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interviewLe Média· 14 janvier 2021 16 min

LE FIASCO DE LA VACCINATION

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Je vais vous parler de l’actualité parlementaire dans un P’tit coup de bourbon. Faut pas raconter des cracs. C’est pas parce qu’on remettra l’ISF comme il était il y a un an et demi que la situation d’un seul gilet jaune s’améliorera.

C’est vraiment Marie-Antoinette. Vous n’avez pas de pain mangez des brioches ! J’interpelle votre conscience, de gens qui êtes sensés.

Faites de l’information. Ce texte entend prévenir les violences lors des manifestations et sanctionner leurs auteurs. En choisissant le camp de la répression, le préfet Lallement a quitté le camp de la République.

Des violences policières en France, c’est un mensonge, ça n’existe pas. Les premiers mai joyeux, chamailleurs parfois. Il faut dissoudre aujourd’hui ces groupuscules, ces antifas, ces associations d’extrême-gauche.

Ma maman m’a appris à pas montrer du doigt, c’est très très impoli. Ne nous laissons pas piéger par le Rassemblement National. Il arrivera peut-être, je ne sais pas, qu’un jour vous ayez l’occasion de débattre à nouveau avec le président de la République.

Une société de vigilance. Voilà ce qu’il nous revient de bâtir. Plus vous êtes incapables dans vos missions essentielles, plus vous êtes intrusifs dans les libertés des citoyens.

L’état d’urgence sanitaire permettra au gouvernement de prendre par décret des mesures restrictives. Les français ne pourront pas acheter de masques dans les pharmacies parce que ce n’est pas nécessaire quand on n’est pas malade. Je n’arrive pas à savoir si vous le faites de manière délibérée, ou si en fait vous le faites parce que bon voilà vous ne savez pas quoi faire d’autre.

J’ai toujours trouvé dans le président de la République qu’il y avait une geste gaullienne. Je peux vous dire, il y a des violences policières si ça vous fait plaisir que je le dise. Emmanuel Macron ne sera pas éternellement à la tête de l’État.

Notre histoire ne s’arrête jamais. Jamais. Eh oui, cela fait 100 semaines que nous nous retrouvons pour chroniquer la vie politique française depuis l’Assemblée et le Sénat.

Merci de votre fidélité. Ce n’était pas gagné tant la classe politique est déconsidérée. Tant elle paraît éloignée du quotidien de chacun d’entre nous.

Merci encore à tous ceux qui m’accompagnent dans la fabrication du Pt’it coup de Bourbon. Camille Chastrusse avec qui je monte les sujets et qui me connaît par cœur, Adrien Colrat qui réalise les flamboyantes vignettes de l’émission et Maxime Hector qui scripte et met le PCB en ligne avec enthousiasme. Il y a encore Léo Le Gat qui se bat dans la meute des journalistes pour placer sa caméra.

Élie Bonneton qui lui prête souvent main-forte. Jordan Escoda qui m’entend plus qu’il ne me voit, il s’occupe du son. Mathias Enthoven avec qui je me livre chaque semaine à un ping-pong fructueux pour trouver les titres.

Franchement, même si l’avenir est incertain, c’est une belle aventure. Générique ! Ne cherchez pas à juger notre stratégie vaccinale.

Le début de la campagne de vaccination contre la Covid a été désastreux pour l’image de notre pays. Nombre de français se posent la question de la compétence du gouvernement. On retarde pour les masques hier, pour les vaccins aujourd’hui.

D’autres pays européens sont bien en avance sur nous. Il y a eu un peu la pédale à la fois sur l’accélérateur et sur le frein. Donc là vous patinez.

Oui monsieur le député, nous avons des opérateurs privés qui viennent en appui de la France et c’est très bien ! On voit à travers cela l’affaiblissement, le déclassement de l’État. Moi je dis que que c’est n’importe quoi.

Mais à quoi ça sert un parlement ? Les ratés de la campagne de vaccination et les grandes manœuvres à gauche pour lancer la candidature d’Anne Hidalgo à la présidentielle. C’est le sommaire du numéro 100 du Pt’it coup de Bourbon.

Jean Castex est content. Satisfait même. À l’heure où j’enregistre cette émission, les mesures annoncées cet après-midi par le Premier ministre pour ralentir la pandémie ne me sont pas connues.

Mais elles doivent être anodines car tout va bien ou presque. Ce n’est pas moi qui le dis, mais le locataire de Matignon. Écoutez-le hier après-midi devant les sénateurs.

La France n’a pas à rougir de sa stratégie globale de lutte contre cette pandémie. Elle n’a pas, oui oui oui oui, attendez attendez. Je demande simplement que nous ne nous autoflagellions pas.

