Marwan Mohammed / L’Inde : partenaire indispensable ? | 28 minutes | ARTE
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[musique] Bonsoir, soyez les bienvenue dans 28 minutes. Bonsoir mes camarades. Bonsoir, bon anniversaire jeunes sport. 28 ans et demi, bientôt 50 hein.
C'est ça. Voilà. L'actualité du jour, c'est la visite officielle d'Emmanuel Macron en Inde dès demain afin d'y consolider un partenariat économique et stratégique alors que le premier ministre Narenodi vient de conclure un accord qualifié de majeur avec l'Union européenne. યુરોપિયન યુનિયન કી સાજેદારી અંતરરાષ્ટ્રીય સિસ્ટમમે સ્થિરતા કો મજબૂતી દેગી alors comment analyser la bromance franco-indienne alors qu'il y a 2 mois à peine c'est l'amitié indorusse inébranlable que célébrait narendra maudit avec Vladimir Poutine l'un de première puissance démographique du monde partenaire indispensable pour la France et l'Europe mais au prix de quelle concession et de quel renoncement ce sera l'objet de notre débat avant qu'on vous retrouve en fin d'émission Margerie Adelson et Xavier Maudu pour vous chronique.
Oui Ellisabeth Alex Navalni l'opposant russe décédé en prison en 2024 a bel et bien été empoisonné. C'est ce que confirment plusieurs pays dont la France. Je vous propose donc une histoire de poison chez les Tsars.
Évidemment il y a pas de hatsar. Et vous Marjorie ? On va partir à New York là-bas.
Si vous allez dans un supermarché pour chercher un paquet de chips, il est possible de sentir quelque chose qui vous frôle le mollet presque un chat un chat d'épicerie. Comme il y en a plein problèm, ces chats et bien sont interdits et le projet de légalisation qui est en cours et bien crée à polémique. Très bien miaou.
À tout à l'heure. Et pour commencer, place à un ancien cancre mais alors un vrai de vrai dont les échecs successifs au BEPS, au BP et les bulletins nuls rendaient sa mère dingue. Le Cancre est devenu docteur en sociologie, chargé de recherche au CNRS.
S'il vous plaît, ajoutons que Marwan Mohamed, c'est son nom, agrandi dans une loge de concierge puis dans une cité. Il est donc bien placé pour parler de l'ascenseur social et de ses défaillances. On le retrouve tout de suite. [musique] Bonsoir Marwan Mohamed.
Bonsoir. Je vous présente Fanny Veille et Benjamin Sportouche. Oui, en effet qui a pris un peu d'âge. [rires] C'était pas gagné au seuil.
Votre histoire extravagante, extraordinaire avec un bulletin. Non mais dites, il est pas brillant le bulletin en effet. Pas brillant.
Vous aviez quel âge ? C'était en quelle classe ? Euh, j'avais redoublé une année, donc je devais avoir 15 ans.
Ouais. Et votre trajectoire, vous aimait dire qu'elle était statistiquement improbable de la concrétude véritable au CNRS et un doctorat de sociologie. Oui, statistiquement, c'est très improbable.
Déjà des gens d'origine populaire qui arrivent au CNRS statistiquement, c'est improbable, mais qui partent du collège avec un niveau pareil. C'est Oui, en effet. On va y revenir dans un instant après votre portrait réalisé par Gael Legra. [musique] Marwan Mohamed dans C'était pas gagné, vous racontez votre parcours ainsi résumé dans le sous-titre de l'échec scolaire au CNRS.
Par quelles étapes êtes-vous passé ? Pour répondre à cette question, vous avez le profil idéal. Né à Paris en 1975 de parents immigrés marocains, vous vivez votre adolescence dans la cité des haut tenu à Viller sur Marne. [musique] Quand elle reçoit votre bulletin de note, votre mère s'écrit Willy Willy Willy.
Une expression [musique] marocaine qu'on pourrait traduire grosso mot d'op mon dieu, c'est pas possible, quelle catastrophe. Vous rêvez d'être footballeur professionnel et de devenir le futur Chris Waddle malgré sa coupe de cheveux douteuse, dans le quartier, vous devez vous familiariser avec les logiques de bande et leur forme de violence. Vous échouez au brevet des collèges puis au BP en 93.
Là, vous êtes soutenu par des animateurs de quartier qui vous incitent à passer le BAFA. Vous devenez animateur à votre tour, [musique] vous obtenez une équivalence du bac, puis vous vous intéressez à la sociologie après la lecture de la misère du monde de Bourdieu, [musique] ouvrage dans lequel il évoque par exemple ce qu'il appelle la violence inerte. C'est la violence qui est inscrite dans les choses, dans dans l'espace, dans les lieux habités, par exemple.
C'est c'est la violence qui est inscrite dans les cités. Mais bon euh c'est le fait d'être d'être exclu, marginalisé. Tèse de sociologie en 2007 intitulé La place des familles dans la formation des bandes de jeunes.
Vous devenez [musique] l'expert à titrer des médias dès lors qu'un fait d'hivers implique l'une de ces bandes. Ce qui est importe de comprendre, c'est pas le motif de départ, mais c'est la la disposition à l'embrouille. Ces affrontements sont liés à quelque chose de très symbolique, à une logique de réputation.
Parmi vos nombreux travaux, vous vous intéressez en 2013 à l'islamophobie avec le sociologue Abdel Ali Ajat. Nous, on définit l'islamophobie comme un processus d'altérisation, de racialisation, [musique] je m'explique, comme un processus de réduction de l'autre musulman réel ou présumé à partir de leur réduction à sa religion. Aujourd'hui, en évoquant [musique] votre mobilité sociale, vous pointez l'importance de votre entourage, mais aussi celle des politiques sociales et des dispositifs de solidarité.
En cela, mon parcours va à l'encontre [musique] de l'idéologie méritocratique. C'est ça, c'est vous. C'est waouh résumé.
C'est waouh. Marwan Mohamed euh des gens comme Annie Ernaud, Didier Hribon ou Édouard Louis dirait de vous que vous êtes un transclasse ou un transfuge de classe et c'est une expression que vous n'aimez pas. C'est un qualificatif sclérosant peut-être.
En tout cas, vous ne le revendiquez pas. En fait, transfuge de souci avec la notion et ceux qui se l'approprient. C'est juste pas mon histoire.
Ça se rapprocherait plus de ce que Chantal Jaquet appelle un transclasse. C'est c'estàdire quelqu'un qui est en mobilité de classe qui n'est plus à la même la même position sociale mais qui mais qui n'est qui n'a pas forcément quitté son lieu, qui n'a pas forcément tourné le dos, qui s'est pas forcément arraché de son milieu social d'origine. Ce qui me dérange avec la manière dont l'idéologie de transfuge est présentée, c'est que elle implique une forme de mépris pour les siens.
