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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 11 octobre 2025 20 min

Sébastien Lecornu reconduit comme Premier ministre : l'UDI envisage de "travailler" avec le gouvernement "sans y participer"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Hervé Marseille, on va parler avec vous dans le détail de l'impasse politique dans laquelle nous sommes de l'examen du budget à venir, bien sûr aussi de la nomination et la renomination même de Sébastien Lecornu, vous étiez aussi aux côtés des autres chefs de partis politiques hier à l'Elysée autour d'Emmanuel Macron, on va vous entendre là-dessus. Avant cela, revenons donc sur l'information de la soirée de ce matin, c'est donc Sébastien Lecornu qui rempile à Matignon, on va entendre ce qu'en pensent un certain nombre de Français, un certain nombre de Parisiens, même Agathe Mahuet est allée hier soir à la sortie d'un cinéma, écoutez ses réactions.

C'est Sébastien Lecornu qui est reconduit. Non, c'est une blague, c'est une blague, ok. Je pense que c'est une décision qui est totalement incompréhensible, qui est stratosphérique. On a déjà vu un film chelou et là ça en fait juste un deuxième dans la journée, donc c'est bien. C'est Lecornu 2 alors, le retour. Je ne m'attendais pas à ce qu'il revienne en fait. C'est un petit peu une démission pour rien quoi. Ça va être la même soupe, ça ne va rien changer. Voilà, la même soupe, une blague, je vous ai vu sourire un petit peu pendant ce sonore, Hervé Marseille. Quand même, quelle image donner à l'opinion ce matin ? Qu'est-ce que ça vous inspire ?

1:18
Invité

J'avais déjà dit qu'il fallait repartir d'une page blanche, puisque Sébastien Lecornu avait présenté un gouvernement dimanche qui a été tout de suite contesté. Il a remis sa démission, accepté par le président. Ensuite, il a eu une mission. Le revoilà. Il est passé par ici, il repassera par là. Voilà, je comprends l'opinion. Et d'ailleurs, c'était ce qu'on pouvait attendre comme réaction. Maintenant qu'il est nommé, j'allais dire, bon, il faut faire avec Sébastien Lecornu et attendre qu'il nous présente demain, en tous les cas dans les meilleurs délais, un gouvernement, puisqu'il faut un conseil des ministres impérativement lundi.

1:59
Hervé Marseille

Ça veut dire, Hervé Marseille, que vous aviez dit au chef de l'État que vous avez rencontré hier que c'était une mauvaise idée de renommer Sébastien Lecornu. Vous lui avez dit ?

2:09
Invité

Oui, bien sûr. Je l'ai dit publiquement, je lui ai dit. D'autres l'ont dit. C'est pas contre la personne de Sébastien Lecornu que vous connaissez, qui est charmant, avec qui on a des relations amicales, en tous les cas pour ce qui me concerne. Mais politiquement, c'était pas une bonne idée que de le renommer, pour toutes ces raisons-là. Maintenant, c'est fait.

2:31
Hervé Marseille

Alors pourquoi Emmanuel Macron le fait-il ? Est-ce que vous avez compris le sens, la logique de renommer Sébastien Lecornu une seconde fois ?

2:41
Invité

Écoutez, c'est son choix. Voilà, on l'a appris hier soir. Je pense qu'il a analysé le fait qu'il avait été missionné, qu'il avait eu toutes les consultations, donc qu'il était le bon connaisseur, si je puis dire, avec ses interlocuteurs de ce qu'il fallait faire pour la suite. Eh bien, écoutez, on va voir ce que ça va donner dans les jours qui viennent.

3:04
Hervé Marseille

Vous êtes à la tête, on l'a dit, d'un parti, l'UDI, et vous présidez aussi un groupe de sénateurs, l'Union centriste au Sénat. Est-ce que ce matin, vous nous dites que votre parti, que le groupe de sénateurs que vous présidez soutient, va soutenir le futur gouvernement de Sébastien Lecornu ? Et est-ce que vous demandez qu'il y ait des ministres de votre formation politique dans ce gouvernement ?

3:29
Invité

Écoutez, je vais consulter les sénateurs et mon parti. J'ai eu une réunion du bureau politique tout à l'heure. Je pense qu'on peut travailler sans participer. Ce n'est pas nécessaire, comme le fait Horizon.

3:40
Hervé Marseille

Soutien sans participation pour l'UDI ?

