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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 25 juillet 2022 56 minContradictoireMixte

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0:15
Présentateur

Bonjour, très heureux de vous retrouver pour ce débat de midi. On parle de l'époque et des grandes tendances qui la traversent sur Inter. Et aujourd'hui, on part sur la plage. Alors, il faut que je vous dise, en fait, l'autre jour, j'étais au Pays Basque. J'ai posé ma serviette sur le sable et là, j'ai tout donné à ne rien faire, en fait. La mer était belle, les vagues déroulaient et au loin résonnaient. Vous savez ce cri estival, glace, chouchou, baignet. Soudain, un homme trempé des cubes m'interpelle et me dit, dis-moi, tu ne serais pas un peu goofy, toi ? Alors là, je n'ai pas su quoi répondre. En fait, j'étais rentré, figurez-vous, en relation avec un surfeur.

J'ai appris ce jour-là que Goofy, en fait, c'était mettre son pied gauche. Vous savez, en avant, sur la planche, quand on monte dessus, tout un monde s'ouvrait à moi avec ses clichés et ses réalités. Il était temps de s'y mettre car la France est en pleine passion surf. Et oui, selon la Fédération Nationale de Surf, il y aurait plus de 600 000 pratiquants dans notre pays et plus de 150 clubs offrant leurs services. Considéré comme le sport des rois à Hawaï, le surf aura mis du temps chez nous à s'installer comme une activité de masse. Alors pourquoi d'un coup cet engouement ? D'ailleurs, n'est-il qu'un sport alors que cette petite planche a créé toute une culture autour d'elle ?

Idéal de liberté, de musique et de film, promoteur d'un été sans fin. Cet esprit surf est-il compatible avec le surf sportif devenu olympique depuis 2020 ? Véritable industrie, des pays comme le Portugal ont misé sur le surf pour donner de l'air à son économie. Sur place, il rapporterait 400 millions d'euros par an. Alors prêt à grimper sur Hawaï, on est ensemble jusqu'à 13h. Jean-Mathieu Pernin, le débat de midi sur France Inter.

1:49
Invité

Ce n'est pas une planche à laver. Ce n'est pas non plus une planche à repasser malgré les apparences. Voilà à quoi sert cette planche. C'est l'élément indispensable au sport Nouvelle Vague, le surfing. Il y a beaucoup de gens de votre âge qui font du surf. C'est cool, rien des honoraires à ça. J'ai 25 ans ? Oui, c'est bien ce que je dis, jamais trop tard. J'espère que vous continuerez. Le surf, c'est la source. Ça change une vie, vous pouvez en être sûr.

2:17
Présentateur

Voilà, des plages de Biarritz en 1960, à celles de Point Break avec Kenny Reeves. J'accueille donc pour en parler de cette culture surf, non sans vous avoir rappelé, amis auditrices et auditeurs, que vous pouvez nous écrire vos questions, vos remarques, vos témoignages avec l'application France Inter par mail et sur Twitter avec le mot clé, hashtag débat de midi. J'accueille donc mes quatre invités et commençons par Elodie Salle. Bonjour à vous. Bonjour. Vous êtes cofondatrice du Paris Surf et Skateboard Film Festival qui se déroule donc à Paris au mois de septembre, c'est ça ?

2:52
Invité

C'est ça, du 22 au 26 septembre, cinéma à l'entrepôt dans le 14ème.

2:56
Présentateur

Voilà, et vous êtes fan de surf, vous, même des films surtout qui parlent de surf. Tout à fait. Et on va voir avec vous à quel point fendre les flots, ça peut être un langage universel. Gilles Buss de Soutret, bonjour. Bonjour. Alors vous êtes journaliste, écrivain, le genre d'homme qui peut dire que le surf a changé sa vie. C'est bon, on peut dire ça ?

3:12
Invité

Oui, oui, j'ai baigné dedans depuis toute une vie.

3:14
Présentateur

Puisqu'il avait consacré une grande partie de votre existence et notamment à le faire connaître en fondant le magazine Surf Session. Vous êtes également la direction de Surfeur Journal. Pour vous, rien de mieux qu'une planche longue ou courte et un peu d'écume pour philosopher d'ailleurs sur le sujet. On le voit d'ailleurs dans votre avant-dernier livre, Le Surf change le monde. C'est publié au vent de terre et c'est vraiment à lire avec passion, surtout si on ne connaît rien en surf. C'est vraiment intéressant pour ça. On accueille également Christophe Guibert. Bonjour. Bonjour. Vous êtes maître de conférence en sociologie, UFR, E-S-T-H-U-A. S-T-H-U-A. S-T-H-U-A, comme on dit.

Tourisme et culture. Vous vous intéressez particulièrement à l'impact du surf aujourd'hui, sa culture et les mythes qui l'entourent. Et nous recevons également Marie Chauchet. Bonjour à vous.

3:56
Locuteur

Bonjour.

3:57
Présentateur

Alors, vous nous appelez de loin, Marie Chauchet. Vous êtes une jeune surfeuse de 21 ans. Vous êtes double championne de France, de longues bords. Donc, c'est les grandes planches de 2016 et 2018. Et là, vous êtes actuellement en Indonésie. Vous êtes en Indonésie pour surfer, c'est ça ?

4:12
Invité

Tout à fait. C'est mon premier voyage là-bas. C'est un petit peu la mecque réputée pour la mecque du surf.

4:17
Présentateur

Ah, l'Indonésie, c'est vraiment considéré comme une mecque ?

4:20
Invité

Oui, comme une destination, un passage un petit peu obligé pour les surfeurs expérimentés.

4:27
Présentateur

D'accord. Et pour nous faire juste rêver, nous qui sommes dans un studio à Paris, entouré du rouge France Inter, ça ressemble à quoi autour de vous ? Il y a des belles vagues, il y a une plage avec un sable magnifique.

4:37
Invité

Voilà, tout à fait. Le sable fin qui est issu du corail desséché mort et les cocotiers autour et une longue gauche qui déroule juste en face.

4:48
Présentateur

Alors juste pour préciser, une longue gauche, pour ceux qui ne connaîtraient pas, qu'est-ce que c'est qu'une gauche ?

4:52
Invité

Du coup, c'est une vague qui va du coup déferler de la gauche vers la droite.

4:56
Présentateur

D'accord, et ça c'est bien ?

4:58
Invité

Moi qui suis gouffie justement, je suis face à la vague, donc c'est d'autant mieux.

5:03
Présentateur

Bon, et bien on va pouvoir en parler de tout ça avec vous, avec vous tous. Alors on va commencer juste par une chose. C'est vrai, Christophe Guibert, on a l'impression qu'en ce moment, le surf est devenu quelque chose d'assez courant, alors que longtemps ça a été une exception. Pourquoi a-t-elle succès ?