Parce que si c'est le seul horizon désirable de quitter les siens et de couper avec eux, c'est très méprisant pour ceux qui restent. C'est juste ça qui me dérange dans la notion de transfuge, mais je sais très bien que pour certaines personnes, hommes ou femmes, quelle que soit leur histoire, euh parfois quitter, c'est nécessaire. Ouais.
Donc c'est pas le fait d'être transfuge qui me pose problème, c'est comment on utilise la notion de transfuge pour mépriser ce qui reste. On a vu Bourdieu qui a été un de vos une de vos révélations à travers l'ouvrage qu'il avait dirigé la misère du monde. Et pour évoquer le capital culturel, vous n'aviez pas un gros capital culturel quand vous étiez petit, mais vous aviez un capital méthodologique.
Vous avez appris à apprendre et vous dites ça c'est fondamental. C'est fondamental. C'est ce qui explique ma trajectoire.
En tout cas, c'est ce qui explique déjà le l'échec scolaire initial. C'est que j'ai jamais appris à apprendre petit. On dit jamais Non, on m'a jamais appris.
On me dit "Fais fais tes devoirs." Mais comment on fait ses devoirs ? C'est pas c'est pas à c'est pas à qui en fait ça s'apprend hein.
Le métier des colliers s'apprend et plus tard le métier de l'étudiant s'apprend également. C'est les techniques, c'est une routine, c'est un rapport au temps, c'est des habitudes. Et en fait tout ça me manquait jusqu'à le l'année où je m'insc l'équivalence de bac, le DAEU.
Et là, je me fais aider par une amie euh qui est étudiante en licence, Alice Dufour, qui est étudiante en en en histoire et qui me qui me qui prend du temps avec moi, c'est vrai, pour m'expliquer comment on devient étudiant et les techniques pour apprendre. Oui, c'est c'est ce capital méthodologique là que j'ai acquis mais mes tards. Mais vous diriez que vous étiez à ça à un rien de flanché.
Vous semblez le dire dans le livre, j'aurais pu tomber dans la délinquante, hein. Déjà, je glissais déjà. C'estàd que oui, ben à la fin de de ma de ma scolarité en BEP, quand j'échoue au BEP, je suis déjà en train de glisser et c'est parce que je glisse et que ça inquiète les animateurs de la maison de quartier euh euh qui sont qui sont là et maison de quartier dans laquelle je passe beaucoup de temps parce que je suis jamais en cours.
Donc je vais jouer au babi au billard, au babi fré, enfin au pingpong et cetera et eux me voi glisser puis ils entendent parler. Tiens, il y a eu ça, il y avait qui ? Bah tu avais tel, tel et Marwan.
Il s'est passé ça, il y avait tel et Marwan. Du coup, il me voit glisser, il me propose de passer le baffa à eux. Ouais.
Et c'est le BFA qui qui me recentre et c'est le BAFA qui me rec. Expliquez ce que c'est pour les gens qui n regardent. C'est le brevet d'aptitude de la fonction d'animateur.
C'est pour s'occuper des enfants. Et ça ça a été fondamental pour Ah ben c'est le tournant. C'est un tournant majeur.
Ouais. On va évoquer avec vous et avec Fanny le fait donc parmi les termes hein que vous questionnez, il y a le terme de méritocratie évidemment et une étude vient de paraître Fanny qui euh confirme que c'est une illusion la méritocratie à la française. Oui.
Une vaste étude française justement menée pendant 16 ans sur 18000 élèves de leur entrée au collège à leur arrivée à l'âge adulte. Cette étude, elle vient d'être révélée par le haut commissariat au plan et elle pose des chiffres très précis sur un phénomène bien connu. L'école ne réduit pas l'inégalité des chances entre les élèves pauvres et non pauvres.
Trois constats. D'abord, plus un élève est pauvre à l'adolescence, plus moins il a de chances, pardon, d'avoir le bac, autrement dit, plus il risque de décrocher. Ensuite, près de trois jeunes sur 10 qui sont pauvres à l'adolescence arrivent à l'âge de 26 27 ans sans être ni en emploi, ni en train de faire des études, ni en formation, contre seulement un jeune sur 10 pour ce qui concerne les nonpauvres.
Et puis lorsqu'ils ont un emploi, ces jeunes qui ont connu la pauvreté à l'adolescence, et bien ils ont bien souvent un salaire inférieur à la moyenne. Marwan Mohamed, ça fait des années que ce phénomène est identifié, qu'il est même dénoncé, rien n'a changé. Pourquoi ?
Comme on l'explique, et comment on fait ? Bah, disons que le l'ampleur des inégalités impliquerait, mériterait qu'on ait un investissement mais pour des politiques structurelles de réduction des inégalités, pas des politiques compensatrices comme on le voit. Donc de dire que rien n'est fait c'est pas vrai.
Il se passe des choses même dans les territoires, les élus locaux même le gouvernement tente des choses mais pas du tout à la hauteur des besoins. C'est pour ça que il faut bien distinguer la méritocratie qui est une idéologie. C'est un système de justification des places.
La méritocratie qui repose sur l'idée que finalement si on on réussit, on est en échec, c'est de c'est sa responsabilité individuelle et ce rapport dont vous parlez montre qu'il n'en est qu'il n'en est rien. Mais il faut distinguer la méritocratie du mérite qui est le travail fourni. Et donc on peut être bien né, bien préparé, il n'empêche faudra quand même fournir un un travail, mais ce travail-là n'aura pas la même rentabilité que le travail fourni par quelqu'un de moins avec moins de ressources.
H vous avez l'impression que les sociologues, vos confrères parfois sont hors sol, un peu déconnectés parce qu'ils ont pas eu une vie différente, une vie variée. Est-ce que ça joue ? Alors non, je trouve que le niveau de la sociologie française est excellent, notamment quand je on se compare avec euh beaucoup de collègues dans d'autres pays.
Non non, le le niveau des de mes collègues est excellent et ce qui ce qui joue pour moi, c'est pas tant le fait d'avoir expérimenté une vie pour être pointu sur cette vie quand on veut l'expliquer. qui compte, c'est la méthodologie qu'on va développer, le temps qu'on va passer, l'approche qu'on va avoir et la capacité à à déconstruire les biais qu'on peut qui peuvent être les nôtres et la capacité à déconstruire bah la distance sociale, l'incapacité à comprendre les codes. Ça demande du temps hein.
