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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 13 juin 2019 26 min

Présidentielle 2022 : "Pour pouvoir se présenter, il faut qu'on ait des résultats", affirme Bruno Le Maire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Marc Fauvel. Le Premier ministre Edouard Philippe s'est donc adressé hier devant l'Assemblée Nationale pour son deuxième discours de politique générale. Vous l'avez trouvé changé ?

0:16
Bruno Le Maire

Je l'ai trouvé constant. J'ai trouvé qu'il fixait clairement le cap, ce qui est le plus important évidemment pour les Français. Et j'ai trouvé qu'il insistait à juste titre sur un changement de méthode. On a tous fait des erreurs au cours des mois passés. Je pense qu'il faut renouer un fil avec les Français, qu'il soit un fil de respect, de considération. Donc j'ai trouvé que c'était un discours qui ouvrait de manière positive et forte le temps 2 du quinquennat d'Emmanuel Macron. C'est un temps 2 ou c'est la suite du premier temps et on accélère simplement ? Non, c'est un temps 2 parce qu'on va faire les choses différemment, parce que nous allons accorder plus de considérations.

Je le redis aux Français, pour moi c'est au cœur de ce que doit être notre tempérament politique. Et parce que nous allons imprimer une marque écologique forte. Le Premier ministre l'a rappelé, c'est essentiel pour nous tous, c'est essentiel pour le ministre de l'Économie que je suis. Notre économie doit être la première économie décarbonée en Europe. C'est l'objectif que nous nous fixons.

1:10
Présentateur

Alors on a beaucoup de questions à vous poser Bruno Le Maire, à commencer par celle qui concerne l'impôt sur le revenu.

1:14
Invité

Renaud Delis. Parce qu'Edouard Philippe a donc détaillé hier l'annonce du gouvernement de 5 milliards de baisse d'impôt. Le Premier ministre a notamment évoqué la première tranche, les 12 millions de foyers fiscaux de cette première tranche. Nous avons choisi de concentrer l'intégralité de la baisse de l'impôt sur le revenu annoncé par le Président de la République sur les classes moyennes qui travaillent. Le taux d'imposition de la première tranche de l'impôt sur le revenu, qui regroupe 12 millions de foyers, sera abaissé de 3 points. Cela représente un gain moyen par foyer de 350 euros. Alors 350 euros en moyenne pour la première tranche.

Pour les autres tranches, quel sera le montant de cette baisse et combien de contribuables vont sortir de l'impôt ?

2:00
Bruno Le Maire

Vous avez plus de 6,5 millions de foyers fiscaux qui vont bénéficier, plus de 16,4 millions de foyers fiscaux qui vont bénéficier de cette baisse d'impôt. Donc c'est une baisse d'impôt qui est massive. C'est une baisse d'impôt qui est cohérente, parce que l'idée c'est bien de faire en sorte que le travail paye. C'est ça la philosophie qui est derrière cette baisse d'impôt. Que chaque Français soit incité à travailler, que tous ceux qui travaillent puissent vivre dignement de leur travail. Ça c'est le message que nous avons retenu évidemment du mouvement des Gilets jaunes. 350 euros en moyenne pour les foyers fiscaux qui sont dans la première tranche, qui sera abaissé de 14 à 11%.

Et 180 euros en moyenne pour les foyers fiscaux de la deuxième tranche. Pour les autres tranches, ce sera neutralisé.

2:46
Présentateur

Neutralisé, ça veut dire, pardon, pour les Français les plus aisés, ceux qui sont, tout le monde ne connaît pas forcément sa tranche d'imposition. Pour les deux tranches les plus élevées, il n'y aura pas de hausse, pas de baisse. Zéro perdant. Rien du tout.

2:55
Bruno Le Maire

Zéro perdant dans cette réforme.

2:56
Présentateur

Et donc 16,4 millions de contribuables vont voir leur impôt baisser sur 17 millions au total.

