Le Grand Entretien - Marine Le Pen : "Si je peux être candidate, je serai candidate"|LCI
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– Bonsoir Marine Le Pen. – Bonsoir. – Cet entretien a lieu dans des circonstances exceptionnelles dans l'histoire de la Ve République, une des personnalités les mieux placées en vue de l'élection présidentielle, éligibles ou non, ce sera l'arrêt de la cour d'appel le 7 juillet, on va y venir, d'abord l'actualité, la tragédie de Louis à Narbonne, adolescent de 17 ans, dont le lynchage est filmé par plusieurs jeunes gens, dont plusieurs mineurs, les chiffres montrent l'explosion de ce type de criminalité, moins extrême souvent, mais là on a un cas évidemment épouvantable, quel exemple a-t-on de mesures que vous prendriez qui changeraient la donne ?
– Nous avons beaucoup de mesures, parce qu'en réalité c'est un ensemble de mesures qu'il faut prendre d'abord, il faut assumer le fait de resacraliser l'intégrité physique, c'est-à-dire qu'il faut prendre des mesures de fermeté, notamment supprimer les aménagements de peine pour tous les délits avec des condamnations à plus de 6 mois qui touchent à l'intégrité physique, parce qu'en réalité on s'aperçoit qu'on assiste de plus en plus à des violences dont on dit qu'elles sont gratuites, mais qui ont pour objectif d'attenter à l'intégrité physique.
Je pense que c'est un élément de décivilisation, vous voyez ces atteintes à l'intégrité physique qui ne sont pas sanctionnées comme elles devraient l'être. Donc ça, c'est toute la société qui ne doit plus accepter en réalité que les violences soient aujourd'hui le quotidien dans un certain nombre de quartiers de France. Ça, c'est déjà la première des choses. Deuxièmement, moi je crois beaucoup à la théorie de la vitrine brisée qui a été la théorie de Giuliani à New York. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est tellement submergé en réalité par le nombre de délits et de crimes qu'on se dit qu'on ne va s'attacher qu'au plus grave.
Et du coup, on laisse dériver des délinquants qui, de délinquants, passent à criminels.
Dans certains cas, pardon, on n'enquête même plus. On a montré ici les chiffres des cambriolages où on voit qu'il y a seulement 7% qui sont élucidés après un an. Donc de fait, il y a des crimes qui sont des crimes, sécurité des personnes et des biens, en tout cas des biens qui ne sont pas vraiment sous une enquête.
Mais M. Rochemin, c'est pire que ça. C'est-à-dire qu'en réalité, il y a des gens qui ne portent plainte que pour déclencher leur assurance parce qu'ils savent pertinemment qu'il n'y aura pas d'enquête et qu'il n'y aura évidemment aucune résolution de l'affaire.
Mais Mme Le Pen, si on reste aux cas les plus extrêmes, évidemment ce qui est arrivé à Louis, ce qui est arrivé à Liana, est-ce que vous considérez que, dans certains cas, les suspects de ce type d'affaires sont irrécupérables ?
Ça, j'ai envie de vous dire, ça n'est pas à moi de le dire. Moi, comme responsable politique, ce qui est mon obligation, mon devoir impérieux, c'est de faire en sorte que la société soit protégée de ce type de personnage. Et pour protéger la société de ce type de personnage, il faut que, lorsque des peines de prison sont prononcées par des magistrats, elles soient exécutées. Et je crois assez, et je le défends depuis très nombreuses années, à l'exemple des Pays-Bas, c'est-à-dire, dès les premiers délits, des peines qui soient courtes, mais qui soient sûres et qui soient immédiatement exécutées. Parce que je pense que ça évite cette dérive dont je parlais tout à l'heure.
Le problème, c'est qu'il faut des places de prison pour pouvoir exécuter les peines. Or, cela fait des années et des années que, par une impréparation absolument totale, les gouvernements successifs n'ont pas tenu compte, parce qu'ils sont dans le déni, en fait, ils n'ont pas tenu compte du fait que la France est devenue un des pays les plus criminogènes d'Europe.
Dites un mot de l'échelle des peines. Quand le président de la République, il y a quelques jours, dénonce ce qu'il considère comme la tentation d'un rétablissement de la peine de mort, est-ce que vous organiseriez un référendum sur la peine de mort ?
Non, parce que je vais vous dire ce que je pense. J'ai longtemps été, moi, pour la peine de mort. Et puis, en réalité, je me suis rendu compte que si on mettait en place une vraie perpétuité, une vraie perpétuité réelle, eh bien, il y aurait beaucoup moins de gens qui seraient pour la peine de mort. Ce qui pousse les gens à être pour la peine de mort, c'est qu'ils ont le sentiment que des gens entrent en prison pour des faits d'une gravité et d'une brutalité absolument inouïes et en réalité, en sorte, au bout de 15 ans, au bout de 20 ans, au bonéfice d'aménagement de peine, au bénéfice de réduction de peine, diverses et variées.
Mais vous semblez considérer, pardon, que le débat est fini. Badinter lui-même disait que le débat n'est pas tabou. Mais le débat n'est pas tabou. Il disait que ce serait une régression. Mais les partisans de la peine de mort lui répondent que c'est une sorte de... Ce n'est pas statistique. C'est une sorte de pierre angulaire d'un système d'autorité implacable. Mais ils n'ont pas tort. Les États-Unis la pratiquent.
Mais je vais vous dire, ils n'ont pas tort sur une chose que j'ai défendue à une époque d'ailleurs. C'est en réalité que les peines sont une pyramide. Et que paradoxalement, quand vous coupez le sommet, vous assistez à un effondrement de l'échelle des peines. C'est la raison pour laquelle il eut fallu, mais ça n'a pas été le cas, qu'à la peine de mort soit substituée la perpétuité réelle, celle qui permet de ne plus sortir en réalité de prison. Et il n'est pas trop tard pour le mettre en œuvre. Parce que beaucoup de défenseurs de la peine de mort partent du principe que c'est une peine qui permet définitivement de protéger la société. Il y en a une autre. C'est la perpétuité réelle.
Marine Le Pen, entrons dans l'un des principaux sujets. C'est ici. On va voir l'image. Le 7 juillet, la première chambre de la Cour d'appel. On connaîtra l'arrêt rendu par l'arrêt des trois magistrats qui sera de fait l'arrêt du destin. Soit vous êtes inéligible, soit vous semblez assuré d'être au second tour de la présidentielle. Peut-être de diriger la septième puissance de la Terre. Comment est-ce qu'on vit un suspense pareil ? Est-ce que vous dormez ?
Oui. Oui, oui, je dors. Je suis quelqu'un de calme et de serein. Vous savez, moi, j'ai vécu... Je sais que la vie politique est une succession d'épreuves. une succession de coups. Parfois de coups bas, d'ailleurs. Et donc, je prends les épreuves comme elles arrivent. Et j'ai une philosophie, c'est de ne pas m'agacer de quelque chose sur lequel je n'ai pas d'influence. Je n'ai pas d'influence sur la décision qui sera prise par la Cour d'appel. Il n'en demeure pas moins que, évidemment, selon sa décision, ça aura des conséquences évidemment importantes pour l'avenir de la France. Puisque ça attend directement, si vous voulez, à l'élection présidentielle.
C'est-à-dire au choix également qui est le choix des dizaines de millions de Français qui attendent cette échéance
avec impatience. Mais pardon, ça veut dire que vous ne bougez pas ? Vous n'essayez même pas de savoir, franchement ? Vous avez des réseaux ? Vous avez des amis, avocats, magistrats, etc. Vous ne passez pas votre journée au téléphone à dire qu'est-ce que tu sais ? Non.
Vous savez, j'ai été avocat. Et je sais pertinemment que quand une cour d'appel ou un tribunal d'ailleurs est saisi d'une affaire avec des conséquences potentiellement aussi importantes, il n'y a rien qui filtre. Donc, je ne sais pas ce que vous disent ceux que vous croisez, mais sachez qu'en réalité, ils ne savent rien.
Vous avez peur ?
Non, je n'ai pas peur. La peur est un sentiment qui ne m'est pas familier. Et encore une fois, quand on mène un combat comme je l'ai mené et comme je continue à le mener et comme je continuerai, quoi qu'il arrive, à le mener, la peur n'a pas sa place. On peut avoir un sentiment d'injustice, on peut avoir un sentiment d'être privé d'un combat qui reste le combat de ma vie.
Mais à ce point-là, c'est une sorte de quitte au double. Je ne sais pas si vous connaissez l'agonie de Richelieu. On lui dit dans 24 heures, vous serez guéri ou vous serez mort. C'est un peu votre cas. Dans quelques jours, vous serez guéri ou vous serez morte ? Non, je ne serai pas morte.
