Face à Face : Fabien Roussel - 06/05
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Apolline Matin Face à face
Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Fabien Roussel
Bonjour Apolline de Malherbe
Merci d'être dans ce studio, je vais très bien et vous-même Fabien Roussel, vous êtes secrétaire national du Parti Communiste français Vous êtes aussi le maire de Saint-Amant-les-Eaux On va parler emploi, nationalisation d'ArcelorMittal C'est l'une de vos propositions Mais aussi des emplois menacés non seulement dans l'industrie Mais aussi dans le commerce Je voudrais d'abord vous interroger sur Jean-Luc Mélenchon Votre compagnon de la nouvelle, le nouveau Front Populaire Ça fait combien de temps que vous ne lui avez pas parlé Que vous n'avez pas échangé tous les deux ?
Ouh là là, je ne saurais même pas m'en souvenir Mais ça date de bien avant les dernières élections présidentielles Que nous n'avons plus de relation
Plus aucune relation ? Aucune Vous avez compris que vous n'étiez pas le seul Puisqu'il y a ce livre, Choc, qui sort aujourd'hui Ça s'appelle La Meute Et ce sont mes deux confrères Du Monde et de Libération Qui ont mené l'enquête La Meute, ce livre, apparaître donc Demain chez Flammarion Il parle de la dissonance Entre les prétentions démocratiques du candidat Et le fonctionnement autoritaire du chef Il parle de son goût, je cite Pour les purges Mélenchon ne demande pas seulement La discipline de groupe et la loyauté absolue Mais la dévotion aveugle Celui qui doute, trahit Vous êtes donc un traître
A ses yeux ? Ah ben certainement, oui
Qu'est-ce qu'on fait une fois qu'on a dit ça ? On continue comme si de rien n'était ?
Franchement, d'abord C'est pas du tout l'actualité de nos concitoyens S'en moque de savoir tout ça J'ai lu quelques extraits Dans la presse J'ai cru comprendre que Les comportements De la direction de la France insoumise Se rapprochaient des comportements d'une secte Sous l'emprise d'un couple Celui de Jean-Luc Mélenchon et de sa compagne Sophia Chiquérou C'est pas joli à voir Après, c'est une question de démocratie À l'intérieur de ce mouvement
C'est peut-être une question de démocratie tout court, non ? Parce que si jamais il est candidat à la présidentielle, c'est une question de démocratie ?
Oui, ça je suis tout à fait d'accord avec vous C'est pour ça que c'est un vrai sujet Mais c'est la raison pour laquelle Personnellement, en 2022 Nous avions fait le choix de construire une candidature à l'élection présidentielle Parce qu'on n'avait non seulement pas le même programme Mais en plus parce qu'on considère que ce n'est pas un bon candidat Un bon choix pour la France
Est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui, vous vous dites S'il se retrouve au deuxième tour, j'hésiterais même à voter pour lui ? C'est la question que pose le journal Libération dans son édito ce matin Je vais vous le lire à l'instant Le public a pu au fil des années être informé de ses accès de violence De son goût pour les purges Mais l'enquête démontre qu'il ne s'agit pas de faits isolés Qui peuvent s'expliquer par la violence du combat politique Il s'agit d'un mode de fonctionnement assumé Et le journal Libération, journal de gauche S'interroge sur les conséquences s'il accédait au pouvoir Que donnerait de telles pratiques si Mélenchon entrait à l'Elysée ? Je vous pose cette question
Eh bien, c'est ce que je vous dis Il y a besoin de beaucoup de démocratie dans le mouvement de la France insoumise Mais aussi en France Et je fais confiance aux Français sur les choix qu'ils feront Futures élections présidentielles Et j'ai personnellement un gros doute sur le fait que Jean-Luc Mélenchon Puisse accéder au second tour Avec toutes ces révélations qui ont lieu
En fait, vous espérez que ces révélations Fassent en sorte que les gens ne votent pas J'espère en rien du tout Je fais confiance Ou est-ce que vous vous dites qu'il faut l'empêcher ?
