Conférence de presse à l’issue du Conseil européen | Emmanuel Macron
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 26:00FerméeRéponse directe
Le plus probable est que la Grande-Bretagne adopte un plan alternatif au Brexit ?
- 30:00OuverteRéponse partielle
Que dire aux brexiteurs en cas de no deal ? Qui portera vos idées pour les européennes ?
- 40:00RelanceRéponse directe
Quelle était la réalité du soutien au texte de la Commission sur la Chine ?
- 50:00OuverteRéponse directe
Réaction à la mise à l'écart de Viktor Orban du PPE ?
- 55:00OuverteÉludée
Les dossiers de vos collaborateurs transmis à la justice relèvent-ils d'un procès politique ?
- 1:00:00OuverteRéponse directe
Qui donnera le top départ des futures négociations bilatérales avec le Royaume-Uni en cas de no deal ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:00E. MacronFait
« Le temps de la naïveté européenne est révolu. »
- 8:00E. MacronFait
« Nous avons adopté un instrument européen de contrôle des investissements stratégiques. »
- 9:00E. MacronFait
« Nous avons engagé une adaptation de nos règles de concurrence au nouveau contexte mondial. »
- 11:00E. MacronFait
« Les conclusions d'aujourd'hui en matière de lutte contre le changement climatique sont éminemment insuffisantes. »
- 12:00E. MacronFait
« Nous ne répondons pas aujourd'hui avec clarté ni aux engagements que nous avons pris à Paris en 2015. »
- 47:00E. MacronFait
« La relation entre l'Union européenne et la Chine ne doit pas être avant tout une relation commerciale, elle doit avant tout être une relation politique et géostratégique. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
-E. Macron : Bien, mesdames et messieurs. Je vais donc vous rendre compte de nos échanges et de nos conclusions, mais avant cela, je voulais avoir aujourd'hui une pensée, évidemment, pour les victimes des attentats de Bruxelles, il y a 3 ans jour pour jour, et adresser à cette ville qui nous accueille et à toute la Belgique la solidarité et l'amitié de la France.
Je voulais aussi, avant de commencer mon propos, avoir une pensée pour l'ensemble des victimes frappées par le cyclone qui a touché le Mozambique, le Malawi et le Zimbabwe. Nous avons eu l'occasion, d'ailleurs, d'échanger tout à l'heure sur ce sujet et de leur rendre hommage dans le cadre de notre conclusion. Nous avons tenu, donc, un Conseil européen important, qui a été consacré hier après-midi et hier soir, vous le savez, au Brexit, mais aussi, et parce que le projet européen ne doit pas rester prisonnier de ce sujet, à d'autres éléments extrêmement importants pour notre avenir, à savoir notre relation avec la Chine, notre stratégie industrielle et commerciale, les enjeux climatiques, la lutte contre la désinformation dans nos démocraties.
S'agissant du Brexit, nous avons trouvé hier ce que je considère être un bon accord, et la France s'y est beaucoup impliquée. C'est un accord qui respecte nos principes. D'une part, l'Union européenne.
Et depuis le début de cette situation, je crois que nous avons un acquis, c'est d'avoir constamment décidé, parlé à 27 et avoir été représentés 27 ensemble. Ensuite, assurer avant tout la protection du projet européen de nos citoyens et de nos entreprises en oeuvrant pour, évidemment, au maximum, une sortie organisée, mais en ayant aussi une clarté sur les dates et les modalités pour éviter que le projet européen ne soit bloqué ou pris en otage. Sortir rapidement de l'impasse en donnant au Royaume-Uni la responsabilité de ratifier l'accord ou de proposer un plan alternatif crédible et garder une relation forte avec le Royaume-Uni.
Il y a désormais 2 options claires et simples sur la table : soit le Royaume-Uni vote l'accord de retrait négocié durant 2 ans la semaine prochaine et il aura jusqu'au 22 mai, et donc avant les élections européennes, qui nécessitent de la clarté pour finir le processus de ratification, soit le Royaume-Uni rejette l'accord et il dispose alors de 2 semaines pour proposer un plan alternatif crédible soutenu par une majorité au Parlement. A défaut, et malgré cette flexibilité supplémentaire, nous devrons constater l'absence d'accord, et donc une sortie sans accord, qui n'est dans l'intérêt de personne mais à laquelle nous nous sommes préparés. Et je le dis ici très clairement, nous nous sommes préparés en votant les lois, en prenant les textes réglementaires, en procédant aux embauches nécessaires et en étant prêts, évidemment, à protéger nos entreprises, nos concitoyens et les secteurs économiques qui seraient impactés dans ce cas.
Dans le cadre des questions, je reviendrai évidemment sur les détails ou les interrogations que vous pourriez avoir. Mais si je devais ici tirer une conclusion provisoire, le Brexit, à mes yeux, n'est aujourd'hui, au fond, pas une négociation technique. C'est avant toute chose une leçon politique.
Proposer le rejet de l'Europe sans projet mène à l'impasse. La situation britannique nous le démontre. Et chacun doit en avoir conscience, en particulier en ce moment.
