Jean-Michel Blanquer : "Le ministère de l'Education va distribuer des autotests aux élèves de 6e"
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N'est-ce pas paradoxal de prendre cette décision de plus fermer de classes alors que le virus circule beaucoup et de plus en plus chez les jeunes en ce moment ?
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Le nombre de classes qui sont fermées aujourd'hui, Jean-Michel Blanquer ?
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À trois semaines des vacances, ce nouveau protocole, donc des tests pour tous les élèves lorsque l'un d'entre eux est positif. À partir de quand ce protocole se met-il en place ?
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Que se passe-t-il pour les classes qui sont actuellement fermées ?
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Pour être très précis, ce sont tous les élèves de la classe qui sont testés, pas uniquement les cas contacts ?
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Qui vérifie ? Les directeurs, directrices, les enseignants ?
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« 33 400 nouveaux cas hier contre 20 300 il y a une semaine. »
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« Plus de fermeture de classes systématiques en maternelle et en primaire après un premier cas positif. »
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« Nous sommes vendredi, je vous le dis tout naturellement, c'est 8 890 aujourd'hui. »
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« Ça représente 1,7% des classes. »
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« Nous avons été déjà jusqu'à 12 000 classes fermées, je le rappelle, l'année dernière. »
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« Et donc c'est à partir de lundi, mais c'est tout au long de la semaine prochaine que ça va se déployer. »
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« Non, elles sont encore dans le système actuel, mais bien sûr, chaque cas est particulier. »
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« Je rappelle qu'avec les chiffres que je vous ai donnés, c'est autour de 180 000 familles qui sont touchées par le fait d'avoir la classe fermée. »
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« Ça signifie autour de 180 000 enfants à tester, et on fait environ 3 millions de tests par semaine en France. »
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« Donc, on va donner une boîte de 10 autotests valant pour 5 semaines aux élèves de 6e. »
- 10:22PrésentateurChiffre
« au moins 41% des élèves ne font plus de maths. »
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« Ma fille, professeure des écoles qui est à l'école, ne peut pas appeler. C'est une jeune professeure. Et depuis le début, elle paye ses tests. »
- 16:05InvitéFait
« tous les personnels ont des masques fournis dans tout le système scolaire. »
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« Nous en avons acheminé environ 1 500 000 ces dernières semaines, notamment pour les professeurs qui ont des élèves en situation de handicap et les professeurs de maternelle. »
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France Inter. Jérôme Cadet. Le 7-9. Bonjour Jean-Michel Blanquer. Bonjour. Ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, auditeur de France Inter. Vous posez vos questions à Jean-Michel Blanquer au 01 45 24 7000 ou via les réseaux sociaux. Et l'appli France Inter, Jean-Michel Blanquer, vous avez hier aux côtés du ministre de la Santé, Olivier Véran, annoncé de nouvelles mesures pour endiguer la cinquième vague de contamination au Covid-19 à laquelle fait face notre pays. 33 400 nouveaux cas hier contre 20 300 il y a une semaine. Et ces mesures concernent notamment l'école. Plus de fermeture de classes systématiques en maternelle et en primaire après un premier cas positif.
Mais un test de tous les élèves de la classe. Les négatifs seuls pourront venir et revenir en cours. N'est-ce pas paradoxal de prendre cette décision de plus fermer de classes alors que le virus circule beaucoup et de plus en plus chez les jeunes en ce moment ? Le taux d'incidence, 340 pour 100 000, c'est du jamais vu depuis le début de l'épidémie ?
Ce qui est normal, c'est de s'adapter aux circonstances. Et nous savons que le taux d'incidence maintenant est vraiment beaucoup plus fort qu'en septembre-octobre. Et donc la méthode évolue. D'autant plus que dans l'intervalle, on a fait une expérimentation qui était recommandée par le milieu scientifique.
Dans 10 départements ?
Dans 10 départements, depuis début octobre, on aura les résultats complets au tout début du mois de décembre, dans quelques jours. Mais d'ores et déjà, on voit bien que ça a bien marché dans certains endroits, moins bien dans d'autres. Là où ça ne marche pas très bien, c'est quand on a une trop faible réactivité des acteurs.
L'expérimentation, c'est de tester tous les élèves d'une classe quand il y a un cas positif. Exactement. Mais vous n'attendez pas les résultats définitifs pour prendre cette décision ?
