Conflit Israël-Hamas : "On n'appelle pas à un cessez-le-feu contre le terrorisme", estime Jean-Paul Paloméros, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air française
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- 0:14FerméeRéponse directe
Est-ce que ça y est, l'offensive terrestre a commencé ?
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Qu'est-ce qui a été anticipé en fait ? Alors est-ce que c'était une vision un peu grand public de l'action militaire ?
- 1:27OuverteRéponse directe
Mais quel est le but justement aujourd'hui ? Parce qu'aujourd'hui il y a des soldats au sol.
- 2:13OuverteRéponse directe
Et c'est ça la spécificité de la bande de Gaza ? Et c'est ça la difficulté de Gaza ? Pourquoi c'est un terrain qui n'est pas comme les autres ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Et comment on se prépare à ce genre d'intervention sur des terrains aussi difficiles ?
- 4:28OuverteRéponse partielle
Benyamin Netanyahou qui a donné en fait deux objectifs très précis dans cette deuxième étape. Détruire les capacités militaires et la direction du Hamas et ramener les otages à la maison. C'est ce qu'il a dit. Est-ce que ces deux objectifs sont en réalité compatibles ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Oui, elle a commencé, on pourrait même dire qu'elle a commencé avant. »
- 0:21Invité politiqueFait
« Il y a eu toute cette préparation avec ces bombardements à la fois massifs mais ciblés par l'armée de l'air israélienne. »
- 0:30Invité politiqueFait
« Donc il a préparé le terrain très sérieusement et puis il y a eu cette première incursion, une deuxième incursion pour tester le terrain là également. »
- 0:38Invité politiqueFait
« Et puis maintenant c'est clairement, on est dans l'opération terrestre mais qui n'est pas comme on aurait pu le penser, une opération massive instantanément. »
- 0:55Invité politiqueFait
« Oui, c'était une vision un peu grand public parce qu'Israël d'abord est soucieux de la vie de ses soldats et veut une efficacité maximum dans son action. »
- 1:39Invité politiqueFait
« Le but précis c'est de continuer à affaiblir le Hamas, à lui faire perdre son potentiel militaire, son potentiel d'agression. »
- 1:49Invité politiqueFait
« Et progressivement à le cantonner si vous voulez, à l'enfermer un peu dans ses tunnels, ses fameux tunnels à 400, 500 kilomètres. »
- 2:30Invité politiqueFait
« Gaza c'est le Hamas, le Hamas c'est Gaza, il est immergé dans la population, il s'est implanté partout. »
- 4:04Invité politiqueChiffre
« Bien sûr Israël maintenant a mobilisé plus de 300 000 réservistes, ce qui est un vrai succès mais aussi un vrai problème à maintenir dans le temps. »
- 4:32PrésentateurFait
« Benyamin Netanyahou qui a donné en fait deux objectifs très précis dans cette deuxième étape. Détruire les capacités militaires et la direction du Hamas et ramener les otages à la maison. »
- 5:29Invité politiqueFait
« Il faudrait qu'ils relâchent tous les prisonniers palestiniens et les prisonniers terroristes, il faut le dire comme ça. »
- 6:22Invité politiqueFait
« Non, c'est trop tard. »
- 6:54Invité politiqueFait
« Mais l'action d'Israël, c'est contre le terrorisme. »
- 7:01Invité politiqueFait
« Et le Hamas, qui a acquis ses droits de noblesse, en quelque sorte, en gagnant des élections, dans certaines conditions qui ne sont pas vraiment démocratiques, en 2006, règne sur Gaza depuis lors. »
- 9:38Invité politiqueFait
« Qui dit crime de guerre dit volonté de s'en prendre à une population civile. »
- 10:10Invité politiqueFait