Par exemple, quand vous faites des terrains dans une cité, vous avez grandi dans une cité et effectivement, vous pouvez avoir des biais d'empathie ou d'identification ou autres d'autres. Ah bah le le problème quand on travaille sur son propre milieu, c'est le risque, c'est un biais de trop d'excès de proximité. Hm hm.
Euh quand on travaille sur un milieu qui est pas le le sien, si je me mets à travailler demain sur la grande bourgeoisie parisienne, c'est pas du tout mon milieu, je peux le faire mais ça va nécessiter du temps et de déconstruire un certain nombre de biais et de réduire la distance sociale. Donc quand on connaît pas le milieu, il y a un biais de distance qu'il faut être en capacité de de de réduire. En fait, un bon sociologue, c'est celui qui est lucide euh sur ce qu'il représente, sur la manière don il travaille et lucide sur ses biens.
H h il y a énormément d'analyses sur l'humour et l'autodérision dans les cités. Vous-même en fait preuve puisque vous dites quand j'étais à Nanterre, il y avait plein de Normaliens. Moi, j'étais l'anormal.
Mais pour élargir au-delà de votre cas, cet humour, vous dites c'est une antidote par rapport à la détresse, par rapport éventuellement à la tentation de la violence. Un humour qui désarme, qui peut désarmer. Oui, c'est c'est un humour qui désarme, c'est un humour qui fait lien, c'est un humour créatif mais parce que la vie est tellement marquée par des expérience très atypique qui fait que ça développe une créativité, une conscience du monde qui est très différente.
C'est un humour antidépresseur aussi qui permet de de collectivement ou individuellement de de supporter de mieux supporter le le la vie. C'est un humour qui est absolument qui est absolument essentiel dans le quotidien. pour moi, j'étais pas un grand bagarreur et l'humour c'est l'arme des moins bagarreurs aussi. [rires] Euh vous travaillez à Marseille, Marwan Mohamed et à propos de Marseille qui est en proie au narcotrafic, vous dites précisément "Je n'aime pas tellement l'usage de ce terme, je trouve que ça mexicanise les imaginaires et pourtant quelqu'un comme Kessassi, Amine Kessassi qui a eu deux frères assassinés par des trafiquants de drogue ou des dealers ou des donneurs d'ordre utilise le terme narcotrafic." Oui, mais au-delà du cas de de et lui s'est cogné au réel.
Bah oui, mais au-delà du du de la question des ça dépend vraiment les acteurs et la position qui est la nôtre. Utiliser cette notionlà pour demander plus de moyens, pour alerter l'opinion, pour faire monter un certain électorat, c'est des rationalités qui sont celles de de de leurs auteurs. Moi, en tant que chercheur, je me pose ma responsabilité, c'est de me demander quand même si ce mot-là permet de décrire le réel, c'est-à-dire permet de décrire une réalité qui serait proche ou en voie de se rapprocher de la situation mexicaine ou colombienne, celle des cartels et celle du du narcotrafic, ce qui n'est pas le cas.
Que ce soit le niveau de violence, le mode d'organisation, les revenus, le niveau de corruption, on pourrait décliner les les différences et on verrait à quel point c'est extrêmement différent. Et puis même moi ce que je rajoute, c'est que euh de parler de narcotrafic, c'est-à-dire de d'utiliser ces termes-là et de diffuser cet imaginaire là, ça peut tendre à donner de la force aux organisations criminelles sur le terrain. Oui.
À les rendre désirables, leur boîte de vie ou c'est pas que les rendre désirables, c'est aussi les rendre qu'ils ne sont et donc de désarmer, de créer un effet de sidération dans la société. Merci pour vos analyses Marwan Mohamed et pour ce livre, votre trajectoire bourré d'humour et dédié à votre maman. Celle qui disait "C'est pas vrai Willy Willy et ben oui, c'est pas gagné mais c'est gagné.
Merci, c'est pas perdu et c'était pas perdu. Tout n'était pas perdu. C'est au seuil.
Merci infiniment d'être venu dans 28 minutes. On va passer à notre débat sur la relation franco-indienne à la veille du voyage d'Emmanuel Macron en Inde la commande historique d'une centaine d'avions de combat rafale à Dasso Aviation Fedlin un partenaire économique majeur pour la France. Est-ce au prix de certains renoncements ?
On en débat après la mise au point de Sandrine Lecalvez. L'Inde renforce son partenariat avec la France. Elle vient de passer commande de nouveaux rafales auprès d'Ud d'Assu aviation qui acceptent de fabriquer une partie des appareils sur le sol indien.
Pour la première fois, des avions rafales seront fabriqués hors de France. Cela permettra d'intégrer à nos effectifs des avions de chasse relativement rapidement. La dégradation des relations transatlantiques accélère un rapprochement avec l'Inde.
Partenaire stratégique devenu le pays le plus peuplé au monde, 1,4 milliards d'habitants. C'est dans ce contexte qu'Emmanuel Macron y entamera demain son 4e voyage officiel. Il emboitera le pas au chancelier [musique] allemand qui a participé à un festival de ser volant le mois dernier, suivi quelques jours plus [musique] tard d'une délégation européenne pour la signature d'un important accord de libre échange.
L'Union européenne et l'Inde sont des partenaires stratégiques et fiables. Il ne s'agit pas simplement d'un accord commercial mais d'un nouveau modèle pour une prospérité partagée. Narra maudit joue les équilibristes.
À peine avait-il signé l'accord avec l'Union européenne qu'un autre accord avec les États-Unis a été annoncé dans le but de mettre fin aux tensions liées aux droits de douane imposé par Donald Trump. Mais pas question pour autant de se passer du pétrole russe comme le souhaiterait Washington. Malgré la guerre en Ukraine et les pressions occidentales, le Premier ministre nationaliste indien reste fidèle au président russe qui l'a accueilli en décembre dernier.
La Russie est un fournisseur fiable de tout ce qui est nécessaire au développement du secteur énergétique indien. Alors l'Inde est-elle vraiment une partenaire fiable pour les Européens ? Quels sont ses atouts et ses points faibles ?
Emmanuel Macron a-t-il raison de miser sur ce géant d'Asie du Sud ? Nos trois invités pour ce débat. Charlotte Thomas, bonsoir.
Politiste, spécialiste de l'Inde. Vous êtes chercheur associé au programme Asie Pacifique à l'IRIS. Vous avez publié pogrome et ghetto, les musulmans dans l'Inde contemporaine.
