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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 20 septembre 2024 28 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleEurope & internationalAgriculture & alimentation

"Il n'a pas protégé les français" Le Maire quitte Bercy : Thomas Porcher dézingue son bilan

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que tu partages cette vision-là de Bruno Le Maire de son petit bilan ?

  • 4:03OuverteRéponse directe

    Sur le bilan aussi, c'est le fait que les riches sont toujours plus riches, les pauvres sont toujours plus pauvres.

  • 7:03OuverteRéponse directe

    Est-ce que la situation est gravissime ?

  • 14:50OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est vraiment la stratégie néolibérale de ne pas vouloir mettre le sujet des recettes au centre du débat public ?

  • 18:58OuverteRéponse directe

    Le fait de taxer en France les plus riches et les grandes entreprises, est-ce que ça va faire le fameux départ ?

  • 22:47OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'économiquement et plus si tu veux parler d'autre chose que d'économie, il y a vraiment une dichotomie entre la France des campagnes et la France des banlieues ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:37PrésentateurFait
    « Contre la valse des impôts, nous avons fait le choix de la stabilité fiscale. »
  • 2:12InvitéChiffre
    « C'est parfaitement faux. Il y a eu des baisses d'impôts massives. Massives sur les entreprises. 40 milliards de baisses d'impôts sur les entreprises. »
  • 2:22InvitéChiffre
    « Vous avez eu la réforme de l'ISF qui a fait gagner quand même 4 milliards. »
  • 2:40InvitéChiffre
    « Puis on a donné la flat tax. C'est une baisse d'impôts sur les revenus financiers qui profite essentiellement aux 10% les plus riches qui ont reçu 1 milliard de baisses d'impôts. »
  • 3:42InvitéFait
    « Force est de constater qu'on a un taux de croissance à 0,9% et que toutes les études qui ont été commandées par la Macronie sur les baisses d'impôts qui devaient se transformer en investissement ont montré que ces baisses d'impôts ne se sont pas transformées en investissement. »
  • 4:12PrésentateurChiffre
    « Il y a plus de 9 millions de pauvres en France. »
  • 4:25PrésentateurFait
    « Le pouvoir d'achat qui a quand même légèrement diminué depuis 2017. »
  • 6:51PrésentateurChiffre
    « BFM parle d'un déficit public qui a dérapé, c'est le mot qu'utilise BFM, 5,5% en 2023 et potentiellement 5,6% cette année. »
  • 7:14InvitéFait
    « Bruno Le Maire avait comme objectif de réduire les déficits et de réduire la dette, y compris Macron. Donc pour ça, on se rend compte qu'ils ont échoué, clairement. »
  • 7:42InvitéFait
    « Et la moitié du déficit, aujourd'hui, c'est de la baisse d'impôts. »
  • 8:28InvitéFait
    « Nous avons une dette qui est en dessous de celle des États-Unis, en dessous de celle de l'Italie, en dessous de celle du Japon. »
  • 9:31InvitéFait
    « Ce patrimoine public couvre entièrement la dette. »
  • 10:08InvitéChiffre
    « Depuis 2016, il y a eu 2500 bâtiments publics qui ont été vendus. »
  • 20:45InvitéChiffre
    « Les 40 plus grandes entreprises de France ont 1 200 filiales dans les paradis fiscaux. »
  • 25:01InvitéFait
    « Il y a peut-être un archipel en France. C'est-à-dire une France des Gilets jaunes, une France des agriculteurs, une France des cadres, une France des banlieusards. »
  • 27:06InvitéChiffre
    « 85% de la population française vit négativement ce modèle. »

Temps de parole

  • Invité80 %
  • Présentateur20 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porché. C'est un épisode un peu particulier aujourd'hui parce qu'on est en direct de la fête de l'humanité au village des médias indépendants. Avec un public du tonnerre, il faudrait qu'on le fasse toutes les semaines en public, ce serait sympa. Là je parle pour ceux qui nous regardent sur internet, mais je suis ravie de vous rencontrer aussi et de vous voir ici. Et on ne change pas la formule de l'Instant Porché. Avec tous les discours qu'on entend autour de nous, il est bon temps de comprendre, analyser et décrypter.

