Aménagements, démolitions : nos quartiers ne sont pas à vendre | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Et ben bonjour à tous et à toutes. Euh merci pour votre présence. J'espère que vous passez des bons moments aux Amphi et que ça va continuer jusqu'à demain.
Euh c'est bien Oui. Euh donc alors bienvenue pour cette conférence qui s'appelle Aménagement démolition. Nos quartiers ne sont pas à vendre.
D'abord, je voudrais me présenter. Donc moi, je suis Leilla Shebi. Je suis députée européenne et euh je suis membre au Parlement européen d'une nouvelle Commission parlementaire qui porte sur le logement.
J'y reviendrai euh euh plus tard. Et j'ai commencé mon engagement militant avant d'être engagé en politique sur les questions de droit au logement euh avec le collectif jeudi noir il y a longtemps en 2006, ça ne me rajunit pas, mais euh donc où on on avait différents modes d'action, notamment on réquisitionnait des immeubles qui étaient laissés vides, qui appartenaient souvent à des compagnies d'assurance ou des banques pour loger des des gens dans les grandes villes et notamment à Paris. Euh j'ai notamment participé au livret logement euh au premier livret logement de la la France insoumise euh et donc je suis euh aujourd'hui dans mon poste de combat au Parlement européen engagé également sur ces questions de droits au logement parce que malgré euh ce que dit l'Union européenne qui officiellement n'a pas de compétences formelles sur le logement, il y a tout un un tas de d'impact sur le logement de la part de l'Union européenne et et et différentes choses. don dont je reviendrai plus tard.
Mais donc pour revenir donc au sujet de notre conférence aujourd'hui, on va parler de droit au logement, hein, on va parler démolition, on va parler reconstruction mais on va parler donc avant tout du droit au logement. Vous savez que le droit au logement pour la France insoumise, c'est important, c'est un droit fondamental et c'est d'ailleurs la base, le droit qui permet d'avoir accès aux autres droits sociaux. Quand vous avez un toit, un logement digne, décent au-dessus de votre tête, et bien c'est ce qui vous permet d'être en bonne santé, de pas être malade.
C'est ce qui vous permet d'avoir un travail, c'est ce qui vous permet d'avoir un toit pour vos enfants et donc de les amener à l'école. C'est ce qui vous permet de vous projeter dans la vie. Et c'est pour ça que le logement, c'est quelque chose d'extrêmement important et un droit fondamental.
Ça paraît évident tout ça. Euh et pourtant et bien pour euh un certain nombre de gens, c'est pas comme ça qu'on voit le logement. Le logement est perçu comme un produit sur lequel on peut faire des profits, sur lequel on peut dégager une rentabilité et le logement trop souvent de plus en plus rentre dans une logique de marchandisation, de financiarisation et c'est ce qui mène à la crise du logement.
On le voit dans les villes, je suis bien placé au Parlement européen pour vous dire que à l'échelle européenne où on a de moins en moins de de moins en moins de logements sur le marché locatif parce que ils sont accaparés par les plateformes de location de courte durée, Airbnb par exemple, dans les grandes villes mais pas que hein, euh sur dans le Pays-Basque, sur dans certaines villes touristiques au bord de la mer. Euh et donc des logements qui étaient dédiés à la location de longue durée passent en logement de location de courte durée. Ça fait moins de logements alloués sur le marché et donc les prix des logements qui sont encore sur le marché augmentent du fait du décalage entre l'offre et la demande de logement.
Et il y a cette logique donc de de de financiarisation de profit qui imprègne le logement. Elle attaque aussi le logement social. Alors que le principe du logement social justement, c'est d'être régner accès à un toit, à un logement décent qui soit accessible financièrement.
Et pourtant, les dernières politiques en matière de logement euh ont engendré la financiarisation du logement social. Je pense notamment à la loi élan. Je sais pas si vous vous souvenez, la loi élan, c'est typiquement une mesure politique qui fait que dans le capital des offices HLM, des bailleurs sociaux, et bien ils ont été obligés suite au désengagement de l'État de faire appel à des fonds d'investissement et on a des fonds d'investissement qui partout s'accaparent nos villes et rentrent dans le logement et euh et et rendent de plus en plus accessible le le logement pour les les gens euh les quartiers populaires.
Ils sont la cible de cette politique et on va parler de tout ça euh aujourd'hui avec nos invités. Ils étaient jusque-là préservés en quelque sorte de la financiarisation. Ces quartiers populaires, on parle des quartiers populaires en périphérie des villes mais également dans les villes.
On parlera notamment de la loi SRU qui oblige les villes à construire entre 20 et 25 % en fonction de là où elle se situe de logement social. Et bien cette loi, elle n'est pas respectée. 64 % des communes préfèrent payer une amende plutôt que de respecter la loi SRU.
Et quand elles respectent la loi SRU, elles construisent du logement social, mais pas du logement social pour ceux et celles qui en ont le plus besoin, mais du logement social pour les classes moyennes, du logement social plus qui se rapproche de la catégorie du logement intermédiaire.Il il y a différentes catégories de de de logements euh sociaux. Et donc on va revenir donc nous ici sur les plans de rénovation urbaine.
En 2003 donc a été créée l'Agence nationale de rénovation urbaine par Jean-Louis Borlot avec des bonnes intentions sur lesquelles on reviendra. Des bonnes intentions qui étaient d'abord de dire il y a des quartiers populaires partout en France où il y a un problème. Ces problèmes c'est qu'ils sont enclavés.
On va les désenclaver. C'est problème c'est qu'il y a pas assez de mixité sociale. On va mettre de la mixité sociale.
C'est pour le problème c'est que il y a du chômage. On va permettre on va faire en sorte qu'il y ait de l'attractivité économique. Et quand on fait le bilan 20 ans après la naissance de l'en rue, on a un spécialiste ici de qui qui qui va nous expliquer comment ça s'est passé réellement, mais on constate qu'en réalité cette agence a servi avec des milliards des milliards d'euros à démolir du logement social, à en reconstruire moins et à surtout à reconstruire du logement qui n'était pas accessible aux personnes qui habitaient avant dans ces quartiersl et donc à chasser les habitants. que la mixité sociale en fait, c'était simplement un prétexte pour chasser les plus pauvres, toujours plus loin des villes et pour construire du logement finalement pour pour participer à la gentrification que l'attractivité alors l'attractivité c'était en fait finalement détruire.
On valorise le quartier non pas en permettant en donnant des bonnes conditions de vie, en améliorant les conditions de vie des habitants, mais on valorise les quartiers en démolissant et en se basant sur d'autres critères économiques. La participation des habitants qui devaient être au cœur de de de ces dispositifs, de ces programmes de rénovation urbaine. La participation et et et Diangou Traoré nous en parlera.
La participation des habitants euh a été totalement écartée. Les projets se sont faits sans les habitants qui heureusement ont pu faire entendre euh leur voix et se mobiliser. Et donc merci.
Donc c'est de tout ça que nous allons parler et tout ça donc qui est encore un symbole, une illustration de la tension entre le droit au logement et les intérêts du marché immobilier. Et on reviendra aussi parce que nous sommes aux amphi d'été de la France insoumise. Nous sommes un mouvement politique.
On n'est pas là que pour faire des analyses. Nous reviendrons aussi sur les mobilisations et la façon de renverser le rapport de force et de permettre à ce que dans ces politiques publiques, l'intérêt des habitants, l'intérêt des citoyens soit entendu. Et nous avons donc pour parler de ça Diangou Traoré.
Diangou, merci. Oui, vous pouvez l'applaudir. Diangu, elle est habitante de Saint-Denis.
C'est une grande militante du dr au logement dans le quartier du franisin et elle a organisé depuis des années, elle mène la lutte depuis des années contre le mal logement et avec une des principes une démarche d'auto-organisation des habitants. Elle a participé à la création de framboisins citoyennes, une association qui se donne pour but de fédérer les colères des mal logés et les transformer en forces collectives d'organisation et de discussion et elle a obtenu des victoires. On reviendra sur tout ça avec Diangou et j'ai à ma droite Hass Belmessous, vous pouvez l'applaudir aussi.
Hassen Belmous est un universitaire, il est chercheur indépendant en urbane. Ah bon ? chercheur indépendant en urbanisme et écrivain.
Il porte ses recherches et enquêtes sociales sur les questions urbaines et les dynamiques de banlieu. Il a publié 13 ouvrages. 13 ouvrages et votre vos derniers ouvrages, c'est Paris n'est plus une fête euh publié en 2024.
Et vous avez également publié auparavant un ouvrage en 2022 qui s'appelait petite histoire politique des banlieux populaire notamment voilà parmi vos vos 13 ouvrages. Je vais commencer par je vais commencer par vous à scè Belmessou. Alors, je sais que vous avez beaucoup travaillé sur l'histoire des grands ensembles avant.
Donc là, je je parlais de 2003, la création de l'enue. Est-ce que vous pouvez revenir sur l'histoire de la création justement de ces grands ensembles et puis nous expliquer quelle est votre analyse des programmes de rénovation urbaine. Euh voilà.
Merci. Alors, juste une précision, c'est toujours important de savoir d'où parle votre interlocuteur. Moi, je travaille sur le fait urbain, c'est-à-dire que le fait urbain, c'est ce qui fait société.
C'est dire je travaille aussi bien sur les banlieux populaires que les métropoles. Vous aviez raison de citer mon ouvrage sur Paris n'est plus une fête qui est un ouvrage qui explique en quoi un ouvrage de sciences politiques, en quoi Paris finalement est passé d'une ville progressiste à une ville dans l'urbanisme est orienté par le capitalisme. Et je travaille aussi sur l'extrême droite.
D'ailleurs, mon prochain livre sera sur l'extrême droite parce queil ne faut jamais oublier que Yve Lacost, le géographe disait que la géopolite la pol la géographie ça sert à faire la guerre mais l'urbanisme sert d'abord à faire la guerre, la guerre sociale. Mais ça reste finalement de la ça reste finalement de la guerre. C'est c'est intéressant le de démarrer par l'histoire politique des banlieers populaires parce que finalement il y a une sorte de méprise de mon point de vue.
Il y aurait une sorte d'âge d'or, une nostalgie finalement d'une dont on aurait hérité un moment où les banlieux populaires étaient des lieux qui mêlaient mixité sociale. La mixé alors à chaque fois que je je m'arrête, c'est pour vous voilà préciser des choses. peu dans le débat si vous avez des questions là-dessus les aborder.
La la mixité sociale est un mythe est un mythe pur. On confond les échelles, on confond les finalement mixité sociale, mixité raciale, mais il n'y a jamais eu de mixité sociale à l'échelle d'une ville. Euh donc la méprise, elle vient de ce que euh on présente les banlieux populaires comme étant des lieux finalement donc qui auraient bien vécu, où il y aurait une sorte de euh de de commun où durant lesquels les il y a une voilà les gens vivaient euh vivaient le dans une sorte de communauté un peu de de béattitude.
