Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 6 décembre 2021 25 min

Valérie Pécresse : "je serai une candidate de la droite assumée"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

8h22, France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien de la matinale la candidate Les Républicains à l'élection présidentielle, également présidente de la région Île-de-France. Questions et réactions au standard d'Inter où vous êtes déjà très nombreux. Je vous redonne le numéro de téléphone 01 45 24 7000. Passez autrement par les réseaux sociaux et l'application mobile d'Inter. Bonjour et bienvenue Valérie Pécresse. La candidate sera donc vous, vous avez été élue par les adhérents alors que vous n'étiez pas nécessairement favorite de cette primaire. Avant d'entrer dans le détail, il y a énormément de points à aborder.

Dites-nous d'abord en quelques mots ce que vous avez tout simplement ressenti samedi vers 14h quand les résultats ont été rendus publics. C'était quoi ? De la fierté ? De la joie ? Quel sentiment vous ont traversé ? Beaucoup d'émotions mais aussi de la gravité. Parce que ce n'est pas un défi comme les autres. C'est évidemment le combat d'une vie politique que je vais mener au nom de ma famille. Et cette confiance qui m'a été faite par les 150 000 adhérents des Républicains est une confiance qui à la fois m'honore mais m'oblige. Et donc beaucoup d'émotions. Et puis j'ai pensé évidemment, je l'ai dit, aux femmes de ma famille.

Ma mère, ma grand-mère alsacienne, ma grand-mère niçoise, mon arrière-grand-mère corse. Toutes ces femmes qui étaient très fortes dans mon entourage. Mais que la société, parce que c'était la société de l'époque, a toujours maintenu un petit peu en arrière, au deuxième plan. Et j'ai pensé à elles parce que c'était des matriarches et que c'est elles aussi qui m'ont appris à avoir confiance en moi.

1:44
Valérie Pécresse

D'ailleurs, vos premiers mots, samedi après votre investiture, ont été pour remercier les militants LR d'avoir eu, je vous cite, l'audace. L'audace de choisir pour la première fois une femme candidate. C'était de cet ordre-là, c'est de l'ordre de l'audace. Pour des militants, disons, sans jugement, mais plutôt conservateurs, de choisir une femme, vous ne pensiez pas qu'ils iraient jusqu'à l'heure ?

2:05
Présentateur

Vous savez, les valeurs de la droite sont des valeurs d'autorité. C'est des valeurs de réforme, c'est des valeurs de courage. Et c'est ce qu'il va falloir pour le pays, pour redresser le pays, pour réparer la France et aussi pour battre Emmanuel Macron et tenir à distance les extrêmes. Donc, il fallait qu'ils me fassent cette confiance et qu'ils identifient une possibilité de pouvoir aux féminins. Et ce n'est pas si simple. On entend souvent certains candidats expliquer que quand les femmes arrivent, l'autorité se dissout, le pouvoir n'existe plus. C'est faux. C'est faux dans l'histoire, c'est faux dans les pays qui nous entourent.

Une Golda Mer, une Indira Gandhi, une Margaret Thatcher, une Angela Merkel, ont été des femmes très fortes et elles ont défendu leur peuple avec énormément de ténacité, de courage et aussi de sérénité parce qu'une femme, forcément, c'est un autre leadership. L'autre grand gagnant de la primaire, c'est Eric Ciotti qui, lui, pour le coup, n'était vraiment pas favori. Il a réussi à passer le premier tour en tête et à remporter près de 40% des votes au second. Est-ce que, Valérie Pécresse, ce résultat vous oblige et en même temps vous prive d'une forme de liberté en vous contraignant sur votre droite ? D'abord, ce qu'il faut comprendre, c'est que la droite est de retour.

Et elle est vraiment debout. Les programmes qui ont été choisis par les adhérents sont des programmes de droite assumés. Il y a évidemment celui d'Eric Ciotti. Eric Ciotti, c'est l'héritier de la droite de Charles Pasqua, grand ministre de l'Intérieur, grande figure. Et cette droite, elle est forte, elle existe et elle répond à une vraie attente du moment qui est cette attente d'un électrochoc d'autorité dans la société mais aussi de plus de liberté économique parce que le programme d'Eric Ciotti, c'est aussi ça. Et beaucoup plus libéral que le vôtre. Ordre et liberté.

