Valérie Hayer | LCP, Lundi C'est Politique - 02/03/2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Face à la crise au Moyen-Orient, la France et l'Europe ont-elles leur mot à dire ?
- 3:00RelanceRéponse partielle
Donald Trump et Benjamin Nétanyahou ont-ils attendu l'avis des Européens ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Quelle conclusion tirez-vous du fait que Trump ne consulte pas l'Europe ?
- 6:00RelanceRéponse directe
Faut-il entrer en conflit diplomatique avec Trump ?
- 8:00FerméeRéponse directe
La France doit-elle quitter l'OTAN si les États-Unis ne sont plus des alliés ?
- 10:00RelanceRéponse directe
Gabriel Attal dit qu'il faut assumer la force et sortir de l'ONU. Qu'en pensez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Valérie HayerFait
« Donald Trump et Benjamin Nétanyahou ont lancé une opération très périlleuse. »
- 4:00Valérie HayerFait
« Je considère que les États-Unis sous Donald Trump ne sont plus des alliés. »
- 6:00Valérie HayerFait
« Donald Trump a informé en personne, il n'a pas signifié son intention auprès du congrès américain. »
- 8:00Valérie HayerFait
« La puissance ne respecte que la puissance. »
- 10:00Valérie HayerFait
« Le droit international ne peut pas être un totem d'immunité pour ceux qui le violent matin, midi et soir. »
- 12:00Valérie HayerChiffre
« Nous avons inscrit les Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes. »
- 18:00Valérie HayerFait
« Le président de la République est extrêmement clair. Il parle maintenant de dissuasion avancée. »
- 22:00Valérie HayerFait
« On a changé de logiciel, de paradigme. Il y a cette conscience partagée qu'il faut avancer en européens. »
- 24:00Valérie HayerFait
« L'Ukraine est européen. Aujourd'hui, intégrer un pays en guerre c'est une situation difficilement envisageable. »
- 28:00Valérie HayerFait
« J'ai souhaité pour que la cour de justice soit saisie. Ursula von der Leyen prend cette décision. C'est son droit. »
- 30:00Valérie HayerFait
« Cet accord, elle l'a signé car il y avait une grande majorité qui voulait un deal. »
- 32:00Valérie HayerFait
« La France s'est opposée et a poussé pour qu'on joue le rapport de force. »
- 40:00Valérie HayerFait
« Le parti se concentre sur le travail en vue de la campagne présidentielle. »
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D'heure en heure, la tension monte au Moyen-Orient, en riposte aux gouvernements américains et israéliens et la mort du chef suprême de l'Iran, l'Iran riposte tout. Tous les pays de la région sont désormais dans le viseur de l'Iran. Aucun n'est épargné par les rockets et les drones dévastateurs.
De son côté, Israël intensifie depuis aujourd'hui ses attaques au Liban pour objectif de décimer le Hezbollah. Face à cela, la France et l'Europe ont-elles leur mot à dire ? Valérie Hayer, députée européenne et présidente du groupe Renew Europe au Parlement européen est l'invitée de Lundi, c'est politique.
Bonsoir et merci d'être avec nous comme tous les lundis soirs. Bonsoir Valérie Hayer. Je ne suis pas tout seul pour vous interroger ce soir, bonsoir Laurie-Anne Toulemont, Thierry Beaudet, Stéphanie Depierre, Hugo Couturier, Hugo au Perchoir sur la chaîne Twitch LCP-Assemblée nationale.
Je crois qu'il y a déjà des questions pour Valérie Hayer. En fin d'émission, avec notre invité, nous parlerons de défense. La défense européenne n'est pour l'heure qu'une vision lointaine.
La France est la seule puissance militaire nucléaire de l'union européenne mais notre pays dépend aussi des voisins pour investir dans de nouveaux équipements. En actualité, le Moyen-Orient. La tension monte dans la région.
Notamment l'Iran qui bombarde tous les pays autour, les sept pays du golfe et puis Israël qui bombarde le Liban depuis ce matin. Côté européen, les appels à la désescalade se succèdent. Emmanuel Macron estime que la diplomatie doit reprendre sa place et Ursula von der Leyen est sur la même longueur d'onde. - Nous devons tout mettre en oeuvre pour désamorcer le conflit et empêcher sa propagation.
Au cours des dernières heures, nous avons été témoins de nombreuses attaques, notamment une attaque par drones visant la base aérienne britannique à Chypre. Je condamne avec la plus grande fermeté ces attaques imprudentes menées par l'Iran et ses mandataires contre les territoires souverains. - On voit bien Ursula von der Leyen qui dit qu'il faut la désescalade.
Emmanuel Macron dit la même chose. Vous pensez que Donald Trump et Benjamin Nétanyahou attendent l'avis des européens ? - Je voudrais bien ma très grande inquiétude sur la situation en Iran.
Je pense que Donald Trump et Benjamin Nétanyahou ont lancé une opération très périlleuse. Evidemment, pas d'hypocrisie, je ne vais pas pleurer sur le sort de il y a Ali Khamenei et des responsables qui ont été tués, des Gardiens de la Révolution, c'est un régime sanguinaire qui a massacré sa population. J'ai une pensée pour les iraniennes, les Iraniens, qui peut-être, demain, vont enfin être libéré de ce régime.
Il y a aussi les enjeux autour de la sécurité et les enjeux nucléaires. - Vous dites, ils ont lancé... - Ce que je vois aujourd'hui et ce qui m'inquiète encore plus, évidemment, Ali Khamenei est mort.
Est-ce que le régime est tombé ? Non. L'Iran riposte et la région est en train de s'embraser.
