Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat· 14 septembre 2022 22 min

Réforme des retraites : "Je la combattrai, s’il le faut dans la rue" prévient Nicolas Dupont-Aignan

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Et notre invité politique ce matin, c'est Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous. Députée de l'Essonne, président de Debout la France. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée ce matin par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. Bonjour Ariane. Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. On va commencer par la question de l'énergie, puisqu'Elisabeth Borne tiendra une conférence de presse cet après-midi. Nicolas Dupont-Aignan, sur ce sujet, elle devrait annoncer des hausses de tarifs et les contours du nouveau bouclier tarifaire.

Lundi, Bruno Le Maire a déjà dit, je le cite, « Il faut que nos compatriotes absorbent une petite part de cette hausse ». Vous êtes d'accord avec ça ?

0:38
Invité

Mais ce ne sera pas une petite part. Et moi, je ne suis pas du tout d'accord avec la politique du gouvernement, parce qu'en vérité, ils ne traitent pas les causes du problème. Et je vais vous donner deux propositions concrètes, parce que je pense que les Français, je l'ai vu cet été, en ont assez des critiques sans des propositions alternatives. Ce qu'il faudrait faire sur l'électricité pour la France, pour éviter les hausses de tarifs, tout simplement, c'est retrouver un prix français de l'électricité, fondé sur le prix de notre production électrique, et pas sur le prix du gaz. C'est ça le seul enjeu.

Et comme Emmanuel Macron ne veut pas s'autonomiser de l'Union Européenne, qu'il est le petit télégraphiste de l'Allemagne, il continue à ruiner les Français. Il y a un très bon article aujourd'hui… – Ce n'est pas qui Emmanuel Macron ?

1:25
Présentateur

Il travaille avec l'Union Européenne pour aller vers ce que vous dites.

1:27
Invité

– Non, non, la seule solution, c'est un prix national de l'électricité, autonome, comme l'ont fait d'ailleurs le Portugal et l'Espagne, et arrêter d'aligner notre prix d'électricité sur celui de l'Allemagne. Il y a un très bon article, je recommande d'Olivier Marlech, ce n'est pas moi, qui montre que le plan…

1:46
Présentateur

– C'est le président du groupe les Républicains.

1:47
Invité

– C'est que le plan d'Emmanuel Macron, c'est subventionner le mauvais élève allemand à partir des bons résultats français. C'est aberrant, on produit notre électricité nucléaire pas chère, on pourrait en faire bénéficier nos concitoyens, et on va subventionner ceux qui ont sacrifié leur nucléaire.

2:04
Présentateur

– Et on peut se passer de cette solidarité européenne, parce que c'est aussi ce que dit le gouvernement, c'est-à-dire qu'on ne peut pas se passer non plus complètement de la solidarité européenne.

2:10
Invité

– On a eu un prix de l'électricité nationale pendant des dizaines d'années, ça n'interdisait pas de vendre de l'électricité à l'un ou d'échanger. Je ne dis pas qu'on va mettre une ligne Maginot, je n'ai pas dit ça. Je dis que le prix de l'électricité, il faut le traiter à la source, comme le font les Espagnols et les Portugais, et arrêter de prendre nos ordres chez Mme van der Leyen à la Commission de Bruxelles. L'Union européenne, dans cette affaire électrique, nous a planté. Dérégulation du marché, alignement sur la politique allemande, fermeture de Fessenheim, c'est une hérésie économique, sociale. Nous retraitons la cause des problèmes, au lieu d'être dans cette catastrophe des tarifs.

2:58
Nicolas Dupont-Aignan

– Et la cause des problèmes, ce n'est pas le fait qu'on ait un certain nombre de centrales qui soient aujourd'hui fermées ?

3:03
Invité

– Bien sûr, bien sûr.

3:03
Nicolas Dupont-Aignan

– Là, ce n'est pas l'Union européenne ?

