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InterviewC à vous (sur YouTube)· 3 février 2025 52 minContradictoirePortrait personnelInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & internationalTravail & emploi

Clément Beaune, son analyse de la vie après la politique - C à vous : l’intégral - 03/02/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Bonsoir. Heureuse de vous retrouver. On est ensemble jusqu'à 21h. Mohamed, votre Story?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Avec quelles conséquences?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Bonsoir, C.Beaune. "Je dirai malgré tout que la politique est belle" est disponible depuis aujourd'hui en librairie. Vous racontez les coulisses de votre éviction du gouvernement.

  • 10:00RelanceRéponse directe

    La politique a d'abord fait briller vos yeux d'enfant. [...] C'est un livre d'espoir?

  • 12:00FerméeRéponse directe

    C'est E.Macron qui vous a chassé du gouvernement?

  • 13:00FerméeRéponse directe

    Ce n'est pas lui, alors.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 12:00C.BeauneFait
    « C'est l'immigration. »
  • 18:00C.BeauneFait
    « Je n'étais pas le seul à exprimer un désaccord. Je l'ai assumé. »
  • 22:00C.BeauneFait
    « C'est très excessif. Un dîner politique. »
  • 26:00C.BeauneFait
    « J'ai été un peu écoeuré de ma propre parole. J'apprends la dissolution en direct. »
  • 30:00C.BeauneFait
    « Non. Je ne suis pas un critique de la dissolution elle-même. »
  • 36:00C.BeauneFait
    « On peut parler de sujets importants, les retraites, le budget, l'écologie, mais je suis convaincu que le sujet principal qui nous bloque en France, c'est la question démocratique et institutionnelle. »
  • 40:00C.BeauneFait
    « Je n'en suis pas convaincu. Ca dépend sur quel projet, d'abord. »
  • 46:00C.BeauneFait
    « Certainement pas! Pire que la guerre commerciale, c'est la capitulation commerciale. Il faut qu'on se défende. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Heureuse de vous retrouver. On est ensemble jusqu'à 21h. Mohamed, votre Story? - M.Bouhafsi: En un week-end, D.Trump a accéléré sa chasse aux migrants.

Il a déclaré la guerre à ses 3 plus grands partenaires commerciaux et il a menacé l'UE. - A.-E.Lemoine: Avec quelles conséquences? - E.Tran Nguyen: En France, la chute de l'action du groupe automobile Stellantis. - A.-E.Lemoine: On en parle avec E.Lechypre, éditorialiste économiste à BFMTV.

Patrick, votre édito? - P.Cohen: Je m'interroge sur la beauté de la politique.

C.Beaune paraphrase J.d'Ormesson.

J.d'Ormesson parlait de la vie qui fut belle. A lire C.Beaune, on trouve plutôt que la politique est cruelle. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, C.Beaune. "Je dirai malgré tout que la politique est belle" est disponible depuis aujourd'hui en librairie.

Vous racontez les coulisses de votre éviction du gouvernement. Lorrain? - L.Sénéchal: La condamnation de C.Ruggia pour agressions sexuelles sur A.Haenel, qui avait 12 ans seulement.

Il a fait appel. - A.-E.Lemoine: Pierre? - P.Lescure: Mon OEil et mes oreilles ont suivi la Grammy Awards, les Victoires américaines de la musique.

Mais je ne m'intéresserai qu'aux octogénaires, les Beatles et les Stones. Je laisserai Beyoncé aux jeunes. - A.-E.Lemoine: On va se régaler.

On vous parle d'un documentaire diffusé mercredi sur Arte consacré à un acteur. C'est un documentaire hors normes, un autoportrait. On a rarement vu un acteur de ce niveau se livrer avec autant de sincérité.

C'est un objet étonnant qu'on vous présente avec les 2 portraitistes qui ont signé ce documentaire. C'est une surprise au casting de "Danse avec les stars". S.Davant se lance.

Elle dit qu'elle veut casser les codes et montrer que tout est possible à toutes les femmes de son âge. Elle sera notre invitée, aux côtés de N.Monfort.

F.Hautot et C.Marques les accompagneront.

Le dîner est préparé par V.Regine. - P.-A.Damecour: Bonsoir.

J'apprends l'italien...

Propos en italien. Qu'est-ce qu'on mange ce soir? - V.Regine: Un contre-filet de boeuf fumé au bois de hêtre. - P.-A.Damecour: On a hâte. - A.-E.Lemoine: Merci.

A tout à l'heure. Tout de suite, l'édito de Patrick Cohen. La politique est-elle belle, comme le prétend C.Beaune, ou plutôt cruelle et violente? - P.Cohen: La politique a d'abord fait briller vos yeux d'enfant.

Vous faites partie de ces rares spécimens qui préféraient regarder l'Assemblée que Dorothée. Vous dites que vous étiez un fidèle téléspectateur des questions au gouvernement de mercredi, plutôt les problèmes de société que les jeux de société, les constructions de gouvernement que les constructions en Lego. L'un de vos loisirs d'enfant était de pratiquer des remaniements et de composer des gouvernements fictifs à destination d'un ami de la famille, B.Apparu, futur ministre UMP et aujourd'hui maire de Châlons-en-Champagne. - A.-E.Lemoine: La politique n'est pas un jeu d'enfant. - P.Cohen: On reste fasciné par cet univers de paroles reliées, de coups de poignard dans le dos, par cette absence d'affect...

Violence de la dissolution que vous apprenez sur le plateau de BFMTV, violence d'une amitié trahie avec celui qui vous a battu aux législatives dans le 12e arrondissement de Paris, E.Grégoire...

C'était un ami de 10 ans. Ca rappelle Balladur et Chirac. Vous aviez été collègues de cabinet ministériel sous J.-M.Ayrault.

