Présidentielle : «Il faut un candidat unique qui aille jusqu'à Bruno Retailleau», selon Karl Olive, député Renaissance des Yvelines
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Europe 1 matin week-end, 6h-9h, Charles Luillier. Bientôt 8h14 sur Europe 1 et voici l'heure d'accueillir le deuxième invité de cette matinale, le député Renaissance des Yvelines, Carl Olive. Bonjour Carl Olive. Bonjour Charles Luillier, bonjour Astelle Laffont. Paris tente un réchauffement diplomatique avec Alger, sauf que Christophe Gleize est toujours emprisonné là-bas, sauf que le sujet migratoire avec le problème des OQTF n'est toujours pas résolu. Carl Olive, la méthode douce est-elle la solution ?
D'abord si on se dit les choses, c'est que l'Algérie est une pépite énergétique pour la France. On va rappeler quand même que 12% de nos importations de gaz viennent de l'Algérie. Donc c'est une pépite économique énergétique. Mais comme je le dis souvent, on a trop souvent nous joué le gant de voulourg français face à la main ferme algérienne.
On a donné les bâtons.
Oui, on a parfois donné le bâton pour se faire taper dessus. Mais encore une fois, moi je veux faire le discernement entre l'immense majorité. Je viens des quartiers populaires à Poissy. J'ai grandi avec les amis d'origine algérienne. Je n'ai aucune difficulté et encore aujourd'hui. Simplement, il faut qu'on soit dans un rapport de force. Il ne peut pas y avoir de cohabitation entre nos deux pays si les portes ne sont pas ouvertes et si le dialogue est systématiquement fermé. Merci Charles-Louis de parler de Christophe Gleiz. Merci de parler de Christophe Gleiz.
Parce que j'entends bien que le retour de l'ambassadeur Stéphane Romathet à Alger puisse aussi être synonyme, je dirais, un peu de détente de la part de nos homologues algériens.
Sauf que du côté du président Tebboune, Carl Olive, je vais le citer le président Tebboune, c'était hier. Il a, je cite, Je referme les guillemets. Même si on comprend évidemment le poids de l'histoire et les blessures que ça implique en Algérie, était-ce vraiment utile de dire ça d'un point de vue, j'entends, d'un point de vue diplomatique alors qu'on est soi-disant dans un projet de dégel des relations ? Ce n'est pas très malin. Charles-Louis, je réponds tout de suite à votre question.
Je reviens sur Christophe Gleiz parce que c'est un de nos confrères. Pardon, je dis un de nos confrères. Je suis ancien journaliste. 66-956, c'est la carte de presse. Et on pense à lui tous les jours. Et je veux aussi penser à quelqu'un d'autre. Ce n'est pas l'Algérie, c'est la Tunisie. Mourad Zeghidi, qui a été un confrère ici de Canal Plus et d'Europe 1, qui est toujours embrigadé en Tunisie. Pour répondre à notre question, oui, vous avez raison. Il faut qu'on soit dans un rapport de force. Alors moi, je vais rappeler aussi au président algérien qu'aujourd'hui, on a 21 000 OQTF d'origine algérienne qui sont encore ici en France.
On doit être dans la réciprocité entre les droits et les devoirs. Et nous devons, encore une fois, être sans a priori par rapport à cela. Mais on doit pouvoir se féliciter qu'on ait une diplomatie dont on rallume le moteur une énième fois. Et moi, je souhaite effectivement qu'on ait un rapport de force, sans a priori que ce soit pour l'Algérie comme l'ensemble des continents. Parce que l'Algérie, encore une fois, c'est une pépite, c'est aussi un totem pour la stabilité des autres pays africains.
Alors, Bali Bakayoko, le maire LFI de Saint-Denis, a annoncé qu'il laissera le portrait d'Emmanuel Macron décroché dans son bureau. Alors cela peut paraître comme ça anecdotique, mais c'est très fort en symbole. Vous le déplorez ça ou pas, Karl-Olive ?
D'abord, je vais vous dire, je félicite M. Bakayoko pour sa victoire aux élections municipales. Premièrement, et je suis un ardent...
Félicitations républicaines, bon, ça s'arrête là. Non, mais moi, je suis un ardent, vous le savez,
je suis un combattant de la France insoumise qui ne mérite pas, à mon avis, d'être là où elle est. Mais il faut d'abord se poser nous-mêmes les questions pour savoir comment on a laissé l'extrême-gauche, par exemple, arriver à ce point-là.
Surtout que, pardon, mais Bali Bakayoko, là, récemment, c'était hier, et ça, aucun média par CNews ou Europe 1 n'en parle, Bali Bakayoko a appelé à l'insurrection populaire en cas de victoire du Rassemblement national à la présidentielle. Ce sont quand même des indicateurs, ça et le décrochage du tableau d'Emmanuel Macron. Ce n'est pas anodin, tout ça, en fait, Karl-Olive ?
