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interviewRMC — Face à Face· 11 septembre 2024 21 min

Face à Face : François Ruffin - 11/09

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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François Ruffin

Vous écoutez

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Présentateur

RMC

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François Ruffin

RMC jusqu'à 9h

0:06
Présentateur

Apolline Matin Face à face

0:11
François Ruffin

Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV, bonjour François Ruffin Merci d'avoir choisi RMC et BFM TV pour votre première interview de rentrée vous êtes député de la Somme député Picardie Debout vous étiez compagnon des Insoumis vous siégiez dans le même groupe la rupture est désormais consommée on y reviendra, vous le racontez vous racontez votre parcours d'ailleurs dans un livre qui sort aujourd'hui ça s'appelle Itinéraire ma France en entier, pas à moitié et ça, ça veut dire beaucoup puisque vous insistez sur le fait qu'il faut une France qui va des bourgs et des tours conjuguer la France des quartiers et la France des clochers mais d'abord un mot sur l'actualité immédiate de ce gouvernement introuvable d'un François Barnier d'un Michel Barnier qui cherche des ministres qui cherche peut-être aussi une confiance qu'il trouvera ou non auprès des députés est-ce que vous, vous voterez quoi qu'il arrive la défiance est-ce que vous voterez une motion de censure ?

1:14
Présentateur

Oui, il faudrait une motion de censure dire d'abord ce qu'on peut éprouver en tout cas ce que j'éprouve depuis maintenant deux mois d'un espèce de cirque triste d'un théâtre où le réel disparaît derrière des noms qui sont jetés en série j'éprouve de la fatigue de l'inquiétude et du dégoût et je pense que c'est un sentiment qui est largement partagé par les Français maintenant pourquoi il y aura une motion de censure ?

parce qu'il y a aujourd'hui quelque chose qui réunit ceux qui vont se rassembler derrière Michel Barnier et derrière Emmanuel Macron je dirais pour citer Gabin c'est toucher pas au Grisby c'est-à-dire qu'il y a une crise fiscale là qui est en cours Bruno Le Maire a creusé les déficits comme jamais à la pelleteuse à la fois le déficit budgétaire qui dépasse ses 5% qui sera sans doute au-delà de 6% l'année prochaine alors que je le rappelle il n'y a pas eu d'investissement pour autant et même on pourrait insister sur le déficit commercial aussi donc il y a et j'appartenais moi avant la dissolution à la commission d'enquête à l'Assemblée Nationale sur la dette publique qui avait été lancée par les Républicains parce que je considère que c'est une question importante qu'est-ce qui apparaît ?

c'est que cette crise aujourd'hui là cette crise budgétaire elle n'est pas due à des dépenses qui seraient en hausse elle est due à la crise des recettes et au fait que comme sont venus l'expliquer des économistes en série lors des auditions qu'on a baissé les impôts sur le capital et que cette baisse d'impôts sur le capital représente au moins la moitié des déficits

2:38
François Ruffin

Michel Barnier dit il ne faut pas s'interdire plus de justice fiscale

2:43
Présentateur

et tout ce qui sera à prendre nous le prendrons vous savez moi si jamais je fais un compromis pour le caddie des auxiliaires de vie je le fais donc si jamais on peut déplacer une virgule dans les temps à venir sur une mesure fiscale nous le ferons mais maintenant il faut bien voir ce qu'il s'agit de faire aujourd'hui ce n'est pas de la réformette de la mesurette sur le système fiscal c'est une remise à plat du système fiscal c'est-à-dire ?

aujourd'hui on est dans un pays où les petits payent gros et les gros payent petit ou dans notre pays vous madame Apollime de Malheur mais le salarié lambda qui part à l'usine qui part au bureau est taxé aux alentours de 50% et c'est à peu près la moitié pour les multimilliardaires de ce pays donc il y a un énorme souci de justice fiscale si demain on veut non seulement