3:55
Valérie Pécresse

Ordre et liberté. Il est plus dur sur la sécurité, il est plus libéral que le vôtre économiquement. Est-ce que ça ne va pas être un problème ?

4:00
Présentateur

Oui, mais ce n'est pas celui qui a été choisi. Les militants ont tranché très clairement pour mon projet qui n'est pas un projet, je le dis, non plus à l'eau tiède. Mon projet est un projet extrêmement fort. Il est gaulliste, il est libéral, il est social. Il reprend pratiquement toutes les réformes que la droite a voulu faire en 2017 à l'exception de la réforme de l'assurance maladie mais toutes les réformes que la droite voulait faire en 2017 qu'elle n'a pas pu faire. Il reprend aussi deux propositions de loi très fortes constitutionnelles référendaires. Une sur l'immigration, une sur la sécurité et contre le séparatisme islamiste. On va y venir. Donc mon projet ne sera pas édulcoré.

Moi je le dis ici devant vous. Est-ce qu'il sera durci ?

4:42
Valérie Pécresse

C'est ça la question que vous pose Éric Ciotti.

4:44
Présentateur

Il ne sera pas édulcoré et il peut être enrichi, pimenté mais pas dénaturé par les propositions de mes autres camarades, candidats. Et j'ajoute qu'Éric Ciotti aura évidemment une place tout à fait spéciale et singulière dans ma campagne parce qu'il incarne cette droite pasqua que nous devons mettre à l'honneur aussi dans cette campagne.

5:07
Valérie Pécresse

Mais pardon, passé la photo de famille avec les quatre autres candidats samedi après-midi, la situation, l'ambiance s'est tendue avec la déclaration d'Éric Ciotti qui a dit tout simplement le message de Valais Pécresse n'est pas le bon. Il a dit ça. Alors vous répondez quoi ?

5:20
Présentateur

Je réponds que la droite est unie que cette semaine est la semaine de l'unité que mon premier déplacement sera à Saint-Martin-Vésuby dans ce village qui est à la fois un village juste entre les nations c'est-à-dire un village qui a protégé les juifs pendant la guerre mais aussi un village martyr qui a été victime de ces intempéries épouvantables et de ces inondations qui sont liées au réchauffement climatique et au dérèglement climatique donc c'est un symbole d'une France qui se relève dans l'adversité mais c'est aussi un symbole du défi climatique auquel nous devons faire face. Mais ce n'est pas la question.

Oui mais je le dis ici parce que c'est évidemment pour moi c'est un geste fort aller dans le village d'Éric Ciotti pour mon premier déplacement c'est montrer vis-à-vis de lui la place qu'il a prise avec sa très belle campagne et la place que ses idées aussi auront dans ma campagne. Éric Zemmour hier encore a appelé les électeurs d'Éric Ciotti à le rejoindre. Que diriez-vous ce matin Valérie Pécresse à un militant de droite qui hésite précisément entre rejoindre Éric Zemmour ou rester avec vous chez vous ? Mais personne n'hésite M. Demand. Il y a des militants de chez Éric Ciotti qui hésitent. Pardon, pardon, pardon, pardon.

Aujourd'hui nous avons une famille qui s'appelle Les Républicains et cette famille elle veut gagner. Éric Ciotti veut gagner. Et aujourd'hui ce que nous pensons c'est que les solutions sont chez nous. Les solutions sont chez nous. Chacun a ses nuances. Mais le projet d'alternance à Emmanuel Macron construit économique, régalien, sociétal, écologiste, social, il est chez nous. Et je n'ai rien entendu hier qui m'a permis de changer d'opinion là-dessus. La vraie alternance, la seule crédible à Emmanuel Macron, le seul rempart aux extrêmes, c'est nous.

Et donc je le dis, je serai une candidate de la droite assumée qui assumera les réformes, qui assumera de remettre en ordre le pays et c'est derrière moi qu'il faut se ranger si on veut l'alternance à Emmanuel Macron. Mais Éric Zemmour vous renvoie à votre passé, à votre histoire politique et dit que comme votre mentor Jacques Chirac vous promettrez tout et que vous ne tiendrez rien. Que lui répondez-vous sur ce point-là ? A l'époque effectivement je votais Jacques Chirac et lui votait François Mitterrand. Donc voilà, pas de leçons à donner sur les mentors.