On a des résultats déjà intermédiaires très significatifs. Et c'est ce qui nous permet aujourd'hui de garder notre objectif principal, qui est bien connu, qui est d'avoir au maximum les écoles ouvertes dans l'intérêt des enfants. C'est un objectif fondamental. Nous le poursuivons avec cette nouvelle méthode qui doit nous permettre de fermer moins de classes, tout en assurant la sécurité de tous. Tout simplement en faisant un test pour tous les élèves dès lors qu'il y a eu un cas positif dans une classe.
Avant de parler des tests et de rentrer dans le détail du protocole, le nombre de classes qui sont fermées aujourd'hui, Jean-Michel Blanquer ?
Alors nous le rappelons chaque vendredi. Nous sommes vendredi, je vous le dis tout naturellement, c'est 8 890 aujourd'hui. Donc c'est encore en augmentation. Il y a encore deux jours, c'était entre 8 000 et 8 500. Donc voilà, ça représente 1,7% des classes. C'est beaucoup. Et il est important que ça n'aille pas trop loin. Nous avons été déjà jusqu'à 12 000 classes fermées, je le rappelle, l'année dernière.
Oui, mais là l'augmentation est exponentielle et vous craignez qu'on arrive, qu'on retrouve ce niveau.
Oui, même si ce que j'ai toujours observé après chaque vacance scolaire, c'est qu'après une très forte ascension au lendemain des vacances scolaires, il y avait en général un plateau. Mais pour l'instant, on ne peut pas en être certain.
Alors à trois semaines des vacances, ce nouveau protocole, donc des tests pour tous les élèves lorsque l'un d'entre eux est positif. À partir de quand ce protocole se met-il en place ?
Donc tout au long de la semaine prochaine, c'est-à-dire qu'à partir de lundi, ça peut commencer, mais on laisse les écoles s'adapter là aussi en fonction des situations de terrain. Et donc c'est à partir de lundi, mais c'est tout au long de la semaine prochaine que ça va se déployer, avec toute une information qui est donnée au directeur d'école depuis hier et surtout aujourd'hui, de façon à ce que les protocoles soient parfaitement clairs. Par ailleurs, le site internet du ministère, comme nous le faisons tout au long de la crise sanitaire, a un système de réponse aux questions fréquentes posées par les acteurs.
Donc ce sera progressif ? L'idée, c'est que ce soit complètement opérationnel quand ? En fin de semaine prochaine ?
C'est ça, ce sera pleinement opérationnel le lundi suivant, mais c'est tout au long de la semaine prochaine que ça va rentrer en vigueur.
Que se passe-t-il pour les classes qui sont actuellement fermées ? Est-ce que les élèves se font tester et reviennent lundi ?
Non, elles sont encore dans le système actuel, mais bien sûr, chaque cas est particulier, donc une information particulière peut être donnée par l'école pour un retour si un test négatif est produit par les parents. Encore une fois, nous recherchons la souplesse avec quelques règles de base, de façon à assurer le maximum de jours de cours pour les enfants.
Pour être très précis, ce sont tous les élèves de la classe qui sont testés, pas uniquement les cas contacts ?
Oui, bien sûr. On considère que pour que ça marche, il faut que tous les enfants soient testés.
Qui vérifie ? Les directeurs, directrices, les enseignants ?
Oui, c'est l'équipe éducative, donc le directeur, la directrice et les professeurs des écoles, l'équipe qui est là est simplement sur présentation du test négatif fourni par les parents.
Les tests ne sont pas soumis au secret médical ? On peut les exiger ?
Oui, c'est le principe, et celui-là, c'est qu'on montre son test négatif, ça ne relève pas du secret médical.
Où se déroulent les tests ? Est-ce que c'est à chaque parent d'assumer ces tests ? Ou est-ce que les tests pourront avoir lieu à l'école ?
Le principe, c'est que c'est le parent qui fait le test, et c'est gratuit, je le rappelle, et le système de santé français peut parfaitement assumer ce que ça représente. Je rappelle qu'avec les chiffres que je vous ai donnés, c'est autour de 180 000 familles qui sont touchées par le fait d'avoir la classe fermée. Ça signifie autour de 180 000 enfants à tester, et on fait environ 3 millions de tests par semaine en France, et on peut même faire davantage. Donc ça ne surcharge pas le système de tests français, mais ça le répartit mieux en demandant aux parents de le faire. Encore une fois, je le répète, gratuitement. Et une fois que c'est fait, on vient avec le test négatif.