« D'abord, pour Israël, effectivement, c'est une guerre existentielle, puisque le Hamas lui a déclaré cette guerre dès sa création en 1987, et n'a cessé de dire qu'il souhaitait, en quelque sorte, la fin de l'État d'Israël. »
- 11:33Invité politiqueFait
« Le Hamas savait très bien ce qu'il faisait. Il savait très bien qu'en s'en prenant aux Israéliens de la manière dont il l'a fait, je ne sais pas s'il avait vraiment mesuré l'ampleur qu'allait prendre cette action, s'il avait été totalement contrôlé, mais n'empêche qu'il savait pertinemment qu'Israël répondrait fermement, comme il l'a toujours fait, et qu'Israël ne ferait pas de quartier. »
- 13:02Invité politiqueFait
« Contre le terroriste, il ne peut pas y avoir de trêve. »
- 13:22Invité politiqueFait
« Pour moi, on n'appelle pas un cessez-le-feu contre le terrorisme. »
- 16:17InvitéChiffre
« 350 000 ont été rappelés depuis le 7 octobre. »
- 17:06Invité politiqueFait
« On parle des drones, on parle de technologies très avancées dans tous les domaines, de l'aviation de combat jusqu'à la protection des chars et de l'artillerie et surtout la précision. »
- 21:57Invité politiqueFait
« c'est un petit peu ce qu'a défendu notre président sur cette coalition contre le terrorisme elle fait du sens me semble-t-il »
- 24:25Invité politiqueFait
« le Hezbollah pour l'instant en tout cas ne veut pas rentrer dans cette guerre »
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Bonjour Général Paloméros, des dizaines de combattants ont été tués cette nuit à Gaza selon l'armée israélienne. L'état hébreu parle depuis ce week-end d'une deuxième étape du conflit dans la banque de Gaza. Est-ce que ça y est, l'offensive terrestre a commencé ?
Oui, elle a commencé, on pourrait même dire qu'elle a commencé avant. Il y a eu toute cette préparation avec ces bombardements à la fois massifs mais ciblés par l'armée de l'air israélienne. Donc il a préparé le terrain très sérieusement et puis il y a eu cette première incursion, une deuxième incursion pour tester le terrain là également. Et puis maintenant c'est clairement, on est dans l'opération terrestre mais qui n'est pas comme on aurait pu le penser, une opération massive instantanément.
Qu'est-ce qui a été anticipé en fait ? Alors est-ce que c'était une vision un peu grand public de l'action militaire ?
Oui, c'était une vision un peu grand public parce qu'Israël d'abord est soucieux de la vie de ses soldats et veut une efficacité maximum dans son action. Donc sa grande force c'est de coordonner l'action de toutes ses forces mais certainement pas de faire rentrer en masse des soldats qui seraient mis à risque en tout cas. Et c'est un peu ce que le Hezbollah attend. Non, je crois que l'Israël agit vraiment d'une manière ciblée avec un renseignement de qualité aujourd'hui.
Mais quel est le but justement aujourd'hui ? Parce qu'aujourd'hui il y a des soldats au sol. Vous parlez des étapes préparatoires avec l'aviation. Maintenant il y a des chars, il y a l'infanterie. Quel est le but précis de cette nouvelle étape ?
Le but précis c'est de continuer à affaiblir le Hamas, à lui faire perdre son potentiel militaire, son potentiel d'agression. Et progressivement à le cantonner si vous voulez, à l'enfermer un peu dans ses tunnels, ses fameux tunnels à 400, 500 kilomètres. On ne sait pas trop de tunnels dans lesquels le Hamas s'est préparé sous le couvert de ces tunnels. D'ailleurs c'est assez remarquable quelque part que sous la barbe, sous les yeux d'Israël, ils ont réussi à monter une telle machine de guerre.
Et c'est ça la spécificité de la bande de Gaza ? Et c'est ça la difficulté de Gaza ? Pourquoi c'est un terrain qui n'est pas comme les autres ?