Quoi qu'il arrive, je ne serai pas morte. Quoi qu'il arrive, je continuerai à mener le combat pour mes idées. En réalité, je me suis toujours battue pour que nos idées soient appliquées, si vous voulez.
Oui, mais une peine entre être militante et être présidente de la République, ce n'est pas la même chose.
Non, ce n'est pas la même chose. Mais encore une fois, ça ne dépend pas de moi. Ça ne dépend plus de moi. Mais je continuerai à me battre et je continuerai à être militante. Et si je ne suis que militante, je ne serai que militante. Et je trouve que c'est déjà une grande chance de pouvoir se battre pour ces idées.
Les magistrats, il faut leur faire évidemment ce crédit, sont en principe impartiaux. Mais on a tous en-dessus de nous cette force qui s'appelle l'esprit du temps. Est-ce que vous pensez que ça joue ? Est-ce qu'il y a un calcul humain qui est de dire, voilà, et dans d'autres circonstances, notamment dans l'affaire Fillon, il y a eu ces reproches, juste ou injustes, qu'ils empêchaient le déroulement normal de la démocratie ? Est-ce que ça compte d'après vous ?
J'espère. J'espère, parce qu'il y a eu une réserve d'interprétation qui a été effectuée par le Conseil constitutionnel, qui est tout de même un signal qui a été lancé, qui dit attention à la liberté constitutionnelle qui est celle du vote, qui est celle des Français. Alors c'est à eux que je pense, parce qu'encore une fois, des décisions telles que celles-là peuvent avoir une influence sur le cours des choses. Et quand il s'agit d'une élection aussi importante que l'élection présidentielle, je mesure le poids qui doit peser aujourd'hui sur les épaules des magistrats de la Cour d'appel et je pense qu'ils en sont parfaitement conscients.
Marine Le Pen, prenons les scénarios. Jugement en première instance dans l'affaire des assistants parlementaires était de 4 ans de prison, dont 2 fermes, aménagées sous bracelet, 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. Premier scénario, cette exécution provisoire si controversée, d'après ce que je comprends, peut en fait se retourner d'une certaine manière en votre faveur puisque une partie de la peine aura déjà été purgée. La nouvelle peine pourrait faire qu'elle arriverait à l'inéligibilité juste avant le début de la présidentielle.
Ça dépend quelle peine. Oui, mais dans cette hypothèse-là,
même si c'est un jour avant la date de la présidentielle, est-ce que vous y allez ?
Ah oui, bien sûr. L'éligibilité, elle se mesure au jour de l'élection. Pas au jour du dépôt des parrainages, pas au jour du décret de convocation des électeurs. Elle se juge au jour de l'élection. Donc, bien entendu, si je peux être candidate et si je peux faire compagnie...
1er mai, en clair, si elle arrive jusqu'au 1er mai et qu'ensuite vous êtes de nouveau inéligible, vous y allez. De nouveau inéligible.
Il faut quand même l'être dès le premier tour. Oui. Bon. Mais si je peux être candidate, je serai candidate. Pour peu que je puisse faire campagne, M. Rocheba. Car s'il s'agit de m'autoriser à être candidate mais de m'empêcher en réalité de mener une campagne tout à fait librement, vous entendez bien que ce ne sera pas possible.
Qu'est-ce que vous voulez dire ? Avec un bracelet ?
Bien sûr. Je ne peux pas dépendre d'un magistrat pour m'autoriser à aller faire un meeting à Romorantin ou aller sur un marché à Enabon.
Ça, c'est le deuxième cas de figure. Qu'on comprenne bien. Ça veut dire que sur le terrain de l'inéligibilité, les choses tournent bien mais vous avez soit une peine de prison, soit un bracelet qui fait que pendant la campagne, vous auriez le bracelet. Je ne sais même pas d'ailleurs où on le met, si c'est au bras ou à la...
Je n'ai pas non plus, je n'ai pas cette expérience.
Est-ce que vous imaginez, est-ce que vous êtes sûr que vous ne pourriez pas faire des meetings comme l'ont fait certains, je veux dire, de dire je suis victime, je monte mon bracelet, regardez, le système essaye de m'empêcher.
Oui, non, non. Non, je vois bien le côté cinématographique de l'hypothèse.
Trump et son mug.
Mais non, non, parce que je pense que quand on est un candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ces mouvements et ça n'est pas le cas si vous êtes porteur d'un bracelet électronique. Donc je pense que les magistrats sont bien conscients, si vous voulez, qu'on ne peut pas faire une campagne présidentielle avec un bracelet.
Prenons toutes les hypothèses. L'hypothèse de l'inéligibilité en vigueur à la date de l'élection présidentielle, est-ce que votre discours, le jour de l'annonce, est déjà prêt, du 7 juillet ?
Si vous me demandez, est-ce que j'ai réfléchi à toutes les hypothèses ? J'ai évidemment réfléchi à toutes les hypothèses, bien entendu. Mais si vous voulez, je me félicite tous les jours, je me réjouis tous les jours d'être fondamentalement, je pense, différente de beaucoup d'autres responsables politiques et d'avoir toujours considéré que je pouvais prendre une balle, y compris judiciaire. Et par conséquent, il fallait à tout prix que s'il m'arrive quoi que ce soit, il y ait quelqu'un pour porter les idées pour lesquelles je me bats.
Avant ça, pardon, est-ce que vous contesterez ?
Si je ne peux pas être candidate, oui, bien sûr, j'userai l'ensemble des voies de recours qui me sont ouvertes et qui me seront fermées dans un certain nombre d'hypothèses où pourtant j'aurais très envie de pouvoir saisir potentiellement la cour de cassation, mais où je serais en réalité interdite de pouvoir le faire.
Donc c'est la cassation dans tous les cas ?
Non, pas dans tous les cas. Il y a des cas où je ne pourrais pas, même si j'en avais envie, où je ne pourrais pas saisir la cour de cassation parce que cela m'interdirait en réalité de pouvoir me présenter.
Est-ce que vous contesterez dans le discours ? Est-ce que vous diriez que c'est injuste ?
C'est-à-dire que si je suis condamnée, je trouve que c'est injuste pour mille raisons.
Mais est-ce que vous élèverez ? Est-ce qu'il y aura une manifestation ? Est-ce que vous imaginez un trocadéro avec une manifestation avec vos troupes ?
Non, non, monsieur Angebin, que les choses soient claires. Ce qui a été très contesté lors de cette première instance, c'est non seulement la formulation très politique même qu'avaient choisi les magistrats de première instance, mais c'est aussi l'exécution provisoire. L'exécution provisoire, ça consiste à dire au juge d'appel, on se moque complètement de ce que vous pensez, nous avons raison, c'est comme ça, et donc nous faisons appliquer la peine que nous avons décidée, nonobstant la capacité qui est donnée à tout justiciable de pouvoir précisément faire rejuger son affaire. Donc on n'est pas du tout dans les mêmes circonstances.
Marine Le Pen, ce n'est pas une émission de portrait personnel, mais un lieu commun sur vous, tous les biographes qui se sont risqués à faire votre biographie le disent, c'est que c'est un lieu commun. Une part de vous serait soulagée, qu'il y a une part de vous qui n'est pas consacrée 100% à la politique et qu'au fond, lâcher l'affaire pourrait vous soulager. Est-ce que c'est vrai ?
Non, c'est faux. Non, c'est faux. Mais je sais que je perturbe un certain nombre de biographes, comme vous dites, parce que je n'ai pas les dents qui rèillent le parquet, que je n'ai pas un égo démesuré et que ce sont des gens...
Vous les avez maintenant. Pour finir le portrait, pardon. Non, non, mais ce sont ceux souvent qui disent c'était la Marine Le Pen un peu fait tarde de la jeunesse qui au fond, oui, oui, ça fait partie de chacun sa légende ou dorée. Oui, c'est ce que j'ai dit à Jordan, j'ai dit chacun son tour. Est-ce que cette Marine Le Pen là pourrait se dire au fond, j'ai bien vécu, j'ai bien profité, je passe à autre chose ?
Non, pas du tout. Non, non, j'ai toujours considéré le combat que je menais comme un devoir supérieur à l'égard de mon pays. Donc, si on me prive de pouvoir remplir ce devoir, ce sera pour moi incontestablement une souffrance. Mais encore une fois, comme je n'ai pas un égo démesuré et les dents qui rèillent le parquet, tout le monde pense qu'en réalité, je n'ai pas envie de remplir ces responsabilités. Bien sûr, je veux remplir ces responsabilités pour une raison simple, M. Rochemin, c'est que je pense que si nous ne faisons pas ce qu'il faut faire pour la France, personne d'autre que nous ne le fera.
