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interviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 19 octobre 2022 26 minAutoproduit

#RDLS157 : Front populaire, 49.3, Sauvons le lycée pro, Chine/Inde

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour, c'est la 157e revue de la semaine. Et puis, en même temps, c'est la première revue de la semaine depuis que nous sommes passés à 800 000 abonnés sur cette chaîne YouTube, ce qui en fait de très très très très très très loin la première chaîne YouTube politique. Alors, dans un instant, maintenant, vous allez voir le générique qu'il a été mis au point par Milan Prados et Maxime Viancin qui l'ont mis au point, et vous nous direz ce que vous en pensez. Générique. Naturellement, en premier lieu, je vais vous parler du succès de la marche du 16 octobre. Évidemment, c'est un succès, un immense succès.

Il y a eu des échos un peu partout dans le monde, au Japon, en Europe, en Allemagne, en Amérique latine, à d'autres endroits de l'Asie, sur la base des dépêches qui ont circulé dans le monde. C'est une question qui leur est posée, qu'est-ce qui se passe en France ? Et qu'est-ce que ça nous apprend de la société française ? Puisqu'en même temps, on nous dit qu'elle glisse à droite, et en même temps, elle est capable d'organiser une manifestation populaire, la France, de cette nature. Parce qu'il faut qu'on se comprenne bien.

Quand vous voyez une foule pareille, aussi dense, que vous y voyez toute la diversité du pays, que vous y voyez des gens de toutes les générations, les genres, la mixité, tout ça, vous savez que c'est une expression du peuple. Donc, le peuple est bien un acteur social et politique en France. C'est la démonstration qui s'est faite ce week-end. Le peuple, ce n'est pas juste les salariés. Il y a les salariés plus tous les autres, c'est-à-dire les retraités, les étudiants, les lycéens, les chômeurs, qui sont quand même 6 millions, etc., etc. Et c'est notre responsabilité politique particulière à nous, la NUPES, d'en être l'expression politique.

Mais cette manifestation, cette marche, elle a été organisée non seulement par les partis de la NUPES, mais par d'autres qui s'y sont joints en cours de route. Et des branches professionnelles syndicales qui ont décidé d'y appeler. Et des associations. Donc, c'est pour ça que j'ai dit que ça a dessiné un nouveau front populaire. Et naturellement, j'y crois. Je pense que non seulement c'est une bonne chose, mais il faut que ça s'affirme. Parce que seule une réplique de tous les compartiments de la société peut permettre de faire reculer le régime macroniste au moment où il se prépare à passer une nouvelle offensive contre le droit à la retraite des Français en repoussant l'âge de départ.

Donc, c'est un événement qui est une production du peuple lui-même. Ce n'est pas quelque chose qu'il faut mettre au crédit d'une organisation politique ou d'un ensemble d'organisations, et encore moins à un homme seul, comme certains ont essayé de le faire dans la marche à Mélenchon. J'ai le regret de vous dire que ce n'était pas la marche à Mélenchon, c'est la marque du peuple. C'est très important parce que si vous vous laissez déposséder de votre réussite, à vous qui me regardez et qui avez participé, évidemment, ça veut dire qu'on accepterait le coup qu'on a voulu nous porter.

Parce que pendant tout le mois de septembre, et je rappelle que l'appel à la marche, il est connu depuis le 12 septembre, nous avons été pilonnés sans trêve. Et vous avez surmonté cette pression, vous avez surmonté ce pilonnage. Voilà ce que nous avons réalisé tous ensemble ce dimanche. Il y a eu aussitôt, mardi soir, une réunion des organisations qui avaient appelé à la marche. Organisations associatives, politiques, syndicales. Sans doute aussi des personnalités donneront leur avis le moment venu.