C'est d'abord parce que le Hamas gouverne Gaza plutôt mal depuis 2006 et que ce faisant il est totalement immergé. Gaza c'est le Hamas, le Hamas c'est Gaza, il est immergé dans la population, il s'est implanté partout. C'est un mouvement terroriste donc qui s'assoit absolument sur toutes les conventions possibles et inimaginables, donc qui s'implante sous des hôpitaux. Il a creusé un monde parallèle en quelque sorte et là il s'est préparé à cette offensive dont on peut s'interroger sur le but final. Ça c'est une question vraiment stratégique.
Et comment on se prépare à ce genre d'intervention sur des terrains aussi difficiles ? Vous-même vous étiez commandant suprême de l'OTAN et vous avez travaillé sur le fait de faire face à ces terrains de guerre particulièrement durs.
Oui, il faut s'attendre à toute forme de menace. Aujourd'hui on voit d'abord les technologies sont à la disposition pratiquement de tous les acteurs. Donc le Hamas utilise par exemple ses roquettes dont il y a quelques années on n'aurait jamais pensé qu'il puisse être utilisé par un groupe qui n'a pas officiellement de soutien, même si on sait que l'Iran a soutenu le Hamas dans sa montée en puissance militaire. Il lui a donné les moyens de constituer ce stock et de monter ses missiles qui sont quand même le plus grand risque aujourd'hui pour Israël en permanence. Et puis de monter une attaque coordonnée que personne n'attendait. Ça, ça a été vraiment la surprise tragique.
C'est le Hamas qui a bien compris comment fonctionnait Israël, qui a bien compris qu'Israël ne pouvait pas être en permanence sur le pied de guerre. Et c'est ça un peu le fond du problème. Bien sûr Israël maintenant a mobilisé plus de 300 000 réservistes, ce qui est un vrai succès mais aussi un vrai problème à maintenir dans le temps. Et donc c'est pour ça que l'attaque d'Israël aujourd'hui, elle est ciblée, elle veut limiter les pertes humaines à tout prix et s'en prendre au cœur du sujet, c'est-à-dire les tunnels dans lesquels le Hamas et son potentiel militaire.
Benyamin Netanyahou qui a donné en fait deux objectifs très précis dans cette deuxième étape. Détruire les capacités militaires et la direction du Hamas et ramener les otages à la maison. C'est ce qu'il a dit. Est-ce que ces deux objectifs sont en réalité compatibles ?
L'avenir nous le dira. Quand Israël a lancé sa campagne de bombardement, elle a essayé, j'imagine, de faire la part des choses mais ne sachant pas vraiment où étaient les otages, elle est partie sur le principe que ces otages avaient une valeur pour le Hamas et donc que le Hamas avait tout intérêt à les protéger. Je pense que c'est un peu ça le calcul. Maintenant, savoir où ils sont, quel est l'état de la situation. Je crois qu'au fur et à mesure qu'Israël pénètre dans la bande de Gaza, là aussi le renseignement va venir. Il y a des pourparlers, on ne sait pas trop où ils en sont, mais pour l'instant en tout cas les termes d'un échange quelconque ne sont pas acceptables de la part d'Israël.
Il faudrait qu'ils relâchent tous les prisonniers palestiniens et les prisonniers terroristes, il faut le dire comme ça. Donc, bien sûr, les otages font partie des objectifs. M. Netanyahou a ajouté ça dans son discours depuis assez peu de temps, puisqu'au départ, le but c'était vraiment de s'attaquer au Hamas. Quoi qu'il en coûte. Quoi qu'il en coûte, en essayant effectivement de préserver les otages, mais dans des conditions extrêmement difficiles.
Donc ça change un peu la donne. Et il y a aussi le sort des civils palestiniens qui émeut. La situation est de plus en plus désespérée à Gaza. C'est à l'armée de l'ONU ce week-end. Vendredi, l'Assemblée générale de l'ONU réclamait une trêve humanitaire immédiate. Ces réclamations, ces alertes, on a l'impression qu'elles sont complètement vaines. Est-ce qu'elles ont une influence sur le conflit ?
