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ChroniqueC à vous (sur YouTube)· 4 octobre 2021 3 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & élections

L’Édito de Patrick Cohen - Bernard Tapie, la gagne à tout prix - C à vous - 04/10/2021

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:06OuverteRéponse partielle

    Et cela vaut aussi en politique, Patrick ?

  • 2:35OuverteRéponse directe

    Bernard Tapie avait traité vos électeurs de salauds, qui étaient un peu revenus sur les propos.

  • 2:49RelanceRéponse directe

    Non, c'est tout à fait inexact. Je ne vois pas en quoi et pourquoi nous devrions choisir entre M. Tapie et M. Fabre-Brespi.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30PrésentateurFait
    « il s'affranchit des règles, de la bienséance, des usages et aussi de la loi et de la vérité. »
  • 0:40PrésentateurFait
    « Chez Tapie, le mensonge est un art de vivre. »
  • 0:48PrésentateurFait
    « Il n'envisage pas qu'on puisse gagner sans tricher. Pour lui, il n'y a pas d'autre solution. »
  • 1:23PrésentateurFait
    « Tapie défend les immigrés mais demande l'arrêt de l'immigration. Il y a un nombre incroyable de clandestins. »
  • 1:52PrésentateurFait
    « Bernard Tapie a toujours démenti ce rendez-vous. »
  • 2:00PrésentateurFait
    « cette accusation de duplicité à l'égard de l'extrême droite est sans doute celle qui l'affectait le plus. »

Temps de parole

  • Présentateur93 %
  • Auditeur7 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Tapie est un personnage complexe sur lequel, Patrick, vous avez voulu porter un autre regard. Oui, c'est un homme qui a su résumer en six lettres l'ambition d'une vie gagnée, imprimée en gros caractère sur la couverture de son premier livre. Un homme qui a beaucoup gagné, mais qui, pour gagner, a souvent triché, manqué, baratiné, bluffé, négocié, séduit, promis, menacé. Une expression est beaucoup revenue depuis hier pour qualifier Bernard Tapie hors norme.

Et il est vrai que son charisme, sa vitalité, son destin ont été exceptionnels, mais il faut aussi entendre hors norme au pied de la lettre, c'est-à-dire qu'il s'affranchit des règles, de la bienséance, des usages et aussi de la loi et de la vérité. Souvenir de Basile Bolli, l'ancien footballeur, dans ses mémoires. Chez Tapie, le mensonge est un art de vivre. Témoignage de Christophe Boucher, biographe de Tapie, ancien journaliste devenu ensuite président de l'OM. Il n'envisage pas qu'on puisse gagner sans tricher. Pour lui, il n'y a pas d'autre solution. Anecdote et condamnation judiciaire sont légion dans le sport, les affaires et même en télévision.

J'en ai été le témoin involontaire quand Bernard Tapie était en quête d'une combine pour faire gagner sa fille Sophie, alors candidate à The Voice. Et cela vaut aussi en politique, Patrick ? Tapie est rentré dans l'arrêt en 1989 par un face-à-face musclé et courageux avec Jean-Marie Le Pen. Même si quand on revoit ce débat, ce que j'ai fait récemment, on est frappé par l'opposition de forme plus que de fond. Tapie défend les immigrés mais demande l'arrêt de l'immigration. Il y a un nombre incroyable de clandestins. C'était plus supportable, lance-t-il à un moment du débat.

Trois ans plus tard, quand la circonscription que vise Tapie, celle de Gardanne, dans les bouches du Rhône, menace de tomber à droite, le champion de la lutte anti-Le Pen n'hésite pas à pactiser avec le patron du FN. Au lendemain du premier tour, le ministre Tapie se rend, il est encore ministre à ce moment-là, se rend en personne à Montretout pour obtenir de Jean-Marie Le Pen le maintien de son candidat dans une triangulaire qui sera fatale au RPR et qui fera élire ou réélire Tapie. Bernard Tapie a toujours démenti ce rendez-vous. Très vigoureusement, cette accusation de duplicité à l'égard de l'extrême droite est sans doute celle qui l'affectait le plus.

Mais voilà, cet arrangement révélé dès 1994 par Thomas Le Grand, Emmanuel Faux et Gilles Pérez dans ce livre, La main droite de Dieu, a depuis été confirmé par trois protagonistes. Le Pen lui-même, son conseiller politique de Sainte-Afrique et l'attaché parlementaire de Tapie, Fradacci, qui ont tous témoigné de la réalité de cette rencontre. Et puis, il est difficile d'expliquer autrement que par un deal la faveur concédée par le FN qui avait appelé alors à faire battre tous ses ennemis Michel Noir, Michel Rocard, Michel Mouillot, le maire de Cannes, mais pas Bernard Tapie, étonnement, à ce moment-là, de poivre d'arvore aux 20h de TF1.

2:35
Auditeur

Bernard Tapie avait traité vos électeurs de salauds, qui étaient un peu revenus sur les propos. Enfin, je pensais quand même qu'il y avait entre vous deux une certaine animosité. Or, là, on a l'impression que vous lui donnez un certain coup de pouce en permettant à votre candidat de rester.

2:49
Présentateur

Non, c'est tout à fait inexact. Je ne vois pas en quoi et pourquoi nous devrions choisir entre M. Tapie et M. Fabre-Brespi. Fabre-Brespi, le candidat RPR, finalement battu grâce à ce coup de pouce, à ce maintien du candidat FN, tandis qu'au milieu de la débâcle de la gauche, Tapie triomphe au second tour. L'année d'après, toujours face à Jean-Marie Le Pen, il refuse les gants de boxe que lui tend Paul Amart. Après le match rugueux de 89 sur TF1, il n'y aura pas de deuxième round. C'est la vie de Bernard Tapie, une vie en clair-obscur.