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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 12 novembre 2019 25 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsImmigration & asileSolidarités & famille

Laïcité, reconnaissance faciale dans les lycées, affaire Polanski... le "8h30 franceinfo" de Christian Estrosi

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on a bien fait d'appliquer le principe de précaution ?

  • 2:25OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous retenez de cette manifestation contre l'islamophobie ?

  • 3:49RelanceRéponse directe

    Comment vous recevez cette explication sur l'autocollant en étoile jaune ?

  • 5:23OuverteRéponse directe

    Dans quel sens faut-il aller au-delà de la loi de 1905 sur la laïcité ?

  • 6:03RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce qu'on appelle pour vous une liste communautariste ?

  • 7:27OuverteRéponse directe

    Vous avez en tête des listes ou partis politiques qui préconisent ces programmes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20Invité politiqueFait
    « Oui, il y a un site Cveso et bien sûr qu'on a bien fait d'appliquer le risque de précaution, mais le principe de précaution, celui-ci est permanent. »
  • 0:29Invité politiqueFait
    « Nous-mêmes, nous avons renouvelé notre plan de prévention des risques naturels dans leur ensemble, tempéries, vagues submersibles et bien sûr séismes en octobre 2018 »
  • 2:34Invité politiqueFait
    « Moi, je trouve qu'on est en train de voir une société qui s'hystérise totalement. »
  • 2:40Invité politiqueFait
    « Cette manifestation contre l'islamophobie a des côtés tout à fait insupportables, je le dis. »
  • 3:12Invité politiqueFait
    « Ce sont les frères musulmans qui sont au cœur de tout cela. »
  • 3:34Invité politiquePromesse
    « Il est temps de prendre aujourd'hui des mesures en matière de laïcité. »
  • 5:31Invité politiqueFait
    « Nous voyons bien toutes ces dérives. L'influence des frères musulmans. »
  • 5:50Invité politiqueFait
    « Les listes communautaristes dont on nous annonce qu'elles pourraient être déposées en préfecture. »
  • 5:56Invité politiquePromesse
    « qui a déposé une proposition de loi au Sénat, pour dire qu'il faut prendre des précautions préventives pour que ces listes ne puissent pas être reçues en préfecture. »
  • 6:43Invité politiqueFait
    « La pression de certains de vouloir nous imposer des règles locales, en tant que maire, je le dis très clairement, est-ce qu'on peut admettre qu'il y ait des programmes où on dit, vous verrez, si nous sommes élus aux élections municipales, nous imposerons des horaires pour les femmes, d'un côté, pour les hommes de l'autre, à la piscine. »
  • 10:01Invité politiquePromesse
    « Ça rejoint ce que je disais tout à l'heure, le renfort de la laïcité dans notre pays qui exige quelque part que tout signe ostentatoire religieux de la part de quelques religions que ce soit, dans un certain nombre d'espaces publics, soit totalement prohibé. »
  • 12:52Invité politiqueFait
    « toujours aux mêmes personnes, et qui se font payer leur amende par une association islamique. »
  • 13:15Invité politiquePromesse
    « moi, je demande à ce que ça ne soit plus dans le domaine contraventionnel, mais que ça rentre dans le domaine du délit. »
  • 14:12Invité politiqueFait
    « Mais nous avons toujours été favorables, en tout cas mon courant de pensée politique, aux quotas en faveur d'une immigration économique »
  • 15:51Invité politiquePromesse
    « Ou la supprimer, ou en tout cas relégiférer ou reprendre des mesures réglementaires, de sorte que seules les grandes causes humanitaires soient prises en compte »

Temps de parole

  • Christian Estrosi72 %
  • Présentateur12 %
  • Présentateur 28 %
  • Invité6 %
  • Invité 22 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Présentateur

Bonjour Christian Estrosi, EDF a mis plusieurs de ces centrales nucléaires sous surveillance depuis le tremblement de terre qui s'est produit hier en Ardèche. Il n'y a pas de centrale nucléaire chez vous à Nice, mais il y a des sites Cveso, des barrages également. Est-ce qu'on a bien fait d'appliquer le principe de précaution ?