3:01
Bruno Le Maire

Oui, donc c'est une baisse qui est massive et c'est une baisse qui, une fois encore, répond à cette idée simple. Le travail en France doit payer. Toute personne qui fait l'effort de travailler doit savoir que son travail lui permet de vivre dignement. Mais pour prendre juste peut-être un ou deux exemples précis, si vous êtes un célibataire, que vous touchez 2000 euros net par mois, vous allez avoir une baisse d'impôt de plus de 500 euros dans l'année. Si vous êtes un couple avec l'un qui gagne 2400 euros et l'autre membre du couple qui gagne 2200 euros, 4600 euros net par mois, c'est près de 900 euros d'impôt en moins sur l'année. Donc ce sont des baisses qui sont très significatives.

Même chose pour un couple avec deux enfants qui gagnerait à deux, 4600 euros et qui a deux enfants, qui a déjà une baisse d'impôt qui est liée aux enfants et aux parts liées aux enfants, ils vont toucher aussi près de 900 euros d'impôt en moins dans l'année. Est-ce que des contribuables vont sortir de l'impôt sur le revenu ? Non, l'objectif n'est pas de faire sortir des contribuables de l'impôt sur le revenu. On a déjà une base fiscale qui est très étroite. Donc on ne va pas faire sortir des contribuables de l'impôt sur le revenu.

En revanche, ceux qui y rangent, je ne vais pas rentrer dans la technique de la décote, mais la rentrée sera plus douce pour qu'il n'y ait pas d'effet de seuil trop violent pour ceux qui tout d'un coup sont soumis à l'impôt sur le revenu et voient leur revenu augmenter beaucoup moins que ce qu'ils auraient cru.

4:20
Présentateur

La taxe d'habitation à présent, Bruno Le Maire, vous confirmez qu'elle sera entièrement supprimée l'an prochain pour 80% des Français ?

4:26
Bruno Le Maire

Oui, et elle sera intégralement supprimée en 2023 et ce sera inscrit dans la loi. Et je tiens à rappeler que ça va plus loin que la promesse qu'avait faite Emmanuel Macron. Emmanuel Macron avait dit qu'on supprimera la taxe d'habitation pour 80% des foyers fiscaux. Là, on la supprime pour tout le monde, mais il est légitime.

4:44
Présentateur

Pardon de vous interrompre, vous la supprimez pour tout le monde, c'est-à-dire y compris pour les 20% des Français les plus riches, mais il n'aura échappé à personne que la suppression se fait en 3 ans, 2021, 2022, 2023. La taxe d'habitation, accessoirement, on la paye en fin d'année, fin 2022 et fin 2023, on est après la prochaine présidentielle.

5:00
Bruno Le Maire

Oui, mais l'engagement... Donc ça, c'est pour le deuxième mandat. L'engagement figurera dans le projet de loi de finances. Donc si le prochain président de la République, moi, je souhaite évidemment que ce soit Emmanuel Macron, mais si jamais ça n'était pas le cas, il faudrait défaire une loi. C'est jamais très simple, vous savez, de revenir sur une baisse d'impôts qui a été accordée aux Français, qui est juste et qui permet à chacun de vivre au mieux de son travail. Mais qu'est-ce qu'on n'aurait pas dit si on s'était précipité pour faire ça très vite, avec un impact sur les finances publiques qui aurait été un impact très fort ?

Nous faisons les choses progressivement avec une idée simple que le travail paye et une attention portée à ceux qui ont les revenus les plus faibles.

5:36
Invité

Vous venez de dire que vous souhaitez évidemment qu'après 2022, le prochain président de la République soit à nouveau Emmanuel Macron. L'acte 2 de ce quinquennat, il vise aussi à préparer justement la campagne d'Emmanuel Macron pour un second mandat ?

5:46
Bruno Le Maire

Non, absolument pas. Je préfère être très clair avec vous. Mais vous souhaitez qu'il soit nouveau candidat en 2022 ? Pour pouvoir être candidat, pour pouvoir nous présenter dans des conditions qui soient favorables, il faut qu'on ait des résultats pour les Français. Et les Français nous attendent sur la baisse du chômage, ils nous attendent sur la croissance, ils nous attendent sur la transformation de notre modèle économique pour qu'il soit plus respectueux de l'environnement, ils nous attendent sur la sécurité. Ils veulent des résultats.