Non, c'est trop tard. Une fois de plus, on a tendance à généraliser ce conflit en le traitant comme on traite une guerre classique. C'est assez paradoxal si on fait le parallèle avec l'Ukraine et la Russie. En Russie, l'Ukraine, M. Poutine a lancé une opération spéciale, alors qu'en fait, il a lancé la guerre. Et là, on a un État qui, pour se défendre, pour défendre son existence, se lance dans une bataille, et on n'a pas d'autre mot que guerre, effectivement, contre le terrorisme. Mais l'action d'Israël, c'est contre le terrorisme. Et ce terrorisme, il était latent depuis la création du Hamas, depuis 1987.
Et le Hamas, qui a acquis ses droits de noblesse, en quelque sorte, en gagnant des élections, dans certaines conditions qui ne sont pas vraiment démocratiques, en 2006, règne sur Gaza depuis lors. Et tout le monde le sait, le Hamas a pignon sur rue. Donc maintenant, on est tout étonné de voir qu'effectivement, le Hamas a gangrené, en quelque sorte, cette population palestinienne. Mais qu'a-t-il fait ?
Ça veut dire que, militairement, il n'y avait pas d'autre option, pour Israël, que d'éventuellement bombarder des civils ?
De bombarder ? S'il y a bien une armée qui sait utiliser au mieux les nouvelles technologies, c'est l'armée israélienne. Et je suis certain qu'ils ont fait des ciblages très précis. Mais dans des conditions d'une violence extrême, parce que le Hamas a été extrêmement violent, Israël a forcément fait des victimes innocentes. Et comme d'habitude, toute guerre, tout conflit, quelle est la vraie victime de tous les conflits ? C'est la population civile.
Général Palomiros, on se retrouve dans un instant, juste après le fil info de Valentin Lottès, à 8h41.
Un match annulé, des bus caillassés, et le visage de l'entraîneur lyonnais en 100. Bilan de cette soirée de foot à Marseille, qui a tourné au cauchemar pour certains, avant même le coup d'envoi du match contre Lyon. Deux mois après l'alerte des Restos du Coeur sur ses difficultés financières, 32 millions d'euros ont été collectés par l'association sur les 35 millions dont elle a besoin, rien que pour boucler le budget 2023. Protéger la langue française des dérives de l'écriture inclusive, c'est le texte de la droite examiné par les sénateurs aujourd'hui. Objectif interdire son utilisation, notamment sur les contrats de travail.
Le socialiste Yann Chantrel a déjà fait remarquer que le texte actuel rendrait invalide toutes les cartes d'identité, puisque de leur ancien format figurent pour la date de naissance, la mention « née » entre parenthèses « e » pour inclure les femmes. Au Grand Prix du Mexique de Formule 1, Max Verstappen explose les compteurs. Le triple champion du monde remporte sa 16e course et bat son record de victoire sur une seule saison. France Info
Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.
Toujours avec le général Jean-Paul Panomero, ancien chef d'état-major de l'armée de l'air française, ancien commandant suprême de l'OTAN. On parlait à l'instant des civils, qui sont souvent les victimes collatérales des guerres. Vous diriez que dans une guerre, les crimes de guerre sont inévitables ?
Qui dit crime de guerre dit volonté de s'en prendre à une population civile. Ce n'est pas le cas d'Israël, c'est le cas du Hamas. Le Hamas n'est pas reconnu comme un État. C'est ça l'ambiguïté de cette guerre. C'est vraiment une opération que M. Poutine qualifierait de spéciale, j'imagine, contre le terrorisme. Ce n'est pas une guerre comme les autres. Ah non, certainement pas. D'abord, pour Israël, effectivement, c'est une guerre existentielle, puisque le Hamas lui a déclaré cette guerre dès sa création en 1987, et n'a cessé de dire qu'il souhaitait, en quelque sorte, la fin de l'État d'Israël.