Et vous savez que c'est très important pour nous, parce que quand quelqu'un comme Annie Arnault a eu le cran, le courage, vient d'avoir son prix Nobel, et la première apparition publique qu'elle fait, c'est dans une marche populaire. Il y a eu une phrase, elle a résumé son point de vue, elle a dit, ma place est ici. Bon, voilà. Eh bien, ça montre que c'est l'autre France qui est là. L'autre, je dis, par rapport à celle du pouvoir, par rapport à celle de l'extrême droite, qui ne s'intéresse pas à la bichère. Vous avez vu comment les députés du Rassemblement National ont voté contre l'impôt sur la fortune, après avoir voté contre le SMIC à 1 500 euros.

Si on nous avait suivi, si on avait voté le SMIC à 1 500 euros, en ce moment, toutes les branches professionnelles seraient en train de négocier la réévaluation de toute la grille des salaires, parce que 1 500 euros s'apercutait sur cette grille. Bref, cette marche va avoir un effet, c'est que sans doute elle va produire une autre initiative du même type. Hier soir, donc, vous disiez à Gilles, il y a eu la réunion de ceux qu'on appelait à la marche du 16 octobre. Ensuite, il va y avoir la réunion avec l'ensemble de ceux qui s'étaient concertés, et ce que nous essayons de créer, c'est une ambiance de confiance mutuelle.

Maintenant, je crois qu'il faut admettre une idée, c'est que les confédérations syndicales, ce qui n'est pas pareil pour les branches, n'entreront jamais dans aucune structure collective. Et on voit bien que déjà, elles sont très divisées entre elles, et qu'il y a une espèce de quant à soi, qui pour nous est un problème si on brodait là-dessus. C'est la raison pour laquelle, moi, je ne répondrai pas aux propos aussi déplaisants, diviseurs et sectaires qu'a prononcé Philippe Martinez contre nous de manière très injuste, puisque sans cesse, de notre côté, nous sommes toujours venus en renfort.

Et ce qui compte, c'est la manière avec laquelle la mobilisation des salariés dans l'entreprise à l'appel de leurs syndicats et la mobilisation du peuple à l'appel de notre large coalition de Front Populaire se combine pour produire un effet d'entraînement, d'enthousiasme, de force accumulée. C'est à ça qu'il faut travailler, à l'unité populaire. D'ailleurs, on s'appelle comme ça, nous, hein, nouvelle union populaire, avec comme objectif écologique et social.

Alors, évidemment que la perspective écologique ne doit pas être perdue de vue, s'il vous plaît, parce que nous n'avons pas fait une marche seulement contre la vie chère, pas seulement pour l'augmentation des salaires, pas seulement pour la taxation des super profits, même si tout ça est tout à fait essentiel, ou pour le rétablissement de l'impôt sur la fortune. Nous l'avons fait aussi contre l'inaction climatique.

Et nous avons touché juste, ce qui est dommage, c'est que le Conseil d'État ait attendu le lundi, alors que précisément la marche était le dimanche, pour condamner pour la quatrième fois le pouvoir macroniste à payer une amende du fait qu'il n'applique pas ses propres lois, ses propres engagements internationaux, en vue de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, etc. et des autres causes qui concourent au réchauffement climatique. Donc cette marche avait ses deux objectifs, et dans les deux cas, nous avons touché juste. Que ce soit contre la vie chère, parce que le blocage des prix est une nécessité.

Et en soi, c'est un mot d'ordre, autrefois c'était un mot d'ordre syndical, pour une raison que j'ignore et ne se figure plus. On peut aussi le présenter du point de vue des salariés, en disant, eh bien il faudrait ajuster la progression des salaires sur l'inflation. Je vais vous donner un exemple où quand il s'agit du capital, ils font cet ajustement, cette échelle mobile. C'est quand l'État paye pour compenser le prix à la tonne de CO2 que payent les entreprises qui produisent le plus de ce CO2, gaz à effet de serre. Eh bien là, figurez-vous que les versements compensatoires de l'État suivent le cours de la bourse des gaz à effet de serre, d'accord ? Donc qui compensent là en suivant.

