La crise migratoire à la frontière Pologne-Biélorussie, la COP 26 ... Le "8h30 franceinfo" de Clémentine Autain
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Le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT avec Jean-Rémi Baudot de France Info Télé. Bonjour Jean-Rémi.
Bonjour Arsine, bonjour à tous.
Notre invité ce matin est la députée France Insoumise de la 11e circonscription de Sainte-Saint-Denis. Bonjour Clémentine Autain. Bonjour. L'épidémie de Covid semble clairement repartir en Europe. Beaucoup de pays prennent de nouvelles restrictions. Aux Pays-Bas, les restaurants vont fermer à 20h. Il va y avoir des confinements dans certaines régions d'Autriche. En Allemagne, ça grimpe aussi. Bref, est-ce que vous pensez qu'en France, on pourra échapper à de nouvelles restrictions sanitaires ?
Je le souhaite, je l'espère. Et nous savions que nous n'étions pas totalement protégés et qu'une nouvelle vague était possible. Ce n'est pas non plus un scoop. Nous n'avons cessé d'ailleurs de le dire. Donc, il y a sans doute une forme de relâchement parce que ça a été dur quand même toute cette période de confinement, de restrictions. et on a senti depuis cet été une joie aussi à se retrouver et progressivement faire comme si l'épidémie était derrière nous.
Donc, je crois qu'aujourd'hui, il faut appeler à la responsabilité du gouvernement qui a quand même tendance à ne pas donner les moyens à l'hôpital public, les moyens pour informer et à finalement prioriser toujours la contrainte et la surveillance généralisée. Je pense que ce qui est très important, c'est que chacune et chacun puissent avoir une information de qualité et puissent choisir en conscience.
Sur le Covid, comment est-ce qu'on évite de nouvelles restrictions sanitaires ? Est-ce que la vaccination, par exemple, serait un bon moyen si on arrivait à convaincre les Français ?
D'abord, vous avez quand même une majorité de Français qui sont vaccinés. Donc, arrêtons de laisser penser que les Français ne veulent pas être vaccinés. Mais globalement, ils sont vaccinés et sont d'accord pour être vaccinés. Après, il y a des inquiétudes et ces inquiétudes, il faut les lever. Pas simplement en étant acharnés à surveiller tout le monde, mais en ayant un discours de vérité et un discours qui permette de convaincre.
Comment est-ce qu'on convainc ces 6 millions de Français qui ne sont pas encore vaccinés ? Faut-il les convaincre et comment est-ce qu'on les convainc ?
D'abord, moi, ce qui me frappe, c'est la défiance à l'égard des institutions, à l'égard des journalistes, des médias, et maintenant aussi à l'égard de la science. Et au fond, c'est la crise démocratique. C'est ça qui est en jeu dans ces difficultés que nous avons pour qu'un certain nombre de vérités scientifiques, qu'un certain nombre de pratiques de prévention puissent être appliquées, parce que beaucoup de gens sont inquiets, ne croient pas. On a eu des scandales, le scandale du Mediator, on a eu, si vous voulez, des intérêts financiers qui se sont immiscés dans le bien commun. Et à partir de ces mensonges, vous tirez les fils et vous vous rendez compte qu'on arrive à des catastrophes.
Donc, moi, je suis inquiète, je vous le dis franchement, je suis inquiète pour mon pays, parce que je pense qu'un pays qui a tant de gens qui, aujourd'hui, mettent en cause, y compris la science, c'est un vrai sujet.
Alors, pour revenir au Covid, parce qu'effectivement, on a 16 millions de personnes qui ne sont pas vaccinées en France, et on voit que dans d'autres pays, donc la réponse française, c'est la question du vaccin, et dans d'autres pays, on voit que c'est de nouvelles restrictions, des fermetures de restaurants, des confinements. Est-ce que, finalement, vous dites que la France ne s'en sort pas si mal ?
