux, de conseillers régionaux, qui sont extrêmement dévoués à la chose publique. Et qui souffrent de ces images de maires. Et qui souffrent de cette image très abîmée.

9:04
Locuteur 5

Bien sûr. Et bien voilà, c'est la fin de cette émission. Merci beaucoup de l'avoir suivie. C'est dans l'air, ça aura diffusé ce soir à 22h40. On se retrouve demain à la même heure pour la même émission. Merci de votre fidélité et bonne soirée sur France 5.

De Rugy : peut-il tenir ? - Les questions SMS #cdanslair 12.07.2019 — Delphine Batho · Pourquijevote