3:05
Invité

– Non, mais là, si, c'est l'Union européenne, puisqu'on a accepté un plan de libéralisation qui fait que EDF a cherché le profit plutôt que l'intérêt général à long terme. Deuxièmement, c'est l'Union européenne, c'est l'Allemagne qui a tout fait pour faire fermer Fessenheim. Et Emmanuel Macron a menti, droit dans les yeux des Français, il y a huit jours, en disant, c'est pas moi, c'est lui en 2018, il s'en félicitait. – Et c'est pire que ça, le président d'EDF l'a dit…

3:36
Présentateur

– Ça avait été décidé par François Hollande.

3:37
Invité

– Non, non, la décision, elle était libre en 2018 et François Hollande l'a rappelé hier dans l'interview de Libération. Donc, c'est complètement faux. Et Emmanuel Macron ment, mais ment comme un arracheur de dents. Et pire que ça, il avait la possibilité, jusqu'en mars de cette élection, on avait, je l'ai dit à la présidentielle, d'arrêter le transfert de combustible pour rouvrir Fessenheim et nous permettre de surmonter la crise de l'hiver. Donc, c'est complètement fou ce qui se passe. Ce sont des gens, Mme Borne, qui se félicitaient de la fermeture de Fessenheim et de donner ordre à EDF de fermer à terme 12 centrales. Et le président d'EDF… – 12 réacteurs. – 12 réacteurs, très juste.

Le président d'EDF a dit « Mais nous, on nous a demandé de fermer, j'ai pas recruté des gens pour rouvrir ». Donc, ce sont des gens au pouvoir qui ont menti aux Français, qui ont fait n'importe quoi et qui, maintenant, vont demander aux Français de payer l'addition ?

4:34
Nicolas Dupont-Aignan

– Alors, aujourd'hui, comment on fait ? Ces réacteurs sont à l'arrêt. Le prix de l'électricité est celui qu'il est. Est-ce qu'il faut continuer à aider les Français ou est-ce qu'ils doivent, en effet, prendre leur part du coup ?

4:44
Invité

– Alors, il faut séparer le prix de l'électricité du gaz. Déjà, ça va faire baisser le prix. Deuxièmement, les centrales sont en maintenance et il y en a beaucoup qui vont rouvrir pour l'hiver, heureusement. Et il faut investir massivement dans notre électricité nationale. Il faut renationaliser et arrêter le marché de l'électricité libre. Il faut revenir à un marché unique français de l'électricité avec des ventes ou des importations ou des exportations, comme ça se faisait avant. Deuxièmement, il faut arrêter la guerre en Ukraine avec l'arrêt des sanctions. Il faut arrêter les sanctions sur la Russie.

5:20
Nicolas Dupont-Aignan

– Vous demandez l'arrêt total des sanctions sur la Russie ?

5:22
Invité

– Total des sanctions sur la Russie. – Même bancaire ? – Non, du gaz. Enfin, des sanctions financières, sanctions économiques. – Économiques, il faut être précis. Économiques. Vous voyez bien que le conflit en Ukraine évolue. C'est le moment de faire la paix. C'est le moment de faire la paix. C'est le moment pour la France, à mon avis, d'avoir une politique indépendante, là aussi de l'Union européenne et des vatanguères, qui sont en train de ruiner le continent. Car je voudrais insister sur quelque chose.

5:51
Présentateur

– C'est plus important d'être indépendant de l'Union européenne que d'être indépendant du gaz russe, pour vous ? Est-ce qu'il ne faut pas devenir indépendant du gaz russe ?

5:56
Invité

– Et alors, on fait comment comme ça ? On va ruiner l'industrie européenne ? Vous savez ce qui est en train de se produire aujourd'hui ?

6:01
Présentateur

– La dépendance a baissé. La dépendance de l'Union européenne au gaz russe a baissé. Elle est plus de 9% aujourd'hui.

6:05
Invité

– Le prix du gaz est tellement fort que l'industrie européenne de base est en train d'être ruinée. Ruinée. Elle va partir en Chine, en Inde, aux États-Unis. La puissance économique européenne est en train d'être sacrifiée. Tout ça pour le Donbass, qui est un pays, qui est une zone entre la Russie et l'Ukraine, où les accords de Minsk avaient permis la paix. Moi, je demande l'application des accords de Minsk. Je ne suis pas pro-russe. Je dis simplement que ruiner tout un continent, créer des troubles sociaux, sacrifier nos entreprises, parce que nos entreprises sont dans une situation dramatique.