Dans certains cas, nous continuerons à faire des tests dans les écoles, de façon à assurer un test de tous, tout de suite. Ça continuera à exister, mais ce ne sera pas la règle générale.
Les tests dans les écoles, c'est compliqué. Vous aviez annoncé à la rentrée la volonté de déployer des tests salivaires. L'objectif, c'était 600 000 par semaine. On est plutôt autour de 200 000. Pourquoi ça n'a pas fonctionné ?
Alors il y a différentes raisons. 200 000, ça reste quand même un chiffre important, et c'est ce qui nous permet de continuer. Nous allons continuer à faire ces campagnes. On avait un taux d'acceptation de l'ordre de 50 % des parents. C'était la principale cause de ne pas arriver à 600 000. Et puis, parfois, quelques petits problèmes logistiques. Alors ça a monté en puissance, et ça va continuer à monter en puissance. Mais là, maintenant, je pense qu'avec la motivation qu'il y a à permettre que son enfant puisse aller à l'école, le taux d'acceptation sera beaucoup plus fort.
Ces tests, ça vaut aussi pour la maternelle, pour les écoles maternelles. On teste les enfants entre 3 et 6 ans.
Tout à fait, c'est le test salivaire qui peut être fait en pharmacie, par exemple.
Il y a beaucoup de classes de maternelle fermées en ce moment ?
Oui, c'est à peu près la même proportion que l'élémentaire.
Alors, Jean-Michel Blanquer, changement pour maternelle et primaire. Pas de changement aux collèges et lycées. Il y a pourtant la question des classes de 6e. La génération 2010, les enfants ont moins de 12 ans et ne sont pas vaccinés. Est-ce qu'il y a à Palais une difficulté ?
Alors, c'est vrai que c'est un cas particulier, puisque les moins de 12 ans ne sont pas vaccinés. Donc, c'est surtout la classe de 6e. Parfois, certains élèves qui ont un an d'avance en 5e. Je vous annonce une nouvelle mesure que nous allons prendre au travers des collèges, c'est-à-dire la distribution d'autotests aux élèves de 6e, correspondant à 2 autotests par semaine. Donc, on va donner une boîte de 10 autotests valant pour 5 semaines aux élèves de 6e. Donc, les principaux de collège feront passer le mot aux parents. Et donc, l'éducation nationale fournira ces 10 autotests qui sont à réaliser en famille, en demandant de le faire deux fois par semaine aux familles.
Donc, dès la semaine prochaine, ces élèves de 6e sont invités à faire deux tests dans le courant de la semaine prochaine ?
Deux autotests par semaine.
Les tests seront dans les collèges à partir de lundi ?
Oui, ils y seront à partir de lundi.
Alors, ça, c'est un changement important pour le collège. Il n'y a pas de changement à la cantine, Jean-Michel Blanquer. Pourtant, hier, le ministère du Travail, dans un autre domaine, a conseillé aux entreprises, pour la restauration collective, d'éloigner les salariés, de mettre entre chaque personne à table dans les entreprises. Mais ça ne bouge pas à l'école.
Il y a déjà un protocole pour les cantines d'école. Les collectivités locales qui sont en responsabilité sur ce point, évidemment, suivent ce protocole. Alors, nous demandons à tous ceux qui encadrent la cantine d'être plus vigilants que jamais pour cela. Rappelons qu'il y a des gestes de base. Je pense en particulier à l'ouverture des fenêtres, l'aération, le respect de la distance entre les élèves. On sait que c'est le moment fragile, la cantine, mais en même temps, c'est un moment fondamental. Et donc, on ne veut pas fermer les cantines.
Donc, pour l'instant, ça ne bouge pas. Ce qui pourrait bouger début 2022, vous en avez parlé hier avec Olivier Véran, c'est la vaccination pour les moins de 12 ans. L'Agence européenne du médicament a approuvé le vaccin Pfizer pour eux. Et vous avez précisé hier que si jamais cette vaccination est ouverte en 2022, elle sera facultative. À ce compte-là, quel intérêt, Jean-Michel Blanquer ?