C'est une situation extrêmement préoccupante. Donald Trump et Benjamin Nétanyahou se sont engagés dans cette opération en dehors de tout cadre légal et sans informer les partenaires, les alliés, l'Europe, de leurs intentions et avec les risques sur la population au Moyen-Orient, sur les ressortissants européens et l'embrasement... - Le fait que Donald Trump ne se soit pas tourné vers l'Europe pour demander leur avis, quelle conclusion vous en tirez ?
Qu'il s'en fiche ? - On le voit depuis son retour en tant que président des Etats-Unis, il piétine le droit international. Il piétine ceux qui sont ses alliés.
Je considère que les Etats-Unis sous Donald Trump ne sont plus des alliés. Il est parti dans une logique impérialiste. L'Europe a fait des choses en Iran.
On a classé les Gardiens de la Révolution en organisation terroriste. Ce n'est pas symbolique. Ca permet d'assécher les financements du régime.
Et d'aider la population iranienne. Je crois fondamentalement que ce régime doit tomber. Malheureusement, on a un certain nombre d'exemples par le passé qui confirment que les bombes ne permettent pas de faire tomber un régime.
Nous avons un intérêt à réitérer l'appel à la désescalade mais aussi le respect fondamental du droit international. - Est-ce que Donald Trump a envie d'écouter les Européens ? Pas du tout.
Vous dîtes qu'il s'en fiche. Ca ne changera rien. - Il a sa logique.
Donald Trump a informé en personne, il n'a pas signifié son intention auprès du congrès américain...
C'est un problème. - Quelle conclusion vous en tirez ? - Ce que nous portons avec Emmanuel Macron depuis 2017, l'Europe doit être bâtie et peser dans les affaires du monde.
On a fait beaucoup depuis 2017. Donald Trump et ses partenaires ne comprennent que le langage de la puissance. La puissance ne respecte que la puissance. - Est-ce qu'il faut rentrer en conflit avec Donald Trump ?
En conflit diplomatique. - Il faut lui dire clairement les choses. Il aura besoin de l'Europe tôt ou tard.
Sur l'Ukraine, il a essayé de trouver un deal avec Vladimir Poutine. On l'a rattrapé pour lui dire que ce n'était pas favorable aux intérêts des Américains et des Ukrainiens. Finalement, il n'est pas allé sur le deal.
Il sait qu'il a besoin de l'Europe. Sur son plan de paix pour la Palestine, on en est où aujourd'hui ? Le Hamas a été désarmé ?
Non. C'est la réalité. Les faits...
C'est la raison pour laquelle on a besoin d'avoir une main forte européenne qui pèse dans les affaires du monde, Donald Trump fait des coups, on l'a vu au Venezuela, avec la Palestine, on le voit aujourd'hui en Iran...
C'est quoi le résultat ? - Il faut quitter l'OTAN si les Etats-Unis ne sont plus nos alliés ? - On reste mobilisé à l'OTAN.
L'enjeu pour nous, européens, c'est de bâtir une Europe forte. Je considère qu'il faut tirer les leçons de la stratégie de Donald Trump qui est agressive...
Et il faut bâtir et renforcer les coalitions avec des pays partenaires, amis, qui partagent les mêmes valeurs comme le Canada et l'Australie. - J'entends bien ce que vous dîtes, mais qui porte cette parole face à Donald Trump ? - Aujourd'hui, le président de la république française.
On n'a pas d'autre choix que de s'engager à respecter le droit national. C'est notre intérêt européen. Donald Trump est dans une logique impérialiste.
Qu'est-ce qui s'est passé sur le Groenland ? Qu'est-ce qu'on a vu ? Quand l'Europe dit non, ça fonctionne.
Il a reculé sur le Groenland. Il faut qu'on accélère. - Il faut qu'il arrête sur le Moyen-Orient ? - Il faut s'engager sur des logiques de désescalade.
C'est la priorité. - Arrêter les bombardements ? - C'est ce que font la France un certain nombre de partenaires être dans une logique défensive.
Là encore, en dehors de tout cadre légal, il faut protéger les populations et demander aux parties prenantes de cesser le combat. - Vous parliez de droit international, le président de votre parti, Gabriel Attal a un autre point de vue sur le droit international depuis quelques temps. Il estime que l'ONU ne fait plus son travail. - Le droit international ne peut pas être un totem d'immunité pour ceux qui le violent matin, midi et soir.
Le régime des Mollahs, il n'a pas respecté le droit international. La réalité, c'est que les règles ne sont pas respectées. Sans la moindre conséquence.
Il faut rendre opérantes nos valeurs. C'est pas l'état du monde aujourd'hui. - Ce qu'il dit, c'est qu'il faut assumer la force.
Il donne un petit coup de pouce à Donald Trump. - En aucun cas. Il n'a pas évoqué Donald Trump. - Non mais c'est ce que j'interprète.
Il dit qu'il faut aussi prendre ses responsabilités et entrer en conflit avec ceux qui ne respectent pas les droits de l'Homme. Donc, il ne dit pas que Donald Trump se trompe. - Il n'a pas utilisé l'expression "entrer en conflit".
Les Nations unies aujourd'hui dysfonctionnent. Quand vous regardez qui sont les membres de sécurité des Nations unies, quand vous avez la Russie et la Chine...
Ca ne fonctionne plus. Est-ce qu'il faut pour autant renoncer au droit international qui est le fondement de la reconstruction après la seconde guerre mondiale...
Le respect des règles, dans toute société... - Gabriel Attal dit qu'il faut sortir de ça. - Il faut parler du langage de la puissance.
Il faut dire qu'on respecte le droit national mais en même temps qu'on est prêt à jouer le rapport de force. - Avec des justiciers du monde. C'est ce que fait Donald Trump. - Non.
