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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 15 juin 2023 26 min

Immigration, Ukraine, réindustrialisation, déserts médicaux, Mbappé... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Marine Le Pen

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Marine Le Pen, 79 morts et des centaines de disparus au large de la Grèce dans un nouveau naufrage d'un navire migrant. Si le bilan s'alourdit de centaines de victimes, ce serait le plus important depuis la crise de 2015. On a appris que les autorités européennes avaient vu que ce bateau était surchargé de migrants mais ne sont pas intervenus. Est-ce qu'elles auraient dû secourir ces personnes ?

0:28
Marine Le Pen

On va attendre déjà les résultats de l'enquête parce que vous voyez bien qu'il y a un combat idéologique entre les ONG et Frontex notamment.

0:38
Présentateur

Ce sont les gardes-côtes européens.

0:39
Marine Le Pen

Je veux dire, ce drame épouvantable est un drame qui survient après beaucoup d'autres drames et qui, si on n'arrête pas cette politique, précédera beaucoup d'autres drames encore. L'idée, c'est qu'il faut laisser espérer à l'ensemble de ces bateaux, de ces migrants, la possibilité d'arriver en Europe et d'être régularisés et éventuellement d'obtenir la nationalité d'un des pays de l'Union Européenne est une idée qui incite à la prise d'un risque considérable qui est celui de mourir en mer.

1:16
Présentateur

C'est le rôle des gardes-côtes de rester à distance ?

1:19
Marine Le Pen

Non, je pense qu'il faut arraisonner ces bateaux lorsqu'ils sont manifestement en situation de péril. Il faut embarquer les migrants qui sont sur ces bateaux. Il faut les nourrir, il faut les soigner, il faut les hydrater et il faut les ramener à leur port de départ. Car il n'y a que comme cela qu'on arrêtera cette pompe aspirante qui fait que des milliers de migrants, chaque année, risquent leur vie avec des traversées qui sont de plus en plus périlleuses. Tout cela maqué, je dis bien maqué, par des ONG qui sont les complices, en réalité, des passeurs. Voilà la situation actuelle. Or, avec le pacte asile et l'immigration dont discutait M.

Darmanin et dont il a accepté un nouveau volet il y a quelques jours, ce sont les ONG, en réalité, qui détermineront la politique d'immigration sous la coupe de l'Union Européenne. Les nations n'auront plus leur mot à dire. On ne pourra plus, en réalité, précisément, arisonner ces bateaux et les ramener, soit les bateaux, soit, évidemment, les migrants qui sont sur ces bateaux à leur port d'origine. Donc, on va lancer le signal qu'il faut tenter cette traversée, qu'il faut risquer sa vie parce qu'il y a encore un espoir de trouver une place en Europe alors que l'Europe est submergée.

2:42
Invité

Marine Le Pen, vous dites qu'il faut ramener ces bateaux vers leur port de départ. Vous affichez votre fermeté. Giorgia Meloni, aussi, en Italie, avait affiché sa fermeté, mais à l'épreuve du pouvoir, elle a fait volte-face. Par exemple, on n'a jamais vu la couleur du blocus naval qu'elle promettait. Est-ce que la réalité dans l'Union Européenne n'est pas un peu plus complexe que les promesses ?

3:03
Marine Le Pen

Tout est un problème de volonté politique. Moi, je pense que, précisément, avec l'Italie, avec peut-être l'Espagne aussi, il faudrait passer un accord entre la France et l'Italie, la France et l'Espagne, pour que nos marines nationales puissent mettre en sécurité ces migrants qui traversent et puissent, précisément, les ramener. De la même manière, toute la question est de savoir quelle est la nature de Frontex.

On a bien vu qu'un des dirigeants, enfin, récemment, un dirigeant de Frontex a été démissionné, précisément parce que lui, il considérait, comme moi, il faut bien le dire, que Frontex est un corps de garde frontière, alors que l'Union Européenne et la Commission considèrent que Frontex doit être une agence d'accueil des migrants. Nous avons une vision radicalement différente et tout cela, évidemment, se débat dans les instances européennes. Vous êtes déçue par Giorgia Meloni ? Non, je ne vais pas être déçue. L'Italie est dans une situation qui n'est pas celle de la France.