Elles doivent rembourser le PGE, elles ont les rappels d'Ursaf, et maintenant, on leur met la triple peine avec l'explosion des tarifs. Ce sont des centaines de milliers de chômeurs en plus. Tout ça pour un conflit où on peut faire la paix maintenant que la Russie est affaiblie. Je dis que c'est le moment d'arrêter la surenchère, de proposer un plan de paix, de se mettre autour de la table, et d'essayer de sauver le continent européen. C'est maintenant.

7:13
Présentateur

Mais comment ? Vous reconnaissez, on est un tournant dans cette guerre pour vous ?

7:16
Invité

Je pense que c'est le moment de tendre la main aux uns et aux autres. Et c'est le moment d'arrêter de livrer des armes. C'est le moment où il faut faire la paix.

7:26
Présentateur

Mais est-ce que la livraison de ces armes, ce n'est pas aussi ce qui permet aux Ukrainiens de reprendre du terrain sur la Russie ?

7:32
Invité

Sur le passé, peut-être. Maintenant, si on veut que le continent européen soit ruiné au profit de la Chine et des États-Unis, si on veut faire partir la Russie dans les bras de la Chine, se couper de l'Afrique et avoir une baisse du niveau de vie de 20% pour tous les Européens et sacrifier notre industrie, on continue comme ça. Ce sont des apprentis sorciers. Je demande juste qu'à un moment, on ait un peu de recul. Voilà. Et je regrette que la France ait perdu son indépendance gaullienne. Parce que je peux vous dire, si c'était Jacques Chirac, je ne parle même pas du général de Gaulle, la France ne serait pas abaissée comme elle est aujourd'hui avec Emmanuel Macron.

8:11
Présentateur

On va revenir sur les questions de sobriété, notamment.

8:13
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, il a présenté son plan de sobriété énergétique aujourd'hui. Qu'en attendez-vous ? Est-ce que c'est essentiel ?

8:22
Invité

Bien sûr que c'est toujours bien d'être sobre sur le plan énergétique. Et d'ailleurs, je vais vous dire une chose. L'hiver dernier, j'étais le seul à en parler. Il y a 10 millions de Français qui ne se sont pas chauffés. Vous savez, ils n'ont pas besoin des conseils de Mme Borne. Ils n'ont pas l'argent pour se chauffer. Et cet hiver, ça va être dramatique. C'est plutôt aux autres qu'elles s'adressent. Non, mais ce que j'entends quand j'entends le gouvernement nous dire qu'il faut éteindre la climatisation, il faut baisser le chauffage. Mais s'ils savaient ce que vivent les Français... Enfin, je veux dire que les Français, ils ne peuvent même pas payer le chauffage pour beaucoup d'entre eux.

8:52
Nicolas Dupont-Aignan

Mais ce n'est pas à ceux à qui elles s'adressent. Mais c'est à ceux qui utilisent le chauffage de la climatisation.

8:56
Invité

C'est marginal. Tout ça, c'est du folklore médiatique pour amuser les verts. Si vous voulez, les économies, elles vont se faire vu le prix exorbitant. Ce que j'espère, moi, ce que je propose, c'est que très vite, mais là, ce n'est pas d'attendre des négociations européennes, c'est que la France reprenne son indépendance de pensée, d'action, qu'on protège nos concitoyens, qu'on utilise notre atout nucléaire, qu'on évite la mise au tapis de milliers d'entreprises.

9:24
Nicolas Dupont-Aignan

Justement, vous parlez d'indépendance, Nicolas Dupont-Nian. Lundi, vous serez dans l'Indre pour manifester aux côtés des anti-éoliens. Est-ce qu'en pleine crise énergétique, on peut se passer des énergies renouvelables ?