Et on va rentrer dans tous ces points de programme un peu davantage. Un mot sur l'autre affaire qui s'ajoute à cela, c'est Jean-Anne Bardella lui-même qui l'a confirmé, des perquisitions qui ont eu lieu en Europe après des soupçons sur des fonds européens portant du groupe européen de députés où siégeait le Rassemblement national et dont auraient bénéficié certains de vos prestataires. On verra ce que dit l'enquête dans ce cas-là. C'est vraiment le tout, tout début. Est-ce qu'il y a eu de votre part, disons, au sens général, ce groupe européen, une imprudence voire une faute potentielle ?
Je ne crois pas du tout que cette procédure soit justifiée. Et je vous le dis très clairement parce que je commence à avoir une sacrée habitude des calendriers judiciaires. C'est quand même drôle, ça arrive toujours à un moment, au moment où potentiellement ça peut avoir une influence néfaste. À une semaine du rendu de la décision de la Cour d'appel que ces perquisitions soient effectuées chez nos prestataires, d'ailleurs, pour moi, ne relève pas du hasard. Je ne suis quand même pas née de la dernière pluie. Je n'y crois plus au hasard dans ce genre de domaine. Mais plein de hasards comme ça qui se succèdent font qu'on finit par douter.
Est-ce que vous avez été imprudent, vous, Eren ?
Je ne sais pas quoi vous répondre. En plus, je n'étais plus députée européenne à l'époque. Mais voilà, on peut toujours être imprudent. Mais entre l'imprudence, si vous voulez, et le délit, il y a une distance considérable. Moi, je trouve étonnant toujours de voir un peu la différence de traitement qui nous est réservée par rapport à d'autres responsables politiques. Vous ne m'empêcherez pas, si vous voulez, dans mon affaire de m'étonner quand même que pour des mêmes faits, M. Bayrou a été relaxé, M. Mélenchon n'a même pas été poursuivi. Voilà, on nous tombe dessus toujours.
On ne va pas faire une grande émission juridique sur le fond, mais évidemment, il y a des degrés, il y a des paliers. Moi, je peux vous dire, j'ai vu de mes yeux, par exemple, parce qu'il y a parfois des systèmes et il y a parfois des détails. J'ai vu de mes yeux un officier de sécurité de l'ancien Premier ministre qui fait la vaisselle ou qui va s'occuper des petits-enfants de faire du babysitting. D'une certaine façon, ce n'est pas au contribuable de faire ça.
Ça n'est pas ce que nos assistants parlementaires faisaient.
J'ai vu de mes yeux tant que ça existe dans beaucoup de parlements, des parlementaires qui utilisent l'assistant à des fins qui ne sont pas exactement qui vont faire les courses, etc. Chez vous, c'est vrai, en tout cas, d'après le jugement, tel qu'il est en première instance, ça a été un système très complet pour beaucoup de gens. Est-ce que, encore une fois, chacun jugera ? On verra ce que la cour de c'est juillet.
Mais surtout, si vous voulez, excusez-moi, mais pour le coup, ça n'est pas du tout ce qui nous était reproché. Il nous a jamais été reproché que nos assistants parlementaires effectuaient pour nous des tâches privées de la même manière qu'il nous a jamais été reproché d'avoir tiré un bénéfice pécuniaire à titre personnel du travail politique en réalité de nos assistants parlementaires.
Et vous savez l'ambiguïté là-dessus ? C'est-à-dire, évidemment, dès lors qu'on utilise une destination qui n'est pas stricte, on peut dire que sinon, ça remplace.
Vous voyez, le problème, c'est que la justice ne peut pas être ambiguë en réalité. La justice, c'est la justice. Donc, on ne peut pas dire bon, ben, alors, pour un tel, on va tomber de ce côté-là et puis pour un tel, on va tomber de l'autre côté. Parce que là, ça crée une incompréhension chez les justiciables dont je fais, bien entendu, partie et ça ouvre la voie à des interrogations sur ces différences de traitement.
Marine Le Pen, on verra. On verra bien le 7 juillet, évidemment. C'est sûr. Prenons toutes les hypothèses, effectivement, si c'est Jordan Bardella qui y va, voilà, vous l'évoquiez vous-même. Je ne sais pas si vous avez entendu la gaffe d'un de vos lieutenants qui est extraordinaire, c'est M. Ballard qui a lâché ce mot, c'était chez une consoeur. Il dit que vous seriez la tutrice de Jordan Bardella. C'est assez drôle parce que dès qu'il prononce le mot, il se dit oulala, la boulette. Est-ce que vous seriez...
Tant mieux s'il s'est rendu compte en le disant que... Est-ce que vous seriez
la tutrice de Jordan Bardella ?
Non, bien entendu que... Président. Bien sûr que non. Moi, j'ai toujours... J'ai toujours dit, d'ailleurs, que lorsque je suis devenue présidente du Rassemblement National, mon père, qui en réalité aurait aimé le rester, était extrêmement présent dans les décisions que je pouvais prendre et que je ne ferais pas la même chose à Jordan. Je pense que quand on acquiert une responsabilité, il faut l'assumer et l'assumer de façon totalement libre et je crois pouvoir dire et Jordan vous le confirmera que je laisse Jordan absolument totalement libre. Ça ne veut pas dire que nous ne discutons pas. Nous discutons ensemble régulièrement. Nous avons des conversations qui sont quasiment quotidiennes.
Nous échangeons sur toute une série de sujets mais jamais de ma vie je ne me vois dans la position d'une tutrice.
Madame, vous savez que tous les journalistes de France et de Navarre avec raison, traquent les différences qu'il y a de fond, de forme entre vous et lui. C'est une évidence, c'est difficile sans vous connaître plus complètement mais il y a quand même une question de fond. Si vous êtes candidate et vous estimez que vous êtes la candidate légitime, c'est bien que vous estimez que vous avez quelque chose en plus. C'est quoi ?
Bon, je dis que je suis la candidate naturelle en quelque sorte de mon...
De ne pas dire grand chose naturelle.
Si, parce que j'ai été trois fois candidate à la présidentielle, ça ferait une quatrième fois.
Ce n'est pas la file d'attente à la poste. Non. Si un candidat il va plutôt qu'un autre, c'est qu'on considère qu'il a plus de chance.
Vous avez parfaitement raison mais je pense que Jordan va évidemment admettre très facilement que j'ai acquis au cours de cette longue vie politique parce qu'en réalité je suis au premier rang de la vie politique depuis maintenant 25 ans. Je suis obligée de le dire depuis maintenant 25 ans une expérience qui est utile mais surtout nous sommes totalement complémentaires. Si vous voulez moi je me suis préparée à être président de la République il s'est préparé à être premier ministre le président préside le premier ministre gouverne.
Allez au bout de ce que vous vouliez dire il a moins d'expérience ?
Enfin ce serait totalement absurde de dire que quelqu'un qui a 58 ans 30 ans a plus d'expérience que quelqu'un qui en a 58 bien entendu mais tout à fait mais encore une fois l'expérience ne fait pas tout sinon la France ne serait pas dans la situation dans laquelle elle est parce qu'il y a un certain nombre quand même de gens très expérimentés qui ont acquis des très grandes responsabilités dans notre pays et regardez le résultat il est dramatique donc nous sommes complémentaires c'est vrai que je crois avoir une certaine expérience mais Jordan il a un dynamisme absolument incroyable il a la force et le souffle de sa jeunesse il a une capacité importante à rassembler ça tombe bien parce que comme Premier ministre et chef de la majorité c'est aussi ce qu'on attend de lui
allez une différence une différence on va pas essayer de faire un jeu d'inventaire à la prévère mais il y a quand même une différence elle est apparue sur notre plateau pardon de faire un peu de patriotisme de chaîne je vous en prie c'est quand Jordan Bardella a dit sur les retraites l'âge de départ ne veut rien dire qui n'est pas du tout votre ligne est-ce que là il y a une différence objectivement ?
