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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 11 septembre 2021 25 min

Agnès Buzyn mise en examen, hausse des salaires, désunion de la gauche pour 2022... Le "8h30 franceinfo" de Fabien Roussel

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT avec Myriam Ancawa de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam.

0:06
Intervenant

Bonjour Ercine, bonjour à tous.

0:08
Présentateur

Notre invitée aujourd'hui est secrétaire nationale du Parti Communiste et candidat à l'élection présidentielle. Bonjour Fabien Roussel.

0:14
Fabien Roussel

Bonjour Ercine Lebovitch, bonjour Myriam Ancawa.

0:17
Présentateur

Merci d'être avec nous ce matin. On va parler de la fête de l'UMA, on va parler du livre que vous publiez qui s'intitule Ma France, heureuse, solidaire et digne. C'est au Cherche Midi. Mais d'abord l'information de la soirée d'hier, la mise en examen d'Agnès Buzyn par la Cour de Justice de la République pour mise en danger de la vie d'autrui. On parle de la gestion de la crise sanitaire. Est-ce que cette mise en examen vous semble justifiée, logique ? Est-ce qu'au contraire c'est un précédent dangereux, comme le disait tout à l'heure sur notre antenne le député de la majorité Sacha Houllier ?

0:53
Fabien Roussel

D'abord, moi je considère que nous sommes tous des justiciables, simples citoyens, responsables politiques, ministres, députés. Donc la justice doit s'appliquer à tous, d'abord. Ensuite, je ne vais pas, moi, faire de commentaires sur cette mise en examen, sur la procédure qui est en cours. La justice, elle doit faire... Elle est dans son rôle pour vous, la Cour de Justice de la République ? Elle est tout à fait dans son rôle. Mais ce qui me préoccupe le plus, quelle que soit l'issue de ce procès qui va se tenir, c'est que...

Et d'ailleurs, quelle que soit l'issue, qu'il y ait condamnation ou pas, ce qui me préoccupe, c'est que ces dernières années, sous la direction d'Agnès Buzyn, comme sous la direction d'Olivier Véran, aujourd'hui ministre de la Santé, il y a toujours des fermetures de lits dans notre pays, il n'y a toujours pas le plan que nous attendons pour avoir une véritable politique de santé publique dans notre pays. Et donc, ce n'est pas forcément dans les tribunaux que l'on va pouvoir réorienter la politique dont nous avons besoin. Mais on parle là de la crise sanitaire. Oui, j'entends bien.

2:00
Présentateur

Du début de cette crise, pas de la situation globale dans les hôpitaux.

2:03
Fabien Roussel

Il y a eu beaucoup de critiques qui ont été émises au début de cette crise sanitaire. D'abord, vous vous souvenez de cette gestion malheureuse des masques, où au début, le gouvernement a préféré ne pas dire la vérité sur la nécessité de porter des masques pour pouvoir masquer la pénurie de masques qu'il y avait dans notre pays. Il valait mieux dire la vérité aux Français qu'il y avait une pénurie de masques, que ça avait été mal géré.

2:28
Présentateur

Alors c'est justement ce que va tenter d'établir la Cour de justice de la République.

2:32
Fabien Roussel

Donc pour vous, la culpabilité est établie. Mais derrière ça, on a aussi dit au début de cette pandémie, ça a révélé le fait que nous n'avions pas assez de lits de réanimation, comparé à d'autres pays comme l'Allemagne, par rapport à notre population en France. Ça a révélé les souffrances du monde hospitalier. Le monde hospitalier qui manifestait déjà depuis plusieurs mois pour exiger une meilleure reconnaissance.

2:59
Intervenant

C'est évident. Vous avez des propositions à faire sur la question de la santé publique et l'hôpital. Mais restons un instant sur cette procédure inédite. La France est un des seuls pays à poursuivre des ministres ou anciens ministres devant une cour pour une épidémie qui n'est pas terminée. Terminée. Ça veut dire que si un responsable politique dit « Ne vous faites pas vacciner aujourd'hui » des antivax, par exemple, qui sont des responsables politiques, ils doivent rendre des comptes aussi devant la justice ?

3:29
Fabien Roussel

C'est d'abord, quand il y a des plaintes, il faut qu'elles soient instruites. Mais il y a un risque pénal. Je vous parle du risque pénal des politiques. Il y a une cour de justice de la République qui a été mise en place pour pouvoir justement juger des responsables politiques et des membres du gouvernement. Elle existe.