Et l'acte 2 du quinquennat, il est marqué par cette volonté qu'a fortement souligné le Premier ministre hier, apporter des résultats aux Français, des résultats tangibles. Vous savez, la baisse des impôts, les Français vont regarder, comme maintenant il y a le prélèvement à la source grâce à Gérald Darmanin, ils regardent leur revenu et puis ils voient en bas de la feuille, est-ce que ça augmente ou est-ce que ça baisse ? Grâce à cette baisse d'impôt sur le revenu, ils vont voir qu'à la fin du mois, leur revenu est plus important.

Même chose avec la défiscalisation des heures supplémentaires, même chose avec l'augmentation de la prime d'activité, même chose avec la suppression des cotisations, assurance maladie, assurance chômage. C'est la dernière ligne de la feuille de paye qui compte, parce que c'est celle qui permet de vivre de son travail, c'est celle qui permet de loger sa famille, de faire des sorties, de nourrir sa famille et de vivre dignement.

6:57
Présentateur

On va évoquer dans quelques instants Bruno Le Maire une réforme qui parfois inquiète les Français, c'est la réforme des retraites sur laquelle le Premier ministre s'est un peu expliqué hier, même s'il reste, nous semble-t-il en tout cas, quelques zones d'ombre. On va tenter de l'élever avec vous dans quelques instants. Pour l'heure, il est 9h moins 20 et David Doba nous résume l'actualité. La jeune passagère présente dans la voiture qui a heurté deux enfants dimanche à Lorient, interpellée hier soir dans le Morbihan. Elle a été placée en garde à vue. Le chauffeur, lui, est toujours activement recherché. L'accident, je vous le rappelle, a fait un mort et un blessé grave.

Edouard Philippe a obtenu hier soir une large confiance de l'Assemblée. Le Premier ministre a détaillé les baisses d'impôts à venir. 304 euros, c'est une moyenne pour quasiment l'intégralité des foyers fiscaux. Le détail des économies envisagées devrait être présenté maintenant dans quelques semaines. Nicole Belloubet veut établir un seuil d'irresponsabilité pénale. À 13 ans, elle annonce ce matin dans La Croix. Actuellement, un auteur d'infraction de cet âge écope d'une mesure éducative. En tout cas, si le juge le considère comme capable de discernement. Figure indissociable de la collecte des pièces jaunes, Bernadette Chirac passe la main. Elle a choisi Brigitte Macron pour lui succéder.

L'ancienne première dame sera donc restée 25 ans à la tête de l'organisation. Et pour sa part, elle quitte Lyon pour le Real Madrid. Ferland Mendy transféré pour la coquette somme de 48 millions d'euros plus un maximum de 5 millions d'euros de bonus. Le latéral gauche a signé pour 6 saisons. Toujours avec le ministre de l'économie et des finances, Bruno Le Maire, et avec Renaud Delis, une précision sur les économies et sur le financement des mesures dont on vient de parler, Renaud.

8:33
Invité

Oui, vous venez de détailler les baisses de l'impôt sur le revenu. Il y en a pour 5 milliards d'euros au total. Comment financer ces baisses d'impôts ?

8:39
Bruno Le Maire

Une bonne baisse d'impôt, c'est comme un moteur à deux temps. Vous avez la baisse des impôts d'un côté. Et puis pour que ça marche, il faut que vous ayez la baisse de la dépense publique de l'autre. Sinon, vous financez votre baisse d'impôt par l'augmentation du déficit et de la dette. Et c'est mauvais pour les finances publiques et mauvais pour la France. Donc le Premier ministre m'a demandé de faire des propositions de Gérald Darmanin sur la baisse de la dépense publique. Nous allons travailler sur les niches fiscales, sur la suppression d'un certain nombre d'organismes publics qui ne sont pas décisifs.

Et puis le troisième volet de financement, il avait été annoncé par le Président de la République, c'est une incitation à travailler plus longtemps. Voilà les trois modalités de financement de cette baisse d'impôt de 5 milliards. Donc pas de suppression de postes de fonctionnaires dans le cadre de cette baisse de la dépense publique ? Ça n'a jamais été annoncé par le Président de la République et nous sommes cohérents par rapport à ce qui a été annoncé par Emmanuel Macron il y a quelques semaines. Les niches, les organismes publics et une incitation à travailler plus longtemps. Quel organisme public par exemple ?