Attendez, étape par étape, on ne sait pas encore complètement si nous allons échapper à une nouvelle vague. Donc, là, moi, ce que j'aimerais déjà, c'est que le gouvernement mette les poignons dans l'hôpital public, le tir, la sonnette d'alarme. On a tous fait avec les casseroles, vous vous souvenez ? Nous avions rendu hommage à 20 heures pendant tout le confinement, et pendant ce temps-là, et pendant ce temps-là, d'accord ? Ce qui s'est passé, c'est que le gouvernement a continué à diminuer les moyens pour l'hôpital public. Il y a en Ile-de-France des restrictions et des regroupements d'hôpitaux qui conduisent à moins de personnel, beaucoup de précaires.
Je ne suis pas la seule à le dénoncer, je voudrais vous faire écouter Rémi Salomon, c'est le président de la commission médicale d'établissement à l'APHP, et lui aussi, il revient au micro de France Info sur l'hôpital sous pression. La situation à l'hôpital, en ce moment, elle est catastrophique. Aujourd'hui, ce qui ne va pas, c'est qu'on manque de personnel. Alors, c'est surtout du personnel infirmier, il y a aussi un manque de médecin, il y a des services d'urgence qui ferment, faute de médecin. Il y a des blocs opératoires qui ne tournent pas parce qu'on manque d'anesthésistes réanimateurs. La conséquence très pratique, c'est des interventions chirurgicales urgentes qui sont reportées.
Donc, c'est inacceptable. Moi, je dis aujourd'hui, c'est un cri d'alarme que je lance. Alors, le cri d'alarme de Rémi Salomon, vous en Seine-Saint-Denis, vous êtes élu de Seine-Saint-Denis. Qu'est-ce que vous voyez sur le terrain ?
Je le partage. J'étais, il y a quelques semaines, j'ai participé à une mobilisation à l'hôpital Robert Ballanger, qui est l'hôpital de la circonscription que je représente. Il est sur Sevran, Aulnay, etc. Et qu'est-ce que j'ai vu ? J'ai vu des personnels à bout. Mais quand je vous dis à bout, c'est à bout. C'est-à-dire des femmes, beaucoup des femmes, qui s'exprimaient devant la direction en pleurant. En pleurant, qui n'arrivent pas le matin quand elles se lèvent, parce qu'on leur demande quelque chose qui n'est pas possible. C'est de l'abattage. C'est vraiment de l'abattage. Vous avez des personnels en gériatrie, ça m'a frappée, qui disent on passe de l'un à l'autre, on amène, on fait tout.
Qu'est-ce qu'il faudrait changer concrètement ?
Ce qu'il faudrait, c'est revaloriser les salaires, embaucher, titulariser les précaires, et permettre qu'il y ait suffisamment de personnel pour que le travail ne soit pas fait sous une telle tension. La difficulté qu'on a, c'est qu'on a des problèmes de recrutement. J'entends ce que répond la direction. Il y a à la fois des problèmes de recrutement, mais pourquoi il y a des problèmes de recrutement ? C'est parce que justement, ces personnels ne sont pas suffisamment valorisés, le travail est trop difficile, alors qu'il y a eu justement beaucoup de vocation au moment du premier confinement parce que les gens se sont dit, tiens c'est intéressant ce métier, on sauve des vies, ça a du sens.
Et au fond, aujourd'hui, on est en pénurie de personnel. Donc il faut à la fois former, il faut investir dans l'hôpital public, dans la durée. Et le gouvernement fait l'inverse. Sa logique, notamment de regroupement hospitalier, conduit, je le redis, à des suppressions de postes. Et il ne titularise pas toute une série de personnels, ce qui devrait l'être. Donc cette précarité, cette tension, il y a moyen de les résoudre. Le gouvernement sait trouver les milliards quand il s'agit de donner beaucoup d'argent à des grandes entreprises qui font des profits. Et il le fait sans aucune contrepartie en matière sociale.
Il a su trouver l'argent pour le quoi qu'il en coûte sur la crise du Covid également.
Écoutez, il a su, oui, trouver de l'argent, mais il ne l'a pas toujours bien utilisé. Si je puis me permettre, alors là, on ouvre une boîte de Pandore sur le budget, je veux bien. On va attendre un petit peu. Je veux bien, mais en tout cas, ce qui est certain, ce qui est absolument certain, c'est que sur notre système de santé, il y a un mouvement de privatisation contre lequel le gouvernement ne s'érige pas, concrètement. De privatisation ? Oui, bien sûr, de la santé, bien sûr.