Mais ignorer aussi les peurs et les colères des peuples d'Europe ne peut mener qu'au désastre. Et donc, il nous faut tout à la fois entendre nos peuples, considérer les peurs qui se lèvent...
On ne peut pas faire avancer l'Europe sans entendre ces voix qui s'expriment et les respecter, mais très clairement, on ne peut pas jouer avec les peurs ou proposer simplement de déchirer une page sans proposer autre chose. Il nous faut donc, peut-être plus encore aujourd'hui qu'hier, définir un projet de liberté, de protection et de progrès pour l'avenir. C'est cette Europe dans laquelle je crois et j'ai eu l'occasion, il y a quelques semaines justement, de faire des propositions en ce sens et d'en expliquer la cohérence.
Mais c'est aussi de cet avenir européen et de ce projet de liberté, de protection et de progrès dont nous avons parlé durant ce Conseil, en particulier aujourd'hui, avec une discussion stratégique sur la Chine et en définissant une politique industrielle pour l'Europe. Sur ces 2 sujets, il s'agit très clairement de définir une stratégie commune pour surmonter les divisions européennes et affirmer ensemble une souveraineté européenne. Et c'est véritablement l'esprit qui a régné et à mes yeux l'avancée sur ces points de ce sommet.
Sur la relation entre l'Union européenne et la Chine, c'est une première que nous ayons une telle discussion et c'est une première d'avoir un texte comme celui que la Commission a soumis au Conseil. Je pense que ce réveil était nécessaire. Depuis le 1er jour, pour ma part, j'en appelle à une souveraineté européenne, c'est-à-dire à la nécessité pour l'Europe de se vivre, de se penser comme une puissance à l'internationale, de s'organiser de cette façon, de s'organiser de manière unie pour faire face aux Américains, aux Chinois, qui sont des alliés sur certains sujets...
Les Etats-Unis sont nos alliés historiques, avec lesquels nous pouvons avoir des oppositions, et nous pouvons les tenir quand nous sommes organisés. Et puis, nous avons des rivaux systémiques, pour reprendre le terme, mais qui sont aussi des partenaires économiques d'investissement sur certains sujets et certaines discussions, comme la Chine aujourd'hui. Depuis de nombreuses années, nous avions une approche en ordre dispersé et, il faut bien le dire, la Chine se jouait de nos divisions.
Ca n'est ni un signe de clarté, de cohérence, ni d'ailleurs bon pour nos concitoyens de procéder ainsi. Le texte de la Commission européenne est un bon texte et il apporte pour la 1re fois une clarté commune. Et le sommet UE-Chine qui se tiendra dans quelques semaines est un rendez-vous à cet égard important.
C'est dans ce cadre que j'ai souhaité conclure la visite du président chinois en France, mardi, par une rencontre sur le multilatéralisme, en présence, pour la 1re fois, de la chancelière Angela Merkel et du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Pour que précisément, pour la 1re fois, y compris dans le cadre d'une visite bilatérale, nous puissions d'une part donner le visage d'une Europe qui s'organise et travaille ensemble, et d'autre part, que nous puissions discuter dans le bon format du multilatéralisme, ce qui était un souhait de nos partenaires chinois. Nous avons, sur ces sujets, évidemment évoqué les investissements dans les infrastructures, le sujet essentiel de la 5G et je dois le dire très clairement, le temps de la naïveté européenne est révolu.
Je ne dis pas que tout le monde pense exactement la même chose et qu'il n'y ait pas, au sein des 27 Etats membres qui étaient présents autour de la table, un alignement d'intérêts ou de vues complet. La discussion se poursuivra et les situations actuelles sont bien différentes. Mais il y a, pour la 1re fois, un partage stratégique et la volonté de nos coordonnées conformément aux 10 points de la Commission.
C'est la même volonté qui a présidé à nos décisions. Nous avons adopté un instrument européen de contrôle des investissements stratégiques. Nous avons aujourd'hui relancé nos travaux sur un dispositif de réciprocité dans l'ouverture des marchés publics, ce qui est pour moi un point important, et je soutiens la proposition de 2016 de la Commission dans ce cadre.
Et nous avons engagé une adaptation de nos règles de concurrence au nouveau contexte mondial. Quand je regarde de nombreux secteurs éminemment stratégiques, aujourd'hui, nombre d'acteurs, beaucoup plus qu'il y a 10 ans, sont américains, chinois, en tout cas non-européens. Nous ne pourrons pas mésestimer ce point lorsqu'on parle d'une politique de concurrence.
Et donc, je considère que dans le cadre de notre discussion sur la Chine comme dans nos discussions sur la politique industrielle, il y a eu véritablement des avancées dans le sens de cette souveraineté européenne renforcée, à laquelle je crois et d'une plus grande unité sur ces sujets. Cet agenda est aussi un agenda positif offensif avec des conclusions qui se sont tenues, qui ont été confirmées en matière de lutte contre la désinformation et la volonté partagée, réaffirmée par tous, de protéger les élections européennes à venir. Un plan d'action a été mis en place avec une procédure d'alerte mutuelle en cas d'attaque ou d'intrusion chez le moindre d'entre nous lors de ces élections.