Nous verrons, nous sommes dans la phase où nous regardons l'intégralité des niches, l'intégralité des organismes publics. Eh bien nous allons regarder de manière très rigoureuse avec Gérald Darmanin là où nous pouvons trouver ces 5 milliards d'euros d'économies. Celui où vous êtes ce matin en fait partie Radio France ? C'est un organisme public. Je ne vais pas vous dire ce matin que tel organisme public, telle chaîne de télévision, telle chaîne de radio doit être touchée. Ce n'est pas comme ça que nous travaillons. Nous travaillons avec sérieux, avec rigueur, avec un souci de justice, en regardant là où la dépense publique est bien employée, là où au contraire elle est moins bien employée.

Prenez l'exemple des niches fiscales. Il ne va de soi que des niches fiscales qui favorisent la consommation d'énergie carbonée, d'énergie fossile, c'est incohérent par rapport à notre politique. Qui visent au respect de l'environnement. Je pense par exemple au gazole non routier, qui a aujourd'hui une taxation qui est plus faible. Il faut regarder cela.

Mais le regarder, je reviens à ce que je disais au début de l'émission, avec de la considération pour tous ceux qui sont concernés, les TPE, les PME, le monde du bâtiment, les fédérations professionnelles, que ça puisse être fait progressivement, que ça puisse être fait avec des compensations, avec un accompagnement, pour que ce soit acceptable et soutenable par les professionnels qui sont concernés.

10:49
Invité

Et à quelle échéance, quand est-ce que vous annoncerez ces baisses de dépenses publiques ?

10:53
Bruno Le Maire

Dans la première quinzaine de juillet, nous remettrons avec Gérald Darmanin, au Premier ministre, nos propositions. Bruno Le Maire, sur la question des retraites,

11:01
Présentateur

à présent d'abord, est-ce que vous pouvez confirmer que l'âge légal de départ à la retraite, celui auquel on peut solder sa pension et la toucher,

11:06
Bruno Le Maire

restera bien à 62 ans à l'avenir ? Oui, je le confirme. Et c'est ce qui fait le charme de cette majorité, c'est que nous tenons notre parole. Le Président de la République avait dit dans sa campagne, je ne toucherai pas à l'âge légal de départ à la retraite. Nous ne toucherons pas à cet âge légal. Qui d'ailleurs est une référence, mais dans le fond, quand on regarde la réalité, c'est ce qui compte pour nos compatriotes, la plupart de nos compatriotes partent plutôt à 63 ans à la retraite qu'à 62 ans. Alors, qu'est-ce que l'âge d'équilibre dont a parlé le Premier ministre hier en disant qu'il faudrait sans doute travailler plus longtemps ? Ça, c'est ce que Jean-Paul Delevoye nous proposera.

Il y aura des incitations ou des désincitations à partir plutôt à la retraite. En disant, voilà, si vous voulez toucher pleinement votre retraite, il vaut mieux rester un peu plus longtemps. Une désincitation, c'est un autre mot pour dire qu'il y aura un malus si on ne travaille pas au-delà de 62 ans. Ce n'est pas un malus, c'est un système de décote qui pourrait inciter les Français à partir plus tard à la retraite. Mais c'est à Jean-Paul Delevoye de nous faire des propositions. Le système, il est très simple. Vous voulez partir à 62 ans ? Vous pouvez. Avec une pension plus petite. Et on ne touchera pas à cet âge légal de départ à la retraite.

Mais ensuite, à Jean-Paul Delevoye de nous faire des propositions pour inciter les Français à travailler plus longtemps et à rester plus longtemps en activité. Je rappelle juste une chose simple. Ce qui explique l'appauvrissement de la France au cours des 20 dernières années. Parce qu'il y a eu, par rapport à nos grands partenaires européens, un appauvrissement. C'est le fait que nous travaillons moins que nos partenaires européens. Quand on prend l'entrée plus tardive dans la vie active, la sortie plus précoce dans la vie active, et le taux de chômage qui est très élevé, vous mettez ces trois éléments ensemble, ça fait un cocktail explosif qui s'appelle appauvrissement de la France.

Et bien nous, nous sommes là pour faire en sorte que les Français vivent mieux, avec plus de prospérité, avec un environnement qui soit mieux protégé. Ça implique que nous incitions à travailler plus longtemps.

