Lancement du Collectif Culture-Libertés : Intervention de Gilbert Collard
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Chapitres
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« Quand on parle de culture, à madame Najat Vallaud-Belkacem, devant qui bien sûr je m'incline, genou à terre, comme devant madame Taubira, je m'incline parce qu'il faut s'incliner. »
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« Elle sort son pseudo, parce qu'il y aurait en France des pseudo-intellectuels. »
- 1:16Invité politiqueFait
« Non, il s'agit de Fumaroli, de Nora, de Ficalcroft, de Normesson et de bien d'autres. »
- 1:47Invité politiqueFait
« Et je lui ai répondu, à partir du moment où on pose la question, c'est qu'on ne sait pas ce qu'est la culture. »
- 1:55Invité politiqueFait
« Un livre nous dit tout de la culture. C'est l'ouvrage de grand écrivain. »
- 2:15Invité politiqueFait
« Dans ce livre, l'académicien explique que l'histoire de notre culture, c'est une construction qui part de l'Antiquité grecque, en passant par l'Antiquité romaine, et qui trouve son point de convergence chez Montaigne. »
- 2:41Invité politiqueFait
« Les essais ne sont qu'une longue conversation. »
- 2:57Invité politiqueFait
« Pascal disait « Qui me contredit m'enrichit ». »
- 4:01Invité politiqueFait
« En un mot, la négation de ce qui se fait aujourd'hui, où il y a un totalitarisme de la pensée, il faut dire ce que tout le monde pense. »
- 4:20Invité politiqueFait
« Et on est, à partir de ce moment-là, dans une espèce de mobification de la pensée. »
- 4:29Invité politiqueFait
« Si on dit un mot déplacé, on est tout de suite psychiatrisé, islamophobe, homophobe. »
- 5:16Invité politiqueFait
« non point portés par l'extraordinaire voix d'André Malraux, qui inventait à lui tout seul les ombres qui accompagnaient Jean Moulin, mais excusez-moi par la molle voix de François Hollande qui a voulu se comparer à l'homme de la voix royale. »
- 5:45Invité politiqueFait
« C'est l'histoire, la culture, c'est l'identité de la France. »
- 6:00Invité politiqueFait
« même si l'un d'eux traitait le drapeau de torche-cul, il avait 20 ans, un résistant de 17 ans moqué, pas au panthéon, ce drapeau dont il avait dit, c'est aussi de l'histoire. »
- 6:34Invité politiqueFait
« le péché de notre culture, c'est l'excommunication dans la communication, alors que nous, nous voulons rendre la communication exempte d'excommunication tant qu'elle ne tombe pas sous le coup de la loi. »
Temps de parole
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Je voudrais tout d'abord remercier Marine qui est à l'initiative de la création de ce collectif. Dire combien je suis heureux que Sébastien Chenu s'en occupe. Nous avons voulu qu'il y vienne, il y est et c'est bien. Bien, je remercie aussi Florian de l'action qu'il mène pour que ce collectif et ses collectifs sous les couleurs du RBM existent. Qu'est-ce que la culture ? Quand on parle de culture, à madame Najat Vallaud-Belkacem, devant qui bien sûr je m'incline, genou à terre, comme devant madame Taubira, je m'incline parce qu'il faut s'incliner. Elle sort son pseudo, parce qu'il y aurait en France des pseudo-intellectuels.
Rassurez-vous, il ne s'agit pas de Caron, il ne s'agit pas de Rukier, il ne s'agit pas de Bodoves. Non, il s'agit de Fumaroli, de Nora, de Ficalcroft, de Normesson et de bien d'autres. Hier, une journaliste, parce que c'est notre rencontre au quotidien, mon cher Sébastien, me disait, qu'est-ce que c'est pour vous que la culture ? Et je lui ai répondu, à partir du moment où on pose la question, c'est qu'on ne sait pas ce qu'est la culture. Un livre nous dit tout de la culture. C'est l'ouvrage de grand écrivain. Le livre s'intitule « Exercice de lecture » de Rappelé à Paul Valéry.
Dans ce livre, l'académicien explique que l'histoire de notre culture, c'est une construction qui part de l'Antiquité grecque, en passant par l'Antiquité romaine, et qui trouve son point de convergence chez Montaigne. Pour une raison. C'est qu'il a inventé la conversation. Les essais ne sont qu'une longue conversation. Il a inventé les lois de la conversation, c'est-à-dire le devoir d'écouter l'autre, s'enrichir de l'autre. Pascal disait « Qui me contredit m'enrichit ». Et il y avait, à l'époque de Montaigne, cette volonté de pacifier les intelligences en permettant à chacune d'elles de s'exprimer dans l'opposition, dans la contradiction, tout en étant reçu avec respect.
Et c'est parce qu'on a eu Montaigne, dans une période terrible, avec des guerres qui ensanglantaient la France, qu'on a pu introduire dans notre culture la relation dialectique inventée quand même par Socrate. Et il faut continuer cette œuvre. Il faut continuer cette œuvre de dialogue. Parce que la culture, c'est essentiellement, fondamentalement, dans le vis-à-vis, l'art de dialoguer, de discuter, de se parler, de s'opposer, pour s'enrichir. En un mot, la négation de ce qui se fait aujourd'hui, où il y a un totalitarisme de la pensée, il faut dire ce que tout le monde pense. Il faut parler comme tout le monde parle. Il faut répéter ce que tout le monde répète.
Et on est, à partir de ce moment-là, dans une espèce de mobification de la pensée. Si on dit un mot déplacé, on est tout de suite psychiatrisé, islamophobe, homophobe. On est tous phobes, parce qu'on essaye de débattre, de discuter de problèmes d'aujourd'hui. Et c'est ce que nous voulons faire dans ce collectif, c'est réinstaller, au cœur du débat, qui a une capacité à respecter l'homme dans ce qu'il peut avoir de dialectiquement opposé pour que notre culture s'enrichisse.
Deux hommes, parce qu'il faut la parité dans l'héroïsme, sont entrés au panthéon, non point portés par l'extraordinaire voix d'André Malraux, qui inventait à lui tout seul les ombres qui accompagnaient Jean Moulin, mais excusez-moi par la molle voix de François Hollande qui a voulu se comparer à l'homme de la voix royale. C'est l'histoire, la culture, c'est l'identité de la France. Si ces deux femmes et ces deux hommes morts au nom du sang de l'histoire qui circulait dans leurs veines ne sont pas l'identité, même si l'un d'eux traitait le drapeau de torche-cul, il avait 20 ans, un résistant de 17 ans moqué, pas au panthéon, ce drapeau dont il avait dit, c'est aussi de l'histoire.
On le prend, on en discute, on en débat, on ne s'excommunie pas parce qu'aujourd'hui, le péché de notre culture, c'est l'excommunication dans la communication, alors que nous, nous voulons rendre la communication exempte d'excommunication tant qu'elle ne tombe pas sous le coup de la loi. Sébastien, c'est une tâche essentielle et je voudrais conclure là-dessus parce que dans un monde, dans un monde qui nous agresse dans nos... je dirais que c'est le silence qu'on a à construire cette immatérialité de la culture, c'est un confluent. N'oublions pas qu'elle est née dans la capacité des hommes. S'il n'y avait pas une invisible, il n'y aurait pas de culture.
Dire ce monde impalpable qui était un préhistorique, c'est dans l'Afrique essentielle, comme le disait Malraux, la volonté de s'approcher de l'invisible par la musique, par la danse, c'est ça la culture. L'invisible, une matérialité. On sort notre stylo, on écoute, on aime, il s'y a à faire, à demain. Merci. Merci.
Gilbert Collard