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interviewC à vous· 4 février 2025 9 min

Violences faites aux femmes : que propose Gérald Darmanin - La Story - C à Vous

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il faut faire au mieux avec ce trio infernal. Je voudrais remercier le PS, qui apporte une solution qui n'a pas été facile. Il a rompu un accord avec LFI.

Il l'a fait. C'est courageux. Il faut qu'on écoute davantage le PS. - A.-E.Lemoine: D'autres sujets dans la Story de Mohamed. - C'était horrible.

On ne méritait pas ça. - Toucher une femme, je n'ai pas de mots... - C'est un peu compliqué d'être un homme quand je vois tout ça. - Que la justice fasse son travail!

Ils ne sont pas assez punis. - M.Bouhafsi: Isabelle, Géraldine, Sandy, Sonia et 5 autres femmes, toutes mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint pendant le mois de janvier.

Les 2 enfants de Sandy ont assisté au meurtre de leur mère. En septembre 2017, la soeur de Sandrine est brûlée vive par son compagnon. - Ma soeur a été immolée par son compagnon en 2017, devant sa petite fille.

Ca faisait quelques semaines qu'elle avait annoncé à son compagnon qu'elle voulait se séparer. Il n'a pas supporté. Sandrine est allée la chercher à son travail.

La dispute a dégénéré. Il l'a battue pendant 15 minutes. Ensuite, il l'a aspergée d'essence et a mis le feu.

Le mot commun à toutes les familles, c'est le mot solitude. Ce n'est pas normal qu'on n'ait pas d'accompagnement psychologique. - M.Bouhafsi: Si les associations évoquent un arsenal juridique qui s'est renforcé, elles regrettent, pour la plupart, le manque d'application des textes et de moyens techniques.

Seuls 5000 téléphones grand danger étaient déployés en 2023. On ne dénombrait que 1000 bracelets sur des conjoints ou ex-conjoints condamnés pour violences. - En janvier 2024, j'ai été étranglée par mon mari devant mes enfants.

Ce n'était pas la 1re fois, mais celle-ci a été plus violente. Si les enfants ne crient pas à côté, je ne sais pas si j'aurais porté plainte. J'avais peur pour ma vie.

A partir du moment où il a été éloigné du domicile, il n'y a pas eu de contrôle. Je n'ai pas eu peur. Mais les enfants avaient peur. - M.Bouhafsi: La semaine dernière, l'Assemblée nationale a voulu aller plus loin.

Les députés ont validé la proposition de loi inscrivant le contrôle coercitif sur le contrôle pénal. Plusieurs députés ont porté ce texte. - Le contrôle coercitif, c'est une cage.

Il faut des barreaux. Le premier barreau, ça peut être la violence psychologique. Il la fait suivre ou utilise son téléphone portable pour l'appeler sans arrêt.

Quand une victime va dans un commissariat, le policier regarde, il pose des questions. Là, la victime se trouve en situation où, enfin, on la comprend. On va pouvoir l'aider à sortir de cette cage. - M.Bouhafsi: Dans le magazine "Elle", vous avez fait 4 propositions... ...

Des mesures jugées trop timides par l'avocate A.Bouillon, qui regrette l'absence d'un volet éducatif. - Ca ne va pas dans le bon sens.

J'attends aussi des pouvoirs publics qu'ils s'attaquent au coeur du problème. La racine du problème, c'est une question culturelle, l'éducation que l'on donne à nos enfants. C'est la manière dont on déconstruit les schémas de domination qui font que découlent les violences.

Si on se contente, comme le garde des Sceaux semble le faire, d'avoir une approche uniquement répressive autour de ces questions, nous ne réglerons rien du tout. Je crains que ces mesures soient plus des effets d'annonce. - M.Bouhafsi: Comme E.Macron, vous avez exprimé votre avis sur l'expression du consentement dans la Constitution.

Ca ne fait pas l'unanimité chez les féministes. - Il faut manier la question avec un peu d'attention et de précision. Si le texte est mal rédigé, ça peut se retourner contre les victimes.

On peut enquêter sur elles, sur leurs moeurs, pour voir si elles ont formulé le consentement ou non. Alors qu'on sait que dans le viol, il y a tout un tas de contrôles coercitifs qui faussent la notion de consentement. - M.Bouhafsi: Est-ce qu'inscrire la notion de non-consentement dans la loi, ce n'est pas inverser la situation et mettre la victime au coeur des questionnements?

Comment faire pour que la justice protège les femmes dont le mari ne respecte pas le contrôle judiciaire ou l'interdiction de rapprochement? - G.Darmanin: Sur la question du consentement, je partage en partie ce que vient de dire la présidente de cette association féministe.

Il ne faut pas que l'enquête qui regarde l'agresseur aujourd'hui se concentre demain sur la victime et l'expression de son consentement. En même temps, on ne peut pas dire que quand on dépose plainte, ce n'est pas suivi parce que la loi pénale d'aujourd'hui ne serait pas assez précise. - P.Cohen: Vous pensez vraiment que c'est ça?

Je ne connais pas de cas où l'absence de la notion de consentement ait empêché des poursuites ou ait abouti à une relaxe quand il y avait une date de condamnation. - G.Darmanin: On peut considérer qu'on a, malgré les grandes difficultés que nous avons...

Nous avons progressé depuis 2017 avec les personnes qui ont fait avancer la cause, comme M.Schiappa. On est passés de 5 % de détenus pour violences sexuelles en 2017 à 18 % aujourd'hui.

Il y a encore beaucoup de travail, beaucoup de féminicides. Il y a des centaines de milliers de plaintes qu'il faut suivre, mais il y a un progrès. Je reviens à ce qu'a dit l'avocate.

Les policiers et les gendarmes m'ont expliqué que quand quelqu'un a été violenté sexuellement, physiquement, c'est souvent dans le cadre du couple, à 60 %. La personne le fait parfois sous addiction. La personne est bourrée, alcoolique.

La personne est mise en garde à vue. Il faut qu'il dégrise, appeler le médecin. On a perdu 24 heures de garde à vue.

Là, on n'arrive pas à caractériser la plainte déposée. Beaucoup de policiers et gendarmes m'ont dit que s'ils avaient 72 heures, ce serait une énorme avancée. Pour les crimes, c'est 48 heures.

On va donc plus loin. Ca a été adopté quasiment à l'unanimité de l'Assemblée nationale. Ca permet de mieux écouter la famille, de trouver un logement.

L'une des difficultés, c'est la caractérisation des violences qu'il y a eu, qu'elles soient physiques, notamment. On n'a pas toujours d'hôpitaux. Dans les quartiers, c'est toujours difficile.

Les 72 heures nous aident à caractériser les plaintes. On peut trouver une rédaction qui complète l'article du Code pénal aujourd'hui: la surprise, la contrainte, avec une précaution autour de l'acte non consenti. Le magistrat aurait donc 2 possibilités de pouvoir poursuivre: soit la contrainte, la surprise, soit l'absence de consentement ou l'expression d'un rapport non consenti.

L'Assemblée nationale nous a écoutés.