3:31
François Ruffin

que le travail paye davantage

3:32
Présentateur

et que le capital paye davantage au moins à l'égal du travail et or aujourd'hui ce n'est pas du tout ce qui se passe et si on veut à la fois combler le déficit et investir notamment sur la transition écologique c'est ce qu'avait dit Jean-Pizani Ferry il y a la nécessité d'aller chercher l'argent là où aujourd'hui il se trouve je rappelle ces chiffres qui sont quand même étonnants il y a 25 ans au lancement du classement de challenge les 500 fortunes françaises possédaient l'équivalent de 5% du PIB à l'arrivée d'Emmanuel Macron pouvoir c'est 20% et aujourd'hui on a dépassé les 40% donc on voit qu'il y a un gavage gigantesque et je dis ce qui réunit aujourd'hui les gens qui vont se trouver derrière Michel Barnier mais avec Emmanuel Macron c'est toucher pas au Grisby c'est-à-dire que les questions de dividendes de profits de bénéfices elles sont quasiment interdites et sortent Et c'est là-dessus

4:23
François Ruffin

que vous voudriez concentrer l'effort fiscal

4:25
Présentateur

Oui par exemple si vous prenez je vais entrer dans un peu de technique en France les sociétés écran ne sont pas taxées ça veut dire quoi ?

ça veut dire que les dividendes qui ont explosé il y a un rapport qui est encore sorti hier qui dit que ça a explosé dans le monde ça a explosé en Europe et ça explose en France plus 7% en France c'est-à-dire largement au-delà de l'inflation pour le coup Bon si dans notre pays les plus riches font ce qu'on appelle des sociétés écran plutôt que de toucher les dividendes directement et elles ne sont pas taxées ce qui leur permet de payer 1 ou 2% d'impôt à la place d'en payer 30% Aux Etats-Unis ces sociétés écran sont taxées et ça ça rapporterait aux alentours de 20 à 30 milliards d'euros donc là c'est là que se trouvent les marges de manœuvre alors que qu'est-ce qu'ils vont faire ?

On le sait d'avance ils vont faire ce qu'ils prétendent faire depuis 40 ans maintenant c'est-à-dire d'agir sur les dépenses en venant à aller chercher sur l'hôpital sur l'éducation sur le sport le premier budget qui va être touché à la sortie des Jeux Olympiques par des réductions de budget c'est le sport ou alors encore même sur les arrêts maladie

5:28
François Ruffin

Et vous estimez vous François Ruffin que sur le sport et c'est d'ailleurs la première proposition de loi que vous voulez déposer à l'Assemblée nationale

5:34
Présentateur

que j'ai déposée cette semaine

5:35
François Ruffin

que vous avez déposée déjà cette semaine alors qu'elle n'est pas encore complètement ouverte la nouvelle session parlementaire organiser des mesures de soutien aux bénévoles des clubs sportifs aux artisans du quotidien du sport pour tous ça marche comment et c'est qui ?

5:46
Locuteur

Alors

5:46
Présentateur

il y a 3,5 millions de bénévoles dans les clubs sportifs dans notre pays et il faut bien voir que ce sont eux aussi qui participent à tenir le pays debout et en tout cas à tenir le sport debout on a vu combien durant les Jeux Olympiques le sport de haut niveau a brillé mais il ne faudrait pas que ça soit une illusion et que derrière ça soit le tissu associatif le tissu des clubs populaires qui soit en train de se déchirer or c'est ce qui advient dans plein de clubs il y a des difficultés à trouver un président un trésorier un secrétaire des difficultés sur l'engagement et pourquoi ?

parce que d'une part les subventions à ces clubs comptent pour moitié moins qu'il y a 20 ans donc ça veut dire qu'à la place on doit faire des tombolas on doit faire des galas on doit faire des paillelas vous voyez donc on doit faire tout ça et en plus derrière il y a plus de travail administratif il s'est renforcé ce qui est apparu l'année dernière avec le début d'année avec la crise des agriculteurs qui disait on a trop de travail administratif on nous demande non plus de remplir les dossiers mais d'être sur des plateformes en permanence en fait c'est vrai pour des tas de secteurs dans le pays et en particulier pour les associations sportives qui avec le passeport ont des tas de fichiers à remplir en permanence donc d'un côté on leur donne moins de subventions