Il y a une échelle mobile de la compensation quand il s'agit du capital. Donc pourquoi pas pour le travail. Voilà ce que je voulais vous dire. On attend donc dans les prochaines heures et dans les prochains jours les nouvelles initiatives communes, car évidemment pour notre part en tant qu'organisation politique, et moi-même qui suis dans cet ensemble, nous sommes partisans d'une nouvelle initiative, qui nous soit propre, qui soit celle des milieux populaires et pas seulement dans les entreprises où en ce moment ont lieu des mouvements de grève qui sont assez efficaces, je crois, comme on l'a vu, pour les travailleurs des raffineries.

Comme je vous l'ai expliqué la semaine dernière, nous sommes dans un moment très spécial. Avance en même temps, trois formes de mise en cause de l'ordre établi. La mobilisation populaire le 16 octobre à notre initiative et celle qui aura lieu bientôt, je l'espère. La grève dans une journée de mobilisation générale dans le pays qui a eu lieu hier mardi.

Et puis arrive le 49-3 qui est le signal de l'impuissance du gouvernement à venir à bout de la difficulté qu'il rencontre à l'Assemblée nationale, puisque comme nous avons gagné le premier tour de l'élection législative, certes nous avons perdu le deuxième, puisqu'ils se sont tous mis d'accord contre nous, mais en attendant, le pouvoir macroniste n'a pas de majorité absolue. Alors on a dit le débat a assez duré, non mais c'est une mauvaise plaisanterie.

J'ai été parlementaire assez longtemps pour vous dire que pendant des années et jusqu'à une date encore récente, le dernier vote qui avait lieu au Sénat, c'était le 20 décembre et il y avait eu 41 sessions budgétaires dans les différents allers-retours du texte, donc on en est très très très très loin. Et donc c'est un mauvais argument que de dire que ça a assez duré. Non, le pouvoir ne veut pas, encore une fois, voir apparaître des amendements qui sont votés par l'Assemblée nationale et qui n'est pas capable d'empêcher. Alors, là aussi, il y a une nouveauté. 49-3, ça signifie la discussion est terminée et s'il n'y a pas un vote de censure, le texte est considéré comme adopté.

Donc nous allons voir qui va voter la motion de censure que la NUPES va déposer au Parlement. Et là, on verra qui sont les hypocrites de cette affaire. On a une idée de comment tout ça va se passer. Mais ce qui est intéressant, je vous demande de bien le noter, c'est à quel point le pays s'enfonce dans un État qui n'est plus celui de la démocratie. Alors, je ne sais pas comment on doit appeler ça, une adémocratie, il n'y a pas de démocratie, une démocratie adémocratique, pourquoi pas, ou ce que l'on voudra. Mais regardez bien où on en est. 21 lois qui réduisent les libertés individuelles et collectives dans le premier quinquennat de Macron. On nous annonce une nouvelle loi dans ce sens.

Le Conseil de défense qui se réunit en secret et dont les participants ne doivent ni dire ce qui s'est passé et ne peuvent pas être poursuivis en justice. Et puis maintenant, nous voilà avec un nouveau type de 49-3. Pourquoi nouveau ? Parce que la dernière fois qu'il y a eu un 49-3, c'était pour terminer le débat sur les retraites, qui était un débat qui semblait être sans fin et insupportable pour le pouvoir en place, parce que la mobilisation se faisait. Peut-être que vous vous en rappelez. Et c'est d'ailleurs le même Conseil des ministres qui avait voté. Les premières mesures pour faire face au Covid, dont on admettait enfin l'existence, et deuxièmement, pour faire le 49-3.