5:18
Invité

Alors, moi ce que je montre dans mes travaux, j'engage une analyse sociologique du surf et de la culture du surf en France depuis une vingtaine d'années. Ce que j'observais, c'est qu'au tout début, les débuts du surf dans les années 1950, tout début des années 60, notamment à Biarritz, le surf est une activité sociale élitiste. C'est-à-dire qu'elle est codée, codifiée par des jeunes gens issus de familles aristocratiques, ou de jeunes gens tout à fait socialement intégrés. Ces jeunes adolescents deviendront ingénieurs, élus, maires, chefs d'entreprise dans leur vie professionnelle. Et donc on a un microcosme, une forme d'entre-soi dans les années 50-60, qui est assez élitiste.

Et progressivement, dans les années 60, 70, 80, 90 et jusqu'à maintenant, le surf va se développer à la faveur d'une multiplication des structures associatives, donc des clubs, des compétitions professionnelles qui font connaître le surf, des magazines de surf qui contribuent également à diffuser cette culture. Et on en parlait juste avant également d'une multiplication de travaux universitaires qui tentent à rendre aussi légitime le surf dans l'univers académique, donc à l'université.

Et plus récemment, on peut ajouter à cela une modification des supports de pratique, notamment les planches de surf, qui permettent à une clientèle touristique, estivale, de s'adonner au surf de manière beaucoup plus facile l'été. Et donc on a une multiplication des écoles de surf sur l'ensemble des littoraux français depuis une quinzaine d'années et dorénavant.

6:43
Présentateur

Gilles Buse de Soutre, vous l'avez connu, justement, cette évolution. Aujourd'hui, comment vous voyez, comment vous analysez ce sort de boom pour le surf en France ?

6:51
Invité

Il y a un premier boom qu'il ne faut pas négliger, c'est dans les années 80-90 avec l'essor des entreprises de surf, le surfwear, qui ont accompagné l'explosion des sports de glisse et qui ont implanté un secteur d'activité. Et elles étaient principalement des entreprises textiles et elles ont vraiment diffusé une image de la glisse et une image du surf. Sachant que les autres sports de glisse, ça a été plus facile d'accès et que le surf est un sport difficile. Et puis, petit à petit, il s'est propagé parce que, bon, par exemple, en Bretagne, beaucoup de gars qui faisaient du windsurf ont abandonné, ont fait du surf, etc. Et là, ce qu'on a assisté, c'est vrai, c'est l'après-Covid.

L'après-Covid, il y a eu un phénomène qui est dans le monde entier, c'est-à-dire en Californie, en Australie, tous les milieux surf l'ont constaté. Il y a eu une envie de nature. Et du coup, là où les entreprises de textile, leur marché s'est un peu tassé, notamment avec la crise de 2008, par contre, le marché du matériel, lui, il a totalement explosé. Et là, on a une explosion de la pratique, mais une pratique presque, je ne sais pas comment dire, parce que quand on va surfer, c'est un sport extrêmement ingrat. On attend, on est dans l'eau d'une heure, on prend trois vagues. Donc, trois vagues, c'est trois fois dix secondes. Donc, en soi, ça n'a pas de sens. Et malgré tout, les gens y vont.

Et quand sur un spot, vous avez 80 personnes qui attendent, et la vague, tout le monde est cupide, la veut. Donc, il y a quelque chose qui se passe là, et qui relève du rapport à l'océan, de l'apaisement. Moi, je crois qu'il y a un retour à la nature, il y a tout cet effet-là.

8:39
Présentateur

Alors, quand vous avez parlé de spot, c'est l'endroit où l'on surfe, l'endroit sur la plage, et c'est là où on regarde les vagues. Également, Elodie Salle, c'est vrai que c'est un sport ingrat. Il faut l'avoir essayé au moins une fois. On se dit tous, ça doit être génial de pouvoir descendre une vague comme ça. Et on se rend compte à quel point c'est difficile, et pourtant, les gens s'inscrivent.

8:58
Invité

Tout à fait, oui. Moi, personnellement, j'ai découvert le surf assez tard, j'avais 32 ans. J'ai eu de la chance, c'était en Californie, donc dans des conditions incroyables. Je vivais à Paris, et voilà, la première fois que je me suis mise sur une planche de surf, je me suis dit, ok, je vais faire ça toute ma vie, c'était quand même une addiction. Malheureusement, je devais rentrer à Paris, et donc je me suis dit, je vais essayer de monter un événement qui parle de surf. Je travaillais déjà en festival de films. Je me suis rendue compte qu'il y avait plusieurs festivals de films de surf qui existaient en Europe, et pas à Paris, et qu'il y avait un public pour ça.

Donc, je me suis dit, ok, pourquoi pas ? Et puis, j'ai rencontré une équipe de passionnés de surf, de skate et d'image, et donc nous avons décidé de monter cet événement. Mais pour répondre plus précisément à votre question, je me suis un petit peu égarée. Pour répondre plus précisément à votre question, effectivement, c'est un sport qui est très très difficile, et notamment quand on vit à Paris, moi j'essaie d'y aller une fois par mois, je vais sur la Côte des Basques, mais vraiment, c'est très exigeant, il faut être patient, il faut être humble, et c'est vrai que moi, c'est une des choses les plus difficiles que j'ai pu commencer ces dernières années.

10:13
Présentateur

Christophe Guibert, pour reprendre ce que disait Gilles Buls de Soutre à propos du Covid, juste après le Covid, il y a eu une envie de surf, même si c'était très compliqué, c'est pas seulement de nager. Est-ce qu'à votre avis, cette envie, aujourd'hui, ce boom du surf, correspond à l'époque ?

10:25
Invité

Ça c'est une bonne question, il est peut-être un petit peu tôt pour y répondre, je pense qu'il faudrait un peu plus de recul historique pour appréhender cette vision des choses. Moi, ce que je peux dire, pour compléter les propos, c'est que le surf est composite, le surf il est pluriel, et c'est une des caractéristiques, par exemple, si on compare à des sports plus institutionnalisés, plus formels comme le tennis, le football, où on pratique dans des enceintes dédiées, dans des associations dédiées, le surf envoie une multiplicité de représentations, y compris ce rapport à la nature qui se développe depuis il y a 2-3 ans.

Et donc cette multiplicité de représentations fait que, finalement, chacun y trouve un peu son compte dans le surf. On peut s'engager dans le surf pour faire la compétition, pour être dans une association, mais pas faire la compétition, pour faire la compétition professionnelle, pour voyager, en Californie, en Andalysie ou ailleurs, pour en faire son métier, les moniteurs de surf, qui se multiplient. On peut pratiquer le surf pour ce rapport sensible à la nature, prendre un tube, être dans une vague et sentir ce rapport sensible à la nature. Voilà. Il y a une multiplicité de représentations qui se concurrencent parfois. Et en tout cas, c'est une des caractéristiques du surf.