Ce n'est pas notre rôle. - Ca peut avoir des effets positifs. Même si vous condamnez la méthode... - Vous m'avez entendu dire que je souhaite que le régime des Gardiens de la Révolution tombe, je ne pleure pas sur le sort de Ali Khamenei...
J'ai une pensée pour les Iraniens qui peuvent espérer que le régime tombe...
Une fois qu'on a dit ça, dans quel monde voulons-nous vivre ? Vous ne dîtes pas Poutine... - Une fois que vous avez dit ça, Donald Trump a raison d'intervenir ? - Non. - Alors je ne comprends pas. - Ca aurait dû se faire dans le cadre légal, en concertation... - Des Nations unies ? - Oui, et en coopération.
L'union européenne a décidé de mettre...
Sur les terroristes. C'est déjà une première étape dans le processus pour mettre une pression maximale sur le régime Hezbollah. - La France, le Royaume-Uni et l'Allemagne sont mains dans la main pour dire qu'ils sont prêts à intervenir pour "défendre nos intérêts avec des actions défensives".
Qu'est-ce que ça veut dire ? - Permettez-moi de m'en tenir à ce qu'a dit le président de la République, c'est un sujet qui est extrêmement sensible. Je lui fais confiance. - Défendre l'intérêt de nos alliés, Américains ? - Je ne crois pas que ce sont les pays qui ont été cités en exemple. - Lesquels ? - La Jordanie par exemple. - S'il y a une intervention à faire en Jordanie, la France est prête à intervenir ? - A intercepté des drones ? - Je ne suis pas qualifié e pour vous répondre là-dessus.
Des décisions doivent être prises par le président de la République. Je ne cautionne pas la décision prise par les Américains, on a aussi des intérêts stratégiques communs. - Donald Trump a évoqué, est-ce que l'Europe va devoir dire stop et comment être entendu ? - Rappeler sans contexte le respect du droit international, l'appelle à la désescalade.
Donald Trump aura besoin des Européens. Evidemment, ils doivent rentrer dans le jeu pour rappeler la stabilité dans la région. - La question du maintien du régime en Iran se pose.
L'Europe peut-elle infléchir et comment ? Est-ce qu'il faut préparer la transition politique ? Comment vous voyez les choses ? - C'est aux Iraniens de voir les choses.
Nous avons inscrit les Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes. Ca contribue à fragiliser le régime. Une fois qu'on a dit ça, il y a la nécessité pour le peuple iranien de faire lui-même tomber ce régime.
On n'impose pas...
Je le redis... - Le peuple iranien peut le faire seul ? - Il s'est déjà mobilisé par le passé.
Ce qui m'inquiète c'est que personne ne sait mesurer les conséquences de cette opération aujourd'hui. Il n'y en Iran...
Est-ce que le régime va être affaibli ? Est-ce que la répression contre les Iraniens va être augmentée ? Dubaï est le deuxième aéroport...
Le prix de l'énergie...
C'est une opération extrêmement périlleuse. - Vous avez dit que les Etats-Unis auront besoin de l'Europe. Mais à partir de quand et pour faire quoi ? - Pour ramener la stabilité et la paix dans la région. - C'est l'Europe qui devra faire l'arbitre ? - Elle a toujours été partisane dans les négociations.
C'est la commission européenne, la France, le Royaume-Uni...
Je veux rappeler la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui. C'est Donald Trump qui a retiré les Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien. Et à la fin, on a réussi à retourner à la stabilité avec la négociation.
On a besoin de la négociation. - Le président a évoqué la dissuasion nucléaire française. Il estime qu'il peut y avoir des exercices conjoints avec d'autres pays de l'union européenne mais pas de lui laisser les clés. - Nous entrons sur le chemin de ce que j'appellerais la dissuasion avancée.
Je préfère le dire tout de suite, il n'y aura aucun partage de la décision ultime. Ni de sa planification ni de sa mise en oeuvre. En vertu de notre constitution, elle appartient au seul président de la République, comptable devant le peuple français. - Pour vous, ce qu'a dit le président clôt le débat mené par la droite ou l'extrême droite sur la souveraineté militaire française ?
Que ce soit chez les LR ou... l'idée que d'autres pays européens puissent bénéficier de l'aide militaire française fait bondir. - Le président a été précis et clair.
Pour moi, le débat était clos depuis longtemps. Il n'a même jamais été ouvert. Ce sont les oppositions qui ont laissé penser...
Qui ont diffusé des fausses informations. Mais depuis le premier jour, le président de la République est extrêmement clair. Il parle maintenant de dissuasion avancée, nous serons plus puissants en étant unis au niveau européen.
Mais la décision d'activer l'arme nucléaire ne sera pas partagée. C'est un point qui est fondamental. - On pourrait avoir votre décryptage sur la dégradation de la relation entre la France et l'Allemagne en matière militaire ?
On avait plusieurs gros projets et en ce moment, on est au bord de la rupture. Vous pouvez expliquer cette fâcherie ? - Je ne vois pas sur quoi vous vous appuyez pour parler de rupture.
L'Allemagne fait parti des huit pays qui ont été...
On parle du discours du président de la République sur la dissuasion nucléaire française. L'Allemagne fait partie de ces pays précurseurs qui travailleront de manière étroite avec la France pour bâtir cela. - Pour le reste, tout marche bien ? - Je suis d'accord avec vous, tout ne fonctionne pas de la meilleure des manières dans le meilleur des mondes.
Par expérience, je sais que cela arrive dans la relation franco-allemande. Nous avons parfois des phases d'incompréhension mais nous arrivons toujours à les dépasser. - Mais l'Italie a proposé à l'Allemagne de lancer un avion de combat concurrent au Scaf. - Il y a la volonté politique des deux côtés de continuer à avancer.