Mais vous avez développé là-dessus, Clémentine Autain. Juste après le filinfo, voici Diane Ferschit.
Pourquoi a-t-elle menti ? Les enquêteurs tentent d'éclaircir les raisons qui ont mené la jeune Lisa, 17 ans, ont raconté qu'elle avait été enlevée lors de son jogging lundi soir en Mayenne. Elle était réapparue 24 heures après sa disparition. La jeune fille va faire l'objet d'une procédure pour dénonciation d'infractions imaginaires. L'homme de 37 ans, suspecté de s'en être pris à des policiers lundi à Cannes, étant en détention provisoire, il vient d'être mis en examen pour tentative d'assassinat sur fonctionnaire de police. Il avait tenté de s'en prendre aux agents avec un couteau. Ceux-ci n'ont pas été blessés. Il portait un gilet pare-balles.
C'est une COP au bilan mitigé, estime sur France Info le climatologue Jean Jouzel, même s'il souligne certaines avancées, alors que la COP26 sur le climat se poursuit ce matin. Elle aurait dû s'achever hier soir, mais les différents pays doivent rendre une déclaration commune approuvée à l'unanimité. Une troisième version est attendue à partir de 9h ce matin. Du Bataclan au Stade de France, le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement se rendent ce matin sur les différents lieux des attentats du 13 novembre 2015, six ans après l'hommage aux 130 morts de ces attaques prend cette année un caractère particulier alors que se tient le procès de ces attentats.
Paris se souvient, tweet ce matin la maire de Paris, Anne Hidalgo. Un moment de recueillement prévu aussi au Parc des Princes ce soir lors du match France-Kazakhstan en contre-qualificatif pour la Coupe du Monde 2022, coup d'envoi à 20h45. France Info
Clémentine Autain est l'invité du 8.30 France Info ce matin. On est avec Jean-Rémi Baudot de France Info TV. Et Clémentine Autain, vous parliez d'un objectif de privatisation de la santé en France. Vous pensez que la crise du Covid a été utilisée d'une certaine manière dans cet objectif-là par le gouvernement ?
Non, c'est un mouvement de fond. De la même manière qu'on s'est retrouvés en difficulté parce que les gouvernements successifs ont supprimé des dizaines de milliers d'hôpitaux en France, de la même manière on a un mouvement de fond qui conduit à une privatisation. Je vais prendre un exemple qui me tient à cœur, la gynécologie médicale.
Rapidement, oui.
Vous n'avez plus de gynécologue. Voilà. Et donc, aujourd'hui, pour trouver un rendez-vous chez un gynécologue, si vous voulez ne pas payer une fortune, eh bien, il vous faut des mois, des semaines, des mois avant de pouvoir avoir ce rendez-vous. Si vous avez les moyens, en 24 heures sur Doctolib, vous trouvez un rendez-vous. Donc ça, c'est ce que j'appelle une privatisation, si vous voulez. C'est qu'à un moment donné, ceux qui ont de l'argent vont pouvoir se soigner et ceux qui n'ont pas d'argent vont être laissés sur le bord de la route. C'est inacceptable.
D'accord. On va changer de sujet, Clémentine Autain, puisque la COP26 est en train de se terminer à Glasgow, Jean-Rémy.
Et ça coince encore pour l'instant, notamment sur la question des financements à destination des pays pauvres. Une COP qui avance par petits bouts, par compromis, c'est difficile, on le voit, c'est des textes, c'est des textes, c'est des textes. La faute à qui, Clémentine Autain ?
Non, écoutez, c'est une COP qui n'avance pas. Moi, je suis désolée. Et d'ailleurs, de COP en COP, on n'en peut plus. On entend beaucoup de discours. Les chefs d'État se suivent et nous expliquent la main sur le cœur que la crise climatique, c'est terrible, il faut y répondre. Puis après, vous avez les mises en pratique. Et là, il n'y a plus personne. Vous donnez l'exemple qui est fondamental de l'aide des pays du Nord aux pays du Sud. Il y avait un engagement, la COP 2009 à Copenhague. C'était la COP 15. Elle s'était engagée à mobiliser 1 000 milliards par an pour les pays du Sud. Qu'est-ce qui a été mobilisé ? Dernièrement, 79 milliards d'euros. Donc, on n'est même pas aux 100 milliards.
