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interviewSénat (sur YouTube)· 10 avril 2026 32 min

Audition d’Unilever France

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mesdames, messieurs, je vous propose que nous débutions notre audition. Donc nous recevons aujourd'hui les représentants du groupe Unilever, donc monsieur Nicolas Liuffés, madame Catherine Aton, général Council France, donc je sais pas comment directrice générale France juridique France. D'accord.

Monsieur Léo Lubiana, directeur Tubiana, pardon, excusez-moi, directeur de la communication. Oui. Des affaires publiques. [soupir] Donc merci beaucoup madame messieurs de votre présence.

Je pense que vous connaissez la règle des commissions d'enquête qui consiste à prêter serment avant d'être entendu. Je vous rappelle que tout faux témoignag devant notre commission est passible de peine qui sont prévus au code pénal article 434- 13-14 et-15 et notamment de 5 années d'emprisonnement et de 75000 € d'amende. Donc je vais vous demander l'un après l'autre d'ouvrir vos micros. de lever la main droite et de dire je jure je jure.

Merci madame. Je le jure. Merci monsieur.

Je le jure. Merci beaucoup. Par ailleurs, est-ce que vous auriez d'éventuelles choses à déclarer ?

Des liens d'intérêt qui sera susceptible de devoir être porté à la connaissance de la commission ? Non. Très bien.

Merci. Donc merci vraiment beaucoup de de votre présence puisque aujourd'hui nous arrivons je dirais à la dernière partie de nos auditions et euh entendre votre groupe qui est un des plus grands acteurs mondiaux de l'agroalimentaire et de l'hygiène. C'était vraiment un élément majeur.

C'est un groupe donc anglo-néerlandais. [grognement] Votre société emploie environ 127000 salariés pour un chiffre d'affaires de 60 milliards d'euros. Vous nous direz he si tout ça s'il y a d'éventuelles modif modifications par la notoriété de de vos marques.

On parle des plus connu de Knor, Amora, Maille, Dovre, Exona, Signal, Montsavon, Cajoline. On voit que vous entrez dans le quotidien de la vie des Français et [grognement] que vous occupez donc une un premier plan, une position de premier plan dans l'industrie et dans les relations commerciales avec la grande distribution. La semaine dernière, votre groupe a conclu un accord avec un un groupe maraméricain cormique en vue de la session de votre pôle alimentaire dans le cours de l'année 2027.

C'est une opération qui devrait s'estimer à peu près 65 milliards de dollars et qui visiblement est justifié par les moindres marges de vos activités agroalimentaires. Donc si vous pouvez nous en dire un peu plus là nous intéressera grandement et [grognement] puis nous serons aussi intéressés à connaître votre politique en matière de construction du prix euh à la fois du côté de de l'achat de vos matières premières auprès des producteurs, mais aussi du côté de de vos ventes avec bien sûr les grands distributeurs. Comment en fait opérez-vous une répartition en fait de la valeur ajoutée qui est la démarche vertueuse qui nous intéresse particulièrement entre les producteurs, les transformateurs que vous êtes et les distributeurs et puis globalement quel regard portez-vous sur les lois égalim après quelques années de fonctionnement et [grognement] euh et aujourd'hui, comment appréhendiez env vos vos relations quotidien avec les instances européennes que sont désormais les passages obligés pour vous, j'imagine, en centrale d'achat et en centrale de service.

Donc, comment gérez-vous ces ces situations ? Euh, d'habitude, nous procédons ainsi. Donc, d'abord euh la parole vous sera donnée pendant une dizaine de minutes, ensuite à madame la rapporteur pour des questions, voire d'autres questions de la part des membres de la commission et puis vous avez demandé un h clos.

Donc, je vous propose de de basculer en en 8 clos vers 13h30, 15h30 15h35. Voilà. Donc, vous avez la parole.

Merci beaucoup madame la présidente, madame la présidente, madame la reporteuse. Merci beaucoup de de votre invitation. Donc je vais essayer dans un propos liminaire de couvrir la majorité des points que vous avez vous avez soulevés.