9:36
Invité

Mais oui, parce qu'en fait, c'est une escroquerie gigantesque. J'ai un chiffre incroyable. On a créé 37 gigawatts d'énergie renouvelable depuis 10 ans. Et on est passé en pilotable, c'est-à-dire thermique et nucléaire, de 100 à 87. Donc, moins 13 nucléaire thermique, plus 37. Et on est en pénurie. Pourquoi ? Parce que l'énergie renouvelable est intermittente. Et quand il n'y a pas de vent pendant un hiver, ça ne tourne pas. Donc, on confond l'énergie installée et l'énergie produite. Et je vais vous donner un exemple. Fessenheim, c'est entre 3 000 et 5 000 éoliennes. La seule centrale de Fessenheim. En France, on a 8 000 éoliennes. 8 000.

C'est-à-dire que d'un côté, on ferme une centrale, et on nous dit après, on va mettre des éoliennes qui s'arrêtent quand il n'y a pas de vent. Mais ces gens sont devenus dingues. Mais non, parce que vous ne pouvez pas, quand vous avez une électricité nucléaire, avoir des éoliennes à côté. Ça n'a aucun sens. On est en train de défigurer la France. On est en train de payer une fortune ce prix de l'électricité éolien. Et maintenant, ils vont nous gâcher toutes les façades maritimes. C'est une aberration économique, financière, énergétique. Et tout le monde a non. Ah, il faut des éoliennes, mais elles ne tournent pas.

10:54
Présentateur

Un dernier mot là-dessus, avant de passer à un autre sujet, parce qu'on a beaucoup d'autres sujets à avoir avec vous. Il y a un débat aussi sur la taxation des super-profits. Vous êtes favorable à cette taxation, vous ?

11:02
Invité

Je suis favorable à la taxation de super-profits de groupes français, enfin en France, sur vraiment quand il y a un abus. Mais je ne suis pas... Ça ne sera pas la solution... Quand ils ont profité de la crise énergétique, en fait, mais... Voilà, quand ils ont profité. Mais je ne suis pas favorable au mécanisme européen qui va faire en sorte qu'on va subventionner l'Allemagne avec les bonnes positions françaises, c'est absurde.

11:22
Nicolas Dupont-Aignan

On va parler de la France 10. Oui, Emmanuel Macron a lancé hier une convention citoyenne sur la fin de vie. Qu'est-ce que vous en pensez ? C'est une bonne méthode pour discuter de ce sujet ?

11:32
Invité

Alors, c'est un sujet qui, je pense, traverse les opinions politiques, qui est un sujet de conscience individuelle. Écoutez, qu'il y a un débat, pourquoi pas ? Moi, ce que j'aimerais, c'est qu'on applique déjà la loi Neonetti, qui n'est pas appliquée en France partout. Et que l'on aborde...

11:47
Présentateur

Elle est compliquée.

11:48
Invité

Non, elle est très simple, la loi Neonetti, elle est très simple. Elle vise, au contraire, justement, elle est très profonde, elle est très simple, simplement, que ce soit les soins palliatifs qui ne sont pas partout, que ce soit les pompes à morphine qui ne sont pas partout. Et je pense que le débat est biaisé parce qu'on veut passer, pour des raisons idéologiques, on l'a bien vu, à l'euthanasie. Il faut être clair, ce gouvernement veut l'euthanasie. – Alors, ce n'est pas ce que dit Emmanuel Macron. – C'est ce qu'il fait. Mais au lieu d'appliquer la loi Neonetti. Donc déjà, moi, je pense qu'il faut appliquer la loi Neonetti, après qu'il y ait un débat, pourquoi pas, et chacun s'exprimera.

12:20
Présentateur

– Mais un débat, une convention citoyenne, ça vous paraît bien, ou il faut un débat uniquement au Parlement ?

12:25
Invité

– Personne ne croit ces conventions citoyennes, mais ça lui fait plaisir, qu'il fasse un référendum, sinon.

12:28
Présentateur

– Référendum, vous n'y êtes pas ? – Moi, je suis sur les grands sujets des référendums.

12:31
Invité

Mais vous voyez bien que c'est un sujet…

12:33
Présentateur

– Mais sur une telle question, vous le dites vous-même, c'est une question complexe. – Pourquoi pas ?