C’est de la France… Non non ce n’est pas de l’autosatisfaction monsieur le sénateur. Non ce sont des faits ! Ce n’est pas moi, ce sont les françaises et les français qui ont fait les efforts nécessaires comme on l’avait demandé entre Noël et le jour de l’An.

Ne cherchez pas à juger notre stratégie vaccinale qui va prendre plusieurs mois. Et vous le savez mesdames et messieurs les sénateurs. Vous le savez, en France comme ailleurs.

On ne juge pas un match qui va durer 90 minutes à la deuxième seconde. Ça n’est pas possible. Vous l’aurez noté aux réactions dans l’hémicycle, les sénateurs ne partagent pas vraiment cette vision optimiste de la gestion de la crise sanitaire.

Comme les députés d’ailleurs. Mardi, à l’Assemblée, Jean Castex et Olivier Véran n’ont cessé d’essuyer des tirs venus de tous les bancs de l’opposition. Le début de la campagne de vaccination contre la Covid a été désastreux pour l'image de notre pays.

Nous apprenons même que votre organisation logistique risquait de gâcher jusqu’à 30% des doses réceptionnées et que de nombreux hôpitaux manquaient déjà de seringues pour la vaccination. En ce début d’année nombre de français se posent la question de la compétence du gouvernement pour le plan vaccinal anti Covid-19. Les chiffres sont cruels. 10%, même pas 10% des vaccins disponibles sont injectés.

Ni la colère simulée d’un président qui décide de tout mais n’assume pas tout surtout quand ça souffre. Ni votre gestion verticale, technocratique. On retarde pour les masques hier, pour les vaccins aujourd’hui.

Ni les dépenses de consultants, ni le plus de communication que de vaccins disponibles. Rien de tout cela n’est de nature à convaincre les français de l’efficacité de votre absence de stratégie vaccinale. Il y a deux jours, Olivier Véran annonçait que 138 000 Français avaient été vaccinés.

Pour parvenir à une immunité collective et donc stopper la circulation du virus, il faut vacciner autour de 20 millions de Français d’âge adulte. On est mal parti. Surtout quand on compare avec nos voisins.

Songez que nous nous fixons comme objectif, le gouvernement se fixe d’avoir vacciné un million de français à la fin du mois de janvier. La Grande-Bretagne, au moment où nous parlons, en a déjà vacciné 2,3 millions. Et d’autres pays européens sont bien en avance sur nous, je pense notamment à l’Italie.

On espère avant l’été avoir vacciné 14 millions de françaises et de français. Là aussi la Grande-Bretagne aura atteint ce chiffre à la mi-février. Alors, pourquoi ce retard au démarrage ?

Pourquoi ces hésitations ? Ce qui ne fonctionne pas c’est que le gouvernement a voulu y aller mollo au départ en se disant il faut pas fâcher les gens qui sont contre. Quand on lance une entreprise de cette ampleur, où on se dit on veut vacciner presque tout un pays, en tout cas ceux qui veulent bien entendu, il faut qu’on s’appuie sur celles et ceux qui sont favorables à la vaccination, et après on essaiera de convaincre les autres.

Donc effectivement il y a eu un peu la pédale à la fois sur l’accélérateur et sur le frein. Donc là vous patinez quand vous faites ça. Ça, ça a été le début.

Faute de médicament miracle, la vaccination reste la seule alternative aux restrictions de toutes sortes. Plus on vaccine, et plus les mesures de freinage seront allégées. Plus on vaccine et plus la reprise économique et sociale sera possible.

Les deux sont liées, et que donc il nous faut aujourd’hui une stratégie de vaccination qui aille beaucoup plus vite. Pour restaurer la confiance, le gouvernement a imaginé de tirer au sort 35 citoyens qui seront chargés de surveiller la campagne de vaccination contre le Covid-19. Ils doivent se réunir dans les jours prochains.

L’initiative fait bondir Damien Abad. Et pas mal de députés. Voyez à quel point on en est.

On nous a fait le coup des 130 citoyens tirés au sort sur la convention climat, on nous fait le coup des 35 citoyens choisis au hasard sur la vaccination. Mais à quoi ça sert un parlement ? A quoi ça sert d’avoir 577 députés si tous les matins on va tirer au sort des français.

Faut pas s’étonner ensuite qu’aux élections législatives il n’y a plus personne qui vote. Depuis le début de la crise sanitaire, le parlement peine à exercer sa mission de contrôle de l’exécutif. Avec Olivier Véran, on peut même dire que la représentation nationale est tout simplement ignorée.

Ce que nous regrettons c’est l’attitude du ministre de la santé qui apparaît comme méprisant et à regard arrogant à l’égard de la représentation nationale. Ici nous sommes le Parlement, il est normal que le ministre de la santé vienne devant le Parlement, s’exprimer, être auditionné, être entendu par des députés qui ont des questions à poser. On peut pas avoir un ministre qui fait des conférences de presse toutes les semaines et qui vient au Parlement même pas une heure par semaine pour expliquer sa stratégie vaccinale.