6:55
François Ruffin

c'était quand même une bonne chose l'histoire du passeport

6:56
Présentateur

très bien c'est insuffisant aujourd'hui pour qu'il y ait un accès de tous au sport on voit que dans les familles les plus modestes c'est 78% des enfants qui ne sont pas inscrits dans des clubs sportifs alors que c'est moitié moins dans les familles qui sont les plus aisées on va dire dans notre pays donc là il y a quand même un souci d'accès au sport pour tous malgré le passeport mais on fait reposer le travail administratif sur des bénévoles qui du coup sont usés parce que dans le même temps Emmanuel Macron a divisé par 5 le nombre d'emplois aidés donc je dis attention on a un problème de crise d'évocation dans notre pays on a un problème des crises d'évocation dans l'éducation nationale on a un problème de crise d'évocation dans l'hôpital et là on arrive à une crise d'évocation dans le monde associatif il y a un rapport du CESE qui témoigne de ça et qui dit voilà attention c'est en train de se déchirer et donc là qu'est-ce qu'il s'agit de dire il s'agit de dire d'une part on redonne des moyens via des emplois aidés qui ont pu exister on redonne du souffle aux associations on permet qu'il y a un guichet unique et qu'on ne leur demande pas de remplir des dossiers en permanence c'est-à-dire une simplification comme on l'a proposé les agriculteurs qu'on fasse la même chose et enfin qu'on ne baisse pas encore à nouveau de 10% puisque c'est annoncé le budget du ministère des Sports

8:10
François Ruffin

François Ruffin est-ce que Jean-Luc Mélenchon est la gauche des Noirs et des Arabes et vous la gauche des Blancs ?

8:18
Présentateur

Moi je veux rassembler d'accord ? Vous savez pourquoi

8:21
François Ruffin

je vous pose cette question ?

8:21
Présentateur

je pense qu'il faut faire notre France en entier et pas à moitié je veux rentrer de manière moins polémique dans le débat

8:29
François Ruffin

je voudrais simplement lire un morceau de votre livre le témoignage sur la toute dernière élection l'élection législative et j'ai repris vos mots en réalité puisque vous dites nous avons mené une campagne au faciès dans les immeubles d'Amiens Nord quand je tombais sur un Noir ou un Arabe je sortais la tête de Mélenchon en bien gros sur les tracts c'était le succès presque assuré son nom servait de passe-partout l'étendard d'une dignité retrouvée mais dès qu'on tombait sur un Blanc pas seulement dans les campagnes même dans les quartiers ça devenait un verrou

9:02
Présentateur

alors ça c'est la campagne d'il y a deux ans c'est la campagne de 2022 mais il vous a été reproché la même chose avec des tracts

9:08
François Ruffin

parfois avec Jean-Luc Mélenchon d'autres fois

9:10
Présentateur

c'est un souci je l'éprouvais comme une honte quand je venais à faire ça et malheureusement je me confiais à mes camarades qui me disaient mais on fait la même chose et nous retrouvons à l'Assemblée Nationale le récit est venu de tous les députés de deux campagnes différentes d'une campagne menée dans les quartiers qui était bien différente de la campagne menée dans les quartiers et d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon

9:32
François Ruffin

en quelque sorte l'assume puisque ce samedi dans le cortège des manifestations s'adressant à une manifestante il a eu ses mots il faut mobiliser la jeunesse et les quartiers là se trouve la masse des gens qui ont intérêt à une politique de gauche tout le reste on laisse tomber