Il n'a jamais reconnu aucun processus de paix réaliste, ni les accords d'Oslo, ni autres, qu'Israël avait négocié, par exemple, avec le FATA. Et d'ailleurs, le Hamas a gagné une sorte de guerre civile contre le FATA pour prendre le contrôle de Gaza. Et on est tous surpris aujourd'hui de trouver ce mouvement qui a pignon sur rue et qui est un mouvement extrémiste, qui est un mouvement terroriste. Je dirais s'attaquer à Israël. La surprise, c'est qu'il ait osé le faire. Et la question, c'est pourquoi ? Et à mon avis, pourquoi ? Il y a deux raisons.
C'est, d'une part, pour casser la dynamique de paix qui était en train de s'instaurer, et de dialogue entre Israël et ses voisins, et en particulier avec les pays arabes. Et deuxièmement, c'est sans doute pour allumer la mèche de quelque chose de plus important. Et c'est ça, la vraie question.
Faire un embrasement de la région. La question qui s'est beaucoup posée, c'est finalement, est-ce que le Hamas n'avait pas anticipé, c'est-à-dire en allant frapper aussi fort, aussi brutalement, aussi terriblement Israël, il savait que la réponse serait très grande. Et donc, de fait, est-ce qu'il n'y avait pas derrière ça une espèce de scénario quasiment écrit d'avance que la réponse serait forcément difficile ?
Le Hamas savait très bien ce qu'il faisait. Il savait très bien qu'en s'en prenant aux Israéliens de la manière dont il l'a fait, je ne sais pas s'il avait vraiment mesuré l'ampleur qu'allait prendre cette action, s'il avait été totalement contrôlé, mais n'empêche qu'il savait pertinemment qu'Israël répondrait fermement, comme il l'a toujours fait, et qu'Israël ne ferait pas de quartier. Donc le Hamas, en quelque sorte, sacrifiait la population palestinienne dont il était chargé, puisqu'il la gouvernait depuis 2006.
Et c'est une guerre, vous l'évoquiez, qui est aussi asymétrique, à la fois parce qu'on parle de l'armée israélienne qui est réputée pour être puissante face au Hamas, qui est un mouvement de quelques milliers de combattants, il y a des combats urbains, et asymétrie aussi, parce que vous le disiez vous-même, c'est une guerre contre le terrorisme. Qu'est-ce que ça change, cette guerre asymétrique ?
D'abord, c'est qu'il n'y a plus de respect d'aucune convention. Alors évidemment, si on prend l'exemple de l'Ukraine et de la Russie, ce n'est pas un exemple non plus particulièrement... C'est un exemple édifiant du fait que ce droit de la guerre, il est en train quand même de perdre de sa noblesse, en quelque sorte, si l'on est ainsi. Mais c'est surtout que... Aller, sans employer les mêmes méthodes, évidemment, que les terroristes, pouvoir lutter en permanence. C'est-à-dire qu'il ne peut pas y avoir... On parle beaucoup de trêve, des choses comme ça. Contre le terroriste, il ne peut pas y avoir de trêve. C'est ça, le fond des problèmes.
C'est que Hamas saisira toute occasion pour continuer à essayer de faire mal aux Israéliens puisque maintenant, il s'est lancé dans cette action qu'il y a quelque chose de suicidaire parce qu'il sait que Israël va le traquer jusqu'au bout, quel qu'en soit le prix.
Donc, appeler un cessez-le-feu, c'est 20 pour vous.
Pour moi, on n'appelle pas un cessez-le-feu contre le terrorisme. C'est ça, le fond du problème. C'est que Hamas, à partir du moment où il a lancé cette action, il est parti dans ce que j'ai appelé une action suicidaire et il va continuer. Simplement, jusqu'où pourra-t-il le faire ? Où va-t-il entraîner Israël ? Et c'est pour ça qu'Israël sait exactement maintenant ce qu'il fait. Il y va progressivement. Il essaye de cibler ses actions. Il essaye de réduire le potentiel d'aggressivité du Hamas, de le cantonner. Et s'il pouvait l'enfermer dans ces tunnels, ça serait parfait. Et là, commencer effectivement... Alors après, se pose la question de la population palestinienne, bien sûr.