Je souhaite pour ma part que nous allions plus loin, et c'est la proposition que j'ai pu faire d'une agence européenne de protection des démocraties, ce qui est une 1re étape. Et une première, entre nous, pour cette élection commune, doit encore être renforcée, mais je pense que c'était aujourd'hui à saluer. Nous avons, enfin, échangé sur le climat.
Le climat est un sujet sur lequel, dans le cadre des discussions que nous aurons avec la Chine, nous pouvons avoir de vraies convergences et de vraies avancées avec, justement, les Chinois, sur ce sujet. Mais je dois bien le dire, si je défends ardemment nos conclusions sur le Brexit, la Chine ou la politique industrielle, je considère que les conclusions d'aujourd'hui en matière de lutte contre le changement climatique sont éminemment insuffisantes. Un compromis a été trouvé, mais il appartient à ces compromis européens qui sont la moins mauvaise solution possible.
Mais nous ne répondons pas aujourd'hui avec clarté ni aux engagements que nous avons pris à Paris en 2015, ni aux défis qui sont constatés sur le plan scientifique par les meilleurs experts, ni à la légitime impatience de notre jeunesse qui manifeste chaque semaine dans nos capitales et ailleurs. Et donc, il nous faudra sur ce point aussi un réveil, mais il n'est pas encore là, je ne vais pas vous mentir. Aussi, l'amendement que nous avons glorieusement obtenu sur ce sujet, c'est d'avoir, avant la fin du semestre, un nouveau sommet européen sur ce sujet.
Pourquoi ? Parce que nous sommes attendus en septembre prochain par le secrétaire général des Nations unies pour un sommet climat. Il est important, il est légitime.
La France, d'ailleurs, y est fortement engagée, aussi parce que nous avons eu le mandat confié avec la Jamaïque par le secrétaire général des Nations unies sur le sujet du financement de cette transition climatique, mais nous ne pouvons nous contenter de conclusions qui n'osent même pas rappeler que nous devons obtenir la neutralité carbone d'ici 2050, ce que la France fera pour sa part dans le cadre de la loi Energie à venir. Nous continuerons donc l'impulsion et la mobilisation, elle est indispensable. Voilà ce que je souhaitais rappeler, et je suis maintenant à votre disposition pour toute question. -Bonjour, Laurence Benhamou, Agence France-Presse.
J'ai une question sur ce qui se profile sur le Brexit. Est-ce que vous pensez que le plus probable est que la Grande-Bretagne puisse adopter un plan alternatif dans la mesure où vous auriez dit, pendant les discussions, que l'éventualité d'un vote vous paraît avoir des chances de seulement 5%. Apparemment, la Grande-Bretagne a prévu de mettre dans des votes indicatifs cette proposition alternative.
Est-ce que c'est le scénario qui vous semble se profiler ? Merci. -E.
Macron : Je ne ferai pas de pari sur ce qui va se passer en Grande-Bretagne. Je pense que personne, même la veille, n'aurait parié qu'on allait retrouver une jurisprudence du XVIIe siècle pour pouvoir justifier d'un report qui était si inattendu sur le vote, en tout cas, donne l'impossibilité du vote. Il y a une échéance à venir à laquelle s'est engagée la Première ministre May, c'est un 3e vote sur l'accord qui a été négocié pendant 2 ans entre le gouvernement britannique et les 27 membres de l'Union européenne.
Ca, c'est l'engagement pris, c'est ce qui nous est dû. Je crois que c'est le respect mutuel. Je ne sais pas dire le résultat de cet accord.
La Première ministre May nous a dit, en tout cas, qu'elle avait besoin pour cela, d'une part, que nous lui donnions un délai d'exécution supplémentaire s'il y avait un vote favorable, ce que nous avons fait le 22 mai, et d'autre part, elle a très clairement, si je puis dire, intégré le fait que c'était la seule possibilité de mettre en oeuvre ce qu'elle a négocié pendant tant et tant de mois. Et nous avons, à sa demande, formellement confirmé l'accord dit de Strasbourg entre la Première ministre May et le président Juncker. Et donc, juridiquement, il a été reconnu dans le cadre de nos conclusions.
Donc ça, ce sont véritablement des choses qui nous permettent de dire que tout est sur la table. Ensuite, si un tel vote ne se tenait pas ou n'était pas favorable, il appartient ensuite à la Première ministre comme aux parlementaires de proposer d'autres options. Nous avons vu des amendements qui ont été rejetés de peu, qui proposaient que le Parlement reprenne le contrôle de la négociation.
Et en effet, il y a eu ensuite plusieurs options, mais sur les relations futures, qui n'ont pas donné lieu à une majorité. Donc, je ne sais pas dire pour ma part quelle majorité positive se dégagera sur quelle option. J'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises, la réponse à ce sujet, elle est britannique.