Vous aviez dîné avec lui 3 semaines plus tôt. Vous lui aviez proposé une alliance. Vous découvrirez sur Twitter sa candidature contre vous avec LFI. - A.-E.Lemoine: Violence aussi dans les politiques suivies. - P.Cohen: Avec la loi immigration voulue par G.Darmanin, qui a tourné au fiasco, qui a précipité la fin du gouvernement Borne et votre départ à cause de votre désaccord ostensible.

Le feuilleton a duré toute l'année 2023 et ça avait même commencé fin 2022. Il a offert plusieurs mois de tribune gratuite à la droite dure et au RN. Vous proclamez qu'on ne fait jamais reculer l'extrême droite sur son terrain, encore moins en lui offrant ce que M.Le Pen a appelé une victoire idéologique.

Les députés RN ont voté pour ce texte qui comprenait des mesures de préférence nationale, notamment sur le délai d'accès aux APL. Qui a bâti tout cela et qui l'a justifié ici même en prétendant que ce n'était pas de la préférence nationale? E.Macron, qui n'a pas supporté ou admis votre rébellion.

Il s'est moqué des "belles âmes qui ne veulent pas regarder le sujet immigration en face". Vous parlez d'une situation politique dans laquelle vous ne vous reconnaissez pas. Si vous n'êtes pas dans le gouvernement suivant, le gouvernement Attal, on peut penser que c'est la décision du président.

Vous lui gardez un attachement, de l'affection. En conclusion de votre livre, vous prônez la modération et la nuance, mais y a-t-il encore une place pour cela dans la vie politique aujourd'hui? - C.Beaune: J'espère.

C'est ma thèse, mon espoir. J'ai tendance à penser qu'on peut encore faire de la politique en parlant des idées, en préférant le temps long à l'anecdote et à l'urgence, qu'on peut garder des convictions. On se confronte à des arbitrages, des compromis, parfois des déceptions.

Ce n'est pas un livre amer, triste. C'est un livre d'espoir. Je suis reconnaissant.

J'étais haut fonctionnaire, intéressé par la politique, les rencontres, notamment avec E.Macron. C'est passionnant de pouvoir agir. - P.Cohen: Mais cruel. - C.Beaune: Je ne vais faire pleurer personne.

Ce n'est pas le propos. - A.-E.Lemoine: C'est E.Macron qui vous a chassé du gouvernement? - C.Beaune: C'est l'immigration. - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas lui, alors. - C.Beaune: Le Premier ministre et le président prennent les décisions.

Ce n'est pas l'opération du Saint-Esprit. Si le président considérait que je n'étais pas d'accord avec un point important, c'est cohérent qu'il estime que je n'ai pas ma place dans l'équipe. Je n'ai pas à m'en plaindre. - P.Cohen: Ce qui n'était pas cohérent, c'était peut-être le point d'arrivée par rapport à ce qu'avait défendu E.Macron depuis son entrée en politique. - C.Beaune: Est-ce qu'on est efficaces en éludant le sujet?

Est-ce un non-sujet politique comme une partie de la gauche le croit encore? Je ne le crois pas. Il faut traiter la question de l'immigration au niveau européen.

Les lois au niveau national sont assez impuissantes. Il faut une parole européenne assez dure, notamment avec les pays du Maghreb, pour les reconduites. Tant que vous n'avez pas une pression commune européenne sur les pays d'origine ou de transit, vous n'avez pas d'efficacité.

La façon dont on le traite doit être prudente. Quand vous avez donné l'impression de ne pas être sur votre terrain idéologique, votre terrain de combat, vous reculez. - A.-E.Lemoine: Vous avez exprimé votre position, mais vous n'avez pas démissionné.

Est-ce que rester, ce n'était pas faire les choses à moitié? - C.Beaune: On peut toujours voir le romantisme du tout, du 100 % ou de la radicalité.

Ce n'est pas mon raisonnement général. Je reviens sur 2 états d'âme, celui-ci et un projet écologique, pas pour me plaindre, mais parce que j'essaie de montrer les choix qu'on a à faire au quotidien en politique. J'ai pensé, mais peut-être ai-je eu tort, qu'il y avait de l'affection, un lien avec le président, qu'il y avait des choses qu'on avait faites dont j'étais fier, et encore des combats à mener... - A.-E.Lemoine: Sans laisser la droite du gouvernement Borne aux manettes. - C.Beaune: J'étais là depuis le début.

J'étais adhérent d'En marche et fondateur, avec quelques autres, auprès d'E.Macron, depuis 2016. Je n'avais pas envie de lâcher cette aventure.

Il y avait une part de conviction et d'affection. Je ne veux pas qu'on me juge sur un engagement que je n'aurais pas tenu. J'ai exprimé des désaccords.

J'ai tendance à penser que des fois, il faut arriver à s'exprimer, parfois sans aller jusqu'à la rupture. Je crois encore qu'on peut avoir ce débat et faire passer des idées social-démocrates, y compris dans mon parti. - A.-E.Lemoine: Vous n'aviez pas imaginé qu'on allait vous faire porter le chapeau de cette fronde.

On vous a jeté sous les roues du bus. - C.Beaune: Je n'étais pas le seul à exprimer un désaccord.

Je l'ai assumé. Mon équipe m'avait conseillé de ne pas trop m'exposer, pour me protéger. - P.Cohen: "Le dîner des conjurés". - C.Beaune: C'est très excessif.

Un dîner politique. Quand des ministres plutôt à droite font des dîners ensemble, on trouve ça super. Du côté social-démocrate, on dit que c'est une trahison.

Il y a des gens qui assumaient moins et qui m'ont dit: "Il y en a un qui était un peu plus vocal que les autres." - A.-E.Lemoine: C'est de la lâcheté ordinaire. - C.Beaune: Il y a aussi des amitiés très fortes qui naissent.