9:47
Présentateur

et il dit même c'est perdre son temps est-ce que c'est perdre son temps que de parler aux éboueurs d'Abbeville qui se lèvent à 4h du matin et qui viennent de perdre leurs primes est-ce que c'est perdre son temps que de parler à l'aide soignante dans la clinique à côté qui se prive de vacances depuis 3 ans et qui là à la rentrée ne pourra pas offrir à sa fille son activité ponée est-ce que c'est perdre son temps que de parler aux ouvriers de chez Goudière qui soient Damien Nord ou de Flix Secours et qui ont à faire les 4-8 et qui ont dit que leurs pneus sont trop chers comparés à l'Estonie est-ce que c'est perdre son temps que de parler aux vigiles des Securitas qui étaient à mon premier meeting et dont 7 sur 8 étaient en contrat à durée déterminée de 2 mois renouvelés depuis 2 ans je ne crois pas que ce soit perdre son temps que de parler à tous ces gens et je le dis même s'ils ne votent pas pour nous même s'ils s'abstiennent même s'ils votent je pense que c'est l'honneur de la gauche c'est son devoir de devoir parler aux classes populaires en entier et pas à moitié et de vouloir faire France ensemble là il y a un choix qui depuis 2 ans nous sépare avec la direction des insoumis qui a un choix de se dire est-ce qu'on parle au pays en entier ou est-ce qu'on parle au pays à moitié

11:05
François Ruffin

mais ça veut dire qu'au fond vous racontez de l'intérieur une forme de clientélisme politique vous parlez même vous parlez même d'ethnicisation au fond le rassemblement national comme la France insoumise ethnicise le rapport à l'injustice sociale c'est-à-dire un clientélisme à la fois social et ethnique vous osez le mot

11:23
Présentateur

ça c'est un habitant des quartiers ou un intellectuel des quartiers

11:26
François Ruffin

que vous citez et dont vous partagez visiblement le constat

11:30
Présentateur

je vais vous prendre un exemple qui moi m'a choqué ces dernières années il y a un an à peu près il y avait un crime commis à Crépaule le jeune Thomas à la sortie d'un base vous vous souvenez qui se fait poignarder et à ce moment là vous avez le rassemblement national qui pose des questions à l'assemblée qui tweet qui retweet et vous avez un silence des dirigeants insoumis qui ne disent pas un mot pas un tweet sur Thomas Crépaule vous avez deux jours plus tard me semble-t-il un jardinier morade qui se fait poignarder à son tour étranglé brutalement par un raciste qui le traite de bouignoule en commettant cet acte et là vous avez tous les dirigeants insoumis qui tweet et qui retweet et qui posent une question à l'assemblée pendant que le rassemblement national lui se tait voilà la France que je ne veux pas c'est-à-dire deux Frances qui s'ignorent qui se font face vous aviez d'ailleurs

12:28
François Ruffin

à l'époque réagi aux deux

12:30
Présentateur

drames et oui il faut choisir selon l'origine selon le prénom selon l'agresseur présumé à qui va aller et qui ne va pas aller notre compassion voilà ce qu'on ne veut pas voilà et il y a un choix je le dis face à une extrême droite qui construit des murs dans le pays qui construit des murs entre les vrais français et les pas vraiment français une extrême droite qui construit des murs entre la vraie France des clochers et la mauvaise France des quartiers et là que doit faire la gauche est-ce que la gauche doit construire d'autres murs ou est-ce que la gauche doit construire des ponts est-ce que la gauche doit briser ses murs

13:10
François Ruffin

mais quand vous racontez ça de l'intérieur et avec aujourd'hui une forme presque de libération on le sent de votre propre parole pourquoi vous êtes si seul pourquoi le reste des insoumis ne disent pas ce que vous vous dites

13:22
Présentateur

d'abord il y a un facteur qui est la peur sur ce clientélisme la peur de qui c'est un parti où il y a de la peur bon c'est pas une découverte quand même qu'on a voilà il y a une place de la peur dans ce parti pourquoi ?

13:38
François Ruffin

parce qu'on vous intimide parce qu'on vous menace je le dis

13:40
Présentateur

c'est un regret que j'ai c'est qu'il n'y a pas de place pour je dirais débattre discuter se contredire échanger et je dirais dépasser les contradictions parce que la contradiction que je pose là elle est dépassable moi je suis partisan non pas de choisir non pas de soustraire entre campagne populaire et quartier populaire mais d'additionner et je le pose comme projet politique je le dis c'est le faire ensemble vous connaissez la phrase d'Antoine de Saint-Eugues du Péry qui dit que s'aimer ce n'est pas se regarder l'un l'autre c'est regarder ensemble dans la même direction et bien je pense que ce qui vaut pour un couple à savoir que si un couple n'a pas de projet de partir en vacances d'avoir des enfants de bâtir un pavillon ça risque de vite tourner aux petites querelles et à la jalousie je pense que c'est vrai pour la société en entier et que si jamais elle n'est pas portée par un horizon commun de faire ensemble de transformer ensemble le pays et bien on en vient aux jalousies aux guerres et aux guerres sur les différences et qu'aujourd'hui on doit être porté