D'abord, quand on parle du tableau, à force de parler de l'accessoire, on passe à côté de l'essentiel, et vous venez de le dire. Je pense que M. Bakayoko, il est sur la ligne mélanchoniste. Le chaos, il faut l'insurrection, il faut la révolution, et on le voit aussi à l'Assemblée nationale où c'est un meeting systématiquement à ciel ouvert sans aucun respect. Très honnêtement, Charles Huillet, je ne tombe pas de ma chaise à repas quand vous me dites qu'on appelle à l'insurrection.
Vous appellerez à l'insurrection populaire, Karl-Olive, en cas de victoire du Rassemblement national, même si vous ne souhaitez pas cette victoire, j'entends parce que vous, et on va y venir, vous êtes dans le camp Renaissance, mais vous appelez à l'insurrection populaire, vous ?
Je n'appelle à rien du tout, j'appelle simplement, je dirais, à un respect de l'autorité de l'État qui est totalement dégradé dans toutes les strates de la société, que ce soit envers les élus, on va certainement y revenir, envers les enseignants, envers les policiers, c'est inadmissible. Je dirais, ces combats face aux policiers qui sont là pour nous protéger, il faut arrêter de donner raison à une minorité qui vient polluer l'immense majorité des Français.
Et d'ailleurs, il y a six jours, chez vous, au Mureau, parce que, je le rappelle, vous êtes député des Yvelines, Karl-Olive, il y a six jours, au Mureau, dans votre département, une brigade de la BAC a été victime d'un guet-apens par une centaine d'hommes. Bilan, trois policiers blessés, un plus sérieusement que les autres, car il a reçu un parpaing en plein visage. Enquête ouverte, les violences envers la police sont en hausse de 19%. Un État qui ne sait pas protéger sa police, Karl-Olive, est-il un État en manque d'autorité ? Parce qu'il y a un total sentiment d'impunité, et on a l'impression qu'il n'y a pas de pilote dans l'avion.
Alors, je vais balayer devant ma porte, mais si on se dit les choses, l'insécurité en France, elle ne date pas depuis un an, depuis deux ans. Mais là, il y a les chiffres, là, en hausse de 19% les violences sur les policiers. Oui, mais Karl-Olive, depuis 20 ans, on pourrait dire exactement la même chose. Et c'est insupportable. Parce qu'encore une fois, là, on parle de... J'ai presque envie de dire des collègues. J'ai été, comme vous le savez, j'ai été maire, je considère que les maires, c'est la grande famille de celles et ceux qui veulent protéger. Et encore une fois, je pense que la sécurité, c'est notre première des libertés.
Et si on laisse un millimètre, alors vous êtes tranquille, on va laisser des kilomètres à ceux, encore une fois, qui oscillent entre impunité et laxisme. Les voyous qui nous polluent, qui nous pourrissent la vie au quotidien, et qui sont une minorité, on n'a aucun cadeau à leur faire. Aucun cadeau à leur faire. Et celui qui vous parle, encore une fois, celui qui a grandi dans les quartiers populaires, et qui n'a aucune difficulté avec cette délinquance juvénile qu'on vient souvent voir naître dans les quartiers populaires.
Et on pourra évoquer aussi les violences envers la police cette semaine, en marge du match PSG-Bayern-Dominique. Alors, l'ultra-violence est partout, Karl-Olive, contre la police, également contre les élus. Exemple, cette semaine dans le Nord, le maire de Oisier, une petite commune, a été agressé par un administré, c'était hier, on lui avait en fait refusé l'attribution d'un logement social. Je vous pose la question, Karl-Olive, parce que vous avez, vous-même, déjà été menacé de mort par un administré il y a quelques années, vous avez, il y a quelques mois, été visé...
Qui continue de faire ses murs de claquettes, là encore, de façon publique, à la ville de Poissier.
Vous avez aussi été victime, en tout cas visé par des tirs de mortier, il y a quelques semaines, quelques mois.
Vous pouvez dire victime, puisque c'est six jours d'ITT avec un certain nombre de collègues.
Alors voilà, comment peut-on mieux protéger nos élus quand on a un État aussi absent, Karl-Olive ?
D'abord, j'ai une pensée pour le collègue du Nord, 2 189 maires qui ont démissionné, on en aura peut-être un 2 190e, parce que je crois qu'aujourd'hui, on est incapable de respecter l'autorité. Et c'est vrai qu'il nous faut, à mon sens, un choc d'autorité dans ce pays qui remette le logiciel à l'endroit. On ne va certainement pas se féliciter systématiquement de voir nos jeunes, et souvent des mineurs, arriver dans les quartiers avec le V de la victoire, parce qu'ils sont allés au contact de policiers, parce qu'ils ont balancé des tirs de mortier. Moi, typiquement, l'opération des tirs de mortier pendant la campagne municipale, je n'apprends pas la presse, qu'il s'agit de 4 mineurs.