Donc Enver, effectivement un groupe angloonéerlandais euh de 60 milliards d'euros. On vous reprécisera ces chiffres par écrit selon le le périmètre présent dans dans 190 pays dans le dans le monde. En France, UNEV [grognement] est présent comme vous l'avez mentionné depuis plus de 100 ans.

C'est aujourd'hui le 11e marché du NEV dans le dans le monde qui représente à peu près de 2 % du chiffre d'affaires du du groupe dans le monde. Une éléveur en France, c'est 1100 collaborateurs, deux usines, sachant qu'on on travaille sur un réseau d'usine européennes, chacune spécialisée. Donc les deux usines françaises sont une usine de dentifrice notamment pour la marque signale mais qui exporte dans une vingtaine de pays en Europe et au-delà.

Et puis donc usine basée à Compienne, il y a une usine Amoramaille, Maïzena située près de Dijon à Chevin euh qui produit les moutardes, les mayonnaises, les vinaigres et donc la fameuse maïzena avec là aussi une bonne partie d'export en Europe et au-delà notamment pour pour la marque Maille qui est très présente à l'étranger. Donc UNEV comme vous l'avez dit a la particularité d'être présent dans l'alimentaire et dans le non alimentaire. Donc ce qu'on appelle le DPH, l'hygiène beauté et l'entretien.

Nous sommes présents en France dans à peu près 94 % des des foyers. 50 51 % de notre chiffre d'affaires est produit en France et le reste est est importé. Je vous l'ai dit, c'est une c'est un réseau d'usine en Europe et chaque pays a des usines spécialisées qui exportent vers les vers les autres pays.

Les investissements en France restent soutenu puisque sur les sur les six dernières années, on a investi à peu près 60 millions d'euros dans le développement et la modernisation de nos usines et encore 30 millions en 2025 avec notamment [raclement de gorge] l'arrivée des chaînes de production de de Maïzena à Dijon enfin à Chevini pardon et puis le rapatriement l'augmentation de de capacité à la fois sur chevinier et des augmentations de capacité sur les lignes de dentifrice puisqu'on a rapatrié euh sur 280 millions de tubes qu'on produit tous les ans. On a rapatrié une vingtaine de millions de tubes d'Europe de l'Est pour pour les produire à CompiNge. Alors, on dit toujours que oui, vous avez mentionné une ever est une grosse entreprise, c'est vrai au niveau mondial, mais dans dans le le sujet qu'on va aborder, je pense c'est toujours important de de se rappeler que une société comme UNEV représente à peu près 1,2 % du chiffre d'affaires total alimentaire des PH des enseignes de grande distribution et que le numéro 1 distributeur en France est plus gros qu'une IEV mondialement. en chiffre d'affaires.

Donc donc voilà donc pour remettre un petit peu les les éléments en perspective, je vais venir rapidement au point que vous avez mentionné sur les les nouvelles de la semaine dernière quant à à l'alimentaire. Donc il je voudrais euh mentionner très clairement qu'il s'agit d'un projet euh d'un projet qui va être euh amené à avoir la validation des autorités de marché, la validation des autorités euh qui règlent les aspects concurrentiels dans les différents pays et puis euh bien sûr pour ce qui est de la France la consultation des organes représentatifs de nos de nos personnels. Donc c'est pour ça que je tiens à dire que c'est c'est un projet et effectivement c'est un projet qui envisage de séparer les activité alimentaire du groupe dans le monde et d'en de créer une société conjointement avec la société Macormic, société dans laquelle UNIV tient retiendrait une participation majoritaire sous puisque les actionnaires du aujourd'hui détiendraient 65 des des actions de cette nouvelle entité.

Euh en en deux mots et ça ça n'engage que moi. McCormi est une société effectivement américaine qui a déjà une belle implantation en France, qui a qui a repris des marques comme Vainé Ducro et les a largement développé en en investissement en investissant à la fois dans les dans les structures de production mais aussi derrière les marques. Et donc on est confiant qu'avec ce partenariat, si le projet aboutit, ça permettra de développer nos marques alimentaires.

Donc principalement Amora, MA, Maizena, mais bien sûr Knor et et Savora. Je suis sûr que j'en oublie d'autres. Alors, vous avez parlé de la un petit peu des mécanismes de de de fixation des des prix.