C'est sans doute en ce sens-là que c'est intéressant aussi sociologiquement.

11:37
Présentateur

Marie Chauchet, vous-même qui avez participé à des compétitions, est-ce que vous avez l'impression qu'en effet, le surf intéresse davantage les Français qu'auparavant ? Auparavant, quand on disait « Oh là là, je fais du surf », ça semblait presque un ovni. Aujourd'hui, c'est assez, c'est quelque chose devenu presque commun, non ?

11:53
Invité

Oui, je pense que je rejoins Jibus sur la popularité du surf après le Covid. Nous, on voit de plus en plus de personnes à l'eau depuis le Covid, mais je pense que ça rejoint ce besoin de nature. On le voit, ce phénomène également en montagne, en randonnée, etc. Mais c'est vrai qu'après, moi, j'ai commencé le surf assez jeune, mais déjà, quand j'avais 10 ans et que je disais que j'ai surfé, c'était quand même une pratique qui était très populaire. On nous regardait quand même avec un petit peu d'admiration. C'était quand même quelque chose qui était envié. Donc, je n'ai pas connu l'époque où le surfeur était synonyme de « branleur », où ça restait un sport très marginel.

Moi, je n'ai quand même connu que l'époque où c'était un sport déjà à la mode et qui attirait déjà beaucoup de monde.

12:41
Présentateur

Alors, Jibus, juste pour préciser, on a en tête, toujours, on l'a entendu tout à l'heure dans une archive, le surf, c'est au Pays Basque. Mais où est-ce qu'on surfe en France, véritablement ? On ne surfe qu'au Pays Basque ou dans le Sud-Ouest ?

12:52
Invité

Là, maintenant, on surfe absolument sur toute la côte. On surfe en Méditerranée, on surfe en Bretagne.

12:57
Présentateur

Donc, on peut surfer en Méditerranée, ce n'est pas la limite ?

12:59
Invité

Après, là, c'est-à-dire que le vent souffle sur la surface océane et plisse l'océan et il envoie des vagues. Donc, dès qu'on repère qu'il y a une dépression et qu'il y a un coup de vent sur n'importe quel surf, et on surfe. Là, je faisais un parallèle. Moi, j'ai repéré un surfeur d'Odessa et qu'il surveillait les vagues. Et là, il est tout attristé parce qu'il ne peut pas surfer, mais il surfait à Odessa, sur la mer Noire. D'accord, on y croit. Donc, on surfe absolument partout. Et sur... Quel que soit les tailles des vagues, etc. Il y a une chose que je voulais juste te dire tout à l'heure, c'est un petit rapport. C'est très rapide.

C'est que je pense qu'il y a aussi quelque chose qui est assez intéressant, je trouve, par rapport au surf. C'est que le surf vous confronte à l'incertitude. C'est un des rares sports où, quand on va surfer, on ne sait absolument pas si on va prendre une vague ou pas prendre une vague. Et c'est assez étonnant que les gens se jettent dans cette mer avec de l'incertitude et ils vont tirer de la réjouissance.

Et il y a un peu un parallèle qui est bienfaisant entre une époque qui est très incertaine et cette espèce d'engouement à trouver de la réjouissance dans un sport et qui met aussi l'esprit complètement ailleurs puisque, quand on s'offre, on est concentré sur l'océan, sur la vague et on est confronté à l'incertitude. On ne sait pas du tout si on va prendre une vague ou une bonne ou une mauvaise vague, quel que soit le niveau.

14:23
Présentateur

C'est ça aussi que vous recherchez, Elodie Salve, quand vous allez surfer. C'est cette incertitude, se dire qu'à un moment, c'est la mer qui décide. C'est-à-dire qu'on peut se dire tiens, aujourd'hui, il n'y aura pas de vague mais je reste quand même en attendant. Je suis au milieu des flots et j'attends. C'est ça que vous recherchez ?

14:36
Invité

En partie, oui. C'est vrai que c'est très intéressant comme sport parce qu'effectivement, ce n'est pas nous qui décidons quand on veut aller surfer, ce n'est pas nous qui décidons quand on veut prendre une vague. Évidemment, on décide d'aller la prendre mais comme dit Jibus, on n'est pas sûr de bien la prendre, on n'est pas sûr de prendre une vague durant sa session. Et il y a cette idée, le surf, c'est vraiment un moment où je ne pense plus à rien, où on est au milieu des flots, où on doit juste analyser les vagues et il n'y a plus rien qui compte. Et ce moment, c'est un état de grâce.

15:06
Présentateur

Alors, je le disais tout à l'heure, on voit tout de même une région, la Nouvelle-Aquitaine, qui bénéficie énormément, près d'un milliard par an sur la culture surf, sur tout ce qui est équipement, tout ce qui est aussi sportif, tout ce qui est club. Ça rapporte beaucoup d'argent. Mais est-ce que Christophe Guibert, ces régions, aujourd'hui, la région de Nouvelle-Aquitaine, celle qui profite le plus, aujourd'hui, elle sait à quel point le surf peut être intéressant économiquement et que ce n'est plus quelque chose d'anecdotique ?

15:35
Invité

Alors, je pense que les élus, globalement, par rapport à l'époque où j'ai fait ma thèse, moi, sur les politiques publiques en Inquitaine, à l'échelle des collectivités locales, il y a une vingtaine d'années maintenant, ça date un peu, je pense que dorénavant, les élus locaux ont compris l'intérêt du surf d'un point de vue de l'aménagement du territoire, des retombées économiques, de l'emploi, de l'image des territoires. À l'époque, moi, il y a une vingtaine d'années, j'avais des élus locaux de communes très réputées pour le surf qui me disaient, mais le surf, si ça se trouve, c'est encore un effet de mode. Dans quelques années, il n'y aura peut-être plus de surfers.

Bon, il faut être constaté que c'est l'inverse. Donc oui, je pense qu'il y a un vrai intérêt à l'égard du surf de la part de la justice politique. Néanmoins, moi, je constate que, que ce soit en Inquitaine ou sur d'autres littoraux, et là, pour le coup, peut-être que la Bretagne est assez en avance, mais il y a d'autres littoraux où les élus locaux, je pense par exemple en Vendée, il y a encore une forme de réticence, il y a encore un petit peu de préjugés à l'égard de cette population de surfers qui n'expriment pas de besoins et puis de toute façon, ils se débrouillent. C'est encore une affaire pas très sérieuse. Donc malgré, enfin voilà, il y a un paradoxe au regard du nombre de surfers.

Moi, je me suis amusé à faire des comptages, par exemple, sur les plages de Bretignolles sur Mer Vendée. En septembre dernier, j'ai compté 700 surfers en cumulé sur la journée, 700 sur un seul spot.