C'est votre dernier essai. Et selon vous, l'Inde est un marché capital pour la France et pour l'Europe avec ces 2 milliards de consommateurs potentiels réunissant donc l'Europe et l'Inde. Dans ce contexte, la question des droits humains est complètement passée sous le tapis.
À côté de vous, Philippe Lec, bonsoir. Professeur en géopolitique à l'esse. Selon vous, la France et l'Inde ont une relation privilégiée dans un moment où l'Union européenne est face à un allié américain qui nous insulte, une Chine qui nous méprise et une Russie qui nous attaque.
Vous avez le sens de la formule et la situation est assez tragique en effet. Et enfin Claude Blanche Maison, bonsoir. Ancien ambassadeur de France en Russie et en Inde.
Vous le futes de 1996 à 2000, hein, ce sont les bonnes dates 4 et vous êtes l'auteur de l'ouvrage Fragment d'un parcours aventureux et selon vous l'un des le premier partenaire stratégique de la France en Asie. Mais New Delhi est dans une logique de multialignement. Elle prend dans chaque pays ce qu'il y a de plus intéressant pour elle.
Et on démarre ce débat Benjamin avec le chiffre du jour. L'Inde approuve donc l'achat de 114 avions rafal à la France. C'est le plus gros contrat jamais signé par d'Asso Aviation, 33 milliards d'euros environ.
Le marché n'est pas complètement conclu mais il devrait aussi déboucher pour partie sur un transfert de technologie. Philippe Lec, la défense a toujours été un pilier important dans la relation entre l'Inde et notre pays, la France. Oui, ça fait plusieurs dizaines d'années en fait que il y a des relations très proches entre les ministères de de la défense des deux pays et puis entre l'industriel.
On a fourni des sous-marins. Ça c'était un contrat qui avait mis beaucoup de temps à à accoucher. Vous savez qu'il y avait eu des rapports déjà entre les présidents, entre Mitteran et Indira Gandhi. et donc tous les premers ministres indiens sont venus euh et donc c'est vrai que le le côté défense a toujours été important.
C'est presque bon le principal pilier de notre relation. Charles Thomas, vous direz que c'est lié à une relation personnelle entre Maudit et Macron tout de même ou pas ? Non, pas du tout.
Déjà, la première chose c'est que donc ça date à peu près de Sushirac en fait la relance du partenariat stratégique avec les Indiens. Je dirais aussi que heureusement qu'on leurevend enfin heureusement je s sans cette normative mais en fait la seule chose que l'Inde vend la France vend à l'Inde aujourd'hui c'est des stratégies de des arbres enfin principalement du matériel militaire et pour autant enfin des produits avec une très forte valeur ajoutée et pour autant on est en déficit commercial par rapport à l'Inde. Donc je pense que c'est quand même important de le souligner.
Et puis la relation personnelle, moi si vous voulez, je crois très peu à ça au sens où je trouve que c'est quelque chose de très communicationnel, de très mise en avant et que en fait peut-être que ces gens s'entendent bien sur le fond, mais on voit bien que sur ce qui compte, c'est-à-dire les décisions politiques prises infiné, ça n'a que très peu très très peu d'influence. Et j'en terminerai juste sur le fait que par exemple la visite de Macron là en Inde n'a à ce stade pas fait une ligne dans la presse indienne. Pas encore, il arrive.
Oui, mais quand même quand le président États-Unis par exemple se rend en Inde, on en entend parler bien avant. Claude Blanche Maison. Alors justement sur les relations interpersonnelles, est-ce que c'est important vous qui avez été ambassadeur de 96 à 2000 en Inde, est-ce que entre les présidents vous êtes dit mieux ils s'entendent plus on commerce ou pas ?
Bah écoutez, c'est important parce que quand c'est d'abord la communication. Quand je suis parti en Inde au printemps 96, le président de la République qui recevait à l'époque les ambassadeurs en partance m'a dit "Écoutez, vous débrouillez comme vous voulez, mais ce que je veux, c'est que vous construisiez des relations de confiance avec l'Inde." Il est venu en visite d'État 2 ans plus tard.
Il a signé l'accord de coopération stratégique qui est le premier qu'on est signé avec un pays asiatique et que le premier que l'un dessigné avec un pays européen. Chirac. Donc c'est par c'est en effet Jacques Chirac a donné un coup d'accélérateur en effet par rapport à un équilibre plus ou moins subtil qui existait avant entre nos rapports avec le Pakistan et nos rapports avec l'Inde.
Et Chirac a décidé, c'est un choix de choisir que l'on peut absolument et de dire on met le paquet sur l'Inde parce que c'est le pays on raison démographique où la démographie joue un rôle potentiel futur mais aussi la géopolitique parce que qui peut contenir l'Inde à terme de l'autre côté de l'Himalaya c'est évidemment le poids de l'Inde. Or l'Inde par son poids démographique, elle vient de dépasser la Chine mais aussi par son poids économique parce que depuis cette époque depuis 28 ans donc elle a rattraper la France sur le plan économique le PIB aujourd'hui est à peu près équivalent. Alors, ça dépend quel quels sont les les statistiques, mais grosso modo est à peu près équivalent.
Et effectivement, la France a des technologies que l'Inde n'a pas et par conséquent, il est assez logique que euh les objectifs économiques soient sur euh les technologies en matière de transport, en matière d'énergie et dans le domaine de l'armement. Bien sûr. Vous avez une nuance rapportée ?
Bah, juste sur les comparaisons de PIB, il y a aussi une petite variable de population. Enfin, je veux dire, on peut c'est pas terme à terme comparable, je pense. Je vois ce que vous voulez dire qu'il y a une une enfin l'Inde se développe.
Après, c'est un gros sujet aussi parce que l'Inde produit une croissance sans emploi par exemple et avec et c'est le problème structurel voulez dire par une croissance, c'està-dire qu'en fait comme la politique économique et ça s'est vu là au dernier budget qui vient d'être adopté en demier, le il n'y a aucune politique active de l'emploi. Donc avec à peu près 10 millions de gens qui arrivent 1 million de gens pardon qui arrivent chaque mois sur le milieu de marché de l'emploi. Il n'y a pas de politique.
Il y a une politique de de d'attrait des capitaux étrangers, d'attrait des investissements, mais il n'y a pas de politique d'emploi et il n'y a pas non plus d'investissement de la part des très grandes entreprises indiennes. Elles n'investissent pas dans en recherche et développement dans leur propre pays, ce qui crée une économie à tonne. C'est aussi pour ça que l'Inde cherche des débouchés pour sa main d'œuvre en Union européenne.