C'est déjà le cas, par exemple, pour les 12-17 ans. Il n'y a pas d'obligation vaccinale. C'est d'ailleurs vrai aussi pour les adultes. Donc, il n'y aurait pas de raison d'être dans l'obligation vaccinale pour les 5-12 ans. Je pense que c'est important de le préciser, puisque le sujet des 5-12 ans est particulier. Les études sont sur le point d'être publiées. On a encore un recul plus faible que pour les autres générations. Donc, c'est normal de ne pas se hâter. Par ailleurs, on sait bien que pour les 5-12 ans, les symptômes sont, dans l'immense majorité des cas, pour la quasi-totalité des cas, très faibles.
Donc, cette vaccination pourra exister, mais elle a surtout un but de protection collective et puis de protection de ceux qui ont des comorbidités, qui ont des fragilités particulières. C'est d'ailleurs pour ça qu'aux Etats-Unis, c'était un sujet de société plus important, parce que vous avez plus d'obésité, plus de comorbidité que dans la société française.
Donc, il n'y aura pas de pass sanitaire demandé pour les 5-12 ans, même si la vaccination leur est ouverte ?
Il faut être très clair. D'ailleurs, depuis le début, je dis qu'il n'y a pas de pass sanitaire à l'école. C'est le lieu de la société, par excellence, où ne s'exerce pas le pass sanitaire. Il est tout à fait normal qu'il y ait le pass sanitaire dans les autres lieux de la société. Mais l'école est le lieu, je dirais, sanctuaire, par excellence, où un enfant ne doit pas avoir école pour une raison de ce type.
Jean-Michel Blanquer, l'une des réformes que vous avez portées comme ministre de l'Éducation nationale, c'est celle du lycée. Les élèves peuvent choisir leurs enseignements de spécialité à partir de la première. Et donc, ils délaissent certaines matières, la technologie, les sciences économiques et sociales. Et surtout, les maths, votre ministère l'a confirmé cette semaine. Aujourd'hui, en dernière année de lycée, au moins 41% des élèves ne font plus de maths. Et ceux qui poursuivent sont des élèves issus de milieux favorisés, surtout des garçons. Est-ce qu'il faut remettre des maths obligatoires jusqu'en terminale ?
Alors d'abord, il y a un petit peu de mathématiques quand même dans le tronc commun au travers de ce qu'on appelle l'enseignement scientifique, que tous les élèves ont pendant deux heures. Ce qu'il y a aujourd'hui, c'est qu'il y a mieux de maths et pas moins de maths. Il y a moins d'élèves qui suivent des cours de maths. Oui, il y a moins d'heures de maths données à la masse des élèves, si on peut le dire de cette façon-là.
Et moins d'élèves qui font des maths.
Et donc, les élèves font des maths de manière beaucoup mieux calibrée que précédemment. Parce que vous pouvez avoir trois heures de maths si vous faites maths complémentaires en terminale, six heures si vous faites l'enseignement de spécialité, et neuf heures si vous ajoutez à l'enseignement de spécialité ce qu'on appelle les maths experts. Ce système 3-6-9 est beaucoup plus adapté qu'auparavant. Auparavant, vous aviez un conformisme qui faisait que vous faisiez S, même si vous n'aviez pas le désir de faire des études scientifiques ensuite. Et vous suiviez des enseignements qui, finalement, vous étaient moins utiles que d'autres si vous n'aviez pas été dans ce conformisme-là.
Donc aujourd'hui, on a peut-être un peu moins de maths quand vous considérez la masse. Mais c'est vrai pour cet enseignement, comme pour les autres, c'est beaucoup plus ciblé. Donc ce sont des enseignements qui sont plus suivis. Vous savez, j'ai des observations, par exemple, de professeurs de première année d'enseignement.
Est-ce que ça ne va pas encore aggraver le niveau des élèves français en maths ? C'est tout le contraire.
C'est tout le contraire. Je commence à avoir les observations des professeurs qui sont en première année d'enseignement supérieur, qui commencent à observer une légère hausse du niveau de maths, précisément parce que la cohorte de l'année dernière, qui était la première de la réforme, a été une cohorte qui a plus fait de maths. Donc aujourd'hui, si vous rentrez, par exemple, dans une prépa scientifique, vous êtes, si vous l'avez fait l'année dernière, plus préparé qu'auparavant avec S, tout simplement parce que vous avez fait une heure de maths de plus par semaine. Si vous faites une prépa scientifique ? Oui, mais c'est quand même les maths très approfondies.