Alors quand on on s'intéresse finalement à cette histoire et qu'on travaille sur les archives comme je l'ai fait, qu'est-ce qu'on observe ? Les grands ensembles quand ils ont été cr ils ont été actés par un décret en 1958. D'abord, il répondait à une demande.
On était euh au lendemain de la euh on était dans la France de la reconstruction. Et la France de la reconstruction, c'était une France qui avait euh une classe moyenne qui était émergente. Cette classe moyenne dans cette France-là, il fallait la loger.
Euh les villes centre, quel que qu'ell soi Paris, Lyon, peu importe, finalement, c'était des l des villes qui abritaient un grand nombre de logements qui étaient insalubre. Et ces logements insalubres, ils ne répondaient plus aux normes. Il y avait des endroits où il y avait pas d'eau, il y avait les toilettes qui étaient sur le palier et cetera.
Mais bon, ça c'est cette histoire, vous pouvez la retrouver. Et donc les grands ensembles euh il s'est agit de euh à travers la politique de ZUP hein, de zone urbaines à priorisé euh de euh construire vite euh en périphérie des villes et souvent dans des endroits euh où qui étaient des plaines agricoles avec d'un une sorte de bour de village au centre. Les exemples, il y en a de de multiples et euh donc ces logements ont été destinés aux classes moyennes au départ hein.
Souvent des des petits fonctionnaires enseignants, institutrices, policiers et cetera. Euh si ce n'est que quand on regarde dans les fêtes, ces grands ensembles étaient déjà discriminatoires dans leur politique de peuplement. C'est-à-dire que nombre de grands ensembles étaient interdits, c'est-à-dire que on ne laissait pas y y entrer y eménager des populations étrangères, queles que soient les populations euh euh maghrébines mais elles étaient pas assz pas pas très pas nombreuses, euh espagnoles, portugaises et cetera.
Ça veut pas dire que ces gens-là ne pouvaient pas y habiter. Si on prend le un des premiers exemples euh de grands de grand ensemble qui est le grand ensemble de Sarcel, euh évidemment euh il y avait des euh des des des Européens du Sud qui habitaient mais très peu et surtout euh quand je parle de de logique de peuplement, c'est-à-dire qu'ils étaient communautarisés. Vous avez l'allée des Portugais, des allées finalement les gens ont les on les orientait finalement dans une sorte d'entreo communautaire.
Et euh pour avancer un petit peu euh les choses ont commencé à à finalement à à à se à être modifié euh euh dès lors que euh les grands ensembles parce que beaucoup ont été inaboutis quand on regarde dans des archives, moi je pense par exemple la ZUP de Vaonvelin décidé commencer au début des années 1970 que déjà il y avait des difficultés, les budgets manquaient euh et des ils avaient sous-dimensionné finalement les équipements publics, passé d'écoles, ils avaient pas budgétiser les travaux de voirie. Euh donc on était dans les lieux qui étaient à la fois de la modernité à travers le logement mais aussi du marécage et du bidonville parce que finalement les choses elles étaient les choses elles étaient en dans un état finalement inabouti. Et donc malgré les luttes des des familles à l'époque, je vous rappelle qu'on était dans des classes moyennes, donc des gens instruits, des gens qui savaient ce que c'était que la capacité de mobilisation, souvent des gens qui étaient de gauche he PC, PS plutôt PC, mais bon, peu importe, malgré ces mobilisations là, les attentes ont été vaines et donc il y a eu un départ.
À cela s'ajoute aussi une une réorientation polidéologique. C'est-à-dire que l'État à partir du début des années 1970 sous l'impulsion entre autres parce que il a laissé son nom un peu dans dans la petite histoire du logement Albanain Chalandon qui était ministre du logement, il a voilà lancé la politique du logement du du logement individ la maison individuelle. Euh c'est pour ça que je parlais je citais son nom puisque ce qu'on appelait à un moment les chalonettes, c'était une politique finalement qui était destinée à euh à faire du français moyen un petit propriétaire.
Euh, on peut voir évidemment là, puisqu'on est dans une assemblée politique, un dessin hygiéniste, hein, c'est-à-dire que dès lors que l'individu un individu lambda euh finalement, il devient un propriétaire, donc vous vous le sortez du collectif euh et quand vous sortez du collectif, vous sortez finalement euh vous le sortez de toutes les mobilisations queles qu'elles soit. Euh et donc cette politique de euh de production de maison individuelles, elles ont stoppé net euh euh tout ce qui devait accompagner socialement euh ce destin, ce dessin, j'allais dire euh communautaire, mais communautaire au sens noble du terme, à savoir on fait du collectif dans un lieu qui s'appelle le grand ensemble qui n'est pas la cage à lapin telle que les médias de l'époque l'avaient finalement décrié pour finalement les laisser à l'abandon. D'ailleurs, lorsque Olivier Guichard qui était le ministre du logement à l'époque, le 1er mars 73, il fait il décrète comme ça euh de façon très unilatéral la fin de la construction des grands ensembles.
Donc tous les grands ensembles qui étaient en construction ont vu leur crédit euh finalement leur échapper. J'accélère. Euh et euh donc on arrive à cette cet état-là euh des classes moyennes euh qui s'en vont euh parce que euh le grand ensemble ne répondait plus à leur trajectoire résidentielle, hein, pour dire les choses un peu comme ça. des bailleurs sociaux qui se retrouvent et des élus à devoir finalement qui étaient engagés dans des annuités, c'est-à-dire que le logement social, il est il est construit mais avec du crédit et donc ce logement social là qui le paye et donc on est dans une situation finalement qui était qui est d l'ordre de l'impasse et c'est à ce moment-là qu' a été créé entre autres la fameuse allocation allocation logement hein la PL de façon finalement à permettre à des familles qui n'étaient pas en capacité de s'y installer de pouvoir y eménager.
Et quel type de famille finalement a-t-on invité ? Finalement, on a à quelle famille on a pensé à desser desserrer finalement les cou discriminatoires ? Et bien, ce sont les familles populaires et parmi les familles populaires et effectivement ce sont les familles ouvrières, maghrébines entre autres.
Et donc euh quand euh c'est pour ça que je parlais de méprise dans mon propos initial, quand on dit que euh le grand ensemble finalement il s'est euh il s'est appauvri euh il s'est euh communautarisé, mais là je le reprends dans son sens régressif hein, tel qu'il est perçu par l'extrême droite et la la droite conservatrice. On fait un mauvais procès puisque ces ces familles-là euh d'abord elles ont pu y loger parce qu'elles répondaient à des critères. Il faut jamais oublier que 70 % de la population française, et ça je le cesserai jamais de le répéter, rentre dans les modalités d'accès aux logements sociaux.
C'est-à-dire que quand un élu conteste la construction d'un logement social, je lui dis souvent, est-ce que vous pensez à vos enfants, votre enfant devenu étudiant ou étudiante, où est-ce qu'elle pourrait emménager à à moins que vous soyez riche dans une ville si elle est pas si le nombre de logements sociaux est insuffisant ? D'accord ? Donc les familles discriminées à l'origine ont pu intégrer le grand ensemble.
Voilà, ça c'est voilà et donc l'État a jusqu'à la fin des années so 1970 a finalement à neutraliser toute politique d'achèvement des grands ensembles, toute politique de droit commun. Il faut savoir qu'on a construit des zones des des grands ensembles au ZUP hein avec à des échelles incroyables. Moi, je pense par exemple au quartier au grand ensemble des Minguettes dans l'est lyonnais, c'était plus de 30000 habitants.
C'est une c'est une ville à cette échelle-là. 30000 habitants avec très peu d'équipements publics. Très peu d'équipements publics.
Équipement public, j'inclus tout, les crèches, les écoles, les services sociaux et cetera. Donc on était dans des sortes de déserts sociaux et déserts social la gauche a essayé d'y répondre. Il faut être quand même très très honnête hein.
En 1980 obligé rappelez-vous c'est les circonstances qui le veulent les fêtes. François Mitteran gagne en mai 1981 et en juin en juillet 1981 ont lieu les premières révoltes sociales dans l'est lyonnais. euh ce que les médias ont appelé l'été le le premier était chaud, ce qui n'était absolument pas quelque chose d' orienté par la délinquence.
Ça, c'est une forme de révisionnisme historique. Le premier euh ces jeunes-là quand ils se quand ils se mobilisent euh ils luttaient ils se mobilisaient contre les les violences policières et le fait discriminatoire. Et d'ailleurs, c'est ce qui a finalement été l'agent opérant des marches de 1983.
Je reviens maintenant à l'urbanisme parce que je m'écarte. Euh l'histoire en fait euh du logement social et du grand ensemble c'est une histoire finalement quand je dis de méprise, c'est une histoire finalement à charge. C'est-à-dire que et c'est en cela que je je relie mon propos avec l'extrême droite et le discours conservateur, c'est que à travers cette mytification d'un âge d'or qui n'a jamais été, finalement on veut valider cette idée que le problème il est d'abord racial, ethnique, en clair la culture des individus, hein.
Il y a un chercheur qui avait fait un travail à mon avis inabouti mais eu de la eu de la grange sur la question sur la question de la culture. En clair, c'est la culture des individus, leur pratique, leur manière d'être de faire et cetera qui fait que ces collectifs là n'ont pas fonctionné. Or le réel quand on s'y intéresse, ben qu'est-ce qu'il révèle ?
Il révèle que les grands ensembles qui étaient une sorte d'utopie sociale avec toutes ces imperfections est une utopie finalement qui a qui est qui est rentrée dans une sorte de trou noir, faute de politique publique. Et la France finalement [Musique] en s'orientant avec dans des politiques publiques, j'allais dire capitaliste avec des sortes de logiques individualistes, le grand ensemble n'a pu qu'être finalement d'une décé décennie pardon à une autre que le bouc émissaire finalement le stigmat de d'une sorte de mauvaise conscience. C'est pour ça que et là j'en arrête là, moi ce que j'observe c'est que il n'y a plus de politique de la ville depuis depuis 2000 et la loi solidarité et renouvellement urbain.
C'est-à-dire que aussi contestable ou pas contestable, je veux dire ça, on peut en discuter dans le fond. Euh depuis euh et moi je conteste, vous avez eu raison de citer Jean-Louis Borlot en 2003, mais 2023 3 pardon, mais je trouve que il y a une sorte de euh quelque chose d'assez assez étonnant. Euh on on on parle de Jean-Luc Borlot comme étant une sorte de d'acteur progressiste finalement de la ville.
Or, Jean-Luc Borlot, il était membre d'un gouvernement dans lequel le ministre d'intérieur était Nicolas Sarkozi. Il ne faut jamais euh délier finalement les faits. C'est-à-dire que la rénovation urbaine, elle n'est pas l'enfant d'une idée de d'une idée, j'allais dire euh démocratique, de faire que le droit à la ville pour tous opère, de faire en sorte que euh le grand ensemble soit finalement un lieu aussi d'ascension sociale.
