Économies : «Si c'est sur l'école, les retraités ou le service public, la réponse sera la censure.»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
l'invité du jour qui est en train d'arriver sur ce plateau, qui est premier secrétaire du Parti euh socialiste en campagne pour le redevenir. Mais ce n'est pas gagné, on en dira un mot à la fin de cette interview. Bonsoir Olivier Fort.
Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir.
Merci d'être avec nous euh ce soir. La France qui fait face à un mur budgétaire, 40 milliards d'euros d'économie à trouver dans le prochain budget pour tenir les objectifs de de déficit. Le tout sans augmentation d'impôts, dit le le gouvernement.
Euh on va rentrer dans le détail de ce qui pourrait être fait, de vos propositions pour faire des économies. Mais d'abord Olivier Fort, il y a quelques semaines, vous disiez à nos confrères du Parisien, je cite "La question de la censure se repose à nouveau et cela devrait faire réfléchir tout le monde. Euh est-ce que les déclarations du gouvernement, du ministre de l'économie et des finances, cette perspective de 40 milliards d'euros vous font dire euh si ça continue, on s'ensure Bien sûr que cette question n'a jamais été retirée.
Vous avez bien compris que ce que nous avons fait au mois de février lorsque nous avons accepté de ne pas censurer le gouvernement, c'était une manière de dire que nous ne pouvions pas avoir un pays qui continue à être gouverné sous l'empire d'une circulaire sur les services votés et qui amputaient très largement nos capacités d'action. Et il fallait que les collectivités locales, les associations, les entreprises puissent savoir à quoi elles allaient pouvoir se fier pour l'année 2025. Nous ne sommes plus dans cette situation.
Nous sommes aujourd'hui dans une situation où le budget existe, où l'État peut fonctionner et où il y a plusieurs sujets sur la table. Le premier sujet, c'est d'abord le sujet des retraites. Nous avons accepté évidemment de ne pas censurer, mais en échange de quoi ?
Le gouvernement a admis le fait que il y aurait ce que le Premier ministre a appelé un conclave. Ouaissqu le parlement serait saisi des conclusions de ce conclave ou absences de conclusionétait pas le cas évidment l'assension se poserait il y a la questionour autour de de la réforme mais il y a là les efforts qui vont être demandés à l'occasion du budget 2026 40 milliards d'euros d'économie là encore je le répète sans augmentation d'impôts mis à part le fait de péréniser une contribution pour les plus les plus aisés on en parlera dans un instant est-ce que ça 40 milliards d'euros demandé 40 milliards d'euros d'économie est-ce que ça vaut censure du Parti socialiste. Mais moi je ne sais pas ce que cela veut dire.
Si c'est 40 milliards, non mais si d'abord c'est pas tout à fait juste de dire que c'est sans augmentation des impôts. Il y a un impôt sur les retraités si on les désindexe, il y a un impôt sur la santé si on fait baisser les remboursements chez le médecin ou des médicaments. Il y a un impôt sur les services publics, sur l'éducation, sur la sécurité, sur et ce sont à chaque fois les contribuables ou les concitoyens plus exactement les plus modestes qui vont avoir en supporter le coût.
Donc ça n'est pas vrai de dire qu'est-ce qui vous ferait censurer sur les là encore pour être pour essayer d'être très précis et concret, qu'est-ce qui vous ferait décider de passer de la non censure, ce qui était le cas lors du précédent budget à la censure ? D'abord, il y a un débat budgétaire qui va s'engager à l'automne prochain. Pour l'instant, on est dans des préannonces où le gouvernement cherche à nous expliquer que attention, ça va être très difficile.
Moi, je veux savoir où est-ce qu'on prend ces 40 milliards. Si on nous dit que les 40 milliards, c'est l'argent de la fraude, très bien. Moi, je suis d'accord pour dire que il faut faire des économies sur les fraudeurs.
Si on nous dit par exemple que il y a des prix trop élevés, il y a des industries, l'industrie pharmaceutique prélève trop sur les médicaments qu'elle met en vente. Là aussi, je dis ce sont des économies qu'on peut réaliser. Si on me dit que on peut revenir sur les cadeaux fiscaux qui ont été réalisés par les sur qui ont été réalisés au profit des grandes entreprises et au profit des patrimoines les plus élevés, là aussi je comprendrai qu'on fa bien fort que visiblement ce n'est pas la direction que son prend le gouvernement.