7:39
Valérie Pécresse

Est-ce que vous allez passer ces prochaines semaines avec le poids d'Éric Ciotti qui va vous menacer toutes les semaines si vous ne reprenez pas telle ou telle de ses propositions d'aller chez Éric Zemmour ? Est-ce que ça ne va pas être un chemin de croix à l'intérieur de votre parti ?

7:54
Présentateur

Madame Salamé, la droite a un chef désormais. C'est une chef qui va tracer sa route, qui développera ses idées et qui le fera avec tous ceux qui auront envie de la rejoindre et de la suivre. Et je sais qu'Éric Ciotti fera partie de cela parce que je sais que depuis toujours il a été d'une grande fidélité à sa famille.

8:11
Valérie Pécresse

Avez-vous vu hier à Villepeinte une personne qui a fait sa mue de polémiste à candidat ? Avez-vous vu un candidat hier quand vous avez regardé Éric Zemmour ? Parce que j'imagine que vous l'avez regardé, non ? Moi ce que je retiens surtout

8:23
Présentateur

de cette journée d'hier, c'est que la France a besoin aujourd'hui à la fois d'ordre et de sérénité. Je pense qu'il faut, si on veut présider la France, il ne faut pas céder aux provocations. Il faut à un moment donné être serein. Vous savez, cliver, diviser, les diviseurs n'ont jamais été les sauveurs de la France. Donc il va falloir à un moment donné porter de l'espoir, apporter de l'espoir. Moi je n'ai pas besoin qu'on m'explique que tout va mal. Je sais qu'il y a beaucoup de choses qui vont mal. Je sais qu'il y a beaucoup de choses qu'il faut réparer dans notre pays. Je sais que la France est abîmée. Je sais que pour beaucoup de Français, la fin du mois, ce n'est pas le 30, c'est le 10.

Je sais qu'aujourd'hui, il y a des Français qui se demandent où va notre pays. Est-ce que notre mode de vie sera encore le même demain ? Est-ce qu'on arrivera au premier rang ? Est-ce qu'on arrivera à une France forte, mais pas arrogante ? Est-ce qu'on arrivera à une France où tout est possible ? Donc je comprends cette aspiration. Et moi, ce que je dis, c'est que oui, c'est possible. Mais vous avez vu un candidat hier ? Un présidentiable ? Écoutez, je ne sais pas ce que ça veut dire. Pour moi, un présidentiable, c'est quelqu'un qui a un projet, qui a des solutions pour la France. Il en avait hier. Il faut lui reconnaître ça. Il en a donné. Je n'ai pas entendu.

Peut-être que je n'ai pas suffisamment bien écouté, mais je n'ai pas entendu de proposition. Et surtout, moi ce que je crois, c'est qu'il faut à un moment donné, cette France, il faut lui donner de l'espoir. Et moi, ma campagne, ce sera une campagne d'espérance. Ce sera une campagne qui donnera un envie d'avenir. Encore un mot en marge ? Et qui refera nation. Parce que le sujet, c'est comment est-ce qu'on va réussir à vivre tous ensemble. Et cette nation fracturée, ces gens qui se haïssent entre eux. Moi, c'est ça qui m'a frappée hier. C'est cette montée de la violence. Cette irruption de la violence dans le meeting.

Voilà, en marge du meeting de Villepin, des militants de SOS Racisme ont été violemment molestés par des partisans d'Éric Zemmour. Les images tournent en boucle à la télévision ce matin, notamment celle d'une jeune militante qui a été passée à tabac à coup de poing par un jeune homme pro-Zemmour. Que vous ont inspiré ces images ? Je vous dis, il faut garder son sang-froid. Il faut à la fois une liberté d'expression. Moi, je suis pour la liberté d'expression de tous ceux qui ne pensent pas comme moi. J'ai toujours été pour cette liberté d'expression. Les provocations dans les meetings, ça existe. Ce n'est jamais agréable. J'en ai eu comme tout le monde.