Je pense que la liberté d'action de l'Italie est aussi entravée par sa situation budgétaire, qui fait que des concessions sont accordées à l'Union Européenne, parce que le plan de sauvegarde qui a été promis à l'Italie est absolument considérable. Ce n'est pas le cas de la France, qui, elle, en réalité, va avoir plus de dettes à payer dans ce plan de relance que de bénéficiant en tirée.

4:22
Invité

Mais l'Italie est aussi entravée ou contrainte par les règles de l'Union Européenne. Giorgia Meloni vient de signer l'accord des 27 qui réforme le droit d'asile et qui prévoit une solidarité obligatoire entre les États membres.

4:34
Marine Le Pen

Mais vous savez pourquoi ? Vous allez nous le dire. Parce que c'est son intérêt. L'intérêt de l'Italie, c'est de lui dire, écoutez, vous êtes bien gentils tous, mais tous les migrants qui arrivent, puisque vous considérez qu'il faut tous les accueillir, c'est bien. Mais alors on va vous les répartir chez vous. Ce n'est pas l'Italie qui va assumer seul l'ensemble des migrants qui arrivent, puisque c'est une porte d'entrée. Donc elle défend ses intérêts. Mais notre intérêt à nous, l'intérêt des Français, c'est de dire non, il n'est pas question que vous nous forciez à accueillir des migrants. Parce que c'est ça l'accord qui a été passé, appelé relocalisation.

On ne voit pas pourquoi, re, d'ailleurs, localisation de migrants sur le territoire national. Et si un État refuse le quota de migrants que va lui imposer l'Union Européenne, il doit payer 20 000 euros par personne et, je crois, par jour, me semble-t-il.

5:22
Présentateur

Moi, j'avais juste par personne, mais peu importe, ça fait une somme qui peut être considérable. Simplement, ça porte sur 30 000 personnes seulement, entre guillemets.

5:29
Marine Le Pen

Oui, enfin, entre guillemets. Vous avez raison de dire entre guillemets.

5:31
Présentateur

130 000 demandes d'asile l'an dernier en France, par exemple.

5:34
Marine Le Pen

Oui, mais... Les proportions sont très faibles. Non, mais 137 000 en 2022. Mais pardon, ça ne vous dit pas qu'en 2009, il y en avait 42 700 ? C'est-à-dire qu'il y a eu une augmentation de 220 % des demandes d'asile en l'espace de 15 ans. Et on ne parle que des demandes d'asile, puisqu'on parle de l'immigration. On ne parle pas de l'immigration légale, qui enregistre des records. On ne parle pas de l'immigration clandestine, qui ne passe pas, en l'occurrence, par des demandes de droits d'asile, qui est en soi, d'ailleurs, une nouvelle filière d'immigration, les demandes d'asile. Et le titre de séjour, mettez en tension.

6:09
Présentateur

Elisabeth Borne se dit prête dans le Figaro à discuter des modalités du titre de séjour pour les travailleurs sans papier. La logique étant, dit-elle, de permettre à tous ceux qui sont ici régulièrement d'accéder à un travail. C'est aussi une demande qu'avait faite le patronat, en disant qu'on manque de bras dans certains métiers. On est obligé de faire travailler des personnes étrangères parce que les Français ne veulent pas de ces métiers.

6:29
Marine Le Pen

Je recommence. Ça fait 40 ans qu'on nous dit ça. 40 ans. D'accord ? Et pourquoi les Français ne veulent pas de ces métiers ? L'accord de 68 avec l'Algérie, dont je demande la suppression depuis des années. Je vois que j'ai réussi à convaincre...

6:41
Présentateur

Édouard Philippe, il ne demande pas sa suppression, mais il demande en tout cas qu'on revienne dessus.

6:44
Marine Le Pen

Bon, j'ai réussi à convaincre Édouard Philippe. Je suis assez contente de moi.