On le rappelle, vous êtes plus de 50 000 à avoir signé notre grande pétition pour une répartition plus équitable et plus démocratique des fréquences TNT. Alors merci beaucoup, continuez de la signer, de la partager, d'aller à notre stand. Merci pour tout le soutien, on ne vit que grâce à vos dons, à vos abonnements. Donc merci beaucoup. Bonjour Thomas.

0:56
Invité

Salut Lisa. Bonjour à tous. Alors, comment on se sent après 3 jours à la fête de l'humanité ? Parce que là je sens que tout le monde est un peu chaud. J'ai vu derrière, là, il n'y en a qu'avec quelques difficultés à dire 2-3 phrases. Mais bon, on est bien, non ? On est bien, on est bien.

1:17
Présentateur

Avec toi aujourd'hui au programme, Bruno Le Maire a quitté son navire et on parle d'électorat rural et de stratégie à gauche. Parce qu'il faut le dire, en fait, l'histoire de l'Instant Porché prend un vrai tournant, car ça y est, Bruno Le Maire a quitté Bercy. L'ancien ministre de l'économie est resté 7 ans aux manettes, aux côtés de Macron. Je le cite. Contre la valse des impôts, nous avons fait le choix de la stabilité fiscale. Contre le déclassement des classes moyennes, nous avons revalorisé le travail. Contre les délocalisations de masse, nous avons engagé la réindustrialisation des territoires.

Contre le French bashing, nous avons fait de la France la nation la plus attractive en Europe. Alors déjà, rien qu'avec cette citation, je pense qu'on pourrait faire 3 épisodes de l'Instant Porché. Est-ce que tu partages cette vision-là de Bruno Le Maire de son petit bilan ?

2:06
Invité

Alors la première chose que Bruno Le Maire dit quand il dit qu'il y a la stabilité fiscale. C'est parfaitement faux. Il y a eu des baisses d'impôts massives. Massives sur les entreprises. 40 milliards de baisses d'impôts sur les entreprises. Massives sur les 10% les plus riches. Vous avez eu la réforme de l'ISF qui a fait gagner quand même 4 milliards. Écoutez-moi bien, 4 milliards aux 1% des Français qui détiennent 25% du patrimoine. C'est-à-dire 25% de tout ce qu'il y a dans les comptes et de tout ce qu'il y a en immobilier. Et à ces gens-là, on leur a donné 4 milliards de baisses d'impôts. Puis on a donné la flat tax.

C'est une baisse d'impôts sur les revenus financiers qui profite essentiellement aux 10% les plus riches qui ont reçu 1 milliard de baisses d'impôts. Et après, on a donné à peu près 15 milliards aux entreprises, majoritairement aux grandes entreprises, avec la baisse de l'ISF. Donc non, non, il n'y a pas eu de stabilité fiscale. Il y a eu une baisse d'impôts qui explique aujourd'hui la moitié du déficit que l'on va rattraper sur des économies. Alors il y a déjà eu des économies sur les retraites, c'est-à-dire les vieux, sur l'assurance maladie, c'est-à-dire les malades, sur l'assurance chômage, c'est-à-dire les chômeurs. Et qu'est-ce qu'ils vont faire d'autre ?

Ils vont aller chercher des économies encore plus loin, sur les mêmes choses, sur les trois choses que j'ai dites, parce que sur la fonction publique, c'est quand même difficile. On dit toujours qu'on veut supprimer des fonctionnaires, mais quand il faut y aller, ça devient très difficile. Et donc c'est toujours les mêmes qui vont payer finalement les baisses d'impôts. Donc Bruno Le Maire a menti là-dessus. Et là où il a menti, et il devrait faire amende honorable, c'est qu'il nous avait promis avec ces baisses d'impôts que ça allait relancer l'activité. Il nous a dit, vous allez voir, ça va relancer l'activité.

Force est de constater qu'on a un taux de croissance à 0,9% et que toutes les études qui ont été commandées par la Macronie sur les baisses d'impôts qui devaient se transformer en investissement ont montré que ces baisses d'impôts ne se sont pas transformées en investissement. Et Macron lui-même, au moment des Gilets jaunes, avait dit « Je vais revenir sur ces baisses d'impôts et ça ne fonctionne pas ». Bon, sept ans plus tard, ça n'a pas fonctionné et il n'est pas revenu là-dessus. Donc, non, non, le bilan de Bruno Le Maire est plus que mitigé.