On est un peu à nu, en politique. La personne qui parle, qui est jugée, parfois attaquée, c'est un peu vous-même. On ne dit pas qu'on est en désaccord avec monsieur X ou madame Y.

On dit: "C.Beaune est un lâche, un type pas bien, un connard..." C'est ça, la politique.

Il faut être prêt à se mettre à nu. Sinon, on ne la fait pas. Je continuerai à le faire, si je peux. - A.-E.Lemoine: Il faut être prêt à défendre des décisions qu'on ne comprend pas.

C'est ce que vous avez fait lors de la dissolution, avec un sentiment d'écoeurement? - C.Beaune: J'ai dit que j'ai été un peu écoeuré de ma propre parole.

J'apprends la dissolution en direct. Je n'en avais aucune idée. Il y avait des représentants de différents partis.

J'étais représentant de mon parti sur BFM, pile au moment de l'annonce de la dissolution. Je n'avais pas grand-chose à dire. Je dis que c'est un choix de clarification... - A.-E.Lemoine: Sans croire un mot de ce que vous disiez? - C.Beaune: On est un peu en mode automatique.

Je ne voulais pas rentrer dans un débat négatif. Surtout, je voulais rentrer dans la bataille. J'ai réalisé qu'on repartait en campagne.

J'ai essayé de neutraliser le propos. Ce soir-là, vous faites 3 ou 4 plateaux de suite...

A la fin, je me saoulais moi-même. Je me disais que je disais des trucs qui n'avaient plus d'intérêt. Quand on est en train de raconter des choses auxquelles on ne comprend rien soi-même, il faut arrêter de parler. - A.-E.Lemoine: Avec quel bilan pour cette dissolution?

Ca a vraiment permis une clarification? - C.Beaune: Non.

Je ne suis pas un critique de la dissolution elle-même. Peut-être qu'il aurait fallu, ce soir-là, si on m'avait demandé mon avis, appeler à l'union nationale, essayer de faire un contrat. C'est ce qu'on essaye de faire aujourd'hui.

On progresse. - A.-E.Lemoine: Le bureau national du PS a décidé de ne pas voter la motion de censure... - C.Beaune: La dissolution, ça a été l'électrochoc immédiat, sans passer par les explications intermédiaires.

Ce qui me frappe le plus, c'est l'après-dissolution. C'est un résumé d'un problème démocratique français. Un Parlement fragmenté, tout le monde dit qu'il faut s'entendre, que le pouvoir est au Parlement...

Tous les gens au Parlement attendent que le président fasse quelque chose. C'est le paradoxe français: on reproche tout au président et on ne se saisit pas des outils politiques. F.Bayrou est en train de faire progresser cette culture.

Je le soutiens là-dedans. Ce que fait le PS est important. Est-ce que ça va être une longue trajectoire ou est-ce que ce sera sans lendemain?

J'espère que ce sera une longue trajectoire. On peut ne pas être d'accord avec un budget sans faire tomber le gouvernement. - A.-E.Lemoine: Vous n'êtes plus député.

Mais vous êtes retourné à l'Assemblée juste après avoir quitté le gouvernement. Vous racontez dans ce livre l'ennui qu'on ressent à siéger. "Le Parlement peut aller jusqu'à s'occuper de la lutte contre la discrimination capillaire." N'est-ce pas un peu de la caricature? - C.Beaune: Ce sont des cas réels.

Le Parlement est une très belle chose. Je me suis battu pour l'élection dans une circonscription où c'était déjà difficile en 2022. Parfois, le Parlement s'ennuie ou s'occupe de choses qui ne sont pas la grandeur d'une chambre législative... - A.-E.Lemoine: Il ne faut pas s'occuper de ces sujets? - C.Beaune: Si, mais la fin de vie, le budget...

Le Parlement est trop faible, en France. Je défends la proportionnelle, cette culture de la coalition. Je voudrais même qu'on ait les élections législatives Avant les élections présidentielles pour dire que le Parlement, c'est important.

Il y a aussi des élus de terrain qui représentent les différents partis, qu'il faut valoriser. - A.-E.Lemoine: Un mot sur les campagnes, notamment celle des législatives à Paris en 2022.

Vous décrivez ce que vous devenez: un homme objet. "On est à la disposition de tous, une forme de pute." Ca peut heurter ou interroger.

C'est vraiment comme ça que vous voyez une campagne électorale? - C.Beaune: J'ai adoré la campagne, même celle de 2024. - A.-E.Lemoine: Mais on se vend.

à partir de 7h jusqu'à 23h à coller des affiches, au contact des gens. C'est super. Des gens viennent vous voir, vous engueulent, vous disent parfois des choses gentilles, même si c'est moins souvent...

Vous êtes toute la journée à la disposition des gens. C'est pour ça que je parle d'homme objet. C'est aussi pour nous faire réfléchir en tant que citoyens.

On a parfois tendance à reprocher aux politiques de s'occuper de petites choses, d'être clientélistes, de ne pas avoir l'intérêt général au coeur. Beaucoup de citoyens demandent à un député ou à un maire de s'occuper de soi-même. J'essaie de décrire ce qu'on ressent.

Il y a des moments où on a l'impression qu'on ne s'appartient plus. Les gens viennent vous voir, vous agrippent le bras et vous disent qu'il faut faire ci ou ça. C'est aussi le rôle du politique d'être sur le trottoir, dans le bon sens du terme.

C'était pour faire sourire et réagir un peu. - E.Tran Nguyen: Le président vient souvent au contact des Français.

Hier, il était en visite à Colmar. Il a été interpellé pendant un bain de foule. - Avant de partir, faites un beau nettoyage.

Quand on regarde l'Hémicycle, le foutoir là-dedans...