6:47
Présentateur

Je ne sais pas si c'est vous qui l'avez convaincu.

6:48
Marine Le Pen

En tout cas, effectivement, il veut revenir dessus. C'est ça. Déjà, cet accord-là avait été fait exactement avec cette justification. Parce que le patronat réclamait de la main d'œuvre étrangère parce qu'ils n'arrivaient pas à trouver de la main d'œuvre française. Ça ne fonctionne pas. Donc, je pense que quand on est Premier ministre de la France, la première priorité, la première préoccupation, ça n'est pas de trouver de l'emploi aux étrangers sur notre territoire s'ils sont en situation régulière, c'est de trouver de l'emploi aux Français. Parce que c'est d'abord à leur égard que l'on a une responsabilité. Voilà. Ça, c'est une certitude.

7:22
Présentateur

Mais ils ne veulent pas de ces emplois-là, les Français ?

7:24
Marine Le Pen

Non, ça n'est pas vrai. Arrêtez de dire qu'ils n'en veulent pas. Ça veut dire quoi ? Qu'ils sont feignants. Ils ne sont pas feignants. Ça veut dire que les formations ne sont pas adaptées et ne correspondent pas aux besoins des entreprises. Et ça veut dire que les Français ne veulent pas travailler à un salaire qui ne leur permette pas de vivre. Alors qu'évidemment, la main-d'œuvre étrangère, elle accepte de le faire. Parce que, pour elle, le salaire minimal français est un excellent salaire. Sauf que pour les Français, c'est un salaire qui ne permet pas aujourd'hui de vivre et qui crée, au moment où nous nous parlons, des millions de travailleurs pauvres.

8:02
Présentateur

Marine Le Pen, vous restez avec nous. Présidente du groupe RN à l'Assemblée. C'est 8h41, c'est le Filinfo, Morine Suinière.

8:08
Invité

La Grèce en deuil national pour trois jours après ce nouveau naufrage au large du pays. Au moins 79 migrants sont morts. Mais ce sont des centaines de personnes qui sont recherchées. Sur France Info, Marine Le Pen estime qu'il faut secourir les navires en difficulté. Mais la présidente du groupe RN à l'Assemblée accuse les associations d'être complices des passeurs. La visite de Mohamed Ben Salman en France fait réagir. On redore le blason de quelqu'un qui ne le mérite absolument pas. S'insurge Amnesty International, le prince héritier d'Arabie Saoudite entame une visite officielle. Il sera reçu demain par Emmanuel Macron.

Selon l'ONG, près de 200 personnes exécutées dans le royaume l'année dernière. Les médecins ne seront pas restreints dans leur liberté d'installation. L'Assemblée Nationale rejette cet amendement transpartisan qui visait à mieux répartir les soignants sur le territoire pour lutter contre les déserts médicaux. Le camp présidentiel, la droite et le Rassemblement National votent contre. Des milliers de festivaliers affluent vers Clisson en Loire-Atlantique. 240 000 personnes attendues jusqu'à dimanche pour la messe du métal, le Hellfest. Avec notamment le légendaire groupe américain Kiss qui fait sa tournée d'adieu.

Toujours avec Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée, on parlait immigration et de la droite qui reprend certaines de vos propositions. Quelle est encore votre singularité sur le sujet Marine Le Pen et est-ce que vous voterez donc les textes de la droite ?

9:40
Marine Le Pen

Non mais moi je ne vais pas venir défendre ma singularité. Je pense que tous les français la connaissent et c'est la raison pour laquelle d'ailleurs de manière systématique il nous accorde la plus grande crédibilité dans le domaine de l'immigration. Ce que je vois c'est que ceux qui aujourd'hui viennent reprendre nos propositions, je m'en réjouis, sont les mêmes qui les ont critiquées hier et ce sont surtout les mêmes qui ont été au pouvoir. Et qui au pouvoir n'ont strictement rien fait pour régler ce gigantesque problème de l'immigration. Vous voterez les textes de l'air ? Qui a des conséquences de plus en plus importantes. Ça dépend comment il est rédigé.