Nous sommes dans un moment qui illustre le fait que ce ne soit pas si simple d'avancer en commun sur l'industrie militaire de défense. - Il n'y a pas un problème politique en dessous ? - L'Allemagne participe aujourd'hui à l'initiative ou à la définition de cette nouvelle étape de dissuasion nucléaire avancée.
Cela veut dire que la la relation franco-allemande...
Il y a souvent des coups d'arrêt dans cette relation et des nouvelles dynamiques. Le plan de relance en 2020, c'était une éternité auparavant, personne n'y croyait. Finalement, on a réussi. - On met souvent cet acquis en avant.
Pour la défense, ça avance très lentement. Vous y croyez encore ? - Bien sûr.
On part de très loin. On avance avec le fonds pour soutenir l'industrie européenne de défense. Ca ne va pas assez vite, c'est évident.
Mais on a changé de logiciel, de paradigme. Il y a cette conscience partagée qu'il faut avancer en européens pour bâtir cette industrie européenne de la défense. - C'est pas un peu tard, toutes ces annonces ?
Dans six mois c'est le début des présidentielles. On n'écoutera plus trop le président de la République. - Tous nos partenaires européens attendaient le discours du président de la République aujourd'hui.
Pour assurer la sécurité de l'Europe avec cette puissance nucléaire. Il y avait une attente forte compte tenu des nouvelles relations avec les Etats-Unis. La plupart des partenaires européens se sont construits au lendemain de la deuxième guerre mondiale avec le parapluie américain.
Ca n'est plus le cas. - On va parler de l'Ukraine qui est entrée dans sa cinquième année de guerre. - On a déjà entendu Volodymyr Zelensky qui s'inquiétait du manque de munitions.
Est-ce que l'Europe peut et doit renforcer en urgence son aide à l'Ukraine ? - On n'a pas d'autre choix. C'est ce qu'on vient de faire avec un prêt de 90 milliards d'euros qu'on a voté au Parlement européen.
On peut décider de passer en coopération renforcée. Le président hongrois a utilisé son droit de veto mais on y arrivera. On avance.
Il y a ce prêt et l'accélération...
On peut avancer en coopération renforcée. C'est-à-dire sans être 24. Le Premier ministre slovaque, et hongrois, nous posent problème aujourd'hui mais il y a possibilité d'avancer autrement qu'à 27. - Revenons sur la question. - La Hongrie bloque aussi un nouveau pack de sanction.
Vous pouvez aussi avancer sans eux ? - Pas sur les sanctions. Notre plus gros problème avec lui, c'est les sanctions.
Jusqu'à présent, il a posé beaucoup de problèmes, il a freiné mais on a réussi. Il faut de nouvelles sanctions, avancer sur le prêt et, dans le cadre de la perspective des garanties de sécurité, contribuer à renforcer l'armée ukrainienne et apporter des garanties de sécurité. - Comment convaincre le premier ministre hongrois d'accepter ces sanctions ? - On a toujours réussi au final.
Ca met le doigt sur un problème de l'Union européenne avec ces décisions qui sont prises à l'unanimité et qui offre aux plus trop pro Poutine une opportunité de faire du chantage car il veut obtenir quelque chose pour Poutine et pour lui. Il y aura des élections en Hongrie bientôt. Je pense aussi qu'il aura du changement.
J'espère que le prochain premier ministre hongrois sera pro-européen, pro Ukraine et qu'il ramènera aux Hongrois de la capacité d'influence et d'initiative en Europe. Il faut utiliser tous les moyens de pression possibles pour le faire céder pour l'instant. Il utilise des votes à des fins qui ne sont pas dans les intérêts de l'Europe. - Revenons à la question. 90 milliards de prêt pour l'Ukraine.
Mais les Ukrainiens disent que maintenant que les Américains mettent leurs moyens ailleurs, il y en aura moins. - Les Américains ont largement baissé leurs aides à l'Ukraine. L'Union européenne est le premier soutien à l'Ukraine.
En termes financiers et humanitaires. S'il le faut, on rajoutera des moyens. La sécurité de l'Ukraine c'est la sécurité des Européens et vice versa.
On a un enjeu majeur à ce que l'Ukraine sorte victorieuse et que la Russie sorte avec la défaite. - Le président ukrainien a demandé une date pour l'entrée de l'Ukraine dans l'union européenne. C'est envisageable alors qu'il n'y a pas encore de cessez-le-feu ? - L'Ukraine est européen.
Aujourd'hui, intégrer un pays en guerre c'est une situation difficilement envisageable. Néanmoins, le soutien absolu de l'Europe à l'Ukraine pour que cette guerre se termine le plus tôt possible, est là et ça doit être l'ensemble de nos efforts. Je veux saluer que l'Ukraine et les Ukrainiens se battent avec une force incroyable et ils arrivent à avancer, sur des réformes contre la corruption, pour relever le niveau économique... - Leur entrée dans l'Union européenne, c'est pas pour aujourd'hui. - Non. - J'aimerais que vous décryptiez l'annonce de Gabriel Attal.
Il propose d'accepter très vite l'Ukraine dans l'Union européenne et de négocier ensuite de mettre en oeuvre des réformes pour se conformer aux standards européens. C'est étrange. Comment accepter ces privilèges pour l'Ukraine par rapport aux autres prétendants ? - Ce serait d'abord le signal et le symbole.
Je peux vous dire qu'une voix en soutien de l'Ukraine c'est fondamental. Il faut trouver le chemin pour donner une perspective aux Ukrainiens et... - On pourrait justifier cela ?
Ca serait possible, une adhésion immédiate ? - Un intégration à l'Union européenne symbolique mais pas dans le format qu'on connaît aujourd'hui. Ca a de la valeur.