Et nous ne voulons pas rentrer dans des spéculations sur ce point. Soit il y a un accord la semaine prochaine et on a donné une exécution jusqu'au 22 mai, soit il n'y a pas d'accord et plus rien, et ça nous conduira mécaniquement, à partir du 12 avril, à considérer que nous allons vers le "no deal", il faudra s'y ranger, soit il y a d'autres propositions qui sont faites, mais je ne vais pas ici les commenter en n'en ayant pas connaissance. (Propos en anglais) (...) Ecoutez, d'abord, sur votre 1re question, il est clair que le peuple britannique s'est exprimé en n'ayant pas tout en tête.
C'est ce que je disais tout à l'heure. Et donc, vous faisiez référence aux propos de Donald Tusk sur ceux qui ont beaucoup poussé au Brexit, dont chacun, d'ailleurs, aura noté qu'ils ne se sont pas pressés pour le mettre en oeuvre. C'est que le peuple britannique a fait un choix souverain dans le cadre d'un référendum sur la base d'une quantité considérable de mensonges.
Ceux qui avaient prôné ce schéma ont disparu de la scène politique et ont laissé le soin à d'autres de le mettre en oeuvre. Et nous avons aujourd'hui une vraie crise politique inédite dans nos démocraties où les dirigeants politiques, gouvernements comme représentants du peuple, ne trouvent pas la solution politique et la majorité politique pour mettre en oeuvre ce que le peuple a voulu. C'est inédit.
Mais ça montre quoi ? Ca montre les situations d'impasse dans lesquelles nous pouvons nous trouver quand, en quelque sorte, on met en situation de conflit la démocratie directe et la démocratie représentative, et quand on laisse la démocratie directe s'exprimer dans un jeu de mensonges et de désinformation. Et pour toutes nos démocraties, c'est véritablement une leçon à tirer de manière extrêmement concrète.
Moi, je souhaite qu'on trouve une issue. C'est aussi pour cela que les règles que je me suis fixé, et ça rejoint votre 2e question sur le "blame game". Elles sont assez simples, c'est de dire, premièrement, nous devons respecter le vote du peuple britannique.
Je sais qu'il y a la tentation, chez beaucoup de dirigeants européens, de dire : "Au fond, on va faire comme si de rien n'était. "On va mettre tout ça sous le tapis. "On va donner des délais sur des délais.
On ne le fera jamais vraiment." On est les champions du monde pour faire ça. "Ca ne sera jamais vraiment clair, mais on mettra des délais." Je pense que si on fait ça, nous nous mettons collectivement en situation de laisser certains, et partout dans nos pays, dire : "Ces dirigeants européens, vraiment, quand le peuple vote quelque chose qui ne les arrange pas, ils font tout pour ne pas l'appliquer." Et je vous parle en connaissance de cause, moi qui suis président d'un pays où le peuple s'est exprimé en 2005 et où le Parlement a fait le contraire en 2007.
Je pense que c'est une vraie faute. Je crois fortement, furieusement, dans le projet européen. Il est au coeur de mon engagement politique.
Mais j'ai toujours cru, depuis le 1er jour, qu'on faisait l'Europe avec et pour les peuples, pas sans eux. Ce temps-là est terminé. Donc, on doit respecter ce que le peuple britannique a choisi et décidé.
Deuxièmement, on doit mettre les Britanniques en situation de clarté et c'est pour ça qu'il s'agit ni d'humilier ni d'enfermer, mais à un moment donné, on doit se donner des délais. Et en effet, je considérais ce qui était une option que certains avaient mis sur la table, que vouloir faire un sommet de crise la semaine prochaine était une mauvaise idée, parce que c'est les 27 qui auraient, en quelque sorte, pris la responsabilité, après, dans ce cas de vote négatif britannique, et quelques jours avant la date fatidique du 29 mars, de dire soit "no deal" et tout le monde aurait dit "C'est donc vous", soit à nouveau prolongation et là, les gens auraient dit : "Ils viennent de voter non et on donne des prolongations." Avec une incertitude qui restait, la possibilité pour les Britanniques d'encore organiser des élections européennes.
C'est pourquoi ce que nous avons proposé hier, c'est de dire : "Prenons 2 dates claires." Le 12 avril, c'est la date limite à laquelle les Britanniques peuvent organiser une élection européenne. Et donc, en quelque sorte, ce scénario sera purgé à ce moment-là.
Il ne peut plus y avoir d'ambiguïté. Soit il y a un accord qui est trouvé, soit il y a une autre proposition et à ce moment-là, la question est encore ouverte et la décision peut être prise sur l'organisation de ces élections et la participation des Britanniques, soit à ce moment-là, eh bien très clairement, il n'y aura de toute façon plus de participation aux élections. Et puis, le 22, parce que c'est la date limite avant le début du vote et qu'il fallait une grande clarté vis-à-vis de nos concitoyens et vis-à-vis du droit pour que, en cas là aussi d'absence d'accord, on ait tout qui soit terminé.