Qui va la gérer ?
Mais ces tunnels, c'est une forme de... un actif, entre guillemets, positif pour le Hamas ? C'est-à-dire, quels sont les moyens, aujourd'hui, militaires, dont dispose le Hamas ? Est-ce qu'on a des repères ? On connaît une partie de leur financement, mais est-ce qu'on sait militairement ce qu'ils représentent ? Est-ce que leur force, aujourd'hui, c'est leur nombre et l'idéologie des hommes et des femmes qui composent le Hamas ?
J'imagine qu'au travers de l'action qu'ils sont en train de mener, ils essayent de recruter aussi, quelque part. Vous savez, c'est ce mouvement d'entraînement, en quelque sorte. Et puis, ils ont eu le temps. Ils sont là depuis 2006, officiellement, depuis 2006. Ils gouvernent, donc ils ont à peu près toutes les manettes. Quand ils faisent, d'ailleurs, de tout l'argent qui leur a été donné pour essayer de faire prospérer cette bande de Gaza, on commence à se rendre compte qu'ils l'ont surtout utilisé pour se préparer et pour s'armer, tout en endormant, quelque part, l'opinion publique, y compris les Israéliens, sur leur véritable attitude.
Et donc, partant de là, on peut penser qu'ils ont amassé quand même un bel arsenal, enfin, un gros arsenal. Et ils l'ont...
Mais aujourd'hui, on ne peut pas le quantifier, le qualifier précisément. On n'a pas de...
Ce qu'on sait, c'est qu'ils ont osé faire ce qu'ils ont fait. Donc, ça veut dire qu'ils se sentaient assez forts. Secondo, le nombre de missiles qu'ils ont lancés est quand même extrêmement impressionnant. Ce qu'on sait, c'est que l'Iran leur a appris à faire ça, leur donnait une certaine autonomie parce qu'ils ne pouvaient pas livrer des missiles en tant que tels. Il y a quand même un embargo très dur qui est mené contre le Hamas. Donc, c'est-à-dire qu'ils ont appris à confectionner eux-mêmes un certain nombre d'armements. Les Israéliens, maintenant... Vous savez, le Hamas, de toute façon, s'il veut continuer cette opération, il va falloir qu'il sorte des tunnels.
Il ne peut pas mener la guerre dans les tunnels. Donc, Israël l'a compris. Il a commencé par le nord. Jusqu'où vont-ils aller ? Je pense qu'ils vont y aller progressivement et commencer à repousser, repousser, repousser le Hamas jusqu'au moment où le Hamas sera coincé quelque part. Il sera bien obligé de sortir s'il veut se défendre.
En face, il y a l'armée israélienne qui est composée essentiellement de réservistes. 350 000 ont été rappelés depuis le 7 octobre. Est-ce que c'est pour cela notamment que certains disaient que l'armée israélienne n'était pas prête et qu'il a fallu un peu de temps parce qu'on ne forme pas les réservistes de la même façon que les soldats d'actifs, les militaires d'actifs ?
Bien sûr. Tous les pays, enfin les pays occidentaux en tout cas, ont misé effectivement sur la professionnalisation des forces parce que les guerres sont plus technologiques, elles sont plus exigeantes peut-être que par le passé. Et puis on essaye aussi de préserver les vies humaines, d'améliorer en quelque sorte l'efficacité opérationnelle. Donc ça, Israël l'a bien compris. Elle a quand même une armée permanente, je dirais, très, très, très respectable et avec des capacités militaires dignes des meilleures puissances mondiales, on le sait.
On parle des drones, on parle de technologies très avancées dans tous les domaines, de l'aviation de combat jusqu'à la protection des chars et de l'artillerie et surtout la précision. Donc ça, Israël sait le faire. En revanche, je le disais tout à l'heure, ce qui apparaît très clairement, c'est la difficulté de maintenir un pays comme Israël sur le pied de guerre. Israël est en permanence et on le voit aujourd'hui au nord, au sud, à l'est.