non objectivement vous avez oublié la première partie de la phrase il disait tout le mal qu'il pensait d'Edouard Philippe et de sa proposition non pas du tout et de sa proposition de rallonger l'âge de départ jusqu'à 67 ans et que dit Jordan Bardella il dit quelque chose de tout à fait juste il dit l'âge tout seul ça veut rien dire c'est l'âge et le nombre d'années de cotisation et les deux vont ensemble et c'est sur ces deux éléments évidemment que nous avons fondé notre réforme des retraites nous avons je crois réussi à régler avec cette réforme l'injustice de ceux qui rentrent tôt sur le marché du travail et qui en sortaient beaucoup plus tard en tout cas avec beaucoup plus d'années de cotisation que les autres aujourd'hui nous sommes en train de travailler sur ceux qui ont démarré très tard dans la vie et sont rentrés très tard sur le marché du travail et qui eux aussi bénéficient enfin eux en revanche bénéficient d'un nombre d'annuités inférieures pour pouvoir toucher une retraite pleine vous voyez donc on travaille sur ces sujets
Mme Le Pen en politique l'image compte on ne peut pas nier que l'image est si différente l'image au sens la patte y compris la patte libérale ce qui n'est pas de l'anecdote l'apparition dans sa vie de Maria Carolina une bourbon quand on connaît l'histoire de France c'est pas tout à fait la même branche mais il y a l'autre qui a été décapité une bourbon qui serait première dame à l'Elysée ou à Matignon avouons que les royalistes qui étaient au FN première période avaleraient leur fleur de lys il se passe quelque chose là quand même c'est pas votre éraine
mais M. Rochemont c'est incroyable l'amour est enfant de bohème qui n'est jamais jamais connu de loi voilà on peut tomber amoureux de gens qui par définition sont extrêmement divers et vous prêtez trop aux hommes politiques une forme de cynisme qui voudrait que l'intégralité des actes de leur vie personnelle en réalité soit commandée par leur intérêt l'image qu'ils veulent renvoyer c'est pas ce que je dis de fait de fait c'est ça c'est un jeune couple de fait c'est ça oui bah ça aurait pu être autrement mais pour le coup Marine Le Pen pardon il y a plein de couples qui se forment
pardon il y a des couples qui se forment chez Carrefour ou à La Poste c'est pas c'est une histoire de milieu d'image etc c'est leur liberté totale c'est leur liberté totale mais bien sûr
mais le résultat de ça le hasard a fait qu'il est tombé amoureux de Maria Carolina de Bourbon et libre à eux et l'on vit à eux c'est pas la question et je pense que ce qui serait bien vous n'avez pas répondu
sur les Bourbons
c'est toute la paix en fait parce que honnêtement ça relève là aujourd'hui moi je vois ce qui se passe il y a une forme de harcèlement qui se met en place autour de Jordan Bardella et c'est pas à la gloire en fait des journalistes je crois que de faire ça foutez leur la paix
alors foutons leur la paix mais encore une fois est-ce que cette différence de style, de pâte etc vous sert à l'arrivée ou vous desserrent ?
mais ça me traverse même pas l'esprit je n'analyse même pas cette chose là monsieur Rochemin je trouve que c'est ahurissant je parlais plus généralement
si vous voulez plus généralement d'ailleurs d'en parler vous êtes deux personnalités assez diverses assez différentes
oui c'est un homme je suis une femme je suis une mère de trois enfants une grand-mère de bientôt trois petits-enfants félicitations oui nous avons effectivement des différences Dieu merci Dieu merci et c'est ce que je vous disais tout à l'heure nous sommes complémentaires et pourquoi moi j'ai offert en quelque sorte ce binôme dans cette campagne parce que je crois que c'est une véritable une volonté de transparence à l'égard des électeurs mais qu'il y a aussi entre nous une solidité et une cohérence parce que lorsque les français vont nous faire la confiance de nous porter aux responsabilités s'ils le font le travail est tellement gigantesque
et on va en parler on va parler des premières heures du pouvoir si elles arrivent
tellement gigantesques que croyez-moi il faudrait qu'on évite d'être en situation de se convaincre l'un l'autre encore faut-il y arriver nous n'aurons pas à le faire parce que nous sommes absolument sur la même ligne et nous pourrons donc immédiatement nous mettre au travail
encore faut-il y arriver Marine Le Pen rassurer ce qu'on appelait la bourgeoisie je ne sais pas si le mot a encore un sens je me rappelle Jean Dormesson il travaillait autour de ça qu'est-ce que c'est qu'un bourgeois il disait le bourgeois c'est celui qui ne s'en fout pas il n'est ni rageur ni rêveur ni utopiste ni abstentionniste c'est celui qui a un peu de bien qui a envie que la maison soit bien tenue c'est quelque chose la bourgeoisie vous avez eu longtemps un problème avec la bourgeoisie
oui je ne sais pas peut-être non je n'ai pas le sentiment vous savez comme moi il y a un problème
évidemment de rassurer pardon une partie de la bourgeoisie a voté 81 ça a beaucoup compté pour faire gagner Mitterrand la bourgeoisie a adoré la bourgeoisie progressiste a adoré par exemple Emmanuel Macron à chaque élection vous êtes en train de me dire
qu'elle s'est toujours trompée
comment ? vous êtes en train de me dire qu'elle s'est toujours trompée trompée ou pas on en a besoin
moi je catégorise pas les gens comme ça monsieur je suis désolé de vous le dire mais j'ai pas cette vision mathématique de la politique moi je considère que le président de la république doit le président de tous les français d'où qu'ils viennent quels qu'ils soient quel que soit le niveau de leur patrimoine vous êtes d'accord et comme non mais et comme si vous voulez l'unité
ça pourrait vous le dire aussi pardon mais les classes populaires la bourgeoisie tout ça a un sens Marine Le Pen
non parce que ça a été oublié ça c'est à dire que en réalité on a voulu faire de la politique une véritable science où des sondeurs des analyses venaient de vous expliquer qu'il fallait obtenir tel électorat tel autre moi je veux que le peuple de France soit uni et qu'ils se disent oui nous avons encore la capacité de redresser notre pays qui va aujourd'hui il faut bien le dire particulièrement mal
allez je vous pose une question psychologisante vous pourrez si vous voulez m'envoyer dans les cordes oui je pourrais deuxième question sur les biographes il y a un lieu commun sur vous qui est que et plus qu'un lieu commun tous ceux qui vous connaissent bien disent cela que le fait d'avoir été la fille de Jean-Marie Le Pen par rapport à une bonne société bourgeoise etc a été difficile pendant longtemps est-ce que c'est vrai ?
oui certainement certainement il y avait une forme de tabou moral en réalité au vote Front National pendant longtemps ce tabou moral est tombé beaucoup il tombe de plus en plus et dans les dîners en ville voilà je pense que certains considéraient que c'était pas génial de dire qu'on votait Le Pen mais je pense que les choses ont beaucoup évolué et que beaucoup de gens d'abord ont constaté que la politique qui est menée a été dramatique et que les solutions que nous proposons sont probablement les plus cohérentes
est-ce que vous avez été blessée ? Marion Maréchal dans cette même émission disait que elle racontait cette scène à l'université je crois le type qui tombe amoureux d'elle puis il découvre qui elle est et il dit ah non je veux plus te voir plus jamais
oui ça peut arriver
ça vous est arrivé ?
non pas en amour mais oui ça peut arriver vous en avez voulu à des gens ? voulu non je suis pas une rancunière moi je suis pas rancunière je voilà j'en veux sur le moment mais le lendemain matin je suis passée à autre chose
aujourd'hui on n'est plus aux petites histoires de collèges et d'universités ce sont les patrons est-ce que les patrons sont prêts à voir Marine Le Pen ? vous savez qu'on traque les gens du CAC 40 qui acceptent ou non de vous rencontrer est-ce que tous acceptent de vous rencontrer ?