0:20
Christian Estrosi

Oui, il y a un site Cveso et bien sûr qu'on a bien fait d'appliquer le risque de précaution, mais le principe de précaution, celui-ci est permanent. Nous-mêmes, nous avons renouvelé notre plan de prévention des risques naturels dans leur ensemble, tempéries, vagues submersibles et bien sûr séismes en octobre 2018, où il y a des dispositions qui nous conduisent régulièrement à faire des exercices face aux risques de séismes en relation avec l'État, avec les services du SAMU, des pompiers, des hôpitaux, des services techniques de la ville, de la métropole. Et tout cela dans les écoles, dans les hôpitaux et dans tous les lieux stratégiques, bien évidemment.

1:04
Invité

On sait que Nice se situe dans une zone sismique modérée, moyenne, mais ça signifie que vous, en tant que maire de la ville de Nice, vous disposez de toutes les informations et de toutes les procédures à mettre en œuvre si jamais la ville était touchée par un séisme.

1:18
Christian Estrosi

Ah oui, absolument. Nous avons souvent des réunions avec tous les services et des exercices pour pouvoir montrer qu'en appuyant sur un seul bouton, les alertes se déclenchent de partout et que nous sommes capables, en moins de 15 minutes, de réunir dans une seule et même salle de contrôle et de suivi l'ensemble des services opérationnels pour pouvoir prendre la main.

1:44
Présentateur

Ce sont des alertes qui se déclenchent comment ? Par sirène, comme on avait pu le voir après l'incendie de Rouen, ou par texto, comme l'ont réclamé depuis de nombreux habitaux et riverains de cette usine ?

1:54
Christian Estrosi

Évidemment, traditionnellement, dans toutes les grandes villes de France, en tout cas, il y a des sirènes. Mais il y a surtout aujourd'hui tous les systèmes numériques, tous les systèmes d'alertes. Nous n'avons pas un seul lieu public qui ne soit équipé. C'est-à-dire que vous avez des centaines de lieux qui sont capables de déclencher les alertes aujourd'hui, sans compter, bien évidemment, tout ce que nous avons à la fois par les SMS, par les réseaux sociaux, par l'information qui, en quelques secondes, serait déclenchée.

2:25
Présentateur

Christian Estrosi, plus de 13 000 personnes ont manifesté le week-end dernier à Paris contre l'islamophobie. Qu'est-ce que vous retenez de cette manifestation ? Il y a une inquiétude aujourd'hui au sein de la communauté ?

2:34
Christian Estrosi

Moi, je trouve qu'on est en train de voir une société qui s'hystérise totalement. Cette manifestation contre l'islamophobie a des côtés tout à fait insupportables, je le dis. Est-ce qu'on va avoir une manifestation contre la christianophobie, contre l'antisémitisme ? Ça n'a pas de sens. La République est une indivisible et en même temps, nous voyons bien que cette manifestation ne fait rien sortir de bon et de positif. Au contraire, c'est une manifestation qui est une provocation, c'est une instrumentalisation d'une religion à des fins politiques. Ce sont les frères musulmans qui sont au cœur de tout cela.

Et lorsque je vois la manière dont on utilise des enfants pour porter ce qui est horrible, épouvantable, une étoile jaune et comparer la France d'aujourd'hui à la Shoah exercée par les nazis, comment peut-on accepter ça dans notre pays ? Il est temps de prendre aujourd'hui des mesures en matière de laïcité. Il y a eu la loi de 1901, 1905. Je pense qu'il est urgent que nous reprenions des dispositions qui aillent bien au-delà avec cette évolution et cette dérive qui est extrêmement grave pour notre pays.

3:49
Invité

Cet épisode auquel vous faites allusion, Christian Estrosi, cette fillette photographiée avec un autocollant et une photographie que la sénatrice écologiste Esther Benbassa a diffusée sur Twitter. La sénatrice écologiste Esther Benbassa était l'invité de France Info hier soir et elle s'en est expliquée. Je déplore que cette photo ait été interprétée de cette façon-là, d'accord ? Moi, je ne l'ai pas vue, cet autocollant. Moi, j'interprète cet autocollant comme un hommage aux Juifs, aux Juifs qui ont souffert, un cri d'alarme. Attention, ce qui est arrivé aux Juifs, ça peut nous arriver aussi. Comment vous recevez cette explication ?