Donc ça prépare une petite partie des élèves ? Oui, et en même temps, vous devez avoir une culture mathématique très forte. C'est pourquoi on renforce les maths, notamment à l'école élémentaire, à l'école primaire actuellement. Ce qui est souhaitable, c'est d'avoir une population française bonne en maths, et ça nous renvoie à tout ce qui se passe de la maternelle à la classe de troisième, puis les suivants qui continuent à avoir une bonne culture générale de maths au travers du bloc commun et de ce qu'ils ont conservé comme acquis, et puis les autres qui, de façon proportionnée, trois heures, six heures, neuf heures, eh bien approfondissent les maths.
Ça reste encore l'enseignement, évidemment, le plus pris de tous et de loin.
Je voulais qu'on dise un mot quand même de cette conséquence de votre réforme, Jean-Michel Blanquer, avant d'accueillir les auditeurs d'Inter qui ont beaucoup, beaucoup de questions pour vous ce matin, et notamment sur ce protocole sanitaire, et c'est le cas de Pierre. Bonjour Pierre. Oui, bonjour. Vous êtes professeur des écoles, vous nous appelez d'Ille-et-Vilaine. On vous écoute.
Tout à fait, je suis directeur d'école.
Directeur.
Et je suis très, très inquiet du nouveau protocole, parce que, contrairement à ce que dit le ministre, et j'ai l'impression qu'il manque quelque part, avant, il y avait des tests pour revenir à l'école au bout des sept jours d'éviction. Et aujourd'hui, on allège le protocole, puisqu'il n'y a plus que les tests, sachant qu'il y a des parents qui sont loin des tests, qui ont du mal à les faire. Moi, j'ai fermé une classe. Eh bien, au moins, le sas des sept jours permettait d'être sûr que les enfants qui reviennent ne soient pas contaminants. Donc, allez, au moment où l'épidémie repart, on est en train d'alléger le protocole.
Alors, le ministre, au lieu de dire n'importe quoi sur le wokisme, il ferait mieux d'assurer la sécurité de ses enseignants, la sécurité sanitaire, en remettant cette éviction de sept jours, qui permettait d'être sûr que les enfants ne soient pas contaminants quand ils revenaient.
Merci, Pierre.
Jean-Michel Blanquer vous répond. Bon, on voit à votre dernière phrase que vous avez plusieurs sujets dans la tête, apparemment. Mais en tout cas, s'agissant de votre première phrase, je rappelle qu'aucun élève ne reviendra s'il n'a pas un test négatif. Donc, la sécurité est accentuée de ce fait-là, puisqu'on s'assure qu'un enfant ne revient pas s'il n'a pas un test négatif. Donc, je ne vois pas en quoi cela pose un problème. Le seul problème éventuel, et vous l'avez mentionné, c'est s'il y a une difficulté à faire les tests.
C'est pour ça qu'on continuera à proposer des tests dans les écoles, dans les endroits où ça se justifie, par exemple, dans un milieu très isolé ou dans un milieu très défavorisé.
Beaucoup de questions concrètes pour vous, notamment sur l'appli France Inter. Colin, il fait 3 degrés dehors. Comment faire 2 heures de cours avec des fenêtres ouvertes et 35 élèves dans une classe ? Doudoune et gants pour écrire, ce ne sont pas de bonnes conditions.
Alors, la fenêtre ouverte, c'est vrai que c'est un inconvénient. Ceci étant, même avant l'épidémie, il était souhaitable d'aérer. C'est d'ailleurs une habitude qu'il faudra conserver après l'épidémie, parce que c'est aussi d'autres maladies que l'on attrape pour faute d'aérer suffisamment les salles. Donc oui, c'est un inconvénient quand il fait froid d'avoir à aérer, c'est incontestable. Mais il ne s'agit pas d'ouvrir la fenêtre non plus pendant toute l'heure de cours. Il s'agit de l'ouvrir environ 5 minutes chaque heure.
Julia, les parents d'élèves pourront-ils toujours présenter une déclaration sur l'honneur que l'enfant a réalisé un test et qu'il est négatif ? Ou bien il faudra présenter le test ? Non, c'est vraiment le test qu'il faut présenter. Question sur les enseignants de Marion. Est-ce qu'il en sera de même un test avant retour à l'école pour les enseignants vaccinés ou non vaccinés ? Est-ce que les enseignants devront présenter un test ?