3:42
Invité

En tous les cas, c'est quelque chose qu'on peut imaginer. Moi, je pense que c'est la bonne solution. Horizon le fait aussi. Mais il y aura qui dans ce gouvernement, alors ? Écoutez, je ne sais pas, moi, ceux qui veulent y aller. J'ai vu qu'Horizon, hier soir, avait décidé le soutien sans participation. Les Républicains doivent se déterminer aujourd'hui. Et pourquoi vous ne voulez pas participer ? Écoutez, déjà, à l'occasion du premier gouvernement dimanche dernier, on n'avait pas été jugé, comment dire, bon pour participer. On ne veut pas gêner, donc on laisse la place à d'autres. Maintenant, encore une fois, ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'on a besoin d'un budget.

Donc il ne s'agit pas d'être pyromanes. Il y a un Premier ministre. Peut-être aurait-il fallu faire autrement. C'est comme ça. Il y a un Premier ministre. Il va faire un gouvernement. On est dans l'urgence, puisqu'il faut un Conseil des ministres lundi.

4:43
Hervé Marseille

Comment est-ce qu'on pourra avoir un budget ? Vous avez vu, comme nous, Hervé Marseille, les réactions très virulentes des oppositions, des forces politiques. Nouveau bras d'honneur aux Français, dit la France insoumise. Un attelage sans aucun avenir, dit le Rassemblement national. Concrètement, est-ce que Sébastien Lecornu a des chances de survivre au-delà de quelques jours ? Est-ce qu'il y a un chemin, une voie de passage du côté du Parti Socialiste ? Vous y croyez ?

5:14
Invité

Il y a une petite chance de passage. Ce que j'ai noté hier, à la sortie, c'était qu'immédiatement, les Verts et le Parti communiste ont rejoint, si je puis dire, la radicalité et les filles, en disant, on n'a pas confiance, on vote la censure. Il ne reste que le PS. Le PS est resté sur une attente, en laissant la porte entre-ouverte, et en disant, la réforme des retraites, c'est la merde de toutes les batailles. On ne parle plus de rien, du pouvoir d'achat, de la dette...

5:48
Présentateur

Il l'évoque quand même, mais c'est vrai que vous avez raison, la réforme des retraites est l'essentiel, en tout cas, de ce que disent les socialistes.

5:54
Invité

C'est le Graal, c'est... On veut le... Tout est avant... Non, nous, ce qu'on veut, c'est les retraites. On se bat là-dessus, il n'y a plus que ça. Et donc, c'est quelque chose qui coûte cher. C'est quelque chose... C'est pas une réforme pour faire bien, comme ça. C'est une réforme qui a été faite dans la douleur, vous vous en souvenez, dans la difficulté... On rappelle le 49-3, effectivement, d'Elisabeth Borne. Et donc, on ne peut pas maintenant, après avoir dit, c'est indispensable, c'est absolument important pour l'avenir du budget. Il y a eu des gens qui ont défilé pendant des mois contre cette réforme, et on a expliqué pourquoi c'était nécessaire.

Après, chacun peut avoir son point de vue. Et puis, du jour au lendemain, on va dire... Alors, Olivier Faure nous demande un geste commercial, et donc, allons-y gaiement. Du jour au lendemain, hop, on oublie tout.

6:42
Présentateur

Mais là-dessus, qu'est-ce que vous avez compris de la position d'Emmanuel Macron, qui en a parlé hier lors de la réunion ?

6:48
Invité

Emmanuel Macron a dit que c'était pas au président de la République d'organiser des compromis. Lui, il vérifie les problèmes constitutionnels, les trois questions qu'il a posées.

7:00
Présentateur

On peut quand même supposer, pardon, Hervé Marseille, qu'Emmanuel Macron ne fait pas en sorte de faire pression sur son gouvernement pour qu'il y ait un geste sur la réforme des retraites. On peut même plutôt penser le contraire. Jusqu'ici, en tout cas.

7:15
Invité

Le président de la République a rappelé qu'il n'était pas député, et qu'il appartenait pas au président d'organiser les compromis. C'était aux forces politiques de le faire entre elles. Pour vous, la porte est ouverte ? C'est ce qu'a fait le président hier ? En tous les cas, le débat a tourné autour de la question des retraites. Suspension. On ne parle plus d'abrogation. Le Parti Socialiste a bien souligné qu'il avait fait un gros effort en disant on ne demande plus l'abrogation, on demande la suspension. À 63 ans, voilà. Mais, pardon, une suspension, ça veut dire quand même qu'on stoppe tout, et que ça coûte très très cher au budget de la France.