Israël subit une menace permanente et comment faire pour vivre à peu près normalement et on a vu ce qui s'est passé en l'occurrence pour des jeunes qui s'étaient rassemblés pour faire une fête et c'était normal, c'était un jour de fête et tout en préservant cette souveraineté. C'est ce que les Israéliens découvrent aujourd'hui, c'est qu'en fait, quelque part, ils sont condamnés à être sur le pied de guerre en permanence et ça, c'est un choc assez terrible. Ils espéraient sans doute pouvoir sortir un peu de cette logique.
Général Palomero, on se retrouve dans un instant pour la suite de cette interview après le fil info de Valentin Lottès à 8h51.
Cinq policiers blessés hier soir à Marseille au cours de cette soirée de foot gâchée, indique Gérald Darmanin sur BFM TV. Neuf interpellations selon le ministre de l'Intérieur avant le coup d'envoi d'OMOL hier soir. Plusieurs bus venus de Lyon ont été caillassés. Celui de l'équipe de l'OL n'y a pas échappé. L'entraîneur Fabio Grosso a été blessé au visage. Les Etats-Unis condamnent des manifestations antisémites au Dagestan une république musulmane du Caucase russe. Un aéroport a été pris d'assaut par des dizaines d'hommes à la recherche de passagers en provenance d'Israël. Quatre piétons ont été tués dans le même accident de la route hier à Sarcelles dans le Val d'Oise.
Deux femmes et deux hommes percutés par une voiture le long d'une départementale. Le français Kylian Mbappé, le norvégien Erling Haaland et encore une fois Lionel Messi composent le groupe de favoris au Ballon d'Or. La 67ème cérémonie a lieu ce soir à Paris. pour nommer le successeur de Karim Benzema. France Info
Le 830 France Info Agathe Lambret Jean-Rémi Baudot
Toujours avec le général Palomero. Ce général vous avez été chef d'état-major de l'armée de l'air de 2009 à 2012 puis commandant suprême de l'OTAN de 2012 à 2015. Vous diriez que le monde aujourd'hui est plus instable encore qu'à cette époque ?
Il y a une sorte de convergence des instabilités effectivement qui le rend plus risqué je dirais et qui met chacun devant ses responsabilités.
Ce que je veux dire par là c'est que on voit bien que si je prends un exemple très concret des relations entre un pays comme Israël et la Turquie qui peuvent être considérées comme contre-nature au départ et pourtant qui sont fortes et on pourrait répliquer ça un petit peu au travers du monde y compris l'attitude de la Russie vis-à-vis des mouvements terroristes islamiques pourtant la Russie a su ce que c'était elle a fait la guerre en Tchétchénie donc on voit bien qu'il y a une sorte de recomposition et mon sentiment c'est que on va vivre cette recomposition des alliances Israël sait et connaît mieux que jamais les alliés sur lesquels elle peut compter les Etats-Unis en premier rang mais je pense
c'est quoi le nouveau clivage vous dites une recomposition des alliances donc
il faudra éviter que ce soit un clivage qui soit fondé sur des critères humains ou religieux ça ça serait le pire de ce qui pourrait se passer donc il faut c'est difficile de conseiller les dirigeants de ce monde mais c'est sûr que tout ce qui peut rapproché doit être tenté et surtout éviter justement que ce clivage et c'est sans doute ce que veut un mouvement terroriste comme le Hamas il veut accentuer c'est ça sa raison d'être aujourd'hui comme beaucoup de mouvements terroristes c'est d'accentuer les fossés et il ne faudrait pas tomber dans ce piège et essayer de garder une logique de progrès de paix alors la bande de Gaza c'est vraiment l'archétype c'est le centre de gravité un peu de cette question aujourd'hui
il y a des répercussions partout on l'a vu à l'aéroport du Dagestan hier c'est l'effet recherché