D'accord. Mais le droit mais en fait la rénovation urbaine, elle est le elle est elle est en elle prolonge euh l'uruption de Jean-Marie Le Pen au 2e tour de l'élection de 2002 d'une forme d'idéologisation du grand ensemble. C'est-à-dire cette idée que là arrive comme ça dans le dans le discours commun, cette idée que le grand ensemble, c'est en quelque sorte sorte d'ennemi républicain, c'est-à-dire il y avait déjà à l'époque là, à cette époque-là, pardon, cette idée est-ce que l'islam est soluble dans la République ?
Sous-entendu, est-ce que les habitants des grands ensembles sont solubles dans la République ? Je veux dire, il faudra quand même avoir une une lecture assez lucide de ça. Et la rénovation urbaine, elle marque une inflexion idéologique.
C'estd que jusqu'en 2000, il y avait cette idée jamais abouti de il faut mettre de l'égalité du droit commun hein dans tous les lieux, tous les territoires de la République. à partir de 2003, le l'orientation qui est prise de façon définitive, c'est que on est face à des individus qui ne sont pas notre commun. On est face à des individus finalement qui ne peuvent être intégrés dans la République.
Individus, je parle des Français, des Arabes, des noirs et cetera. Je veux dire, il faut appeler un chat un chat. et on est face à des territoires dont il finalement qui qui doivent être appréhendés sous l'angle sécuritaire.
Et c'est pour ça que je disais que l'urbanisme ça sert à faire la guerre parce que c'est à partir de là que les opérations de démolition urbaine ont qui ont été massives depuis cette époque-là ont été dessiné. Il ne faut jamais oublier et c'est mon dernier mot que la rénovation urbaine c'est une c'est une affaire qui est pensée par des architectes, idéologisé par des élus mais validé par la police. Merci. [Applaudissements] Merci.
Alors donc en 2003, le très progressiste Jean-Louis Borlot euh nous dit donc voilà, j'ai la solution magique, vous l'avez dit, on va rénover, on va faire de la rénovation urbaine. Des milliards, on va mettre des milliards et des milliards d'euros. 700 quartiers vont être impactés, 5 millions de personnes concernées et partout on a des projets de rénovation urbaine qui disent "On va mettre de la mixité, on va désenclaver, on va remédier aux questions de sécurité euh et cetera et cetera." Et donc quand on fait le bilan 20 ans plus tard, on constate que ça a surtout permis ça a surtout fait de la démolition en fait plus que de la rénovation urbaine.
Et donc là, je m'adresse à Diangou. Dian Goutraoré, donc militante des frmoisins. Qu'est-ce que tu peux nous dire sur ces plans de rénovation urbaine concrètement ?
En quoi ils ont consister dans ton quartier et euh qu'est-ce qu'en pensent les habitants ? Comment ont-ils été vécus par les habitants ? Raconte-nous tout ça.
Je sais pas si marche. Bonjour à tous. Euh je vous remercie d'être présent parmi nous et d'écouter cette thématique.
Je vais pas mâcher mes mots. Alors si ça vous fait un peu mal, je suis désolée. Juste pour vous dire Lailla, elle a rappelé quelque chose de très important quand elle a dit que ça va toucher 5 millions de personnes.
C'estes 5 millions de personnes qui seront déplacées. C'est ça qu'il faut dire. C'est 5 millions de personnes dont on ne veut pas deux dans les quartiers.
C'est ça que ça veut dire aujourd'hui. Euh on ne déplace pas, on ne règle pas le problème des habitants des quartiers populaires à coup de démolition d'un immeuble. On ne règle pas les problèmes de tous ces quartiers, ne serait-ce de logement, ne serait-ce de de d'emploi à coup de démolition.
Non, c'est pas possible. On peut pas régler les problèmes comme ça. Nous, on a eu un plan de rénovation urbaine pour rentrer dans le vif du sujet.
Je vais vous dire directement mon expérience et ce que j'ai vécu et ce queon vit à Saint-Ni au francmoisin. Exactement. En 2015, on a eu un plan de NPNRU, nouveau programme de renouvellement urbain qui est euh agencé par l'Agence nationale des rénovations urbaines de l'ENRU et on nous a informé lors d'une réunion publique que sur 2000 logements, plus de 2000 logements, 500 devaient sauter.
Euh, je peux vous dire que quand il y a 500 logements qui sautent lors d'une réunion publique, la réunion, elle se passe mal. Parce que c'est toujours des pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ?
Pourquoi aujourd'hui on nous demande de partir ? On nous a expliqué que il fallait désenclaver le quartier, que on était désargenté et qu'on devait pas rester ici. C'est des mots durs, mais c'est ce qu'on a entendu et c'est ce qu'on nous a dit.
Donc nous automatiquement on a fait appel à une association qui s'appelle appui pour nous outiller et nous aiguiller pour vous dire déjà la violence de de l'enue pour vous dire la violence de venir à une réunion publique et dire à des habitants qui sont là depuis 40 ans qu'ils ont fait la vie de la cité ou certains sont grands-parents dans ce quartier-là ou certains quand ils ont quitté le leur pays pays sont arrivés dans ce quartier-là, leur dire du jour au lendemain, vous n'avez plus votre place ici, vous devez partir. La violence de dire ça et surtout l'aisance de ce démolisseur qui est en rue de venir nous le dire en pleine face, de dire que vous devez partir d'ici parce queil faut faire passer des routes ou tout simplement on va reconstruire du logement mais pas pour vous. On veut de la mixité sociale.
Et quand on parle de démolition de logement, on parle aussi de commerce qui va avec. Bah oui, parce que l'en rue quand ça parle de mixité, c'est le logement, c'est les commerces, c'est les écoles et c'est les lycées. Et ça, on oublie ça.
Ça, on oublie parce qu'il y a les commerces qui sont détruits avec, il y a les groupes scolaires aussi qui sont détruits avec les crèches et on reconstruit moindre, plus cher mais pas pour les habitants. Aujourd'hui, notre projet de rénovation urbaine sur mon quartier, il est à 177 millions d'euros. 177 millions d'euros.
Je peux vous dire que on aurait préféré une réhabilitation intérieure et extérieure de qualité au lieu de la démolition parce que on se dit que c'est des logements, c'est vrai, c'est des grands ensembles mais ces logements-là sont très grands et ils sont spacieux, ils sont lumineux. Et si je peux vous inviter à regarder Google Map, le quartier franmoisin est très bien placé. Voilà, on est autour de gare, on a des commerces, on a des écoles, on a des lycées, on a tout ce qu'il faut et on a même la vue sur le stade de France.
Donc on est très bien placé. Mais aujourd'hui euh on est à je pense 300 logements détruits. Les 300 logements, un peu plus de 300 logements aujourd'hui et ça fait très très mal.
Nous directement on s'est constitué parce qu'on n pas compris hein. Et en plus comme par hasard, j'ai été tiré au sort en tant que membre du conseil citoyen. Et quand tu es membre du conseil citoyen, tu dois construire avec les habitants un sorte de projet, ben une coconstruction.
C'est-à-dire que autour de la table, tu as l'état, tu as quand tu dis l'État, j'ai tu as la préfecture, tu as le maire, tu as les élus et tu dois construire un projet pour le quartier. Mais vous savez tous que c'est pas comme ça. Vu qu'on veut pas de toi, bah c'est sûr que tu ne seras jamais dans autour de cette table là.
Mais on a quand même réussi à à à gagner des luttes. J'en parlerai dans le deuxième temps, les luttes qu'on a gagné, mais on a quand même réussi à à gagner quelques luttes. Mais tout ça pour vous expliquer que la rénovation urbaine, là ce qui se passe en ce moment, c'est une épuration sociale.
J'irai même plus loin. C'est une épuration ethnique. J'irai même plus loin.
On ne veut plus, on chasse les pauvres d'une manière scandaleuse, honteuse. Et non seulement on chasse les pauvres de manière scandaleuse et honteuse et tous ceux qui restent dans le quartier en pâtissent. le coût déjà d'un projet de rénovation urbaine.
Je vous ai parlé du prix 177 millions sur mon quartier. Le coût environnemental, on a le sol pollué, on a l'air polluée et on a l'eau polluée. Je sais que vous allez pas me croire quand je vous dis ça parce que la destruction et le grignotage, vous êtes sous un dôme de poussière et ce dôme de poussière ne part pas ne part pas en une journée.
Il peut rester un mois ce dome de poussière et vous respirez cette poussière là qui est souscouverte d'amiante et de plomb. C'est pour ça je vous dis non seulement on chasse les pauvres et ceux qui restent ici on les rend malade. L'eau est polluée.
Bah oui parce que quand on détruit on prend des des brumisateurs et les brumisateurs, l'eau, elle coule où ? Dans les égoutts. Tout est pollué.
Les sols sont pollués. On a eu une école qui a été fermée à cause de la pollution du sol et de l'air. Une école à cause du grignotage des bâtiments.
Parce qu'on ne détruit plus à la dynamite, on fait du grignotage et le grignotage peut durer plus d'une semaine. Sur un bâtiment de 291 logements qui faisait 13 étages, le grignotage a duré plus de 3 semaines. C'était l'année dernière, c'était pendant les Jo.
On a vécu 2 mois d'enfer entre le bruit sonore, la poussière, la totale. Et je peux vous dire que la RS elle est passée et quand la RS elle est passée et ben comme par hasard les sols étaient contaminés au plomb. On a dû tous faire une prise de sang pour voir si on n' pas été contaminé nous aussi au plomb parce qu'on respire tout ça.
Voilà les dangers de la rénovation urbaine. Moi aujourd'hui, je dis que ce démolisseur n'a plus sa place dans les quartiers. Ça c'est la première chose.
Et de deux, je pense que il serait temps que qu'il y ait un moratoire un mouratoire et stop à cette démolition brutale envers les habitants des quartiers qui méritent largement mieux pour eux. Merci Diangou. Merci à vous deux pour cette première partie sur le constat.
Et maintenant, on va passer aux solutions. Alors, vous savez qu'il y a les élections municipales l'an prochain et évidemment donc cette conférence s'inscrit dans le cadre du cycle municipal de la France insoumise et nous avons un ensemble de propositions politique. Dans les solutions, il y a les mobilisations des habitants et on y reviendra quand je te repasserai la parole Diangou car avec la mobilisation des habitants, tu as obtenu des victoires, tu as réussi à freiner ces démolisseurs et je m'adresse donc à àè Belmous. euh à scène.