12:35
Invité

– Est-ce que ça peut se résumer à une question ? – Les Français sont capables de voter en conscience. Je savais, Emmanuel Macron fait diversion. Le pays est menacé par une crise économique effrayante des centaines de milliers de chômeurs. Une baisse du revenu des Français de 10 à 20%, une crise de la sécurité, et donc il a sorti ça du chapeau pour qu'on parle d'autre chose. Moi, je voudrais qu'on parle des entreprises qui doivent rembourser leur PGE, les PME, qui sont en train de faire faillite. Je voudrais qu'on parle des Français qui ne vont pas se chauffer cet hiver. Je voudrais qu'on parle de la relocalisation d'emplois pour permettre de payer nos retraites.

13:12
Nicolas Dupont-Aignan

– Elisabeth Borne en parle aujourd'hui, de la crise énergétique, mais pour vous, ce n'est pas un vrai sujet de la fin de vie ? Il n'y a pas une vraie demande ?

13:18
Invité

– Il y a une vraie demande, pour moi, ma position est claire, tout le monde la connaît.

13:21
Nicolas Dupont-Aignan

– Si il y a un référendum, ce serait quoi votre position ?

13:23
Invité

– Ma position, ce n'est pas ça. Ma position, c'est déjà d'appliquer la loi Leonetti. Et je pense qu'on n'a pas besoin de…

13:29
Nicolas Dupont-Aignan

– Mais si on vous proposait de voter demain ?

13:31
Invité

– Je réfléchirais en conscience, je n'ai pas encore le projet de loi, j'en sais rien. – D'accord.

13:37
Présentateur

Sur la retraite et l'assurance chômage ?

13:40
Nicolas Dupont-Aignan

– Sur la retraite, Emmanuel Macron a laissé entendre qu'il pourrait glisser un projet au sein du PLFSS. Qu'est-ce que vous pensez de la méthode et qu'est-ce que vous pensez du fond de la réforme ?

13:53
Invité

– Emmanuel Macron est un pyromane. – Pourquoi ? – J'ai toujours pensé que c'était un homme dangereux qui se nourrit du conflit et qui a mis à feu et à sang la France au premier mandat.

14:03
Nicolas Dupont-Aignan

– Qu'est-ce qui vous gêne là ? La méthode ou le fond ?

14:05
Invité

– Mais les deux. La méthode d'abord. Enfin, pourquoi cette accélération ? On a 3 milliards d'excédents en 2022.

14:12
Présentateur

– Il n'y a pas d'accélération, il maintient son calendrier premier pendant la campagne.

14:15
Invité

– Aucun partenaire social, même le patronat, n'en veut. Personne. Il y a un excédent de 3 milliards cette année. 3 milliards. Le rapport du corps a été complètement biaisé pour faire plaisir au gouvernement en changeant les données, en changeant les données de productivité. – Qu'est-ce qui vous permet de faire ça ? – C'est écrit dans toute la presse, vous regardez. On a changé les données, ils ont changé les données de départ. Et de surcroît, même avec ce changement de données, même avec ce changement de données, on arrive à un déficit supposé, supposé, entre 7 et 20 milliards, ce qui est le prix des fausses cartes vitales. Et on donne 10 milliards à l'Union européenne en pure perte, nette.

Donc ce que je veux dire, c'est qu'on est en train, une nouvelle fois, le gouvernement, sciemment, est en train d'affoler les Français sur les retraites, alors qu'on a un excédent sans précédent en 2022.

15:02
Nicolas Dupont-Aignan

– Quelle est l'entrée du gouvernement à affoler les Français ?

15:04
Invité

– Obéir à l'Union européenne qui a demandé la réforme des retraites pour que les retraités français souffrent comme les autres. Et je vous le dis, moi je préférerais que le gouvernement fasse des économies sur les gaspillages, gaspillages, 20 milliards sur les fausses cartes vitales, 20 milliards, c'est plus que le déficit imaginé par le corps, le comité d'orientation des retraites, éventuellement en prenant les pires hypothèses dans 10 ans. Donc déjà il y a un gisement de pétrole là.