Alors qu'entre-temps, on s'est rendu compte qu'il faudrait 10 fois plus. Et en plus, ces milliards sont essentiellement donnés par le biais de prêts et non pas de dons. Donc, vous voyez bien l'écart. Oui, c'est-à-dire qu'il y a un écart entre ce qu'on déclare qui n'est déjà pas extraordinaire, qui déjà est en deçà de ce qu'il faudrait pour arriver à nos objectifs de ne pas dépasser les plus 1,5 degrés d'ici 2100.
Est-ce qu'une COP est inutile en réalité ou est-ce que c'est quand même un moment d'échange important pour que tout le monde essaie de s'aligner ?
Il faut que les chefs d'État se réunissent. Donc, je ne suis pas contre le principe que des chefs d'État se réunissent. Mais agir, c'est mieux, non ? Mais il faut agir. Il faut agir. Mais alors, à quoi faire ? Le problème, c'est que ce qu'il faudrait, c'est faire passer le climat avant le commerce. C'est-à-dire qu'il faudrait faire passer le GIEC avant l'OMC. Et ce n'est pas du tout ce que font aujourd'hui la majorité des États et en particulier la France. C'est-à-dire que la France dit une chose à la COP 21, fait des déclarations et ensuite fait signer des traités de libre-échange à tour de bras.
Je les vois passer à l'Assemblée nationale puisque je siège à la Commission des Affaires étrangères qui sont des traités où, allez hop, tout circule à travers le monde davantage et on sait que ça a un coût absolument terrible sur le bilan carbone.
D'où viendra-t-elle cette solution ? Elle ne vient pas des États si elle ne vient pas des gouvernements.
D'abord, des citoyens.
Des citoyens seuls ? Indépendamment de leur...
Non, il faut de la politique. Il faut qu'il y ait des États. Et il y en a. Regardez ce qui se passe avec la coalition BOGA. Elle a été lancée, je ne sais pas si vous avez vu, ça fait partie des choses de cette COP. C'est une coalition qui a été lancée par le Costa Rica et le Danemark et qui permet justement d'avoir quelque chose d'assez pionné dans la transition écologique sur les énergies fossiles.
Sur le Brésil, face aux États-Unis, face à la Chine, face à l'Inde. Non, non, non.
Mais écoutez-moi là-dessus. C'est le Danemark et le Costa Rica qui sont pionniers en matière de transition écologique. Donc, ils impulsent quelque chose parce qu'ils sont eux-mêmes vertueux. Et la France, qui a signé pour le coup, mais ça ne l'engage pas. Elle finit par signer. Un peu dans la douleur. Exactement. Je vous remercie de le signaler. Elle a signé dans la douleur. En même temps, ça ne l'engage pas à grand-chose parce qu'on ne peut pas dire qu'en matière de pétrole et de gaz, on est beaucoup à défendre. Mais qu'est-ce qu'elle fait dans le même temps ? Elle est incapable de ne pas donner les permis d'exploiter du gaz en Lorraine. Vous savez qu'il y a un enjeu.
Il y a en Moselle 50 puits de forage avec une mobilisation, pour le coup, citoyenne, etc. pour dire qu'il ne faut pas creuser ces puits. Et l'État tergiverse et peut-être donnera le permis d'exploiter. Le point qui est mis en avant lors de la COP pour être précis,
c'est que les projets qui y ont de la captation de carbone resteraient autorisés sans rentrer forcément trop dans le détail. Je ne rentre pas dans le détail.
Je vous explique en même temps. C'est clair. C'est-à-dire que la France signe avec Boga ce que je vous disais sur les énergies fossiles et dans le même temps pourrait donner un permis d'exploiter. La question qui se pose, c'est le portage politique de l'écologie politique. Vous voyez là qu'il y a un problème.