Les députés ne pensent qu'à eux, qu'à leur poste. Personne ne pense à la France. Vous n'êtes peut-être pas assez dur, mais faites quelque chose.

On a une image dans le monde...

On est minables. - E.Macron: Ce n'est pas le président de la République qui peut discipliner les députés.

Les députés sont élus par le peuple. Si le peuple est sensible à ce que vous dites, il n'élira plus des députés qui font désordre, mais il ne faut pas généraliser. - E.Tran Nguyen: Il y a un sentiment de déconnexion entre les élus et les Français.

Vous faites plusieurs propositions pour rapprocher les Français de la vie politique, notamment faire des référendums chaque année, convoquer des législatives avant la présidentielle et laisser au président élu une période de transition avant d'exercer le pouvoir. - C.Beaune: On peut parler de sujets importants, les retraites, le budget, l'écologie, mais je suis convaincu que le sujet principal qui nous bloque en France, c'est la question démocratique et institutionnelle.

En découlent de la violence, de la défiance. Je suis sûr qu'il y a un chantier démocratique. Le principal chantier démocratique, c'est de dépersonnaliser, déprésidentialiser...

On attend tout du président. On l'adore Pendant quelques mois, on attend tout de cette personne et après, on est déçus. Comme on a attendu la fin de la misère et le bonheur pour tous, il y a une déception.

Il faut partager les responsabilités. Les Suisses font des référendums chaque année, pour 3 ou 4 questions. - E.Tran Nguyen: Cette femme critique les députés, pas la personne du président. - C.Beaune: Elle demande au président de discipliner tout ça.

Dans notre système, tout remonte toujours au président. C'est aussi la faute d'un système ultra-centralisé. C'est notre histoire.

On ne va pas tout changer. Je prends l'exemple de la période de transition. Quand vous êtes élu président de la République en France, 3 ou 4 jours après le 2e tour, vous êtes à l'Elysée.

Il faut faire un cabinet, un gouvernement, des projets de loi...

C'est inhumain. Le président a fait un an de campagne. C'est d'abord bien qu'il se repose et qu'il prenne le temps de recevoir des gens.

C'est ce que font les Américains. Ca donnerait aux Français l'idée que le président ou la présidente n'est pas un homme ou une femme providentielle. Ca nous désinfantiliserait un peu. - P.Cohen: Il y a un président qui s'est reposé avec son élection, il a traîné ça pendant 3 ans.

C'est Sarkozy, sur le yacht de Bolloré. Je rappelle ce précédent. - P.Lescure: Dans un peu plus d'un an auront lieu les élections municipales.

Y.Jadot a échoué à rassembler les écologistes de la capitale alors qu'il ambitionnait de devenir leur candidat. On ne sait pas encore qui sera le candidat socialiste.

Est-ce que vous pensez que les macronistes et la droite doivent s'unir derrière R.Dati? - C.Beaune: Je n'en suis pas convaincu.

Ca dépend sur quel projet, d'abord. Je fais partie de ceux qui pensent...

J'ai une famille politique. Je suis de sensibilité aile gauche. Je préférerais qu'on ait quelqu'un de notre famille, de notre histoire politique. - P.Lescure: Vous avez envie de jouer un rôle? - C.Beaune: Oui, j'ai envie de m'impliquer.

J'ai tendance à penser que Paris est une ville de centre gauche, historiquement, culturellement, une ville écolo et social-démocrate. Personne n'a réussi à incarner cette équation. J'ai beaucoup de désaccords avec A.Hidalgo, mais elle a correspondu à ça sur ses politiques. - A.-E.Lemoine: "Je dirais malgré tout que la politique est belle".

Vous continuez donc à en faire dans cette campagne des municipales qui s'annoncent. C'est en attendant 2026 à Paris. Voici la Story de M.Bouhafsi. ... - M.Bouhafsi: C'est l'histoire du président de la première puissance mondiale qui met en place un protectionnisme radical.

Il a ordonné l'arrestation de plusieurs centaines d'immigrés, pour la plupart originaires d'Amérique latine. On affiche même le profil des personnes arrêtées en conférence de presse officielle à la Maison-Blanche. Ca provoque la colère d'une partie de l'Amérique. ... - M.Bouhafsi: Cette stigmatisation touche toutes les classes sociales, jusqu'aux journalistes à la Maison-Blanche.

La journaliste française S.Dridi pose une question lors d'un point presse. Une membre du Congrès proche de D.Trump s'interroge sur son accent français un peu prononcé, jusqu'à proposer de "jeter la presse étrangère", en ajoutant "les médias américains d'abord". - Il y a une inquiétude de la presse étrangère d'avoir moins de place, voire de perdre notre accréditation.

On se demande s'ils vont nous reléguer au dernier rang. La remarque de M.Taylor Greene n'est pas rassurante. "Il faut jeter les médias qui ne sont pas favorables au président." On va ouvrir cette salle de presse aux blogueurs, aux influenceurs, des partisans de ce mouvement Maga pro-Trump.

Ce n'est pas du journalisme. - M.Bouhafsi: Cette guerre idéologique se propage sur le terrain commercial.

D.Trump a signé une série de décrets pour taxer les importations de ses 3 plus grands partenaires: Chine, Canada et Mexique. Il a annoncé une augmentation des droits de douane de 25 % pour les 2 pays frontaliers.

Le Premier ministre démissionnaire canadien a décidé de riposter. ... - M.Bouhafsi: Si la présidente mexicaine a obtenu un répit d'un mois sur cette augmentation des taxes, il n'en est rien du côté du Canada.

La résistance s'organise et prend la forme d'un boycott des produits des Etats-Unis. ... - M.Bouhafsi: Si D.Trump a reconnu que les Américains risquaient de souffrir de ces augmentations des droits de douane, il dit ne pas vouloir s'arrêter là.