non mais ce qui est incroyable en réalité c'est qu'on les traque ce qui est incroyable c'est qu'on reproche à des patrons qu'ils soient d'ailleurs des patrons de TPE, PME ou des patrons du CAC 40 de souhaiter rencontrer quelqu'un qui peut demain devenir présidente de la République ça fait encore événement
vous savez très bien quand il y a une rencontre RN-MEDEF pardon que ça vous plaise ou non ça fait encore événement c'est un sujet
oui mais ça m'étonne que ce soit encore un sujet et je pense que ceux qui en font un sujet devraient eux-mêmes s'étonner du niveau de sectarisme qu'en réalité ils véhiculent eux-mêmes
est-ce qu'il y a déjà des ralliés de la victoire des gens qui vous appellent pour tâter le terrain pour voir si jamais vous arrivez là qu'ils ne soient pas oubliés
oui mais il y en aura mais c'est pas grave je m'en moque vous les prendrez mais bien sûr tout le monde doit pouvoir venir encore une fois participer vous en aurez besoin mais tout le monde doit pouvoir venir participer à un travail qui va être je vous l'ai dit gigantesque considérable qui doit être mis en oeuvre le plus rapidement possible et le grand sujet ça va être le sujet des priorités monsieur Rougemont parce qu'en réalité quand la santé est effondrée l'école est effondrée l'insécurité explose l'immigration est hors contrôle la désindustrialisation n'a jamais été aussi grave dans notre pays sur l'intégralité de ce domaine là il va falloir agir vite et donc toutes les bonnes volontés seront la bienvenue et on ne regardera pas si les gens sont venus il y a 10 ans il y a 5 ans si voilà ils ont couru au secours de la victoire on s'en moque parce qu'il s'agit du pays voilà parce qu'il s'agit du pays et donc on fermera les yeux sur tout ça
le phénomène Mélenchon à cet état de la campagne c'est un phénomène objectivement il est extrêmement présent il est talentueux d'après vous
il ne manque pas de talent monsieur Mélenchon c'est ce qui rend d'ailleurs son projet encore plus dangereux et il ne manque pas de talent mais il est techniquement bon bon en réalité il utilise comme souvent la gauche d'ailleurs une technique qui commence à se voir qui est la technique de l'accusation au miroir vous voyez c'est quelqu'un qui passe sa vie à parler de la race à faire référence à la couleur de peau aux origines des gens et en même temps il vous traite de raciste vous voyez c'est quelqu'un qui passe sa vie à tenir des propos antisémites assumés quitte à mettre en cause d'ailleurs le caractère terroriste du 7 octobre et qui vous traite d'antisémite
c'est celui qui fait élire deux fois Macron ce qu'il conteste c'est celui qui fait élire
il fait élire deux fois Macron et il vous traite de macroniste vous voyez donc ça s'appelle l'accusation au miroir ça c'est limite ça et pourtant le fond du projet est un fond de désunion du pays c'est à dire exactement en réalité l'inverse
de ce que nous souhaitons et pourtant Marine Le Pen peut-il gagner contre vous au second tour est-ce qu'il peut gagner contre vous mais
sur le chemin le principe d'une élection c'est que personne ne connaît le résultat de cette élection voilà à un moment il faut se dire que le combat n'est jamais gagné d'avance c'est pas la même chose
si c'est Fabien Roussel ou si c'est Édouard Philippe
le combat n'est jamais gagné d'avance et si oui c'est pas la même chose mais en même temps il y a quand même très peu de chances que Fabien Roussel arrive au second tour donc vous voyez c'est assez bien fait pour finir ces élections
mais vous ne répondez pas est-ce que c'est possible à vos yeux que dans un second tour parce que c'est évidemment c'est une question essentielle
absolument tout est possible absolument tout est possible si votre question c'est de me dire est-ce que vous croyez qu'une partie de la gauche qui aujourd'hui dit tout le mal qu'il pense de Jean-Luc Mélenchon sera capable demain de le rallier je vous dis oui 100 fois oui d'autant que pendant la campagne ça a déjà un peu commencé le loup se déguisera en grand-mère vous voyez à un moment donné tout ça devient tout doux il ne sera pas le seul
c'est une vieille tactique de campagne on commence dur on finit doux c'est classique
tout doux tout gentil oui enfin il ne faudrait pas il ne faut pas non plus que ça cache le fond de son projet qui est un projet inquiétant moi je n'ai pas entendu Jean-Luc Mélenchon condamner les propos sur l'insurrection civile de monsieur Bagayoko
c'est vraiment qui prendra les armes est-ce qu'il n'y a pas une exagération générale en France sur l'extrémisme je rappelle quand même il y a eu le parti communiste qui faisait quoi 30% qui prenait la dictature du prolétariat la rupture d'une certaine façon c'était autre chose que Mélenchon c'était plus dur que Mélenchon de la même façon d'ailleurs que le FN était plus dur
mais c'est plus simple de dire de la part de Jean-Luc Mélenchon bien ramener madame Panot par exemple qui a tenu à peu près les mêmes propos et monsieur Bagayoko a la raison en leur disant les élections dans une démocratie c'est sacré celui qui gagne il est en même temps légalement élu mais il est aussi légitime parce que la majorité des français ont voté pour lui vous voyez il faut le dire ça ce que vous venez de dire
il y a quelques secondes est assez fascinant c'est à dire que vous visualisez la scène où le soir du premier tour on peut imaginer Jean-Luc Mélenchon avec à côté de lui un certain nombre de figures de gauche peut-être du centre qui diront j'appelle à voter Mélenchon ou la variante Faucu qui dira à titre personnel vous connaissez la formule c'est Barre je crois qui avait fait ça j'en suis convaincu
pas une voix pour
oui voilà c'est ce qu'a fait
c'est ce qu'a fait Jean-Luc Mélenchon à la dernière présidentielle il a dit pas une voix pour Marine Le Pen bon bah ça veut dire
Philippe fera ça ?
j'essaye de ne pas trop espérer dans les hauts personnages de la vie politique française histoire de ne pas être trop déçu voilà mais je pense que ces gens à un moment devront penser au pays à son unité à sa sérénité mais pardon
Gabriel Attal qui sera autour de la table d'après vous ? Jean-Luc Mélenchon Edouard Philippe Gabriel Attal Olivier Faure évidemment qui d'autre ?
Gabriel Attal c'est sûr puisqu'il l'a déjà fait il a déjà retiré des candidats pour faire élire des députés LFI donc c'est évident que si le choix est entre monsieur Mélenchon et moi-même
et là vous pouvez perdre
il bon non enfin il faudrait quand même que Gabriel Attal ait une influence plus importante que celle qu'il a je le crois donc voilà donc moi je ne préjuge pas
ça a marché par exemple je ne préjuge pas rappelez-vous
je n'espère pas
pas besoin de remonter à Mathusalem les dernières législatives ça a marché le front contre vous pour reprendre la formule du regretté Elkabach de quelle couleur sera le mieux
oui alors en même temps là ils sont allés de la France insoumise jusqu'à LR l'éventail était extrêmement large cette fois les LR ne le feront pas
cette fois les LR ne le feront pas
non mais l'élection présidentielle monsieur Rochemin n'est pas l'élection législative l'élection législative c'est une élection on fait appel aux forces politiques l'élection présidentielle c'est autre chose donc moi je ne veux pas préjuger du positionnement des uns et des autres mais je m'interdis d'espérer
histoire de ne pas être déçue Marine Le Pen pourquoi paraissez-vous aujourd'hui aussi sulfureux vous le parti en général je pose une question vraiment du fond du coeur quand on voit quand on vous compare un américain de droite à ses lambdas il est pro peine de mort vous venez de dire le contraire au début de l'émission pro Guantanamo pro état policier très rigoureux tous azimuts NSA espionnage etc il est du genre à dire manifestation un peu dangereuse pour les policiers on tire dans les jambes c'est ça la droite dans un très grand pays comme les Etats-Unis sur tous ces sujets par exemple vous avez vous êtes limé les canines vous n'avez plus rien de tout ça et pourtant vous restez sulfureux alors premier tour c'est génial pour vous vous avez très bon sondage je crois que vous êtes à 32% mais deuxième tour vous n'avez ni le beurre ni l'argent du beurre
parce que je pense qu'en réalité tous ces gens émanent des mêmes cercles monsieur Rochemin en fait ils gouvernent les uns après les autres les uns avec les autres il suffit de regarder le balai d'ailleurs de leurs conseillers de leurs directeurs de cabinet ils s'échangent les gens les uns et puis ils se disent qu'il y a un métronome et qu'un coup c'est à droite un coup c'est à gauche et nous sommes intervenus comme étant les gêneurs dans ce jeu bien huilé nous sommes les gêneurs et on les a d'ailleurs forcés vous avez raison de le rappeler en 2024 à se coaliser c'est-à-dire à montrer en fait le visage de leur unité face au Rassemblement National mais profondément
mais ça existe encore pardon Boilem Sansal vous donnez cette exemple Boilem Sansal il n'est pas suspect d'être un bobo ou je ne sais quoi était notre invité il y a quelques temps il disait moi je ne voterai pas RN parce que j'ai peur que derrière le premier rang il y ait un second rang de droite pas raisonnable
oui mais enfin pour le coup ce propos n'est pas raisonnable parce que la réalité c'est qu'aucun mouvement n'a été disséqué comme l'est le Rassemblement National
vous avez eu des oseaux à part faire tout là vous avez eu des sacrés oseaux
il y en a partout ils étaient gratinés il y en a partout et gratinés croyez-moi sauf qu'il y en a qui font le 20h de France 2 ou TF1 il y en a d'autres qui ne font pas le 20h de France 2 ou TF1 donc je pense que ce propos en l'occurrence n'est pas n'est pas raisonnable mais à force d'avoir dit attention attention attention sûrement il y a des gens qui aujourd'hui de bonne foi encore ont des inquiétudes à notre égard et notre rôle monsieur Rochemin c'est de les convaincre que les solutions que nous portons sont les meilleures pour le pays sont des solutions de bon sens qu'il n'y a aucun danger à les mettre en oeuvre et de les convaincre de venir participer à cela
madame comment est-ce que vous expliquez que ce front anti-RN fonctionne néanmoins encore une fois que ce soit justifié ou non c'est pas moi d'en juger moi je vous pose des questions mais regardez ce qui s'est passé à la pantalonisation de Marc Bloch et j'aimerais avoir votre réflexion sur l'histoire parce que c'est frappant de voir que dans un événement pareil en 2026 le RN porte encore pour une partie de la classe politique sans doute pour une partie du peuple puisque ça a été le résultat des élections la tâche de 1940 et j'aimerais vous questionner là-dessus vraiment de façon c'est vraiment pas de la petite polémique écartons les polémiques faciles il faut rappeler tout il faut rappeler que beaucoup de gens de gauche ont collaboré que beaucoup de radicaux socialistes ont collaboré une des pires ordures qui était bousquet venait de ce côté là tout ça est vrai beaucoup se sont très bien recyclés à la libération y compris d'ailleurs même chez les gaullistes tout ça est vrai mais il est vrai que vous le camp nationaliste l'extrême droite voilà appelez ça comme vous voudrez vous portez une grande partie de la tâche pétain et beaucoup de collaborationnistes qui ont fini dans le RN première version
monsieur Rocheblain pardon mais en 40 tout ça il faut le dire tout ensemble en 40 disons les choses quand même clairement mon père avait 12 ans d'accord donc je veux dire il y a un moment où il faut arrêter aussi de raconter n'importe quoi et j'ai envie de dire que la réponse est dans votre question est-ce que précisément pour faire oublier leur propre brebis galeuse ils n'ont pas tous pris la décision de mettre la lumière sur les quelques personnalités dont le parcours était contestable au sein du Front National en oubliant de mettre en lumière d'ailleurs ceux qui ont été des très grands résistants il y a eu des résistants mais il y a eu aussi des baffes en SS il y a eu les deux très grands résistants y compris dans les fondateurs du Front National il serait trop long de tous les citer mais Valet Dossia qui est le créateur du maquis des Glières de Camaray les deux frères d'ailleurs Biadji et pardon mais Bido à la création du Front National il y a celui qui a pris la tête du Conseil National de la Résistance après Jean Moulin vous voyez donc je pense que peut-être avait-il encore une fois un certain nombre de choses à se faire à se reprocher et ils ont trouvé plus facile de venir reprocher au Front National leur propre faute et leur propre peut-être ambiguïté même si M.
