François Bayrou, miroir de la fin du macronisme
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
7h 9h Europein matin l'éditopolitique sur Europe 1 avec le Figaro. Bonjour Vincent Trémolet Viller. Bonjour Dimitri, bonjour Anissa.
Bonjour à tous. Véronique Verdin vient de nous le dire à l'instant. François Bairou veut donner un petit peu de temps aux organisations syndicales pour trouver le compromis sur les retraites qu'elles ne sont pas parvenues à atteindre lors de ce fameux conclave.
Bah ce qui au passage lui permettrait lui de gagner quelques semaines de surcis. A priori François Bairou ne sera pas censuré mardi prochain malgré une impopularité record. Il devrait donc passer l'été à à Matignon, ce qui apparemment impatiente Emmanuel Macron.
Pourtant, un premier ministre c'est fait pour être usé jusqu'à la corde. Non Vincent ? En temps normal évidemment Dimitri mais le problème avec François Baou c'est qu'il atomise ce qu'il reste de fiction jupitérienne.
Comme Alain Jupé incarner physiquement l'impôt, Bairou incarne magistralement la fin de règne. Il est le miroir déformant dans lequel le jeune président voit son présent et son avenir. La forme vivante de sa puissance révolue.
Quand Emmanuel Macron le reçoit, il se trouve face à un premier ministre qu'il ne voulait pas nommer et qui est pourtant depuis plus de 6 mois à Matignon. Et il est aussi devant un premier ministre qu'il ne peut pas l'imoger. Alors, au-delà même de cette impuissance dans la nomination et l'éviction, François Baïou donne aux heures finissant du macronisme une vérité cruelle.
Pourquoi ? Parce que le Premier ministre ne fait pas semblant. Macron lui vole d'avion en avion, fait des points près sur tous les continents, promet Mons et merveilles et sément au micro et aux caméras.
Dès qu'il le peut, il s'acharne à cacher le vide ou à le remplir. François Baïou, lui, ne prend jamais l'avion, sauf quand il va à pousse les jours les uns après les autres en disant presque publiquement qu'il ne peut pas faire grand-chose et que tout cela ne va plus durer très longtemps. Ce n'est pas la politique de la chaise vide, c'est la politique du vide mais bien installée sur sa chaise.
On peut comprendre Vincent que les formes disons plus lentes du premier ministre Chrispe, un président lui qui est encore très actif ou désireux de l'être. Vous savez, Dimitri à l'Élysée, ça en devient parfois irrationnel. Ça a commencé au début avec quelques férocités entre les murs, puis des confidences aux journalistes sur un Premier ministre qui arriverait aux Runion sans aucun dossier et sans aucune note.
Un chef du gouvernement qui serait plus soucieux de garnir sa table que son agenda. Mais là, nous sommes maintenant passés à une phase beaucoup plus active puisqueapparemment quelques émissaires bienveillants se chargent de plaider des pour la censure auprès des groupes parlementaires d'opposition, ce qui est sans doute contre-productif. En censurant fois François Baïou, Marine Le Pen offrirait alors un beau cadeau à Emmanuel Macron.
Et c'est peut-être aussi pour cela que la patronne des députés ne se presse pas. Entre déplaire à Macron en épargnant Bairou et plaire à ses électeurs en censurant le premier ministre, le cœur de la patronne du RN balance. Bon, ce que vous décrivez Vincent, ça ressemble à une cohabitation.
On n'en sommes pas là, mais les deux hommes sont dans le même camp. Oui, mais ce sont deux caractères, deux générations, deux trajectoires étrangères l'une à l'autre qui cohabitent. Macron est un young leader qui ne veut pas vieillir.
Baï est un vieux briscar qui ne veut pas partir. Le premier voit la France comme une start-up au logo dessiné par Thomas Joli. Le second comme un paysage montagneux avec un clocher, des vaches et l'ombre de Charles Pegy.
Le paradoxe, c'est que sur le fond, il y a peu de motifs d'affrontement hein. Le premier ministre se désintéresse absolument de la diplomatie, le domaine réservé du président et il n'y a que sur les budgets militaires finalement que ça coince. Le président veut les augmenter.
Le Premier ministre veut faire des économies et accessoirement ne pas donner une rallonge à son rival, le ministre de la défense, Sébastien Lecornu. La chose devrait être tranché avant le 14 juillet. Pour le reste, le mode de fonctionnement est maintenant bien huilé.
Le président n'est jamais à Paris mais quand il rentre, François Baïou est toujours à Matignon. Vous avez sans doute vu Dimitri la vidéo du premier ministre qui lors du salon du bourger peine à sortir du cockpit d'un rafale. Et ben un Matignon, c'est pareil, il y est entré facilement.
Mais maintenant que François Baouot est installé, Emmanuel Macron ne sait pas comment l'en sortir. Les ditu politique sur européen.
François Bayrou