Il faut savoir, et ça je tiens à le dire, c'est on ne commence pas par la marge pour remonter et fixer un prix. Euh notre volonté c'est de partir euh de marques fortes attractives et euh et d'apporter euh une innovation, un produit qui respond qui répond à des à des attentes des consommateurs et en fonction du besoin qu'on va euh auquel on va répondre euh de la qualité de la réponse qu'on apporte selon les échelles de prix présentes sur le marché, on on va se dire avec des études des études marketing, on peut le vendre à ce prix-là pour euh pour s'assurer un certain volume. Je crois qu' c'est toujours cet équilibre entre nos usines sont des lignes de fabrication qui sont là.

Donc on peut appeler ça des frais fixes. Et donc notre volonté est de maximiser les volumes et de trouver cet équilibre entre volume, attractivité des consommateurs, force de la marque et bien sûr équilibre économique pour pour l'entreprise. Alors, on dit on dit toujours que les grosses marques sont leaders sur leur marché et c'est vrai pour pour uneever, on a à peu près 80 % de notre chiffre d'affaires qui est en position de numéro 1 ou de numéro 2 sur le marché.

Maintenant, il y a toujours beaucoup d'alternatives et et je vais vous prendre deux exemples. Si vous prenez le marché de l'entretien du linge au sens large, vous avez hormis les marques des enseignes qu'on appelle marque distributeur, vous avez à peu près une douzaine de marques sur le marché qui qui concurrencent. Donc même si une marque est leader, il y a beaucoup beaucoup de concurrence.

Vous pourriez prendre la la même chose. Je vais prendre l'exemple. des moutardes où vous avez bah vous avez la marque du de l'enseigne, la marque distributeur.

Vous avez ensuite on va dire qui qui se place à un niveau de prix parce que tout ça fonctionne aussi avec des échelles de prix assez larges à un niveau de prix à peu près d'indice 70 par rapport à une moyenne du marché à 100. Vous aurez Amora qui sera à peu près à l'indice 100 105. Euh vous aurez MA qui sera à l'indice euh à l'indice 130 et puis vous aurez ensuite des marques un peu plus premium, plus spécialisées euh qui peuvent être jusqu'à 10 170.

Donc là aussi euh les euh les échelles de prix, le nombre de marques et les échelles de prix sont assez larges euh dans un dans chacun des segments de marché. [grognement] Alors et j'aurais peut-être dû commencer par là. on fixe un prix de session ou en tout cas on ambitionne un prix de session à la grande à la distribution qui elle-même va déterminer le prix de vente au consommateur hein en fonction des des des conditions de marché des zones de chalandise.

Et c'est pour ça que pour un même produit qui soit Amora, MA, Skip, vous allez trouver des prix de vent de consommateurs différents selon notamment les régions de de France. Ça va dépendre de de la zone de chalis. ça peut varier en indice de 10 15 20 points au sein d'un d'un même pays.

Donc voilà comment le comment le la mécanique de fixation des des de nos prix ambitionnés de session se se détermine. Ensuite, sur le sur le contexte, je vais je vais revenir sur le contexte inflationniste qu'on a vécu, que malheureusement je pense nous allons nous sommes tous conscients que nous allons revivre. Et puis et puis je vais je vais je vais venir sur sur un petit peu les accords avec la montrle.

Alors le contexte inflationniste, faut savoir que si je prends la moyenne de mes prix de session trois nets à la distribution, sachant je juste permettez-moi juste que vous allez arriver à la fin de votre intervention, après il y a les questions de madame la rapporteur. Donc voilà, pas tout en même temps. J'ai presque fini madame la président.

Merci. Et donc le contexte inflationniste en moyenne sur les prix de session à distribution 3 nets en 2015, on est en 2025, nous sommes revenus au niveau de 2015. D'accord.

Les prix ont baissé d'environ 2 % par an jusqu'en 2000 2021. Et oui, il y a une période d'inflation forte puisque nos coûts ont augmenté de de plus de 16 % en 2022, encore 11 % en 2000 en 2023. En même temps, nos prix de session en 2022 ont augmenté de 2,5 % et en 2023 de 5,9 %.