16:49
Présentateur

En effet.

16:50
Invité

Il y a certaines communes, voilà, où il n'y a pas encore véritablement cette prise en compte quantitative des choses.

16:56
Présentateur

Alors, je vous propose juste d'écouter un sourd parce qu'il y a un phénomène aussi qui s'est développé avec cette envie de surf. C'est ce qu'on appelle le localisme véritablement. Alors en France, c'est un phénomène qui est moins connu qu'ailleurs, notamment aussi aux Etats-Unis ou même en Espagne, juste à côté du Pays-Bas. C'est-à-dire que certains surfers en fait ne sont vraiment pas fans de ce qu'ils considèrent comme une invasion de leur spot, on l'a dit tout à l'heure. Leur terrain glisse dans l'océan par les touristes et n'hésite pas à afficher leur hostilité. On va écouter justement ce surfé orlandais.

17:24
Invité

Les gens arrivent ici en pays conquis pensant qu'ils peuvent arriver, prendre la meilleure vague, vu que tu n'es pas placé au bon endroit. Du coup, c'est un peu compliqué, mais on essaie de faire respecter tout ça.

17:40
Présentateur

Voilà, quand on entend ça, Gilles Bussoutre, ça c'est un son qui vient du journal d'M6, c'est un phénomène aujourd'hui qui est important en France. Est-ce que ça risque aujourd'hui de devenir davantage ? Et surtout, est-ce qu'il peut y avoir une confrontation maintenant à voir ce trop-plein entre les surfeurs locaux et ces touristes qui viennent s'amuser dans les vagues pour tester un jour le surf ?

18:00
Invité

Alors curieusement, si vous voulez, le phénomène du localisme, il a été plus marqué dans les années 80-90, notamment en Californie, il y avait une ville qui s'appelait Ventura où vraiment ça finissait en pugilat, sur la plage, il y avait vraiment et en fait, ce qui s'est passé, c'est que ça s'est quand même énormément tassé parce que le pratiquant qui vient, c'est son enfant, c'est son copain, c'est sa copine, j'ai moi-même une école de surf, donc je peux difficilement être quand même localiste puisque j'enseigne le surf, voilà, et tout ça, ça tasse.

Alors bien sûr qu'il y a des tensions quand vous mettez 80 personnes sur un spot et qui attendent la vague, il peut y avoir des tensions et les phénomènes de tension, c'est lié à des individus souvent, c'est des comportements, vous êtes mal luné, puis il y en a un autre, il vous a pris la vague, donc là, ça part sur lui. Est-ce qu'on aura

18:58
Présentateur

un peu le même sentiment que certains disent ah là là, les parisiens arrivent trop, ils achètent trop de maisons dans un endroit, est-ce que finalement le localisme immobilier se transmet aussi sur le localisme des plages ?

19:07
Invité

Si vous prenez le phénomène de l'explosion de l'après-Covid et bien sur la Côte-Basque, vous retrouvez un peu les mêmes tensions dans l'eau que par rapport à l'immobilier où il y a une explosion de l'immobilier et que le local, lui, il ne peut plus louer, il ne peut plus s'acheter. Donc ça forcément, il y a un peu de tension. Mais je dirais dans le phénomène global par rapport au monde qui se met à l'eau, c'est assez epsilon ces tensions malgré tout. je pense. Très rapidement, Christophe Guilherme. Oui, je confirme ce que dit Jibus. D'un point de vue sociologique, c'est très intéressant d'analyser ces rapports de domination parfois un peu conflictuels.

Mais je pense qu'effectivement à l'échelle de la France, on reste encore sur quelque chose d'assez anecdotique et quelque part un peu du folklore. Mais ce qu'il joue, en fait, c'est la réactivation d'une forme de capital d'autochtonie et ces surfers qui incarnent un lieu, qui incarnent le territoire et qui disent je suis chez moi. Et voilà. Mais ça reste assez folklorique. On est un peu les indigènes de l'endroit et on demande du respect, c'est tout.

20:07
Présentateur

C'est ça. Alors, on va continuer à en parler juste avant. Eh bien, on regarde ce qui se passe du côté de l'application de France Inter. Il y a Anne-Laure qui nous a écrit ce message au Léronèse de cœur. Je constate que la pratique n'est plus seulement réservée à la saison d'été. Durant les vacances scolaires de cet hiver, certaines écoles de surf, notamment sur la plage de la Giraudière, ont fait le plein. Et surtout, les combinaisons qu'on met pour surfer sont maintenant plus accessibles financièrement. et les techniques se sont développées, ce qui a aussi aidé à développer la pratique. On continue à parler de surf sur France Inter.

C'est vrai que d'un coup, ça sent le monoeil, la plage, les glaçons qui teintent dans les verres, la longueur d'été. Bref, c'est le débat de midi. David Walter avec Nohan sur Inter. ...pour devoir de vacances d'y acclimater le surfing, un nom mystérieux mais un sport sans mystère. Muni d'une large planche, il s'agit de gagner la haute mer. Et de là, utilisant le mouvement des vagues de partir à l'assaut du rivage. Le débat de midi, on parle du phénomène surf qui gagne la France. Alors, les plus ambianceurs n'hésiteront pas à dire qu'une vague surf défaire sur la France. Voilà, bon, après tout, c'est l'été.

On en parle donc avec Gilles Bus de Soultret, journaliste, écrivain, également Christophe Guibert, maître de conférences en sociologie, Élodie Salle, cofondatrice du Paris Surf et Skateboard Film Festival, également Marie Chauchet, surfeuse, qui est actuellement en Indonésie. Gilles Bus de Soultret, on a entendu là un petit son qui datait des années 60 sur la vague de Biarritz. Ça a mis du temps à s'imposer en France quand même, le surf ?

25:14
Invité

Oui, disons qu'il y a eu un petit premier boom dans les années 60, voilà, et après, ce qui s'est passé, c'est que le surf est rentré un peu en marginalité du fait aussi de toute la révolution hippie en Californie contre la guerre du Vietnam, etc. Et au même moment, également, les planches se sont raccourcies. Donc la pratique est devenue difficile. C'est-à-dire qu'apprendre le surf sur une planche qui fait 1m70 au lieu de 2m70 ou 3m, ce n'est pas pareil. Et donc, toutes les années 70 ont été des années un peu de marginalité, de contre-culture.

Et puis, c'est à partir des années 80 où ces entreprises de textiles se sont développées, surtout l'essor des sports de glisse qui a démultiplié la demande. Et à partir de là, la pratique s'est évoluée, démocratisée et a touché à peu près tous les publics petit à petit comme l'a analysé Christophe.

26:10
Présentateur

C'est ça, Christophe Guibert, c'est quand on monte une fois sur un surf, que ça soit sur la côte landaise, on sait à quel point c'est difficile quand c'est dans les petites mousses au départ. On veut quand même, avec une eau à 15 degrés en combinaison, on veut quand même s'offrir cette part de rêve que peut provoquer le surf dès qu'on prononce ce nom.