Alors, lorsque l'on est vacciné, la question doit se préciser aujourd'hui. On le mettra d'ailleurs sur le site internet. Mais sinon, oui, il faut présenter un test.
Nathalie nous appelle de Lyon. Bonjour Nathalie.
Oui, bonjour. Question rapide. Ma fille, professeure des écoles qui est à l'école, ne peut pas appeler. C'est une jeune professeure. Et depuis le début, elle paye ses tests. Enfin, ses tests, excusez-moi. Ses masques jetables parce que rien n'est mis à disposition dans les écoles. Voilà.
Jean-Michel Blanquer vous répond. Merci Nathalie.
Écoutez, c'est vraiment une exception puisque normalement, tous les personnels ont des masques fournis dans tout le système scolaire. Donc, vous avez plus de 60 000 implantations scolaires. Nous acheminons régulièrement les masques pour les personnels. C'est notre obligation. Donc, vraiment, il faut signaler à l'inspection d'académie ce cas. Mais normalement, tout professeur et tout personnel d'ailleurs se voit fournir les masques. Nous les acheminons. D'ailleurs, la dernière fois où j'étais venu à votre émission, on me posait la question des masques transparents.
Nous en avons acheminé environ 1 500 000 ces dernières semaines, notamment pour les professeurs qui ont des élèves en situation de handicap et les professeurs de maternelle.
Marc, toujours sur l'appli France Inter. Dans de nombreux pays, des purificateurs d'air ont été installés dans les écoles et collèges par les États. Pourquoi cela n'est-il pas le cas en France ?
Alors, j'invite vraiment chacun à regarder sur le site du ministère de la Santé ce qui est dit sur les purificateurs d'air. C'est vraiment un sujet très complexe. Je me suis exprimé à plusieurs reprises. Le purificateur d'air peut se justifier dans certains cas, finalement assez rares. D'abord, les cas où il n'y a pas de fenêtre. Et les cas où c'est le purificateur d'air adapté, ils ne se valent pas tous. Et en plus, avec un usage bien particulier, parce que parfois, ça peut être contre-productif. Donc, le purificateur d'air n'est pas le remède miracle. Il peut être justifié dans certains cas. Et nous en parlons beaucoup avec les collectivités locales qui l'ont installé dans certains cas.
Mais ne le voyons pas comme le remède universel. C'est beaucoup mieux d'ouvrir les fenêtres. Donc, j'ai beaucoup dit ça pendant toute la crise. Je sais qu'à chaque fois, on me pose la question. Si c'était le remède, évidemment, nous l'aurions. Et d'ailleurs, regardez la situation sanitaire d'un pays comme l'Allemagne. Elle est loin d'être meilleure que la nôtre. Elle est bien plus difficile. Et on donnait souvent l'exemple de l'Allemagne dans les temps précédents. On voit aujourd'hui que ce n'est évidemment pas ça, le remède miracle. Par contre, le développement des capteurs de CO2, c'est bien. Nous l'avons poussé les collectivités locales à le faire.
Nous les remboursons selon des modalités qu'elles connaissent maintenant. Et donc, on les voit maintenant se déployer plus fortement dans nos écoles. Et c'est une bonne chose.
Question d'Iris que nous accueillons sur France Inter. Bonjour Iris. Oui, bonjour. Bonjour Jean-Michel Bancaire. Bonjour. Je voulais déjà vous remercier d'avoir eu le courage de venir ce matin en sachant à l'avance que les journalistes allaient forcément vous mettre en difficulté comme à chaque fois. Comme vous y allez Iris. Excusez-moi, mais j'étais obligée de la placer. Et je suis enseignante donc, et je me demandais comment vous expliquiez, en tant que ministre de l'Éducation nationale, les difficultés croissantes à recruter des enseignants, puisque vous vous êtes présenté comme le ministre du bien-être des professeurs, et ce n'était apparemment pas du second degré.
Vous avez critiqué avec beaucoup d'urgence et très rapidement la couverture du Figaro Magazine qui accusait les enseignants d'ordoprimer les enfants, heureusement que vous étiez là d'ailleurs, et puis vous avez rendu plusieurs centaines de millions d'euros du budget de l'éducation nationale à Berti sous prétexte de lignes budgétaires approximatives. Donc vraiment, vraiment, je ne comprends vraiment pas qui dans ces conditions n'aurait pas envie d'être enseignant. Bon, la question sur les jeunes qui seraient de moins en moins destinés à l'enseignement, Jean-Michel Bancaire.