Donc, il y a eu un écart considérable et l'entreprise a pris à sa charge 39 % de l'inflation sur 200 millions d'inflation, donc une somme assez assez colossale et et nos marges et nos marges ont souffert. En même temps, il est à noter que si je regarde aujourd'hui le prix de de session de la mayonnaise de la mayonnaise à Amora et que je le compare à 2000 à 2015, le prix de session de la mayonnaise Amora, 475 g, a baissé de 10 %. Le prix de vente au consommateur a augmenté de 15 %.

Voilà. Donc il y a il y a aussi des conditions de marché qui font que nous ne fixons pas les prix de vente. Ça juste votre prix de session.

Donc le prix de session 3 net de de la mayonnaise Amoraa entre 2015 et 2025 a a baissé de 10 %. Oui. Et le prix de vent de consommateur constaté en moyenne a augmenté de de 15 %.

R plus 15 %. Ce qui signifie en fait que s'il y a une marge qui est faite sur ces produits, elle est largement faite par la grande distribution. Pas pour vous.

Elle est pas pour vous en tout cas. Alors largement en tout cas, elle est moins importante pour vous. Elle est moins importante pour nous qu'en 2015.

Alors par rapport à ce point-là, si vous voulez que je réponde à cette question directement en moyenne sur la marge brute, puisque là je je parle de marge brute, bien sûr, je ne connais pas les les margettes de nos partenaires de la distribution. en marge brute euh si on prend 100 % de la marge brute créée par nous et la marge avant donc entre le prix de session et le prix de vent de consommateur de la grande distribution, on aura 45 % qui sera côté une élève, 55 % qui sera côté grande distribution, hein, en moyenne. Euh et donc pour revenir euh sur euh sur le partenariat à la montricole, je vais vous prendre bah un exemple qui nous qui nous parle beaucoup chez nous qui est euh l'exemple de la graine de moutarde.

Donc on on a connu euh une pénurie de graine de moutarde liée à des [raclement de gorge] à des problématiques d'approvisionnement et et des conditions météorologiques notamment au Canada. Le prix de la graine de moutarde a augmenté de 5,9 fois au moment du du pic de l'inflation. il est aujourd'hui encore 12 % plus élevé qu'avant inflation.

Au travers de ça, ce qu'a fait une Elever, on sourçait alors excusez-moi du on s'approvisionnait à peu près à hauteur de 30 % sur la graine de moutarde française. On est monté aujourd'hui à 45 % avec une ambition d'aller à 50 % sachant que la graine de moutarde française est 46 % plus élevée en coût que la graine de moutarde du Canada. D'accord.

Donc il y a il y a une vraie volonté de soutenir de notre part et d'investir pour soutenir des filières en France. Sachant que bah la la culture de la graine de moutarde notamment en Bourgogne avait quand même euh pas mal réduit si ce n'est presque disparu. Elle a été réintroduite quand les cours ont monté et nous on veut soutenir ça et donc on continue dans cette dans cette direction.

Ensuite pour venir sur égalim. [toux] [raclement de gorge] Alors euh rapidement, peut-être peut-être si vous voulez bien, on commence les questions, on reviendra peut-être à égalim après sur la si vous voulez bien parce qu'on a peu de temps, vous avez demandé un h clos. Je veux bien qu'on reprenne la question de la graine de la graine de moutarde.

Vous dites que donc les la production française est plus élevée hein de 45 % par rapport à la production canadienne. C'est bien ce que vous dites le coût. Oui.

Le coût à la sur le coût le coût à la tonne déjà. Comment vous expliquez ça ? Et deuxièmement, qu'est-ce qui qu'est-ce qui motive votre choix ?

Hormis bien sûr le fait de vouloir racheter français, il y a d'autres choses, la qualité, le goût, le la demande consommateur, enfin expliquez-nous ce qui motive votre choix parce que oui, vu la différence de prix, j'imagine qu'il faut pouvoir motiver un choix y compris économique. Oui. Alors, les raisons très honnêtement sont assez indépendantes de de notre volonté et je pense qu'on pourrait on pourrait parler de taille d'exploitation notamment.