3:47
Intervenant

Mais vous ne craignez pas que ce risque pénal dissuade, au fond, les gens d'entrer en politique ? Ou d'agir, tout simplement ?

3:55
Fabien Roussel

Il n'y a pas que cette cour de justice qui dissuade beaucoup de monde d'entrer en politique ou de voter. Il y a d'autres problèmes de fond, à mon avis. Je ne pense pas que ce soit dans les tribunaux qu'on va régler les problèmes. Je le dis franchement. Et on le voit bien. Alors, quelle que soit l'issue de ce procès, je pense qu'on doit plutôt tenir compte de ce qui se passe dans le pays, des mobilisations en cours. Et le gouvernement doit entendre les souffrances de tous ces Français qui ne trouvent pas aujourd'hui d'accès aux soins, qui n'ont plus d'hôpitaux de proximité, de médecins de campagne, etc. Enfin, je suivrai ce qui va se passer dans ce procès.

4:33
Présentateur

Et vous dites que le gouvernement a menti. C'est ce que vous disiez tout à l'heure, à propos des masques. Et vous pensez que ça ne doit pas être traité par un tribunal ?

4:41
Fabien Roussel

Non, je ne dis pas ça. J'ai un profond respect pour la justice, pour les magistrats. Je ne veux pas faire de commentaires. Et donc, je laisse faire la justice. Mais vous parliez de responsable politique anti-vax. Moi, j'ai découvert à la fête de l'UMA, justement, j'ai rencontré des élus de Montfermeil, que le maire de Montfermeil, de droite, a écrit un édito dans son journal municipal conseillant les parents de ne pas faire vacciner leurs enfants. en ayant des propos anti-vax. C'est purement scandaleux. C'est honteux. Il mériterait, lui, d'être...

5:19
Intervenant

C'est honteux, simplement, d'un point de vue moral,

5:21
Fabien Roussel

où il faut engager une responsabilité devant les urnes. Il faut déposer plainte dans ces cas-là ? Encore une fois, je vous dis, je ne pense pas que c'est dans les tribunaux qu'on règle les affaires. Alors, il sert à quoi, les tribunaux ? Non, non, mais il doit y avoir des décisions de justice. Je laisse faire la justice. Mais pour ma part, moi, je ne les règle pas dans les tribunaux. Mais vous les réglez où, alors ?

5:44
Intervenant

Le Parlement peut être une instance de contrôle de l'exécutif ?

5:49
Fabien Roussel

Au Parlement, dans des mobilisations avec les gens, il faut qu'il y ait de la conviction, il faut que les gens se rendent compte de ce qui se passe dans le pays, qu'on peut mettre en œuvre d'autres choix, justement, en faveur de la santé publique. Et, bon, un tribunal va permettre de voir s'il y a eu faute, manquement, et voilà.

6:08
Intervenant

Sur la vaccination, Fabien Roussel, la France s'apprête à passer le cap des 50 millions de primo-vaccinés, mais il reste encore des gens qui hésitent, des récalcitrants. Est-ce qu'il faut en venir à la manière forte, comme l'a fait Joe Biden ? On écoute le président américain.

6:22
Invité

Mon message aux Américains non vaccinés est le suivant. Pourquoi attendre davantage ? Qu'avez-vous besoin de voir en plus ? Nous avons rendu les vaccinations gratuites, sûres et accessibles. Nous avons été patients, mais notre patience a des limites. Faites-vous vacciner.

6:39
Intervenant

Voilà, Joe Biden qui annonce l'obligation vaccinale pour les salariés des entreprises de plus de 100 personnes, ainsi que tous les emplois publics. Est-ce qu'il a raison de taper du poing sur la table ? Est-ce qu'Emmanuel Macron doit rendre cette vaccination obligatoire pour tous ?

6:55
Fabien Roussel

La réalité, c'est qu'il y a aujourd'hui, effectivement, près de 50 millions de nos concitoyens qui vont avoir reçu une première dose. Il n'y en a que 46 ou 47 qui ont eu les deux doses. Et il y a 57 millions de nos concitoyens qui sont éligibles au vaccin. Ça veut dire qu'il y a encore 7 millions aujourd'hui de Français qui ne sont pas vaccinés du tout. Et donc il y a, je dirais, une marge de progression qui est très importante. 7 millions de personnes qui ne sont pas vaccinées dans notre pays, c'est 7 millions de personnes qui risquent d'attraper cette maladie.