Moi il m'apparaît que c'est un copier-coller des propositions du Rassemblement National en moins bien. Donc si c'est en moins bien, on essaiera de l'améliorer. Mais évidemment ça passe par une révision constitutionnelle. Et donc... C'est ce que propose LR. Oui, c'est ce que propose maintenant LR, ce que nous proposions. Mais encore une fois en moins efficace.

10:36
Présentateur

Donc il est possible que vous les votiez, ça dépend comment c'est rédigé.

10:38
Marine Le Pen

On regardera. Nous, on vote toujours ce qui va dans l'intérêt des Français, même si ces propositions sont faites pour des raisons bassement électoralistes.

10:46
Invité

Marine Le Pen, la contre-offensive ukrainienne contre les forces russes a démarré depuis plusieurs jours. Lundi, Emmanuel Macron a dit souhaiter qu'elle soit la plus victorieuse possible pour déclencher ensuite des négociations dans les meilleures conditions. Est-ce que c'est aussi votre position ?

10:58
Marine Le Pen

Bien sûr, il a parfaitement raison. Il est sûr que si cette contre-offensive est victorieuse, ça permettra d'arriver à la table des négociations pour l'Ukraine dans des bonnes conditions. Donc il a raison de dire cela. Mais il est d'abord urgent de revenir ou de venir à la table des négociations. Je pourrais vous donner plein de raisons pour cela d'ailleurs. le fait qu'il y a un risque sur nos économies européennes, le fait qu'on a un risque sur nos approvisionnements essentiels de gaz et de pétrole, le fait que la facilité européenne pour la paix commence à nous coûter énormément d'argent, sur centaines de millions d'euros qui permettent à la Pologne d'acheter du matériel américain.

Je pourrais vous donner toutes ces raisons-là. Mais la raison essentielle, c'est quoi ? C'est qu'il y a en Ukraine aujourd'hui un véritable massacre. Voilà. C'est un véritable massacre.

11:53
Présentateur

Et c'est Vladimir Poutine qui en est responsable.

11:56
Marine Le Pen

C'est lui qui a engagé la guerre. Mais la guerre fait des morts. Et en l'occurrence, cette guerre en fait énormément. Et donc, pour mettre fin à cette boucherie qui met en cause des humains, et peut-être même une génération entière, il faut à tout prix, rapidement, que la France reprenne l'initiative et propose peut-être que cette grande conférence pour la paix se déroule en France. Vous vous opposez toujours aux livraisons d'armes de l'Ukraine. Aujourd'hui, il semblerait que la Turquie, tant mieux, tous les pays qui participent à la volonté, à obtenir un terrain de négociation vont dans le bon sens. Mais c'est dommage que la France ne soit pas au premier rang précisément.

12:37
Présentateur

Qu'est-ce qu'il faut que l'Ukraine réclame à la Russie ?

12:40
Marine Le Pen

Non, mais ça, ni vous ni moi n'allons proposer de décrire le plan de paix, si vous voulez. C'est l'Ukraine. Et c'est l'intégrité territoriale. C'est entre l'Ukraine et la Russie. Mais je pense que la première des choses, c'est évidemment le retrait des forces armées russes. Y compris au Donbass et en Crimée.

12:57
Invité

Est-ce que l'Ukraine doit renoncer à la Crimée et au Donbass, aux territoires occupés par les Russes ?

13:02
Marine Le Pen

Moi, je le pense, parce que la Crimée n'a rien à voir avec la guerre en Ukraine, si je puis me permettre, c'est la Crimée, c'était il y a dix ans. La Crimée, c'était il y a dix ans. On peut contester les conditions, encore une fois, d'organisation du référendum et constater en même temps que les habitants de Crimée ont choisi de devenir russes. C'est la position de Nicolas Sarkozy. C'est la position de Nicolas Sarkozy. C'est la position de Nicolas Sarkozy.

13:26
Invité

Mais à l'époque, c'était François Hollande qui était président.