Mais les 4 mineurs, ils ont bien été télécommandés par quelqu'un. C'est insupportable. Et je pense qu'il nous faudrait des mesures, des peines planchées. Moi, je suis favorable à la peine planchée. Je suis favorable au centre de rétention fermé, où on ne vient pas en sortie culturelle. Pardonnez-moi, quand on a fait une connerie, tout le monde va comprendre. Quand on a fait une connerie, on assume et on la paye. Et ce n'est pas aux contribuables français de payer les réparations, encore une fois, de voyous qui viennent polluer notre quotidien.
J'aborde la politique, cette fois-ci, Karl-Olive. Le chef des députés socialistes, Boris Vallaud, on l'a appris hier soir, quitte la direction du Parti socialiste dans un contexte de désaccord avec le premier secrétaire du parti, Olivier Faure. Quel regard portez-vous, Karl-Olive, sur ces divisions au sein du PS qui pourraient, au sein de l'Assemblée nationale, un peu entraîner renaissance dans cette chute ? Quel regard ? Qu'est-ce que ça vous inspire, en fait, ce qui se passe du côté du PS ? Parce que ça fait partie de vos alliés, que vous le vouliez ou non.
Moi, ça m'inspire d'abord de l'humilité, de la modestie. Et avant de vous parler de ce qui se passe au PS, j'aimerais bien qu'on soit focus sur ce qu'on a, nous autres, à faire dans un bloc central ou, comme moi, dans une sociabilité de droite humaine, humaniste et populaire. Quand on vient du sport, c'est comme cela. Ça me permet de féliciter l'équipe de Lens et d'avoir une pensée pour Nantes qui, malheureusement, jouera en deuxième division la saison prochaine. Mais, encore une fois, si, justement, on ne veut pas que les extrêmes, quels qu'elles soient, soient, finalement, au sommet de ce pays, parce que ce n'est pas tant qu'elles soient excellentes.
Ce n'est pas tant qu'elles soient efficientes. C'est qu'il faut dire les choses. Nous sommes souvent très mauvais. Et là, on doit rassembler pour l'élection présidentielle. On va penser au mot rassemblement avant le mot division.
Est-ce que le PS pourrait vous entraîner dans sa chute ? C'est la question que je pourrais vous poser.
Mais moi, je ne m'occupe pas du PS, Charles Huillier. Je ne m'occupe absolument pas du PS. Moi, ce qui m'intéresse, ce sont les Français. Ce qui m'intéresse, c'est de pouvoir... Vous avez besoin d'eux, pourtant. Oui, oui, mais il faut rassembler. Mais encore une fois, moi, ce qui m'intéresse, c'est d'aller discuter avec les Français. D'en prendre plein la gueule quand il faut en prendre plein la gueule. Mais de savoir ce qu'eux ont dans le bide. Parce que ce sont les Français qui votent. Ce ne sont pas les partis politiques. Êtes-vous team Édouard Philippe ou team Gabriel Attal, Karl-Olive ? Moi, je suis team BonSens, team Génération Théâtre.
Non, mais juste pour dire qu'il nous faudra un candidat unique. Moi, je travaille beaucoup avec Gérald Lamanin depuis des années. Et j'entends bien que nous ayons un candidat unique. Vous avez forcément une préférence, Karl-Olive. Je dis simplement que si jamais nous ne souhaitons pas que, et c'est ce que je souhaite, que les extrêmes ne soient pas au pouvoir l'an prochain, il faut prendre nos responsabilités et trouver un candidat unique qui aille jusqu'à M. Retailleau, par exemple. Jusqu'à M. Retailleau ? Oui, bien sûr. Mais bien sûr. Parce que c'est ce que les Français nous disent. Ce n'est certainement pas dans les livres de l'Assemblée nationale.
Ce n'est certainement pas dans la politique politicienne. Mais sur le terrain, on nous dit démerdez-vous, ça suffit. Jusqu'au PS ou pas ? Je parle de l'autre côté. Je suis moins fan. Je suis moins fan. Mais si, vous voyez, on a une candidature de centre-gauche qui peut être incarnée par Mme Borne. Alors voilà,
elle claque la porte de Renaissance, je le rappelle. Vous le déplorez ou pas ?
Non, je ne le déplore pas parce qu'Elisabeth Borne, d'abord, ce n'est pas un lapin de six semaines. Deuxièmement, ça a été une première mise qui a été très sérieuse. Elle a décidé de prendre ses responsabilités. Il y a différentes sensibilités dans le groupe Renaissance. La sensibilité de centre-gauche est incarnée par Elisabeth Borne. Moi, je salue dans le même temps le travail de Gabriel Attal qui n'est pas toujours simple et celui qui vous parle encore une fois est quelqu'un qui soutient Gérald Darmanin et qui travaille avec lui.
Merci beaucoup, Karl-Olive, député Renaissance des Yvelines. Merci d'avoir été avec nous. Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Karl Olive