26:27
Invité

Oui, je pense qu'il y a cette part de rêve qui figure dans les imaginaires parce que le surf renvoie à un imaginaire positif, la plage, le voyage, les destinations exotiques, l'Indonésie par exemple. Donc ça fonctionne et ça fonctionne bien à tel point que je pense que notamment auprès des adolescents, dire je fais du surf c'est s'engager dans une activité qui n'est pas sportive au sens strict du terme et du coup c'est positif. Dire je suis dans un club de foot, dans un club de tennis, bon ok, mais je fais du surf, il y a quelque chose en plus. C'est que du domaine de la représentation. Bien sûr.

27:00
Présentateur

C'est ça. Et vous savez, quand vous voyez ça, quand vous entendez ce genre de propos, on se dit à un moment est-ce que le surf finalement ça n'a pas servi un peu de... Vous avez parlé tout à l'heure vous étiez en Californie quand vous avez appris à faire du surf. Ça ne sert pas un peu aussi de surf power pour les Etats-Unis. À un moment on l'a vu au cours de l'histoire. Est-ce que ce n'est pas le modèle finalement américain qui a été imposé sur... On l'a vu en France, c'est-à-dire de... On a envie tous d'aller en Californie pour surfer des vagues.

27:25
Invité

Alors je ne sais pas si je vais pouvoir bien répondre à cette question. En l'occurrence, le surf ne vient pas de Californie à la base. Oui, bien sûr. C'est déjà une récupération par les Américains. Après, oui, je pense qu'il y a cette part de Dream Californien qui fait que... Voilà, peut-être qu'il invite des gens à faire du surf et puis le surf c'est quelque chose de cool. Voilà, c'est... Donc, voilà, c'est vrai que c'est plus une culture qu'une pratique sportive. Donc, voilà. Oui, Christophe Guilherme. Oui, rapidement.

Cette cool attitude que tu viens d'évoquer effectivement puise dans le registre marketing des entreprises du surfwear qui vont valoriser une image un peu contre-culturelle alors, j'y mets des guillemets tout en sponsorisant en même temps concomitamment des compétitions professionnelles. Donc là, il y a un paradoxe. Et c'est aussi la presse spécialisée qui va importer je me souviens d'un édito d'un numéro anniversaire de Surf Session dans les années 2000 où le directeur de la publication indiquait clairement qu'il allait puiser dans les magazines nord-américains californiens.

Donc, il y a une incorporation un peu sans filtre de cette culture californienne mais la France mais la France ce n'est pas la Californie.

28:37
Présentateur

C'est ça, c'est vrai. Il y a une spécificité française dans le surf ?

28:40
Invité

Oui, oui, tout à fait. Au fil du temps, oui. Par exemple, ce qui est assez intéressant le magazine que je fais ça a été créé par un gars qui s'occupait de Surf for Magazine et qui a créé un magazine culturel aux Etats-Unis et quand on a décidé de faire l'édition française ça l'intéressait d'avoir un magazine culturel de surf qui vient des Etats-Unis dans ce pays de la culture qui est la France. Et moi, j'essaye de lui donner une spécificité aussi sur certains aspects.

Mais globalement, je trouve que ce qu'on retrouve dans le surf qui est un peu dans tous les pays c'est quand même une diffusion du cool et même si ça fait un peu cliché de dire ça mais c'est quand même plutôt pas mal qu'un phénomène sociétal diffuse du cool à l'heure d'aujourd'hui et dans le monde de tension dans lequel on est. Et voilà. Et les gens sont en demande malgré tout de cela.

29:29
Présentateur

Oui, mais est-ce que c'est encore ce modèle-là finalement ? Est-ce qu'à force de devenir on va dire un sport puisque maintenant on va en parler tout à l'heure c'est un sport olympique d'une discipline de masse est-ce que c'est toujours cool ?

29:40
Invité

Oui, parce que d'abord il y a l'esprit libertaire

29:43
Présentateur

dont vous parliez tout à l'heure

29:44
Invité

est-ce qu'il est toujours là ?

Non, on l'a moins il y en a certains qui peuvent être anti-système mais il y a deux choses qui me paraissent importantes c'est que un, ça porte au rêve donc quelque chose qui porte au rêve est quand même plutôt bénéfique c'est plutôt bien de rêver après on peut quand même à minima réaliser son rêve et après quand on rentre dans la réalité du surf ça confronte à la réalité océane aux problématiques écologiques à toute cette dimension et de transition dans laquelle on est il y a par exemple une prise de conscience écologique même si on ne peut pas dire que les surfers soient les plus écolos de la Terre mais il y a certainement sur ce terrain-là une prise de conscience plus importante rien que quand on surf on est confronté à la pollution de l'océan donc forcément à un moment on a une réaction donc tout ça c'est plutôt bénéfique après que ça se massifie c'est le phénomène de la société on est 10 milliards sur Terre que voulez-vous

30:39
Présentateur

Marie Chauchet est-ce que ça pour vous c'est aussi ça ce qui a provoqué cette envie de surf avant d'aller loin puisque vous avez été championne de France dans le longboard par deux fois c'est le côté cool aussi du surf

30:53
Invité

alors moi le surf j'ai quand même baigné dedans assez jeune puisque mon parrain tient une école de surf au Maroc sur Flandre et mon père est photographe de surf donc j'ai vraiment baigné dedans alors oui bien sûr il y avait tout cet imaginaire ce côté rêvé du surf le surf dans l'eau chaude la plage etc mais il y a aussi ce côté dépassement de soi confrontation à un élément qui est l'océan il y a aussi tout ce côté du surf qu'on voit beaucoup moins qui est beaucoup moins diffusé par les médias par les marques etc et qui je trouve aussi intéressant de mettre en avant le surf c'est pas que le surf en Indonésie c'est aussi le surf en hiver dans l'eau froide avec des combinaisons très épaisses qui limitent les mouvements c'est également comme le disait Jibbus attendre des fois trois heures pour prendre deux vagues dans des conditions des fois qui font peur c'est aussi partager un moment entre amis à se dépasser à s'entraider à s'encourager voilà c'est tout ça le surf c'est aussi comme vous le mentionnez le côté de variabilité infinie de la vague on n'a jamais deux vagues différentes voilà c'est tout ça le surf aussi et je pense que c'est important de le rappeler et après pour revenir sur le sport alors oui le surf c'est un sport c'est devenu un sport mais contrairement à d'autres sports de compétition qui sont vraiment qui engagent un combat qui engage un adversaire enfin un combat contre un adversaire là le seul combat qu'on mène en fait c'est avec nous même et avec la vague et c'est ce qui le différencie je pense de beaucoup de sports en fait on est à la recherche en fait d'une adaptation avec l'élément on essaie d'être au plus proche de l'élément de s'adapter et c'est en ça que ça le différencie de beaucoup de sports on ne peut pas répéter nos games sur une piste d'athlétisme chaque vague est différente et c'est en ça que ça nous différencie je pense de la plupart des sports aussi