4:07
Présentateur

Sur le bilan aussi, c'est le fait que les riches sont toujours plus riches, les pauvres sont toujours plus pauvres. Il faut le dire, il y a plus de 9 millions de pauvres en France et quand même un déclassement des classes moyennes, etc. Donc, on dit 9 millions de pauvres, mais en fait, si on gagne 1 400 euros par mois, on n'est pas riches. Donc, voilà, il y a ça. Il y a le pouvoir d'achat qui a quand même légèrement diminué depuis 2017. Enfin, il a pas mal fluctué, mais quand on prend depuis 2017, il a un petit peu baissé. Et ça, c'est des choses dont on parle très peu dans ces portraits-là en ce moment de départ.

4:38
Invité

En fait, on a eu quand même une très grosse crise, la crise du Covid et on a eu la crise inflationniste qui a fait augmenter les prix comme jamais. Il faut dire la vérité. Quand on regarde les statistiques globales, celles que Bruno Le Maire va mettre en avant ou d'autres économistes parfois avec qui je débat, ils vont vous dire « Mais le pouvoir d'achat, selon l'INSEE, a légèrement augmenté ». C'est vrai, mais ce chiffre, c'est une moyenne. En fait, il a augmenté très fortement pour ceux qui ont des revenus qui ne dépendent pas que de leur salaire.

Si vous avez votre salaire, mais des revenus à côté de l'immobilier ou des capitaux parce que vous avez placé votre argent sur le 440, le 440 a fait des tellement gros dividendes que là, effectivement, votre pouvoir d'achat a augmenté et a effacé l'inflation. Mais quand vous faites partie des 60% des Français qui n'ont qu'un salaire pour vivre, qui n'ont pas des revenus des capitaux, qui n'ont pas des biens immobiliers, là, vous vous êtes appauvris fortement. Les biens immobiliers ont augmenté de plus de 20%, l'inflation cumulée, elle est à plus de 10% et aucun des salaires n'a suivi. Vous regardez la hausse des prix, elle a fait ça.

Alors certes, maintenant, elle stagne, mais elle stagne en haut. Et les salaires, ils rattrapent petit à petit, mais il y a eu une perte de pouvoir d'achat. Alors ils vont vous dire, oui, mais le SMIG a été réévalué, les retraites ont été réévaluées, les prestations sociales ont été réévaluées. Oui, mais après coup, après coup. C'est-à-dire que les gens ont vécu parfois 6 mois, 1 an, avec des trous dans leur budget, et ils ont dû se réadapter, ils ont dû subir un ajustement. Alors vous pouvez leur donner toutes les statistiques en disant, mais on a été les meilleurs, on a réussi, on a... Non, non. Si vous allez voir les Français, je parle des 60% des Français...

Je ne parle pas des 10% des pupaux, je parle des 60% des Français dans les derniers déciles. Donc c'est la majorité des Français. Ils se sont appauvris et ils ont fait des ajustements. Ils ont baissé en qualité, ils ont supprimé des achats de loisirs, ils ont fait des ajustements. Et donc Bruno Le Maire n'a pas protégé tous les Français. Il a protégé une partie des Français. Les 10%, les 1% ont été ultra protégés, les 10% encore plus. On va aller jusqu'au 30%, ça allait. Et le reste n'a pas été beaucoup plus protégé.

6:37
Présentateur

Je voulais le dire, à la fin de l'épisode, vous pourrez poser des questions à Thomas et on pourra avoir un échange. Des médias mainstream lui ont aussi tiré le portrait quand il est parti, parce qu'il a fait tout un discours, etc. BFM parle d'un déficit public qui a dérapé, c'est le mot qu'utilise BFM, 5,5% en 2023 et potentiellement 5,6% cette année. Ou de la dette, par exemple, qui a explosé presque 3 160 milliards d'euros à la fin mars, c'est environ 111% du PIB. Est-ce que la situation est gravissime ?

Alors je sais qu'on parle tout le temps du déficit et de la dette dans les épisodes de l'instant penché, mais c'est parce qu'il y a des vraies idées reçues là-dessus et on entend tout et n'importe quoi dans les médias, en fait.