On entend souvent parler de quand on compare des des exploitations françaises avec celle de d'Amérique du Nord mais je pense qu'il y a il y a d'autres éléments et je pourrais essayer d'en d'en trouver plus. Après, ce qui nous motive euh ce qui nous motive, c'est comme je vous le disais, on est là pour servir des besoins et des attentes de consommateur. Consommateurs sont quand même attachés à euh à le l'origine euh des produits euh des produits qu'on qu'on utilise.

Le deuxième point, c'est quand on a une usine dans implanté au cœur de la Bourgogne et qu'on fait qu'on fait de la moutarde de Dijon, on essaie de le faire au mieux. Et puis le dernier point, c'est que bah on l'a vécu avec cette cette pénurie, c'est qu'aujourd'hui pour éviter la pénurie, il faut aussi diversifier ces ces zones d'approvisionnement. Après, le cours mondial étant ayant augmenté au global, de toute façon, la production en France est revenue, elle est disponible, elle l'était beaucoup moins il y a quelques années, quasiment pas.

Et donc aujourd'hui, on diversifie ces sources d'approvisionnement. D'accord. Alors, je veux bien qu'on revienne sur vos relations avec les agriculteurs, que vous nous indiquiez déjà la part de matière agricole française dans ce que vous achetez au global puisque vous avez quand même de très nombreuses marques et de très nombreuses marques alimentaires.

Donc, quelle est la part de dans toutes vos marques alimentaires, quelle est la part de la matière première agricole ? D'accord. Est-ce que vous avez ce chiffre consolidé sur l'alimentaire ?

Et je pourrais revenir vers vous sur un sur un chiffre plus précis. Nos principals euh euh ce qu'on approvisionne le plus graines de moutarde, les œufs. D'accord.

Euh les huiles végétales notamment euh huile de colza, c'est le gros de nos approvisionnements. Et aujourd'hui euh en en France, on on approvisionne à peu près 58 millions d'euros par an sur euh sur euh sur le sur de l'aliment pour l'alimentaire. Ce qui représente, je vous faudra que je vous redonne le le pourcentage, mais ce qui représente à peu près 20 25 %.

Encore une fois, une très grosse partie puisque je vous le disais, 45 % de de l'approvisionnement graines de moutarde est fait en France. Ça sera plus diversifié pour les légumes qui rentrent dans les soupes, même si on approvisionne par exemple du petit poids avec des partenariats avec certains agriculteurs. D'accord.

Et la tendance va à l'augmentation de la production française, la tendance sur la graine de moutarde, la volonté la volonté sur la graine de moutarde, on l' Mais sur le reste sur le reste, écoutez les les œufs, on est très très ancré. Vous savez qu'il y a une il y a une pénurie 2. Donc là aussi on travaille pour sécuriser nos approvisionnements et on montre régulièrement les les approvisionnements en France.

Oui. D'accord. Alors, vous nous avez parlé de la fixation de vos prix.

Est-ce que vous nous pouvez nous parler euh de la sanctuarisation de la matière première agricole ? Comment vous assurez que la matière première agricole à laquelle vous achetez [raclement de gorge] votre bah la moutarde, les graines de moutarde ou y compris les œufs et l'huile quand c'est français ? D'accord.

Euh bien dans ce cas-là, comment vous garantissez la matière première agricole ? Si vous si vous me le permettez, je vais vous en profiter pour faire un point rapide sur égaline et venir sur la sanctuarisation. Alors écoutez euh nous on a vu on a vu arriver à Égalim, on a accueilli Égalim à bras ouvert que ce soit égalim 1, égalim 2 ou la loi de Crosaille égalim égalim 3.

Après une baisse de nos de nos prix de session donc trois nets entre 2014 et 2021 de 15 % baisse régulière de de quasiment 2 % par an tout inclus. On a été content de voir arriver cet encadrement des promotions, ce SRP + 10 dans un premier temps, ce qui permit de faire baisser les dégradations de prix en alimentaire, puis ensuite la sanctuarisation dans dans Égalim 2. On a vu un effet de débord de l'encadrement promotionnel sur l'alimentaire sur le nonalimentaire qui nous a énormément pénalisé et donc on a accueilli aussi avec beaucoup de de de supports la loi des crousailles qui nous a permis de revenir au niveau des investissements promotionnels pré préégalime sur sur le nonfood.