Non, je fais confiance à la démocratie Aux électeurs, aux électrices Aux Français, à ceux qui votent Justement pour avoir la lucidité De faire en sorte qu'au second tour de l'élection présidentielle Il y a un candidat d'une gauche sincère, démocratique, républicaine, laïque Qui portera enfin les espoirs d'un vrai changement Dont on a tellement besoin pour parler, pour réparer la France Parler de services publics, d'industries, d'Arcelor La raison pour laquelle je suis venu ici ce matin
On va y venir, vous inquiétez pas Fabien Roussel Mais c'est quand même extrêmement important Vous-même, vous le dites Ça a quand même conditionné aussi vos choix pour l'élection de 2022 Ça pourrait à nouveau conditionner vos choix pour la prochaine En gros, ça veut dire que si c'est Jean-Luc Mélenchon Qui apparaît comme le candidat de la gauche Vous ferez en sorte qu'il y ait un autre candidat Vous ne mettrez pas vos œufs dans le panier de Jean-Luc Mélenchon
Ça c'est sûr C'est sûr ? Ah vu, ça c'est sûr, oui Oui, oui, je pense que nous avons un projet qui est différent Il a décidé lui-même d'être déjà candidat à l'élection présidentielle Donc il a demandé son avis à personne Et c'est tout, voilà, dont acte Et c'est pour ça que je fais confiance à la démocratie Confiance à ceux que je croise régulièrement Et qui m'interpellent Et qui demandent justement à ce que l'on puisse incarner Une autre gauche Rassembleuse, populaire Ouverte, accueillante Qui répondent aux besoins de notre pays
Fabien Roussel, vous voulez nationaliser ArcelorMittal Est-ce que c'est vraiment la solution pour sauver Les 600 emplois menacés ?
C'est une des solutions en tout cas C'est une des solutions que d'autres pays ont fait Dans leur domaine Je pense aux Britanniques qui ont nationalisé British Steel L'Italie qui a mis sous tutelle une entreprise d'Arcelor à Torrente Donc ça se pratique ailleurs Et nous on a un enjeu important en France C'est que la production d'acier C'est la colonne vertébrale de l'industrie française Les bobines d'acier qui sortent d'ArcelorMittal Sont utilisées pour les voitures Sont utilisées pour un tas de filières Sont utilisées dans le bâtiment Sont utilisées dans plein de secteurs S'il n'y a plus d'acier Si on ne produit plus d'acier en France On va l'importer d'ailleurs Ce qui se fait déjà beaucoup Donc il faut nationaliser Il faut interdire, limiter les importations d'acier Venant d'Inde et de Chine Qui sont les deux principaux exportateurs d'acier aujourd'hui C'est pas que la Chine C'est surtout l'Inde Qui exporte ici en Europe La Commission Européenne Refuse de limiter ses importations C'est le premier coupable Le deuxième c'est ArcelorMittal Qui fait le choix d'investir à l'étranger Notamment aux Etats-Unis Un milliard d'euros dans l'Alabama Dans une usine moderne Décarbonée Nous ce que nous demandons C'est où ArcelorMittal Fait les investissements en France Pour moderniser son usine La décarbonée S'il ne le fait pas Là maintenant Il faut nationaliser Et ça coûtera moins cher
C'est ce que vous allez vous demander
Justement On commence à calculer Mais entre la valeur D'ArcelorMittal France Et les investissements Qu'il faut y produire Là dans les années qui viennent C'est un peu plus de 5 milliards d'euros Qu'il va falloir mettre sur la table Et c'est donc étalé sur 40 ans Vous imaginez C'est comme ça que l'on a nationalisé Des grands groupes On échelonne Le coût de cet investissement C'est donc un peu plus d'une centaine
Vous savez vous Où on en sera de l'acier dans 40 ans ?