Donc vous semblez être assez critique de la possibilité de réaliser le droit à la ville, le droit un logement décent pour toutes et tous dans un contexte capitaliste. On sait que dans votre un de vos derniers livres, vous avez beaucoup critiqué le concept d'attractivité et l'opposé finalement à l'accès au au droit à la ville. Est-ce que vous pouvez nous dire si selon vous c'est possible euh un modèle alternatif qui permettent le droit à la ville et euh qui s'oppose finalement à au tableau que vous avez dépint juste avant ?
J'avais cité Pierre Mandz France mais bon c'est peut-être pas une référence ici. Ah c'était un progressiste quand même. Bien plus que Borlot hein ou voir Olivier Fort.
Bon enfin, mais je suis pas militant de la France insoumise, je suis je suis humaniste. Voilà. Euh et c'est et c'est déjà l'essentiel de mon point de vue.
Après, je fais la leçon à personne. Euh en fait, comment dire ? Je même quand Henry Lefève théorise sur le droit à la ville, il théorise l'État même, je citais tout à l'heure le la période 20032007.
Après tout le droit au logement opposable, c'est la droite qui l'a fait. Mais euh alors elle l'a fait dans d'autres dispositions, hein. C'est-à-dire que vous quittez un endroit, un logement, mais si on peut vous inst vous faire emménager à 80 km de là où vous êtes, tant mieux.
Euh je je crois pas du tout et là je suis très sérieux. Euh moi je travaille sur la ville, donc je euh je suis un observateur. Euh euh je sors d'une grosse recherche sur en 2023-2024 sur la résilience sociale des jeunes adultes dans les quartiers populaires.
En fait, je me suis intéressé au jeunes qui est jeune. Alors, pour moi, jeune c'est une c'est une question d'âge, hein. Euh 40 ans, on n'est pas jeune, hein.
Je veux dire, je je dénonce cet usage finalement indéterminé des euh des médias aussi, des associations là-dessus jeunes, je sais pas ce que ça veut dire. En tout cas, je me suis intéressé à ceux qui sont en terminale jusqu'à la trentaine, jusqu'à 30 ans. Voilà.
Je me suis intéressé alors quelle trajectoire eux se définissent, se construisent parce qu'ils savent que habiter un quartier populaire, c'est être vulnérable socialement. Cette recherche, vous pouvez pas en entendre parler parce que pour l'instant, elle est pas diffusable. Et donc, j'ai travaillé sur la question de l'islam, la question de l'auto-entrepreneuriat et la question de l'école.
Euh dans trois lieux, les Minguettes, Clichis sous-Bois et Mon Fermeil. Et euh et là j'arrive à la finalement c'est une façon de répondre. Qu'est-ce que j'observe ?
Personne ne croit à la méritocratie parce que tous constate que la méritocratie est un leur dans notre République. Là c'est pas moi qui voilà ils estiment que le volontarisme euh leur leur volontarisme, c'est-à-dire c'est ce que eux engagent, c'est ce que eux mobilisent. Finalement, c'est ça qui fait que ils ont des traj voilà, ils ont réussi encore faut-il définir ce que c'est que réussi.
Euh j'ai des jeunes moi qui sont qu' on fait l'école normale supérieure qui sont entrés à science au Paris et dont j'observe que malgré ces réussites, leurs trajectoires sont extrêmement fragiles parce qu'il il reste toujours contraints par le fait racial, le fait discriminatoire voir le fait islamophobe. Et ça ça traduit quoi ? Ça traduit que ils sont totalement lucides et que non pas qu'il ne croi pas à la politique, d'ailleurs tous sont inscrits, tous votent, mais personne ne s'illusionne.
Voilà. Je suis pas dans des sondages, je je je rapporte des choses de mon étude. Et ce qui est inquiétant, c'est que contrairement à cette littérature qui finalement manifeste cette idée que la France tu l'aimes et tu la quittes, moi je demande à voir un peu le protocole de cette étude.
Je n'ai rencontré quasiment aucun jeune dans tous mes entretiens qualitatifs. Alors, je suis pas je travaille pas sur les j'ai pas travailler sur des marg des jeunes qui sont marginalisés, qui sont en décrochage scolaire. Quand j'ai fait des entretiens avec des jeunes qui étaient en mission locale, être en mission locale c'est déjà être dans un processus de euh de réinsertion.
Et bien aucun d'eux ne m'a dit "Je vais quitter la France parce que la France est raciste." Aucun d'eux m'a dit "Je vais quitter la France parce que la France est bolorisée ou la France est islamophobe." Par contre, ce que disent ce qu'ils disent c'est que si d'aventure il sentait que ils demeureraient des citoyens imparfaits, d'où l'usage que je fais de citoyens entre guillemets, aucun d'eux ne s'interdit de partir.
Euh, ils ne partiront évidemment pas à Dubaï, ils ne partiront pas dans les Imirats. Ils sont profondément républicains. Et ceux qui ont expérimenté Dubaï disent que c'est pas le sens finalement des valeurs à laquelle ils adhèrent.
Par contre, ils vont plutôt dans les pays anglo-saxons. Mais cette hypothèse là, elle est pas elle est pour l'instant elle est très très fragile. Donc qu'est-ce que comment ça ça peut se retraduire en matière politique ?
Et ça ça peut vous intéresser. Tous les jeunes que j'ai rencontrés sont investis dans la vie sociale, dans la vie de la cité. Ils ne sont pas investis dans des partis politiques, ils sont investis dans des associations.
C'est par exemple cette association la pyramide du succès à Vénieux euh imaginée par des par des étudi d'exétudiantes. Elles sont juristes, elles sont criminologues, elles sont peu importe, c'est pas important. Voilà.
Donc en tout cas, elles ont elles ont des parcours scolaires exemplaires et bien elles ont rassemblé autour d'elles euh des étudiants qui viennent euh au qui viennent aux minguettes et qui font des cours de rattrapage avant les examens. Elles ne demandent pas de salle, elle ne demande rien à la municipalité parce qu'elles me disent on ne veut pas être redevable. Non pas que elle c'estd que il y a une forme de désenchantement républicain.
Alors dit ça ici ça pourrait finalement doucher. Il faut pas que ça douche. Ça veut dire que cette idée que on est dans des lieux qui sont totalement neutralisés politiquement où les gens sont à distance de la la question politique, c'est un mythe, c'est un leur qui est entretenu.
Non, ça veut dire que les individus sont en demande de politique. Mais la politique telle qu'elle s'organise, telle qu'elle se configure, elle ils ne se ne s'y reconnaissent pas. Ils ne s'y reconnaissent pas parce que l'idéal républicain, il n'y croit pas du tout.
L'utopie républicaine, il y croit pas du tout. Et moi, je pense que l'enjeu du politique, c'est finalement comment faire pour faire une sorte de de jointure entre cette réalité là. et euh et le fait que ces gens-là ne soient pas mobilisateurs.
Moi, je me souviens d'avoir fait tout un quand j'avais travailler sur les archives et je finis euh euh dans mon l'ouvrage sur l'histoire politique des banlieux, j'étais tombé sur une archive qui était très intéressante. Elle date de 1983- 1984, archive municipale de la Courneuve. Euh et donc le maire de l'époque euh avait demandé une note à un de ses collaborateurs, un de ses vieux amis, membre du Parti communiste.
Il lui dit euh "On a un problème pour mobiliser euh les camarades. Euh c'est un terme qu'il avait utilisé, hein, je pas de mépris dans ma bouche. Les camarades finalement sont euh ne veulent plus se mobiliser.
Ils ne se ils ont de plus en plus ils en ont marre de ces jeunes. On est en 1983 qui casse, qui ne respectent pas le politique, qui respecte pas les choses publiques et cetera. Comment faire ?
Et et et donc ce ce conseiller lui dit "Le souci c'est celui-là. Nos prochains militants à la Cour neuve, ce seront les jeunes actuels. Et toute la question qui se pose, c'est et je pense qu'on n'est pas sorti du tout de ce questionnement là.
Est-ce que les partis politiques vont admettre que les prochains militants vont s'appeler Mohamed, Rachid ou Mamadou, peu importe ? Est-ce queils vont accepter que ce sont eux finalement qui seront les mobilisés et eux qui seront représentatif ? En fait, la question elle est là et et ben elle restera là.
Merci. Je suis désolée, je suis obligé si on veut laisser un temps de de discussion et ça fait très bien la transition avec les expériences de Diangu autour de l'autoorganisation et je voulais quand même rappeler que la France insoumise depuis 2017 donc ça fait maintenant 8 ans, est consciente que pour convaincre pour mobiliser et notamment les habitants des quartiers populaires, mais au sens plus large toutes les personnes qui se disent que peut-être la politique ça sert à rien et que les partis politiques ça sert à pas grand-chose et bien est consciente que ça suffit pas d'aller voir les gens et de leur dire regarde comme on a un super projet et que comment on veut passer à une 6e République. Je t'explique tiens, je vais te convaincre avec ma série d'arguments et comment depuis 2017 avec notamment le pôle autoorganisation que j'avais eu la joie d'animer à l'époque avec William Martinet, Manon Coléou, Annie Sliman euh donc et inspiré de méthodes qui avaient porté leur fruit notamment du community organizing en fait on a dédié des tas des militants ont dédié des heures et des heures à aller taper à des portes non pas pour aller aller expliquer la vie aux gens dans les quartiers populaires pour leur expliquer comment on avait un super programme mais pour aller détecter les colères, savoir quel était la colère et accompagner les habitants dans l'auto-organisation verticale.
Par exemple, c'est les ordures qui sont pas ramassées dans tel ou tel quartier alors que dans le quartier bourgeois d'à côté, elles sont ramassées tous les jours. et bien comment on accompagne les habitants à développer du pouvoir d'agir, à s'auto-organiser, à ramasser toutes les poubelles et aller les mettre devant la mairie, hein, pour que la mairie réagisse et que la mairie organise un ramassage des déchets plus fréquents. Et ça, c'est la meilleure des portes d'entrée vers la politique et la plus efficace, hein, parce qu'on se dit "Ben tiens, si j'ai réussi à obtenir une victoire comme ça à 10 sur ce point clé, et ben qu'est-ce que je pourrais obtenir si on était 100, si on était 1000 sur d'autres sujets et si on était 10000 ?
Et c'est la meilleure des portes d'entrée, la plus efficace des portes d'entrée vers la politique pour des personnes qui qui en sont éloignées. Alors évidemment, on n pas une armée de d'organisateurs, mais je pense que c'est quelque chose une méthode très efficace et on a conscience à la France insoumise que si on veut faire en sorte que ce faossé, il se réduise entre les citoyens et la politique, les abstentionnistes et la politique, que il faut notamment développer le pouvoir d'agir et participer donc à à l'auto-organisation. Je vais passer justement la parole à Diangou. tu vas nous raconter ce que tu as fait en matière d'autoorganisation.
Juste avant, je voulais saluer la présence de François Picmal et je parce que François Picmal, donc futur maire de Toulouse, j'espère il y a 2 3 ans hein, tu as organisé Alo en rue et tu as fait le tour d'une trentaine de villes de France justement pour aller voir des projets en rue et des habitants se mobiliser. Et je vous invite à lire son rapport. Vous tapez François Picmal, allo en rue sur Google et vous le trouvez.