L'Europe est désormais dans le viseur. ... - M.Bouhafsi: C'est le président français qui est entré dans la danse.

Pour E.Macron, en cas d'attaque commerciale, toute l'Europe doit réagir. - E.Macron: Si nous étions attaqués sur des sujets commerciaux, l'Europe devra se faire respecter et réagir.

Il faut davantage de financements publics, de financements privés aussi pour changer les modes de financement de la Banque européenne d'investissement. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, Emmanuel Lechibre...

E.Lechypre. "Le Wall Street Journal" qualifie ça de guerre commerciale la plus bête de l'histoire.

Vous partagez ce point de vue? - E.Lechypre: Oui.

Tout le monde est perdu. Les producteurs sont perdants, y compris les producteurs américains. Les consommateurs seront perdus, quoi qu'il arrive.

Il arrive avec une rhétorique assez maline. "Les consommateurs américains ont subventionné les producteurs étrangers", selon D.Trump. "Moi, avec le protectionnisme, je vais faire payer les producteurs étrangers au profit des consommateurs américains." - A.-E.Lemoine: Ce qui n'est pas le cas. - E.Lechypre: Je vais vous donner un exemple.

Le protectionnisme ne commence pas avec D.Trump. B.Obama décide de taxer massivement les pneus chinois en 2009.

Les prix augmentent. Les concurrents des pneus chinois se disent qu'il y a moins de concurrence, donc ils augmentent leurs prix. Ca veut dire que les Américains dépensent 1 milliard d'euros de plus pour leurs pneus.

Ils disent que ça va préserver des emplois. Ca préserve 1200 emplois chez les fabricants de pneumatiques, mais avec le milliard qu'ils ont dépensé dans les pneus, les Américains auraient pu dépenser dans les loisirs. Ils auraient créé 2 fois plus d'emplois dans les services.

Avec ce protectionnisme, tout le monde est perdant. - A.-E.Lemoine: On a l'impression qu'il est prêt à plomber le pouvoir d'achat des Américains.

Il dit qu'il y aura de la souffrance dans un premier temps pour obtenir des concessions de ses partenaires en échange. C'est un rapport de force. Ca a marché avec le Mexique, qui obtient ce sursis en échange du déploiement de 10 000 policiers mexicains à la frontière pour lutter contre le trafic de drogue. - E.Lechypre: C'est plus qu'un rapport de force.

C'est une monnaie d'échange. Il aime négocier de façon bilatérale. Il ne veut pas négocier avec toute l'Europe.

Dans son 1er mandat, il avait été malin. Il avait imposé des taxes sur les vins français, mais pas trop les vins italiens. Par contre, il avait frappé les fromages italiens.

Il avait évité la riposte massive de l'Europe. Regardez ce qui s'est passé avec la Colombie. "Vous m'envoyez des avions pour récupérer vos lascars, sinon, je vous taxe." Au Mexique, ils ont déployé des soldats le long de la frontière.

C'est devenu une monnaie d'échange. - A.-E.Lemoine: Tout comme pour le Groenland ou le canal de Panama? - E.Lechypre: Ce sont des cas un peu différents.

Le sujet du Groenland est complexe. Aujourd'hui, c'est la Chine qui est en train de mettre la main sur le Groenland. Il y a beaucoup d'investissements chinois là-bas.

En plus des ressources naturelles, c'est aussi ça que l'Amérique cherche à éviter. - A.-E.Lemoine: Le Mexique obtient un sursis.

Pas sûr que ça dure. Le Canada promet oeil pour oeil, dollar pour dollar. Est-ce que vraiment, le Canada a les reins assez solides pour tenir sur la longueur face aux Etats-Unis? - E.Lechypre: Au Canada, c'est un énorme coup de massue.

C'est aussi une leçon à méditer pour l'Europe. Pour la 1re fois depuis la Première Guerre mondiale et même 1945, on a l'impression que les Etats-Unis ne sont pas de notre côté. Ca a des répercussions bien plus larges que le simple champ de l'économie.

Pour les Canadiens, c'est un coup de massue terrible. En plus, vous avez quasiment 90 % des exportations canadiennes qui vont vers les Etats-Unis. Pour eux, oui, c'est un terrible coup de massue. - P.Cohen: Des projections disent que le Canada entrera en récession si la mesure est prolongée sur l'année entière. - E.Lechypre: Honnêtement, ce sont des points de PIB entiers pour le Canada et le Mexique.

Le cas le plus délirant, c'est quand même celui de l'industrie automobile. Théoriquement, Canada, Etats-Unis, Mexique, c'est une grande zone de libre-échange. Vous avez des producteurs automobiles installés partout, avec des sous-traitants dans les 3 pays.

Une voiture vendue aux Etats-Unis passe en moyenne 7 à 9 fois les frontières... - A.-E.Lemoine: A chaque fois, elle va être taxée? - E.Lechypre: Si vous taxez les pièces détachées qui vont des Etats-Unis vers le Canada ou le Mexique...

C'est pour ça que tous les grands constructeurs automobiles ont dévissé en Bourse aujourd'hui. Nous, Européens, on vend des voitures fabriquées en Europe...

On vend 1 million de voitures qui font le trajet de l'Europe vers les Etats-Unis. Mais c'est surtout toutes les usines des constructeurs automobiles japonais, français, qui sont à la frontière mexicaine et qui vont vers les Etats-Unis. Là, vous entrez dans un truc totalement délirant. - E.Tran Nguyen: Il y a aussi l'aéronautique, les produits pharmaceutiques, le luxe, les cosmétiques, les vins et les spiritueux français qui vont aux Etats-Unis.