32:54
Présentateur

une chose Marie Chausset quand vous voyez la publicité prendre l'image d'un surfeur ou d'une surfeuse qu'est-ce que vous en pensez qu'est-ce que vous pensez des clichés justement autour du surf aujourd'hui parce que même des marques de mode quand on voit des marques de prêt-à-porter font des surfs alors effigies

33:10
Invité

on va essayer

33:13
Présentateur

juste de voir ça dans un instant on va revenir sur l'image du surfeur mais c'est vrai qu'il y a toute une culture qui va avec le surf de la littérature du cinéma et bien sûr un style de musique qui a eu son heure de gloire notamment dans les années 60 et qui est revenu en grâce dans les années 90 avec cette musique qui je crois je crois peut-être va vous dire quelque chose ça c'est bien sûr la découverte avec Pulp Fiction c'est une vieille musique c'est signé Dick Dale c'est ce qu'on appelle la surf music on voit ça imitait les gouttes d'eau avec leur guitare et ça a incité tout un mouvement ça a créé tout un mouvement par exemple il y a une autre musique assez célèbre par exemple celle-ci voilà ça c'est The Ventures avec Wipe Out et l'Odyssal aujourd'hui cette culture du surf je le disais aussi bien musicalement là on l'entend mais on va l'entendre dans un moment aussi au niveau cinéma elle est toujours vivante ou elle est inscrite plutôt dans une époque

34:21
Invité

non elle est toujours vivante bien évidemment et puis justement la culture surf les sujets proposés par les réalisateurs de films de surf vont évoluer en fonction de l'évolution de cette culture donc les sujets abordés ne vont plus être les mêmes et non non c'est ce qui se passe en ce moment au niveau de la réalisation de films de surf c'est très très intéressant

34:47
Présentateur

oui est-ce que ça participe aussi quand on entend pour cette musique aux Etats-Unis à un moment quand les Etats-Unis ont fait d'Hawaï un nouvel état américain ce fantasme polynésien du tiki il y avait énormément à l'époque de bars de restaurants il fallait faire ce voyage à Hawaï est-ce que toute cette musique cet imaginaire qu'on a autour du surf fait partie de ça

35:07
Invité

oui de toute façon là il faut quand même replanter le décor c'est que le surf est d'origine polynésienne et la civilisation polynésienne c'est une grande une grande civilisation et Hawaï ok on l'associe avec le surf la Californie on a tendance à faire démarrer le surf en 1778 avec Poup qui découvre les îles d'Hawaï qu'il appelle les îles Sandwich mais le surf il existait à Hawaï déjà depuis 300 ans quand les polynésiens sont arrivés en l'an 900 à Hawaï et eux l'histoire du surf elle est intrinsèque aux polynésiens je rappelle juste en une seconde tout le monde connait un personnage tout le monde connait le capitaine Cook les personnes ne connait Tout Paya Tout Paya est un grand navigateur que Cook a rencontré lors de son premier voyage à Tahiti et il a fait le voyage du retour avec Cook il est décédé du Scorbut entre temps et cet homme qui a guidé Cook sur des îles voyageait dans la navigation polynésienne c'est à dire sans instrument avec son pagne et son bateau et les scientifiques ont découvert aujourd'hui que cet homme avait une connaissance de par l'observation de l'océan les étoiles les nuages etc de à peu près un tiers du Pacifique donc aujourd'hui vous ne faites pas un pas sans votre GPS et cet homme en l'an 900 et bien il était au milieu du Pacifique sans rien il savait où il était et il y avait cette conception qui est quand même assez belle c'est qu'il n'allait pas vers une île c'est l'île qui venait à lui et quand vous surfez vous n'allez pas vers la vague vous y allez jusqu'à l'attendre au large et à un moment c'est la vague qui vient à vous et donc il y a toute une culture propre à ce sport qui vient de là et quand vous allez à Hawaï cette culture est encore très présente et en Californie malgré tout il y a une vraie culture hawaïenne qui a imprégné la Californie et la Californie n'aurait pas du tout été le même état et le même développement et même tout ce qu'on connait qui est venu de la Californie aujourd'hui avec Jobs et tout ça et bien c'est lié à cet apport de cette vie hawaïenne qui a imprégné la Californie Christophe Guiber oui je vais peut-être un peu casser le mythe je vais faire mon sociologue en fait le surf je pense que naturellement par essence n'a pas de culture il n'y a pas de nature du surf le surf c'est une activité sociale comme une autre et le surf n'est que ce que les individus finalement en font donc c'est pour ça que je disais tout à l'heure le surf ça peut être une activité professionnelle une activité de loisirs une activité de plage une activité liée à l'écologie pour d'autres effectivement il y a ce rapport un peu plus ancestral à une culture hawaïenne qui puise dans des racines très denses mais voilà finalement le surf c'est un peu tout cela à la fois alors ça c'est aujourd'hui mais le point de départ est quand même lié à un point de départ on ne peut pas le nier ça

38:24
Présentateur

bien sûr et ça veut dire qu'il faut faire le pèlerinage ou pas quand on est surfeur pour aller hawaï

38:27
Invité

non non pas du tout pas du tout je pense qu'aujourd'hui vous vivez ça très bien sur la côte basque ou même en Méditerranée c'est un rapport à l'océan c'est un éveil par l'océan quoi

38:38
Présentateur

Elodie Salle quand vous organisez pour votre festival quand vous voyez beaucoup de films autour du surf et du skateboard est-ce qu'il y a encore ce rapport justement à la Polynésie ou alors c'est chacun à intégrer ça selon son écosystème aujourd'hui qui est local en fait en gros

38:55
Invité

oui en fait quand on reçoit des films enfin il n'y a pas de en fait les films qu'on reçoit nous on va sélectionner pardon des films qui ont une vraie narration qui vont raconter des histoires inspirées par le surf et donc ce qui est intéressant c'est que souvent ces histoires vont dépasser juste la simple pratique sportive et vont raconter et vont traiter de thématiques plus sociétales et c'est pour ça que pour moi le surf c'est une vraie culture parce que ça a influencé la mode la musique l'art enfin c'est quelque chose de global ça a dépassé vraiment la pratique sportive et c'est ce qu'on montre dans les cinémas pardon dans les films que nous sélectionnons au Paris Surf Skateboard Film Festival donc ça va aborder effectivement des portraits d'adolescents dans certains pays notamment pas mal de films qui vont traiter de l'émergence d'un surf féminin dans des pays tels que le Bangladesh ou l'Iran donc voilà c'est intéressant