Il va falloir qu'on se pose collectivement la question de l'élargissement. En France, c'est très compliqué de parler d'élargissement. Mais il y a la question des Balkans occidentaux.
On a souvent pensé à l'élargissement comme un outil économique. La question de l'élargissement est fondamentale car c'est un enjeu de géopolitique et d'influence. C'est le moment de penser à des formats, renforcer l'Union européenne. - Donc une adhésion européenne. - Ce ne serait pas le format qu'on connaît aujourd'hui. - Gabriel Attal veut imaginer une adhésion symbolique...
Et négocier ce que peuvent être les échanges... - C'est le symbole politique. - C'est une résolution. - C'est déjà donner une perspective politique.
Ma vision est très claire. Il faut qu'on s'engage dans la perspective d'adhésion et ça passe par des symboles, le rapprochement encore plus étroit avec l'union européenne et les réformes menées aujourd'hui par le gouvernement ukrainien. - Le Mercosur, beaucoup d'opposition.
Il va pouvoir rentrer en application après la signature de l'Urugyay et de l'Argentine. - Est-il normal que Ursula von der Leyen applique ce traité ? - C'est une erreur politique et je lui ai fait savoir. - L'entrée en vigueur provisoire a été saluée. - J'ai été en faveur de la saisine...
Mais la réalité politique...
J'ai un groupe qui est en faveur de l'accord du Mercosur. C'est le cas de la droite européenne...
Au sein de chacun de ces groupes, ça se dessine par nationalité...
Les belges francophones, les Polonais et les Français... pour ne citer qu'un certain nombre, sont contre. - Vous souhaitez toujours que le traité soit bloqué ? - J'ai souhaité pour que la cour de justice soit saisie.
Ursula von der Leyen prend cette décision. C'est son droit. Je pense que c'est une erreur politique.
Je lui ai déjà dit. Néanmoins, c'est cette réalité-là. Ce n'est pas la fin du processus, il faudra que la cour de justice rende une décision sur la saisine pour vérifier que l'accord est bien légal.
Ce que je demande à la présidente de la Commission maintenant, c'est de mettre les bouchées doubles sur les engagements qu'elle a pris auprès de la France, des agriculteurs, pour leur apporter des garanties de sécurité et qu'on pourra les protéger des effets de cet accord. Le président de la République s'est mobilisé, la position de la France a toujours été connue : non. Il s'est battu car il savait qu'on perdrait cette fameuse minorité de vote.
Il a demandé des engagements la Commission européenne pour mieux protégeait nos agriculteurs le jour où l'accord devait être mis en oeuvre. C'est un frein quantitatif Il y a trop de produits du Mercosur qui arrivent et qui déstabilisent nos filières. On réduirait les arrivées et on remettrait des droits de douane.
Ce sont des mesures miroir de réciprocité. Guillaume vous n'avez pas assez de garanties là-dessus ? - Si, on a eu un engagement politique mais on demande à la Commission européenne d'avoir des garanties concrètes pour que les engagements soient réalité.
On a voté la clause de sauvegarde, c'est sécurisé, il faudra, si la clause doit être activée que la Commission fasse le nécessaire et il y aura des contrôles qui doivent être renforcés. - Ce sont les deux points qui sont faits. - La FNSEA estime que Ursula von der Leyen défend plus les intérêts de l'Allemagne, son pays, que les intérêts de l'Europe ? - Vous connaissez ma position sur l'accord avec le Mercosur.
La France, depuis le début des négociations a émis des réserves sur sa négociation. La France n'est pas seule. Elle est dans une position minoritaire mais elle n'est pas seule.
L'Irlande, la Pologne et l'Autriche se sont exprimés contre. Ursula von der Leyen est certes allemande...
C'est cette politique là qu'il faut avoir à l'esprit. La Belgique s'est abstenue. Tous les autres sont en faveur de l'accord avec le Mercosur.
C'est cette dynamique la qu'il faut avoir en tête. C'est pour cela que la Commission prend cette décision. Je le regrette.
Mais j'en prends acte. Il faut faire une pression maximale sur la Commission pour que les engagements qu'elle a pris devienne réalité. - En plus du Mercosur, il y a eu l'accord sur les droits de douane avec les Etats-Unis qu'elle est allée négocier toute seule.
Vous dénoncez une dérive ? Est-ce que Ursula von der Leyen est toujours légitime ? - Sur les questions commerciales, c'est la compétence de la Commission européenne.
L'accord signé l'année dernière n'a pas été signé sans que Ursula von der Leyen ne soit soutenue par une majorité de l'Etat. La France s'est opposée et a poussé pour qu'on joue le rapport de force. Ca a aussi été le rapport de force.
Mais cet accord, elle l'a signé car il y avait une grande majorité qui voulait un deal. Une majorité d'Etats et d'entreprises. Une fois qu'on a dit ça, les conditions de l'accord étaient désastreuses.
Le fait d'aller dans le golfe de Donald Trump...
Cet accord est extrêmement déséquilibré. C'est un mauvais accord. Il y a beaucoup d'économistes qui trouvent qu'on a limité la casse. - Ce qui me pose problème dans cet accord, c'est qu'on nous avait dit que c'était un mauvais accord mais qu'en compensation, on aura la précipité et la stabilité avec Donald Trump.
Mais depuis, rien de cela. On se fait attaquer sur notre modèle économique, sur la régulation des géants économiques...
A l'époque, j'ai désapprouvé cet accord. Il faut avoir la vue globale et vous avez la réalité politique... - Pour le dire autrement, est-ce que Ursula von der Leyen fait bien son travail ou est-ce qu'elle a un parti pris ? - Avec mon groupe, on est en soutien sur la question de l'agenda de compétitivité.
