Liban, une conférence internationale pour quoi faire ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
la France va débloquer 100 millions d'euros pour le Liban annonce faite ce matin par Emmanuel Macron lors de la conférence internationale de soutien au Liban le chef de l'État a assuré que la France allait débloquer cette aide financière pour aider le Liban en marge des conflits au Proche Orient je vous propose d'écouter Emmanuel Macron dans l'immédiia c'est une aide massive qu'il faut apporter à la population libanaise qu'il s'agisse des centaines de milliers de personnes déplacées par la guerre ou des communautés qui des accueils les Nations Unies ont lancé un appel à hauteur de 426 millions d'euros la France apportera 100 millions d'euros à l'occasion de cette conférence ce qu'il faut c'est tout simplement abriter les familles nourrir les enfants soigner les blessés continuer d'assurer la scolarité des élèves lise Vogel on vous retrouve en direct du 15e arrondissement de la capitale où se tient cette conférence international sur le Liban la France et Emmanuel Macron essaie de peser de tout leur poids le chef de l'État qui a également appelé une nouvelle fois à un cesser le feu oui absolument Jean-Christophe il faut stopper la guerre au plus vite à une nouvelle fois lancé Emmanuel Macron ce matin le chef de l'État qui a aussi précisé que cette conférence elle doit je cite démontrer que le pire n'est pas écrit et permettre aux Libanais de retrouver le contrôle de leur destin le Premier ministre libanais Najib Mikati a renchéri dans cette direction en appelant lui la communauté internationale je cite à soutenir les efforts pour mettre en œuvre un cesser le feu immédiat mais dans les faits il y a peu de chance d'aboutir à ce résultat aujourd'hui pour une raison très simple il y a des dizaines de délégations internationales présentes aujourd'hui plus de 70 délégations avec des représentants de l'ONU de l'Europe ou encore des pays du golf mais dans les faits pas de représentants de premier plan notamment pour les États-Unis Anthony blinken le chef de la diplomatie américaine n'est pas là il est en tourné au Proche Orient et il se sera demain à Londres pour une réunion avec les ministres arabes quant à Israël et bien l'État hébreu n'a pas été invité c'est ce que nous a indiqué l'Élysée donc très compliqué de peser réellement politiquement sur ce conflit en revanche vous l'avez dit ce sommet il va au moins permettre de collecter des fonds pour venir en aide de façon urgente à la population civile libanaise merci lise Vogel pour ces informations en direct de cette conférence sur le Liban qui se tient donc à Paris on va en parler parler de la situation au Liban parler de la situation au proche- Orient avec nos invités lin teini bonjour vous êtes journaliste francolibanaise pour ici beyouth merci d'être avec nous David rigouler rose également bonjour chercheur à l'IFAS l'Institut français d'analyse stratégique et rédacteur en chef de la revue Orient stratégique je crois qu'on va pouvoir regarder ensemble voilà la une sur le Liban que vous avez publié il y a quelques semaines merci également d'être là Christophe gascar notre spécialiste des questions internationales est avec nous bonjour Christophe et nous sommes en ligne en direct de beyoutth avec Patricia coder journaliste libanaise merci d'être avec nous on vous retrouve évidemment dans un tout petit instant tout d'abord Christophe gascar 100 millions d'euros quel sens ça a sachant que je crois que la communauté internationale et particulièrement la France qui organise cette conférence espère recueillir 400 millions au total oui il y a peu de doute que cette somme sera d'ailleurs atteinte puisqueon a appris tout à l'heure que Berlin allait mettre également 96 millions d'euros supplémentaires il y a 70 participants une quinzaine d'organisations internationales donc le l'enjeu au-delà de l'enjeu financier qui est certes très important c'est de montrer aussi l'unité l'unité internationale pour trouver une solution à la fois financière pour aider les populations civiles et ils en ont bien besoin mais aussi au-delà de cela penser à l'avenir politique l'avenir militaire le le chef de l'État Emmanuel Macron on a parlé ce matin il a notamment on parlerit de la souveraineté du Liban qui était essentiel et puis autre point important c'est le soutien à à la à la finule qui doit être aussi intégralement préservé on va revenir évidemment sur tous ces points mais David rigouero sur sur les sommes d'argent on est bien d'accord en général quand on donne un objectif à ce genre de conférence on s'est arrangé avant pour être sûr de l'atteindre oui oui non il y aura il y aura effectivement de l'argent qui sera alloué le problème c'est pas tellement la somme en tant que telle c'est pour quoi faire bah c'est plutôt le les modalités de d'allocation comment faire arriver aux populations concerné l'argent en question à partir du moment où il y a pas de cesser le feu encore c'est tout le problème d'ailleurs c'est pour ça que