7:14
Invité

Alors, c'est un échec parce que Bruno Le Maire avait comme objectif de réduire les déficits et de réduire la dette, y compris Macron. Donc pour ça, on se rend compte qu'ils ont échoué, clairement. Et d'ailleurs, ils voulaient réduire la dette et les déficits parce qu'ils avaient fait le pari, comme je l'ai dit au départ, que la baisse d'impôts allait relancer l'activité et donc que la dette libellée en pourcentage de PIB allait se réduire. Ça n'a pas eu lieu. Donc la réalité, c'est qu'il faudrait revenir sur cette politique. Ça n'a pas eu lieu. Et la moitié du déficit, aujourd'hui, c'est de la baisse d'impôts. D'accord ? Donc ça n'a pas eu lieu.

Maintenant, une fois qu'on a dit ça, je trouve que les partis ou les militants de gauche, ou contre Macron, ne devraient pas pointer du doigt ce sujet parce que la réalité, c'est que notre dette et notre déficit ne sont pas un problème. Nous avons un déficit qui est en dessous du déficit américain, en dessous du déficit japonais, au même niveau que le déficit du Royaume-Uni. D'accord ? Ça n'est absolument pas un problème. C'est pas du tout un problème. Nous avons une dette qui est en dessous de celle des États-Unis, en dessous de celle de l'Italie, en dessous de celle du Japon. Une dette qui augmente moins vite que celle du Royaume-Uni, même si celle du Royaume-Uni est légèrement inférieure.

Ça n'est pas un problème. Je ne dis pas qu'il ne faut pas prendre en compte l'indicateur du tout. Je dis qu'il faut l'observer. Et aujourd'hui, quand on l'observe, rien n'indique que nous devons faire des coupes drastiques sur les services publics, sur la dépense publique, pour résoudre ce problème de la dette. Parce qu'il n'y a pas de problème. Les taux d'intérêt sont très faibles. Quand on prend les taux d'intérêt en fonction de l'inflation, ils sont extrêmement faibles. Personne ne nous incite, à part les éditorialistes et les économistes de droite et le MEDEF, personne ne nous demande foncièrement de rembourser notre dette.

Les gens nous prêtent de l'argent à foison, parce que nous avons une très belle signature. Et quand bien même on vous dit que les nouveaux-nés naissent avec une dette, c'est parfaitement faux. Vous savez, en comptabilité, vous avez un passif et un actif. Le passif, c'est la dette. L'actif, c'est ce que vous possédez comme patrimoine. C'est l'INSEE qui le dit. La France a un patrimoine public. Elle a des bâtiments publics, des entreprises publiques, elle a des placements financiers publics, et je ne compte pas la Tour Eiffel et la Joconde, etc. Elle a un patrimoine public. Ce patrimoine public couvre entièrement la dette.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les nouveaux-nés naissent avec un patrimoine. Et vous savez, il y a des pays aujourd'hui... Moi, j'ai travaillé un moment pour le ministère des Finances du Congo. Le Congo, avec une dette de quelques milliards, il est en faillite. Pourquoi il est en faillite ? Parce qu'il n'a pas de patrimoine. Le seul patrimoine qu'il a, c'est son pétrole. Donc il doit gager ses ressources pétrolières pour financer sa dette. Mais il n'a pas vraiment de patrimoine. Et il y a des pays comme nous qui pouvons avoir... Enfin, pas de patrimoine financier. Il y a des pays comme nous qui pouvons avoir une dette plus longue parce que nous avons un patrimoine qui le couvre.

Et ce qui est grave, c'est qu'aujourd'hui, le gouvernement nous met en danger parce qu'il brade nos patrimoines. Depuis 2016, il y a eu 2500 bâtiments publics qui ont été vendus. On a voulu à moins privatiser les aéroports de Paris. Depuis 30 ans, il y a 70 grandes entreprises, ce n'est pas des entreprises des PME, c'est des grosses entreprises, dans l'énergie notamment, qui ont été partiellement ou totalement privatisées. Donc nous bradons notre patrimoine public, ce qui fait qu'il diminue. Et en comparaison de nos dettes, il est de moins en moins important, ce qui fait, à long terme, porter un danger sur les générations futures. Mais aujourd'hui, il n'y a pas de problème.

Et nous allons devoir utiliser le déficit et la dette pour relancer notre économie. Nous allons devoir investir dans les services publics. Nous allons devoir investir dans la transition écologique. Nous allons devoir augmenter les salaires des professeurs, des assistantes maternelles, des puricultrices. Nous allons devoir augmenter leurs salaires. Et aujourd'hui, ce qu'on vous dit, c'est qu'on a trop dépensé. Comme si un instituteur était payé 7000 euros par mois. Comme si une puricultrice était payée 5000 euros par mois. sont complètement fous. La dette, elle a augmenté parce qu'on a baissé la fiscalité des plus riches et parce qu'on a vécu des chocs. Le premier choc, c'est 2008.