Mais quand ils ont déposé ce 49-3, ils ont dit, si ce texte n'est pas censuré, si le gouvernement n'est pas censuré, ce texte est considéré comme adopté. Ça, c'est la Constitution. Ce texte, ça voulait dire tout le texte, plus les amendements qui avaient été votés pendant la période du débat parlementaire. Parce que le 49-3, c'est pas le pouvoir absolu, normalement, du gouvernement. Surtout que ça se passe en cours de discussion parlementaire. Donc la tradition veut que quand le gouvernement l'interrompt, il reprend tous les amendements qui ont été décidés par l'Assemblée nationale. Comprenez bien, la souveraineté populaire en France, elle est exercée par le Parlement.

Quand le Parlement se réunit, donc, ce qui a été voté par le Parlement, c'est normalement la parole suprême du peuple. Eh bien là, ils ont fait le tri. Ils se sont réunis entre eux et ils ont magouillé quels amendements ils gardent, quels amendements ils retirent. Et donc, le gouvernement, c'est à propos de ce texte de loi qui a été discuté à l'Assemblée nationale, pour une part, c'est à roger les pleins pouvoirs. Comme c'est le cas dans quelque chose qui n'est plus une démocratie, qui n'est pas tout à fait une dictature, ça c'est clair.

Mais c'est quelque chose où c'est les pleins pouvoirs au monarque présidentiel qui a décidé qu'on ferait et qu'on agirait de cette manière, Mme Borne étant juste l'exécutante de la volonté du président. Donc, nous allons avoir cette semaine un événement politique majeur et il va contribuer à ce processus qui est commencé depuis le début de l'année 2022, car je vous rappelle que l'année 2022, c'est celle où nous avons voté à l'élection présidentielle, puis à l'élection législative.

Et que si l'élection présidentielle et l'élection législative n'ont tranché aucun des problèmes politiques qui étaient posés sur la table, eh bien néanmoins, tout ça s'est accumulé et vous autres, vous y avez réfléchi, vous en avez été témoins, vous voyez que tout va de mal en pis, vous voyez l'inflation, vous voyez les services publics qui ne fonctionnent plus, donc vous comprenez que la Macronie, c'est le chaos. Et donc, quand M. Macron croit qu'il nous menace en disant que si vous n'êtes pas sage, on me dissoudra, mais nous, on n'est pas cramponnés à nos sièges à l'Assemblée nationale, nous, nous reconnaissons la souveraineté du peuple, et donc il ne nous fait pas peur.

La démocratie ne nous fait pas peur. Et ce n'est pas ça, ce n'est pas la menace du 49-3, ce n'est pas la menace de la dissolution qui va nous faire tenir sage, gentil et soumis. Alors vous verrez par contre, comment, bon, à la droite on n'en parle plus, parce qu'ils sont là, enfin quand ils sont là, dans l'hémicycle, mais c'est surtout l'extrême droite qui prétendait être la relève, l'opposition à M. Macron, c'est eux qui votent contre le SMIC à 1500 euros, c'est eux qui votent contre l'impôt sur la fortune, et c'est eux qui ne voteront pas la motion de censure, ni eux, ni la droite.

Par conséquent, ils sont les béquilles du régime macroniste, qui évidemment, étaient obligés d'en passer par leurs conditions. Tout ça, ça se déroule sous vos yeux. Et vous savez que dans l'Europe entière, la question du pouvoir politique est posée. En Italie, vous savez que ce sont les néo-fascistes qui ont gagné, mais il y a déjà une crise politique. En Allemagne, le problème considérable de l'augmentation des prix, d'une part et d'autre part du déficit de l'État, secoue rudement la coalition de centre-gauche qui dirige ce pays. Je ne fais pas tout le tour de l'Europe, parce que ça prendrait de précieuses minutes. Mais nous sommes dans cette ambiance.