Le portage politique de l'écologie politique. Aujourd'hui, un parti comme ELV fait entre 10 et 15 %. Un vote plutôt urbain, plutôt CSP+. Comment est-ce qu'on embarque l'intégralité des Français, ou beaucoup plus de Français en tout cas, sur les questions écologiques, politiquement parlant ?
La solution, c'est évident, c'est une écologie populaire. Il n'y a pas de solution si l'écologie ne devient pas un enjeu populaire. Or, contrairement aux idées reçues, vous savez, je suis élue d'une circonscription très populaire, Sevran-Ville-Pinte et Tremblay. Ce que je peux vous dire, c'est que moi, cette question-là, on m'en parle. La précarité énergétique, vous croyez que ça touche qui ? Regardez en Seine-Saint-Denis, il y a des lieux de pollution considérables qui sont plus importantes parfois que sur des territoires moins populaires, et on ne fait rien. Donc les gens sont touchés. Les gens ne mangent pas bio. Vous croyez pourquoi ?
Parce qu'ils n'ont pas les moyens de manger bio, mais ils ont conscience des enjeux de la malbouffe. Bon, si on veut faire de la rénovation thermique, il faut investir, il faut aider ces familles. Il n'y a pas de plaisir à vivre avec des fenêtres et des portes qui laissent passer le froid, ce qui donne en plus une facture d'électricité qui est plus importante.
Donc tout passera par le peuple, par les citoyens ? C'est ça, à la base.
L'appropriation de cette question par les citoyens, par le peuple, et en faire bien sûr une question politique. Je vous le redis d'un mot, ce que je disais tout à l'heure. C'est qu'en fait, si on pense qu'on peut continuer dans cette logique de marchandisation de tout, de délocalisation aussi de tout, de grand déménagement du monde, et répondent à la crise climatique, ça ne marche pas. Donc il faut toucher au cœur de notre modèle économique, y compris avec le consumérisme.
Il faudrait qu'on change de sujet parce qu'il y a beaucoup de choses à évoquer. Oui, oui, bien sûr, mais vous allez voir que ce qui vient est intéressant aussi, parlons de ce qui se passe à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Des centaines, voire des milliers d'hommes, de femmes, d'enfants. Bruxelles accuse le président Loukachenko d'avoir importé, entre guillemets, et d'avoir fait venir des migrants de Syrie, d'Irak pour déstabiliser l'Union Européenne. J'imagine que vous condamnez ce qui se passe à cette frontière. Quelle est votre analyse de cette situation ?
D'abord, l'urgence, à mon avis, c'est de résoudre la crise humanitaire. Parce qu'il faut se rendre compte qu'on a là entre eux...
Comment on fait ?
Il faut intervenir. Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, les ONG ne peuvent pas, d'ailleurs les journalistes non plus, ne peuvent pas aller sur la zone. Donc c'est en Biélorussie, pour les gens qui nous écoutent et qui ne connaissent pas forcément bien cette affaire, mais c'est à la frontière avec la Pologne, mais on a aussi un enjeu avec la frontière avec la Lituanie, mais là, le point de fixation pour l'instant, c'est là. Et donc il faut se rendre compte que les Polonais jettent les migrants, les envoient dans la forêt, ce qui est interdit du point de vue du droit international, et en fait utilisent ces migrants.
Donc qui doit aller là-bas secourir ces...
Et il faut faire pression pour que les ONG, les États, l'Union Européenne, viennent en secours à ces gens qui aujourd'hui se chauffent en faisant chauffer du bois alors qu'il fait zéro degré et donc sont menacés de mort. Il y en a d'ailleurs, selon le monde, une dizaine qui sont déjà morts depuis l'été et probablement davantage parce qu'il est difficile de les tracer.
C'est plutôt la Biélorussie qui utilise ces migrants, pas les Polonais. Les Polonais les empêchent de rentrer. Les Polonais,
non, non, non, excusez-moi, ceux qui jettent effectivement ce sont les Biélorusses, mais les Polonais durcissent leur loi sur l'immigration. Est-ce que la Russie a une responsabilité
dans la situation actuelle sur place ?
Difficile. Moi, j'ai du mal à répondre à cette question. Je sais que la Russie est en froid avec la Biélorussie.