Rochemin il faut quand même rappeler à ceux qui nous regardent qu'à l'époque dans les années 75 en réalité De Gaulle avait fait fi de tout ça les comptes avaient été réglés les condamnés avaient été condamnés et il a fait fi de tout cela il y avait une ambiance d'unité nationale de rassemblement en réalité de l'ensemble du peuple français on a trop peu épuré on a trop peu épuré non c'est pas le sujet mais beaucoup voulaient tourner la page et d'ailleurs un certain nombre ont été rattrapés bien des années plus tard je veux dire Papon pour le coup et Dorot et Bousquet d'ailleurs également donc les uns proches du gaullisme les autres proches de Mitterrand bon voilà donc il y a une mauvaise foi en fait à l'égard du Rassemblement National qui est inouïe quant à Marc Bloch pardon mais sa petite fille qui est allée éructer contre le Rassemblement National sur tous les plateaux de France et de Navarre est une militante elle est fille bon voilà ceci explique cela quoi
ça n'empêche pas que voilà évidemment il y a eu une rémanence dans votre parti beaucoup plus tardive avec Le Pen condamné pour antisémitisme tout ça est encore présent dans une partie de la population
je crois objectivement de moins en moins et heureusement d'ailleurs
Marine Le Pen De Gaulle vous venez de le citer évidemment on est fasciné par le fait que De Gaulle comme vous dites a réécrit en partie dans la grandeur première guerre mondiale et aussi guerre d'Algérie deux événements qui ont beaucoup compté dans l'histoire de la France et dans votre histoire vous avez vu le film sur De Gaulle ?
non je vais y aller je verrai les deux d'un coup d'ailleurs
la figure de De Gaulle est fascinante parce que votre parti s'est fait en grande partie contre lui beaucoup d'anciens de l'Ouest et de gens de l'Ouest chez vous à l'époque aujourd'hui vous êtes gaulliste ?
je suis gaullienne
ça veut dire ?
ça veut dire que je partage la vision que De Gaulle avait de la France je partage je pense le positionnement politique qui était le sien mais ça veut pas dire ça veut dire aussi que je ne me sens pas obligée d'adopter l'ensemble des décisions qu'il a prises car je reste heurté je le dis très simplement je reste terriblement heurté par la situation des harkis et l'abandon dont ils ont été victimes quoi qu'on en dise
la guerre d'Algérie ça reste pour vous visiblement quelque chose qui n'est pas
c'est pas la guerre d'Algérie qui reste quelque chose ce sont des gens qui ont choisi la France vous voyez les harkis ils ont choisi la France et ayant choisi la France ayant combattu pour elle on leur a dit restez donc on fait fi en fait de votre engagement et ça oui c'est quelque chose qui me qui me heurte mais encore une fois personne n'est parfait dans son parcours en revanche ce que de Gaulle la vision que de Gaulle a porté de la France le le c'est Marcel Gaucher qui parle du mensonge gaullien c'est pas une méchanceté c'est de dire en réalité en réalité de Gaulle il a fait la méthode il a dit aux français la France est une immense puissance vous êtes un très grand peuple
la France a gagné
alors qu'elle avait perdu nous avons gagné et vous allez voir ce que vous allez voir et en fait on a vu et le miracle s'est déroulé et je trouve que c'est extraordinaire la puissance de cet homme et la vision encore une fois qu'il avait parce qu'en fait de Gaulle il n'était ni droite ni gauche clairement et il est très dur et il dit d'ailleurs si les gens de droite disent que je suis de gauche et les gens de gauche disent que je suis de droite c'est quand même
il était très critique d'ailleurs sur les bourgeois dont on parlait tout à l'heure c'est vrai parce qu'il considérait que beaucoup est allé chez Pétain c'est donc que je suis bien placé
parce que je suis pour la France ce sont des propos que je pourrais reprendre à mon compte
vous venez de parler de cette espèce de mensonge de génie qu'il a eu effectivement de faire d'un pays perdant un pays gagnant la seconde guerre mondiale avec évidemment le courage le sien celui des résistants est-ce que cette immense figure gaullienne masque le déclin de la France quand on regarde à l'échelle d'une vie humaine 90 ans la France s'est effondrée en 1940 la France a perdu son empire colonial vous y êtes venu de vous-même la guerre de décolonisation sanglante de l'Algérie et la décolonisation en général tout ça est-ce que c'est une reculade de fait ?
Non
un déclin ?
Non non le déclin il est depuis 40 ans pardon
c'est-à-dire vous le datez depuis quand ?
Non mais le déclin il est depuis 40 ans en réalité 40-45 ans Mitterrand ?
Le déclin c'est quand on n'est plus capable de maîtriser ses frontières c'est quand les enfants ne savent plus lire, écrire ne savent même plus nager c'est quand on n'arrive plus à soigner alors qu'on avait le premier système de santé au monde c'est quand on n'arrive même plus à recruter des professeurs tellement c'est l'angoisse de venir enseigner dans les conditions dans lesquelles ils enseignent c'est quand la justice n'est plus capable parce qu'elle n'en a pas les moyens de rendre des jugements avant 2 ans ou 3 ans c'est quand l'industrie est en train de s'effondrer sur elle-même c'est quand on est submergé de produits qu'on importe parce qu'on n'est plus capable de les produire c'est quand nos agriculteurs se pendent dans les granges c'est ça le déclin en réalité mais il n'est pas mais c'est pas une fatalité le déclin le déclin c'est la conséquence de décisions politiques qui ont été mauvaises voilà et donc il faut prendre des décisions politiques autres qui permettent d'apporter une réponse parce que ce que de Gaulle a vu et il avait tellement raison c'est cette force du peuple français ce génie du peuple français il savait et il aimait son peuple et il savait que ce peuple était capable de grandes choses et en fait il lui a dit vous êtes capable de grandes choses madame et ils ont fait des grandes choses
cette histoire embarque embarque beaucoup de gens est-ce que vous comprenez l'ambivalence en revanche des générations de français d'origine algérienne vous avez cité les harkis c'est une partie de la réalité mais les français d'origine algérienne en général arabe en général de confession musulmane vous êtes une patriote française si votre pays avait été occupé pendant 130 ans comme ça a été le cas de l'Algérie on peut dire ça comme ça est-ce que vous ne garderiez pas une dent ?
non mais peut-être mais je ne viendrai pas du coup pour vivre dans le pays dont je considère qui m'a occupé pendant 130 ans vous voyez c'est là l'incohérence de comportement vous savez très bien
que c'est ce genre d'ambivalence bien sûr
vous les comprenez ?