7:25
Intervenant

Alors, obligatoire ou pas, la vaccination ?

7:27
Fabien Roussel

Parmi eux, parmi eux, des personnes qui sont atteintes de fragilité, de comorbidité. C'est pour ça que je suis une des rares personnalités, justement, politiques, à gauche, qui a lancé cet appel à la vaccination généralisée. Je suis pour protéger la vie des gens. Et le vaccin, aujourd'hui, est le seul moyen de protéger.

7:45
Présentateur

Généralisé et obligatoire, donc.

7:46
Fabien Roussel

Mais nous aurons le temps de rendre obligatoire ce vaccin. Aujourd'hui, je me rends compte, moi-même, à Saint-Amand-les-Eaux, dans ma commune, j'en ai parlé encore avec des médecins hier, que quand on va chez les gens, pour leur proposer de se faire vacciner, à des personnes qui sont éloignées des soins, ils se font vacciner. Et donc, aujourd'hui, on doit aller vers eux et créer toutes les conditions dans notre pays pour qu'ils se fassent vacciner. Je vous donne un exemple. C'est ce que dit aussi le gouvernement. On va reprendre cette discussion. Non, mais c'est très concret. Alors, très, très vite.

Les caisses primaires d'assurance maladie sont les seules à avoir la liste des personnes vaccinées. Nous aurions besoin, dans chaque commune, de connaître ces listes, d'avoir les noms des gens qui ne sont pas vaccinés, pour pouvoir, avec les élus, les médecins de famille, les infirmiers, d'aller vers eux et de leur demander de se faire vacciner. Mais pas d'obligation. Quand nous aurons fait ça, nous verrons bien, à ce moment-là, s'il est nécessaire de rendre obligatoire ou pas.

8:41
Présentateur

Fabien Roussel, invité du 830 France Info, On reprend cette discussion juste après le fil. Info, Diane Ferschit, 9h20. 20 ans après les commémorations aux Etats-Unis des attentats du 11 septembre 2001, près de 3000 personnes avaient été tuées dans l'attaque contre les tours jumelles du World Trade Center, mais aussi en Virginie et en Pennsylvanie. Première cérémonie ce matin à New York, avec une minute de silence. Ce sera en présence du président américain Joe Biden. Et c'est un triste anniversaire dans le contexte du retrait américain d'Afghanistan et de l'arrivée des talibans au pouvoir. Hier soir, 32 personnes, dont 21 citoyens américains, ont pu quitter l'Afghanistan.

La réaction de Matignon après l'annonce de la mise en examen d'Agnès Buzyn dans la gestion de la crise du Covid, la France a pris très rapidement les mesures nécessaires, affirment les services du Premier ministre. L'ancienne ministre de la Santé est donc mise en examen pour mise en danger de la vie d'autrui après plus de 8 heures d'audition devant la Cour de justice de la République. Elle est en revanche placée sous le statut plus favorable de témoin assisté pour abstention volontaire de combattre un sinistre. L'Etat promet 600 millions d'euros par an pour la mise en place d'un régime universel d'indemnisation à l'intention des agriculteurs victimes des aléas climatiques.

Une assurance récolte, présentée par Emmanuel Macron hier dans les Alpes de Haute-Provence, objectif qu'elle soit mise en place d'ici la prochaine politique agricole commune dans deux ans. La qualification en finale de l'US Open de tennis de Novak Djokovic, le serbe, s'est imposée tôt ce matin face à l'allemand Alexander Zverev. Il retrouvera le russe Danil Medvedev en finale demain. France Info. Fabien Roussel est l'invité du 8.30 France Info ce matin, secrétaire national du Parti communiste et candidat à l'élection présidentielle. On parlait de vaccination, donc de l'épidémie de Covid.

Dans le livre que vous venez de publier, Fabien Roussel, vous dites que la France du Covid, finalement, c'est l'illustration de ce que les Français ont de meilleur.