Des produits que Trump avait déjà taxés lors de son 1er mandat. Ca nous avait coûté 450 millions sur les 2 milliards d'exportations de vin. On peut résister à ça? - E.Lechypre: D'abord, on est un marché de 350 millions de consommateurs.

On a les moyens de riposter. Il y a le commerce des marchandises mais aussi les services. Pour le coup, on a aussi des moyens.

Les échanges, c'est 2 choses: ce qu'on exporte mais aussi nos usines qui sont implantées là-bas. Vous avez 5000 entreprises françaises qui ont des usines aux Etats-Unis. Trump l'a bien dit dans son discours de Davos: "Venez investir dans le plus beau pays du monde!" Par contre, si on veut vendre depuis chez nous... - A.-E.Lemoine: Il va y avoir des délocalisations en masse? - E.Lechypre: Il y en a déjà beaucoup.

Beaucoup d'entreprises aujourd'hui se demandent...

Pour des raisons qui tiennent aux impôts sur les sociétés, aux prix de l'énergie aussi. Quand vous êtes un gros consommateur d'énergie, les Etats-Unis sont attrayants. Le gaz naturel, par exemple, coûte 3 à 4 fois moins cher aux Etats-Unis.

Donc c'est un aimant à capitaux et un investissement. Quand vous êtes producteur aux Etats-Unis, vous pouvez compenser. Airbus, les constructeurs automobiles...

Par contre, la filière des vins et spiritueux, par définition, on ne peut pas faire notre champagne aux Etats-Unis. Cette filière est particulièrement vulnérable. Mais si les Canadiens se mettent à taxer massivement les vins californiens, en riposte, pour nos petits producteurs français, il y a peut-être une place à prendre. - A.-E.Lemoine: C.Beaune, vous pensez qu'il faut préparer des droits de douane européens sur les produits américains?

Il ne faut pas capituler? - C.Beaune: Certainement pas!

Pire que la guerre commerciale, c'est la capitulation commerciale. Il faut qu'on se défende. D.Trump ne connaît que le rapport de force.

On a connu ce cas là, on avait les mêmes déclarations en 2017-2018. On a réussi à convaincre à l'époque tous les pays européens, même si l'Allemagne d'A.Merkel était réticente, de préparer et de mettre en place des droits de douane - P.Cohen: Les droits de douane ciblés.

C'était sur l'acier et l'aluminium. - E.Lechypre: L'Europe n'avait pas su réagir. - C.Beaune: On avait répliqué.

D.Trump comprend la communication. Si on taxe les Tesla, ça va calmer tout le monde...

Il faut aussi faire de la communication. En Europe, on est parfois trop gentils et trop polis. La seule chose qui m'inquiète vraiment, c'est que depuis le 5 novembre, on sait qu'il va faire ça et on n'a pas dit qu'on avait préparé suffisamment haut et fort des représailles commerciales.

Si bien que le président de la République, ce matin, a dit qu'on allait répliquer. - P.Cohen: Les Tesla chez nous viennent de Chine, pas des Etats-Unis... - A.-E.Lemoine: Quels produits on peut taxer?

On n'achète pas grand-chose aux Etats-Unis? - E.Lechypre: Le problème, c'est qu'ils ne vendent pas des super produits.

D.Trump s'étonnait de ne voir dans les rues de New York que des voitures allemandes, etc. En réalité, les bagnoles américaines ne sont pas terribles!

On n'en veut pas. - C.Beaune: Il y a des chaînes de valeur.

Ils ont toujours des produits américains... - E.Lechypre: C'est vrai que dans un avion, vous avez toujours 30 % de composants américains...

Comme chez Boeing, il y a 30 % d'Airbus. On peut aussi répliquer. D.Trump a quand même fait bouger les lignes.

Le pire ennemi de l'Europe, c'est l'Europe elle-même. C'est toutes les balles dans le pied que se tirent les pays européens. Regardez toutes ces réglementations absurdes, contre lesquelles les grands patrons s'insurgent...

Notamment les réglementations sur le suivi qu'il faut faire de toutes les normes environnementales, qui ont quand même été créées en 2024, dans la plus grande indifférence. Là, il suffit que Trump arrive et tout d'un coup, la Commission européenne dit qu'elle va simplifier. Alors qu'ils ont mis presque 3 fois plus de normes au cours des 5 dernières années que les Etats-Unis...

On peut dire ce qu'on veut, mais Trump fait bouger les lignes. L'Europe n'a jamais été aussi forte que quand il a fallu réagir au pied du mur. Rappelez-vous en 2008, quand on a bâti les filets de protection financiers qui nous manquaient...

Là, on va voir mais il faut être clair: soit on s'accroche, soit on décroche. - A.-E.Lemoine: D.Trump peut nous entraîner dans une récession? - E.Lechypre: Oui, et même pire que ça.

Il peut nous entraîner vers la désindustrialisation massive. C'est la première fois que la France et l'Allemagne sont aussi faibles en même temps. L'Allemagne est dans une vraie crise structurelle.

On n'a pas su s'adapter à la nouvelle donne technologique. Prenez tout ce qui est biens d'équipement, automobiles...

La concurrence chinoise est invraisemblable. Pendant des années, la Chine était le premier client de l'Allemagne. Aujourd'hui, c'est son premier concurrent.

L'Europe doit relever des défis majeurs aujourd'hui, sous peine de décrocher complètement des Etats-Unis et de la Chine. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup, E.Lechypre.

Vous restez avec nous pour le 5/5. Le cinéaste C.Ruggia condamné à 2 ans ferme sous bracelet électronique pour les agressions d'A.Haenel. - L.Sénéchal: Et 2 ans avec sursis en plus des 2 ans de prison ferme.

C.Ruggia a été reconnu coupable d'agressions sexuelles sur mineure sur A.Haenel.