7:54
Hervé Marseille

Ça veut dire que, Hervé Marseille, vous, en tant que sénateur, et encore une fois, à la tête d'un groupe de sénateurs, vous allez vous opposer à une suspension de la réforme des retraites telle qu'elle est appliquée actuellement ?

8:08
Invité

Aujourd'hui, nous sommes sur cette ligne. Après, il faut avoir un débat global, parce que si vous faites un effort sur les retraites, ça veut dire que vous ne le faites pas sur la dette, vous ne le faites pas sur les pouvoirs d'achat, l'argent, vous n'allez pas le multiplier. Or, ce que proposent les socialistes, c'est des impôts nouveaux.

8:25
Présentateur

Mais certains pourraient vous répondre, et c'est d'ailleurs ce que disent les socialistes, on estime, c'est d'ailleurs les chiffres du gouvernement précédent, que la dissolution a coûté 12 milliards. La réforme des retraites, c'est 500 millions de cette année, 3 milliards l'année suivante pour la gelée, et après, il y aura la présidentielle, donc on avisera. Est-ce qu'il ne vaut mieux pas dépenser un petit peu, quelques milliards maintenant, pour une suspension, que faire une dissolution qui va encore coûter beaucoup plus cher ?

8:52
Invité

Enfin, ce type de menace, en vous laissant choisir entre la peste et le choléra, ce n'est quand même pas très positif. Et en nous demandant, du jour au lendemain, de faire l'opération Bernard de Palissy, on brûle tous les meubles, parce qu'on est conditionné par le Parti socialiste qui dit, si vous voulez qu'on ne censure pas, – Ça s'appelle une négociation ? – Non, ils disent, il nous faut ça, il nous faut ça. Moi, je veux bien qu'ils veulent à tout prix décrocher la queue de Mickey, mais je veux dire, ce n'est pas un jeu. Je veux dire, tout ce qui a été fait, ça a été fait pour tenir le budget.

Je vous rappelle qu'il n'y a pas si longtemps que ça, l'ancien Premier ministre François Bayrou, il a accepté de se sacrifier parce qu'il a mis la dette au centre de son action.

9:46
Hervé Marseille

– On a complètement oublié cet objectif de désendettement, Hervé Marseille. Vous craignez qu'au nom de la stabilité politique, on perde de vue cet objectif de réduction de nos déficits ?

9:56
Invité

– Il faut quand même avoir ça en tête. Je veux dire, le déficit, il a augmenté de pas loin d'une centaine de milliards depuis le début de l'année. Les taux d'intérêt s'envolent, on va bientôt être à 70 ou 80 milliards de dotations pour les intérêts de la dette. Tout ça disparaît, le pouvoir d'achat, on n'en parle plus, tout le reste uniquement sur le thème, ce que vous venez de dire. Attention, si vous ne nous donnez pas cette victoire sur les retraites, parce que c'est un problème politique, pour justifier la position des socialistes, ce que je peux comprendre, eh bien, rien ne marchera.

10:36
Présentateur

– Oui, mais on a l'impression, Hervé Marseille, quand on vous entend et quand, d'un autre côté, on entend les socialistes, on avait Arthur Delaporte ce matin sur l'antenne de France Info, que voilà, c'est un peu irréconciliable et que, par conséquent, rien ne sera possible. Et que donc, on en arrive à, probablement, une nouvelle censure de Sébastien Lecornu.

10:54
Invité

– Comme vous l'avez dit, c'est une négociation, c'est pas une négociation, d'ailleurs, c'est un débat qui doit se faire, d'après le Premier ministre, 149.3, c'est-à-dire librement, à l'Assemblée nationale. Et il appartient aux députés et aux sénateurs, parce qu'ils ont été un petit peu oubliés hier.

11:11
Présentateur

– Pas été invités par Emmanuel Macron. – Oui, alors que c'est quand même là que s'est fait le budget. – La colère du président Gérard Larcher.

11:15
Invité

– Voilà, ça s'est fait là-bas la dernière fois. Donc, c'est un débat qui va avoir lieu au Parlement, parce que ce qui est formidable, c'est qu'on fait les débats avant le débat. C'est-à-dire que François Bayrou est tombé avant même d'avoir pu présenter son budget. Et là, on est en train de faire la tentative de trouver des accords avant le débat. Laissons faire le Parlement, qu'il essaie de trouver des équilibres.

11:37
Présentateur

Est-ce que ça marche ? Est-ce que ça ne marche pas ? On verra. – Hervé Marseille, vous restez avec nous. On va se retrouver juste après l'essentiel de l'actualité en une minute. Il est 9h moins le quart. Voici Diane Fergitte.