10:37
Fabien Roussel

C'est ce que vous dites. Dans le sens où, face à cette épidémie, et lors de la première vague notamment, nous avons vu un tas de professions être en première ligne, exposées à la maladie, parfois risquer leur vie, mais aller au-devant et remplir leur mission avec dévouement, sans rien dire, parfois avec des salaires de misère. Je pense autant aux soignants qu'à ces hôtesses de caisse dans les supermarchés, qu'à ceux qui ont transporté la nourriture, à ces rippers derrière les camions poubelles. Toutes ces professions qui ont continué de faire fonctionner le pays alors que nous étions tous confinés. Je suis, ce peuple est beau.

Je suis fier, moi, de ce monde du travail qui se sent méprisé, qui n'est jamais respecté, et qui a été en première ligne, et qui est toujours en première ligne aujourd'hui.

11:27
Intervenant

Puisque la question des salaires, de ce qu'on a appelé les premières lignes, arrive en cette rentrée comme un thème fort de l'actualité. Parlons de social, parlons d'économie. D'abord la reprise. La reprise, elle est là. Le ciel économique est bleu. Plus de 6% de croissance. C'est les prévisions de l'Insee publiées hier. C'est la plus forte croissance depuis 1973. Merci Macron pour son... Qu'il en coûte ou pas ?

11:50
Fabien Roussel

Myriam Ancawa, le ciel économique est bleu. Parlez pour vous. Mais moi, je rencontre des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Je rencontre des salariés qui n'arrivent pas à subvenir à leurs besoins malgré le travail qu'ils ont parce que le travail ne paye pas, parce que les salaires sont bas. Il y a aujourd'hui plus de 10 millions de nos concitoyens qui vivent sous le seuil de pauvreté. Et nous sommes un pays riche, très très riche. Vous avez vu la fortune des 500 plus grandes familles de France qui a doublé pendant le quinquennat de Macron.

12:20
Intervenant

Qu'est-ce que vous proposez pour les salaires ? Pour les bas salaires ?

12:23
Fabien Roussel

Ce que je souhaite et ce que je vais annoncer à la fête de l'humanité cet après-midi dans mon discours à 17h, c'est que je suis pour garantir le droit universel au travail avec un salaire décent. Le SMIC ? Vous l'augmentez ? Il faut augmenter le SMIC et l'ensemble des salaires. Il nous faut un SMIC à 1800 euros bruts. Il faut surtout un travail pour tous. Il faut rendre le travail universel. Il y a tellement de besoins auxquels nous devons répondre. Et pas du travail...

12:52
Intervenant

Aujourd'hui, il y a une pénurie de main-d'oeuvre. Donc, les emplois sont là. Qu'est-ce que vous proposez ?

12:56
Fabien Roussel

Pas du travail à temps partiel. Pas du travail où on gagne 800 à 900 euros net par mois. Vous comprenez ça ? Toutes ces femmes de ménage qui sont exploitées et qui travaillent 20 heures et qui ont 800 euros par mois. Pas ces jeunes à domicile qui vont soigner nos personnes âgées et qui font des journées à rallonge mais sans faire les 8 heures par jour. Fabien Roussel. Il faut pouvoir les rémunérer correctement.

13:19
Présentateur

Vous dites que la solution, c'est le travail et que le problème, c'est la finance. C'est du François Hollande, ça.

13:26
Fabien Roussel

Oui, sauf que quand François Hollande a dit mon ennemi, c'est la finance, derrière, quand il a été élu, il a travaillé avec la finance et il leur a déroulé le tapis rouge. Et donc, il faut mettre fin au règne de la finance dans notre pays.

13:42
Présentateur

Dans un État qui emprunte sur les marchés tous les jours

13:44
Fabien Roussel

et qui serait en faillite sans ça ? Il y a aujourd'hui une oligarchie financière. Il y a aujourd'hui des responsables, des grandes familles qui détiennent tout. l'économie, les médias, la politique, ils décident de tout. Ils sont une minorité.

14:03
Intervenant

Vous parlez comme Jean-Luc Mélenchon.

14:05
Fabien Roussel

Oui. On l'entend. Mais vous savez qu'on a quand même beaucoup de points communs. Donc, on est de gauche et on s'attaque au capitalisme.

14:12
Présentateur

Vous parlez des plus riches français, vous parlez des marchés financiers, vous parlez de quoi ?