Et c'est une mine d'information sur les projets de rénovation urbaine et je vous invite vraiment à le lire, il est très intéressant. Je l'ai relu en préparant cette conférence et donc merci François de passer nous faire un petit coucou. Voilà Diangou, tu nous racontes donc les les mobilisations et comment vous avez gagné.
OK. Donc là, on va partir sur la la partie des habitants. Une fois qu'on a été assommé et et insulté par les démolisseurs, on automatiquement s'est dit que on pouvait pas rester comme ça, qu'il était de notre obligation et de notre devoir de euh de se créer en en collectif et de mener la bataille.
Ça a pas été facile parce que en 2016 pour vous dire c'est que je ne connaissais rien et même avec mes voisins voisine, on ne connaissait rien au monde politique et au monde et au mot de l'enrue. Donc on partait vraiment de loin mais vraiment vraiment même les sigles on ne connaissait mais vraiment rien du tout. Donc, on a fait appel à une une association qui s'appelle Appui.
Euh Appui, c'est un collectif d'architectes, de juristes qui nous ont accompagné, qui nous ont outillé et aiguillé. On avait vraiment pas le choix parce qu'on on partait face à face à un monstre he quand vous allez face à l'enrue, vous partez face à l'État, vous partez face à euh la sous-préfette euh parce qu'elle dit clair et net s'il y a pas de destruction, il y a pas d'argent. Alors, il faut détruire et elle en a rien à des des locataires, hein, même des habitants.
Vous avez beau pleurer à côté d'ell, mais ils ont pas d'état d'â C'est des gens qui n'ont pas d'état d'âme. Et surtout sur plus de 177 millions, je peux vous dire que vos pleurs à côté, bah ils s'en foutent royalement. Donc quand on s'est outillé, nous on avait fait une proposition à l'architecte de l'époque parce que voilà, on s'est dit que nous on était pas d'accord pour la démolition, qu'on voulait une réhabilitation intérieure et extérieure de qualité.
Ça, ils l'ont pris en compte mais ils ont dit qu'ils étaient obligés de détruire. Nous, on leur a fait une proposition, on leur a dit "Mais votre plan de rénovation urbaine, qui l'a dessiné ? Est-ce que la personne qui l'a décidité, dessiné ou construit, est-ce qu'elle a concerté les habitants ?
Ben, comme vous savez, l'architecte, non pas du tout. Elle l'a fait elle-même de son chapeau. Donc on a fait du forcing en disant que on vote pour les municipales parce que c'est le maire aussi qui a la base de tout ça.
C'est le maire qui a déposé le projet. Donc on lui a fait un peu peur, on lui a dit "On vote pour les municipales et ben nous on veut voter pour le plan de rénovation urbaine." Donc pendant une bonne année, on a bataillé en disant queon veut faire un référendum citoyen, on veut voter pour nos habitations.
Donc ils ont dit clairement clairement que c'était pas possible mais qu'on pouvait le faire sur un immeuble. Donc on l'a fait quand même sur un immeuble. Donc on s'est dit que avec appui et les architectes ainsi que plein commune parce que c'est plein commune habitat avec les bailleurs et et le maire et les élus, ben qu'on allait faire une votation et la votation elle était simple.
Il y avait trois choix. Il y avait soit on laisse l'immeuble tel qu'il est, soit on détruit deux étages pour faire passer le Porsche pour qu'il y ait une route. Soit on détruit trois étages.
Donc il y avait le choix. Il y avait le choix entre soit l'immeuble rest tel quel trois étages ou deux étages. Et une fois qu'il y a eu ce vote, il y a eu une urne une urne avec des bulletins de vote, ben bizarrement il y a pas eu d'abstention.
Là, tous les locataires, bah quand c'est c'est le logementin, c'est le logement, il y a pas d'abstention là. Tout le monde est descendu et tout le monde a voté. Et au moment du dépouillement, parce que c'était vraiment un truc officiel hein, au moment du dépouillement, bah tout le monde est resté autour de la table et majoritairement l'immeuble reste tel quel.
Ça c'est une victoire. C'est une victoire que aujourd'hui, franchement, je peux vous dire, je suis fière de cette victoire. C'était en 2019.
À l'époque, la mairie, elle était communiste et à l'époque eux-mêmes, ils avaient pas le choix quand ils ont vu la protestation, quand ils ont vu les manifestations, quand ils ont vu les sits, quand ils ont vu que on avait pas besoin de salles pour faire des réunions parce qu'on va on prend le mobilier urbain, on n pas besoin de salles pour faire des réunions dehors. Pour faire des réunions, prenez le mobilier urbain, faites des réunions dehors en plein air. Le monde appelle le monde. surtout pour le logement, le monde appelle le monde.
Les communistes, ils avaient pas le choix que de reculer et ils ont reculé en disant "Vous avez gagné, l'immeuble reste tel quel." C'était une très très belle victoire mais en 2020 la municipalité elle change. Elle pas chez les traîtres, les socialistes. [Applaudissements] Anotin nous a mis une clause de revoyure.
Une clause de revoyure ça veut dire on va revenir dessus mais pas maintenant. Donc on espère qu'en 2026 que la France insoumise récupère la mairie et on met un moratoire. On espère en 2026 si on va la récupérer, on mettra un moratoire à la au démolition parce qu'aujourd'hui il est il est euh il est inconcevable de détruire du logement social en sachant qu'il y a 2,7 millions de demandeurs de logement dans toute la France entière et sur le territoire de pleine commune.
Il y a 35000 demandeurs de logement sur le territoire de pleine commune et il y en a eu que 900 qui ont eu l'année dernière des logements. Donc, il est inconcevable de détruire du logement social. Il faut construire construire du logement, construire du PLA et faire vraiment attention, informer les locataires parce que beaucoup ne sont pas au courant des futurs projets de rénovation urbaine qui arrivent.
Il y a les l'enru qui va arriver. C'est pour ça qu'il est important de garder le lien avec les locataires, faire des groupes WhatsApp et discuter avec eux et faire des réunions de temps en temps avec les locataires en bas de la maison. Et une seule une chose aussi que je veux que je veux rajouter, c'est que euh comme elle disait euh Leila, la loi est serue qui est une belle loi à la base qui est une belle loi parce que elle dit qu'il faut construire des logements, des logements partout pour tout le monde parce que nous sommes pas des tards, hein.
C'est pas parce que nous arrivons pas à payer des loyers exorbitants qu'on ne peut pas habiter par exemple à Neuïi. Moi, j'aimerais bien habiter à Neïi, mais manque de peau, il respecte pas la loi et ses rues. Et ben là-bas aussi, il faudra créer plusieurs collectifs d'habitants, essayer de tout faire pour que la mairie elle passe insoumise.
Désolé, je suis obligé de le dire, que la mairie est passe insoumise et qu'on puisse construire là-bas aussi un du logement social pour tout le monde. Le logement doit être accessible pour tout le monde. Le logement doit être accessible pour tout le monde, pour toutes les bourses.
Le logement n'a pas de couleur, n'a pas d'odeur et doit être accessible à tout le monde. Et vraiment, je voudrais en finir sur cette chose là. Vraiment un stop stop aux démolitions et vraiment un moratoire pour les municipalités.
Il y a vraiment possibilité de faire un moratoire et de stopper les démolitions et de miser sur les réhabilitation interne interne et externe. Surtout en ce moment quand il fait chaud avec les passoirs thermiques et les bouilloirs. Donc il est vraiment important de faire ces réhabilitations.
Surtout que les immeubles qui sont construits dans les années 60 ont été amortis. Donc, ils peuvent nous faire ce cadeau-là de faire une réhabitation interne et externe. Voilà la victoire que je voulais vous dire du référendum citoyen qu'on a mené au quartier frmoisin.
Pour l'instant, le maire PS n'a pas touché mais comme on gagnera la mairie, ce sera bon pour nous. Et je souhaite vraiment à tous de vraiment je vous souhaite à vous tous de d'être de le comat du logement parce que c'est pas normal le fait qu'il y ait 2,7 millions de demandes de logement. C'est pas normal.
Merci Diangou. Avant de vous passer la parole pour des commentaires ou des questions, juste un mot. Je pense que ton intervention montre que le la clé c'est le rapport de force, c'est la construction de rapport de force.
Et je suis obligé de vous dire un mot sur l'Europe parce que ce rapport de force, il va falloir le mener au niveau européen aussi. l'Union européenne officiellement donc ces compétences, il y a pas le logement, je vous le disais en introduction, même si par différents leviers, il y a un impact sur le logement, je veux je veux laisser du temps à la discussion, donc je vais je vais raccourcir mon propose sur l'Union européenne, mais juste vous dire que vous savez au Parlement européen euh on n pas ce qu'on appelle le droit d'initiative législative. Moi, je suis le je fais partie du seul parlement du monde où j'ai pas le droit d'écrire directement les directives.
Il faut que j'attende que ce soit la Commission européenne qui propose. Et donc à chaque fois en début de mandat, il y a la Commission européenne qui nous explique quelle va être sa feuille de route. En gros, elle nous donne les différents sujets sur lesquels on va bosser pendant 5 ans, pendant les 5 ans du mandat.
Et l'année dernière, donc il y a les élections européennes au mois de juin. Au mois de juillet, Ursula Van Derleyen, la présidente de la Commission européenne, elle nous donne sa feuille de route et là donc les différents sujets. Voilà. euh on va travailler là-dessus.
Et donc notamment elle parle du logement, truc qui est euh assez insolite en fait. Jamais elle parle du logement mais sauf que là étant donné qu'il y a une crise de logement telle partout en Europe, ça a un impact sur tous les autres aspects de la vie des des Européens et des européennes. Et la Commission européenne pour la première fois depuis son le début de son existence dit "On va mettre en place un plan d'action sur le logement." Sur le coup, on se dit "Oh là là, mais trop bien, hein !
C'est cool. Euh sauf que les promoteurs immobiliers, les banques, les lobby de la construction, ils sont dit eux aussi trop bien et c'est cool. Et à Bruxelles et ben les lobby des banques, des promoteurs immobiliers, de la construction, ils sont bien plus puissants que les lobby enfin que les habitants et que les citoyens de manière générale, hein.