oui mais c'est problématique c'est problématique alors c'est un échec très clairement c'est un échec de l'assimilation c'est un échec aussi de nos responsables politiques parce qu'en réalité les gens qui viennent en France on peut se dire ils viennent en France parce qu'ils aiment la France parce qu'ils ont envie de vivre à la française c'est pas pour en fait venir vivre en France comme dans le pays qu'ils ont quitté parce que pour le coup c'est même pas une ambivalence là c'est une contradiction flagrante bon et or ils ont leur place pour participer à la construction de cet avenir en France mais ils ne peuvent pas le faire dans une hostilité dont j'ai l'impression qu'elle est de plus en plus importante génération après génération qu'est-ce que vous leur dites pardon et moi je dis que c'est en partie de la faute de nos dirigeants parce que quelqu'un qui vient en France qui veut vivre en France dont la France considère qu'il a le droit d'y rester parce qu'il a les qualités pour pouvoir rejoindre d'abord le pays et peut-être un jour la communauté nationale en fait il ne sait pas ce qu'on attend de lui nos dirigeants politiques ont un discours qui est totalement contradictoire on leur dit en même temps surtout restez comme vous êtes conservez votre culture vos mœurs votre langue etc et en même temps on leur reproche de ne pas s'assimiler je veux dire ils ne comprennent pas donc je crois qu'il faut qu'il y ait des règles du jeu claires et il me semble que le discours que nous portons est un discours clair quel message leur passez-vous à titre plus personnel
vous avez réussi maintenant à avoir la faveur ou en tout cas l'indifférence de certaines minorités qui naguèrent étaient très méfiantes à votre égard on peut citer quelques exemples les homosexuels très longtemps les homosexuels en France étaient très méfiants à votre égard parmi les minorités aujourd'hui c'est une autorité ils le disent il y a beaucoup de députés par mes reines homosexuelles les français de confession juive on rappelait le passif antisémite de Jean-Marie Le Pen aujourd'hui il y a beaucoup de français de confession juive qui sont de votre côté personne ne peut évidemment compter ça ne se fait pas et c'est pas comme ça qu'on fait la politique en France mais en revanche les musulmans les français d'origine arabe là vous savez très bien le rubicon n'est pas franchi quel message leur passez-vous ?
vous savez il y a une île qui s'appelle Mayotte des français qui ont voté pour rester français ils sont à 95% musulmans ils ont voté pour moins 60% mais là vous réfléchissez un peu
vous citez toujours l'exemple de Mayotte
vous avez raison respect aux gens de Mayotte il n'y a pas beaucoup il faut bien le dire de départements où il y a 95% de français musulmans mais respect aux gens de Mayotte
mais en parlant de la France au total de tous les françaises et les français je ne veux pas les catégoriser mais oui je pense que chez les musulmans de France chez les français de confession musulmane ça reste la méfiance à votre égard ça c'est sûr qu'elle reste
elle reste parce qu'un certain nombre de gens comme Jean-Luc Mélenchon en réalité on crée un amalgame entre la religion musulmane et l'idéologie totalitaire islamiste et c'est terrible en fait il porte une très lourde responsabilité parce que lui quand on attaque en fait l'islamisme il dit ah regardez c'est affreux vous vous attaquez aux musulmans non et en fait c'est lui qui a créé cet amalgame moi je ne le fais pas et cependant alors je leur dis je suis une amoureuse presque transie de la constitution française de la 5ème république voilà et donc moi la vision que j'ai de la France c'est je ne regarde pas ni la couleur de peau ni la religion ni l'origine ni l'orientation sexuelle ni rien de tout cela je me bats pour les français tous les français mais ceux qui sont venus récemment doivent également comprendre que l'assimilation est une démarche individuelle vous voyez c'est une démarche il faut le vouloir on ne peut pas assimiler de force
elle a évolué Marine Le Pen vous le savez très bien je me rappelle moi j'ai beaucoup pratiqué une hélène carrière d'en cause dans sa jeunesse elle était apatride elle était immigrée elle disait nos ancêtres les gaulois elle disait pourquoi pas nos ancêtres les gaulois elle n'a pas un sens mais ça n'est pas la réalité d'aujourd'hui vous le savez très bien est-ce que ça n'est pas le génie de Mélenchon quand il dit créolisation métissage appelons ça comme on voudra de dire la France d'aujourd'hui ce n'est plus comme ça qu'on s'intègre que vous le vouliez ou non au fond là le courant démographique je vous pose une question très directe regardez la démographie telle qu'elle est aujourd'hui Marine Le Pen la démographie telle qu'elle est aujourd'hui et l'immigration telle qu'elle est aujourd'hui si elle continue comme ça que ça plaise ou non il y aura toujours plus de musulmans en France est-ce que ça vous chiffonne ?
mais encore une fois la religion ne m'intéresse pas parce que moi je suis pour la liberté religieuse et je pense qu'elle doit rester dans l'espace privé
c'est une culture
moi je lutte contre l'islamisme et non ce que vous dites est faux voilà ce que vous dites est faux tout ce qui nous choque c'est ce qui est faux en réalité tout ce qui nous heurte ce sont des manières de faire des islamistes pas des musulmans et monsieur Rochemin pour vous dire moi je rencontre beaucoup de gens et beaucoup de gens qui sont français d'origine et étrangères et je veux vous dire je note une chose tous ceux qui travaillent tous ceux qui travaillent viennent me voir avec des propos extrêmement positifs et me disent madame Le Pen on bosse on bosse dur on élève nos enfants on veut vivre dans la tranquillité on en a marre de ceux qui mettent le foutoir et on vous demande à leur égard de faire preuve de fermeté c'est exactement ce que je voulais faire
vous fuyez juste la question sur la culture pardon c'est plus général que ça
je pense qu'il faut arrêter l'immigration madame Le Pen
j'ai 59 ans avec mes collègues en rédaction je faisais le constat on dira toujours plus ouais chez Ouala en France et toujours moins moi j'entendais quand j'avais 20 ans 20 dieux et créneaux c'est l'évolution de la culture c'est comme ça
non
vous croyez pas ?
non non je sais que monsieur Mélenchon a tiré un trait sur la ruralité mais dans la ruralité non vous aurez encore voilà chez moi c'est Damouilly vous voyez en Bretagne non et il faut d'ailleurs
on peut dire Damouilly Wesh c'est pas interdit
non mais il faut que ça reste et vous prenez quelque chose qui est anecdotique
qui est révélateur ?
qui est anecdotique ce qui est problématique c'est l'hostilité qui est développée et qui est nourrie par un certain nombre de forces politiques chez les jeunes générations parfois la deuxième la troisième génération l'hostilité qui est nourrie à l'égard de la France et ça ça n'est pas admissible
madame Le Pen prenons toutes les hypothèses tout à l'heure on parlait de l'hypothèse où vous étiez inéligie regardons aussi l'hypothèse où vous gagnez voilà vous gagnez une partie de l'appareil d'état fera obstruction vous savez comme moi il y aura une forme d'objection de conscience regardez ce que le conseil constitutionnel a fait contre monsieur Retailleau déjà Retailleau il le trouvait un peu dangereux ils se sont tellement opposés à lui vous n'allez pas entrer avec des kalachnikovs à la main au palais royal pour chasser monsieur Ferrand
il n'a pas été élu président de la république oui oui qu'est-ce qui changera ? ça change un tout petit peu les choses
ils vont vous faire une guérilla vous savez comme moi mais qui va faire une guérilla ? le conseil constitutionnel une grande partie de la haute administration à tort ou à raison ils vont vous faire une guérilla
c'est quand même extrêmement inquiétant ce que vous dites ça prouve d'ailleurs une forme de discrédit qui touche le conseil constitutionnel et je le regrette mais c'est de leur faute c'est de leur faute ce discrédit parce qu'ils se prennent pour des législateurs et accessoirement de temps en temps ils se prennent pour des constituants alors ils ne sont ni l'un ni l'autre et il faut que chacun soit à sa place parce que pour que la cinquième fonctionne il faut que chacun respecte la place qui est la sienne et j'ai l'impression que de plus en plus certains sortent de leur couloir donc il faut que chacun retourne dans son couloir
à l'étranger certains hurleront certains diront danger l'Europe va s'écrouler etc il y a une autre partie
comme avec Mélanie
j'allais vous en parler et là tweeté de manière tout à fait favorable à votre égard un tweet de Marion Maréchal en l'occurrence est-ce qu'il y a une Europe qui se bâtira avec elle ? vous, elle ?