14:17
Fabien Roussel

Oui, mais les marchés financiers. Mais les marchés financiers, est-ce que vous savez qu'aujourd'hui, la France, elle rembourse 38 milliards d'euros d'intérêts bancaires au marché financier ? Parce qu'elle a emprunté énormément. Oui, d'accord. Et sans ces emprunts. Non, mais vous trouvez normal que la Banque Centrale Européenne, elle prête à des taux d'intérêt, elle a prêté à des taux négatifs, mais elle a prêté à des taux élevés pendant des années et on rembourse 38 milliards d'euros au marché financier. La Banque Centrale Européenne, elle prête aux banques et les banques prêtent aux États. Et on rembourse aux banques. D'accord ?

On est aujourd'hui soumis à la dictature des banques qui nous font payer 38 milliards d'euros d'intérêts bancaires tous les ans. Cet argent, il ne pourrait pas servir à financer des écoles, des hôpitaux. Vous ne trouvez pas qu'aujourd'hui, quand on s'endette auprès de la Banque Centrale Européenne, moi, je ne suis pas court contre le fait que l'on s'endette, au contraire, si c'est pour investir, mais ils devraient prêter à taux zéro pour pouvoir investir dans les services publics, dans la formation, dans les lycées professionnels. C'est pas l'État qui fixe les taux pour les entrées bancaires.

Non, non, justement, réviser les traités européens, la Banque Centrale Européenne, la Banque Centrale Européenne... On reste,

15:24
Intervenant

on sort des traités, comment on fait ?

15:27
Présentateur

Alors, vous dites qu'il faut résister aux traités, mais sans aller jusqu'au Frexit. Mais non, parce que... C'est ce que vous dites, dans votre traité. Comment on fait ça ?

15:35
Fabien Roussel

J'ai fait un débat hier avec mon collègue député Raoul du PTB, du Parti du Travail Belge, et justement, je pense qu'en Europe, nous avons beaucoup à faire ensemble dans le respect de la souveraineté des nations, mais dans la coopération. Nous devons travailler ensemble, justement, pour obtenir la levée des brevets sur les vaccins, les transferts des technologies, et produire en Europe des vaccins libres de droits pour garantir à tous l'accès à ce vaccin, et que l'on arrête de faire des profits sur cette pandémie. On a des combats menés ensemble pour réindustrialiser nos pays et l'Europe. Et donc, je ne suis pas pour le repli sur les frontières.

Je suis pour faire vivre les droits des travailleurs européens, français et européens, un SMIC européen, une retraite commune, une santé publique partout et pour tous. Vous parlez du SMIC,

16:25
Intervenant

vous voulez l'augmenter. D'ailleurs, en cette rentrée, vous allez débattre avec Valérie Pécresse. Elle aussi veut l'augmenter de 10% pour tous les salaires de la classe moyenne dans notre pays, mais sans que cela coûte aux entreprises. Vous, c'est quoi votre solution ? Aujourd'hui, il y a une pénurie de main-d'oeuvre dans l'hôtellerie, dans la restauration. Donc, il y a de l'emploi, mais il n'y a pas preneur. Comment vous, vous poussez ou vous incitez les salariés, souvent au chômage, à prendre ces emplois-là ?

16:57
Fabien Roussel

Sur la pénurie de main-d'oeuvre, tout le monde, pas que le Parti communiste français, c'est pas que dans l'humanité qu'on le lit, partout, on dit que la pénurie de main-d'oeuvre est liée à un manque de formation et à un manque d'attractivité d'un certain nombre de métiers où il y a effectivement des tensions. Donc, c'est la question des salaires, mais des conditions de travail aujourd'hui. Vous entendez... Mais c'est les entreprises

17:19
Intervenant

qui vont devoir décider d'augmenter les salaires. pour pouvoir répondre

17:23
Fabien Roussel

parce que je ne peux pas vous faire une réponse en 30 secondes si je veux un peu expliquer sur le fait qu'aujourd'hui, il y a aussi une quête de sens au travail. Vous l'entendez, ça ? Y compris de la part des jeunes. Le sens au travail. Pourquoi on va passer une vie au travail ? Qu'est-ce que je vais faire pour mon pays ? On a besoin de ça, de retrouver aussi une vie équilibrée, d'avoir du temps pour ses enfants. Donc, c'est une question de salaire. Mais c'est aussi une question de conditions de travail et de temps passé au travail. Je suis pour la réduction du temps de travail et la semaine de 32 heures. Je préfère qu'on travaille moins mais qu'on travaille tous.