Mais ce que je sais Ce que je peux vous dire
C'est que Si on met
100 millions d'euros Tous les ans C'est le coût de la nationalisation D'ArcelorMittal 100 millions d'euros Tous les ans Pendant 40 ans Ça coûtera moins cher Qu'aujourd'hui Ce que l'on donne à Mittal Pour décarboner son entreprise Et que lui utilise en partie Pour distribuer des dividendes D'une part D'autre part Nationaliser Ça veut dire que l'on va Pouvoir donner Aux industries françaises De l'acier Qui coûte Enfin donner Vendre De l'acier Beaucoup moins cher Que ce que fait Mittal Aujourd'hui Ça veut dire que ça va être Un atout Pour réindustrialiser la France Ça veut dire qu'on va devoir On va pouvoir dire A Renault A Peugeot A des groupes industriels Relocaliser vos productions Ici en France Vous aurez De l'acier Moins cher Et de l'électricité Moins cher Puisque c'est le deuxième volet C'est la bataille de l'énergie C'est de diviser par quatre Le coût de l'électricité En France Et c'est possible Avec de l'électricité Nucléaire Des carbonés Moins cher Et de l'acier Moins cher Parce que nous l'aurons nationalisé Nous avons un plan de reconquête Sur la sidérurgie Sur la métallurgie En France Qui va enfin pouvoir Créer des emplois
Et ça va peut-être répondre Aussi aux cris d'alarme Des patrons de Renault Et de Célantis J'y viens dans un instant Mais est-ce que vous parlez Fabien Roussel Avec les patrons D'ArcelorMittal Est-ce que vous échangez avec eux ?
Bien sûr Et j'ai reçu Le directeur général D'ArcelorMittal France Je l'ai reçu Pour discuter avec lui Tête à tête De la situation
Du groupe Vous en êtes arrivé A quelle conclusion ?
Mais d'abord Moi je l'ai interpellé Sur les choix qu'il fait De supprimer Plus de 600 emplois Et je lui ai dit Mais enfin Lui me certifie Qu'il ne va pas fermer Ses usines Et moi je dis Je le mets en doute Parce que Ce n'est pas cohérent Avec ses choix De délocaliser Notamment en Inde Les bureaux d'études Comme s'il ne faisait pas confiance Aux ingénieurs français Et donc je dis ça Ce sont des choix Qui mettent en doute Votre parole Sur les investissements en France Par contre Ce que j'entends de sa part C'est qu'effectivement La commission européenne Ne limite pas les importations Et donc il faut limiter Les importations venant d'Inde Et de Chine Mais avant de revenir
A l'Union européenne Tout de même quand même Fabien Roussel Quand vous dites Nous on peut s'engager Sur 40 ans A mettre 100 millions par an Est-ce que c'est aussi La garantie De garder ces 600 emplois Et est-ce que si Le marché de l'acier S'écroule Vous continuerez Malgré tout A mettre ces 100 millions De l'Etat Tous les ans
Il faut planifier La réindustrialisation De la France C'est une stratégie De planification Il n'y avait pas un truc Qui s'appelle
Le commissariat au plan
Si mais justement Monsieur Bérou a fait Des propositions fort intéressantes Là-dedans Pour en parler Mais il surgit Pourquoi ça n'a pas été suivi ? Parce que monsieur Bérou Commissaire au plan Ne tient pas le même discours Que monsieur Bérou Premier ministre Quand il était commissaire au plan Il proposait justement D'investir 400 à 600 milliards d'euros En 4 ans Pour pouvoir produire 400 à 600 milliards d'euros ? Oui, oui, oui, en 4 ans Mais on les trouve où ? Dans les banques La Banque Centrale Européenne Notamment C'est de l'investissement On investit Pour
Je comprends qu'ils ne tiennent pas Le même discours Quand il est Premier ministre S'il s'était rendu compte On ne les avait pas
C'est exactement ce que font Les Allemands en ce moment
Ils mettent 400 à 500 milliards d'euros ?