Elle tire quand même les vicelles dans le pays. Il y a des mouvements militaires de Minsk et de Moscou à la frontière polonaise.
Moi, je pense qu'il faut en tout cas réussir à s'entendre avec les Russes pour régler cette question. La sphère. Pensez que, en montant d'un grade, si vous voulez, dans les tensions avec la Russie, je ne suis pas sûre que ça nous aide à régler le problème. Et par ailleurs, il serait bien de balayer devant notre porte. Parce que vous me demandiez quel était mon point de vue sur la question. C'est-à-dire que, comme l'ONU, je pense qu'il y a une instrumentalisation orchestrée d'êtres humains, je reprends les termes de l'ONU, par Loukachenko, qui est un dictateur absolument effroyable.
Mais il utilise les migrants aussi parce que l'Union européenne est devant une impasse avec sa politique migratoire.
Ce qui se passe d'une certaine manière. Globalement, le projet de Loukachenko qui est quand même absolument incroyable. Non, je ne justifie en rien.
Le cynisme de Loukachenko, le fait que cet homme est un dictateur et que ses objectifs sont absolument exécrables, il n'y a pas de débat là-dessus. Mais une fois qu'on a dit ça, on a le droit aussi...
Mais par exemple, la Russie...
Non, mais vous ne voulez pas qu'on parle des responsabilités de l'Union européenne et de la France dans cette histoire-là ?
L'Union européenne qui a amené qui a amené des migrants dans la forêt à la frontière. L'Union européenne semble à la manœuvre en ce moment.
Vous ne voulez pas écouter... C'est marrant, vous avez du mal à entendre ce point, mais je vais le dire.
Non, on l'entend tous sans aucun problème.
Non, non, mais je vous assure que je vais y aller parce que c'est très important. Allez-y vite alors, avant le fil d'un coup. C'est-à-dire que l'idée qu'on peut faire des interventions militaires comme on en a fait en Afghanistan, ne pas soutenir les Kurdes et laisser des bourbiers dans certains territoires du monde et ensuite dire quand des gens fuient la guerre civile, des gens fuient la misère, des gens fuient la guerre, l'Union européenne se barricade parce qu'avec la Turquie, figurez-vous qu'on a eu les mêmes problèmes. Erdogan, vous croyez qu'il a fait quoi ?
Pardon, mais ce n'est pas la même dynamique.
Pardonnez-moi, mais Erdogan a aussi utilisé dans ses relations avec l'Union européenne le fait qu'il retenait ou qu'il ne retenait pas des migrants. Les migrants comme otages de relations internationales, souvent commerciales d'ailleurs, avec des enjeux financiers qui sont là-dessus, tout ça est d'un cynisme épouvantable et je plaide pour que l'Union européenne soit évidemment ferme à l'égard de Loukachenko, mais prenne aussi ses responsabilités d'accueil. Je suis claire là-dessus. Il y a des exilés, des gens qui fuient la guerre et la misère et on ne peut pas les laisser tous mourir, soit à la frontière biélorusse, soit dans la Méditerranée.
Merci Clémentine Autant. On va changer de sujet juste après le fil info puisqu'il est 9h10. Voici Diane Ferchit.
Cette version sera-t-elle la bonne ? Une troisième version de la déclaration finale de la COP26 est attendue. Ce matin, le sommet sur le climat se prolonge pour tenter d'atteindre l'unanimité des participants sur le texte parmi les points de blocage l'aide financière apportée aux pays en développement. Le Premier ministre britannique a appelé hier les pays riches à mettre l'argent sur la table. Emmanuel Macron s'entretiendra dans les tout prochains jours avec Vladimir Poutine au sujet notamment de la crise migratoire en Biélorussie. Plusieurs milliers de personnes massées à la frontière avec la Pologne et qui espèrent rejoindre l'Union Européenne.