Il faut savoir les vivre avec sang-froid. Et il faut surtout bannir la violence des meetings le plus possible. Dans les deux cas. Parce que vous savez que l'extrême-gauche peut parfois être ultra-violente dans un meeting. Et je l'ai vécu personnellement. Alors, venons-en à votre programme maintenant. Que Bruno Le Maire a lu de la manière suivante. Il dit que c'est un projet de recyclage. Un projet pour le XXe siècle, mais pas pour le XXIe. Il n'y a rien sur le numérique. Rien sur la montée en puissance des géants du digital. Ni sur l'affrontement entre la Chine et les Etats-Unis. Et la place de l'Europe. Et rien sur l'environnement. La charge est rude. Qui répondez-vous ?

Alors là, c'est la meilleure. Moi qui, dans ma région, suis, j'allais dire, une écologiste des résultats qui est fait, qui est passé concrètement des actions phares pour la transition écologique. Et qui est mis l'objectif France Zéro Carbone en première ligne de mon projet. Alors qu'Emmanuel Macron est en retard sur cette trajectoire. et qu'il fait du zigzag et de la godille pour savoir si, oui ou non, il va garder le nucléaire. Et qu'il semble... Enfin, Emmanuel Macron, sur ces sujets d'écologie et d'énergie, c'est franchement... Pardon, c'est du zigzag, c'est du yo-yo. On ne sait pas où il va et on ne sait pas où il veut aller.

Alors franchement, sur l'écologie, ce n'est vraiment pas un sujet sur lequel Bruno Le Maire peut me donner du sens. Je rappelle que sur l'écologie... Quand nous étions ensemble au gouvernement, c'est moi qui ai fait trancher par l'Académie des sciences l'existence du réchauffement climatique et son origine humaine à une époque où le gouvernement auquel j'appartenais était un peu partagé sur ces questions. Donc il n'y aura pas de leçons d'écologie à me donner, surtout pas de la part d'un président qui ne tient pas sa trajectoire zéro carbone.

Et quant au numérique, au contraire, j'ai critiqué la décision du gouvernement auquel Bruno Le Maire appartient d'avoir, avec beaucoup de naïveté, renoncé à ce bel objectif d'un cloud souverain qui protégerait nos données personnelles pour un cloud de confiance, entre guillemets, dans lequel on va donner nos données personnelles à Microsoft et à Google. Alors je sais que Bruno Le Maire nous dira qu'il a pris toutes les garanties, personne n'y croit. Donc la vérité, c'est qu'aujourd'hui, nos start-up numériques, elles ont besoin de commandes.

Et dans mon projet, il y a des quotas, quotas systématiques de commandes publiques aux start-up du numérique pour pouvoir leur permettre de développer des logiciels. Elles n'ont pas besoin des subventions de M. Le Maire. Elles ont besoin de commandes publiques et de contrats. Sur l'écologie,

13:15
Valérie Pécresse

pardon Valérie Pécresse, dans la primaire LR, vous étiez sans doute, vous étiez tous pour le nucléaire, clairement, les cinq candidats, mais vous étiez sans doute la moins anti-renouvelable des autres candidats. Je ne dis pas du tout anti-renouvelable, je suis trop renouvelable. Je dis votre différence par exemple par rapport à un Xavier Bertrand pendant la campagne. Mais juste pour être très clair sur l'énergie, est-ce que vous changerez, si vous êtes candidate, la PPE, la programmation, la loi programmatique de l'énergie qui prévoit qu'on retourne à 50%, qu'on descend à 50% de nucléaire dans la production d'électricité en 2035, est-ce que cette loi-là, vous l'a changée ou pas ?

13:50
Présentateur

Je crois que vous l'avez, vous m'avez déjà posé la question et je vous ai déjà répondu que ce 50% n'était pas un objectif en soi. Donc vous changerez la loi ? Non, l'objectif en soi, pour moi, c'est zéro carbone 2050. Et si, moi, dans mon programme, il y aura la division par deux du déploiement de l'éolien terrestre. Pourquoi ? Parce qu'il faut tenir compte de la beauté de nos paysages, il faut tenir compte de l'opposition d'un certain nombre de populations. à l'éolien terrestre, mais seulement avec l'aval des populations. On fera, on continuera l'éolien offshore, mais là aussi, en veillant à la protection de nos zones de pêche.