Il n'y a pas de problème d'argent Il n'y a pas de problème d'argent Madame de Ballère Mais c'est super Vous auriez dû venir plus tôt Il n'y a pas de problème d'argent Mais quand l'Union Européenne A dit qu'il faut produire des bombes Il tape deux fois Il y a 800 milliards d'euros qui tombent Et là, il n'y a pas de problème d'argent On sait produire des bombes On n'a pas besoin d'usines Pour produire de l'acier On n'a pas besoin d'hôpitaux On n'a pas besoin d'universités
On n'a pas tapé deux fois Et 800 milliards qui tombaient du ciel
Mais bien sûr que si Et d'ailleurs Mais non
Ce sont des emprunts Ce sont des emprunts Que font les différents États
Et bien de la même manière Les Allemands Aujourd'hui Le nouveau chancelier allemand Décide d'investir 500 milliards d'euros Ils appellent ça Le bazooka monétaire Pour investir dans la rénovation Des infrastructures Et notamment Du ferroviaire Et bien nous devons Nous faire la même chose Avoir une ambition immense Pour notre pays Faire un emprunt De la même manière Rembourser les annuités De cet emprunt Dans 10 ou 15 ans C'est ce que nous proposons C'est ce que proposait M.
Bérou Quand il était commissaire au plan Et cela va nous permettre Non seulement De nationaliser Des entreprises stratégiques Je pense à Vancorex Pour la chimie Je pense à ArcelorMittal Pour l'industrie Et de l'acier Je pense à l'énergie Il y a 300 milliards d'euros A investir Pour le nucléaire français Je pense aux ferroviaires Le gouvernement lui-même Dit qu'il y a besoin De 100 milliards d'euros Sur 10 ans Pour le ferroviaire Ce sont non seulement Des investissements stratégiques Pour l'avenir Mais ce sont là Les emplois Pour des ouvriers Pour des métallos Pour des ingénieurs Pour notre jeunesse Qui elle aspire A travailler justement Dans notre pays Je trouve merveilleux Mais bien sûr Mais moi je suis plein d'optimisme Mais je suis plein d'optimisme
Le départ Fabien Roussel Est magnifique
C'est les jours heureux
Il n'y a pas de problème d'argent Il n'y a pas de problème D'industrie L'acier Ça va couler à flot Pendant les 40 ans Qui viennent Est-ce que malgré tout Vous n'avez pas l'impression Quand même Que c'est une vision Un peu utopique
Mais madame de Malherbe Quand vous écoutez
Les français Ils n'ont pas du tout Quand vous écoutez
Les PDG De l'automobile
Les patrons De Stellantis Et de Renault Qui s'expriment Dans le Figaro Ce matin Qui disent Au rythme actuel Le marché Pourrait être plus Que divisé par deux D'ici 2035 Dans l'automobile européenne
Ce sont les deux premiers Responsables De beaucoup de délocalisations Renault Il délocalise en Chine En Slovanie En Terpée En Espagne En Roumanie Ces moteurs Sont produits là-bas Même la dernière Twingo Va être conçue en Chine Stellantis Il fait pareil Son moteur EP Qui était fait A Douvrain Dans le Pas-de-Calais Il est fait maintenant En Hongrie La première responsabilité Qu'ils ont Eux Justement C'est de produire En France Pour des voitures Conçues en France Ce sont des marques françaises Ce sont des chefs D'entreprises françaises Ils ont une responsabilité Qui est énorme Voilà les débouchés Pour l'acier en France Ça ne sert à rien De nationaliser Mittal Si demain Les bobines d'acier Ne servent pas A produire en France C'est ce que j'allais vous dire Des voitures Des moteurs Du bâtiment Des poutres Pour le bâtiment
Eux ils demandent A l'Union Européenne De desserrer les normes
Oui Il y a besoin De desserrer les normes Mais je vais vous dire autre chose Le premier Utilisateur d'acier C'est le bâtiment Quand le bâtiment va Tout va Mais alors quand il ne va pas C'est la catastrophe Outil Nord Dans le Nord A Saint-Amant-les-Eaux 120 emplois menacés Parce que justement Le bâtiment ne va pas Et parce que le groupe Préfère délocaliser Mais c'est bien pour ça Que nous avons Une responsabilité De réindustrialiser Le pays De produire ici Et nous avons besoin Pour cela De nos filières Acier De gagner la bataille De l'acier Et c'est pour ça Que la nationalisation Est un des moyens