en filigrane il y a l'évocation récurrente de la nécessité du cesser le feu mais d'une certaine manière c'est le serpent qui se m à la queue parce que effectivement pour que en terme programmatique ça soit applicable il faudrait préalablement cesser le feu qui n'a pas lieu j'ai je mets en contrepoint la la conférence de Paris de 2007 hein qui avait eu lieu sous la présidence de Jacques Chirac qui intervenit en jier 2007 cétait intéressant parce qu'elle intervenait après le conflit c'est-à-dire après la guerre dite de 33 jours qui déjà opposait le hzbola et le et l'armée israélienne donc effectivement à l'issue de du CESS le feu il y avait la mise en œuvre effectivement d'une conférence avec une programmation de fond dans une logique de reconstruction mais c feu était préalable et là d'une certaine manière ça vient ou un peu trop tôt ou un peu trop tard c'est c'est selon il y a un problème de timing c'est pas le mobile qui est en cause le mobile est légitime évidemment mais c'est plutôt les attendus en terme d'efficacité qui qui vont poser problème l l'objectif de cette conférence c'est de porter secours au libanais à la population libanaise meurtrie par ce conflit est-ce que c'est pas finalement un aveu d'impuissance on va y venir après on va on va évoquer évidemment cette question du CESS le feu mais on fait ça c'est c'est c'est la conférence des bonnes intentions je crois que oui c'est parceon peut pas faire mieux exactement c'est vrai que dans son titre la conférence a deux volets donc un volet humanitaire un volet diplomatique le volet humanitaire on en a parlé ici ce n'est pas un problème nous allons récolter de 400 à 500 à 500 millions d'euros sachant que comme comme nous le disions tout à l'heure c'est une conférence d'aide et de soutien contrairement à 2007 où c'était une conférence de reconstruction ça veut dire que cette conférence aujourd'hui euh n'est pas une finalité puisque nous serons obligés à la fin de la guerre d'avoir une conférence de reconstruction vu l'ampleur des dégâts maintenant par rapport au volet diplomatique et c'est là euh le problème c'est qu'il va probablement y avoir là dans les minutes qui suivent parce que probablement la conférence va prendre fin on attend d'ailleurs une conférence de presse de Jean-Noël Barot le ministre des Affaires étrangères Françis VO une demande un appel au cesser le feu un appel au soutien des institution libanaise notamment à l'armée libanaise on a vu que le président Macron a dit qu'il allait soutenir le le recrutement de de 6000 soldats à l'armée l'État libanis s'est engagé à recruter 1500 soldats donc nous savons que l'intention est bonne mais il faut être réaliste aujourd'hui Paris avec toutes les bonnes intentions que Paris a n'est pas aujourd'hui un centre de décision aujourd'hui Paris est un centre de bonnes intentions il faut il il faut le dire comme comme cela la la décision est du côté américain il faut être réaliste l'Amérique qui pour l'instant n'arrive pas à obtenir le cfeu non plus on va y revenir évidemment David rigouero c'est c'est la conférence des bonnes intentions vous êtes d'accord avec C on sait que on sait qu'Emmanuel Macron a déjà essayé d'aider le Liban notamment après l'explosion la double explosion sur le port de beyouth il est allé là-bas il a il a dit beaucoup de choses il a tensé un peu même les politiques libanais bon le le résultat est assez mince le problème c'est qu'il y a beaucoup d'attente de la part des Libanais par rapport à la France et la France est plus forcément en situation de pouvoir y répondre euh par rapport à au dessinée précédente il y a il y a c'est vrai qu'il y a une vra simplement une une dévaluation euh de l'influence française au Levant euh et qui se manifeste aussi à l'ône de cette de cette conférence parce que ne sont pas présents ni Anthony blinken qui est au Qatar justement et vous évoquez effectivement le poid américain qui est déterminant même s'il est pas omnipotent parce qu'on l'a vu avec les difficultés concernant la question de la de la résolution 1701 il y avait un binom franco-américain d'ailleurs et mais il y a pas non plus évidemment Israël qui a pas été invité mais en même temps qui est capable d'organiser si ce n'est aujourd'hui la France ce genre de de conférence parce qu'on peut critiquer effectivement Emmanuel Macron dans sa volonté de j'allais dire un peu hégémonique de se mettre toujours au centre des discussions de la table pour trouver un compromis mais d'un point de vue diplomatique en tout cas la France existe beaucoup plus que en l'occurrence l'Espagne ou un pays comme l'Allemagne qui contribue hein je l'ai dit 96 millions d'euros donc il contribue la même chose que nous mais néanmoins ceux qui organisent ce sont les Français aujourd'hui c'est Paris la tradition diplomae française inititive personnelle du président Macron c'est dans la tradition toutes les conférences qui ont précédé que ce soit cèdre en 2018 conférence de soutien économi que ce soit la conférence dont vous parliez tout à l'heure en en 2007 la France