Voilà. Donc, l'idée n'est pas simplement qui prend, en quelque sorte, le point ou qui a le blâme ou la responsabilité de sortir. Il y a un vote qui a été exercé, il y a une solution à trouver.
On a apporté notre part de solution, c'est maintenant aux Britanniques de le faire. Et je le dis avec grand respect pour le peuple britannique comme pour les parlementaires comme les gouvernants, mais il faut de la clarté et il faut protéger chacun. Et pour moi, ce qui a présidé à cela, c'est le respect du peuple britannique, mais aussi le respect du projet européen, que je ne veux pas fragiliser par l'incertitude. -Béatrice Hadjadj, RTL.
J'ai 2 questions. M. le Président, vous avez parlé des mensonges de la campagne britannique.
Là, en cas de "no deal", vous auriez envie de dire quoi aux brexiteurs, qui auront à renégocier les traités commerciaux avec les présidents Trump et Xi Jinping ? "Good luck" ? 2e question, vous avez, dans une tribune, présenté vos idées.
Qui va les porter pendant la campagne des européennes ? Mme Nathalie Loiseau ? Et qui la remplacera ?
Merci beaucoup. -E. Macron : Alors...
D'abord, malheureusement, en cas de "no deal", c'est le peuple britannique qui sera le 1er concerné. Certains des brexiteurs dont nous parlons seront pour certains loin et la plupart d'entre seront bien protégés, eux, parce qu'ils sont installés dans la vie. Et donc, les 1res victimes, ce sont ceux qui auront les conséquences négatives d'une sortie non coordonnée du marché européen, de la crise économique et des impacts économiques chiffrés un peu partout que cela aura.
Ce n'est pas ceux qui l'ont prôné, c'est ceux qui vont le subir. Ensuite, encore une fois, le peuple britannique est un peuple ami. Et donc, moi, je ne me réjouis pas des difficultés qui peuvent advenir.
Nous continuerons à avoir avec le Royaume-Uni un lien fort, pas seulement historique, mais en matière économique, en matière de défense, en matière stratégique, sur les sujets migratoires. Et donc, j'ai à coeur qu'ils puissent réussir dans cette page qui s'ouvrira. Donc, je ne me réjouis en rien de cela, mais j'espère que beaucoup, de l'autre côté du Channel, dénonceront le cynisme qui a pu présider il y a 3 ans au vote, et la grande différence entre la réalité qu'ils auront peut-être à vivre et ce qu'on leur avait promis.
C'est ça, ce qu'on constate. On avait dit aux citoyens : "Ce sera facile." Regardez la situation. "Ce sera rapide." Bravo. "On va gagner les dizaines de milliards de pounds." La facture est présentée et elle est connue.
Elle est dans l'autre sens. "Et on sera beaucoup plus forts après." Trouvez-moi l'expert qui le dit.
C'est terrible. Et donc, il y a eu beaucoup de mensonges. Sur votre 2e question, de là ou je suis, mon rôle, il est de proposer.
Je l'ai fait à la Sorbonne il y a plus d'un an et demi. Je l'ai refait dans une tribune adressée à tous les Européens, parce que je considère que ces élections sont un moment important et grave, et je continuerai dans les prochaines semaines, d'ailleurs, à porter cette vision, à essayer de rassembler autour de celle-ci. Et puis, c'est de porter cette même vision, cette même cohérence dans les Conseils européens en tant que président.
Mon rôle n'est pas de m'immiscer, en quelque sorte, de me substituer aux partis politiques et de vous révéler ce qui sera de leur décision les prochains jours et prochaines semaines. Vous avez évoqué Nathalie Loiseau. Elle est ministre en charge des Affaires européennes et elle m'accompagne lors de ce sommet.
Et donc, les choses se feront dans le temps voulu et seront dites par les personnes compétentes. -Mais En Marche vous demandera votre avis, quand même? -E.
Macron : Qui sait ? Vous savez, on vit dans un tel monde... -Jean Quatremer, du journal Libération.
Pour revenir sur la Chine, vous avez évacué un peu rapidement les divisions européennes. Vous avez évoqué... -E.
Macron : Non, je les ai évoquées. -OK, mais un peu évacuées. Donc je voudrais savoir quel était le degré, justement, des divisions après ce sommet.
Vous avez l'impression, par exemple, notamment, que les pays qui font partie du groupe 16+1 se sont ralliés à votre vision des rapports qu'on doit avoir avec la Chine. Quelle était la réalité du soutien au texte de la Commission sur l'ouverture des marchés étrangers, donc chinois en l'occurrence? Et est-ce que vous avez défendu votre idée de préférence communautaire, qui est quand même, je dirais, moins hypocrite que la version de la Commission, où on affirme clairement qu'effectivement, pour les marchés publics, les entreprises européennes doivent être préférées aux entreprises non européennes?
Merci. -E. Macron : Alors, il y a clairement des divergences de vues qui existent encore parce qu'il y a des très grandes différences de situations d'où nous venons.