Justement, ah ben voilà, vous faites la transition. Récemment, l'Union européenne a conclu un accord commercial massif avec l'Inde. Écouter la présidente de la Commission européenne Vener increasse world Europe India toiable partner to one another.
Fiber, ça veut dire qu'on a une marge beaucoup plus importante, un potentiel commercial beaucoup plus important que ce qu'on a aujourd'hui, hein. 48 milliards d'exportation de l'Union européenne, c'est c'est quoi ? C'est trois fois plus que ça le potentiel, c'est Oui, on parle de 100 milliards d'ici 10 ans, donc en tout cas de un doublement et surtout bah c'est la baisse des droits des droits de douane.
On ne parle pas des sujets qui qui fâchent, notamment l'agriculture hein, pour ne pas rappeler les mauvais souvenirs du du Mercosour. Je je pense quand même qu'il faut il faut aussi rappeler que cette cet accord, c'est un accord commercial, mais c'est aussi quand même un accord politique. C'est quand même un accord qui au final va satisfaire le premier ministre maudit, va satisfaire les Européens qui se retrouvent quand même pris en tenaille entre une Chine qui qui cherche à prendre la première place du podium et des États-Unis qui sont dirigés par un président quand même un peu spécial.
Ouais. Donc donc les Européens et les Indiens sont tombent un peu les bras dans l'autre. Mais clanchement c'est parce que justement on a eu des déceptions avec la Chine.
On s un moment on est tourné vers la Chine, on s'est dit que le marché était pas le débouché était pas si important que maintenant on se dit "Ah bah c'est là-bas que ça se passe, c'est en Inde." Bah c'est pas maintenant comme je vous dis, ça fait 28 ans qu'on a le premier le premier accord de de coopération stratégique. On a jamais pensé à en avoir un avec la Chine.
Il en était pas question. Alors, ce qui a été signé avec l'Union européenne, c'est très important parce qu'en réalité, il y a plusieurs accords. Il y a celui dont on vient de parler qui est l'accord de libre échange qui va avoir une période de transition assez longue finalement parce que les droits de douanes sur les automobiles vont être démantelés en plusieurs phases.
Et en effet, on a mis l'agriculture en dehors parce que les Indiens veulent protéger leur production de céréales et notamment de riz et de blé bien sûr. et on l'a mis donc or sauf le vin et les spiritux qui sont dans l'accord et qui vont bénéficier d'une réduction de droits douane car complètement complètement prohibitif. Mais il y a un autre accord qui en est un accord de coopération stratégique entre l'Union européenne et l'Inde.
Et c'est la première fois qu'on en parle et effectivement ça a été inventé un peu au dernier moment peut-être parce que monsieur Trump développait ses manœuvres et que dans le fond il fallait se précipiter pour avoir un accord également politique de coopération stratégique entre l'Union européenne et l'Inde. Et et et Fanny, vous allez nous l'expliquer pour alimenter le débat. Monsieur Trump donc vient de signer ou va signer un accord commercial avec l'Inde.
Ah oui, il l'a annoncé en grande ponte début février sur son réseau social Truth Social. Après des mois de tension entre les États-Unis et l'Inde, les deux pays viennent de signer un accord commercial. Dans le détail, les États-Unis s'engagent à réduire les droits de douane imposés sur les marchandises indiennes de 50 % à 18 %.
L'Inde serait donc légèrement favorisée par rapport à ses concurrents asiatiques. De l'autre côté, l'Inde, elle s'engage à acheter 500 milliards de dollars, 420 milliards d'euros de produits américains sur 5 ans. On parle de produits énergétiques, technologiques, agricoles ou encore de charbon notamment.
Autre clause de l'accord revendiquée par Donald Trump, l'Inde cesserait d'acheter du pétrole russe. La reine Dramodi n'a nié ni confirmé cette information. Rappelons que l'Inde est aujourd'hui avec la Chine l'un des principaux acheteurs du pétrole russe.
Cet accord est très critiqué en Inde. Pour certains de ces détracteurs, il est irréaliste, c'est le mot utilisé. Car pour atteindre ces objectifs, l'Inde devrait doubler chaque année ses achats de produits américains.
Pour d'autres, il est même dangereux, on parlait de l'agriculture à l'instant. Les syndicats agricoles redoutent une invasion de produits américains made in USA qui mettrait à mal un secteur agricole qui fait vivre la moitié de la population indienne. D'après le politiste et chroniqueur à l'Indian Express Pratap Banou Meta.
Il ne s'agit pas d'un accord de libre échange. Trump, je le cite, ne veut pas d'une égalité réciproque mais une domination impériale. Philippe Lec, c'est aussi à cause de ce deal, entre guillemets, face à la pression américaine que l'Inde se tourne vers l'Europe.
Ben, c'est-à-dire qu'il y a une différence entre un accord européen qui a été discuté pendant des années parce que les les Européens sont plutôt des marathoniens, surtout les fonctionnaires européens. et euh le le deal de de des États-Unis qui vient en fait réparer une situation extrêmement abîmé qui est la relation entre les États-Unis et et l'Inde depuis l'arrivée de depuis le retour de Donald Trump en janvier 2025. Vous savez que Maudi avait été le premier chef de gouvernement étranger à venir en visite officielle à Washington et euh quelques mois plus tard, ils ont imposé des droits des droits de douanes à 50 % et puis surtout Trump a voulu euh euh tout d'un coup se mêler de du conflit indoistanais et dire que c'était lui en fait qui avait résolu le conflit autour du Cashmir.
Voilà le le conflit le conflit entre l'Inde et le Pakistan qui n'est absolument pas résolu évidemment. qui prendra des générations avant de l'être. Charlotte Thomas, accord avec les États-Unis, accord avec l'Europe, vous diriez que l'Inde est un partenaire fiable ou est-ce qu'elle risque d'être attrapé par des ambitions nationalistes ?
Ben déjà pour repréciser de petites choses quand même sur l'alcor avec les entre l'Union européenne et l'Inde, il y a rien qui est signé, qui est formalisé. On a aucun détail précis. Je précise aussi qu'il y a une clause de mobilité par exemple qui prévoit donc de faire venir des travailleurs et dans les deux sens, on a aucun détail là-dessus.
Je pense que c'est un vrai enjeu démocratique et qu'on ne peut pas en fait discuter sereinement de cet accord parce qu'on on ne le connaît pas en fait. Et je nuance aussi pour la pour protéger l'agriculture dans un côté comme de l'autre, ce n'est pas vrai puisque Narandra maudit dès la fin de l'année passée a supprimer le revenu minimum pour les paysans indiens qui étaient vraiment un une enfin une dynamique indispensable pour protéger son agriculture et on voit qu'aujourd'hui il a accordé ça aux États-Unis. Donc en fait le mythe de protéger l'agriculture n'est pas celui-là. il fallait le réserver aux industries, aux capitalistiques indiennes.