40:01
Présentateur

que vous disez ça parce que sur l'application France Inter il y a Grégoire qui nous a parlé de masculinité toxique à propos du surf lui-même et notamment il parle en Australie il parle véritablement d'une ambiance où il dit en France j'ai subi beaucoup de blagues déplacées soit un vrai mec ça m'a tellement affecté dit-il que j'ai arrêté pendant plusieurs années avant de reprendre récemment

40:19
Invité

alors moi personnellement j'ai jamais souffert de sexisme dans ma pratique du surf jamais après je sais que pour les femmes au début ça a été compliqué d'ailleurs on a des films qui ont parlé de cette thématique en Occident maintenant il y a quelque chose qui ressort c'est la sexualisation de la surfeure c'est ça que vous avez commencé à aborder avec Marie effectivement là on va avoir maintenant des films qui abordent ce problème en fait de cette surfeuse blonde en bikini svelte et voilà qui n'est pas du tout représentatif des surfeurs des surfeuses pardon maintenant actuelles

41:04
Présentateur

alors on va écouter juste ça dans un instant

41:06
Invité

tu veux envoyer les présidents à l'ombre tu veux ramasser les lauriers je veux tout ça les anciens présidents sont des surfeurs

41:15
Présentateur

je soutiens que le FBI acceptera de me payer pour faire du surf

41:18
Invité

la peur entraîne l'hésitation et l'hésitation entraîne la réalisation de ta peur il t'emmènera jusqu'au bord du coup et peut-être bien au-delà ça va être une putain de journée Johnny

41:32
Présentateur

alors forcément à propos de culture surf il y a un film qui vient c'est Point Break est-ce que ce film bien sûr il y en a d'autres ne vous inquiétez pas mais grand public c'est vrai qu'il est très grand public celui-là on voit des scènes de surf et ce n'est pas toujours le cas dans beaucoup de films c'est rare finalement quand on voit ce qu'on appelle un blockbuster un film grand public avec des telles scènes de surf est-ce que finalement ce film quand il est sorti signalons celui de Catherine Bigelow tout de même est-ce qu'il a marqué

41:59
Invité

oui il a marqué alors moi je me rappelle quand il était sorti j'avais trouvé que c'était une caricature un peu parce que justement ça caricaturait le phénomène de la violence c'est ça mais avec le recul il y a c'était une lecture du surf en interne qui était qui était assez bien vue c'était des vrais passionnés ça représentait en tous les cas ce qu'était le surfeur à cette époque-là mais il a changé Christophe l'a bien analysé il a complètement changé néanmoins néanmoins ce qui attire dans le surf c'est quand même une passion c'est un que ce soit l'hawaïen de l'an 900 ou le surfeur d'aujourd'hui il y a un rapport passionné à ce sport quand on quand on décide d'y mordre et de le faire qui est qui est la même chose ce rapport à la vague est-ce que je la chope je la chope pas qu'est-ce qu'elle me fait comme sens et c'est les sensations ça repose sur les sensations

42:56
Présentateur

Christophe Guilher il y a Maryse par mail qui nous a joint et elle qui parle de l'impact du surf comme une californisation des plages françaises qu'est-ce que vous en pensez de ce terme de californisation est-ce qu'on est en train de perdre un peu d'identité bien régionale française est-ce qu'on devient tous californiens

43:15
Invité

pas du tout je pense qu'il y a des usages des rapports à l'espace maritime qui sont franco-français qui sont culturellement ancrés dans nos représentations donc voilà on vit dans un monde mondialisé donc il y a forcément évidemment une influence des cultures dominantes on parlait de soft power tout à l'heure donc oui ça joue bien évidemment néanmoins il y a des résistances inconscientes je pense

43:40
Présentateur

c'est ça Marie Chosset quand vous on parle aujourd'hui de surf là on va y venir dans un instant mais nous recevons beaucoup de messages autour de la pratique du surf et l'écologie dont vous parliez tout à l'heure Gilles Buss de Soutret est-ce que vous aussi ça vous parle et est-ce que pour vous c'est possible d'aimer le surf d'aimer la mer et de prendre un avion pour aller surfer en Indonésie

44:03
Invité

alors en fait c'est toute la question c'est vrai que notre pratique elle a un énorme impact que ça soit les combinaisons qu'on utilise que ça soit les planches de surf également il faut savoir que la plupart des combinaisons sont faites à base de pétrole quand même donc aujourd'hui de plus en plus de recherches sont menées pour trouver des substituts à ce pétrole je pense que la meilleure chose à faire c'est évidemment réduire son impact en surfant en face de chez soi etc bon il faut savoir pour me dédouaner quand même que c'est mon premier surf trip à l'autre bout du monde que j'ai passé quand même mes 20 premières années de surf à surfer chez moi ou au Maroc chez ma famille

44:47
Présentateur

je ne vous culpabilise pas mais oui il y a toute cette question

44:50
Invité

c'est la manière dont on consomme le surf est-ce qu'on part à l'autre bout du monde pour 3 jours de soil on rentre on repart dans un autre pays pour suivre alors le soil c'est du coup c'est du coup les conditions météorologiques la houle qui rentre sur certains endroits et c'est vrai que c'était une pratique qui se faisait pas mal chez les surfeurs professionnels de suivre en fait ces conditions météorologiques en empruntant des avions toutes les deux semaines donc voilà ça je pense que c'est une pratique à bannir en revenant à des surf trips plus longs ne pas y rester trois jours mais justement il passait il passait un peu plus de temps en voyageant avec le moins d'impact possible donc

45:36
Présentateur

ça va être possible et figurez-vous que c'est ce dont nous allons parler dans un instant comment essayer de concilier environnement et surf une culture surf avec de l'environnement est-ce que c'est possible c'est une vaste question qu'on se pose dans un instant dans le débat de midi sur France Inter

45:53
Invité

France Inter

48:38
Présentateur

avec ce titre métronomie avec Right on Time Mathieu Pernin alors il a suffi juste de deux accords pour que Christophe Guilbert et du bus de soir reconnaissent tout de suite c'est Endless Summer Endless Summer qu'est-ce que ça représente justement on parlait du voyage tout à l'heure et ça c'est un film des années 60 et c'est véritablement ça qui a donné envie à des générations entières de surfers c'est l'histoire en fait de deux surfers qui vont faire le tour du monde qui vont aller en Afrique qui vont aller en Océanie qui vont aller je ne sais pas s'ils vont aller en Europe ou pas à un moment pour faire du surf non et bien ils vont chercher la vague et dans cet été sans fin là on est vraiment dans le mythe du surf