Alors, grand problème structurel, qui d'ailleurs touche la plupart des pays du monde et auquel nous nous attelons au travers du Grenelle de l'éducation. Et des profs qui quittent aussi la profession. Qui quittent la profession. Alors c'est un phénomène, encore une fois, qu'on connaît et qui est en légère augmentation. Là, je vois des commentaires qui parfois vont loin sur cette question. Ça reste évidemment une infime minorité qui l'acquitte. C'est d'ailleurs naturel qu'il y ait une partie des gens qui quittent la profession. On fait même des, maintenant vous savez, des conventions pour cela. Mais l'objectif, c'est surtout que le métier soit attractif.
Il doit l'être d'abord par l'amélioration des salaires. C'est ce qu'on a commencé à amorcer et que j'espère pourra continuer tout au long des cinq prochaines années. Je l'ai beaucoup dit. Et on a commencé à le faire pour les plus jeunes. Et puis, au travers de certaines primes, par exemple pour les directeurs d'école ou en REP+. Aujourd'hui, les primes sont conséquentes. Et puis, il y a évidemment tout ce qui entoure la prime.
Et par exemple, un élément que je serai amené à préciser au cours des prochains jours, c'est l'un des douze engagements du Grenelle, c'est-à-dire ce qu'on appelle pré-haut, c'est-à-dire l'équivalent d'un comité associatif, c'est-à-dire des avantages pour les enseignants et les personnels de l'éducation nationale dans leur vie quotidienne liée à la fonction de professeur. Bref, nous devons avoir à la fois un prestige, une bonne rémunération et un bien-être au professionnel qui s'accentue. On part d'une situation qui n'est pas très bonne, nous le savons tous.
Mais moi, je suis optimiste et volontariste sur cette question parce que je pense qu'on a les conditions pour créer cela à partir de maintenant et au cours des prochaines années.
Dernière question pour vous, Jean-Michel Blanquer. Un tout autre sujet après la diffusion hier soir sur France 2 de cette enquête que vous avez peut-être regardée dans le magazine Envoyé Spécial. Nicolas Hulot, ancien ministre de l'Environnement, qui a été membre du gouvernement sous Emmanuel Macron, est l'objet de nouvelles accusations de viol et d'agression sexuelle. Accusation formulée hier soir donc dans cette enquête, notamment par deux femmes qui témoignent à visage découvert. Nicolas Hulot, ni les faits. Comment est-ce que vous avez réagi à ces témoignages, Jean-Michel Blanquer ?
Je crois comme tout le monde. D'abord, j'ai beaucoup de tristesse devant cela. Je n'ai pas vu l'émission parce que j'ai travaillé le retard. Simplement, évidemment que ces témoignages plongent dans la tristesse. Quand on les écoute, on a d'abord de la compassion. On pense aussi à toutes les femmes qui peuvent être dans cette situation. C'est une situation qui, par ailleurs, est impossible puisqu'on a à la fois prescription sur le plan juridique, il y a la présomption d'innocence qu'il faut évidemment respecter. Donc, on ne peut pas ériger non plus un tribunal médiatique et en même temps, on ne peut pas faire silence.
Donc, c'est évidemment une solidarité vis-à-vis de ces femmes que l'on éprouve d'abord et avant tout, bien sûr.
En 2018, lorsqu'une première affaire avait été révélée par le journal L'Hebdo, le gouvernement avait vigoureusement défendu Nicolas Hulot. C'était imprudent à l'époque ?
Écoutez, je crois que, très honnêtement, j'ai un souvenir. Pour ma part, je n'étais pas tellement près de tout cela. Mais surtout, il me semble qu'à l'époque, c'était quand même assez différent puisque la personne concernée ne voulait pas que cela soit rendu public. Et je crois que c'était au cœur des réactions qui ont eu lieu à ce moment-là. Et puis, c'est vrai que la présomption d'innocence, ce n'est pas quelque chose de négligeable. Là, simplement, il y a une succession de témoignages. Ça semble assez accablant. Nicolas Hulot, lui-même, en se retirant de l'avis publique, nous dit quelque chose, je pense, quand même. Et donc, on tacte.
Merci à vous, Jean-Michel Blancard, d'avoir répondu à nos questions ce matin sur France Inter, ministre de l'Éducation nationale, de la jeunesse et des sports.