Donc ça veut dire qu'effectivement, il y aura un peu moins, sans doute, de déploiement. Il y aura toujours beaucoup de déploiement d'éolien, mais un petit peu moins rapide qu'aujourd'hui. Il y aura toujours du déploiement solaire. Je travaillerai sur les énergies du futur, notamment l'hydrogène, mais aussi tous les réseaux de chaleur, tout le recyclage. Il y aura 25% de consommation énergétique en moins, et il faudra s'appuyer sur le nucléaire pour combler tout ce qui nous manquera. Donc pas de changement de la loi ?

14:50
Valérie Pécresse

De l'objectif de 50% en 2035 ?

14:52
Présentateur

Il faudra, de toutes les façons, qu'on recalibre nos objectifs en fonction de ce qu'on pourra vraiment faire. De toutes les façons, pour moi, il est clair qu'il nous faudra 6 EPR nucléaires de plus pour atteindre l'objectif qui sera de produire 60% d'électricité en plus. Parce que c'est ça le sujet. C'est que nous devons devenir une très grande puissance électrique et qu'on ne le fera pas sans le nucléaire et sans le renouvelable aussi. Beaucoup de monde au standard d'Inter. Pierre, bonjour.

15:19
Auditeur

Oui, bonjour. Pierre Demacy, ancien militant LR. Madame Pécresse, vous proposez de supprimer quelques centaines de milliers de postes d'agents de l'État dans la fonction publique. Vous les prenez où ? À l'armée ? Ils n'ont pas le droit à la parole ? À l'hôpital ? Ils s'en vont tout seuls ? À la police ? Ils s'ennuient ?

15:39
Présentateur

Merci. Merci, Pierre, pour cette question. 200 000 fonctionnaires ou lesquels ? Valérie Pécresse vous répond. Je complète. Effectivement, je prévois dans mon projet la suppression de 200 000 postes de fonctionnaires, mais aussi la création de 50 000 postes supplémentaires. 50 000 postes supplémentaires dans les trois missions que vous venez de citer protéger, éduquer, soigner. Donc, il y aura 50 000 postes dans les fonctions que je viens de signaler protéger, éduquer, soigner, c'est celles que vous venez de citer, cher monsieur. Et donc, j'y créerai des postes supplémentaires. En revanche, là aussi, ce n'est pas que dans la fonction publique d'État que je souhaite supprimer des postes.

Je souhaite supprimer des postes administratifs dans les trois fonctions publiques. Et je le maintiens. Quand on voit qu'il y a 53 000 agents à la mairie de Paris qui refusent aujourd'hui de passer aux 35 heures parce que c'est un acquis social de ne pas travailler 35 heures à la mairie de Paris et qu'on voit, en plus, la propreté des rues, on se dit qu'il y a quand même, aujourd'hui, trop de fonctions administratives et pas assez de fonctionnaires de terrain. Donc il va fonctionner le fameux comité de la hache que vous voulez mettre en place ? Vous savez qui a mis un comité de la hache en place ? C'était M. Ruef dans les années 50 à la suite de l'arrivée du général de Gaulle au pouvoir.

Il l'a fait. Pourquoi ? Parce qu'il fallait débureaucratiser. Aujourd'hui, nous avons des comités. Vous savez que pour valider le vaccin...

17:02
Valérie Pécresse

Même Michel Barnier vous a reprise au dernier débat en vous disant comité de la hache, c'est quand même des gens que tu veux hacher, Valérie.

17:10
Présentateur

Pas du tout. La hache, c'est pour les codes. C'est un comité de la hache qui va hacher menu les codes. Le code de la construction, le code des marchés publics, le code de l'urbanisme. Parce que vous savez, vous créez des procédures...

17:21
Valérie Pécresse

Les fonctionnaires que vous voulez hacher. Non, du tout.

17:23
Présentateur

Et d'ailleurs, j'ajoute que quand on supprime des postes, c'est des fonctionnaires partant à la retraite qu'on ne remplace pas. Et 200 000 suppressions de postes, ça revient à un départ à la retraite sur trois non remplacés. Sous Nicolas Sarkozy, on avait fait un sur deux. C'était beaucoup plus. Laurent, au standard, bonjour. Mais s'il n'y a pas de diminution de la bureaucratie, il n'y aura pas de libération des énergies. Je rappelle que le chancelier allemand, Olaf Scholz, qui est socialiste, mais allemand, a dit que lui, dans son programme, il diviserait par deux la durée de toutes les procédures en Allemagne.