4:33
Christian Estrosi

Inacceptable. Inacceptable. Pourquoi ? Inacceptable. Comparer la tragédie de toute l'humanité, presque sur 2000 ans d'histoire, de ce qui s'est passé à la moitié du siècle dernier, à la France d'aujourd'hui, est-ce que la France, la grande démocratie à laquelle nous appartenons, qui est une et indivisible, où l'article 1 de la Constitution de 1958 dit clairement les choses sur l'égalité de tous, au-dessus des religions et au-dessus de tout. on peut comparer ça à la loi de la République. On peut comparer ça à la loi de 1905. Je ne comprends pas comment une élue de la République, un parlementaire, puisse s'exprimer de la sorte.

5:23
Présentateur

Vous avez dit il y a quelques instants, Christian Estrosi, qu'il fallait aller au-delà aujourd'hui de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'État. Dans quel sens ?

5:31
Christian Estrosi

Nous voyons bien toutes ces dérives. L'influence des frères musulmans. Aujourd'hui, vous avez des quartiers entiers, des cités entières, qui ne sont plus des territoires contrôlés par la République. Les listes communautaristes dont on nous annonce qu'elles pourraient être déposées en préfecture. Moi, je rejoins les positions de Bruno Retailleau, qui a déposé une proposition de loi au Sénat, pour dire qu'il faut prendre des précautions préventives pour que ces listes ne puissent pas être reçues en préfecture.

6:03
Présentateur

Qu'est-ce qu'on appelle pour vous une liste communautariste ? Une liste qui défend une religion ? C'est bien ce que ça signifie. Par exemple, un parti chrétien en France, comme celui qu'a longtemps dirigé Mme Boutin, serait interdit d'élection.

6:18
Christian Estrosi

Je vous rappelle que ce parti-là avait des gens de toutes religions et de toutes origines. On n'est pas du tout dans ce cas d'espèce. Et puis, je n'ai pas le sentiment que dans notre pays, il y ait une religion ou qu'il y ait eu un militantisme au nom d'une religion pour prendre sous contrôle un certain nombre de quartiers, de cités, comme c'est le cas aujourd'hui.

La pression de certains de vouloir nous imposer des règles locales, en tant que maire, je le dis très clairement, est-ce qu'on peut admettre qu'il y ait des programmes où on dit, vous verrez, si nous sommes élus aux élections municipales, nous imposerons des horaires pour les femmes, d'un côté, pour les hommes de l'autre, à la piscine. Nous exigerons que chacun puisse choisir le sexe de son médecin. Nous exigerons qu'il puisse y avoir des menus qui soient clairement définis pour les uns et pour les autres à la cantine scolaire. Eh bien non, je dis que la République française, ça n'est pas cela.

7:19
Invité

Vous avez en tête des listes, Christian Estrosi, aujourd'hui, ou des partis politiques, des associations qui préconisent pour les municipales, précisément, les programmes que vous venez de développer ?

7:27
Christian Estrosi

Je pense que vous êtes les premiers observateurs de l'actualité pour voir qu'il y a aujourd'hui des propositions de déposer des listes communautaristes qui se revendiqueraient de la religion musulmane, de l'islam. Se revendiquer de l'islam, ça suffit à définir le communautarisme ? Ce qui me rassure le plus dans ces manifestations, c'est que malgré tout, c'est un échec. C'est un échec pour ces instigateurs. L'immense majorité des musulmans de France, qui sont des démocrates et qui se retrouvent dans les valeurs de la République, n'ont pas suivi et ne se sont pas joints à l'ensemble de ces manifestations.