Et donc, je voulais d'abord insister sur le fait que tout le monde a endossé le texte de la Commission et a considéré que c'était un bon texte et tout le monde s'est rallié sur la nécessité d'avoir maintenant une vision commune. Sur les 16+1, j'ai eu l'occasion moi-même de dire que je pensais que ça n'était pas une bonne méthode parce qu'elle manifestait notre division et elle manifestait le projet chinois de ne traiter qu'une partie d'entre nous, ceux avec lesquels la discussion serait plus facile. De la même manière, je pense que ce n'est pas une bonne méthode, de discuter de manière bilatérale des textes d'accords sur les nouvelles routes de la soie, ce que nous ne ferons pas.
Je note néanmoins des avancées, et pour répondre très précisément à votre point sur les 16+1, c'est que le sommet de l'Union européenne avec la Chine se tiendra juste avant le sommet entre la Chine et les 16+1. Et il y a eu un engagement de la part de ces 16 Etats membres que les conclusions, ce qu'ils discuteront avec la Chine sera compatible avec le cadre et les lignes qui seront décidés au niveau de l'Union européenne. Ca, c'est une vraie première et ça montre qu'en quelque sorte, il y a malgré tout maintenant une approche d'ensemble et que c'est l'Union européenne qui cadre les discussions et ensuite, ce groupe plus avancé s'inscrit néanmoins dans ce cadre.
Et ça a été clarifié par plusieurs Premiers ministres tout particulièrement concernés par ce groupe des 16+1. Ensuite, ce qui est vrai, plusieurs l'ont rappelé, ils sont très dépendants des investissements étrangers et leur économie, ces dernières années, s'est beaucoup ouverte à la Chine. Et parfois sans doute, les grandes entreprises et les investisseurs européens n'ont pas été assez présents dans ces pays.
Et donc nous devons nous-mêmes regarder notre propre cohérence. Je l'ai moi-même dit, d'ailleurs, pour ce qui concerne en particulier certains pays du sud de l'Europe. Nous avons une responsabilité politique dans la situation actuelle.
Quand je regarde comment nous avons géré la crise de 2008-2010, nous avons mis certains pays de l'Europe du Sud sous pression budgétaire, nous les avons forcés à faire des privatisations et nous les avons mis dans des situations où il n'y avait quasiment aucune concurrence européenne. Et donc les seuls investisseurs qui prenaient leurs actifs étaient des investisseurs chinois. Et donc nous avons nous-mêmes créé des situations où, sur des actifs stratégiques d'infrastructures et de réseaux, eh bien ce sont les investissements chinois qui ont repris.
Je pense que c'était une erreur stratégique. Et, je vous livre ma conviction sur ce point. La relation entre l'Union européenne et la Chine ne doit pas être avant tout une relation commerciale, elle doit avant tout être une relation politique et géostratégique.
Le commerce est un des aspects. Mais si nous construisons de proche en proche une dépendance géopolitique ou stratégique, nous comprendrons rapidement les conséquences que ça peut avoir et nous serons perdants sur les deux points. Sur, ensuite, le texte de la Commission, je vous ai dit qu'il y avait eu une vraie avancée et une vraie convergence.
Enfin, j'ai en effet de la constance, donc je préfère, si je puis dire, la notion de préférence communautaire que j'ai défendue et proposée à plusieurs reprises, elle n'est pas aujourd'hui majoritaire. Et donc, au moins, le texte de la commission fait-il plus consensus, mais je poursuivrai ce travail pour continuer à avancer sur ce point parce que je pense que nous nous trompons. Parce que je pense que tant que l'Europe ne considérera pas qu'elle doit avoir un vrai système de préférence en son sein et qu'elle est en quelque sorte un espace totalement ouvert, sans distinction, et qu'elle se pense comme un marché sans projet ou un marché sans logique de puissances ou de préférences, eh bien elle parle une langue que plus personne dans le monde ne parle.
Ca n'empêche pas les logiques de coopération. Ca n'empêche pas de croire à la politique commerciale et au multilatéralisme, c'est mon cas. Mais ça permet simplement de sortir d'une logique de naïveté dans laquelle nous sommes.
Nous sommes aujourd'hui le seul espace économique intégré de cette taille qui applique des règles aussi naïves. Il faut donc en sortir. On le fait, mais à pas encore trop lents et trop timorés. -Catherine Chatignoux, Les Echos.
Je voulais savoir comment vous aviez réagi à l'annonce de la mise à l'écart de Viktor Orban du PPE. Est-ce que vous avez été satisfait, puisque vous demandiez une certaine cohérence de la part du PPE, ou au contraire, est-ce que vous êtes embarrassé parce que désormais le PPE est davantage uni? -E.Macron: Ecoutez, d'abord, je ne suis pas membre du PPE, comme vous le savez, donc je ne demandais rien.
Mais moi, je suis plutôt pour la clarté. Je n'ai pas trouvé que c'était très clair. Parce que je n'ai pas bien compris pour ma part si les parlementaires de Viktor Orban lors des prochaines élections siégeront dans le PPE ou pas.