Crise financière mondiale due au capitalisme financiarisé. Le deuxième choc, c'est la crise du Covid. Parce que l'État est venu à l'aide des entreprises. C'est pour ça que les dettes ont fortement augmenté. C'est pas parce qu'on a payé trop les infirmières ou les instituteurs. Donc il faut arrêter avec ce discours. Notre dette n'est pas un problème. Et oui, nous allons creuser la dette. Il faut l'assumer. J'avais dit un jour sur un plateau devant Olivier Faure qui avait levé un peu les yeux. J'avais dit, écoutez, moi je m'en fous du déficit. Qu'il soit à 3, à 4, à 5. J'avais dit ça en 2019. À partir du moment où ils financent des bonnes choses, on s'en fout.

Tant que notre déficit est soutenable, on s'en fout. Et aujourd'hui, les Américains, ils sont à 8% de déficit. Ils s'en foutent. Les Chinois, ils ont un déficit plus élevé que la zone euro. Ils s'en foutent. Ils ont dit, on va rajouter plus de 100 milliards à notre déficit pour financer nos financements dans les intelligences artificielles et dans la transition écologique. Ils ont le yuan, c'est même pas la zone euro. C'est le parti communiste chinois. Ils peuvent se faire attaquer sur les marchés financiers beaucoup plus que la zone euro. Et ils s'en foutent. Ils ont dit, nos calculs sont justes, ça tient. Et nous, on a un déficit plus faible dans la zone euro.

On a peur de faire le moindre investissement dans les services publics. C'est quoi ça ? Et après, il va y avoir le grand discours. Mais oui. Et après... Non mais ce qui est très grave, c'est qu'après coup, vous allez avoir le grand discours, après coup, des Macron et des sociodémocrates qui vont nous dire « Nous avons été trop naïfs en Europe. Nous avons été les grands naïfs de la mondialisation. Regardez les Américains. Ils ont investi dans leurs grandes entreprises. Maintenant, nous sommes obligés de nous mettre sur Google, Instagram, etc. Et regardez les Chinois. Ils investissent dans les batteries électriques. Et nous sommes obligés aujourd'hui d'acheter leurs batteries électriques.

Nous avons été les gros naïfs. Mais ça fait combien de temps qu'on leur dit que c'est les gros naïfs ? Ça fait combien de temps qu'on leur dit que c'est les gros naïfs ? Ça fait des années. Et eux, après coup, ils s'en rendent compte. Ils s'en rendent compte quand on doit faire des chèques aux entreprises de l'automobile parce qu'ils n'ont pas pris le tournant d'électrique, parce qu'ils n'ont pas voulu faire les tournants qu'il fallait au bon moment. Et là, on leur fait plein de chèques avec notre argent. Par contre, les services publics, eux, ils attendent, ils attendent, ils attendent. Et on leur ressort le même discours de « Ah ben, il y a des économies à faire.

Regardez, on va visiter Necker. Necker ! » Quand même, qui est l'hôpital des enfants. Vous vous rendez compte ? Des enfants malades. Quand les enfants malades ont les très grosses maladies dans toute la France, on les envoie à Necker. Et là, on va leur dire « Je ne suis pas là pour vous faire des promesses. On va faire du management. On va faire des économies. » C'est un scandale. C'est scandaleux. C'est le service public. C'est l'hôpital. C'est l'hôpital des enfants. C'est normalement l'endroit où tu voudrais mettre de l'argent en premier. Non ? Et là, on vous dit « Je ne suis pas le père Noël. On va faire des économies. On va mettre un logiciel Excel. Vous allez gagner en efficacité.

» Ce qui a déjà été fait. Ce qui a été... On l'a vu, une gap J qui n'a pas eu les effets escomptés.

14:03
Présentateur

Oui, il s'appuie un peu sur cette idée reçue qu'on pourrait gérer le portefeuille d'un État comme on gère, nous, notre portefeuille. Avec « Oui, on ne peut pas dépenser si on n'a pas d'argent, etc. » sauf qu'en État, ça ne se gère pas du tout comme on gère notre compte en manque pour aller faire les courses. Je vais redonner une petite citation de Bruno Le Maire. Je pense que ça va te plaire. « Après les crises, nous avons pris une ligne de fermeté sur les comptes publics. Cela ne vous vaut pas que des amis. Pourtant, la sagesse recommande de tenir cette ligne, de réduire la volure des dépenses, d'en étaler certaines, d'en reporter d'autres.