La nationalisation Donc c'est l'un des moyens Question aussi Sur ces normes Je reviens sur leurs demandes Aux deux patrons Ils sont habituellement concurrents Mais ils se mettent ensemble Pour dire que l'industrie automobile Est menacée Et ils demandent donc A ce que l'Union Européenne Allège les normes Notamment environnementales Et de sécurité Ils disent que c'est responsable De la majeure partie Des hausses de prix In fine Des hausses de prix Des automobiles Pour les Européens
Moi j'entends le discours Sur les normes Et que pour produire Des petits véhicules légers Il n'y a pas forcément Besoin des mêmes normes Que les gros véhicules Et les grosses berlines D'accord Dont acte Mais ce qui pèse le plus Dans la production De ces véhicules Ce sont d'abord Les marges à deux chiffres Qu'exigent les actionnaires De ces deux groupes On ne compte jamais Le coût des dividendes versés Dans chaque véhicule acheté Moi j'en connais Des ouvriers de chez Renault Qui disent On produit des véhicules Qu'on ne pourra jamais s'acheter Tellement ils coûtent cher Et tellement les exigences De rentabilité sont élevées Je préfère qu'on produise Beaucoup Avec des marges Plus faibles Mais qu'on produise En France Et avec des voitures Moins chères
Gérald Darmanin Dit qu'il n'y a plus Un endroit safe En France Ce sont ces mots Plus un endroit sécurisé On voit bien que Dans la moindre petite bourgade De ruralité Ils connaissent la coke Le cannabis Avant la drogue C'était dans les grandes villes C'était le métro Voilà ce que dit Gérald Darmanin Sur la chaîne YouTube Légende Il ajoute Ça s'est généralisé Ça s'est métastasé La France est devenue Beaucoup plus violente Est-ce que vous êtes d'accord Avec ce constat ?
Je suis d'accord Sur le constat Que la question De la sécurité Des trafics de drogue Des trafics d'armes Des trafics d'êtres humains Ne se sont jamais Ne se sont jamais Autant développés Mais il est quand même Gonflé M. Darmanin De faire ce constat-là Lui qui a été Ministre de l'Intérieur Ministre du budget Ministre depuis 8 ans maintenant On se demande Quel est son bilan C'est d'abord à lui De se remettre En cause quand même Il est responsable De cette politique En tant que ministre du budget Qu'est-ce qu'il a fait ?
Pourquoi il n'a pas donné Plus de moyens Justement Au ministre de l'Intérieur De l'époque Pour pouvoir embaucher Former plus de policiers Pourquoi il ne s'est pas rendu compte Comme vous Qu'il n'y avait pas De problème d'argent ? Pourquoi ?
Oui mais vous savez L'argent Madame de Malerme Quand il faut reconstruire Un pays On sait le trouver l'argent Quand la France Était exsangue Et en ruine En 45 On va fêter Le 80e anniversaire De la libération Il n'y avait pas De problème d'argent Parce qu'on a décidé De reconstruire la France On a su construire Des usines On a su construire Des voies ferrées On a su construire Des centrales nucléaires On a su inventer La sécurité sociale Avec Ambroise Croizat Et on a su redresser le pays Et aujourd'hui On vit encore On vit encore Sur ces immenses investissements C'est la même ambition Qu'on doit avoir Pour le pays
Y compris sur les questions De sécurité Pour vous aujourd'hui Ça fait partie aussi Des priorités
La question de la sécurité C'est la question Des services publics On a besoin Dans notre pays De produire Mais aussi de protéger C'est la campagne Que le parti communiste français Mène en ce moment Avec des affiches Des tracts Des meetings que je fais Produire et protéger En France Ça veut dire Des services publics Qui nous garantissent La sécurité La tranquillité Mais aussi l'accès Aux soins L'accès à la formation A l'école On a besoin de gamins Formés D'ingénieurs D'ouvriers De soudeurs
Précisément là-dessus Il y a cette proposition De loi contre les déserts médicaux Qui arrive à l'Assemblée Une proposition portée Par Guillaume Garraud Il veut réguler L'installation des médecins Sur le territoire Le gouvernement ne soutient pas Cette proposition de loi Est-ce que vous appelez Les députés de gauche A voter A voter cette proposition ?