11:46
Invité

– Sébastien Lecornu dit accepté par devoir sa reconduction à Matignon. Il a été à nouveau nommé hier soir Premier ministre, selon l'entourage du Président. Emmanuel Macron lui donne une carte blanche. Sébastien Lecornu, qui doit composer son gouvernement d'ici lundi, pour présenter un projet de budget parmi les réactions celles du Parti Socialiste. Il avertit qu'il censurera Sébastien Lecornu en l'absence de suspension immédiate et complète de la réforme des retraites. Des frappes israéliennes pendant la nuit au Liban font un mort et sept blessés, selon les autorités libanaises, alors que Donald Trump se dit confiant pour Gaza. Le cessez-le-feu tiendra, déclare le président américain.

L'arrêt des combats hier matin a entraîné d'importants déplacements de population dans l'enclave palestinienne. 200 000 personnes sont revenues dans le nord, selon la défense civile de Gaza. 416 euros par mois, c'est ce que coûte en moyenne une voiture à son propriétaire. Résultat d'une étude du Club Automobile Roule, ce sont les frais fixes qui pèsent le plus, entre crédit à rembourser, assurance et stationnement. La tempête tropicale Géry s'éloigne des côtes de la Guadeloupe. Il n'est plus qu'en vigilance jaune ce matin, après avoir été en rouge il y a 24 heures. La tempête Géry qui a fait un mort en Guadeloupe, un automobiliste coincé dans sa voiture par la montée des eaux.

12:58
Présentateur

Hervé Marseille, vous êtes toujours avec nous,

13:12
Hervé Marseille

sénateur UDI des Hauts-de-Seine. On en parlait à l'instant, Sébastien Lecornu, maintenant renommé à Matignon, va devoir former son équipe gouvernementale. Il a indiqué hier soir sur X, la nouvelle équipe devra incarner le renouvellement et la diversité des compétences. Est-ce que ça veut dire, selon vous, que l'on s'oriente vers un gouvernement dit technique, une équipe de hauts fonctionnaires, d'experts ? Est-ce que c'est ce qu'il faut pour passer ce budget ?

13:41
Invité

Écoutez, c'est sa responsabilité. Il va former son équipe, il va faire des choix. J'ai cru comprendre qu'on évitait des ministres qui avaient en tête une candidature aux élections présidentielles. Bon, pourquoi pas. C'est une bonne chose, ça ? C'est vraiment faisable ? Écoutez, c'est son choix. Je veux dire, ça écarte d'emblée...

14:05
Hervé Marseille

Bruno Rotaillot, Gérald Darmanin.

14:06
Invité

Bruno Rotaillot, mais qui annonçait qu'il sortait du gouvernement.

14:09
Hervé Marseille

Gérald Darmanin aussi ?

14:11
Invité

Oui, vraisemblablement.

14:13
Hervé Marseille

Vous le regrettez ?

14:14
Invité

Pardon ? Vous le regrettez ? Non, mais encore une fois, ce n'est pas à moi de dire ce qu'il doit faire ou pas faire. C'est son choix, ça sera à lui de former un gouvernement et de présenter. Gouvernement technique, moi, je n'y crois pas trop. Pourquoi ? Parce que ça n'existe pas, un gouvernement dit technique. Je veux dire, les choix, ils sont politiques. Je veux dire, vous faites des choix, vous mettez des budgets à tel endroit, vous faites une réforme dans tel sens. Bon, vous savez, il y a de plus en plus de gens qui refusent d'aller au gouvernement. Vous avez des noms ? Non, mais je sais, tout le monde le sait, vous le savez. Parce que l'instabilité, c'est dur.

Et la responsabilité d'aller au gouvernement, ce n'est pas une chose facile. Donc, on veut prendre des gens, je ne sais pas ce que ça veut dire, moi, technique, des hauts fonctionnaires, bon.

15:02
Hervé Marseille

Quand le président Emmanuel Macron dit qu'il va donner carte blanche au Premier ministre, qu'est-ce que vous comprenez ? Est-ce que c'est un élément de langage pour nous dire que le cornu 2 ne ressemblera pas à le cornu 1 ou qu'il sera peut-être moins macroniste ? Qu'est-ce que vous comprenez, vous ?

15:21
Invité

Oui, ça veut dire qu'il a de l'autonomie par rapport à moi. Et il a de l'autonomie pour aller...

15:26
Hervé Marseille

On peut y croire, sachant sa proximité avec le chef de l'État ?