Donc, à cet égard, parce que, justement, aujourd'hui, je dis que le rôle et la force d'un homme public et d'un homme politique doit être de rassembler, doit être de pacifier, doit être d'appeler au dialogue et de ne pas accepter qu'il puisse y avoir dans notre pays ce type de provocation, eh bien, je me réjouis de voir que l'immense majorité des musulmans de France n'ont pas suivi.

8:28
Présentateur

Christian Estraudy, vous restez avec nous. On va parler dans un instant, si vous le voulez bien, des quotas d'immigrants économiques que le gouvernement souhaite mettre en place, de la reconnaissance faciale dans les lycées de votre ville, puisque la CNIL vous a dit non il y a quelques jours. Et puis, vous nous direz aussi, si vous êtes candidat à votre propre succession, je tente le coup, à 8h41 à Nice, donc, à 4 mois des élections. Léo Techer, tout d'abord, pour le rappel de l'actualité, à 8h41. Trois centrales nucléaires sous surveillance après le séissement en Ardèche. Celle de Crua, c'est carrément à l'arrêt.

Aucun dégâts constatés, mais des vérifications approfondies doivent être effectuées. Intervention des gendarmes en cours. Sur l'autoroute A9, les indépendantistes catalans délogés. Ils bloquent la frontière franco-espagnole au niveau du col du Pertus. Un homme de 58 ans, en garde à vue après le meurtre de sa femme en Alsace, 131ème féminicide de l'année. Personne n'a voulu nous écouter, déplore la fille de la victime. Patrick Balkany restera en prison, quelle que soit la décision de la justice demain. Il n'a pas les 500 000 euros demandés pour payer sa caution. Jimmy Carter à l'hôpital, l'ancien président américain, est âgé de 95 ans. Il souffre de la tête après plusieurs chutes.

Et puis Kikim Ladénovitch, Garolin Garcia et Pauline Parmentier, reçues ce soir à l'Elysée, l'équipe de France de retour d'Australie, après son titre en Fête Cup. France Info, et tout est plus clair. Un mot Christian Estrosi, avant d'évoquer les thématiques liées à l'immigration sur le port du voile, est-ce que vous souhaitez que la loi soit modifiée ?

9:56
Christian Estrosi

Ça rejoint ce que je disais tout à l'heure, le renfort de la laïcité dans notre pays qui exige quelque part que tout signe ostentatoire religieux de la part de quelques religions que ce soit, dans un certain nombre d'espaces publics, soit totalement prohibé. Un certain nombre d'espaces publics, c'est-à-dire ? La rue en fait partie ? Écoutez, il y a eu des choses très claires de dites, notamment par Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale, à l'intérieur de l'école. Qui a dit... Oui, pour penser aux sorties scolaires, c'est ça ? Je pense aux sorties scolaires, mais je pense aussi à la fonction publique.

Ceux qui exercent dans les collectivités territoriales ou dans les services de l'État une mission de service public, ne doivent pas afficher quelques signes ostentatoires que ce soit. Ce n'est pas déjà le cas dans les services publics ? Eh bien, écoutez, en tout cas, je... C'est la loi de 2004. La loi de 2004 qui interdit le port des signes ostentatoires. J'appelle à la plus grande vigilance, c'est à l'université, c'est dans un certain nombre de rendez-vous publics importants au plan culturel, au plan sportif. Je pense qu'il faut préciser aujourd'hui les choses, encore une fois. Mais pour être clair, ce n'est pas dans la rue.

11:09
Invité

Vous ne voulez pas légiférer pour interdire le port des signes ostentatoires dans la rue ?

11:12
Christian Estrosi

Écoutez, vous vous rendez compte, le débat que nous avons ce matin, qui est un débat majeur et important, et je vous remercie de poser les questions que vous posez, mais ça démontre qu'on est en train de mettre au cœur de tous les débats dans notre pays comment une religion pourrait imposer, par des acteurs politiques qui, aujourd'hui, essaient d'en devenir les leaders, une philosophie, un savoir-vivre dans notre pays, un mode de reconnaissance. Enfin, la France est une grande démocratie ouverte à tous. Excusez-moi, Christian, je n'ai pas compris votre réponse.