Une crise migratoire orchestrée par Minsk pour faire pression sur Bruxelles. Le scénario de son enlèvement avait été inventé. Lisa, la jeune joggeuse de Mayenne, l'a reconnue devant les enquêteurs. Elle s'est dite désolée. Dans un premier temps, Lisa avait affirmé avoir été enlevée par deux hommes mais rien n'était venu corroborer son récit. Six ans après les attentats du 13 novembre 2015, journée de commémoration samedi, un hommage aux victimes d'autant plus symboliques en plein procès de ces attentats. 130 personnes avaient été tuées, plus de 350 blessés à Saint-Denis, à des terrasses parisiennes et au Bataclan. Cette attaque terroriste est la plus meurtrière jamais commise en France.
Face à la recrudescence du Covid, une première dans l'Union Européenne. La capitale autrichienne, Vienne, va vacciner les 5-11 ans tandis que le pays réfléchit à confiner les personnes non vaccinées. Aux Pays-Bas, retour des restrictions, fermeture à 20h des bars et des restaurants à 18h pour les commerces non essentiels et ce, pour les trois prochaines semaines.
France Info Clémentine Autain est l'invité du 8.30 France Info ce matin, Jean-Rémi Baudot.
Un mot de politique. Cette semaine, Emmanuel Macron a promis de durcir les contrôles pour les chômeurs qui ne chercheraient pas activement du travail. C'est en réalité des mesures qui existent déjà dans la loi. Que recherche le président de la République selon vous ?
À droite de toute. Moi, j'ai écouté le président de la République. C'est un discours de campagne. D'ailleurs, il s'est fait une promotion quand même extraordinaire aux frais du contribuable puisque sous couvert d'interventions sur le Covid, on a vu qu'il nous présentait à la fois un bilan très falteur de ces quatre années de mandat et qu'il était déjà en train de nous expliquer la suite, c'est-à-dire un discours de candidat. Et ce discours de candidat est clairement à droite. Ce qu'il a dit sur les chômeurs fait partie des choses les plus choquantes avec les retraites aussi, aussi des choses sur l'environnement.
Mais je dirais que moi, ce qui m'a vraiment, vraiment heurtée, c'est ce qu'il a dit sur les chômeurs. Parce que ce qu'il nous dit d'abord, il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi. Donc évidemment, s'il pense ça, s'il pense vraiment qu'il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi, on peut imaginer qu'il suffirait pour régler la question du chômage de contraindre ceux qui sont au chômage d'aller chercher un emploi. Sauf que ça, ce n'est pas le monde réel. Je ne sais pas où il vit, mais c'est une bulle qui n'a pas à voir avec la réalité de la France.
Les milliers de postes ne trouvent pas preneur en France. C'est peut-être l'allusion qui est faite là. Non, oui, mais ça,
c'est complètement faux.
Ah bon ? Ah oui, oui, oui. Dans la restauration, dans la coiffure ?
La restauration est un secteur effectivement en difficulté. La coiffure aussi ? La coiffure. Il y a une adéquation globale ? Mais globalement, c'est marginal. C'est-à-dire que globalement, les employeurs trouvent des gens.
Ce n'est pas ce qu'ils disent. Mais c'est faux. Ils disent qu'il y a des dizaines de milliers de postes non pourvus.
Non, non, non. Ils finissent par être... Ils ne peuvent pas inventer ces chiffres. Ils finissent par être pourvus. Mais si vous prenez la grande masse, vous avez des millions et des millions et des millions de chômeurs. Il n'y a pas des millions et des millions d'emplois qui ne trouvent pas preneurs. Donc, vous voyez bien que le problème est beaucoup plus structurel que ça. Donc, aller chercher une difficulté que je reconnais dans la restauration. J'ai parlé avec pas mal de restaurateurs qui témoignent de ce fait-là. Donc, je ne veux pas le nier. Mais parlons de la structure et de la grande masse. Et là, c'est faux. C'est faux.
Il n'y a pas 10 millions d'emplois aujourd'hui dans ce pays qui sont disponibles avec des gens qui se la coulent douce au RSA.
Ce serait quelques centaines de milliers de personnes
qui se la coulent douce au RSA. Donc, c'est scandaleux. Donc, c'est scandaleux. Quelle est la réponse de la gauche sur ces questions-là ?
On est à quelques mois de la présidentielle. Quelle est la réponse de la gauche sur ces questions-là ? La question d'emploi, par exemple ?