Je vous le dis, pour être à Bruxelles au Parlement européen, le Parlement européen, il est situé physiquement dans un quartier, le quartier européen où vous avez toutes les entreprises qui ont suffisamment d'argent pour se le payer, qui ont des bureaux dans ce quartier européen, Amazon, l'industrie du tabac, le lobby de la construction, BUIG, les promoteurs immobiliers et qui connaissent parfaitement le système le système les législatifs, contrairement à 99 % des gens qui comprennent rien la façon dont ça s'organise là-haut Et dès qu'Aleen a dit "On va bosser sur le logement", il y en a qui se sont précipités dans le bureau du commissaire. Donc il y avait un nouveau commissaire chargé du logement. Et donc ils sont allés taper à sa porte directement en expliquant qu'ils avaient déjà tout le plan d'action rédigé et que voilà, il fallait vraiment que donc mettre de l'argent effectivement pour le logement mais avec cette vision du logement en tant que marché. objet qui permet de faire du profit euh objet de rentabilité et donc totalement opposé à l'accès pour toutes et tous à un logement digne.
Et il y a notamment euh un débat qui en ce moment euh cristallise euh la question du logement à Bruxelles, c'est la question des aides d'État. Pour l'Union européenne. L'Union européenne à la base, elle est constituée avant tout, c'est un marché.
Elle est pas faite pour à la base hein. L'Union européenne c'est d'abord le marché. On réalise le marché et c'est la réalisation du marché, la concurrence libre et non faussée qui va permettre à ce que tout le reste, le bien-être, la solidarité se réalise.
Et donc le logement, ça en fait partie. Il y a des règles sur les aides d'État, sur l'argent que les États peuvent investir ou non marché. Et en fait, l'Union européenne, dans les règles de concurrence de l'Union européenne, ça dit que quand vous êtes en étatmembre de l'Union européenne, la France par exemple, et ben vous avez le droit d'investir dans du logement social.
Mais attention que quand c'est du logement social pour les plus pauvres parce que sinon ça risque de faire concurrence au marché privé. Et il y a des pays comme les Pays-Bas, par exemple en 2011 qui se sont tapés une amende très forte de la Commission européenne parce qu'au Pays-Bas, ils construisent beaucoup de logements, du logement public pour les plus pauvres et du logement aussi pour les classes moyennes. Beaucoup beaucoup, chacun paye évidemment, c'est comme chez nous en fonction de ce qui gagne mais il y a beaucoup de logements sociaux et là la Commission européenne a dit attention concurrence déloyal par rapport au au marché immobilier privé et donc vous allez à l'encontre des règles de concurrence de la concurrence libre et non faussée. il faut pas.
Et donc ça partout en fait c'est clairement un frein euh quand les États-membres veulent investir comme il le devrait et on est tous d'accord et je suis personnellement pour et la France insoumise nous sommes pour construire massivement du logement public mais en priorité pour celles et ceux qui en ont le plus besoin. Et ensuite étant donné qu'on est de plus en plus à être exclu du marché privé qu'on a plus les moyens de se loger dans le privé que ce soit l'accession à la propriété ou de louer tout simplement. Et donc il faut que l'État investisse dans le logement public massivement.
Et donc il y a en ce moment donc un consensus qui s'est fait sur le fait qu'il fallait changer ses règles d'État pour permettre aux États d'investir. Sauf que et c'est là où attention, il va falloir, il y a quelque chose de très dangereux qui se prépare, c'est que les promoteurs, les banques, tous les lobby immobiliers qui veulent se faire de l'argent sur le logement, ils se disent tiens en modifiant les règles sur les aides d'État, et bien tout cet argent public, tout cet argent public qui aujourd'hui va du logement qui rapporte pas d'argent, on peut le récupérer cela qu'apparaît pour du logement avec de la rentabilité à court terme du logement qui soit du pain béni pour les fonds d'investissement. Et là euh il va falloir que se fasse entendre un contre lobbyobi.
Et c'est ce à quoi on est en train de s'atteler à à Bruxelles. Et d'ailleurs, on aura le plaisir d'accueillir Diangou le 16 octobre prochain au Parlement européen pour une première grande réunion de ce nouveau contre lobbyobi populaire des habitants où on va faire entendre la voix des de tous les habitants partout en Europe qui subissent les loyers trop élevés, qui subissent les fonds d'investissement qui volent les logements littéralement dans dans les villes, qui subissent la pénurie de logement à cause des des des plateformes et de la la location saisonnière et moi c'est quelque chose que j'ai constaté dans mon mandat précédent sur un autre dossier sur les la directive sur les travailleur des plateformes mais la clé dans tout ça surtout quand on fait partie d'un petit groupe au Parlement européen comme c'est notre cas hein clairement on fait pas partie du plus gros groupe et les rapports de force sont pas en notre faveur hein politique en notre faveur à nous personnellement mais de manière générale au groupe politique disons progressistes et donc ce qui est la clé ça va être le rapport de force c'est que par rapport à cette voie de ceux qui ont un tapis rouge déroulé qui sont comme à la maison à Bruxelles, ce sont les lobby de la construction, les lobby de l'immobilier et les banques, il va falloir faire entendre cette voix des des habitants et donc notamment le travail de Diangou. On aura aussi le plaisir d'accueillir Mohamed Ben Sada de Marseille, du syndicat des quartiers populaires de Marseille, des Espagnols, des Portugais, des Italiens pour construire vraiment dans ce momentum logement, faire en sorte que ce momentum logement qu'on a à l'Union européenne, il soit pas au profit du marché immobilier et toujours des mêmes, mais qui soit au profit réellement des principaux concernés et de celles et ceux qui ont besoin de logement.
Je m'arrête là pour vous passer la parole. Si vous avez donc des questions, des commentaires à nos deux intervenants, n'hésitez pas, c'est le moment. Christophe va passer le micro.
Merci Christophe. Tiens, je te le passe sous la table. Ah oui, OK.
Je prends plusieurs questions. Ah oui, attends. Ben je comment Oui, vas-y, on en prend plusieurs.
Ouais, ouais, ouais, ouais, on prend plusieur Bonjour. Euh d'abord, je voulais vous remercier pour votre intervention. Euh moi, j'habite donc dans un quartier populaire dont tout un morceau doit être détruit dans le prochain euh PRU qui est en cours.
Actuellement, la mairie est en train de préampter des logements. Alors, ce qui est un tout petit peu différent, c'est que c'est pas sur un grand ensemble. Je suis dans le nord de la France à Croix.
Donc, c'est des logements qui datent du tout début du 20e. C'est ces petites maisons en brique qu'on avait construit à l'époque pour les ouvriers. C'est des maisons individuelles.
Euh je m'interrogeais sur plusieurs choses. Alors, j'ai une partie de la réponse du coup sur ce qu'on peut faire actuellement. Effectivement, aller voir les habitants pour monter des collectifs de lutte et leur expliquer aussi ce qui est en train de se passer.
On se prépare pour les municipales. Quand on arrive à une mairie comme ça avec ce type de chose qui est en train de se faire, quels sont nos leviers pour faire autre chose ? Est-ce qu'on peut est-ce que ces logements peuvent redevenir des communs à un moment donné puisqu'ils ont été préemptés par la mairie ?
Est-ce qu'on pourrait imaginer que ça redevienne propriété de la mairie et puis que ce soit mis à disposition de famille autrement ? Voilà, qu'est-ce qu'on peut qu'est-ce qu'on peut faire et qu'est-ce qu'on peut imaginer dans ce type de configuration ? J'essaie d'alterner un homme, une femme.
Euh, bonjour. Merci pour euh pour votre éclairage sur la question de la rénéovation urbaine. Euh je voulais interpeller Leilla euh parce que en fait le rapport de force qu'il faut engager contre les lobby à l'Union européenne c'est un combat très urgent puisque Valérie Lettard, ministre du logement et grand ami de Jean-Louis Borlot a indiqué vouloir aller chercher des fonds européens pour financer leur rue 3 dont on parlait de Jangou.
Euh on espère et on le le le gouvernement Verou va être sûrement censuré mais c'est quelque chose qui qui va qui va être toujours dans le dans le pipe si j'ose dire. Donc il y a une vigilance et une urgence finalement à à traiter cette question. Madame Alors moi je je voudrais juste en fait là si tu peux nous réexpliquer c'est quoi la problématique en fait parce que j'ai j'ai pas compris en fait hein cette lutte que tu veux organiser j'ai pas compris c'est quoi la problématique et deuxièmement je cherche une réponse à une question depuis très longtemps qui donne les habilitations.
Je suis aura représentante de l'association droits au logement sur les Alpes Maritimes qui donne les habilitations aux bailleurs sociaux pour euh pour s'approprier des biens sur le territoire. Je sais pas qui donne. Est-ce que c'est la Caisse des dépôts ?
Est-ce que c'est la la les municipalités sont libres de de recevoir des bailleurs sociaux sur leur territoire ? parce que nous on a des bailleurs sociaux réputés comme voyou et qui viennent de de s'implanter sur le territoire. Et qui est responsable de ça ?
Voilà. Merci. Bonjour.
Merci beaucoup pour vos interventions. C'était un peu dans la continuité de ce que nous a dit Django. On est on est dans le même département en scène Saint-Ni.
Moi par exemple dans ma ville à Bondier, on a actuellement trois rénovations urbaines qui sont en course, ce qui est plutôt rare. Normalement, il y en a une ou en cours de finalisation. Donc on nous on sait que même pour les chances qui approchent des municipales, la question du logement va être d'une centralité comme on le sait euh notamment post aussi Jo, on a des vrais vrais enjeux un peu en scène Saint-Di.
Moi, j'avais une question suite à une loi qui a été votée dernièrement, la loi narcotrafic, la fameuse qui a fait voter Rotaillot et qui donne un qui est en train de prendre un pouvoir assez précis qui moi m'inquiète énormément et qu'elle peut être nous dans cette période des municipales où voilà les gens vont un peu plus que d'habitude se mêler leurs affaires, comment on peut être offensif. C'est notamment un article de loi dans cette fameuse loi de soi-disant de lutte contre le narcotrafic qui dit que pour l'ordre à l'ordre un trouble à l'ordre public euh on peut se retrouver à expulser maintenant des familles et que si le bailleur ne le fait pas la préfecture pourrait et on sait comment ça se passe pour connaître un peu la le contexte en scène Saint-Ni mais ce qui ça veut dire derrière et surtout qu'on est ressorti l'année dernière fin d'année avec des chiffres records d'expulsion et on sait aussi pour les gens Voilà, comme nous qui militons localement ou moi qui travaille aussi dans le secteur, on a des nombres d'un pays aussi des familles qui ont explosé parce que le contexte social est là. Et aussi se dire que défendre le logement social, c'est pas quelque chose de naturel.
Aujourd'hui dans nos villes, on l'entend aussi. Il y a des gens voilà, on sait ce que à quoi ça renvoie. Moi je pense moi je suis un peu plus pessimiste que vous mais il faut hein d'où c'est aussi ma présence là trouver des solutions et se donner de la force mais queon a perdu la bataille culturelle sur le logement social. et on sait à quoi renvoie le logement social, à quel habitant que c'est vu comme un voilà un logement des pour les cassos, un logement des immigré, on sait à quoi ça renvoie et là la rentrée arrive et on voit tous les discours odieux et pas que de l'extrême droite.