S'il débureaucratise l'Allemagne et que nous, on ne débureaucratise pas la France, on sera sacrément ennuyé et on aura du mal à réindustrialiser. Laurent, donc, au standard. Bonjour, bienvenue, on vous écoute.

18:09
Auditeur

Bonjour, bonjour, madame Pécresse. Bonjour. Bonjour à l'équipe de France Inter.

18:14
Présentateur

Bonjour.

18:14
Auditeur

Voilà, j'ai une petite question. J'ai voté, moi, Macron un peu par défaut en 2017. Je re-voterai pour lui en 2022 avec un peu plus de conviction. Je suis de droite, je vous le répète. si on note la partie immigration qui vous permet de courir un peu après les gens de l'extrême, expliquez-moi, comme si j'avais 10 ans, la différence entre vous et Macron sur un plan uniquement économique et social, s'il vous plaît, parce que j'ai du mal à comprendre.

18:42
Présentateur

Merci Laurent. Valérie Pécresse vous répond. Eh bien, c'est très simple. D'abord, Emmanuel Macron a accru la dette de notre pays à 2 800 milliards. Nous avons aujourd'hui, nous sommes aujourd'hui champions du monde des impôts, champions du monde avec une école qui ne va plus bien, un hôpital qui est à bout de souffle, une justice qui est noyée, qui n'arrive absolument plus à juger vite et bien, un pays qui est en crise d'autorité totale, le communautarisme qui s'installe, un président qui a été totalement angélique sur la menace séparatiste et aujourd'hui la ghettoïsation de nos banlieues et le risque islamiste.

Donc, il y a une vraie différence à la fois sur l'autorité, à la fois sur la gestion. Moi, je considère que toutes les réformes qui auraient dû être faites, réformes des retraites pour préserver le pouvoir d'achat des retraités, réformes de l'assurance chômage, la vraie, pour pouvoir permettre de faire des économies et de pouvoir, là aussi, débureaucratiser. Un petit bout, toujours avec Emmanuel Macron, c'est toujours un mandat pour presque rien, c'est toujours un tout petit bout de réforme qu'il fait et jamais la totalité de ce qu'il faut faire. Jean-Luc Mélenchon, il a résumé dans son meeting... La décentralisation, la confiance au territoire... Jean-Luc Mélenchon, hier, dans son meeting,

19:50
Valérie Pécresse

je ne sais pas comment vous avez apprécié la formule, il a dit Valérie Pécresse, c'est deux tiers Macron et un tiers Zemmour.

20:01
Présentateur

Écoutez, moi, je suis 100% de droite, de droite assumée, une droite qui résoudra, remettra de l'ordre dans les finances, qui libérera l'économie de cette bureaucratie absolue, de cette présidence jupitérienne qui corsette tout et qui empêche les collectivités d'agir, les entreprises de se créer. Aujourd'hui, on a un vrai problème avec la liberté dans notre pays, la liberté économique, la liberté des territoires. Des questions sur le Covid, l'application France Inter, par exemple. Antoine vous demande s'il faut continuer de soigner gratuitement les personnes non vaccinées. Je ne comprends même pas cette question.

La sécurité sociale, elle est ouverte à tous et le droit et l'accès aux soins, bien évidemment. Juste question rapide,

20:51
Valérie Pécresse

la vaccination des 5-11 ans est au programme du Conseil de défense aujourd'hui à l'Elysée. Est-ce que vous y êtes favorable ?

20:59
Présentateur

Moi, sur ces questions sanitaires, je m'en remets aux spécialistes. On a aujourd'hui des autorités sanitaires qui doivent nous dire je ne suis pas épidémiologiste, je ne le serai jamais et si je suis présidente de la République, je m'entourerai des meilleurs pour prendre les meilleures décisions et qu'elles soient le plus proportionnées à la situation, c'est-à-dire essayer de limiter au maximum les contraintes sur les Français. Vous n'êtes pas épidémiologiste. Gilles Pialou, ce matin, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Tenon à Paris, a dit que les meetings électoraux étaient une machine à clusters et que le virus se fout de la Constitution.