Je suis pour pousser Le débat au maximum Nous sommes Co-signataires De ce texte de loi Il y a besoin De pousser un petit peu Pour faire en sorte
Pousser un petit peu
Pousser un peu C'est-à-dire Il y a le débat sur Est-ce qu'il faut des mesures Contraignantes Pour inciter les médecins A s'installer dans des déserts Médicaux Ou pas Je pense qu'il faut Pousser un petit peu Parce que sinon Ça ne se fait pas Ça ne se fait pas naturellement Mais je crois beaucoup plus Dans des mesures incitatives Pour inciter les médecins A venir Dans les endroits Où il n'y a pas de médecins Aujourd'hui Il faut en former Beaucoup plus Il manque de place Dans nos facultés Dans nos hôpitaux C'est le Numérus Apertus C'est comme ça Qu'il s'appelle Donc on a du mal A former plus de médecins Et donc Allons-y On en a besoin
Donc en l'état Vous ne le votez pas Vous demandez A se continuer à débattre
Non non On appelle à voter ce texte Bien sûr Une question Mais c'est parce que J'entends les doutes Chez les médecins Chez les médecins Mais aussi Chez les étudiants On a besoin Que nos enfants Aient envie De devenir médecins Et donc Il faut les accompagner
Une question aussi Sur le versement D'acompte sur salaire L'un des députés Dit que les français Aimeraient pouvoir Recevoir leur salaire A mi-mois Ou au moins En percevoir une partie Est-ce que vous vous dites Que c'est une bonne chose
Mais ça c'est un député De la majorité Monsieur Macron Ça c'est des députés Qui trouvent des solutions Pour ne pas augmenter Les salaires Ce que veulent les français C'est avoir plus A la fin du mois C'est pas avoir Toutes les semaines Si les accomptes Ça existe Mais d'abord Il faut augmenter Les salaires Je trouve que C'est un retour en arrière C'est un retour en arrière C'est dans les années 70 Est-ce que ça a été mensualisé Sinon on a qu'à revenir Au salaire à la tâche A la journée Ou même à l'heure Non mais on n'est pas des tâcherons On est des salariés On est des ouvriers On veut gagner un salaire correct A la fin du mois Après avoir bien travaillé Et les français On leur demande De travailler beaucoup Même plus longtemps Donc d'abord Payez-nous correctement Et c'est ce que nous demandons
Un dernier mot Sur le mea culpa Vous disiez Il devrait faire un mea culpa Gérald Darmanin Il en fait un Sur le fiasco De la finale De la Ligue des Champions Qui avait opposé Liverpool au Real Madrid Au Stade de France En 2022 Il avait affirmé A l'époque Que ce qui avait causé ce fiasco C'était le comportement Des supporters anglais La vente de milliers De faux billets Il reconnaît aujourd'hui Que ça n'était pas le cas Mieux vaut tard que jamais
Oui mieux vaut tard que jamais Mais j'aimerais bien Qu'il fasse son mea culpa Sur la mauvaise politique Qui est menée en France En matière de sécurité De tranquillité publique Donnez des moyens Donnons des moyens A nos policiers A nos gendarmes A nos enquêteurs Pour qu'ils puissent Justement lutter Contre tous les trafics S'attaquer aux gros bonnets S'attaquer au blanchiment De l'argent C'est ça qu'il faut Si on ne met pas Plus de bleu dans la rue Mais aussi plus de moyens D'enquête Plus de moyens Pour aller chercher l'argent Dans les paradis fiscaux On sera toujours gangréné Par des trafics
Merci Fabien Roussel Secrétaire national Du parti communiste français Je recommande votre dernier livre Le parti pris du travail On en a effectivement entendu Un morceau de votre plaidoyer Pour ce travail Et pour l'argent Il n'y a pas de problème d'argent
Fabien Roussel