On voit que c'est même dans les chiquers politiques, c'est en train de fuser. Et est-ce que nous et je pense que Djangou va aller dans ce sens-l mais aussi notre rôle peut-être que dans cette échance qui arrive en mars prochain d'être très offensif sur cette question et que même voilà de proposer de construire du logement social parce queou parlait de des 2,7 millions. En Île-de-France, on va atteindre le chiffre record de 1 million.
Là on sait ce que ça veut dire. On a des demandeurs de logement en masse et que cette question va arriver. Et aussi comment faire autrement ?
C'est-à-dire face au clientélisme aussi historique de nos villes, ce que ça voulait dire aussi pour les maires d'avoir bon de moins en moins avec les OPH qui sont devenu voilà, on parlait de pleine commune ou est ensemble qui ont été mais voilà est-ce que dans cette période un peu trouble aussi comment on peut être offensif face à tout ce qui arrive ? Voilà, une dernière intervention. Ouais.
Bonjour, merci pour vos interventions et votre témoignage. Donc je fais il y a deux petits trucs que j'aimerais dire. Premièrement, moi je suis militante à Marseille et on a aussi un plan NPN NRU là, je sais pas quoi.
Et on est allé faire un porte à porte dans un des quartiers là-bas justement pour informer les habitants sur leur droit. Et je je tiens à le dire, c'était le pire porte à porte de toute ma vie parce qu'il y avait un habitant sur deux qui était pas au courant, il était pas au courant que que sa tour elle allait être démolie. Enfin bref, c'était horrible.
Tu arrivé à la porte, moi petite blanche, bam bam, salut tava démoli. Enfin, c'était horrible. Bref, il y a aussi eu à Marseille, dans le quartier de Herbel, une lutte des habitants qui a été victorieuse et et en fait moi, je me demandais si un peu comme le le collectif des familles de victimes qui a maintenant été un peu national quoi, est-ce que il y a un réseau national de enfin est-ce que vous mettez en lien nationalement pour en fait apprendre de vos luttes victorieuses ?
Je sais que Airbell par exemple, ils ont pas fait appel au référendum mais ils ont ils ont utilisé d'autres moyens. Ça c'est la première chose. La deuxième chose, j'aimerais avoir votre retour sur les la solution qui a été mise en place à Barcelone pour les problèmes de relogement temporaire avec ces container.
Vous en avez entendu parler ou pas ? En gros, à Barcelone, ils ont mis en place, enfin en fait, ils ont pris des containers, genre des containers quoi, ils les ont isolé et en fait ça fait des espèces d'espace modulable qu'on peut mettre en T1, T2, T3, enfin bref T à l'infini quoi. et et ça permet aux personnes d'avoir une solution de relogement de maximum 2 ans pendant qu'il y a les destructions parce qu'il y a certaines destructions qui sont indispensables et qui ensuite leur permettent de revenir au même endroit à enfin en fait on se pose cette question là parce que bah justement le logement ça va être hyper important dans la campagne municipale de Marseille et et de plein d'endroit pardon et et en fait moi il y a un peu une barrière quand même mentale quoi de te dire tu vas enfin c'est enfin c'est une solution qui est apparemment hyper efficace mais par contre enfin je trouve que c'est un peu une atteinte à la dignité des personnes de les mettre dans des containers quoi.
Donc voilà juste avoir votre retour là-dessus. Voilà tout merci. C'est bon c'était ça.
Ouais j'en ai pas pris longtemps. C'est pour faire les stops d'amolition. C'est juste pour faire ça va dans le thème.
Voilà. Moi je suis donc Florence de d'Orly. En fait, on a 600 logements qui sont en face enfin en train d'être démolis sur le grand ensemble lit choisi qui était un des plus grands ensembles du Val de Marne et qui n'est plus maintenant grâce au désastre donc du programme des de la rénovation urbaine.
Alors, il faut savoir en fait que vraiment participer au réseau de stop démolition, c'est un réseau en fait d'architectes et d'urbanistes. Donc donc dont certains ont participé au premier rangue, donc ils ont été eux-mêmes ils font le bilan et là ils font un bilan de 10 ans d'en rue, enfin de 20 ans d'en rue avec des chiffres qui sont vraiment très précieux parce qu'ils ont vraiment travaillé ça avec des urbanistes, des des économistes et des et des architectes. Donc si vous voulez alors j'en ai trop distribué mais c'est le dernier qui me reste.
Ceux qui veulent venir prendre le QR code des deux pétitions, il y a une pétition vraiment pour dire stop aux démolitions parce que la démolition c'est jamais une solution et la rénovation pour le climat et socialement pour la dignité des gens. C'est ça la solution. Voilà.
C'est-à-dire que quand on dit on dit on fait passer le message aux gens qui sont moins que rien et qu'on peut démolir leur vie sociale, leur histoire, leur quartier, leur leur école, alors que dans le même cas, dans le même temps, dans d'autres villes, quand c'est des quartiers bourgeois, pavillonnaires, on détruit rien, on réhabilite. Donc notamment, il faut mettre ça en lien avec les plans de sauvegarde des en fait des copropriétés qui sont aujourd'hui pas démolis mais réhabilité pour les copropriétaires. Donc on voit bien que il y a en fait un un mépris de classe.
Un mépris de classe. Et contrairement donc voilà ça c'est stop démolition, vous pouvez taper sur internet, vous vous allez les retrouver, tout est dit. Et il y a la jonction en fait entre les collectifs d'habitants qui luttent comme comme au framboisin et les les architectes et les urbanistes et les avocats notamment le DAL qui donnent beaucoup de conseils pour aller en porter plainte et pas se faire avoir et cetera dans le processus de la démolition.
Et ce que je voulais dire, c'est que on est on n' jamais été autant certainement dans une période aussi claire et et dans la clarté. Et je pense que par rapport à ce qu'a dit le copain là et ben c'est pas parce que c'est difficile qu'il faut croire qu'on a perdu. On a perdu si on se bat pas.
Mais c'est très très clair maintenant le rapport de force. Merci. Bon, désolé, il y en a d'autres qui ont levé la main, mais je suis désolée si on veut repasser la parole à nos intervenants.
Euh, il nous reste en plus officiellement 7 minutes. Euh, bon, on est passe un peu, je pense, c'est pas grave, mais 8. Hassen, Djangu, bah peut-être.
Ben, je vais euh je vais je vais répondre sur la loi narco narcotraafiquant parce que j'ai oublié ma casquette d'administrateur des locataires. Donc j'ai eu à traiter au conseil d'administration de Montbailleur ce genre de dossier là qui est vraiment c'est vraiment immonde. C'est en fait encore une fois chasser les locataires parce que en fait on s'est retrouvé avec ces dossiers là où les loc où les locataires c'étaient les parents et c'était les majeurs en fait qui faisaient ces bêtises là.
En fait, c'était même pas des mineurs et euh parfois les majeurs n'habitent plus chez les parents et c'est les parents qu' ont empathi et qu'ils ont été expulsés. Donc à vrai dire, c'est euh sur ce cas-là à pleine commune chez Montbailleur et ben toutes ces personnes-là ont été expulsé malgré qu'on les a défendu en disant que ce sont des majeurs. Les majeurs n'habitent plus eux chez les parents, ils sont à d'autres adresses.
Le bailleur n'a pas voulu n'est pas voulu savoir. Moi je pense que un enfant majeur qui fait qui fait des qui fait des bêtises, c'est pas aux parents de d'empatir et c'est pas au parents d'être d'être expulsé. Voilà, moi je je je suis sur cette ligne là et je suis sur cette ligne là avec le DAL et la CNL.
Premier point. Euh deuxème point pour les attributions de logement. Euh encore une fois, comme je siège au conseil d'administration, donc on a la caléole.
Euh la KéoLol, nous on on a l'attribution anonyme, on a l'attribution des logements anonymes et euh des euh et je pense et je pense qu'il faut le mettre, je sais pas si c'est mis sur toutes les villes ou tous les chez tous les bailleurs, je pense que c'est une lig une ligne à mettre, c'est que l'attribution des logements doit être anonyme. C'est pas du clientélisme. On passe le un logement au copains et à la copine or que l'administrateur n'est pas au courant que c'est le copain et la copine de l'élu.
Non, ça c'est pas possible. Donc il faut une anonymation totale des dossiers qui sont qui passent sous la caléole. Ça c'est le deuxième point.
Euh au niveau de des réseaux des locataires. Il y a des réseaux des locataires. Tu as le premier réseau, c'est le réseau des locataires insoumis.
C'est un groupe qui est quand même sur Telegram. Et on a un autre aussi, c'est l'appel national des locataires aussi qui est euh qui est sur les réseaux sociaux. Et on a aussi un autre gros groupe qui est stop démolition.
Et euh Stop Démolition, on peut avoir énormément d'infos. Donc on a réseau locataire insoumis, appel national des locataires et stop démolition. à l'intérieur de ces groupes là, vous pouvez trouver mais il y a une manne d'information et énormément de d'informations pour créer, monter des collectifs et surtout s'auto-organiser.
Là, tu viens de dire un élément très important et je termine sur ça, c'est que tu as fait des tu as fait tour et ça a été horrible parce que les locataires ne sont pas au courant de la destruction. C'est pour ça je disais tout à l'heure, mais je suis pas rentrée dans le détail, il y a un rue 3 qui arrive, les locataires ne sont pas au courant. D'où l'importance d'être sur le terrain.
D'où l'importance d'être proche des voisins et de parler de leur rue 3. Et d'où l'importance d'être maintenant au taqué et au combat. Parce que un combat, il se gagne avec la masse.
On peut commencer par trois personnes et terminer par 150 personnes devant la mairie ou devant le bailleur pour dire "Tu m'arrêtes le dossier." Donc voilà, c'est ça c'est très important. Il faut créer la masse et il faut s'autoorganiser.
S'auto-organiser. Donc voilà. Euh je je vais juste profiter pour faire une une annonce mais qui n'a rien à voir avec ici mais en même temps qui est importante.
J'organise euh dans le cadre de la 20e année des révoltes sociales de l'automne 2005 euh après le qui était la qui était la dernière révolte politique en France. rappelez-vous ce qui s'était joué à Cliché Montfermeil. J'organise une exposition euh euh du 29 au 31, juste je vous dis voilà, après je vous donne l'adresse et des débats du 4 au 7 novembre à Paris et au Bervilier sur qu'est-ce qui s'est joué en 2005 le lendemain.
Quel est le comment se fait-il que la police soit devenue l'unique représentant de l'État dans ces quartiers-là ? surlendemain encore qu'est-ce que c'est qu'être citoyen dans une République inégalitaire et le dernier quel est l'avenir des bonlieu populaires il suffit d'aller sur un une adresse qui s'appelle pour avoir les informations les abîmés de la République ça s'appelle les abîmés de la République l'événement abîmer les abîmé tout un mot abîmé et un eeearreepublique@gmail.com J'espère que voilà l'idée c'est de mettre en débat les banlieux populaires parce que je tiens à rappeler que ça n'est plus ça n'a plus été débattu au Parlement depuis 2000.