Alors évidemment, on peut le regretter, mais c'est comme ça. Et nous autres, les êtres humains, quand il y a un problème, il faut le régler. Donc, d'une manière ou d'une autre, vous êtes appelés à régler le problème qu'il y a en France. Vous l'êtes aujourd'hui appelés par les syndicats dans vos entreprises, et puis vous l'êtes par nous, ce comité large qui a convoqué la manifestation du 16 octobre, à l'initiative ou au point de départ de la NUPES, vous êtes appelés à l'action populaire. Et à l'action populaire, pas n'importe quelle action, l'action disciplinée, organisée. Maintenant, je vais vous parler de la réforme du lycée professionnel.

Vous savez qu'il y a eu une grève du personnel des lycées professionnels, c'est une grève extraordinairement massive, sans doute la plus massive qu'on ait vu depuis fort longtemps. Pourquoi ? Ils défendent le lycée professionnel. Alors, vous n'allez pas dire, « Ah, ben, ils font grève par rapport à leur salaire et tout ça », bien sûr, mais ils font grève pour défendre le lycée professionnel contre la réforme qui est en cours. Il faut bien que vous compreniez l'originalité du système d'enseignement professionnel en France. Vous avez des pays comme l'Allemagne où l'essentiel passe par l'apprentissage. Mais ils sont organisés pour ça.

Et la structure du travail correspond à la logique de l'apprentissage. Pourquoi ? Vous entrez dans l'usine, vous êtes d'abord apprenti, puis vous êtes ouvrier, puis vous avez un processus de formation professionnelle qui vous permet dans l'entreprise de monter d'étage en étage, de fonction en fonction. Le système français, ce n'est pas comme ça. C'est que vous avez tous les métiers, tous les postes, tous les salaires, et on entre comme ça. C'est-à-dire qu'on peut entrer avec un CAP ou on entre parce qu'on sort d'une école d'ingénieurs, au niveau ingénieur, etc. Il n'y a pas de parcours, ou très peu de parcours interne.

Donc le système de l'apprentissage à l'allemande, ce n'est pas juste des apprentis partout, c'est une forme d'organisation du travail. Et la forme française a montré son extraordinaire efficacité parce que les ouvriers français ont réussi à s'adapter aux transformations des processus de production plus vite et mieux que n'importe quel autre salariat de toute l'Europe. Bon, quand par exemple sont arrivées les machines à commande numérique, il n'y a pas eu la crise qu'il y a eu dans d'autres pays parce que les gens se sont adaptés. Pourquoi ils se sont adaptés ? Parce qu'ils avaient les bases pour s'adapter.

C'est-à-dire qu'un salarié qui est dans un métier de haut niveau, ce n'est pas quelqu'un qui vous donnait une banane parce qu'il appuyait sur le bon bouton. Ce n'est pas des animaux, ce sont des gens qui réfléchissent, qui ont besoin de réfléchir. Moi, je me rappelle d'une discussion avec un grand patron d'une boîte que je ne dirais pas. Il les payait beaucoup, leurs ouvriers. Et je disais, alors là, vous faites un effort. Vous vous rendez compte de combien nous coûte la machine et combien nous coûte la matière première. Et il disait, moi, je ne peux pas m'amuser à mettre des gens qui ne savent pas faire fonctionner tout ça ou qui fabriquent mal ce qu'il y a à fabriquer.

Donc, en France, première caractéristique, on a des lycées professionnels. Ils ont été créés à la Libération. On a à ce moment-là créé un enseignement qui a permis, d'une part, d'avoir un enseignement général qui est donné dans chaque diplôme. Chaque diplôme est discuté avec les fédérations patronales, les fédérations syndicales, les fédérations d'enseignants et l'État. Donc, tous ceux qui racontent les diplômes ne sont pas adaptés, c'est qu'ils n'y connaissent rien ou s'ils ne sont pas contents, ils n'ont qu'à changer leurs représentants dans les commissions qui établissent les diplômes.