Et je préfère qu'à chaque départ en retraite, il y ait un jeune qui rentre dans une entreprise. Et donc, nous devons aujourd'hui avoir un plan de création d'emploi et de formation qui garantisse à chacun d'avoir un vrai travail et un vrai salaire et je dis que c'est possible.

18:12
Présentateur

Fabien Roussel, on fait une pause dans cette discussion pour le Fil Info. Diane Ferchit. Plus de 8 heures d'audition et à l'issue une mise en examen pour Agnès Buzyn, l'ancienne ministre de la Santé mise en cause pour mise en danger de la vie d'autrui dans le cadre de l'enquête sur la gestion par le gouvernement de l'arrivée du Covid en France. Cette décision crée un précédent dangereux alors que la pandémie n'est pas terminée. réagit sur France Info le député La République En Marche Sacha Houllier et c'est un nouveau samedi de manifestations contre le pass sanitaire. Quelques 200 cortèges prévus à quelques jours de la mise en oeuvre de l'obligation vaccinale pour les soignants.

Le président des Etats-Unis appelle les Américains à l'unité. C'est notre plus grande force dit Joe Biden à quelques heures du début des commémorations des attentats du 11 septembre 2001. Des cérémonies qui vont se tenir dans une ambiance alourdie par le retrait américain d'Afghanistan. 20 ans donc après ces attaques près de 3000 personnes avaient été tuées. Leurs noms seront tous cités ce matin à New York sur l'ancien site des Tours Jumelles. Le bilan est globalement positif selon les ONG à l'issue du Congrès Mondial de la Nature. Il s'est achevé hier soir à Marseille.

Une centaine de motions votées au total sur la déforestation, la protection des mammifères marins ou encore l'extraction minière. Onzième succès en autant de combats pour le boxeur Tony Yoka Roland-Garros le champion olympique 2016 a battu par K.O. le Croate Peter Milas Tony Yoka qu'on savent ainsi son titre de champion de l'Union Européenne des Poids Lourds. France Info Fabien Roussel invité du 8.30 France Info ce matin candidat communiste à l'élection présidentielle secrétaire nationale du parti Myriam Ancawa.

19:49
Intervenant

Oui on parlait de la présidentielle 2022 vous êtes candidat à cette élection. Vous croyez qu'il y a un peuple de gauche Fabien Roussel ?

19:56
Fabien Roussel

Oui Alors pourquoi

19:58
Intervenant

ne pas vous unir tous les candidats de gauche pour le faire gagner ?

20:02
Fabien Roussel

Eh bien parce qu'aujourd'hui face à la crise que nous vivons les multiples crises que nous vivons sanitaires, économiques et démocratiques nous pensons nous qu'il faut mettre fin au règne de la finance et faire surgir le règne de l'existence de l'être humain l'humain d'abord. Nous ne sommes pas sept

20:15
Intervenant

sur la ligne de départ Anne Hidalgo il y aura un candidat écolo deux d'extrême Jean-Luc Mélenchon vous-même Arnaud Montebourg c'est perdu d'avance non ? Pour se qualifier au deuxième tour

20:24
Fabien Roussel

Mais nous ne sommes pas sept à défendre le même projet pour la France nous ne sommes pas sept à remettre en cause le capitalisme et les traités européens et à refuser la concurrence la mise en concurrence des travailleurs et nous voulons nous répondre autant à l'urgence sociale qu'à l'urgence écologique nous voulons reprendre la main sur toutes les richesses que nous produisons dans notre pays pour les mettre au service du climat et du développement humain nous ne sommes pas sept à vouloir cela et il y a des différences à gauche et justement je porte une autre voix vous avez vu les expressions différentes que j'ai eues que ce soit sur la vaccination sur le besoin d'énergie nucléaire que ce soit sur la sécurité et sur l'emploi et les salaires et bien oui je veux que les français les travailleurs pas que de gauche aient le choix et le projet que je porte pour la France et bien il doit être débattu et je souhaite qu'il gagne et donc si je me présente c'est pour être président de la république c'est pas pour faire la figuration pardon

21:20
Présentateur

Fabien Roussel s'il vous plaît détail pratique je vais vous demander d'éloigner un peu votre téléphone du micro car on a des interférences peut-être viennent-elles de là à propos de ce que vous étiez en train de dire quand l'humanité se dissout dans la productivité c'est ce que vous écrivez dans votre livre vous êtes pour la décroissance