On lui a demandé de mettre en masse l'agenda sur toutes les questions de compétitivité. Là-dessus, ça n'allait pas assez vite. L'année dernière, j'ai eu l'occasion de lui dire pour la préparation de travail 2026 et que la simplification, c'était bien mais il faut qu'on avance pour renforcer, lever les barrières internes au marché unique et pour faire qu'une entreprise française, que ce soit plus simple de faire business en Autriche qu'à Dallas. - Pour lui mettre la pression, est-ce que vous seriez prête à déposer une motion de censure, car certaines ont été déposées par l'extrême droite et l'extrême gauche ?
Vous pourriez aller vous-même jusqu'à déposer une motion de censure ? - Non, ce n'est pas à l'ordre du jour. Je ne suis pas satisfaite de tout mais j'ai l'occasion de lui dire mes accords et mes désapprobations.
Et aussi de travailler ensemble, main dans la main, avec Stéphane Séjourné qui est en charge de toute la stratégie industrielle. Ce n'est pas à l'ordre du jour. On en est dans une logique où on se dit les choses, y compris quand ça ne va pas.
J'en ai parlé lors de mes désaccords. Il faut parler de la compétitivité pour notre agriculture. Ca doit être le programme de travail qui est sur la table et sur lequel on attend des avancées.
Stéphane Séjourné doit présenter ce mercredi l'accélérateur industriel pour l'industrie européenne sur la préférence européenne. On part de très, très loin. Ca va être porté, inscrit, de manière systémique et horizontale par le commissaire européen et la présidente de la commission européenne.
Ca va être un sujet de bataille avec nos partenaires. - Pour revenir sur les accords commerciaux, il y avait une nouveauté sur les annulations de droits de douane des Etats-Unis par la cour suprême. Donald Trump a annoncé vouloir taxer à nouveau les importations.
S'il le fait avec l'Europe, comment doit-on réagir ? Beaucoup d'économistes avaient plutôt applaudi l'accord signé par von der Leyen car ça évite la surenchère. Il faut montrer les muscles et prendre des mesures de rétorsion ?
Pour aller vraiment au rapport de force commercial ? - On a décidé de suspendre le vote au Parlement européen sur cet accord. On n'y voit pas clair.
On nous avait promis de la stabilité, on n'y est pas du tout. On attend de voir les analyses et les conséquences de la décision de la cour suprême et de la nouvelle décision de Donald Trump d'un point de vue très concret et ensuite, on prendra note décision. - Si on repart à l'attaque, quel plan vous avez ? - Il faut jouer sur le rapport de force.
On a eu cet accord, ensuite, Donald Trump est revenu à la charge en attaquant le Groenland...
On a remis l'outil d'anti-coercition sur la table. On a voté sur le précédent mandat sur l'impulsion du président de la République, l'instrument anti coercition. Il faut défendre nos intérêts.
Je demande à Donald Trump, s'il est prêt à expliquer aux entreprises américaines, qu'il va falloir qu'elles renoncent au marché européen. - Je le vois dans le chat, beaucoup de gens se plaignent, est-ce que l'impact sur le grand public ne va pas être dévastateur quand on sait déjà qu'en France, on est déjà anti européen, ça ne risque pas d'accentuer cela ? - Je suis extrêmement préoccupée de l'impact des décisions sur l'opinion publique française.
Je discutais avec des collègues néerlandais qui me disaient : "Explique-nous ce qui se passe en France, pourquoi la population française est si opposée au Mercosur ?" Ca suscite beaucoup d'émotion en France. Cet accord, la perspective et la décision...
A l'inverse, en Slovaquie et en Allemagne, il y a l'émotion inverse. On a l'impression que l'industrie allemande, cet accord va changer le cours de la vie économique de l'Allemagne. Ce qui n'est pas le cas... - Est-ce que tout cela ne fait pas monter le RN ou LFI ? - C'est tout le travail qu'on doit faire.
Sur l'explication. Il faut dire que la France a un intérêt majeur à s'engager dans le projet européen et à renforcer... - Mais ça, ça ne passe pas. - En Europe, on doit mener des batailles.
On n'en gagne beaucoup. Sur la défense européenne, sur l'autonomie stratégique, sur la préférence européenne... - On va avancer... - Vous avez aussi une responsabilité, on parle trop peu des batailles, des acquis, des avancées qu'on obtient.
Effectivement, sur le Mercosur, c'est une fracture et c'est un sujet de préoccupation légitime pour les Français, le monde agricole et les filières. C'est pour cela que le président de la République s'est battu pour avoir ces trois conditions que j'énonçais. - On va parler de Raphaël Glucksmann.
Il a répliqué aujourd'hui à Jean-Luc Mélenchon qui a écorché son nom à Perpignan. - On ne joue pas avec une salle sur des noms à consonance juive. Jean-Luc Mélenchon confirme aux yeux de tous qu'il est devenu le Jean-Marie Le Pen de notre époque.
J'espère que tout le monde a conscience que nous ne pouvons pas nous allier à quelque élection que ce soit et sous quelque forme que ce soit à ce leader politique. - Depuis, Jean-Luc Mélenchon s'est excusé. L'incident est clos ? - Ce n'est pas la première fois.
Ce n'est pas le premier incident de ce jour. Je vais dans le sens de ce que dit Raphaël Glucksmann. C'est le temps de la rectification pour le parti socialiste, les écologistes, le parti communiste...
On a un Jean-Luc Mélenchon dernièrement avec une stratégie délibérée de clivage, de division et qui nourrit l'antisémitisme. Jusqu'à présent, c'était l'ambiguïté, aujourd'hui on peut se poser la question sur son intention réelle. C'est le temps de la clarification pour ces parties de Gouvernement.