Un ministre qui fait appel, qui plus est, au secteur privé plutôt qu’aux fonctionnaires de l’État. Ainsi, c’est un cabinet de conseil américain, McKinsey, qui assiste le ministre de la santé Olivier Véran sur les questions logistiques. On a entendu parler de ces contrats passés avec le prestataire McKinsey dont on nous dit que ça coûte 2 millions d’euros par mois pour élaborer la stratégie vaccinale.

On apprend ce matin le partenariat envisagé par le gouvernement, conclu par le gouvernement avec Doctolib, ce qui veut dire que pour la prise de rendez-vous c’est un prestataire privé aussi qui va s’en charger. Il ne s’agit pas d’une position de principe pour dire que l’on serait par principe hostile aux compétences et savoir-faire du privé, fort heureusement il y a des entreprises françaises qui savent faire et qui ont les compétences. Très bien, mais néanmoins on voit à travers cela l’affaiblissement, le déclassement de l’État.

Et c’est valable d’ailleurs depuis le début de la gestion de cette pandémie. C’était déjà valable avec les masques à l’époque, c’est valable encore aujourd’hui avec les vaccins. Loin d’être gêné par ces partenariats, Olivier Véran les revendique.

Oui monsieur le député, nous avons des opérateurs privés qui viennent en appui de la France, et c’est très bien ! On peut pas à la fois nous faire le procès de fonctionner qu’avec nos administrations et en même temps nous faire le procès de fonctionner avec des partenaires privés qui ont l’expertise française, européenne et mondiale d’une campagne logistique comme celle qui nous occupe aujourd’hui. Félicitons-nous d'être capables d’avoir des acteurs publics et privés sur lesquels nous pouvons compter.

Ce matin en audition on me disait “vous avez pris un opérateur privé pour prendre les rendez-vous sur internet pour la vaccination”. C’est un opérateur qui non seulement est français, mais qui gère toute cette logistique pour nos voisins allemands. Et on devrait s’en passer sous prétexte que c’est du privé ?

Il y a cependant un député, hors de la majorité présidentielle, qui est persuadé que le gouvernement a une stratégie. Une stratégie dissimulée : Nicolas Dupont-Aignan. On enferme les français dans ce piège.

Confinement ou vaccin. Le gouvernement durcit les règles pour forcer les gens à se faire vacciner. Un vaccin qui n’est pas sûr.

Donc moi je dis que c’est n’importe quoi. Je dis qu’il faut être prudent. Est-ce encore de l’analyse politique ou déjà du complotisme ?

Chacun appréciera. Ce qui est certain, en revanche, c’est que ce troisième fiasco, après les masques et les tests, ne renforcera pas la confiance des Français dans le gouvernement et, ce qui est beaucoup plus grave, dans la science. Anne Hidalgo sera-t-elle la candidate du parti socialiste, et d’éventuels alliés de cette formation, à la présidentielle de 2022 ?

Il semble que ce scénario soit en train de s’accélérer. Tout a commencé le 23 décembre sur France info avec cette déclaration de la présidente du groupe PS à l’Assemblée, Valérie Rabault. Anne Hidalgo a l’étoffe pour être à la fois une bonne candidate et une bonne présidente de la République, parce qu’il y a deux choses dans la vie, il y a gagner une élection puis être capable de faire le job après.

Vous pensez qu’elle en a envie, elle ? Je ne parlerai pas pour elle. Vous l’invitez et vous lui posez la question.

Ça sera quand même beaucoup plus simple à mon avis. C’est Olivier Faure qui prend ensuite le relais. Sur radio J puis chez Jean-Jacques Bourdin mardi.

Anne Hidalgo candidate, certains la poussent, notamment Valérie Rabault, Patrick Kanner. Ça peut être une bonne candidate, ça devrait être la candidate ? J’ai déjà dit que je ne savais pas si elle serait candidate, mais ce serait une excellente présidente.

Anne Hidalgo, c’est votre candidate pour 2022 ? Pour le moment je n’ai pas de candidate parce que je considère que nous n’en sommes pas encore là et que nous devons commencer par travailler sur un projet commun et ensuite de voir qui en est la meilleure incarnation, qui peut nous emmener à la victoire et qui saurait gouverner ce pays. Est ce que vous souhaitez qu’elle soit candidate à la présidentielle ?

Je pense que ce serait une excellente présidente de la République. Je ne sais pas si elle sera candidate. Du côté de la candidate pressentie, ça bouge aussi.