a toujours été là et avec cette volonté du président Macron nous sentons qu'elle veut qu'elle tient à ce rôle et nous sentons également que le président Macron veut un peu rattraper le CAK libanais parce qu'il avait été accueilli en en sauveur exactement c'est le seul chef d'État qui s'est rendu au Chevé des Libanais au lendemain de l'explosion il a fait des promesses à la population notamment à la il a rencontré la société civile il a fait des promesses aux familles des victimes et puis pour de très nombreuses raisons dont une souris et c'est pas forcément que de la responsabilité d'Emmanuel Macron bien sûr que non nous nous ne l'accusons pas il y a de bonnes intentions après il y a des obstacles on va pas en parler aujourd'hui puisque nous parlons plutôt de la guerre mais nous sentons qu'il y a une une voilà il essaie de rétablir un peu il y a une volonté en tous les cas Patricia Codet on vous retrouve à beyouth euh 400 millions euh c'est euh de ce que je comprends très nettement insuffisant tant le pays est aujourd'hui détruit par les bombardements le gouvernement libanais a publié hier un communiqué disant que éventuellement il aurait besoin de 100 millions de dollars par mois pour pouvoir s'occuper des déplacés selon le gouvernement libanais on a 1200000 déplacés les Nations Unies disent c'est 700000 déplacés c'est peu surtout que le Liban est un pays qui est qui est je ne dirais pas un état failli mais mais mais en fin de compte depuis 4 ans euh on connaît une une une énorme risque économique moi je voudrais comparer par exemple la guerre de 2006 à maintenant en 2006 je me rappelle parce que maintenant je suis sur le terrain et en 2006 j'ai été sur le terrain en 2006 euh au bout de 3 jours tout le monde était dans les écoles tout le monde était accueilli tout le monde avait des matelas tout le monde avait de quoi de quoi manger et c'était les talibanais au tout début qui avait assuré cela cela n'est pas le cas maintenant ce n'est pas il y a jusqu'à présent dans les écoles des déplacés qui n'ont pas de matelas qui n'ont pas qui ce sont les ONG locales et les ONG internationales qui sont avec les moyens du bord actuellement en train de donner de quoi manger quotidiennement de servir des plat chauds au dé placacés donc le Liban déjà est un état je ne dirais pas failli mais je dirais que le Liban est un fait face à une énorme prise économique de depuis déjà 5 ans pas 4 ans depuis 2019 ça c'est de 1 le cas de figure de 2006 est très différent de du Liban actuel en 2006 la 1701 qui est la résolution que tout le monde le Liban maintenant appelle à l'application de la 1701 c'est pas les Israéliens les Israéliens ils veulent beaucoup plus mais en 2006 c'était une résolution que le Liban avait décroché grâce au gouvernement qui était à cette époque là en place et le gouvernement de 2006 s'était démarqué dès le début du Hezbollah ce qui n'était pas le cas actuellement cela fait 1 an que qu'on a que nous avons des émissaires euh qui viennent de la France qui viennent des États-Unis des États-Unis surtout et qui disent au libanais au au au aux dirigeants libanais voilà euh voilà il faudra appliquer la 10701 et le ministre Mikati le Premier ministre qui est maintenant en France qui disait mais mais nous on peut rien faire c'est le hzbollah donc le gouvernement actuel ne s'est démarqué que maintenant du Hezbollah il y avait en 2006 une volonté internationale de reconstruire le Liban là on sait pas qu'est-ce qui nous attend on sait pas quand est-ce que la guerre sera finie on est au-delà des 33 jours de 2006 et on sait pas quand est-ce que cela va s'arrêter moi je voudrais aussi souligner du pour dans le cadre de cette conférence les relations privilégiées dirais-je entre le Liban et la France et ce sont des relations qui existent depuis pas 100 ans pas depuis la création de l'état du Liban qui vont bien au-delà la franceban et et le Liban aussi ou on va y revenir à ces liens évidemment parce que ils sont très importants linini vouliez réagir oui je veux dire qu'aujourd'hui c'est très important de souligner que le profil du pays n'est pas le même qu'en 2006 c'est-à-dire qu'en 2006 aujourd'hui aujourd'hui le Liban traverse la pire crise économique financière et politique de son histoire ça n'était pas le cas en 2006 en 2006 les pays du Golf avaient des liens étaient beaucoup plus proches on va dire culturellement économiquement du pays d'ailleurs ce sont les pays du golf qui ont essentiellement contribué à la reconstruction du Sud aujourd'hui le profil du pays est totalement différent le nombre des déplacés est totalement différent nous sommes dans les chiffres de 1982 et non pas dans les Ch 1200000 d'après le ministère de de la santé 1500 vitimes environ un peu plus même un peu plus à 1500 sur ce dernier mois un peu plus si on compte depuis le début en fait depuis le 8 octobre 2023 et donc le profil n'étant pas le même cela crée forcément de très gros problème qu'il soit euh on est à la veille d'une crise humanitaire sanitaire et sécuritaire
Emmanuel Macron