c'est clairement l'effet recherché par des groupes terroristes comme le Hamas c'est pour ça que le combat contre le terrorisme est aussi important quand vous avez une guerre limitée entre deux pays c'est un choc frontal entre deux volontés un choc pour la souveraineté quand vous avez une guerre contre le terrorisme ça va bien plus loin ça entre dans la société et on le voit bien ça a un impact dans tous les pays c'est là que cette idée d'une nouvelle alliance et c'est un petit peu ce qu'a défendu notre président sur cette coalition contre le terrorisme elle fait du sens me semble-t-il parce que
parce qu'elle a été assez critiquée cette proposition d'Emmanuel Macron
nébuleux comme formule et comme projet c'est forcément nébuleux parce que le terrorisme lui-même est nébuleux et bien sûr que ça va toucher très profondément et que ça pose des tas de questions y compris dans le soutien de ces groupes terroristes j'ai pas de dessin à faire les dirigeants de ce groupe terroriste on sait où ils sont on sait quels sont leurs avoirs on sait d'où ils viennent est-ce qu'on se décide vraiment dans l'esprit de ce que fait Israël c'est-à-dire un esprit de défense existentielle pour notre société à se battre contre ce terrorisme c'est ça la question que nous pose aujourd'hui ce conflit entre Israël et ce groupe terroriste
il y a le conflit entre Israël et le Hamas il y a aussi un front au nord avec le Liban et le Hezbollah il y a aussi un front côté syrien encore récemment Israël a bombardé des installations aéroportuaires en Syrie cette régionalisation comment elle peut prendre forme c'est-à-dire qu'à un moment ça veut dire que l'Iran éventuellement rentre dans la danse vient soutenir militairement des groupes ou est-ce que tout ça se ferait éventuellement un peu en sous-main avec de la livraison d'armes est-ce qu'on arrive à déceler un petit peu les rapports de force qui pourraient être mis à jour
ce que m'a appris mon expérience de chef militaire et en particulier à la tête du commandement de la transformation de l'OTAN c'est-à-dire la préparation de l'avenir c'est qu'on ne peut pas d'abord on ne peut pas prévoir aujourd'hui ces boules de cristal ça n'existe pas mais il faut absolument préparer donc il faut se préparer peut-être au pire en espérant évidemment le meilleur ce qui veut dire qu'il faut s'attendre à ce qu'il y ait des connexions alors après et on voit bien d'ailleurs l'attitude des Etats-Unis qui ont envoyé des forces conséquentes à proximité du théâtre pour peser un peu sur les différents acteurs et en particulier l'Iran on voit bien que la non-résolution du conflit syrien parce qu'on reste là aussi dans une oeuvre inachevée enfin je veux dire on s'est arrêté les uns et les autres ok l'état islamique étaient pratiquement éradiqués et pratiquement pas complètement il existe toujours donc voilà on est dans cette situation on sent bien quand même que a priori le Hezbollah pour l'instant en tout cas ne veut pas rentrer dans cette guerre qu'est-ce qu'il pourrait le décider à le faire et quel risque il prendrait je crois qu'Israël fait peur maintenant Israël a monté en puissance son outil de guerre et c'est un outil extrêmement puissant et Israël démontre qu'elle a la volonté de s'en servir qu'elle sait s'en servir et qu'il ira jusqu'au bout parce qu'il s'agit de son existence
merci beaucoup général Jean-Paul Paloméros merci d'avoir été l'invité ce matin du 8.30 France Info merci beaucoup Agathe on se retrouve demain pour une nouvelle interview dans un instant et bien ce seront les informés avec Adrien Beck au programme ce matin la situation à Gaza on va aussi revenir sur ce qui s'est passé hier soir à Marseille et puis on parlera aussi de la question de l'IVG dans la constitution à tout de suite merci d'avoir regardé cette vidéo