15:36
Présentateur

– Et le chantier a été engagé là-dessus, sur la réforme des cartes géométriques.

15:39
Invité

– Il faut avancer là-dessus. Nous donnons 10 milliards nets, plus de 10 milliards nets à l'Union européenne en pure perte. 10 milliards. Nous donnons des dizaines de milliards pour l'immigration. Et le président de la République, je sais qu'il n'aime pas les retraités, il les a massacrés au premier mandat avec la hausse de CSG. Le gouvernement dit, oh c'est la faute des retraités. – Oui, là il a voté leur pension de retraite. – Et après les avoir baissés énormément. C'est la faute des retraités, mais c'est honteux.

16:06
Nicolas Dupont-Aignan

– Donc vous ne voterez pas cette réforme ?

16:08
Invité

– Mais je la combattrai s'il le faut dans la rue. Il faudra que les Français, si le président de la République, si le président de la République et le gouvernement, je pèse mes mots, il faudra une inséduction nationale. Et j'attends que tous les parlementaires votent contre, même les LR, même les LR. Et les LR seront face à leur responsabilité. – Vous avez discuté avec eux ? – Pas encore. Soit ils votent la réforme des retraites et ils seront responsables d'un traumatisme social, soit ils attendent…

16:37
Présentateur

– Vous êtes parlementaire, si la représentation nationale vote en texte, que vous n'êtes pas d'accord avec ce texte, vous appelez à l'insurrection nationale.

16:44
Invité

– Il faudra bloquer par tous les moyens.

16:45
Présentateur

– C'est pas l'insurrection nationale ?

16:45
Invité

– On ne peut pas accepter, je le poèse mes mots, ce n'est pas possible au moment où la France affronte une crise énergétique majeure, où les Français souffrent, où nos entreprises sont dans des difficultés inouïes de recrutement, de paiement des factures, d'avoir un président de la République aussi dingue qui lance un brûlot pour faire passer une réforme des retraites à la va-vite alors qu'on a un système excédentaire. Je ne comprends pas, je pèse mes mots, comment cet homme peut encore diriger la France. – Qu'est-ce que vous appelez insurrection nationale, Nicolas Dupéliant ?

– Mais je dis que si le gouvernement est assez fou pour lancer une réforme des retraites inutile, inutile, non souhaitée, non souhaitée, autant par le patronat que par les syndicats, je dis que ce gouvernement a perdu la raison et qu'il faudra le renverser. J'espère que la motion de censure sera… – On pourra tout à fait le renverser par une motion de censure et j'espère que les Français se mobiliseront. Je ne souhaite pas en arriver là, mais je le dis très clairement au président de la République, il devient dangereux pour la France.

17:52
Présentateur

– Mobiliser par la rue, c'est ce que vous nous dites ?

17:54
Invité

– Il faudra le bloquer par tous les moyens possibles. Mais je préférerais que ce soit par les parlementaires, par la censure et par de nouvelles élections s'il le faut, plutôt que par la rue. Je ne souhaite pas la rue, je ne suis pas révolutionnaire, mais je dis qu'il faut que le président de la République sache…

18:09
Nicolas Dupont-Aignan

– Mais vous en appelez la rue quand même.

18:10
Invité

Je dis qu'il faut que le président de la République sache que de toute j'en appelle à rien du tout. Je dis que ça finira dans la rue s'il passe en force. Ça finira dans la rue. Et il faut à tout prix, au moment où notre pays affronte tant de difficultés, qu'on soit unis et qu'on essaye de résoudre les problèmes des entreprises, des salariés, plutôt que de mettre la France dans la rue.

18:32
Nicolas Dupont-Aignan

– Autre réforme majeure à venir, celle de l'assurance chômage. – Est-ce que vous êtes favorable à une réduction de la durée d'indemnisation, comme semble le vouloir le gouvernement ?