Le diplôme, quand vous êtes capable de faire le métier, vous pouvez l'avoir par validation des acquis de l'expérience. Je le sais, c'est le gouvernement auquel j'appartenais qui l'a installé. Bien. Donc, première caractéristique, il y a un enseignement professionnel dans des lycées. Ces lycées, c'est formidable parce que ça nous permet de former à niveau de qualification et puis en même temps d'accueillir différentes formes, par exemple des lycées professionnels qui suivent leurs apprentis. Il y a un apprentissage qui vient par le public, donc il faut arrêter de tout opposer.

Ce qui est important, c'est de voir que cet outil existe c'est que progressivement, le gouvernement et les libéraux l'ont détruit. Quel est leur but ? Créer d'abord des parcs dans lesquels ils appellent ça école de production. C'est une escroquerie absolue. Des gens sont soi-disant dans un statut entre l'entreprise et l'école. Ça vous dit quelque chose ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Quels sont les diplômes qui sont donnés dedans ? Eh bien, grâce à Mme Pénicaud et à ce gouvernement, au fond, chaque centre décide de donner les diplômes qu'il veut et tout est accepté.

Mais non, ça n'a rien à voir avec le système des diplômes garanti par l'État parce que quand vous avez un CAP, vous avez un vrai diplôme. Quand vous avez un bac professionnel, vous avez un vrai diplôme. Et c'est ça qu'ils sont en train de tuer. Pourquoi ? Parce qu'ils ne veulent plus de la qualification, ils veulent des compétences. Alors les gens, vous allez me dire c'est pareil. Non, c'est pas pareil. La compétence, c'est savoir faire un nombre de choses, bien sûr, bien savoir le faire, mais limiter. La qualification, c'est une aptitude à prendre plusieurs aspects du travail en MSA.

Pas seule l'école avec un enseignement large peut le faire avec des matières d'enseignement général et des matières techniques. Or, progressivement, ils détruisent les heures d'enseignement, ils les réduisent. On a réduit le nombre d'années, on a réduit le nombre d'heures, on a augmenté le nombre d'heures de présence en entreprise, si bien que l'alternance, qui est un système qui peut être tout à fait intéressant pour la formation d'un jeune, devient un prétexte à les sortir de plus en plus du lycée et de l'enseignement général qu'ils y reçoivent en même temps que l'enseignement technique par les profs d'enseignement technique. Donc, il y a un gros enjeu.

Vous ne réindustrialiserez pas la France si vous n'avez plus de lycée professionnel et si vous n'avez plus les diplômes garantis par l'État. Je vous garantis que le jour où nous serons en train de gouverner ce pays, ce sera une des premières choses qu'on fera que de remettre tout ça en ordre parce que vous savez, j'ai beaucoup roulé ma boche, j'en ai vu des choses dans le mandat et il n'y a rien qui est pire qu'un gouvernement qui décide de faire quelque chose et ensuite, il n'y a personne pour le faire parce que les qualifications n'existent pas.

Le modèle français a été imité, copié dans le monde entier, que ce soit le système des IUT, que ce soit le système des BTS, que ce soit le système du bac professionnel. Nous étions leaders mondiaux d'une manière d'enseigner qui n'était pas le pur et simple apprentissage pour tout le monde. Bien sûr, il faut de l'apprentissage, mais ça ne peut pas être la seule forme d'organisation, surtout quand on arrive dans l'enseignement supérieur qui maintenant sert de prétexte. Il y a un apprentissage de gens qui sont dans l'enseignement supérieur et on dit, regardez, ça permet d'arriver à tel ou tel niveau professionnel.

Oui, d'accord, mais le DUT aussi qui est enseigné dans les IUT, mais les BTS, brevets techniciens supérieurs, etc. Alors, il y a des gens qui me regardent pour qui ce que je suis en train de dire doit paraître un peu lointain parce qu'il faut savoir que ce n'est plus du tiers de la jeunesse de ce pays qui est présent dans l'enseignement professionnel et c'est la moitié, si vous mettez bout à bout, l'apprentissage, l'enseignement professionnel et l'enseignement technologique. Vous m'entendez ? La moitié de la génération qui est scolarisée au second degré. C'est elle dont on ne parle jamais et qu'on est en train de placer dans une situation de sous-formation et de surexploitation.