Si on vous dit les 40 milliards d'euros, c'est le fait de désinvestir sur l'école, si ça les retrait, si c'est sur en fait les services publics et cetera, la réponse est non. La réponse est non. Et donc la réponse est et donc la réponse ce sera une censure effectivement.
Donc si par exemple il y a un geste qui est fait sur les retraités que ce soit ce qu'on appelle l'abattement partiel de 10 % l'abattement pour les retraités ou le fait de désindexer les pensions, ça ça vaut censure immédiate du Parti socialiste. Ce que je dis c'est que moi je suis prudent sur le moment auquel nous nous enfin on s'adresse dans un moment qui est un moment où le gouvernement cherche à créer une ambiance. Hm.
Cette ambiance- là, il faut qu'il comprenne que s'il persiste à nous expliquer que non, on ne touchera pas au patrimoine des plus riches, qu'on ne touchera jamais aux grandes fortunes, mais qu'on fera tout payé à la classe moyenne, aux classe populaire, la réponse est immédiate. Oui, il y aura censure parce que c'est inimaginable pour des gens qui comme nous ont défendu des principes, ont défendu aussi d'une orientation au moment des élections législatives. On ne peut pas nous demander maintenant de faire exactement l'inverse de ce que nous avons.
Pardonnez-moi d'essayer de de reformuler aussi ce que vous dites. S'il n'y a pas de mise à contribution des plus aisés dans ce budget, il y aura censure. Mais oui, mais et ça vous et le et le le comment la pérénisation de la contribution, ce que tuappelle l'outil pour lutter contre l'optimisation fiscale, ça ne suffit pas pour vous.
Ça ne suffit pas. Ça l'a rapporté combien ? 2 milliards.
Ça n'est pas enfin ça n'est pas à la hauteur du moment. Il y avait au départ, il y a d'ailleurs une loi qui a été proposée par les partis de gauche du NFP qu'une taxe Zucman qui rapporte elle beaucoup plus qui a été votée en première lecture à l'Assemblée. Le gouvernement pourrait la mettre à l'ordre du jour du Sénat et considérer qu'il y a là aussi matière à avancer.
Moi ce que je souhaite c'est qu'on puisse procéder avec équité. Je ne suis pas d'accord pour qu'on fasse une purge sur l'ensemble des services publics et qu'on raisonne de manière totalement abstraite avec des coups de rabot où on prend sur à chaque fois la classe moyenne et classe populaire. Mais est-ce que vous avez le sentiment que c'est ce que va annoncer demain François Baou ?
Euh là encore au jeu des comparaisons, Jean-Luc Mélenchon, lui il a visiblement écouté ce qui était dit hier par divers ministres. Il a fait le parallèle avec la Grèce en 2010 en expliquant que ce que préparait le gouvernement c'était la même potion qui avait été servie au Grecs en 2010. Est-ce que vous reprenez à votre compte cette cette comparaison ?
Je comprends ce qu'il a voulu dire, mais ça n'est pas le cas. La Grèce en 2010, c'est des salaires dans la fonction publique qui baissent entre 20 et 40 %. C'est des retraites qui baissent de moitié.
C'est des privatisations dans tous les sens. On en est pas là et fort heureusement. Donc on en est pas à la Grèce.
Mais ça ne veut pas dire que l'équilibre qui est aujourd'hui proposé par le gouvernement est un équilibre juste. C'est même tout l'inverse qu'il y ait besoin de se dire qu'à un moment donné, il y a des économies à réaliser sur ce qui n'est pas productif, sur ce Vous êtes quand même Olivier Fort beaucoup plus bavard quand il s'agit de parler de l'outil de la fiscalité que quand il s'agit de trouver des endroits où on pourrait couper dans la dépense ou faire des économies. Je vous l'ai dit à l'instant, moi je suis pour me battre contre toutes les formes de fraude, qu'elle soit fiscale, sociale.