Et qui exige aussi, à un moment, que ce débat n'ait même plus de raison d'être, parce que nous aurons appris à tous les enfants à grandir dans la même école de la République, sur la même ligne de départ, et dans le même respect des lois de la République,

12:01
Invité

sans afficher de différence par rapport à un autre. Christian Estrosi, je n'ai pas bien compris. Est-ce que ça passe par l'adoption d'une loi visant à interdire le port du voile islamique dans la rue ? Vous intitulez bien le voile islamique.

12:14
Christian Estrosi

Je vous pose la question. Vous parlez de voile islamique. Non, mais parce que les mots ont un sens. Le voile islamique, c'est bien un signe religieux, vous êtes d'accord ? Sans ça, vous ne l'appelleriez pas voile islamique. À partir du moment où vous dites voile islamique, c'est bien un signe religieux, ostentatoire, qui s'affiche quelque part. Maintenant que quelqu'un porte un voile discrètement, légèrement, c'est une chose. Mais nous-mêmes, nous assistons, et vous savez, par exemple, le voile islamique qui voile tout ou partie du visage, nous avons des abonnés au carnet à souche.

Vous savez, le timbre amende, puisque ça ne vaut que ça, 135 euros que les policiers municipaux mettent systématiquement, toujours aux mêmes personnes, et qui se font payer leur amende par une association islamique. D'accord ? C'est ça, la réalité des choses.

13:07
Invité

Là, vous parlez de la loi de 2010 qui interdit de se couvrir intégralement le visage dans les marques publics.

13:12
Christian Estrosi

Oui, voilà pourquoi, moi, je demande à ce que ça ne soit plus dans le domaine contraventionnel, mais que ça rentre dans le domaine du délit. Parce qu'à partir du moment où ça rentrera dans le domaine du délit, il y aura des poursuites judiciaires. Là, aujourd'hui, ça n'est d'aucune efficacité. En tout cas, voilà pourquoi il est temps que notre démocratie, notre pays, clarifie sa position sur ces sujets.

13:33
Présentateur

L'immigration, Christian Estrosi, avec l'idée du gouvernement relancée la semaine dernière de mettre en place des quotas de migrants économiques. Voici les explications du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, sur ces quotas.

13:43
Invité

Nous avons un objectif simple, permettre, favoriser une immigration économique là où nous avons besoin de main-d'oeuvre, là où nous avons besoin de cerveau, là où nous avons besoin de savoir-faire. Il ne s'agit pas pour nous d'en faire une arme anti-immigré, une arme anti-étranger. Il s'agit d'avoir une politique, là aussi, maîtrisée sur la migration économique. Elle ne l'était pas parce qu'elle ne correspondait pas à des réalités, des besoins.

14:04
Présentateur

Est-ce que vous dites oui aux quotas de migrants, Christian Estrosi, y compris si ça aboutit à une hausse de l'immigration économique en France ?

14:12
Christian Estrosi

Mais nous avons toujours été favorables, en tout cas mon courant de pensée politique, aux quotas en faveur d'une immigration économique, parce que dans un certain nombre de domaines, nous savons que, et c'est déjà le cas, je dirais, dans le domaine de la santé, où on manque d'infirmières, on manque de médecins...

14:30
Invité

Vous avez toujours été favorables, Christian Estrosi, et vous ne l'avez jamais fait, quand vous étiez au pouvoir ?

14:33
Christian Estrosi

C'est pour ça que je ne vais pas critiquer, accuser le pouvoir de le proposer aujourd'hui. La seule chose que je demande, c'est que ça s'inscrive dans une politique globale de l'immigration. Ça ne peut pas être une mesure en dehors d'une liste d'autres dispositions. Est-ce qu'on va raccourcir les délais d'instruction des demandes d'asile ? Est-ce qu'on va faire en sorte que tous ceux qui sont déboutés du droit d'asile soient enfin raccompagnés chez eux, là où nous savons que 95% des déboutés du droit d'asile ne le sont pas ? Est-ce qu'on va prendre des mesures en faveur de l'interdiction du regroupement familial, qui est malgré tout l'immigration qui pose aujourd'hui le plus de difficultés ?