Il n'y a plus de débat au Parlement. Je j'isole les débats sur l'islamisme, la drogue, le communautarisme, tout toutes ces choses-là. Euh voilà, donc les abîmés de la République à gemmel.com.
Euh je pense que euh en fait vous êtes face à un un énorme défi. Euh c'est ce défi, il est celui-là. Euh le logement est l'angle mort de toutes les politiques publiques en France.
Qu'est-ce qui me fait dire ça ? Je vous disais que je travaille sur l'extrême droite et j'ai découvert par exemple que le contrat de ville de Boker, Boker c'est une commune dirigée par l'extrême brot depuis 2014 dans le gare. Le contrat de ville a été signé que par deux représentants, ce qui n'est ce qui n'est jamais jamais arrivé. l'État à travers la préfecture du Gare et la ville de Beauer.
C'estàd que ni la région ni les administrations, je pense à la CAF, je pense au je pense à France Travail, je pense également au département du GAR qui est un département voilà qui est en charge des politiques sociales. Je pense à la région Occitanie. Personne n'a signé ce contrat de ville.
Et qu'est-ce que qu'est-ce que je je lis dans ce contrat de ville ? Il y a uniquement l'extrême droite n'a pas de politique de la ville et de toute façon elle conteste la politique de la ville. Or le contrat a été signé et validé et dans ce contrat de ville il n'y a rien sur le la question sociale rien sur la question du logement rien sur les questions éducatives.
Il n'y a que des éléments concernant la les questions de sécurité. Et quand un quand l'État central euh finalement donne comme unique signal en matière de politique de la ville et donc du logement, le fait que la sécurité soumet toutes les est au-dessus de toutes les politiques publiques, je pense que tout ça ça traduit finalement l'idéologie qui est qui actuellement porte qui qui qui du moins qui qui est qui est porté et je crois crois que vous avez raison de lutter contre les démolitions, vous avez raison de lutter contre le logement, mais je pense que les les mobilisations, elles doivent vraiment être massives et surtout ne pas les être évidemment c'est dans les quartiers populaires que se que se trouvent les les personnes les plus reléguées, les personnes finalement les plus neutralisées. Mais en même temps, c'est aussi dans les métropoles.
Une ville comme Paris où j'ai travaillé pourù j'ai travaillé sur son urbanisme, c'est une ville où la question du logement est décisive. On dit on parle souvent de la banlieue populaire mais on oublie par exemple qu' un observatoire, l'observatoire des inégalités a montré que deux quartiers les plus pauvres de France sont à Paris. Saint-Marth et Clisson.
On en parle pas parce que c'est des petits quartiers. C'est dans le 13e arrondissement parisien, mais c'est c'est ce qu'on considère c'est ce qui est euh c'est ce qu'on considère comme des quistes à l'échelle de la ville. C'està dire que toutes les villes sont concernées et moi je pense qu'une une mobilisation est porteuse dès lors qu'elle qu'elle draîne derrière elle tous les collectifs parce que si les collectifs finalement euh n'entraînent que les banlieux populaires, j'ai malheureusement malheureusement c'est peut-être parce que je suis hyper pessimiste, tendance à croire que le ça ne sera pas audible.
Par contre, si euh vous vous citiez des éléments concernant les demandeurs de logement, à Paris, on en est à 265000 demandes Paris Intramuros, je ne compte pas la banlieu 265000 personnes qui sont en attente d'un logement social à Paris. Quand on sait que Paris, il y a des gens qui ont un dossier qui porte jusqu'à 20 ans, vous devinez finalement les enjeux qui sont traduits là-dedans. Merci.
Merci beaucoup à vous deux. Je vais peut-être compléter avec des d'autres questions. Euh merci pour toutes ces questions euh sur les mesures en fait, les mesures pour les municipales, il y a la France insoumise à publier 46 mesures pour les municipales.
Je vais pas toutes les citer mais peut-être juste euh euh il y a le plan un levier qui est le plan local d'urbanisme qui a un outil à disposition à des mairies pour dire qu'est-ce qui doit être construit où. Et ça donc c'est un levier important. L'anonymisation des demandes HLM, ça fait partie des mesures programmatiques et et donc ça devrait être dans tous les programmes des candidats euh insoumis, insoumises partout en France, il y a euh des des leviers qui existent déjà dans les municipalités, c'est notamment le droit de préemption.
C'est-à-dire que quand vous avez un immeuble qui est mis en vente dans une ville, et ben la mairie, elle est prioritaire. Si elle veut l'acheter, elle a priorité, elle doit l'acheter. Il y a de la loi de réquisition alors qui est difficile à mettre en œuvre euh mais certaines rares mairies ont réussi.
Donc réquisition qui attention, ça veut pas dire on exproprie la réquisition hein. C'est ça veut dire que on force à louer en fait et ça permet de lutter contre donc la la la vacances même si concrètement encore une fois elle est difficile à à mettre en œuvre mais des élusant ce que vous dites parce que pour les surtout pour les immeubles vides Oui oui parce que la vacance on en a pas parlé là mais fait partie par de réquisition oui oui oui oui oui mais les immeubles vacants participent à la crise du logement évidemment parce que c'est des logements en moins et donc ça contribue à rar la raréfaction de de l'offre Et donc il y a la taxe sur les logements vacants, mais il y a aussi l'outil la réquisition donc qui est trop peu utilisé. Et attention parce que moi des fois quand j'en parle à Bruxelles, on me dit ou là là la réquisition, non mais ça va pas là c'est l'URSS.
Non, c'est forcé à louer, c'est forcer le propriétaire à toucher un loyer, donc à toucher de l'argent. Donc ça va hein. Et la réquisition c'est pas une mesure aussi attention la limite contre le droit de propriété c'est contre le les abus du droit de propriété et et contre le droit de ne rien faire de sa propriété.
En fait c'est c'est ça peut-être la question de Zora, les agréments dont tu parlais ils sont donnés par c'est l'État en fait via les préfectures et juste tu que j'ai pas été clair en fait je vais pas sur ce qu'on essaie d'organiser à Bruxelles. Je pense que le la bataille on doit la mener à tous les niveaux. On l'amène au niveau municipal et des élections.
On l'amène sur le terrain en accompagnant les luttes de qui ont été très bien décrit par Diangu et on l'amène aussi nous à l'échelle européenne. Et en fait à l'échelle européenne en tant que députés européen, tu pourrais dire moi mon ma façon de mener la bataille c'est d'écrire des amendements, de de faire des négociations, de faire du travail parlementaire, législatif classique. Je le fais, on le fait.
On fait tous le taf à ce niveau-là. Mais dans le contexte politique où on a un rapport de force, un équilibre politique à l'intérieur du parlement qui nous est clairement défavorable. C'était compliqué déjà avant au dernier mandat mais là il y a trois groupes d'extrême droite, faut s'imaginer.
Nous on est tout à gauche de l'hémicycle euh en face euh ben le Camemberber euh il est beaucoup occupé et de façon beaucoup plus large par les groupes qui sont tout à droite de l'hémicycle. Il y a trois groupes d'extrême droite. Un groupe de droite traditionnelle qui fait qui quand il se rajoute avec l'extrême droite fait une majorité.
Donc a plus besoin euh euh du du de d'aller trouver une majorité sur sa gauche, hein. Euh euh bref, tout ça fait que euh pour gagner, on le fera pas tout seul si on veut arracher des choses. Moi, dans le dernier mandat, j'avais réussi à arracher avec d'autres hein et avant tout avec la participation des premiers concernés une directive pour les travailleurs ubérisés. on est sur un tout autre euh domaine hein, mais euh le point commun, c'est que si on a réussi à arracher quelque chose dans une Union européenne qui pouvait euh a priori euh tous les de tous les points de vue être considérés comme hostile, c'est grâce à l'éruption de la mobilisation des principaux concernés.
Ça les arrange là-bas à Bruxelles que les gens ne comprennent rien. Souvent tout est fait exprès pour qu'on y comprenne rien, pour qu'on s'en mêle pas, pour que les députés soient déconnectés des gens qui les ont élus. Vous savez, moi euh mon collègue François Picmal qui est député de Toulouse euh si il vote pas bien euh à l'Assemblée nationale, il va se faire engueuler sur le marché le dimanche matin ou à sa permanence.
Quand on est député européen, notre circonscription c'est la France ou c'est notre pays partout. Ce qui fait que vous pouvez passer 5 ans sans du tout avoir affaire aux citoyens, sans qu'il y ait aucun contrôle citoyen. Et on a les citoyens très éloigné et à côté de ça, d'autres qui sont par contre comme à la maison qui écrivent directement la loi euh ou qui qui à minima qui influent fortement sur le processus législatif, c'est les lobbyes, les représentants des intérêts et notamment du marché de de l'immobilier, des banques, de la construction, des gens qui sont des adversaires du droit au logement. des gens qui euh permettent la crise du logement parce qu'ils considèrent le logement comme un actif financier, un truc sur lequel on se fait de l'argent.
Et donc si on veut gagner le rapport de force à l'échelle de Bruxelles, la première chose et je l'ai expérimenté donc c'est pour ça je vous dis que ça ça marche quand on le fait parce qu'il y a tellement peu de citoyens, il y a tellement peu des principaux concernés que quand on arrive à construire une force collective qui intervient là où on l'attend pas, là où personne l'attend, quand on met dans une même salle des gens qui vont raconter ce que Diangu a vécu et a construit mais avec des espagnols qui avec voilà grâce à l'interprétation hein des des gens qui traduisent en direct. Vous mettez des Espagnols, des Portugais, des Italiens, des Suédois, des Français qui racontent tous la même chose, chacun dans leur langue et qui tout d'un coup disent "E la Commission européenne, nous aussi on va faire pression sur toi et euh maintenant tu vas faire un plan d'action sur le logement et ben faut que ce soit un plan d'action pour les locataires et voici nos demandes." Et donc c'est ce qu'on est on a pour ambition de construire dans les mois qui viennent à Bruxelles avec un premier rendez-vous qui sera le 16 octobre.
Donc, on aura une plus d'une centaine de de militants du droit au logement euh de terrain, d'habitants, de locataires de toute l'Europe euh qui devrait déboucher sur un manifeste. Donc et l'objectif est vraiment le rapport de force, c'est la clé, c'est la mobilisation, le rapport de force et c'est valable sur le terrain localement, mais c'est aussi valable dans les institutions comme ça qui peuvent paraître très très éloignés et qui sont les institutions européennes, l'Union européenne. Merci à tous et donc prochain rendez-vous les municipales aussi.
Un grand merci à pour vos passionnantes prises de parole.
Leila Chaibi