21:35
Fabien Roussel

vous aussi j'aime pas ce débat croissance décroissance parce que ça dépend ce qu'on met derrière moi je suis pour la croissance du bonheur des français et donc qui ne l'est pas bah oui mais donc qu'est-ce qu'on met derrière croissance et décroissance la croissance du PIB comme le promeut le gouvernement oui on entend là la croissance économique le PIB donc si c'est pour faire continuer de faire augmenter la fortune et le patrimoine des plus riches et de demander aux français de se serrer un peu plus la ceinture je ne suis pas pour ce type de croissance qui fait augmenter la fortune d'une minorité au détriment des autres donc je suis pour le partage pour la solidarité maintenant il y a un débat derrière sur la modification de nos modes de production pour tenir compte des enjeux climatiques c'est un débat qui est sain que nous devons avoir à l'occasion de cette élection présidentielle et pour notre part nous disons qu'il faut modifier nos modes de production nos modes de consommation écolo-coco c'est le titre mais bien sûr pour mieux répondre aux besoins de notre pays c'est pour ça que ouais je dis écolo-coco pour dire que nous communistes quand nous voulons remettre en cause le capitalisme c'est parce que nous disons que le capitalisme vert ça n'existe pas et que le problème c'est pas la couleur c'est le capitalisme et qu'il faut changer le système pour pouvoir répondre aux besoins écologiques Jean-Luc Mélenchon

22:54
Intervenant

en parle beaucoup d'écologie qu'est-ce qui fondamentalement vous distingue de lui ? vous dites je vais apporter un peu de fraîcheur dans cette compétition présidentielle il est usé Jean-Luc Mélenchon ?

23:04
Fabien Roussel

je ne me permettrai pas de dire ça je préfère parler de mon projet

23:08
Intervenant

il y a beaucoup d'électeurs qui se demandent au fond qu'est-ce qui vous différencie très précisément est-ce que c'est les questions de république de laïcité est-ce que c'est le nucléaire qu'est-ce qui vous différencie

23:19
Fabien Roussel

profondément ?

vous citez un certain nombre de points sur lesquels j'ai eu des expressions différentes ou le parti communiste français a des expressions différentes mais vous avez vu dans ce début de campagne effectivement je me suis distingué sur la vaccination ou moi j'appelle à la vaccination généralisée je me distingue sur la politique énergétique que notre pays doit avoir pour justement sortir des énergies fossiles moi je suis plus préoccupé par une empreinte carbone nulle en 2050 et la sortie des énergies fossiles et pour cela nous avons besoin de l'énergie nucléaire et de l'énergie hydroélectrique et de nationaliser EDF et ENJ et puis je me suis distingué aussi sur les questions de sécurité et de tranquillité publique parce que je considère que la question de la tranquillité publique et de la paix sociale est une question importante une question centrale vous terminez votre livre là-dessus pourquoi terminer sur cette question ?

non c'est pas je dis pas que c'est une question centrale mais j'entends que c'est une préoccupation majeure chez un grand nombre de nos concitoyens qu'ils habitent dans les grandes villes ou à la campagne dans les villages et donc je veux répondre à cette préoccupation je suis en colère que ce soit la droite ou l'extrême droite qui nous donne des leçons alors que la gauche justement et les maires les maires communistes sont confrontés à des difficultés regardez ce qui se passe à Corbeil et Sonne en ce moment il y a besoin d'une police nationale de proximité mais il y a besoin aussi de services publics dans ces villes dans ces quartiers de redonner des moyens à nos communes et c'est aussi ça que je porte

24:42
Intervenant

tous ces sujets seront au coeur de la fête de l'humanité à la Courneuve trois jours un tout petit mot de programme c'est musical mais c'est aussi politique

24:50
Fabien Roussel

c'est un programme à la fête de l'humanité c'est toujours un programme musical politique gastronomique c'est la fraternité la convivialité il y a encore beaucoup de places venez les portes sont grandes ouvertes pour écouter Alain Souchon IAM Trio tous ces artistes qui vont venir dans les deux jours qui viennent

25:10
Présentateur

Fabien Roussel merci beaucoup secrétaire national du parti communiste et candidat à l'élection présidentielle invité du 830 France Info ce matin C'est un peu plus de temps

25:18
Locuteur

à l'élection de la fête de l'humanité et de la fête de l'humanité et de la fête de l'humanité