Vous, vous avez annulé votre meeting prévu samedi prochain pour cause de Covid. Quelle va être la ligne ? Évitez les meetings pour éviter les clusters. Dites-nous comment vous voyez les jours, les semaines qui viennent. Moi, je serai une présidente de la République responsable et donc, je commence par avoir une campagne responsable. Malheureusement, ça a été un crève-cœur parce que, vous savez, l'enthousiasme et le bonheur aujourd'hui de nos 150 000 adhérents et bien au-delà des électeurs de la droite de se dire que la droite est enfin unie, elle a enfin un projet, elle a enfin la NIAQ et qu'elle a une belle équipe de France.

Donc, il y avait une vraie envie de ce meeting la semaine prochaine. Malheureusement, moi, je ne peux pas prendre ce risque avec la santé de nos sympathisants. Donc, nous ne pourrons pas le tenir. Mais donc, il n'y aura pas

22:24
Valérie Pécresse

de démonstration de force comme il y a eu hier la démonstration de force d'Éric Zemmour à Villepinte ou de Jean-Luc Mélenchou ?

22:29
Présentateur

Ce n'est pas une démonstration de force que de contaminer des Français. Donc, vous tiendrez, il n'y aura pas de meeting ? Il n'y aura pas un immense meeting. Il aura lieu, il aura lieu. Et cette démonstration de force, c'est déjà la démonstration d'un parti qui a doublé son nombre d'adhérents en trois semaines, qui a recueilli des millions de spectateurs et qui a montré une très belle image de rassemblement dès les résultats promulgués.

22:52
Valérie Pécresse

Autre réaction à votre investiture, Yannick Jadot vous a décrite comme une candidate, je cite, homophobe et anti-immigré. Homophobe parce qu'il vous reproche d'avoir soutenu les opposants au mariage pour tous, au sein de la manif pour tous. sur ce sujet, vous en avez souvent parlé, vous dites que vous avez changé d'avis sur le mariage pour tous. Est-ce que si vous êtes présidente, vous reviendrez sur la PMA pour toutes ? Mais d'abord,

23:11
Présentateur

je voudrais dire que j'ai trouvé les insultes de M. Jadot tout à fait pathétiques. Je n'ai pas bien compris comment est-ce qu'on pouvait choisir l'outrance. Ça m'a beaucoup déçue. Alors peut-être que ça dérange effectivement les verts d'avoir une femme de droite qui se dit écologiste, sincère et deux résultats, je n'ai pas compris. Ou alors peut-être que c'est pour faire oublier les errements et les comportements de Nicolas Hulot. J'ai été vraiment stupéfaite de cette attaque. La PMA, vous la gardez ou pas ? Mais sur la PMA, moi je l'ai dit, j'ai dit que j'y étais favorable dès lors que les enfants avaient accès à leurs origines.

Et c'était très important pour moi qu'ils puissent avoir à leur majorité accès à leurs origines. Et je suis en revanche granitique sur la gestation pour autuerie qui pour moi est une marchandisation du corps des femmes et que je ne veux à aucun prix autoriser.

24:09
Valérie Pécresse

Dernière question Valérie Pécresse avant de vous laisser rejoindre Éric Ciotti. Nicolas Sarkozy vous a appelé depuis samedi ? J'ai eu Nicolas Sarkozy au téléphone, effectivement. Il vous a dit quoi ? Félicitations. Vous pensez qu'il vous soutiendra ? On sait qu'il a la tentation Macron. Vous pensez qu'il restera fidèle à sa famille ?

24:25
Présentateur

Mais la droite est de retour et aujourd'hui, je ne sais qu'une seule chose, c'est que Nicolas Sarkozy a voté pour ce congrès. Donc il appartient bien à notre famille politique. Il a voté pour vous ? Il a voté. Il ne vous a rien dit sur ça ? Non. Merci Valérie Pécresse d'avoir été au micro d'Inter ce matin. Candidate Les Républicains à l'élection présidentielle, présidente de la région Île-de-France. Merci encore. France Inter