Moi, j'ai compris qu'ils siégeraient au PPE. Donc j'ai compris qu'en fait, c'était pas vraiment une décision et que c'était pas vraiment clair. Donc en fait, j'ai compris que rien ne changeait.
Donc c'est sans doute une bonne nouvelle, et pour le PPE et pour Viktor Orban. Je ne suis pas sûr que ce soit une très bonne nouvelle pour le projet européen, sa cohérence et la clarté des idées. Parce que je pense qu'il y a des idées qui sont...
On peut discuter. Moi, j'ai une très bonne relation personnelle avec Viktor Orban. Mais je pense qu'à un moment donné, sur les sujets, il faut être clair et il y a des choses qui sont incompatibles.
Voilà. Et donc je dirais que cette décision, elle ressemble furieusement à toutes les décisions déjà prises en la matière depuis tant et tant d'années, c'est-à-dire de privilégier la logique de clan à la force des idées. J'ai une pensée toute particulière pour Jean-Claude Juncker et tous les membres du PPE qui se sont sentis insultés et qui avaient demandé quelque chose de clair.
C'est eux qui ont perdu ce vote. -Bonjour, monsieur le président. Loïc Signor pour CNews.
Hier, le Sénat a transmis les dossiers de 3 de vos plus proches collaborateurs à la justice et certains de vos proches, certains de vos soutiens ont dénoncé un procès politique qui vise à vous atteindre vous, le chef de l'Etat. Est-ce que vous partagez cet avis? Et est-ce que la question que vous posiez aux Français au début du Grand débat national sur l'avenir du Sénat est-elle devenue aujourd'hui, à vos yeux, prioritaire?
Merci. -E.Macron: Vous savez que je suis attaché à ce que, lorsque je suis hors de nos frontières, je ne m'exprime pas sur des sujets nationaux sauf exception et justification toute particulière.
Mais a fortiori, lorsqu'il s'agit de démarche politique, je n'ai pas de commentaire à faire. C'est la vie politique française, ça n'est pas mon rôle de la commenter. Dans le moment que vit notre pays, je pense qu'il faut l'esprit de rassemblement et la bonne hauteur pour chacun.
Nous devons être, chacune et chacun, à la bonne hauteur que nous donnent l'histoire du pays et nos institutions. Ne perdons jamais ça de vue. -Monsieur le président, Richard Werly, du quotidien suisse Le Temps.
En Europe, il y a des pays tiers qui négocient depuis longtemps et avec un certain succès bilatéralement avec l'Union européenne. Si le Royaume-Uni devait se trouver dans ce cas en cas de no deal, qui donnera le top départ des futures négociations bilatérales? Quel sera le mode d'emploi pour renégocier une relation? -E.Macron: Ecoutez...
Je ne veux pas aujourd'hui ouvrir la boîte de Pandore des spéculations. D'abord, ce n'est pas respectueux vis-à-vis du Parlement britannique et du peuple britannique et ça nous placerait dans une situation où on multiplie encore le nombre d'inconnues alors que, notre discussion l'a montré, elles sont déjà nombreuses. Je serai attaché, pour ma part, à ce que sur ce sujet aussi, nous restions groupés.
L'Union européenne est forte quand elle est ensemble. Nous l'avons montré sur la discussion de la mise en oeuvre de la sortie. Beaucoup pariaient sur la division des Européens en disant: "Ca va être terrible pour l'Europe parce qu'ils vont se diviser à 27 et on arrivera à trouver une bonne solution pour nous." Nous en sommes là aussi parce que l'Europe a été unie.
Et donc sur la relation future, vous l'avez très bien dit...
Ce matin, on a fêté les 25 ans de l'espace économique européen, qui était un très beau moment d'unité, de consolidation et d'avenir, mais on le négocie ensemble, on le discute ensemble. On a des relations particulières avec la Norvège. On a des traités commerciaux avec d'autres.
On le fait ensemble. Et donc, au bon moment, on fera ensemble ce qui est bon de part et d'autre. Je prendrai encore 2 questions. -Beatriz Rios, Euractiv.
Vous n'avez pas parlé des relations commerciales avec les Etats-Unis, qui étaient aussi dans les conclusions. Quelle est la position de la France par rapport au mandat des négociations avec les Etats-Unis? Merci. -E.Macron: Notre position est claire. 1er point : il y avait un mandat dit TTIP, ce mandat est obsolète. 2e point: il y a eu des échanges qui ont donné lieu à un accord entre le président Juncker et le président Trump le 25 juillet 2018 qui exclut l'agriculture et qui dit qu'on va parler de tarifs sur le sujet industriel.
Et si nous devions avancer, moi, j'ai toujours été clair, nous ne pourrions le faire qu'en ayant des garanties. La 1re en termes d'environnement. Moi, je ne suis pas favorable à ce qu'on ait de nouveaux accords commerciaux quelle qu'en soit la forme avec qui que ce soit, si on le fait avec des partenaires qui n'ont pas les mêmes exigences climatiques que nous, parce que ce serait à ce moment-là de la concurrence déloyale pour nos entreprises, nos agriculteurs, toutes celles et ceux à qui on impose ces normes.