12:54
Invité

Vivent mieux, mais avec des pensions qui peuvent être moindres s'ils partent dès l'âge de 62 ans. C'est de fait la fin de la retraite à taux plein à 62 ans.

13:01
Bruno Le Maire

Nous verrons les propositions de Jean-Paul Delvoix. Mais comme ministre de l'économie, et même comme simples citoyens, mon souhait, c'est que les Français vivent mieux. Qu'ils aient une vie qui soit plus prospère. Que leurs enfants aient davantage d'espoir. Et ça passe par le fait que tous, collectivement, nous travaillons davantage. Et toute notre politique, elle est tournée vers cet objectif de travailler davantage, avec plus de facilité, en trouvant un emploi plus facilement, et un emploi mieux rémunéré. Quand je mets en place l'intéressement en supprimant la taxe de 20% sur l'intéressement pour les PME, pour les TPE, l'objectif c'est quoi ?

C'est que le travail paye plus, et donc il y a plus de Français qui sont incités à travailler. Quand nous baissons l'impôt sur le revenu, l'objectif c'est quoi ? C'est que les Français se disent, allons travailler, nous vivrons mieux de notre emploi. Le travail est au cœur de la politique économique que nous menons.

13:48
Invité

Il y a une autre mesure qui a été annoncée hier par le Premier ministre, c'est dans le cadre de la réforme de l'assurance chômage, l'instauration d'un bonus-malus, d'une taxation des entreprises qui abusent des contrats courts. Il a évoqué 5 à 10 secteurs d'activité, lesquels ?

14:03
Bruno Le Maire

Là encore, je vais vous décevoir, mais nous sommes en train de travailler sur ces secteurs. Nous les choisirons, là aussi, d'ici quelques semaines. La restauration, par exemple, qui se sent visée ? Nous verrons quels sont les secteurs, et les secteurs qui usent et abusent des contrats courts. Je pense qu'ils savent très bien qu'ils doivent corriger cette injustice. L'objectif du bonus-malus, il est simple, remettre de la justice et de la stabilité au travail. Quand je vous dis que le travail est au cœur de notre politique économique, ça veut dire aussi un travail stable, qui permet de se projeter dans l'avenir, qui permet d'acheter son logement principal, sa résidence principale.

qui permet de faire des projets pour ses enfants. Ça suppose qu'on mette fin à l'abus de contrats courts qu'on a vu exploser dans certains secteurs au cours des dix dernières années. Le bonus-malus, ce qui permet de récompenser ceux qui offrent de la stabilité aux salariés, et de sanctionner ceux qui abusent de l'instabilité. Bruno Le Maire, pourquoi avoir fait capoter le mariage entre Renault et Fiat ? Nous n'avons pas fait capoter le mariage entre Renault et Fiat. C'est ce que dit le patron du groupe, Jean-Dominique Sennard. Je voudrais remettre les points sur les « i » là-dessus. Le premier point, c'est que l'État est actionnaire de référence de Renault. Il a 15% de Renault.

Tant que l'État sera actionnaire de référence de Renault, il jouera pleinement et entièrement.

15:23
Présentateur

Vous avez sans doute entendu les propos de M. Sennard hier, qui vous a dit « Renault, c'est plus la régie ».

15:27
Bruno Le Maire

Ne comptez pas sur moi pour regarder passer les trains comme actionnaire de référence. On estime que l'État n'a pas vocation à être chez Renault. Et dans ce cas-là, Renault est une entreprise qui se dirigera librement avec ses actionnaires. Mais tant qu'il est actionnaire de référence, sa responsabilité pour l'entreprise, pour les salariés, pour les usines, pour les centres de recherche, c'est de jouer son rôle d'actionnaire de référence avec les autres actionnaires pour définir une stratégie pour l'entreprise. Pourquoi cette alliance vous dérangeait ou vous inquiétait ?

Le deuxième point, c'est que la stratégie qui a toujours été la d'autre comme actionnaire de référence, que ce soit avec Carlos Ghosn ou avec Jean-Dominique Sennard, c'est le renforcement de l'alliance entre Renault et Nissan. Pourquoi ? Parce que c'est le cœur de la profitabilité de Renault comme de Nissan. C'est 5 milliards d'euros de synergie parce qu'il y a des plateformes communes entre les voitures, c'est des usines communes. C'est 13 milliards d'euros de capacités de recherche qui ont été dégagées grâce à cette alliance entre Renault et Nissan.