Il n'y aura aucune alliance avec LFI et en 2022 et en 2024 avec le Nouveau Front Populaire d'une certaine manière, le PS a cautionné les outrances de LFI aujourd'hui. J'attends une clarification. - Ces scandales, cela devrait empêcher Jean-Luc Mélenchon d'être candidat à la présidentielle ? - Ce sera sa responsabilité.
Il participe à la fracturation de notre société. Je pense qu'il est en danger au même titre que le RN pour notre démocratie et pour la santé de notre débat public. Quand il dit : "Ce sera eux ou nous " il vous efface du paysage. - On voit bien la stratégie des extrêmes qui se nourrissent l'un de l'autre.
Au milieu, effectivement, c'est plus facile d'être dans des outrances, le populisme, que d'avoir un discours plus construit, nuancé et élaboré. Il faut continuer à proposer, à engager des réformes. Il nous reste un an.
Il faut travailler sur un programme, une offre politique avec une vision qui permettra aux Français de retrouver... - Mais après 10 ans de macronisme, vous ne risquez pas d'être victime de dégagisme ? - On peut aussi émettre des éléments positifs de ce bilan.
Aucun président de la République n'a eu un bilan 100 % parfait. La France a retrouvé de l'attractivité à l'étranger, on a créé des emplois industriels, le droit à l'avortement a été inscrit dans la Constitution... - Le défi de la survie ? - Le défi du projet politique aux Français pour s'assurer que demain le pays ne soit pas aux mains de l'extrême droite.
Avec toutes les conséquences pour la France, pour l'Europe et l'affaiblissement majeur de la France sur cette question. C'est le projet sur lequel on travaille pour porter auprès des Français une vision de ce que doit être la France d'ici à 2030-2040. - Depuis l'affaire de la Jeune Garde à Lyon, comment voyez-vous la prise de distance ferme des socialistes vis-à-vis de LFI ?
C'est assez clair ou vous vous dîtes qu'ils vont finir par se réconcilier en 2027 ? - Je trouve que la clarification a été un peu tardive. Pas de tous.
Il y a eu des clarifications de Raphaël Glucksmann par exemple. Je pense que c'est très clair qu'il faut dire qu'il n'y aura aucune alliance ni avec LFI ni avec l'extrême droite. Il y a des prises de positions qui sont un peu plus claires, néanmoins, je vois que dans les élections municipales... - On n'en parlera pas sur LCP. - La ligne n'est pas claire partout. - Ca pose la question pour 2027. - Il faut que les partis de Gouvernement expriment de manière très claire qu'il n'y aura aucune alliance avec les extrêmes. - Revenons à Raphaël Glucksmann. - Vous le connaissez bien.
Il prend clairement ses distances avec La France insoumise. Il est potentiellement candidat en 2027, comme Gabriel Attal. Quelle est la différence entre ces deux candidatures ? - A ce stade, aucun des deux n'est candidat.
Ce que je peux vous dire c'est que avec le parti Renaissance, on est au travail... - C'est pas la question.
Il y a une différence ? - Fondamentalement. On n'est pas sur la même ligne d'offre politique. - Sur le l'Europe, le social, l'économie, c'est la même chose. - On a un état de droit sacré. - Quels sont les points de divergence ? - Sur l'économie, par exemple, on est sur l'attractivité de la France, la politique industrielle.
On a été candidat aux élections européennes sur deux listes différentes. - Est-ce qu'il ne faudrait pas une primaire pour clarifier les différences ? - La question des différentes candidatures à la présidentielle ne se pose pas aujourd'hui.
Pour mon parti, il y a un travail qui est fait de lignes et de propositions pour avoir un projet à proposer aux Français. La question des candidats qui porteront ce projet se posera. - Vous avez dit que vous souhaitiez une candidature unique au centre.
Comment ? Une primaire ? - Il ne faut rien exclure par définition.
Sur le format, sur comment départager d'éventuels candidats. Peut-être qu'en décembre ce sera clair. Peut-être qu'un candidat sortira du lot.
Peut-être pas. Il ne faut rien exclure. Il faut un projet clair.
Mon parti y travaille. C'est une candidature unique du... - Et s'il y avait une primaire, Raphaël Glucksmann pourrait en faire partie ? - Ce serait son droit.
Pour moi, il faut partager des valeurs et un engagement européen très fort. Le respect de l'état de droit de la défense des valeurs... - Revenons sur le projet du parti Renaissance et donc du potentiel candidat Gabriel Attal.
On a l'impression qu'il a une radicalisation de ses positions notamment sur le projet régalien. Il a fait une proposition pour interdire le voile aux jeunes filles de moins de 15 ans. Est-ce qu'il assume des positions fortes et radicales notamment sur l'immigration ? - Radicales, non.
Fortes et fermes, oui. Absolument. Vous parlez de l'immigration.
Je pense qu'effectivement, sur la question de l'immigration illégale, c'est ce qu'on a fait au Parlement européen, il faut apporter des réponses fermes, fortes qui garantissent de lutter contre l'immigration illégale. Pour les fillettes, est-ce qu'une fillette en dessous de 15 ans peut décider en toute liberté de porter un voile ? Cette logique de protection des mineurs et de la liberté des femmes, il faut la respecter. - Pour les autres projets de Gabriel Attal ou de votre parti, on a vu qu'il a parlé des réformes des retraites.
Qu'est-ce que vous avez comme projet à afficher pour vous distinguer...
Car vous avez un intérêt à ne pas être assimilés à la bannière Emmanuel Macron qui est assez bas dans les sondages en ce moment. - Ce n'est pas se distinguer, c'est apporter des projets. On sait tous que la réforme de la retraite qui a été votée n'est pas la dernière.