Est-ce qu'on va remettre en cause l'aide médicale d'Etat, dont nous savons aujourd'hui qu'elle provoque un tourisme médical dans notre pays, avec des conséquences sur le déficit de notre pays qui ne sont pas négligeables, et où les Français ne bénéficient pas de mesures aussi justes et aussi équitables en matière de prise en charge de leurs soins ? Ça veut dire supprimer l'aide médicale d'Etat ? C'est tout ça qu'il faut regarder.

15:44
Invité

Ça veut dire que vous souhaitez supprimer l'aide médicale d'Etat, qui sont, rappelons-le, des soins d'urgence qui sont versés aux sans-papiers malades ?

15:51
Christian Estrosi

Ou la supprimer, ou en tout cas relégiférer ou reprendre des mesures réglementaires, de sorte que seules les grandes causes humanitaires soient prises en compte, alors qu'aujourd'hui non seulement il y a des fraudes, il y a un tourisme médical qui est une réalité. Voilà, et puis en tant que maire à la veille du congrès de l'Association des maires de France, je veux dire très clairement que je voudrais aussi que, là où l'Etat est mis sous contrôle du Parlement sur un certain nombre de sujets, nous puissions nous aussi avoir un contrôle des dispositions et des décisions prises par l'Etat sur le territoire de notre commune.

Par exemple, je veux savoir qui bénéficie d'une attribution de droits d'asile sur le territoire de ma commune. Je veux savoir qui se voit refuser ce droit d'asile et qui reste sur le territoire de ma commune.

16:42
Invité

Pourquoi vous voulez le savoir, vous ? Parce que vous ne faites pas confiance au service de l'Etat, à la préfecture ?

16:46
Christian Estrosi

Mais je fais confiance au service de l'Etat. Par contre, sur le suivi de ce qui se passe sur le territoire de ma commune, qui fait quoi, qui habite où et dans quelles conditions ils vivent, ils se voient bénéficier d'un certain nombre d'avantages qui coûtent au déficit de la collectivité ou de l'Etat, nous avons le droit de savoir. Voilà pourquoi je propose que dans ce grand débat, le sujet, la place des élus locaux, soit aussi totalement intégré.

17:13
Présentateur

Votre ville de Nice, la reconnaissance faciale dans les lycées de votre ville et la polémique autour du nouveau film de Roman Polanski. Dans un instant avec vous, Christian Estrosi, ce sera juste après le rappel de l'actualité. 9h moins 10, Léo Techer. Il ramasse 5 kilos de cocaïne sur la plage. Un jeune de 17 ans interpellé par les gendarmes à la Cano, plage interdite d'accès. 760 kilos de drogue échouée sur le littoral depuis le mois dernier. Les écoles, les collèges et les lycées du Thaï fermaient après un séisme en Ardèche, de nombreux dégâts dans la commune. La centrale nucléaire du Cruas arrêtée par précaution.

Le collectif Nous Toutes dénonce sur France Info la négligence dont font l'objet des victimes de violences conjugales. 131ème féminicide de l'année, hier dans le Barin, la victime avait porté plainte. Des rassemblements contre la précarité dans 40 villes étudiantes. Une vague de soutien au jeune homme qui s'est immolé par le feu vendredi devant un Crous à Lyon. L'ex-président bolivien promet de revenir plus fort. Evo Morales s'enfuite pour le Mexique, deux jours après sa démission. Et puis le maillot de Tony Parker, accroché tout en haut de la salle des San Antonio Spurs. Cérémonie rare dans le basket. Le jeune retraité français entre dans la légende.

18:20
Invité

France Info, et tout est plus clair.

18:24
Présentateur

Question Estrosi, vous souhaitiez expérimenter la reconnaissance faciale dans l'un des lycées de votre ville de Nice, la CNIL. La Commission Nationale Informatique et Libertés vient de vous dire non. C'est fini, c'est enterré ?