Son entourage doit lancer dans les jours qui viennent une plateforme de réflexion, baptisée “Idées en commun”. Elle sera pilotée par Emmanuel Grégoire, premier adjoint d'Anne Hidalgo. Cette dernière a d’ailleurs fait un pas supplémentaire vers sa candidature.

Elle a accordé le week-end passé un entretien au Journal du dimanche. Voici ce qu’elle déclare sur la présidentielle. “Je vous confirme que je prendrai toute ma part.

Ma part à la réflexion pour inventer un autre chemin possible, loin des calculs. C’est une question de destin collectif avant d’être une question de personne, ou d’envie. J’y participerai.” On se doute cependant qu’elle ne brigue pas les seconds rôles.

L’analyse d’Anne Hidalgo est la suivante. “Il y a un espace énorme entre l’extrême gauche et Emmanuel Macron, qui est désormais clairement positionné à droite. Il faut proposer une offre républicaine, sociale, progressiste et bien sûr écologiste.

Les partis conservent un rôle important mais ne décident plus de tout.” L’extrême-gauche ? Oui, dans le langage de la maire de Paris, cette étiquette désigne la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Cet “espace énorme” existe-t-il vraiment ? C’est ce que la maire de Paris entend vérifier à l’automne 2021 en organisant des Assises de la gauche. La proposition ne déclenche pas l’enthousiasme des foules.

Si l’on veut créer une alternative entre l’extrême-droite et l’extrême-argent, il y a une impérieuse nécessité de travailler au rassemblement de la gauche. Elle propose des Assises de la gauche. Ouais, bah peut-être qu’il faudrait que la gauche reste moins assise et qu’elle se lève non ?

Qu’elle soit debout. Du côté de la France insoumise, qui sera conviée à ce rassemblement œcuménique, on bloque sur la candidate putative. La question c’est pas de savoir si telle ou telle personne ferait un bon président, c’est de voir qui peut être élu sur un bon programme, qui soit un programme de rupture avec les 30 années qu’on vient de vivre, de néolibéralisme, et qui soit de ce point de vue-là sans ambiguïté.

J’ai pas l’impression qu’Anne Hidalgo soit sur cette base, de par ce qu’elle explique, par la politique qu’elle défend à Paris j’ai plutôt l’impression que c’est la poursuite en réalité du social libéralisme de ce qu’on a vécu avec Hollande qui nous a donné Macron. Derrière cet appel à des assises de la gauche, il y a surtout la volonté de constituer un bloc anti-Mélenchon. Olivier Faure a d’abord caressé le projet d’une candidature commune avec EELV dans l’espoir de marginaliser le candidat de la France insoumise.

Laissant entendre que le PS pourrait se ranger derrière un candidat ou une candidate écolo. Le patron des socialistes avait ainsi réussi à convaincre le secrétaire national d’Europe écologie les verts, Julien Bayou, avant le premier confinement, d’organiser une université d’été commune aux deux formations. L’initiative a finalement capoté.

Cette fois, le PS ne se cache plus derrière les écolos. Pas besoin. Car Anne Hidalgo fédère déjà les verts, puisque ceux-ci font partie de sa majorité municipale.

Même si, ces derniers mois les relations ont été tendues. Sur la route d’Hidalgo, il y a cependant un écueil. Arnaud Montebourg.

L’ancien ministre du redressement devenu apiculteur revient en politique. On l’a vu partout, y compris sur le Média. Ce week-end, son entourage a lancé un parti à sa dévotion.

Son nom ? L’engagement. Ça tombe bien, c’est le titre éponyme du bouquin que Montebourg vient de publier.

La nouvelle formation politique se propose de “Répondre à l’urgence climatique et l’urgence sociale” et, bien évidemment, de soutenir la candidature de l’ancien ministre de l’Économie. Du coup, j’ai demandé au député socialiste Boris Vallaud si l’ancien ministre socialiste Montebourg pourrait être un bon président. Arnaud Montebourg pourrait être un excellent président de la République ?

Il n’y a pas de doute, lui et d’autres candidats putatifs puisqu’aujourd’hui personne n’est déclaré. En tout cas, vous savez, je ne m’inquiète pas de la qualité de ceux qui pourraient concourir. Ils sont nombreux, ils sont de très grande qualité.

Boris Vallaud vient de le dire, côté candidatures putatives à l’investiture socialiste, ça se bouscule au portillon. Il y a Ségolène Royal, Christiane Taubira, François Hollande, Jean-Christophe Cambadélis, et Najat Vallaud-Belkacem. C’est le bal des revenants.

Que voulez-vous, la nature a horreur du vide. Mais c’est surtout le retour de la machine à perdre. Car en l’état, aucun de ces candidats potentiels ne peut prétendre être au second tour de la présidentielle.

LE FIASCO DE LA VACCINATION — Anne Hidalgo · Pourquijevote