Certainement pas faire peser la responsabilité sur les chômeurs comme le fait aujourd'hui le gouvernement de façon scandaleuse. Absolument scandaleuse. Voilà. Traiter les gens de feignants, estimer qu'on se la coule douce avec le RSA, c'est inadmissible. Donc, nous, ce qu'on propose, c'est d'avoir une politique d'abord d'investissement, notamment dans la transition écologique pour créer de l'emploi, notamment aussi dans les métiers du soin. Je vous parlais de l'hôpital tout à l'heure pour créer de l'emploi et enclencher une dynamique.
Par ailleurs, il faut qu'à gauche, nous remettions à l'ordre du jour la question du partage du temps de travail et donc de la réduction du temps de travail parce que si elle se fait de façon massive, elle est de nature à créer de l'emploi. Par ailleurs, il faut qu'on aille chercher de l'argent pour tout cet investissement et qu'on arrête d'abreuver des grands groupes qui continuent, y compris au moment de la crise du Covid, à donner des profits faramineux pendant qu'ils suppriment des postes. Est-ce que ça,
c'est de nature à rassembler la gauche autour de votre programme ? On voit qu'aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon est globalement le mieux placé à gauche mais il ne semble pas en mesure de rassembler car il y a des problèmes programmatiques, il y a des tas de sujets sur lesquels les candidats de gauche au sens large ne sont pas d'accord. Comment est-ce que demain vous pouvez rassembler ? Et si vous ne le faites pas, vous ne serez pas au deuxième tour ?
Écoutez, ce qu'il faut, c'est maintenant rassembler dans le pays. Moi, vous savez, j'avais pris une initiative notamment avec ma collègue communiste Elsa Faucillon et d'autres au lendemain des Européennes. C'était le Big Bang dans la gauche sociale et écologique. Et à ce moment-là, nous avions dit il faut enclencher un processus pour se parler, se parler entre le mouvement social et l'espace politique, se parler entre parties de gauche. Et vous avez l'impression
que ça fonctionne pour l'instant ? Non,
ce que je suis en train de vous dire, c'est que nous n'avons pas réussi notre pari. Mais je pense que nous avions le bon timing. C'est-à-dire que c'était à ce moment-là qu'il fallait se mettre au travail, prendre les questions les unes après les autres et chercher à travailler des convergences. Nous n'avons pas réussi. Maintenant, je vous le dis, vous voyez, je regarde ma montre, l'élection présidentielle est dans cinq mois. C'est comme ça. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon
est trop intransigeant ? Est-ce qu'il devrait plus tendre la main à ses partenaires de gauche ?
Là, la question, c'est de convaincre les Français. Maintenant, nous avons le paysage politique. Je ne crois pas que peut-être va-t-il bouger, peut-être peut-on encore le faire bouger, mais le plus probable, c'est qu'on n'y arrive pas. Donc, moi, je pense que Jean-Luc Mélenchon, parce qu'en effet, il est le mieux placé à gauche et aussi parce qu'il porte un projet cohérent de rupture sociale et écologique qu'il arrive à allier ces deux enjeux. On a dit la crise sociale, la crise climatique, c'est quand même deux enjeux fondamentaux. Et nous les articulons, ils les articulent, d'accord ? De façon, à mon sens, la plus cohérente. Donc, c'est pourquoi je le soutiens.
Donc, maintenant, il faut en effet aller convaincre les Français devant le raz-de-marée parce qu'on parle, mais vous vous rendez compte de ce qui se passe dans ce pays ? C'est-à-dire qu'on a un déferlement, un concours lépine d'idées fascistes comme j'en ai rarement vu. Vous avez vu le porte-parole du Rassemblement National qui nous explique qu'il faut laisser mourir de froid les migrants. Vous entendez Éric Zemmour avec toutes ses horreurs non seulement racistes mais aussi misogynes. dans ce climat-là avec un Macron qui marche à droite et une droite qui court après l'extrême droite. Franchement, notre responsabilité est immense. Donc, je suis lucide mais déterminée.
Il faut construire, convaincre et que ce cœur de gauche qui existe en fait dans les têtes en France
puisse trouver
une traduction politique.
Clémentine Autain, invité du 830 France Info ce matin.
Clémentine Autain