Il était presque quadragénaire et elle avait entre 12 et 14 ans au moment des faits. A.Haenel a été très soutenue à la sortie de l'audience au tribunal de Paris.

Elle avait remercié en arrivant les militants qui l'accueillaient. ... - A.Haenel: Merci à toutes et tous d'être venus.

Merci de faire avancer les droits humains par votre présence. On ne laisse pas tomber. On est ensemble. - L.Sénéchal: Elle avait donc 12 ans quand lui multipliait les gros plans à rallonge sur son corps nu.

C'était en 2001, sur le tournage du film "Les Diables". Il la ramenait chez ses parents après le goûter, avec des mains sous le t-shirt ou dans le pantalon. J.Godrèche accuse de son côté B.Jacquot.

Elle est venue tout à l'heure soutenir A.Haenel. ... - L.Sénéchal: En 2019, A.Haenel a déclenché le MeToo du cinéma français par sa colère, qui a encore débordé pendant les 2 jours d'audience en décembre.

Elle avait hurlé au réalisateur de fermer sa gueule avant de frapper la table devant elle et de quitter l'audience. Le réalisateur fait appel de sa décision. - La décision du tribunal nous donne le sentiment amer qu'une injustice est préférable à un désordre, désordre que la relaxe de C.Ruggia n'aurait pas manqué d'entraîner.

Dans ces conditions, et parce que nous ne pouvons pas nous résoudre à l'injustice, au moment où je vous parle, C.Ruggia se rend au greffe avec ma consoeur pour faire appel de cette décision. - L.Sénéchal: On n'a pas encore la date de ce second procès. - A.-E.Lemoine: La police de la SNCF tire sur un homme qui taguait des croix gammées gare d'Austerlitz. - L.Sénéchal: 2 personnes ont été blessées, dont un passant, touché au pied par une des balles tirées par la sûreté ferroviaire.

Ce sont des agents qui ont sommé un homme d'arrêter son acte antisémite. Quand il a brandi une arme, ils ont ouvert le feu. Le pronostic vital de l'homme est engagé.

Son arme s'est révélée factice. Vous qui avez été ministre des Transports, j'imagine que c'est la hantise d'un ministre en fonction, ce genre d'incident? - C.Beaune: Il y a environ 2800 à 3000 agents de la sûreté ferroviaire.

Ce sont des personnes en bleu, qui ressemblent à des policiers en uniforme, qui sont armées. - L.Sénéchal: SNCF mais pas la RATP? - E.Lechypre: Il y a 1000 personnes aussi à la RATP.

Ce sont des gens qui sont encadrés par la loi, qui ont une formation proche de celle des forces de l'ordre, qui ont un port d'armes et une formation. On a renforcé les exigences. Je ne connais pas les circonstances.

C'est difficile car il faut une formation en milieu ouvert, où il y a une foule, peut-être des mouvements de panique. Ca peut être très dangereux. Je leur apporte mon soutien, de manière générale.

C'est très difficile. Même les forces de l'ordre reconnaissent qu'elles font un métier extrêmement difficile et dur, très stressant. J'ai vécu ça sur le RER C à l'époque, on sait qu'il y a des menaces qui ne sont pas toujours vraies.

Il y a eu aussi des attentats meurtriers dans les transports. C'est une cible permanente. Force à eux! - A.-E.Lemoine: A 3 semaines des élections en Allemagne, une foule monstre dans les rues de Berlin. - L.Sénéchal: 250 000 personnes, selon les organisateurs, ont marché dans le centre de Berlin.

Une manifestation derrière le mot d'ordre "nous sommes le pare-feu". Il y a eu une tentative avortée la semaine dernière d'un texte commun sur l'immigration entre conservateurs et l'extrême droite allemande, rejeté dans la semaine au Parlement. ... - L.Sénéchal: En fait, le conservateur F.Merz est parvenu mercredi à faire adopter avec les voix de l'extrême droite une motion non contraignante pour bloquer tous les étrangers sans papiers à la frontière, y compris les demandeurs d'asile.

Mais quelques jours plus tard, ces forces politiques ont échoué à faire passer une loi pour restreindre l'immigration. ... - L.Sénéchal: Samedi déjà, plus de 220 000 personnes avaient manifesté dans les grandes villes du pays contre l'extrême droite.

La manifestation d'hier s'est achevée devant le siège du parti conservateur d'A.Merkel, qui est d'ailleurs sortie de sa réserve pour critiquer "l'erreur" des dirigeants de la CDU qui espèrent siphonner les voix de l'extrême droite. Ca vous rappelle quelque chose? - C.Beaune: Il y a des élections le 23 février.

Je ne suis pas sûr que ça porte chance à la CDU, qui est en tête dans les sondages. C'est un choc plus important que chez nous en Allemagne. L'extrême droite renvoie à une histoire allemande très dramatique. - P.Cohen: On le voit sur l'affiche avec un Parlement en feu, c'est l'incendie du Reichstag. - C.Beaune: C'est encore plus grave en Allemagne.

C'est la première fois que le parti de la CDU propose de lui-même de voter un texte avec l'extrême droite. Il y a un cordon sanitaire ancré dans l'histoire allemande mais qui se fragilise. Pour qu'A.Merkel, qui vient de ce même parti, sorte de sa réserve, c'est qu'elle désapprouve très fortement. - A.-E.Lemoine: En Ukraine? - L.Sénéchal: Une opération russe.

Des attaques de civils au hasard à l'aide de drones, dans le sud de l'Ukraine, reprises dans la spectaculaire offensive ukrainienne de 2023. A Kherson, sortir de chez soi devient un danger. On se signe, comme ce monsieur, au son des drones qui croit sa dernière heure arrivée.

C'est le but recherché par la Russie: créer la psychose. ... - L.Sénéchal: L'Ukraine s'ouvre et poursuit semble-t-il ses assassinats ciblés en Russie.