16:19
Présentateur

Vous voulez dire que quand on est marié, on ne va pas voir ailleurs ?

16:20
Bruno Le Maire

Notamment sur les véhicules électriques qui ont permis à Renault de prendre un temps d'avance grâce à ces synergies entre Renault et Nissan. On ne va pas changer de stratégie tous les 4 matins. La stratégie qui a toujours été définie, c'est le renforcement de l'alliance Renault-Nissan. Pourtant, ce n'est pas tout à fait.

16:36
Présentateur

Renaud Delis, on vous écoute après.

16:38
Invité

Ah tout à fait, on va vous écouter juste après. Ce n'est pas tout à fait ce qu'a dit Jean-Dominique Sennard hier, justement, lors de l'AG de Renault. Je vous écouterai avec plaisir. Je propose de l'écouter sur la stratégie.

16:47
Bruno Le Maire

Je termine juste sur le troisième point, puisque vous m'avez interrogé sur la fusion avec Fiat. C'est moi-même qui ai demandé à Jean-Dominique Sennard d'étudier cette possibilité. C'est ce qu'il a dit. Il a dit il y a plusieurs mois de ça. C'est bien sûr. Ça m'a toujours paru une opportunité intéressante. Ça reste une opportunité intéressante. Mais j'ai toujours été clair dans le cadre de la stratégie de renforcement de l'alliance. Ce qui suppose que le partenaire japonais soit associé. Et ce qui suppose que le partenaire japonais, au bout du compte, soit d'accord. C'est donc Nissan qui a fait capoter cette alliance.

Pour finir de remettre les points sur les i, nous n'avons jamais opposé, nous, Etat, de veto à cette opération. Nous avons simplement demandé, voyant que Nissan n'apportait pas son soutien, 5 jours supplémentaires pour examiner une opération à 30 milliards d'euros de capitalisation. 5 jours supplémentaires, ça me paraît tout à fait raisonnable. Fiat a choisi de retirer son offre, c'est son droit. Mais croyez-moi, l'Etat n'agira jamais, ni sous la pression, ni dans la précipitation, dans cette affaire. Voilà les points que je tiens à rappeler. L'alliance, comme stratégie, au cœur de Renault. L'Etat actionnaire, qui jouera pleinement son rôle.

Et un projet de fusion qui peut être intéressant, mais du moment que notre partenaire japonais est associé. Je recevrai le président de Renault dans quelques instants, et je lui rappellerai ses points.

18:05
Présentateur

On va poursuivre dans quelques instants, Bruno Le Maire, si vous le voulez bien. 8h51, l'actualité résumée sur France Info par David Daubat. Cérémonie en mémoire des trois sauveteurs de la SNSM décédés la semaine dernière au large des Sables d'Olonne. Aujourd'hui, elle sera présidée à 11h30 par Emmanuel Macron. Les victimes et les rescapés seront décorés de la Légion d'honneur. La passagère de la voiture, qui a fauché deux enfants dimanche à Lorient, arrêtée hier soir, information du parquet de Lorient ce matin. Elle se trouvait à Codence et dans le Morbihan lors de son interpellation. Le conducteur, lui, est toujours activement recherché.

L'accident, je vous le rappelle, a fait un mort et un blessé grave. C'est la première fois qu'une déclaration de politique générale est soumise à un vote dans la chambre haute tenue par l'opposition. Edor Philippe face au sénateur ce matin. Le vote n'engagera pas la responsabilité du gouvernement. Les Bleus ne sont plus qu'un tout petit match nul. Dès 8e de finale de la Coupe du Monde, les Français se sont imposés de but à 1. Hier soir, c'était face à la Norvège. Le prochain rendez-vous, donc, ce sera le 17 juin face au Nigeria. Et puis, Nancy et Sochaux, sanctionnés par le gendarme financier du foot français. Les deux équipes sont donc rétrogradées en national.

Une, elles vont faire appel de cette décision. Encore un mot sur ces fiançailles rompues entre Renault et Fiat.