13:28
Marine Le Pen

Et la France n'avait pas reconnu ce référendum. Ça ne change rien. C'est la position de Nicolas Sarkozy, c'est la position de Valéry Giscard d'Estaing, c'est la position de Marine Le Pen. Mais ceci n'a rien à voir avec la guerre en Ukraine, dont vous savez que je l'ai condamnée de la manière... C'est un tout qui peut avoir quand même, Marine Le Pen.

13:43
Présentateur

C'est la question de l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

13:46
Marine Le Pen

Non, ça n'est pas du tout les mêmes problématiques que la guerre en Ukraine. La guerre en Ukraine sont les conséquences, en fait, de l'accord de Minsk, qui n'avait rien à voir avec la Crimée. Donc, essayons de ne pas tout mélanger. Et vous le savez, j'ai immédiatement condamné de la manière à la plus ferme qui soit. Au Donbass, également, les troupes russes doivent partir ?

14:03
Présentateur

Au Donbass aussi, les troupes russes doivent partir ?

14:05
Marine Le Pen

Oui, le Donbass fait partie de l'Ukraine. Je suppose, si vous voulez, je suppose que le Donbass va être le centre de discussion, en réalité, des négociations en cours. Voilà, je le suppose.

14:21
Présentateur

Pour vous, la Crimée est russe ? Que ce soit clair.

14:24
Marine Le Pen

Ça a toujours été clair. Ça fait dix ans que je le dis. Donc, si vous voulez, je n'ai pas changé d'avis. Et encore une fois, je partage cet avis avec deux anciens présidents de la République.

14:32
Invité

Mais vous refusez de livrer des armes lourdes à l'Ukraine. Vous parlez d'une forme de capitulation pour l'Ukraine, de renoncer à la Crimée. Et dans le même temps, il y a une commission d'enquête sur les ingérences étrangères qui a pointé le fait, dans son rapport, que vous étiez une courroie de transmission de la Russie. Est-ce que vous comprenez que ce genre de discours ne permet pas de lever les ambiguïtés ?

14:52
Marine Le Pen

Non, non, mais pardon. C'est une accusation politique qui a été portée par la Macronie. Parce que Mme Legrippe, rapporteure dans cette commission d'enquête, est macroniste. Donc, ils se servent en réalité de cela pour tenter de nous attaquer, alors qu'ils n'ont aucun élément. Qu'est-ce qu'a révélé cette commission d'enquête ? Et je tiens à le dire de la manière la plus claire, tout le monde peut aller vérifier. Toutes les institutions qui travaillent sur la corruption, sur les ingérences, sont venues dire aucun parti politique, en réalité, n'est victime d'ingérences ou de tentatives d'ingérences. Voilà ce qu'ils sont venus dire.

Traquefin, le parquet national financier, la Direction Générale de la Sécurité Intérieure, rien que ça, l'OCDE, la CNCCFP, c'est-à-dire la Cour Nationale des Comptes de Campagne. Le Parlement européen, par exemple, a été souligné dans le rapport. Et puis après, il y a l'utilisation politique.

15:45
Présentateur

Vous n'avez jamais voulu condamner, par exemple, le régime brut ou voter...

15:48
Marine Le Pen

Mais ce que vous dites est faux. Ce que vous dites est faux, monsieur. Vous n'avez pas soutenu l'aide financière à l'Ukraine au Parlement européen. Vous êtes abstenu sur plusieurs résolutions. Non, non, non, ne mélangez pas tout. Nous n'avons pas voté l'aide financière à l'Ukraine. Votez avant la guerre en Ukraine. Pour une raison simple, c'est qu'elle intervenait après un rapport de la Cour des Comptes européenne disant que l'Ukraine était aujourd'hui l'objet d'une corruption généralisée et que les aides qui étaient fournies n'arrivaient pas là où elles devaient arriver. Donc c'était avant la guerre en Ukraine.