Sur le côté fiable, moi je je suis toujours un peu mal à l'aise avec cette notion que je trouve très question de moral mais pas trop de science politique que je fais au quotidien que j'essaie en tout cas parce que par exemple est-ce que les États-Unis on les considère comme un partenaire fiable aujourd'hui ? C'est compliqué. Moi, je dirais juste que c'est un partenaire comme l'Inde en a d'autres qu'il faut pas du tout avoir l'impression.
Comme je vous disais, le l'accord avec l'Union européenne aussi a fait deux lignes dans les journaux et de le lendemain en fait l'annonce de Trump alors qui est présenté comme un deal, c'est un tweet de Trump à ce stade. On est plus sur ça que quand même sur des choses très concrètes parce qu'on a pas les détails. C'est juste que les Indiens font des affaires.
Voilà et ils ont ils ont ils cherchent à diversifier leur partenariat. Ils sont pas du tout je comme parfois l'Occident entre guillemets, les utilise dans un peu cette ce conflit contre la Chine bon sur tout un tas de choses mais les Indiens sont beaucoup plus pragmatiques. Leur premier partenariat commercial en Asie du Sud, ce sont les Chinois.
Donc ceci temporise quand bien même ils ont un conflit mais voyez c'est juste pour un peu temporiser les les les oppositions quoi. Alors quant à ces contrats qui vont être noués entre la France et l'Inde et on se demande à quel prix au prix de certaines concessions de certains renoncements éthiques ou au niveau des droits humains, on va regarder une archive à propos de la guerre en Ukraine qui est l'angle mort dans les relations franco-indiennes. La France soutient l'Ukraine mais Narend Ramodi refuse absolument de condamner l'agression russe pour témoin cette rencontre qui a eu lieu en 2023, c'était en mai 2023 entre Voladimir Zelenski et le premier ministre indien.
À l'offensive, Zelenski s'est invité avec un objectif, élargir ses soutiens hors d'Occident dans sa ligne de mire l'Inde et le Brésil. Première aujourd'hui, cet entretien avec le chef du gouvernement indien maudit. Il a jusqu'à présent refusé de condamner l'agression russe.
Sous le regard sévère de son interlocuteur, Maudit s'engage à Minima. Je vous l'assure, l'Inde et moi personnellement feront tout notre possible pour trouver une solution à la guerre. Clo Blanche Maison, on ferme les yeux ici en France et en Europe sur les affinités que peut avoir Maudi, notamment avec Poutine.
Poutine qui était en décembre il y a à peine de 2 mois et demi en Inde. Oui, comme Macron, on va pour la 4e fois en Inde à partir de demain. Si vous voulez, permettez-moi là de nuancer un petit peu ce que vous dites.
Évidemment, Maudit n'a jamais condamné Poutine pour son invasion en Ukraine. Aucun pays asiatique d'ailleurs ne l'a fait. Hm.
Euh parce que en Asie on le fait pas. simplement quand vous êtes quand vous écoutez les discours de Narendra maudit de Chancar le ministre des affaires étrangères qui vient souvent à Paris ou de l'ambassadeur d'Inde à Paris dans leur discours public qui a toujours l'Inde respectera le droit international et très attaché au respect de la souveraineté des États et très attaché au respect de l'intégrité territoriale des États. Alors si Poutine sait lire il doit bien voir que même si on le cite pas il est il est visé.
Bon ben c'est comme ça que pratiquent les asiatiques et les Chinois la même chose puisque même le ministre chinois euh avant-hier à Munique a répéter ce que je viens de dire là. Les pays asiatiques sont très attachés au respect de l'intégrité territoriale des États et Charlotte Thomas, l'argument des des Indiens, c'est de dire bah c'est notre multialignement. Voilà, on fait en fonction de nos intérêts parce que on est au final c'est nous qui comptons de Il y a deux choses à dire là-dessus, c'est que déjà bon ce qu'on appelle l'Occident, on n pas beaucoup de crédibilité quand même au niveau international enfin se perd en crédibilité, c'est-à-dire quand on voit la situation ailleurs dans le monde et cetera.
Donc on a une application un peu à géométrie variable du droit international et ça quand vous vivez en Inde comme j'ai du coup les Indiens vous disent bah oui mais vous vous appliquez le droit international quand vous avez envie en fait. Donc du coup eux font la même chose. Je rappelle quand même que l'Inde a lancé une guerre illégale contre le Pakistan he parce que l'implication du Pakistan n'est toujours pas avérée dans ce qui s'est passé au Cachemir l'année dernière.
Donc je pense qu'il y a des déclarations qui n'engagent que ceux qui les écoutent et que Narandra maudi fait du ça me dire en anglais mais du lip service enfin je dirais il fait sa voilà il fait non mais je dirais il il donne les déclarations qu'on attend de lui mais effectivement ça n'a jamais impacté ses relations avec la Russie comme tout un tas d'autres pays d'ailleurs qui et il y a une petite hypocrisie européenne aussi puisque on a acheté beaucoup de pétrole à un moment donné aux Indiens qui venaient de Russie même si ma a réduit ses pété acheté tout d'un coup du pétrole aux Indiens personne Dup tout le monde le sait. Enfin, c'est pas une Mais Philippe Lec, il y a encore du pétrole russe qui arrive en Inde. L'accord avec Washington est censé réduire justement.
Donc est-ce que est-ce que les Indiens vont écouter Washington étant donné que les relations sont beaucoup moins bonnes que qu'elles étaient il y a un an ? J'en j'en doute fort. Donc on sait bien que la Russie est un partenaire essentiel de l'Inde depuis plusieurs dizaines d'années et que et que les Indiens d'ailleurs vous allez à Nél aujourd'hui vous voyez des Russes dans tous les forums, ils sont très présents que vous les voyez pas forcément ailleurs.
Mais Claude Blanche-Maison sur les droits humains là pour le coup on ferme quand même pas mal les yeux. Enfin, il y a quand même des discriminations dont sont victimes les minorités en Inde. Il y a la situation au Cachmir, il y a la répression des journalistes.
Il y a quand même le Parlement européen voté trois résolutions pour demander à l'Inde de respecter davantage les droits humains. C'est resté l'être maudi. Oui, le gouvernement maudit est en effet un gouvernement nationaliste à tendance autoritaire euh avec des vélités expansionnistes.