18:34
Christian Estrosi

Ça n'est pas enterré puisqu'avec Renaud Muselier, président de la région Sud-Provence-Alpes-Côte d'Azur, je suis aussi le président délégué, nous avions décidé une expérimentation dans un lycée de Nice et un lycée de Marseille. D'ailleurs, ça n'est pas de la reconnaissance faciale, c'est de la comparaison faciale. C'est d'autant plus incompréhensible de la part de la CNIL. C'est quoi la différence ? La comparaison faciale, c'est ce que vous faites avec votre passeport lorsque vous passez au contrôle aux frontières. Enfin, un lycée, ce n'est pas une frontière.

Si ce n'est que nous avions choisi avec des élèves volontaires l'accord parental, l'accord du conseil d'administration, simplement qu'avec le badge d'accès, on vérifie que ce ne soit pas un badge volé, que ce soit bien le vôtre par de la comparaison faciale. C'est donc inexplicable de la part de la CNIL de prendre une décision qui pourtant s'applique aux frontières avec nos passeports. Alors, vous le ferez ou pas, finalement ? Mais nous allons redéposer les dossiers, puis je vais vous dire une chose. De toute façon, ça se fera. Mais pas chez vous.

Vous savez, je ne veux pas qu'on perde le même retard que celui qu'on a perdu dans notre pays avec le développement des réseaux de caméras de vidéosurveillance. Il y a 15 ans, dès qu'on parlait de ce sujet, on disait interdit, attentatoire aux libertés individuelles, etc. Aujourd'hui, tout le monde en demande, on a du retard, il faut le rattraper. Ma ville est une des plus équipées et d'autres essaient de rattraper ce retard. Sur la reconnaissance faciale, on va y venir. C'est incontournable. Mais uniquement avec les usagers volontaires, comme vous le disiez dans le cadre de votre expérimentation, avec tout le monde ? Là, on était dans le cadre d'une expérimentation.

Mais sur la reconnaissance faciale, nous avons fait une expérimentation au dernier carnaval de Nice, où nous avons eu 800 personnes volontaires qui, pour passer sous les portiques, ont accepté de jouer ce rôle de volontaire et qui a démontré toute son efficacité. On a monté un dossier.

Et aujourd'hui, nous savons que c'est un moyen de lutte contre le terrorisme, de lutte contre l'insécurité, de lutte contre tous les phénomènes de barbarie, quels qu'ils soient, qui peut démultiplier l'efficacité de la police, tout en préservant les libertés individuelles, puisque seuls ceux qui figurent sur des fichiers décidés par l'État, et ce serait sous le contrôle de l'État, ont une chance d'être identifiés. Tous ceux qui ne sont pas dans un logiciel n'ont aucune raison d'être identifiés. Alors, je vais vous dire une chose.

Un, aujourd'hui, il se trouve que je viens d'être, me voir confier la présidence d'Écotaire, qui est la fédération des communes de France qui développe le numérique sur leur territoire. Donc aujourd'hui, nous montons des dossiers pour faire admettre par la CNIL que nous puissions utiliser cela. Deuxièmement, je vais monter un lobby avec un grand nombre de maires de France pour que nous puissions, à partir de nos réseaux de vidéosurveillance, enfin bénéficier de l'accord... Enfin, la CNIL ne peut pas rester un État dans l'État qui, en lieu et place d'une volonté politique, s'oppose à ce qu'on utilise les meilleures technologies pour protéger nos concitoyens.

21:47
Présentateur

Ça signifie, Christian Estrosi, que ça figurera noir sur blanc sur votre programme de candidat à la mairie de Nice ?

21:51
Christian Estrosi

Vous aimeriez bien que je vous parle de ça. Je suis dans le temps du maire, et donc je vous parle en tant que maire, et si je peux parvenir à avoir un feu vert de la CNIL avant la fin de mon mandat, ce sera une très bonne chose. Qu'est-ce qui peut encore vous empêcher d'être candidat à votre succession à Nice ? Mais, simplement que je suis au travail. À quel moment vous allez le déclarer ? Demain, je livre encore un nouveau barreau de la nouvelle ligne de tramway de Nice, et puis il y en aura un nouveau en décembre, et puis viendra sans doute le temps de la campagne.