Alors après sur la sur la sanctuarisation de la la MPA bien évidemment Unilever se met et se conforme à la loi et c'est notre volonté. cette sanctuarisation, nous on travaille avec l'option 3. Alors l'option 3 amène pas mal de débats, mais si vous voulez il y a il y a d'abord l'option 3 veut dire que vous certifiez avant les négociations, après les négociations par un commissaire au compte dans notre cas KPMG, donc une entreprise qui a entre guillemets pignon sur rue, mais de toute façon un commissaire au compte euh et euh et bien évidemment euh assujetti un certain nombre de de règles Euh et l'option 3 nous permet d'avoir une certification sans révéler des secrets d'affaires à nos concurrents puisque évidemment la marque distributeur est un concurrent.

Donc donc si vous voulez quand bon après il faut aussi se dire que on narrive pas dans les dans les boxes de négociation en disant bah voilà l'attestation et on en parle plus. Non, on donne une attestation et puis après on travaille sur un certain niveau de détail qu'on éclaire euh sans tout éclairer parce que effectivement euh le secret des affaires et des règles euh anticoncurrentielles, c'est moins quand même euh la recette du produit que vous essayez de ne pas dévoiler en faisant l'option 3 que la manière dont vous achetez en réalité, si je peux me permettre, parce que on tourne beaucoup autour d'option 3, option 2, les distributeurs ayant euh étant tous unis pour fustiger l'option l'option 3. Mais en réalité quand on essaie de comprendre euh ce qui ce qui fait que vous industriel vous êtes attaché à cette option 3 et que les distributeurs y sont opposés, c'est bien le fait euh qu'en fait cette option 3 permet pour vous de masquer un peu la manière dont vous achetez en globalisant les choses.

On est d'accord ? Est-ce que c'est ça l'intérêt ? Parce que en fait on nous dit on veut pas délivrer les recettes mais les recettes elles sont inscrites sur vos produits en fait.

Alors euh enfin non mais quand je dis pas les dosages mais enfin on voit bien euh je sais pas c'est une vraie question c'est parce que on a beaucoup eu de témoignages et moi après quand même des dizaines et des dizaines d'auditions où ce sujet a été évoqué j'ai toujours du mal à comprendre ce qui positionne les uns et les autres absolument pour et absolument contre. Alors le je dirais que le l'option 3 est surtout destinée à elle est elle couvre les deux points que vous avez mentionné. Elle coupe directement la manière dont vous achetez et elle coupe indirecte elle elle couvre indirectement puisque il y a le mix de ce que vous achetez à l'intérieur la recette.

D'accord. D'accord. Et ce sont ces deux éléments uniquement euh Et ce sont ces deux éléments uniquement si si vous voulez, c'est comme c'est comme si demain vous me demandiez euh est-ce que je partage mes conditions d'achat et mes recettes avec Crafts ?

Non, c'est c'est déjà c'est pas possible, on est tous d'accord. Et de ça fait partie du secret des affaires et potentiellement d'un avantage concurrentiel. Et donc si vous voulez, oui, l'option 3 est est pas mal débattue parce que parce que j'ai l'impression que certains pensent que ça nous permet de cacher des choses mais à partir du moment où on travaille en présertification et en postcertification avec des commissaires au compte de réputation française et mondiale qui sont assujettis à un certain un code des affaires, je ne vois pas d'où d'où vient cet élément de réputation ou non le fait d'être commissaire au compte C'est une profession assermentée.

Exactement, si je peux me permettre. Oui, oui, oui, tout à fait. Vous avez tout à fait raison.

Voilà. Alors, OK, très bien. Ça, j'ai compris.

Alors, est-ce que la distinction entre MPA et MPI lors des négociations, elle vous paraît artificielle ou non ? Vous qui êtes industriel lorsque vous négociez, vous nous avez expliqué, vous présentez l'option 3. Donc, on va aller plutôt sanctuariser.