14:45
François Ruffin

par ce projet de faire ensemble mais une guerre sur les différences qui est nourrie si on le comprend bien presque qui est presque souhaitée en quelque sorte ce que vous décrivez de l'intérieur c'est aussi une gauche qui presque prolifie sur une forme d'opposition entre deux Français

15:02
Présentateur

je dirais une gauche qui a renoncé en tout cas qui renonce qui se dit que c'est un choix de l'abandon pour moi c'est un choix de la défaite il n'y a non pas se dire qu'on s'en fiche des gens qui habitent les campagnes et puis tout ça mais qu'en revanche c'est foutu d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon me le dit et il dit voilà de toute façon les terres qui votent pour le Rassemblement National ce sont des régions qui n'ont jamais accepté ni la démocratie ni la république on parle du Nord-Pas-de-Calais on parle de la Picardie on parle du Midi-Rouge on parle de terres qui ouvrièrent qui ont envoyé des députés communistes ou socialistes pendant un siècle à l'Assemblée Nationale et il ajoute la dénazification de l'Allemagne ça a pris 25 ans donc bon il faut prendre patience et donc c'est pour moi plutôt un choix de l'abandon un peu dans la continuité de ce qu'a faisait le parti socialiste qui avait dit de toute façon les ouvriers c'est perdu

15:52
François Ruffin

et vous en parlez d'ailleurs dans votre livre vous dites ce moment où le think tank qui s'appelait Terra Nova qui était très proche du parti socialiste dit au fond bon arrêtons de s'occuper des ouvriers désormais notre cœur de cible en quelque sorte sont plutôt les cadres

16:05
Présentateur

et donc finalement alors qu'on s'était construit contre ce rapport Terra Nova pour dire qu'il fallait continuer à aller les chercher continuer à leur parler et vouloir rassembler le pays et bien il y a un choix inverse qui est opéré depuis deux ans c'est de parler au pays à moitié et non pas en entier

16:23
François Ruffin

et en même temps aujourd'hui vous vous retrouvez dans un groupe minoritaire minoritaire d'un groupe qui lui-même n'est pas encore tout à fait majoritaire est-ce que vous n'avez pas peur de faire ça de manière très solitaire

16:34
Présentateur

vous savez j'ai toujours été un électron libre et ma liberté et ma force vous voyez et j'ai jamais cherché à adopter les codes et à être en position de centralité dans le jeu politique c'est pas mon sujet aujourd'hui il y a mais pour autant

16:48
François Ruffin

on vous dit il faudra un candidat unique de la gauche

16:51
Présentateur

là je veux dépasser les questions de popole d'accord de tambouille on est pris là-dedans bon c'est pas de sujet le sujet aujourd'hui c'est comment on fait pour rassembler le pays

17:02
François Ruffin

dans le même temps le fait que vous alliez censurer de manière automatique et immédiate un gouvernement qui n'a même pas fait ses premiers pas le fait que toute discussion autour d'un Bernard Cazeneuve éventuel alors sans prétendre qu'Emmanuel Macron l'aurait nommé enfin on sait très bien que immédiatement la gauche s'est élevée contre est-ce qu'au fond ça n'est pas contradictoire avec ce que vous dites

17:23
Présentateur

là vous ramenez le sujet sur vous avez on ne va pas sortir le pays de l'ornière dans lequel elle se trouve par les péripéties parlementaires on doit la sortir ça veut dire quoi