15:29
Invité

Je vois un sourire sur vos lèvres. Et on voit, Hervé Marseille, un sourire sur vos lèvres aussi. Bon, oui, voilà, ça va être compliqué parce que le chemin est étroit, il est difficile. Je vous répète, on vient de le dire, tout se joue autour de l'affaire des retraites. Et bon, je pense que malheureusement, le budget, ce n'est pas que les retraites.

15:57
Présentateur

Mais quand même, Hervé Marseille, vous qui avez une bonne connaissance des arcanes, de la vie politique, qui aussi connaissez le président, on a un petit peu du mal à comprendre ce qu'il y a dans sa tête. Alors, vous n'y êtes pas non plus. Mais néanmoins, est-ce que dans les échanges que vous avez pu avoir, que ce soit hier ou à d'autres reprises, vous avez l'impression que le président comprend la situation ?

16:21
Invité

Je veux le croire, c'est le président de la République. La présidence de la République, c'est encore une des rares institutions qui tient bien debout. Donc, s'il a fait ce choix, c'est en toute connaissance de cause. Encore une fois, je vous le dis, moi, je n'aurais pas fait ce choix. Pas pour la personne de Sébastien Lecornu, mais pour des raisons politiques. Bon, maintenant, c'est fait. Il faut travailler avec le gouvernement, parce que l'objectif, c'est quand même d'avoir un budget. Dans ce pays, il y a des gens qui tiennent des entreprises, qui les font travailler tous les jours. Il y a des commerçants, des artisans, des chaînes de radio.

Enfin, il y a des gens qui travaillent au quotidien, qui ont besoin d'avoir de la visibilité. Et donc, de savoir quels vont être les textes qui vont être discutés. Il n'y a pas si longtemps que ça, il y avait un texte sur l'audiovisuel public. Est-ce qu'il va être maintenu ? Voilà. Est-ce que... Il va falloir faire des choix. Il y avait la fin de vie. Et puis, il y a un problème majeur en dehors du budget, c'est la Calédonie. Pardon, mais je comprends que nos auditeurs métropolitains n'aient pas forcément ça en tête. Mais on a des Français qui vivent sur un territoire à des milliers de kilomètres et qui sont dans une situation absolument épouvantable.

Et il faut d'urgence prendre des décisions, parce que sinon, là-bas aussi, ça va mal finir.

17:45
Hervé Marseille

Ce que vous nous décrivez quand même, Hervé Marseille, c'est un pays presque à l'arrêt. Il n'y a plus aucune décision qui se prenne. Depuis combien de temps, vous savez ?

17:53
Invité

Depuis plusieurs mois. Ce qui prouve qu'on a une bonne administration, parce que pendant ce temps-là, j'allais dire pendant les soldes, les affaires continuent. Il y a un exosquelette administratif qui continue de fonctionner. Il y a une armée, une police, une justice.

18:07
Présentateur

Mais justement, est-ce que ce que vous êtes en train de nous dire n'est pas aussi de nature à faire dire peut-être aux Français ? Bon, finalement, on peut très bien fonctionner sans la politique et donc contribuer à ce qui s'en détourne encore davantage.

18:20
Invité

Non, dans tous les pays du monde, vous avez des gouvernements. Ils sont souvent élus démocratiquement. Dans d'autres pays, malheureusement, non. Et ils font des choix politiques. Elle est parfois moins présente dans la vie des gens qu'en France. C'est vrai, parce qu'on fait tout reposer sur les choix du président, sur les choix du gouvernement. Et on est dans un pays qui s'est remis, si je puis dire, à un gouvernement et à un président. Ce ne sont pas nouveaux. Ce sont les institutions de la Ve République qui ont centralisé le pouvoir. Et il va falloir peut-être réfléchir. François Bayrou voulait aérer le Parlement avec la proportionnelle. Personnellement, j'y étais favorable.

On n'a pas eu le temps de terminer ce débat.

19:05
Présentateur

Une réforme institutionnelle, après ce qu'on vit,

19:07
Invité

ça aura du sens, selon vous ? En tous les cas, il faut réfléchir à notre vie institutionnelle pour ne plus avoir ce genre de crise et redonner, j'allais dire, la parole aux électeurs

19:18
Présentateur

pour terminer les crises que nous avons vécues. Merci à vous, Hervé Marseille, sénateur UDI des Hauts-de-Seine et président du parti centriste UDI. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur France Info. Merci à vous, Mathilde Ciro. Restez avec nous, l'info continue.