Un baron du crime ukrainien, séparatiste prorusse exilé à Moscou, a été tué dans l'attaque drones de sa résidence de luxe à Moscou. Pas de revendications à ce stade mais l'Ukraine a déjà assassiné des dignitaires russes. La France va enfin renouveler son ambassadeur à Moscou.

Nicolas de Rivière a été désigné il y a plus de 6 mois. Mais il a fallu ce long délais pour obtenir le feu vert administratif de la Russie. La bureaucratie russe est un moyen de pression.

C'est ce que nous racontait sur ce plateau un journaliste. - On est beaucoup plus surveillés qu'avant. On a des collègues dans la rue qui ne font pas des rencontres par hasard.

On a des gens qui peuvent nous attendre à la sortie du train ou de l'aéroport. Quand j'achète un billet pour la Russie, je sais qu'il y a une petite alarme qui sonne au FSB. On sait très bien où j'arrive et quand. - L.Sénéchal: D.Trump affirme que les discussions avancent plutôt bien avec la Russie et l'Ukraine pour la fin des combats.

Il annonce d'ailleurs à l'instant être en train de négocier un accès aux terres rares de l'Ukraine en échange de l'aide militaire américaine. Là aussi, il y a encore l'argument économique et la guerre commerciale. - E.Lechypre: Regardez comment il va réussir à mettre la main sur la moitié de TikTok aux Etats-Unis, pour pas grand-chose...

C'est du deal. - A.-E.Lemoine: E.Macron voudrait raccourcir les vacances scolaires en France. - L.Sénéchal: Il était hier à Colmar pour les 80 ans de la libération de la ville.

Il a dévoilé une plaque en mémoire des malgré-nous, ces Alsaciens enrôlés de force dans l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Le président s'est offert un bain de foule sans sifflets ni huées. Il a échangé avec les habitants, dont un collégien qui lui parlait de la pétition pour réorganiser le temps scolaire et bannir les cours l'après-midi.

E.Macron a botté en touche. Il est favorable en revanche à réduire les vacances scolaires d'été. ... quand même très facile, estime le premier syndicat enseignant du secondaire.

Pour les vacances d'été, on a parmi les plus courtes d'Europe. En revanche, on est numéro 1 pour les petites vacances. Celles de la Toussaint ont été rallongées. - A.-E.Lemoine: Et les vacances de février démarrent à la fin de la semaine, pour je ne sais plus quelle zone...

E.Macron veut dissoudre les vacances d'été! Un éboulement spectaculaire en Normandie. - L.Sénéchal: C'est très impressionnant, la falaise entière s'effondre dans le Calvados...

L'éboulement va durer plusieurs minutes. Le maire de la commune explique que cet effondrement est dû à la météo, l'alternance de la pluie et du gel. Il y a des gens sur la plage mais qui sont assez loin.

Le maire ajoute que le bouleversement climatique est en train de grignoter la côte de plus en plus rapidement. C'est le cas aussi en Charente-Maritime. Ce phare va bientôt disparaître.

En 2023, 70 000 personnes ont gravi les marches de son escalier conçu par G.Eiffel. Mais la mer n'est plus qu'à une centaine de mètres et les services de l'Etat veulent le démonter.

Certains habitants appellent à la mobilisation en ligne. - On est contre cette démolition. On cherche des solutions.

On voudrait que notre phare soit protégé. Le phare va fêter ses 120 ans cette année. Il est classé monument.

On ne peut pas prendre une décision comme ça à la légère, de passer par une destruction sans trouver de solution. - L.Sénéchal: Ce que veulent éviter les autorités, c'est la destruction qui ne serait pas contrôlée du phare.

Il y a eu des précédents avec des phares déplacés, notamment aux Etats-Unis. Mais ce phare est 4 fois plus petit et 10 fois plus léger que le phare de La Coubre. L'Etat estime à au moins 15 millions d'euros cette opération en Charente-Maritime.

Bref, ça coûterait trop cher. - A.-E.Lemoine: La route du ski bloquée par un éboulement en Savoie...

Décidément! - L.Sénéchal: En Savoie, d'énormes blocs de pierre, 50 m3 en tout, se sont détachés de la montagne dans le secteur de la Tarentaise.

L'éboulement a eu lieu samedi matin vers 10h30. Miraculeusement, pas de victime. Mais 10 000 véhicules ont été bloqués, 26 km de bouchons.

Il a fallu faire un grand détour. C'est l'un des plus grands domaines skiables du monde. Des naufragés de la route ont dû être hébergés par centaines dans des gymnases ouverts pour l'occasion. 625 personnes rien qu'à Albertville...

Bref, il fallait mériter sa descente sur les pistes ensuite. - Avec l'éboulement, on a mis 3 heures pour faire 20 km. C'était une vraie tannée!

Je crois qu'encore aujourd'hui, c'est problématique. - Nous, on est arrivés de Clermont-Ferrand. On est partis à 11h et on est arrivés à 3h ou 4h du matin. - L.Sénéchal: Cet éboulement est arrivé au mauvais moment car c'est la saison des vacances qui commencent la semaine prochaine. - A.-E.Lemoine: On ne sait toujours pas pour quelle zone... - M.Bouhafsi: La zone 3! - A.-E.Lemoine: La France a brillé aux Grammy Awards. - L.Sénéchal: Ils ont pris l'accent français.

Victoire notamment de Gojira, meilleure prestation metal avec la chanteuse lyrique M.Viotti pendant la cérémonie d'ouverture des JO. Nous, on n'a pas M.Viotti mais on a Salomé Delattre qui s'est glissée dans la robe de Marie-Antoinette...

On a aussi Justice, 3e Grammy! - A.-E.Lemoine: Parce que la robe de Marie-Antoinette des JO