oui certainement il y a des alliances qui devront être cherchées et trouvées en Europe pour changer le fonctionnement de l'Union Européenne parce qu'en réalité nous n'avons jamais été contre l'Europe nous sommes contre le fonctionnement de l'Union Européenne nous sommes contre une commission européenne dont nous considérons qu'elle aspire la souveraineté des nations et s'attribue des compétences que personne aucun peuple en Europe ne lui a attribuées et c'est pareil chacun dans son couloir que Mme von der Leyen reste dans son couloir or elle ne cesse d'en sortir et moi qui suis le défenseur de la souveraineté nationale de la démocratie je ne peux pas admettre que le peuple se voit retirer sa liberté de choix
est-ce que paradoxalement l'Union Européenne cette Union-là en tout cas peut plutôt vous servir on voit dans l'histoire des hubs de renvoi c'est-à-dire des centres de renvoi de migrants qui seraient situés en deux Unions Européennes Mme Meloni les socialistes danois Mme Frédéric Sen longtemps l'Union Européenne a été plutôt contre vous là sur un certain nombre de sujets elle peut être votre alliée si vous êtes au pouvoir
oui mais très bien enfin je n'ai pas besoin de l'Union Européenne ah si
oui on a toujours besoin
non mais je vais vous dire normalement je ne devrais pas en avoir besoin sur l'immigration pour une raison simple c'est que l'immigration est une compétence nationale ça n'est pas une compétence de la Commission Européenne voilà encore une compétence qu'ils se sont attribuées et parallèlement ce que vous oubliez de dire c'est qu'ils nous imposent des migrants et si on les refuse dans les villages dans toutes les campagnes et si on les refuse on est condamné à je ne sais plus 20 000 euros par migrant refusé c'est inadmissible franchement Madame le premier des éléments de la souveraineté c'est la maîtrise de son territoire
vous gagnez le 2 mai vous devez ouvrir vous devez gouverner vous avez déjà dit que bienvenue à ceux même qui se rallieront tardivement il va falloir ouvrir on chuchote dites-moi si je me trompe vous allez sûrement dire que c'est faux que notamment chez les partisans de Jean-Dalbardella on dit que ce sera le moment d'ouvrir peut-être même de faire une sorte d'UMP nouveau genre peut-être renoncer à ce mot RN ancien FN faire une sorte de nouvelle UMP avec Ciotti avec quelques autres et partir aux législatives comme ça tactiquement ce serait bien joué
non mais qu'il puisse y avoir une plateforme électorale qui se construise avec un certain nombre d'autres responsables politiques bien sûr mais nous l'avons déjà fait cette union d'ailleurs avec Eric Ciotti
avec un nouveau nom
avec Eric Ciotti
oui mais avec un nouveau nom
le nom peut être celui de la plateforme électorale il n'en demeure pas moins que chacun conserve son identité parce que je pense que ce serait une erreur en réalité parce que l'UMP ça n'a pas été un très grand succès à terme donc je pense que chaque parti doit conserver en réalité
c'est un sacré changement Marine Le Pen votre père employait souvenez-vous le mot poupoutch ce serait plus qu'un poupoutch ce serait un changement majeur
chaque parti doit conserver son identité mais je crois ce que Jordan souhaite faire il a parfaitement raison c'est une plateforme électorale du type de celle que nous avons pu faire en 2024 avec Eric Ciotti avec il faut bien le dire un succès non négligeable
vous ouvrez de quel côté on a droit de faire un peu de popole allez Zemmour vous prenez Zemmour dans votre gouvernement
non mais pardon mais
vous pardonnez
non mais pardon mais c'est absolument pas en l'occurrence dans cet état d'esprit qu'il faut l'envisager ah Mitterrand
avait bien pris les ministres communistes il faut ouvrir vous n'allez pas être seul
oui mais vous voyez il faut pas moi je suis tout à fait pour rassembler et d'ailleurs j'ai fait voter à mes adhérents le nom rassemblement national c'est pas juste parce que ça faisait joli sur la feuille vous voyez c'est parce que ça dit quelque chose de ce que je souhaite faire donc je suis pour le rassemblement national le plus large possible mais il y a une condition il faut que tout ça conserve quand même une cohérence vous voyez il faut que sur les grands sujets qui sont importants nous soyons d'accord je ne suis pas sûre que sur un certain nombre de sujets nous soyons en accord avec Eric Zemmour que par ailleurs je respecte parce que je respecte tous ceux qui sont choisis par des électeurs vous voyez c'est la différence de l'ensemble du reste de la vie politique je ne suis pas sectaire moi je suis respectueuse et je ne suis pas sectaire
est-ce qu'un Retailleau peut être ministre d'Etat d'un gouvernement que vous nommeriez
non mais vous n'allez pas me faire toute la liste
c'est pas tout à fait un Retailleau c'est un cas particulier vous savez comme moi
avant les législatives il y a des présidentielles moi j'attends de voir comment se comporteront l'ensemble de ces gens aux présidentielles qui sont des présidentielles dont ils savent et les uns et les autres qu'elles sont absolument fondamentales pour probablement les 50 prochaines années
Madame Le Pen 7 juillet 7 jours qui fixera votre destin pardon je ne vais pas faire je vous ai déjà j'ai mort tout à l'heure mais je me rappelle ce mot fantastique Giscard qui avait une espèce de cruauté des grands chasseurs il disait dans la vie politique ça a l'air comme ça à Courtois et puis en fait on chasse on est chassé ou on est chasseur et est-ce que vous serez tué ?
Non de toute façon je veux dire j'ai la peau un petit peu dure donc je ne sais pas si quelqu'un cherche à me tuer il a intérêt à avoir une lame bien aiguisée voilà encore une fois je pense avoir une certaine résilience mais c'est la résilience de la conviction vous savez parce qu'en fait le confort je vais vous dire c'est tellement difficile en réalité que le confort il pousse à laisser tomber moi je ne laisserai jamais tomber précisément parce que j'y crois j'y crois dur comme fer et puis parce que la politique c'est de l'amour si vous n'aimez pas les gens il faut faire autre chose tout vous paraît insupportable si ce n'est pas l'amour qui vous porte mais quand l'amour vous porte on prend les coups les uns après les autres et puis on se crée une carapace
on citait De Gaulle tout à l'heure le génie de De Gaulle De Gaulle dit l'ambition est une passion enfantine il parlait de l'ambition politique
oui je suis assez d'accord je suis assez d'accord et c'est ça qui perturbe en réalité les gens qui me croisent les journalistes ou les analystes c'est qu'ils pensent qu'il faut dire je rêve d'être président de la république depuis que j'ai 5 ans et au biberon déjà je voulais être président de la république pour avoir une chance de gagner c'est vraiment pas votre cas je pense qu'ils ont tort alors c'est venu quand ? c'est déjà pas mon cas parce que moi j'ai c'est venu mais cher monsieur j'ai passé la plus grande partie de ma vie à faire les campagnes de quelqu'un d'autre bon voilà il y a un moment
où c'est venu
les choses sont très claires
preuve en est
et voilà il se trouve qu'un peu le hasard d'ailleurs a contribué à me mettre sur la voie définitive de la politique un soir de second tour de 2002
Marine Le Pen la 5ème république se compte en règne je vous demande un petit exercice pour conclure un mot sur chacun de ceux qui seraient vos prédécesseurs si vous étiez élu un mot adjectif commentaire ce que vous voudrez sur cette liste voilà c'est comme les consuls dans la romantique on compte un peu comme ça De Gaulle
un monument
Pompidou
un visionnaire
Giscard
l'américanisation de la vie politique française
Mitterrand
un redoutable roublard
vous l'avez aimé ?
vous savez en réalité on les a tous combattus enfin à peu près j'avais 13 ans moi à l'élection de François Mitterrand mais plus ça va plus on se dit que celui d'avant était mieux
Chirac c'est paradoxal Chirac il vous a combattu et vous l'avez combattu beaucoup
Ah Chirac c'était c'est pas faux que c'était un roi fainéant mais enfin il portait il portait quand même une image française dirons-nous
voilà Sarkozy
il s'est perdu Hollande le lendemain de son élection et j'en veux Nicolas Sarkozy parce que il était porté par un par une vraie vague il aurait pu faire beaucoup de choses et il s'est perdu
François Hollande
pensez à un mandat pour rien
Emmanuel Macron
c'est la pour le coup c'est vraiment la déconstruction française il veut autre chose il a voulu construire autre chose il n'a rien construit il l'a juste détruit
Quelle réussite pourtant deux mandats consécutifs sans avoir on verra ce qui se passe mais a priori sans avoir à subir une cohabitation pas d'opposition interne beaucoup de prédécesseurs en auraient rêvé
oui mais qu'est-ce qu'il en reste en fait au bout de dix ans donnez-moi une grande réforme du président Macron
les électeurs ont jugé ils jugeront peut-être en 2032 vous retrouverez peut-être face à Emmanuel Macron en 2032
mais si on juge le bilan au bout de dix ans c'est quand même extrêmement mince en tout cas sur le plateau du positif c'est quand même extrêmement mince
Marine Le Pen merci rendez-vous en tout cas le 7 juillet
merci à vous pour votre invitation
Marine Le Pen