17:34
François Ruffin

c'est-à-dire que pendant trois ans de toute façon il n'y a rien à faire

17:36
Présentateur

non mais ça veut dire que vous voyez bien qu'une actualité chasse l'autre en la matière un non chasse l'autre une petite embrouille chasse l'autre et moi je ne veux pas que la politique que les grands noms Macron Mélenchon Matignon et ainsi de suite viennent éclipser la vie des gens et que c'est à ça si on veut reprendre pied dans le pays c'est là-dessus qu'il faut partir je vais parler de la crise fiscale parce que c'est très concret c'est qui va payer la note est-ce que la note ça va être payé par les plus riches de ce pays ou bien est-ce que c'est l'hôpital à qui on va encore serrer la vis est-ce que c'est moins d'enseignants dans les écoles est-ce que c'est ça que vont avoir à subir les gens dans leur quotidien voilà un sujet pour les français

18:18
François Ruffin

vous allez diffuser et je l'ai vu parce qu'un cinéma l'annonce un avant-première un film c'est pas le premier vous aviez fait merci patron vous aviez fait je veux du soleil ça c'était sur les gilets jaunes vous avez fait debout les femmes ça c'était sur les travailleuses femmes notamment les soignantes et celui-ci ça va s'appeler au boulot et justement le sous-titre c'est réinsérer les riches peut-on réinsérer les riches est-ce que c'est cette idée aussi d'une forme de participation fiscale

18:44
Présentateur

c'est pas sur la fiscalité c'est plutôt sur je dirais mon travaillisme qui est ma conviction c'est par le travail qu'on fait France Ensemble c'est par le travail qu'on peut porter un projet de société qui fait notamment la transition écologique vous savez c'est du travail si on veut avoir un atelier de réparation par quartier ou par canton c'est du travail si on veut réparer les canalisations c'est du travail si on veut avoir moins d'intrants chimiques et mécaniques dans l'agriculture c'est du travail si on veut remettre les marchandises sur les rails et non plus un peu moins sur les routes c'est du travail et donc ma conviction je suis sans doute une forme de travailliste à la française ma conviction c'est qu'on fait société par le travail par le travail qu'on met en commun et qu'on fait ensemble et que ça ça doit être porté vers un horizon vers un horizon commun je pense que notre pays se désespère aujourd'hui pourquoi ?

parce qu'il n'y a pas d'horizon commun qu'est-ce que c'est ? l'horizon que nous proposent nos dirigeants depuis 40 ans quel est leur but ? c'est nous parler de compétitivité c'est nous demander d'être concurrentiel à l'échelle internationale qui ça peut faire triper à qui ça peut faire envie et je pense qu'aujourd'hui nous avons deux défis à remplir nous avons un défi démographique qui est qu'il va y avoir de plus en plus de personnes âgées et de moins en moins de personnes en âge de s'en occuper premier défi nous avons un deuxième défi un défi climatique qui réclame qu'on transforme nos déplacements nos logements notre énergie notre industrie et ainsi de suite

20:01
François Ruffin

et tout cela c'est dans votre livre qui commence par une pointe de culpabilité on sent en permanence que vous avez l'air presque de vous excuser vous commencez par pleurer en découvrant Bourdieu mais non pas parce que vous êtes ému de découvrir Bourdieu mais aussi parce que vous vous dites mais moi-même comme j'ai étudié je suis devenu snob

20:16
Présentateur

je pense que c'est un risque vous savez j'appartiens à ce que j'appellerais la classe intermédiaire et vous aussi sans doute c'est-à-dire que c'est une classe à qui l'école donne des armes ou des outils et on peut choisir au service de qui on met les outils et on peut choisir de s'éloigner dans les honneurs le pouvoir et ainsi de suite ou on peut tenter de rester d'elle au lieu d'où l'on vient donc voilà j'ai fait le choix je le dis d'aimer les gens parfois malgré eux parce que des fois c'est plus compliqué que d'autres

20:50
François Ruffin

François Ruffin Itinéraire Ma France en entier pas à moitié c'est publié à partir d'aujourd'hui merci d'avoir répondu à mes questions ce matin il est 8h53 sur RMC BFM TV merci d'avoir regardé