19:22
Bruno Le Maire

Les discussions sont terminées. Les discussions pourront reprendre une fois que l'alliance entre Renault et Nissan aura été renforcée. Et là, l'essentiel, c'est de rétablir la confiance avec la partie japonaise. Et la responsabilité du président de Renault, qui vient d'être confirmée, sera de rétablir la confiance avec le partenaire japonais, de renforcer par tous les moyens l'alliance entre Renault et Nissan, qui, je le redis, est indispensable à la préservation des emplois, de la prospérité de Renault. Et ensuite, dans un second temps seulement, remettons les choses dans l'ordre, nous pourrons examiner si ce projet de fusion peut avoir lieu, sans pression et sans précipitation.

Et avec le patron actuel, il a toujours votre soutien ? Il sera toujours patron en quittant votre bureau tout à l'heure ? J'ai fait le choix, la semaine dernière, de lui confirmer mon soutien et de lui renouveler ma confiance, dans le cadre que je viens d'indiquer.

20:10
Invité

Renault Dely ? Après la privatisation de l'aéroport de Paris, que vous avez engagée il y a quelque temps et qui est suspendue à l'organisation d'un référendum initiatif partagé, vous avez annoncé la privatisation de la Française des Jeux, que vous souhaitez lancer cette privatisation à la fin de l'année. Est-ce qu'il y en aura d'autres, des privatisations ?

20:25
Bruno Le Maire

Il peut y en avoir d'autres. Il peut y avoir d'autres sessions d'actifs. L'essentiel, c'est que ça se fasse avec toutes les garanties nécessaires pour les citoyens, notamment sur l'addiction aux Jeux, pour la Française des Jeux. Qu'est-ce qui est clé ? C'est qu'on arrive à lutter avec plus d'efficacité contre l'addiction aux Jeux, notamment des jeunes. Et c'est la contrepartie indispensable de cette privatisation. Mais comment faire pour l'État dès lors que l'entreprise sera privée ? Parce que nous créons une autorité publique qui n'existait pas auparavant de contrôle de l'addiction aux Jeux. Parce que nous renforçons les sanctions qui, jusqu'à présent, sont prises par arrêté.

Elles seront désormais par décret des sanctions qui seront de 135 euros pour tous ceux qui distribueront des jeux de hasard à des mineurs. Aujourd'hui, ça n'existe pas. Donc vous voyez qu'on peut très bien faire jouer à l'État tout son rôle de protection de la puissance publique, de la sécurité publique, des intérêts publics, tout en engageant une privatisation. Et c'est cet équilibre-là que je tiens absolument à maintenir. Préserver les garanties pour le citoyen, mais en même temps, laisser des opérateurs privés s'occuper des jeux, parce qu'il ne me semble pas que ce soit le rôle de l'État de s'occuper des jeux de hasard.

21:27
Invité

Dans quels autres secteurs pouvez-vous envisager de céder des actifs, donc de privatiser ?

21:31
Bruno Le Maire

Nous verrons dans les années qui viennent. Certainement pas EDF, c'est pas au cœur du tout de ces projets, puisque tout ce qui est du domaine de la souveraineté nationale, de la sécurité d'approvisionnement, et EDF en fait évidemment partie, ne peut pas être dans ce champ des privatisations. Tout ce qui est un grand service public, je pense à la SNCF, nous avons toujours été clairs, il n'y a pas question de privatisation. Donc nous avons une cohérence dans la politique que nous menons, nous cédons les actifs dans des activités qui sont d'abord des activités commerciales.

Aéroports de Paris, je tiens juste à le rappeler, 75% du résultat d'aéroports de Paris, c'est des boutiques, c'est des hôtels, c'est des parkings. Avec un trafiquant haut, c'est des revenus qui vont aussi vont faire dans les années qui viennent. Donc c'est une activité commerciale qui peut très bien être gérée par un opérateur privé, du moment que l'État, et c'est le cas, continue à contrôler les frontières, à contrôler les entrées, à contrôler les biens, avec une police, avec de la douane, avec tous les moyens de la force publique.