C'est une économie à réaliser. Je suis d'accord pour dire qu'il y a des gens qui se sont enrichis avec chaque crise et ça a été les crises sanitaires, crises géopolitiques, crise énergétique. Les ces gens-là doivent payer les ce qu'on appelle les super profits, c'estàdire des profits qui ne sont pas liés à une innovation, qui ne sont pas liés à une compétitivité, qui ne sont liés à rien d'autre que à à profiter des crises.
Et bien cela doivent payer effectivement. Je pense qu'il y a un moment la justice elle doit passer partout. Vous connaissez ce chiffre qui a été donné au départ par Thomas Piquetti.
Les 500 familles les plus riches de France ont vu en 7 ans leur patrimoine doublé passant de 600 milliards à 1200 milliards. Et vous voulez m'expliquer que là on a 40 milliards à trouver mais qu'on ne peut rien prendre à ceux qui se sont enrichis de manière aussi importante en 7 ans. Mais moi je vous rétend le contraire.
Olivier fort, est-ce que vous partagez le constat de gravité qui va être celui du premier ministre demain ? Est-ce que la situation est grave sur le plan des finances publiques ? Est-ce que on est face à un mur ?
Françis Baou plusieurs métaphores, l'Himalaya, est-ce que est-ce que vous partagez au moins ce sentiment de de gravité ? Mais bien sûr que je partage le sentiment de gravité. Simplement, j'aimerais que on enfin ce qui est assez extraordinaire avec ce gouvernement, c'est que ce cet Himalaya, il n'est pas né tout seul, il n'est pas tombé du ciel.
Il y a pas d'un seul coup des gens qui se seraient abattus comme euh la grêle sur la France et qui nous auraient créé une dette. Cette dette, elle est liée à quoi, Benjamin Diamel ? Elle est liée au fait que 80 milliards d'euros par an et faites le calcul en disant ça fera ça fera 800 milliards d'euros de cadeaux fiscaux aux grandes fortunes, aux grandes entreprises qui ont contribué à alourdir le fardeau de la dette.
Et donc c'est là que il y a effectivement matière à réflexion. Et quand vous avez un gouvernement qui dit 800 milliards d'euros. Oui, bien sûr.
Je je crois que sur le chiffre, le rapport de la Cour des comptes disait en 2022 qu'on était à 60 milliards par an, mais je suis pas c'est 80 milliards par an. De 800 milliards euh on vérifier, mais vous vérifierz. 80 milliards par an que vous prolongez sur 10 ans, ça fait 800 milliards.
Et donc moi ce que je vous dis, c'est que aujourd'hui, on ne peut pas à la fois nous expliquer que on est le problème et le remède. Et en ce moment, le gouvernement nous explique que il nous explique même, j'entendu monsieur Berou parler de pathologie. Bien, la pathologie, elle est liée à une maladie.
La maladie, c'est la maladie des cadeaux fiscaux qui ne servent à rien parce qu'il n'y a pas eu de ruissellement sur les autres. Donc un dernier mot, Olivier Fort, j'écoutais ce matin Manuel Bonpard au micro de BFM TV qui voilà semblait espérer que vous votiez la censure par rapport à à la dernière fois. Euh aujourd'hui, vous êtes encore plus proche de la censure du gouvernement que vous ne l'étiez il y a quelques jours, quelques semaines.
Mais aujourd'hui, effectivement, je vois un certain nombre de phénomènes euh coagulés et entre les annonces sur le budget avec une décision qui est de dire tout ça sera prélevé sur les services sociaux, sur les services publics et rien sur les grandes fortunes et qu'en même temps on nous dit sur les retraites on ne touchera pas à la loi borne effectivement ne comptez pas sur moi pour approuver. Merci beaucoup Olivier Fort premier secrétaire du Parti socialiste. On parlera de de cette campagne interne puisque ça a l'air un peu mal barré pour vous puisque visiblement tous vos opposants sont en train de se liguer contre vous.
Mais ça peut être con juin. Vous avez le temps de prendre des grandes vacances de prendre des grandes vacances l'été prochain ? Non peut-être ça vous feraitil plaisir mais moi ce que je vous dis c'est que ceux qui étaient contre moi il y a 2 ans le sont encore aujourd'hui c'est les mêmes.
Et on continue on débat et c'est un grand c'est l'honneur d'un grand parti démocratique que d'avoir un congrès et on aura l'occasion d'en reparler. Merci euh
François Bayrou