Vous savez, très clairement, encore une fois, si véritablement nous étions la courroie de transmission, nous n'aurions pas condamné, avec la vigueur avec laquelle nous l'avons faite, la guerre menée par la Russie à l'Ukraine. Nous n'aurions pas, de la manière la plus claire, qu'il soit défendu l'intégrité territoriale

16:37
Présentateur

et la souveraineté de l'Ukraine. Mais sans l'acrimer, je le précise encore. Vous avez porté plainte contre Constance Legrippe ? Oui, il a été porté plainte. Jean-Philippe Tanguy a annoncé le député RN qu'il comptait porter plainte contre Constance Legrippe. Pourquoi ?

16:52
Marine Le Pen

Parce que Constance Legrippe n'avait pas le droit de faire état du contenu du rapport avant que celui-ci soit rendu public. Or, elle s'est précipitée pour le faire sur tous les plateaux, ce qui est profondément malhonnête et déloyale, puisque dans le même temps, je ne pouvais pas, nous ne pouvions pas nous défendre en nous servant des éléments qui étaient contenus dans ce rapport. C'est quasiment inédit qu'un député porte plainte

17:15
Présentateur

contre un rapporteur de commission.

17:17
Marine Le Pen

Puisque nous étions... Eh bien oui, mais quand on ne respecte pas les règles, est-ce que les règles sont là pour être violées sous prétexte que ça arrange la Macronie d'essayer de nous salir ? La réponse est non.

17:26
Présentateur

On ne porte pas le débat démocratique aux tribunaux, devant les tribunaux, là ?

17:29
Marine Le Pen

Non, mais là, ce n'est pas un problème de débat démocratique, c'est un problème de violation du secret dont elle est dépositaire. Moi, je veux bien que la Macronie se libère de toutes les règles, j'ai bien compris que c'est comme ça que ça fonctionne. Mais bien nous, on vient leur rappeler que lorsqu'il y a des règles, il faut les respecter, et peut-être particulièrement quand on est la majorité.

17:44
Présentateur

Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l'Assemblée, invitée du 8h30, 8h50, selfie l'info, Maureen Swinier.

17:49
Invité

L'Ukraine dit avoir abattu un missile et 20 drones explosifs russes pendant la nuit. Affirmation alors que Kev a annoncé la semaine dernière avoir débuté sa contre-offensive contre Moscou. Elle est en place et elle compte bien rester. Elisabeth Borne s'exprime dans le journal Le Figaro ce matin, alors que les rumeurs d'un remaniement se font plus pressantes. Baisser les bras, ce n'est pas dans mon ADN, dit la Première ministre. Elle défend toujours l'idée de créer un titre de séjour spécifique pour les métiers en tension, mais veut discuter des modalités avec les Républicains. Garde à vue prolongée pour le mari de Karine Esquivillon, lui qui a été interpellé hier à son domicile en Vendée.

Son épouse a disparu depuis le 27 mars dernier. Il affirme qu'ils étaient en instance de séparation, mais qu'elle est partie volontairement. Les enquêteurs tentent de voir s'il y a des incohérences dans son récit. Quelques 11,6 millions de touristes dans le Grand Paris depuis le début de l'année 2023. Quasiment 30% de hausse par rapport à l'année précédente. On retrouve presque les niveaux d'avant Covid. Un peu plus de la moitié des touristes sont des Français. France Info

19:00
Présentateur

Le 8.30 France Info Agathe Lambré, Lorrain Sénéchal

19:06
Invité

Toujours avec Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. Emmanuel Macron a poursuivi cette semaine sa tournée pour la souveraineté industrielle. Il a annoncé la relocalisation d'une cinquantaine de médicaments. Vous qui défendez le patriotisme économique, Marine Le Pen, vous vous en félicitez. Vous dites bravo ?

19:21
Marine Le Pen

Oui, bravo. Mais moi, j'arrête de me contenter des mots avec Emmanuel Macron. Vous voyez, parce que j'ai remarqué qu'il y avait quand même beaucoup de fanfaronnades dans la manière dont il annonçait ainsi ses intentions. Il avait d'ailleurs déjà dit qu'il avait gagné le pari de la réindustrialisation. Inutile de vous dire que tout ça est totalement faux. La situation de la France en matière d'industrie est dramatique. L'industrie manufacturielle, c'est 9% du PIB en France. C'est 19% en Allemagne. Nous sommes passés, en l'espace de quelques années, de 14 à 9%.