49:38
Invité

oui tout à fait et puis c'est un film qui est sorti en 66 et qui s'inscrivait dans un contexte particulier aux Etats-Unis c'était la guerre au Vietnam voilà c'était une période assez dure et les gens découvraient ces deux personnes qui partaient à la recherche de vagues et de l'été sans fin et ça incarnait toute la liberté et c'est le premier vrai film enfin le premier documentaire de surf qui a marqué l'histoire des films de surf donc c'est vrai que c'est un film qui est hyper intéressant et qui reste emblématique tout à fait vous en souvenez quand vous l'avez vu oui oui tout à fait et puis il y a une petite anecdote qui est marrante c'est que John Severson il a fait donc le réalisateur le réalisateur non pas John Severson Bruce Brown excusez-moi il a fait ce film voilà il a trouvé des billets pas chers pour faire le tour du monde il a fait des sauts de puce il a raconté son histoire il a fait son documentaire puis une fois qu'il a fini le montage il s'est dit oh mais comment je pourrais appeler ce film et puis c'est creusé un peu oh bah tiens c'est sympa je vais appeler ça Inglis Summer et en fait son mot Inglis Summer il a eu un impact énorme parce que l'été sans fin c'est le rêve sans fin et en face il y avait la guerre du Vietnam donc évidemment ça faisait rêver quoi

50:47
Présentateur

et en plus avec cette affiche mythique véritablement alors on en parlait alors est-ce que pour vous cet été sans fin ce mythe du surfeur est-ce que quand on voit par exemple on en parlait tout à l'heure le surf aux Jeux Olympiques est-ce que c'est encore compatible avec ce rêve du surfeur est-ce que tout ça est-ce que c'est le même sport est-ce que c'est la même discipline pour vous ? Christophe Guilherme

51:05
Invité

alors oui c'est le même sport mais qui renvoie à ce que j'évoquais tout à l'heure à cet aspect tout à fait pluriel et composite le surf c'est à la fois la nature l'environnement la compétition et aussi donc plus récemment les Jeux Olympiques avec tout son col roller de médiatisation de déplacement à Tahiti pour Paris 2024 et voilà sur les questions environnementales par exemple ça pose question alors l'environnement pas simplement d'un point de vue écologique mais l'environnement aussi social et culturel j'encadre par exemple le travail de Thibaut Haussan qui fait sa thèse sur le surf à Tahiti et comment finalement la société tahitienne appréhende d'un point de vue économique culturel social d'un point de vue de l'aménagement la tenue des Jeux Olympiques en 2024 à Théopo c'est un vrai problème

51:51
Présentateur

vous parliez vous parliez d'environnement on a eu beaucoup de messages notamment Émilie sur l'application France Inter qui nous parle l'industrie du surf n'est pas très écologique mais on peut parler de l'association comme Surf Rider Foundation en effet qui nettoie les plages il y a Léa par mail qui nous dit arrête la pratique du surf pour cause environnementale est-ce qu'on mesure l'impact vraiment écologique par le nombre croissant de véhicules qui passent chaque jour sur les spots de surf j'ai arrêté de surfer après 20 ans de pratique à la sortie du premier confinement vous voyez au contraire car je ne souhaitais plus participer à cette relation négative à l'environnement il y a aussi Laurent par mail qui nous dit à coup de voyage en Indonésie à la Réunion à Biarritz quel respect de l'environnement à la Réunion on tue des requins pour qu'ils ne touchent pas les surfers super la nature nous dit-il c'est vrai qu'aujourd'hui et l'Odyssa on doit prendre tout ça en compte et ça semble difficile de mélanger de mêler finalement surf et respect de l'environnement

52:42
Invité

si on peut tout à fait mais c'est comme on en parlait avec Jibus je veux dire tout pollue à partir du moment où on travaille on fait quelque chose ça pollue donc oui la pratique du surf effectivement ça peut être polluant mais je pense que c'est pas le pire alors il faut faire attention effectivement et bon c'est vrai que cette question elle est compliquée moi si je devais arrêter le surf parce que voilà il y a trop de requins ou parce que ça serait l'océan est trop pollué et tout j'arrêterais parce que voilà ça serait comme ça

53:11
Présentateur

alors on va écouter Marie Chouchet vous vouliez réagir

53:14
Invité

oui je pense que c'est pas la pratique du surf en soi qui pollue c'est la manière dont on pratique et encore une fois je pense qu'il y a différentes manières de pratiquer le surf on peut le faire en consommant énormément voilà en changeant de combi chaque année en changeant de planche 4 fois par an etc en allant voyager au bout du monde enfin en multipliant les surfs au bout du monde etc il y a aussi une manière de consommer le surf de pratiquer le surf justement sans le consommer en surfant ben voilà les vagues autour de chez soi en donnant une seconde vie à ses planches enfin moi je pense pas que ça soit le surf en soi qui soit nocif pour l'environnement mais c'est ça va être la manière dont on le pratique et et j'aimerais rappeler aussi

54:01
Locuteur

que les surfers

54:02
Présentateur

sont très importants écoutez alors voilà on capte mal en tout cas en effet juste parce que c'est normal et bien Marie nous appelle depuis l'Indonésie donc c'est un peu un peu compliqué Christophe Guiver vous vouliez rajouter oui très rapidement mettre en exergue

54:16
Invité

le fait qu'il y a une multiplication d'entreprises qui vise à justement utiliser convoquer des matériaux beaucoup moins polluants dans la fabrication des planches dans la fabrication des combinaisons et là il y a vraiment un mouvement assez structurant qui se développe à l'échelle française mais aussi européenne et internationale

54:34
Présentateur

c'est ça alors quelques réactions en tout cas et puis bien sûr on n'aura pas eu le temps de parler aussi de cette chose qui sont les piscines à vagues qui sont quelque chose d'assez étonnant notamment quand on veut construire une piscine à vagues au fin fond de la Savoie ça paraît assez étrange alors on a eu beaucoup de réactions de votre part et notamment alors il n'y a pas que des réactions négatives sur le surf c'est Kiku qui nous écrit sur l'application France Inter salut après des années à faire du bodyboard j'ai franchi le pas cette année pour mes 50 ans avec ma chérie on est parti faire un stage de surf d'une semaine à Carcan et du coup on y retourne en septembre voilà comme quoi c'est possible à tous les âges merci beaucoup en tout cas à tous d'être venus débattre dans ce débat de midi merci à Gilles Bus de Soutre merci également Elodie Salle merci Christophe Guibert et merci à Marie Chauchet quand même depuis l'Indonésie merci à vous d'être venus dans ce studio 521 de la maison de la radio demain on se retrouve et bien pour parler environnement toujours avec ce chiffre 8 milliards d'êtres humains sur terre est-ce qu'il faut continuer à faire des enfants et oui voilà c'est la fameuse question on se la posera en tout cas la question mais d'ici là on a une après-midi pour réfléchir allez bon après-midi les amis