Bon, maintenant, je me lance dans un sujet qui va me valoir une surveillance extrêmement pointue de chaque mot que je vais prononcer. En ce moment a lieu le congrès du Parti communiste chinois. Alors on doit d'abord commencer par dire que je ne suis pas communi, je ne suis pas chinois et j'ai ma propre idée sur la manière d'organiser le pouvoir et les contenus dans le programme L'Avenir en Commun. Donc on commence par mettre de côté tout ça, c'est dit et il faut voir ce qui nous intéresse. La Chine est avec l'Inde le pays le plus peuplé du monde.

Par conséquent, ces deux pays doivent continuellement nous intéresser et on ne peut pas regarder ce qu'ils font simplement avec l'idée de ce qui ne nous plaît pas dans ce qu'ils font parce que je suppose que quand eux nous regardent, il doit y avoir aussi des choses qui ne leur plaît pas. Donc ce n'est pas comme ça qu'il faut qu'on regarde les choses. C'est qu'on voit que c'est un grand événement politique à leur façon, à eux et que ça met à l'ordre du jour des questions essentielles.

Et nous, ce qui nous intéresse c'est au-delà de la critique normale, justifiée, saine qu'on doit faire sur toutes les situations voir comment on reçoit en retour qu'est-ce qu'on peut retenir de ce qui est en train de se discuter. Et dans des grands pays comme l'Inde et la Chine ce qui se discute c'est les conditions dans lesquelles le XXIe siècle va avoir lieu. Pourquoi ? Parce que ce sont deux puissances qui sont des puissances d'abord de nombre et à partir du moment où ils décident quelque chose c'est eux qui créent les normes qui s'appliquent ensuite au monde entier.

Comme c'est eux qui produisent l'essentiel de ce qui est utilisé dans le monde en termes de machines d'ordinateurs et de toutes sortes d'engins et maintenant de toutes sortes d'inventions nous devons nous y intéresser. Malheureusement on accède à peu de savoirs sur ce que sont les enjeux du débat. Donc je ne m'exprime que sur un point c'est évidemment pour dire que moi j'aimerais disposer de plus d'informations à part ce qu'on lit dans la presse qui est, bon, on connaît où on a qu'à lire Le Monde ou ce qu'on veut comme ça. Tous les journaux étant anti-chinois et anti-communistes on ne sait rien à part qu'il faut en penser du mal.

Mais ça pour des gens intelligents et cultivés ce n'est pas suffisant. On aimerait savoir ce qu'ils décident. On aimerait même d'ailleurs savoir ce qu'ils répondent aux questions que nous le plus souvent on leur pose dans nos pays. Que ce soit sur la manière en qu'ils organisent leur pouvoir le sort qu'ils réservent à certaines parties de leur population etc. Donc on ne sait rien. Et c'est ça que je voulais vous dire. c'est tout de même incroyable que quand les pays les plus peuplés du monde tiennent des décisions des réunions de décisions politiques et bien nous on ne sait rien.

Et ça je le trouve très dommage et surtout très nuisible à la conscience planétaire que nous devrions développer parce que nous sommes le peuple humain même si ça ne plaît pas aux dirigeants de nos différents pays nous sommes le peuple humain et il y a une unité de fait je ne dis pas politique elle n'est pas là ni même nationale encore moins mais il y a une unité de l'espèce humaine face au dérèglement de son écosystème et donc nous intéresse tout ce qui se dit tout ce qui se décide dans tous ces pays.