22:27
Invité

Sur la privatisation d'aéroports de Paris, donc elle est suspendue à l'organisation d'un référendum d'initiative partagée, on sait que la collecte des 4,7 millions de signatures nécessaires à l'organisation de ce référendum, elle commence aujourd'hui. Est-ce que vous vous réjouissez de cette procédure démocratique inédite ? Ou est-ce qu'elle vous inquiète ?

22:43
Bruno Le Maire

Mais nous n'avons pas peur du peuple français. C'est le peuple français qui va s'exprimer. Nous, nous allons profiter de ces neuf mois pour expliquer le projet, pour rappeler qu'il y a des garanties fortes sur le contrôle des frontières, qu'il y a des garanties sur les tarifs, et que ça n'a absolument rien à voir avec l'opération des autoroutes, puisque l'État garde la dernière main sur les tarifs aéroportuaires. Nous allons rappeler qu'il y a des garanties sur l'emploi, nous allons rappeler qu'il y a des garanties sur l'environnement, sur les rotations aériennes, qui vont être limitées grâce aux dispositifs législatifs que nous avons mis en place.

Beaucoup ont joué avec les peurs sur cette privatisation. Certains se sont totalement égarés, notamment les républicains qui se sont accoquinés avec la France insoumise et avec les communistes pour s'opposer à une privatisation qu'ils défendaient juste deux ans auparavant. Je pense que les Français sanctionneront ces incohérences.

23:30
Invité

Pour nourrir ce débat, vous souhaitez un référendum.

23:32
Bruno Le Maire

Et moi je dénoncerai les mensonges des uns et des autres sur ce projet. Ce projet vit simplement à permettre le développement d'aéroports de Paris, pour en faire un des aéroports qui réussissent les mieux au monde, mais en donnant toutes les garanties aux citoyens, qu'il n'y aura pas d'augmentation des tarifs qui soient inconsidérés, que leurs frontières seront protégées et que les intérêts de l'État seront garantis.

23:54
Présentateur

Bruno Le Maire, encore un mot sur une question qui n'est pas de votre domaine de compétence. A Bercy, c'est celle de la PMA. Vous étiez contre lorsque vous étiez candidat à l'élection présidentielle. Est-ce que vous avez changé d'avis maintenant que vous êtes au gouvernement

24:05
Bruno Le Maire

et qu'elle s'annonce pour la fin de l'année ? Je ne change pas d'avis en fonction de mon entrée dans un gouvernement. J'ai toujours eu des interrogations sur la PMA. Ces interrogations, je les garde. Je parle de la PMA pour toutes les femmes, évidemment. Oui, mais je garde ces interrogations sur la PMA. Mais l'intérêt d'un débat démocratique, serein, apaisé, c'est justement de remettre en cause vos certitudes, de remettre en cause vos interrogations, de vous confronter à la réalité des femmes qui veulent procéder à une PMA, de les écouter, d'entendre leurs arguments et peut-être d'évoluer dans ces convictions. Donc vous êtes toujours contre ou vous êtes en train de changer d'avis ?

Mais j'ai toujours des interrogations, oui, je vous le confirme. Et on peut rester au gouvernement en étant en désaccord sur cette question ? Mais ce sont des convictions qui sont très intimes, très profondes. Je suis ministre de l'économie et des finances. Je suis évidemment dans la droite ligne de ce qu'a proposé le président de la République dans sa campagne présidentielle. Mais sur des sujets qui sont aussi sensibles, on peut avoir des interrogations et le souhait aussi de les confronter à la réalité et aux attentes de ceux qui réclament cette PMA pour tous.

25:08
Invité

Le prochain mois sera débattu en septembre. Si vous étiez député, vous savez ce que vous feriez ?

25:12
Bruno Le Maire

Je vais profiter de ce débat pour écouter tous ceux qui réclament la PMA, entendre leurs arguments et peut-être évoluer dans les convictions. Ce qui est intéressant dans la vie politique et dans le débat que nous souhaitons, c'est avoir des débats qui soient plus sereins, plus apaisés, qui donnent la parole à chacun et qui permettent tout simplement de se rencontrer. De rencontrer des personnes qui n'ont pas forcément les mêmes opinions que vous et qui peuvent vous convaincre. Merci à vous Bruno Le Maire. Merci d'avoir été ce matin. Un invité de France Info dans une minute, il sera 9h.