Il y a un enjeu de soutenabilité et de pénibilité. - Un mot. - Il y a aussi un changement de nom de parti.
Gabriel Attal a annoncé que Renaissance allait être appelée Nouvelle République. - Ce n'est pas encore formellement décidé. On verra dans les prochaines semaines. - Le parti va changer de nom ? - Le parti se concentre sur le travail en vue de la campagne présidentielle. - Il va changer de nom pour se renouveler ? - A l'entrée du siège, la Nouvelle République est déjà écrite. - On s'est élargi à la société civile. - Ca pourrait être le nom du parti ? - C'est une possibilité. - On va rejoindre l'invité face à vous dans un instant.
Il s'appelle Joseph Henrotin. - Face à vous, un expert des questions de défense et de souveraineté européenne. Politologue, directeur de recherche au centre d'analyse et de prévision des risques internationaux, son actu c'est ce livre : "Un avion pour les gouverner tous: Le F-35, prisme de la dépendance stratégique européenne".
Une enquête sur le F-35, cet avion de combat développé contrôlé par les Américains. Une dizaine de pays européens l'ont choisi pour leur défense aérienne. Symbole de la dépendance militaire de l'Europe aux Etats-Unis. "Jamais dans l'histoire militaire un système n'aura été aussi intégré avec les forces d'un pays étranger.
Une fois en service, la dépendance aux Etats-Unis est structurels. Les bonnes relations emporteront donc". En ligne de mire, le projet Scaf.
Un programme présenté comme le symbole de la coopération franco-allemande mais qui est au point mort à cause des désaccords industriels et politiques. Ce soir, notre invité vous interpelle, l'Europe est-elle capable de produire et de s'équiper seule ? La France peut-elle encore être le moteur de l'autonomie stratégique européenne ?
Face à vous, Joseph Henrotin. - Bonsoir. Merci d'être avec nous.
Vous avez quelques minutes pour échanger avec Valérie Hayer. - Bonsoir. La question que je me pose en tant que spécialiste, c'est l'autonomie stratégique telle qu'elle est présentée actuellement est un objet aux contours indéfinissables pour la plupart des alliés.
Je vois à quel point il y a des difficultés de compréhension qui peuvent survenir. On fait face a un double problème. Il y a cette question du dialogue avec les alliés, je suis content d'entendre le président de la République cet après-midi qui établit les bases du dialogue sur la question du nucléaire.
Jusqu'où va aller ce dialogue ? Au-delà du nucléaire...
Et d'autre part, une vraie question qui est liée au Scaf. On se dit qu'on en n'aura peut-être pas besoin...
D'autre part, quand le politique peut-il reprendre la main sur les relations avec les industriels... - On va commencer question par question. - Cette idée d'autonomie stratégique, c'était initialement une idée très française qu'avait poussée le président de la République en 2017 et sur laquelle nous nous sommes battus au Parlement européen depuis 2019.
Nos partenaires européens n'étaient pas toujours très sensibles à cette question-là. Puis, la guerre en Ukraine et même la crise sanitaire et aujourd'hui, le retournement d'alliance de Trump ou au moins le constat qu'on ne pourra plus compter sur lui, voire qu'il nous attaquera ou il menacera avec des tarifs douaniers...
On assiste à un changement d'époque, il y a un mot allemand utilisé qui devient réalité aujourd'hui. Le chancelier allemand prend des décisions majeures pour avancer...
Il y a cette prise de conscience qui est réelle est donc cette volonté d'avancer pour rebâtir l'autonomie stratégique de l'Europe. - Vous avez l'air dubitatif. - Oui.
Quand on discute avec des collègues suédois, polonais...
Ils ne voient pas de quoi il s'agit. Au-delà du discours, pour le concret, il y a la peur d'une prévalence française sur le programme. Par exemple en Allemagne, ils choisissent eux-mêmes les produits qu'ils utilisent.
Il y a des difficultés de concrétisation. Comment l'Europe, l'union européenne, peut continuer ? - Je pense qu'au-delà de tous les financements sur la table, c'est comment on assume et on dit que pour avancer il faut soutenir l'industrie européenne et la soutenir dans son ensemble.
Et expliqua le partenaire que nous sommes français mais que nous poussons pour soutenir l'ensemble de l'industrie européenne. S'engager pour cela sera gagnant pour l'ensemble. Je pense que c'est ce prérequis politique qu'il faut rappeler car ce n'est pas toujours évident.
Je me souviens de discussions au Parlement européen qui sont encore réelles actuellement. Je me souviens qu'il y avait des discussions où on parlait que la France voulait seulement que les pays européens achètent français. Ce n'est pas vrai.
Pas uniquement. Il faut qu'on soit gagnant-gagnant. Cela va créer des emplois sur les territoires et ça contribuera à notre sécurité collective. - On en revient à la question de la relation entre le politique et l'industriel.
On voit que le Scaf, c'est un bon exemple, finalement, on voit que le politique ne parvient plus à travailler main dans la main. On parle d'économie stratégique, de défense en Europe, de défense industrielle qui cherchent à garder leur part du gâteau. On est dans cet "entre nous" mais les vieux réflexes reviennent. - Il est plus pessimiste que vous. - Je vois tout ce qu'on a fait.
Mais je sais tout ce qu'il reste à faire. Il faut pousser les industriels. L'idée de la préférence européenne, le fait d'avoir un accès privilégié aux aides d'Etat ou marchés publics, ça va permettre de pousser les industriels européens à travailler ensemble.
On a besoin d'avoir des résultats rapidement. - Merci d'avoir été avec nous, Joseph Henrotin. Merci, Valérie Hayer.
A la semaine prochaine.
Valérie Hayer