Et la 2e chose, c'est la réciprocité en termes d'ouverture des marchés publics. On en a encore parlé aujourd'hui. Donc voilà ma position une fois encore très clairement renouvelée. -Mathieu Coache, BFMTV.
Une question sur la France mais qui n'est pas politique. Est-ce que vous pouvez expliquer le rôle exact des militaires de la mission Sentinelle qui seront déployés demain lors des manifestations, notamment en cas de contact avec des manifestants, ce qu'on ne peut pas exclure parce que les parcours ne sont pas connus à l'avance ? Le gouverneur militaire de Paris a-t-il raison quand il dit que ses soldats pourront ouvrir le feu dans des situations particulières de légitime défense?
Je vous remercie. -E.Macron: Non, sur ce sujet...
Là, il faut que tout le monde garde beaucoup de calme. Et j'ai vu beaucoup de mauvaise foi, beaucoup d'approximations et beaucoup de faux débats. Je l'ai dit et je le redis, ce qui s'est passé samedi dernier sur les Champs-Elysées est inacceptable.
Une réponse y a été apportée en termes d'organisation, de maintien de l'ordre par le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur. Mais ce qui a été décidé ensuite, dans le même temps, pour ce qui concerne nos militaires dans le cadre de l'opération Sentinelle, c'est exactement la même chose que ce qui avait été décidé au mois de décembre et à plusieurs reprises par le passé. C'est-à-dire faire appel aux militaires de l'opération sentinelle pour ce qui est leur mission: la lutte contre le terrorisme et protéger des sites sensibles pour pouvoir décharger les policiers et les gendarmes de ces missions.
Mais en aucun cas l'armée dans notre pays est en charge du maintien de l'ordre et de l'ordre public. C'est un faux débat absolu. Ca n'a jamais été le cas ces dernières années et ça ne sera pas davantage le cas.
Et donc, ceux qui jouent à se faire peur ou à faire peur à certains ont tort. Donc, les militaires font ce qui est leur tâche, leur mission, dans le cadre de l'opération Sentinelle. Nous les avons simplement davantage mobilisés comme nous l'avons déjà fait à plusieurs reprises pour davantage dégager les policiers et les gendarmes.
Les policiers et les gendarmes seront, eux, affectés aux tâches de maintien de l'ordre pour accompagner, quand il y a, et il y en aura quelques-unes, des manifestations légalement déclarées et pour empêcher, là où c'est interdit, les rassemblements, les volontés d'émeutes et les casseurs. Voilà les choses, elles sont ainsi bien réparties et elles resteront ainsi réparties. Donc, voilà, pas de faux messages et pas de fausses inquiétudes sur ce sujet.
Allez, une dernière. -Bonjour. Vous avez rencontré aujourd'hui le Premier ministre italien Conte.
Est-ce que vous avez parlé aussi de la ligne Turin-Lyon et des autres sujets? Je voudrais savoir, après la rencontre, ce que vous en avez pensé et ce que vous avez dit. -E.Macron: Nous avons couvert beaucoup de sujets.
Nous nous sommes vus rapidement avant le début du Conseil ce matin. Sur le Lyon-Turin, il m'a fait part des interrogations italiennes et du rapport qui a été rendu sur le sujet des coûts et bénéfices. J'ai rappelé au président Conte que nous avons d'abord un accord intergouvernemental.
Il y a des textes internationaux, il y a des engagements qui nous lient, qui lient l'Union européenne. Et donc de cela, nous ne pouvons faire fi. Et ensuite, je lui ai dit que la ministre des Transports était tout à fait disponible pour avoir un échange avec son homologue et pouvoir prendre connaissance du rapport italien et des interrogations qui étaient portées.
Donc il y aura un échange entre les ministres des Transports. Sur les autres sujets, nous avons parlé de l'Europe. Sur ce point, j'ai noté le soutien qu'a apporté le président Conte à plusieurs propositions, en particulier l'idée d'aller vers un salaire minimum dans tous les pays européens et d'aller vers une convergence sociale.
Et donc, nous avons la volonté, sur quelques sujets essentiels, d'essayer de converger parce qu'il est important qu'il puisse y avoir, là aussi, une convergence de vues claire en vue du prochain mandat de la Commission et du Parlement. Et puis, nous avons aussi échangé sur les situations internationales, évidemment les visites de la Chine que nous aurons l'un et l'autre. Et donc, j'ai pu lui expliquer comment je voyais les choses sur ce sujet avant notre discussion collective.
Et sur la Libye, nous travaillons ensemble pour en particulier aider le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies à obtenir un accord et à finaliser celui-ci dans les prochaines semaines et le plus rapidement possible. Et donc, sur ce point, je crois que nous avons une vraie communauté de vues parce qu'il y a eu un très gros travail en commun. Voilà.
Je vais maintenant repartir sur Paris, en vous remerciant pour votre attention. A bientôt.
Emmanuel Macron