18:41
Invité

– J'aimerais déjà qu'on applique la réforme actuelle. Voilà. Et j'aimerais qu'on fasse un effort sur les formations, j'aimerais qu'on fasse un effort sur les salaires, sur la baisse des charges, car je crois que ce n'est pas simplement avec le bâton qu'on y arrivera, c'est aussi avec la carotte. Alors, on peut voir certains ajustements, parce que vous savez qu'il y a une pénurie de personnel, mais je pense que cette pénurie de personnel n'est pas seulement liée aux indemnisations qui ont été réduites déjà, elle est aussi liée à un ensemble d'aides sociales, à une gestion d'aides sociales. – Donc vous êtes pour la réduction de certaines aides sociales ?

– Je suis pour un accroissement de différence entre la rémunération du travail et la rémunération de ce qu'on appelle l'assistanat. Et je pense qu'on peut le faire par plusieurs leviers. – Vous pensez à quel aide sociale par exemple ? – Je pense que ce n'est pas tant le nombre des aides sociales, c'est la manière dont elles sont données, c'est la manière dont c'est organisé, et puis c'est la création d'emplois qu'il faut avoir. Parce que les gens ne se font pas par plaisir au chômage. Il y a peut-être une minorité, mais dans l'ensemble, les gens souffrent d'être au chômage.

Et donc je n'aime pas trop la mentalité qui constituerait à faire croire que tous les Français sont feignants, ce n'est pas vrai. En revanche, les salaires sont trop faibles en France, l'inflation bouffe les salaires, et il faut absolument réindexer un peu les salaires, il faut absolument augmenter les salaires si on veut des salariés.

20:05
Nicolas Dupont-Aignan

– Une dernière question. – Un petit mot de politique Nicolas Dupont-Aignan. Qu'est-ce que vous pensez de la bataille qui est en train de se livrer pour la tête des Républicains ? Est-ce que vous avez une préférence entre les candidats ? – On ne le permettrait pas. – Est-ce que, selon la personnalité, vous aurez plus de facilité à discuter avec eux ?

20:21
Invité

Ce sont deux personnalités exceptionnelles, voilà.

20:25
Présentateur

– Bruno Retailleau et Eric Ciotti.

20:27
Invité

– Et Aurélien Pradier aussi. – Je le connais moins bien. Donc je parle de ceux que je connais bien. Et donc je pense que ça peut être une source de renouveau pour LR, les deux.

20:36
Nicolas Dupont-Aignan

– Est-ce qu'ils ne m'entendent pas un peu sur votre espace politique ? L'un et l'autre ?

20:39
Invité

– Alors attendez, madame, je m'en fiche de mon espace politique. Moi j'ai un seul souci.

20:44
Nicolas Dupont-Aignan

– Où est-ce que tu vas permettre des passerelles ?

20:45
Invité

– J'ai un seul souci, c'est qu'on sorte la France de la crise. Et j'ai un seul souci, c'est qu'on gagne, comme en Italie, qui est une vaste union entre l'ERN, Debout la France, l'ELR, qu'elle a créée pour redresser le pays. – Avec un seul candidat à l'élection présidentielle ? – Oblaléatoirement ça, c'est un autre problème.

21:02
Présentateur

– Bon mais vous appelez encore à l'union avec l'ELR ?

21:04
Invité

– Mais je suis convaincu, et je sais que les Français le savent, que l'exemple italien va bousculer la vie politique française. Et quand les Français vont voir les Italiens gagner, ils vont nous dire, mais Mme Le Pen, M. Zemmour, M. Dupont-Aignan, M. Ciotti, mais arrêtez vos disputes, entendez-vous, on repart du bon pied, on redresse le pays, on en fait un beau pays, tout est possible. – Et ce sera le mot de la fin. – Vous savez que ça fait longtemps que je le demande, dès 2017.

21:31
Présentateur

– Merci Nicolas Dupont-Aignan, merci d'avoir été avec nous. – Merci à vous. – On regarde la une de la dépêche, sujet qui va vous intéresser, « Faillite, la grande peur des entreprises », c'est à la une de la dépêche ce matin. Merci Christelle, et merci Nicolas Dupont-Aignan, on passe au Club des Territoires. – Sous-titrage Société Radio-Canada