Avec d'expansionniste, ça je ne sais pas. Mais en tout cas, ça n'est plus du tout les gouvernements anciens du parti du Congrès dont tous les dirigeants avaient fait leurs études en Grande-Bretagne. Ça, ce temps-là est terminé.
Et donc lui, il place en effet le nationalisme dans la promotion de la religion hindoux. D'où et en effet une certaine discrimination des musulmans qui est tout à fait condamnable et que d'ailleurs nous condamnons. J'ajouterai que en effet l'Inde n'est pas une démocratie parfaite, très loin de là. 1 milliard 400 millions d'habitants, c'est un peu compliqué, mais elle a les signes extérieurs de la démocratie dans la mesure où il y a des alternances euh au niveau de la Fédération, il y a eu pendant 10 ans un premier ministre du parti du Congrès auquel a succédé monsieur Maudit et il est dans dans le deuxème mandat de ces 10 ans qu'il fera. peut-être plus, je n'en sais rien.
Et puis au niveau des États, puisque c'est une fédération, il y a 29 États et dans les 29 États, ce n'est pas le parti de monsieur Maudi qui gouverne. Alors effectivement, il y a une un pluralisme politique et des alternances au niveau des États et au niveau de la Fédération. Ça n'a absolument rien à voir avec un pays comme la Chine qui est un pays totalitaire à parti unique.
Charlot Thomas, vous avez l' duitative. Alors oui, je suis beaucoup beaucoup plus nuancé. Moi, je considère que c'est un régime autoritaire.
Euh franchement, même avec des dérives, je pourrais définir la notion mais fascisante, eu égard au fait qu'on parle de linchage de minorités ethno religieuse chrétienne et musulmans tous les jours dans la presse, que il y a une capture des parties des pouvoirs de l'opposition, que au niveau des États fédérés, il y a justement le le BGP, enfin le parti Naron Ramodi au pouvoir utilise les rouages de la du institutionnel de la fédération pour couper les pouvoirs des États fédérés en leur supprimant des budgets, en politisant certaines fonctions. Il y a des gens en prison. Tout toute forme de contestation du pouvoir est mise en prison.
Il y a des étudiants et des profs qui sont lyché sur les fac quand ils essayent de donner certains types de cours. On fait de l'arrière politique en fait parce que donc on est Oui. Et juste pour répondre à par ça pourrait être la première puissance mondiale dit-on d'ici la fin du siècle.
Tout à fait. Après je moi je je considère qu'il l'ingérance c'est quelque chose de très compliqué et on va pas arriver nous avec nos grands sabots faire de l'ingérance. Donc moi je je suis très prudente sur ce que je dis.
Je dis juste que il y a une différence entre continuer à avoir des rapports diplomatiques qui sont indispensables parce qu'il est important d'avoir des des rapports avec tous les États qu'il soit. Il y a une différence entre ça et faire venir Narandra maudit comme invité d'honneur et cetera. Et j'en termine juste pour répondre sur votre propos.
C'est pas que les les résolutions auxquelles vous faites référence sont laissé l'être morte, c'est qu'il y a même eu des déclarations du par du du de la commission et cetera pour louer nos valeurs communes avec les Indiens. Donc on est on est vraiment c'est ça qui est plus problématique selon moi. Merci.
Ce sera la conclusion de ce débat. Merci à tous les trois d'être venus débattre. On va rester dans l'actualité mais vu par Xavier Modu et Marjorie Adelson.
Alexe Navalni, le principal opposant Vladimir Poutine a bien été empoisonné en prison en 2024. Résultat d'une enquête internationale ce que Moscou continue de contester. Et à New York bataille juridique autour des chats d'épicerie en VO les Bodegga Cats.
On va voir ce que c'est. Mais d'abord le mot veutêtre du jour élite. Il est beaucoup question de défiance envers les élites depuis les révélations liées à l'affaire.
C'est entendu l'affaire avec la bousse jusqu'aux élites européennes. Elle fait d'abord à mon avis trembler les élites par rapport au aux élites. Qu'est-ce que ça veut dire exactement ce que ça dit ? [musique] Merci de m'en dire un peu plus.
Entendu. La vie secrète des mots vedettes. Élite du latin guérer choisir désigne un petit groupe de [musique] personnes qui trustent les premières places grâce à certaines qualités sous statut socialement valorisé.
En clair, la crème de la crème, la fine fleur, le gratin. La publication des fichiers Epstein le 30 janvier a montré l'ampleur de la compromission des élites. Dès 1916, un sociologue et économiste italien distingue l'élite, les individus [musique] qui exercent les fonctions dirigeantes et les élites, les catégories sociales composées d'individus ayant la note la plus élevée dans leur branche d'activité, c'est-à-dire des savants, des artistes, des sportifs, des joueurs d'échec ou même l'élite des escrocs.
Autour des travaux de cestuil est née au début du 20e siècle la théorie des élites qui avance que indépendamment de la nature du régime politique, il y a toujours une minorité composée des individus les plus aptes de par leurs compétences et leurs qualités psychologiques qui gouvernent tandis que la masse de la population est gouvernée. Celles et ceux qui ont frayé à des degrés divers avec l'ex prof de math, gestionnaire de [musique] fortune, pédo criminel, soit une aristocratie mondiale de la finance et de la politique, banquier, entrepreneur, ministre, chef d'état ou de gouvernement d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs sont des élites formant l'élite. En théorie, bien que le prédateur ait notoirement purgé 13 mois de prison à partir de 2008 pour incitation à la prostitution de mineurs, les élites qui ont continué à profiter de ses libéralités et de son entreg se défendent aujourd'hui d'un si j'aurais su j'aurais pas venu d'une couardise aux antipodes de leur statue de [musique] la crème de la crème à l'écume de l'écume.
Merci Tibon. Rebonsoir Marjoria Delson et Xavier Maudu dans une espèce d'harmonie végétale écologiste bien sûr c'est bien vous. Bon Xavier plusieurs pays européens dont la France confirme aujourd'hui l'empoisonnement d'Alexe Navalni l'opposant russe à Vladimir Poutine mort en prison en 2024 empoisonné.
Alors, les accusations selon Moscou sont infondées, mais il y a une sorte de sinistre habitude autour de l' de l'empoisonnement en Russie et ça remonte à des siècles. Ah oui oui. Ellisabeth en sièc exactement le 9 octobre 1569 parce que ce jour-là l'ambiance est particulièrement empoisonné dans l'entourage du tsar de Russie.
Le tsar en question c'est Ivan 4, nous le connaissons mieux sous son petit nom terrible. Et ce jour-là, il convoque auprès de lui un de ses cousins, le prince Vladimir Andrejevic Staritza. Il le convoque dans sa résidence à une centaine de kilomètres de Moscou à l'ouest à Alexandrof.