En tout cas, aujourd'hui, je veux encore me consacrer à remplir toutes les cases du programme pour lequel j'ai pris des engagements devant les Niçois et les Niçois, qui me le rendent bien d'ailleurs dans l'enquête d'opinion que vous avez vous-même commandée. Et puis, le moment venu...

22:33
Présentateur

Vous arrivez largement en tête, y compris si votre grand rival Éric Ciotti est candidat. Vous avez réussi à le convaincre de ne pas y aller ?

22:42
Christian Estrosi

Vous savez, ce serait un échec de ne pas réussir à rassembler si je décidais d'être candidat. Donc, aujourd'hui, j'ai toujours tendu la main.

22:51
Invité

Vous lui proposez d'être sur votre liste ? Qui plus est... Vous lui proposez d'être sur votre liste, aujourd'hui ?

22:54
Christian Estrosi

Non, mais vous dire ça, ça aurait vous dire aujourd'hui que je suis candidat à ma succession. Vous l'êtes. La réalité, d'abord, c'est que ces choses-là, ça s'échange directement avec ses administrés, ses concitoyens. Aujourd'hui, l'élection de la mer dépasse complètement... Il y a des auditeurs niçois parmi les auditeurs de France Info, je vous rassure, et les téléspectateurs. Je ne sais pas, et je parle aux niçois qui savent le lien de confiance que j'ai établi avec eux, et qui savent très bien que c'est d'abord à eux que je m'adresserai le moment venu. Ensuite, nous sortons d'un cadre strictement politicien et politique.

L'élection municipale, c'est l'élection d'un maire devant tous les niçois, en ce qui me concerne. En tout cas, c'est comme cela que j'ai toujours administré ma ville au-dessus de tous les esprits partisans, de tous les clivages idéologiques. Et c'est bien dans cet état d'esprit, même en revendiquant que je suis membre des Républicains, que j'entends continuer aujourd'hui, dans le temps du maire, à administrer ma cité.

23:44
Présentateur

Il nous reste une minute, Christian Estrosi, pour une question et une réponse qui en mériterait sans doute beaucoup plus. Est-ce que vous irez voir le nouveau film de Roman Polanski, accusé, on le sait, par une nouvelle femme de viol, il y a plusieurs décennies maintenant ?

23:55
Christian Estrosi

Le film qui sort demain. Vous parlez de j'accuse. Il a été présenté chez moi en avant-première à l'occasion de Ciné-Romand. J'ai accueilli Roman Polanski. Ce n'est pas parce qu'il est accusé aujourd'hui qu'il est coupable. Ses sorties sont assez rares. Il est venu faire honneur à ce festival Ciné-Romand à Nice. Et c'est un film absolument extraordinaire. Au moment où nous parlions des étoiles jaunes dans les manifestations, je recommande à beaucoup d'aller voir ce film, parce qu'il rappelle hélas de quoi notre pays est capable du pire à des moments de son histoire.

24:33
Invité

Ce n'est pas parce qu'il est accusé qu'il est coupable, dites-vous, mais est-ce qu'il doit s'expliquer sur ses accusations ?

24:38
Christian Estrosi

Naturellement, tous ceux qui se voient reprocher quelqu'un ont plein devoir d'explication. Et c'est à lui de savoir comment il doit assurer sa défense. Mais en tout cas, moi, je ne me rangerai pas du côté de ceux qui lancent la lalie. Comme cela, c'est trop facile. Il y a une présomption d'innocence qu'il faut respecter dans notre pays.

25:02
Présentateur

Merci à vous, Christian Estrosi, maire de Nice, quasi candidat à sa succession. On l'aura deviné, je crois, à vos propos ce matin. Merci d'être venu ce matin sur le plateau de France Info. Merci. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr, disponible aussi sur l'application Radio France.

Laïcité, reconnaissance faciale dans les lycées, affaire Polanski... le "8h30 franceinfo" de Christian Estrosi — Christian Estrosi · Pourquijevote