Bon allez je termine sur un événement auquel bon honnêtement je ne comprends rien le ballon d'or vous savez que je ne connais rien au foot je ne m'en suis jamais caché bon que si je regarde des matchs à la télé je fais comme tout le monde c'est le soir où tout le monde est d'accord pour le regarder et que ma pente à moi c'est plutôt que j'aime bien regarder le rugby auquel d'ailleurs je ne comprends pas vraiment davantage si j'ose le dire mais bon voilà c'est l'oeil qui est tiré vous le savez bien et là alors il y a le ballon d'or j'ai demandé mais c'est quoi ce truc parce que tout le monde parle de ça autour de moi moi je ne connais rien au foot alors on me dit ah mais tu ne te rends pas compte c'est la plus haute distinction c'est le Nobel du foot ah bon parce que c'est les professionnels observateurs les footballeurs eux-mêmes enfin tout le monde tous ceux qui connaissent quelque chose à cette affaire et c'est ouais voilà le Nobel du foot et bon alors bon monsieur Benzema je ne peux pas dire que j'ai suivi particulièrement sa carrière Zidane oui j'avais fini par comprendre de qui il s'agissait peut-être de Marseille donc par conséquent j'avais un préjugé favorable à son égard pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le foot mais monsieur Benzema non je ne le connaissais pas alors j'ai dit bah bon alors qu'est-ce qu'on doit en penser puis même tout le monde s'agitait avec cette affaire et il paraît que ça a un fou de rage les fachos dans le pays parce que ça les horrifie que Benzema ait ce ballon alors je suppose que s'il a le ballon d'or c'est parce qu'il est bon avec les ballons si les gens qui ont décidé qu'il avait le ballon d'or à cause de sa manière de manier le ballon c'est sans doute qu'ils ont aussi raison de le désigner je veux dire c'est comme le Nobel le Nobel de littérature il est attribué à Annie Arnault bon c'est les gens qui ont décidé ça on peut penser quand même il ne donne pas le prix à n'importe qui il n'y a que le prix Nobel de la paix qui est donné à n'importe qui à un intervalle régulier mais sinon les autres Nobel on ne s'en est jamais plein à chaque fois on dira bon qui sait on regarde bon alors donc le Nobel du foot ayant été donné à monsieur Benzema que je ne connais pas je le félicite et je veux lui dire que non seulement on est fier qu'un français et le ballon d'or mais en plus que ça rende enragé ceux qui n'aiment pas cette vision du peuple français tel qu'il est aujourd'hui et que monsieur Benzema apparemment illustre alors rien que pour le ballon d'or plus la colère des fachos bravo monsieur Benzema voilà c'est fini si ça vous plaît vous abonnez à nous ça nous fait plaisir alors c'est Maxime qui est retourné derrière la caméra cette fois-ci encore si vous mettez des pouces bleus ça encourage vous pouvez vous abonner c'est gratuit et ça restera toujours c'est la première chaîne YouTube politique de France ça fait chic d'être abonné enfin j'espère pour vous voilà je vous retrouve la semaine prochaine vous avez vu qu'on a repris la cadence régulière sinon je m'exprime aussi sur mon blog sur lequel vous pouvez aller jeter un oeil je jure que je vais redevenir plus régulier dans mon écriture j'ai déjà fait plus concentré mais il faut que vous me pardonniez c'est pas très régulier parce qu'en ce moment je travaille d'une part à la réécriture du livre l'ère du peuple et la révolution citoyenne et d'autre part je suis en train de rédiger une introduction pour l'édition du texte de la Boétie qui est un homme qui a entre 18 et 24 ans au 16e siècle et qui a écrit un livre qui s'appelle le discours de notre servitude volontaire alors comme la Boétie c'est l'institut dans lequel je suis candidat à la présidence de cet institut je republie le texte et je fais une introduction ça me bouffe parce que ça me prend un temps fou pour être bon quand même au niveau de sérieux qu'il faut pour faire une préface le malheur c'est que la préface elle va bientôt être plus longue que le texte lui-même mais il paraît que c'est habituel voilà c'est tout mes rendez-vous avec vous et bientôt je l'espère dans la prochaine initiative populaire qui sera convoquée dans notre pays et bientôt je l'espère