Donc, nous sommes face à une situation qui est dramatique et qui ne peut pas se contenter de fanfaronnades, qui doit faire l'objet de décisions et de décisions urgentes. D'abord de décisions d'investissement, mais aussi de décisions pour que nos industries soient compétitives. La première des décisions à prendre, c'est le prix de l'énergie. C'est ça qui est en train de tuer notre industrie et nos entreprises, d'ailleurs. Pas seulement l'industrie, les commerçants, les artisans, les TPE, les PME. C'est-à-dire qu'il faut à tout prix faire ce qu'ont fait un certain nombre d'autres pays. Il faut décrocher le prix de l'électricité du prix du gaz. Il faut arrêter avec l'arène.

20:27
Présentateur

L'arène, c'est un tarif préférentiel à lequel l'EDF doit vendre son énergie nucléaire à ses concurrents.

20:35
Marine Le Pen

Voilà. Nous produisons de l'électricité à un coût très bas. C'est un avantage compétitif incroyable de la France. Et nos dirigeants ont s'abordé cet avantage compétitif, créant ainsi les conditions d'une désindustrialisation.

20:47
Présentateur

Mais la désindustrialisation, ça a des conséquences extrêmement lourdes, la désindustrialisation.

20:55
Marine Le Pen

Parce que c'est en partie ça qui crée le déséquilibre ou les inquiétudes sur notre régime de retraite.

21:03
Présentateur

Et Marine Le Pen, l'emploi industriel repart à la hausse. Marine Le Pen, l'emploi industriel progresse à nouveau.

21:09
Invité

90 000 emplois créés ces six dernières années. Ça, au moins, vous dites que c'est bien, ça va dans le bon sens.

21:14
Marine Le Pen

Mais c'est sans commune mesure avec ce qui serait nécessaire. Est-ce que vous vous rendez compte des chiffres que je vous donne ? Nous sommes avec la Grèce, le pays d'Europe, qui a le taux d'industrie manufacturière le plus bas. Et ça contribue pour 50% au record historique de déficit du commerce extérieur de la France. Donc, vous voyez, c'est le plan cosmétique. Emmanuel Macron ne va pas pouvoir remettre sur le bureau. 2 000 fois son usine de batterie qui, au passage, a coûté un milliard.

21:51
Présentateur

Il y a plusieurs usines de batterie. Ce n'est pas toujours la même.

21:53
Marine Le Pen

Il y en a quatre différentes désormais. Non, celle-là, c'est toujours la même quand il parle. Vous voyez, on ne peut pas. Il faut vraiment s'engager dans cette réindustrialisation. C'est essentiel pour l'emploi, pour le niveau des salaires français, pour les retraites et aussi pour notre commerce extérieur.

22:08
Présentateur

Marine Le Pen, un amendement du socialiste Guillaume Garrault qui visait à restreindre la liberté d'installation des médecins en France dans les zones bien pourvues, pour essayer de pallier les déserts médicaux, a été rejeté à l'Assemblée hier et rejeté notamment par les voix du RN. Pourquoi ?

22:23
Marine Le Pen

Parce que nous sommes en France, nous ne sommes pas en Union soviétique. C'est aussi simple que cela. Par conséquent, les médecins doivent avoir la liberté de s'installer où ils le souhaitent. Il y a plusieurs manières de mettre en place des incitations à ce qu'ils s'installent. Il y a toute une série d'aides d'incitations financières, fiscales, qui peuvent être mises en place. Oui, mais d'accord. Mais cher monsieur, si nous sommes dans la situation actuelle, c'est parce qu'il n'y a pas assez de médecins. Je suis responsable de ça ? Je ne crois pas.

22:52
Présentateur

D'où la fin du numérus clausus.