Enfin, j'espère. Dites-nous si la MP3 euh si la MPA est sanctuarisée dans vos négociations et là je parle bien à l'Aval et non pas à la Mont à l'Aval quand vous êtes avec les distributeurs et s'il y a une négociation forte sur les MPI comment se passe là les négociations alors sur je dirais qu'il y a les la partie MPA la partie MPI et il y a une une évolution dans le temps. Donc la la discussion se fait sur tous les éléments du du coût et du et du prix de revient, que ce soit sur les matières premières agricoles, que ce soit sur les éléments de d'emballage et d'énergie dans nos usines et d'évolution et d'évolution des des salaires.

Euh tout ce qui est protégé amène une pression plus forte sur ce qui ne l'est pas. C'est ce qu'on appelle les effets des bords. Donc forcément euh au moment où la MPA a été sanctuarisée, ça a porté beaucoup beaucoup de pression euh sur sur les MPI.

Tout comme je le disais tout à l'heure, quand l'encadrement des promotions a été fait sur le food, sur l'alimentaire, le nonalimentaire a explosé. Voilà. Donc donc de toute façon, tout est couvert, tout est discuté et la pression sur les MPI c'est largement c'est largement accru dans un contexte où notamment depuis depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, les l'énergie a quand même augmenté de manière très importante.

Ensuite, sur la sanctuarisation de la de la matière première agricole, il faut reconnaître que le démarrage des galim a été fortement respecté et que depuis que les points de négociation se sont déplacés à l'étranger, cette tendance à ça a tendance à s'étoler. Très bien. Mais si vous voulez, on va on va y revenir.

Peut-être qu'on y reviendra plus en détail dans le h clos. J'aurais une question encore une dernière question à vous poser euh sur la manière dont sur l'endroit où se situe la marche que vous faites en France par rapport à la marge que vous faites à l'étranger. Je voudrais savoir en fait comment puisque on aborde la question des marges, quelle est la contribution de la France à la marge globale du groupe et comment se situe-t-elle par rapport aux productions étrangères ?

Euh oui. Alors le donc je vous ai dit que le groupe est euh est le 11e marché euh du Never dans le monde. Tout à fait.

Sa rentabilité est aussi la 11e rentabilité en terme de de de marché dans le monde et euh et le groupe est euh en France est à la moyenne mondiale. D'accord. C'està-dire pardon.

C'est-à-dire en terme de de niveau de marge. Alors sur les sur les niveaux de marge, bon il y a il y a plusieurs il y a plusieurs critères. Euh permettez-moi, madame la présidente, encore une fois parce que je sais que on compare beaucoup euh euh des marges entre industrielles et puis les marges de l'industrie par rapport à la à la grande distribution.

Moi, le point que je voudrais faire, c'est que le point de départ, c'est-à-dire la marge brute, est à 45 55. Bon, on peut dire qu'elle est un petit peu elle est un petit peu comment dirais-je déséquilibrée, mais grosso modo, nous partons du même montant. Et après quand ensuite vient vient s'imputer la les décisions de gestion d'une entreprise euh quand la grande distribution dit qu'elle a 2 % de marge nette et qu'elle la compare aux industriels.

Très bien. Maintenant, quand on voit les évolutions par exemple des investissements publicitaires, des industriels dont ma société, ils ont fortement baissé au fil des années, quand ceux des enseignes, leur décision a été de les augmenter et les augmenter aussi de manière substantielle. Quand vous preniez ce qu'on appelle le top 10 des investisseurs publicitaires en France il y a une quinzaine d'années, bon, vous aviez systématiquement l'automobile, souvent un peu de téléphonie et des acteurs de l'industrie de la grande consommation alimentaire et non alimentaire.

Aujourd'hui, vous avez toujours de de l'automobile et de la et des télécommunications et vous avez plutôt des enseignes de grande distribution quand les enseignes les sociétés industrielles sont sont plutôt plus bas dans les dans les classements. Donc pour revenir à votre question, la marge moyenne du du groupe est à peu près à 18 %. On pourra vous c'est le selon les années ça ça peut bien sûr évoluer.

On pourra vous donner les les chiffres exacts. Très bien. Ben écoutez, je vous remercie.

Très bien. Alors, je vous propose qu'on bascule en H clos. Donc quelques petites minutes. [toux]