C'est étonnant d'ailleurs parce que les deux cousins sont assez proches en fait. Pendant longtemps, on a imaginé que ce plein ce prince Vladimir allait peut-être éventuellement remplacer le sar s'il arrivait quelques malheur au jeunes Tsarevit. Sauf que voilà, Vladimir a perdu la confiance du tsar.
On est dans une ambiancez de complot de contestation du pouvoir. Donc ambiance vous l'avez saisi empoisonné. Qui empoisonne qui ou qui tente d'empoisonner ?
On fait surgir un cuisinier. Ah cuisinier sans doute soudoyer qui affirme que Vladimir lui a demandé d'empoisonner le tsar. Faux crie Vladimir.
Traître répond le tzar. Tu m'as préparé du poison, tu vas en boire. Et là, Vladimir prend la coupe, bois et ils vont le terrible regard impassible hein, la longue agonie et comme le tsar fait pas les choses à moitié.
Ensuite, c'est la mère de Vladimir, son épouse, ses enfants, tout ce monde-là meurt empoisonné, noyé. Cette histoire est racontée entre autres par Nicolai Karamzin qui est au 19e siècle l'auteur d'une histoire générale de la Russie. Ça paraît dans les années 1820.
Et c'est ce genre de petite scénette en fait qui pontue toute l'histoire de la Russie avec du poison dès que vous avez une mort subite. Emisonnement et c'est ça tout le temps avec des interrogations empoisonnement pour les opposants, empoisonnement pour les tsars eux-mêmes. He c'est le cas encore aujourd'hui on se pose la question pour Pierre le Grand pour Pierre II où il était empoisonné.
En tout cas, il est certain que avec le poison on a toujours ce même souci la discrétion. Quand on veut une exécution connue, vue de tous, on y va à la hache, on y va à l'épée. Avec le poison, on ne sait jamais.
Et ça construise l'image du pouvoir russe perfide, cruel, apte aux empoisonnements alors que c'est un peu partout pareil dans le même temps en Europe. Mais non, en Russie c'est ancré. On a toujours cette histoire de poison.
Et quand en 1921, Lenine arrivé au pouvoir avec la révolution bolchevique crée un laboratoire des poisons, une institution, il s'inscrit dans cette histoire avec l'idée bah qu'il faut identifier les poisons pour ne pas être empoisonnés soi-même et puis plus puis plus puis plus puisqu'on les a, bah autant les utiliser pour empoisonner les opposants. Vous voyez hein que jusqu'à aujourd'hui cette histoire de poison survole l'histoire de la Russie. Une histoire de poison volant de Oh jolie !
Merci monsieur Maudu Margorie. À New York des élus veulent légaliser les chats d'épicerie. Vous allez nous expliquer ce que c'est que les Bodegga Cats.
C'est ça. On les appelle les Bodégats. Alors les Bodégas, vous savez, ce sont ces épiceries et petits commerces alimentaires qu'on trouve un petit peu partout à New York.
Et là-bas et bien si vous cherchez le patron, il est fort probable que vous tombiez d'abord sur le chat. Alors, il y a ceux qui prennent leurs aises dans les sucreries, cachées, voilà, au milieu des sucreries ou encore perché sur une pile de papier toilette. C'est selon les affinités.
On estime que 30 à 40 % de ces petits commerces auraient un félin. Beaucoup de commerçants expliquent ainsi que ça leur permet de lutter contre les rongeurs en ayant pas recours du coup au poison mais aussi d'attirer des clients éluophiles, c'est-à-dire qui aiment les chats. Je vous partage ce terme parce que je l'ai appris tout à l'heure.
Alors certains félins sont même devenus des véritables stars, des mascottes qui ont droit à des interviews. He vous voyez ce pauvre petit chat qui qui mange le micro. problème, c'est qu'en réalité euh ces chats sont interdits tout comme les autres animaux dans les épiceries et chaque propriétaire est donc en théorie passible d'une amende qui peut aller jusqu'à 350 €.
Sauf que ces chats, vous l'avez compris et bien ils font vraiment partie intégrante de la culture urbaine de New York. Ils ont un compte Instagram, ils font la couve du New Yorker. Voilà, vous voyez ce le fameux compte Instagram et ils ont même des livres de photos qui leur rendent hommage.
Un nouvel ouvrage va d'ailleurs sortir d'ici quelques mois. Il s'appelle tout simplement Bodegga Cats of New York. Alors du coup pour simplifier les choses, certains élus de la ville proposent de légaliser leur présence mais aussi de permettre des vaccinations et des stérilisations gratuites.
Ça fait l'unanimité cité. Non, pas vraiment. notamment du côté des associations de protection des animaux qui se disent complètement sidérés qu'on aide financièrement des commerçants et pas des famille modeste qui posséderaiit un chat.
Ça c'est pour le premier motif. Autre motif de tension, les maltraitances. Le texte initial faut savoir qu'il prévoit une légalisation généralisée, c'est-à-dire sans contrôle.
Or certains de ces beau dégâts 4 et bien ils seraient maltraités, pas soignés voire obligés de se pas nourris et obligés de se reproduire pour qu'ensuite on vende leur châton. Alors, dans la pratique, les associations, elles estiment que certains commerçants les ont carrément même autorisé à soigner leur chat parce que justement, il y avait cette pression du fait de l'illégalité et donc de la peur d'être dénoncé. Alors, un deuxième texte a donc été écrit, proposé par une autre élu cette fois et il y a dorénavant un cahier des charges que les commerçants devront respecter.
On y trouve par exemple des visites vétérinaires obligatoires ou encore un endroit sûr pour faire dormir le chat. On se demande donc quel sera le sort de ces félins. Le suspense est à son comble Ellisabeth et figurez-vous que c'est l'état de New York qui tranchera, pas la ville.
En attendant, sachez que si vous avez une envie irrépressible de prendre une boisson, un petit café au milieu de gâteau avec des chats, et bien pas la peine de se payer un billet pour New York. Sachez qu'il existe en France des bars à chat. Vous pourrez y savourer un café entouré non pas d'un mais de dizaines de chats.
Et promis, tout cela est parfaitement légal. Il y a un bac à sable hein quelque part. Ils connaissent l'endroit où ils vont faire leur mixion les nos amis les chats.
Merci Marjor et merci à tous. On se retrouve demain 20h05 avec la grande écrivaine indienne à Rounda Tiroy. Tchus. [musique]
Emmanuel Macron