22:52
Marine Le Pen

Je crois que ceux qui sont responsables de cela, c'est ceux qui, depuis 30 ans, en réalité, ont empêché des jeunes étudiants français de devenir médecins, pas à cause du numérus clausus. Qui a terminé. Non, non, ce n'est pas tout à fait terminé. Mais sans contrainte, on a vu que pour l'instant, ça ne marchait pas. Libérons totalement la possibilité pour les jeunes étudiants français de devenir médecins. Libérons ça totalement. Et croyez-moi que s'ils entendent, d'ici quelques années, tous s'installer en région parisienne, eh bien, ils seront smicards. Donc, ils ne voudront pas être smicards. Et donc, par conséquent, ils iront s'installer là où ils ont des patients.

Donc, moi, je crois à la liberté. Je crois à la liberté d'installation. Je crois que l'État doit inciter les personnels soignants à faire les nécessaires.

23:35
Présentateur

En modulant les tarifs, par exemple ? C'est-à-dire qu'on ne paierait pas forcément 30 euros en milieu rural. On peut envisager toutes les solutions.

23:40
Marine Le Pen

Mais on peut envisager toutes les solutions. Déjà, si vous voulez, que l'État se rende compte qu'il y a 9% des postes d'infirmières qui ne sont pas pourvus, qu'il y a 30% des postes de médecins titulaires dans les hôpitaux français qui ne sont pas pourvus, et qui, aujourd'hui, annoncent un dégel du point d'indice de 1,5%, c'est-à-dire une perte de pouvoir d'achat des fonctionnaires de 5%, puisque, évidemment, l'inflation est à 6%. Vous voyez ? Donc, rendons déjà ces emplois attractifs avant d'essayer de s'attaquer aux médecins libéraux.

24:17
Invité

Marine Le Pen, une manifestation d'ultra-droite a remis en lumière deux anciens membres du GUD, Axel Lousteau et Frédéric Chatillon, actionnaires d'une société de communication qui travaille pour le Rassemblement National depuis des années. Libération et France Inter assurent que cette société travaillera pour vous lors des prochaines européennes. Est-ce que c'est le cas ?

24:36
Marine Le Pen

Oui, mais c'est probablement le cas. Mais d'abord, pardon, mais Axel Lousteau, qui était le seul à être présent à cette manifestation, me semble-t-il, ne travaille plus avec le Rassemblement National depuis... Non ?

24:47
Invité

Non, Frédéric Chatillon a dit qu'il se rendrait à la manifestation de l'année prochaine.

24:51
Marine Le Pen

Bon, j'ai indiqué ce qu'il en était et j'ai rappelé que les prestataires doivent faire du commerce, pas de la politique. Et s'ils souhaitent faire de la politique, et particulièrement dans des structures ou auprès de structures qui sont en profond désaccord avec les valeurs du Rassemblement National, alors nous en tirerons les conséquences.

25:10
Présentateur

Toute dernière chose, Marine Le Pen, Kylian Mbappé qui pourrait quitter le PSG cet été. Emmanuel Macron est en train de s'impliquer dans le dossier. Il a dit qu'il allait essayer de faire ce qu'il peut pour que le joueur reste à Paris. C'est un trésor national, Kylian Mbappé, il ne faut pas qu'il parte.

25:24
Marine Le Pen

Enfin, vous ne croyez pas que les Français ont assez de difficultés aujourd'hui pour que le président de la République leur consacre l'intégralité de son énergie plutôt que de se mêler de ce qui ne le regarde pas, objectivement ? Le problème d'Emmanuel Macron, c'est l'image que son miroir, tous les soirs, renvoie de lui-même. Donc, ce n'est pas pour Kylian Mbappé qui fait cela. Ce n'est pas pour les amateurs de football et les fans de Kylian Mbappé. Oui, c'est pour lui-même.

25:50
Présentateur

Marine Le Pen, merci beaucoup. Présidente du groupe RN à l'Assemblée, invitée du 830. Bonne journée à vous.