Toute autre décision conduirait mécaniquement à augmenter les impôts ou à plonger la France dans des difficultés financières aiguës et immédiates. » Tout à l'heure, tu parlais de naïveté. Bruno Le Maire et sa clique néolibérale, c'est une vraie stratégie de ne pas toucher aux recettes. Parce qu'il y a un déficit, on parle beaucoup des dépenses, mais il y a aussi les recettes. Est-ce que c'est vraiment la stratégie néolibérale de ne pas vouloir mettre le sujet des recettes au centre du débat public ?

14:54
Invité

Tout à fait. Moi, ce qui m'inquiète le plus dans cette histoire, c'est qu'aujourd'hui, même des gens qui ne partagent pas forcément ce que dit Bruno Le Maire, qui ne sont pas forcément politisés, et qui sont même parfois des gens qui travaillent dans le service public, adhèrent quand même à ce discours de dire que oui, on a une trop grosse dette, on a une trop grosse dépense publique, nous sommes le pays qui prélevons plus d'impôts. Enfin, ils adhèrent à ce discours. Alors que déjà, la première chose, vous savez, moi, une fois, j'étais sur un débat à côté d'une ancienne élue de droite et qui dit que c'est scandaleux si l'État était géré comme une entreprise, il n'aurait pas cette dette.

Mais la dette des entreprises, elle est beaucoup plus élevée que la dette de l'État. Je veux dire, la dette des entreprises, on doit être à plus de 150% du PIB. La dette privée est plus élevée que la dette de l'État. Et une entreprise privée, jusqu'à preuve du contraire, même si c'est un mastodonte, elle vivra moins longtemps qu'un État. Un État ne meurt pas. Donc il faut vraiment sortir de ce débat-là et je pense le refuser en bloc. On nous dit tout le temps la dépense publique augmente, elle ne cesse d'augmenter. C'est en pourcentage de PIB. Quand on regarde en volume, depuis l'arrivée de Macron au pouvoir, Macron, qu'est-ce qu'il a fait la première année ?

Il a fait des cadeaux aux très riches, comme je l'ai dit. Et il a baissé la dépense publique en volume. Quand on ne tient pas compte des prix, il l'a baissé, c'est-à-dire que les hôpitaux, les écoles ont pu acheter moins de consommation intermédiaire. Les hôpitaux ont perdu 1,6 milliard en tendance, alors qu'on offrait 4 milliards aux gens les plus riches en 2018. Donc ça a commencé à baisser, puis il y a eu les gilets jaunes. Là, il a dû rajouter 10 milliards, ça a réaugmenté. Puis il y a eu le Covid, ça a réaugmenté. Et depuis le Covid, tous les ans, la dépense publique en volume, c'est-à-dire les milliards que l'on met, baisse en tendance.

Pas en pourcentage de PIB, parce que le PIB est plus faible, mais baisse en tendance. Donc il y a une austérité qui est là. Il y a une austérité. Et il y a de plus en plus de besoins, la population vieillit, et on gèle, on gèle, on gèle. Et là, dans les 10 prochaines années, la dépense publique va augmenter 10 fois moins vite que les 10 années précédentes. Elle va quasiment stagner. Ce qui veut dire que, comme on sera plus nombreux, par tête, nous serons plus pauvres dans les services publics. Et nous ne sommes pas déjà très riches quand on regarde aujourd'hui. Et les gens refusent de faire ça. Ils disent, non, mais les services publics, il faut encore faire des efforts.

Comme si c'était un dollar. Mais ce n'est jamais un dollar. Vous retirez 10 milliards aux collectivités locales. Ce qu'a fait François Hollande. Il a dit, bon, les collectivités locales, elles dépensent trop, les communes dépensent trop. Je retire 10 milliards pour financer le CICE. Un cadeau aux entreprises. Ils retirent les 10 milliards. Et là, moi, je savais que ça allait faire du mal. Parce que des villes, par exemple, comme la Courneuve, où il y avait la fête de l'UMA avant. La Courneuve, une des villes les plus pauvres. Vous avez 50% de la population quasiment sous le seuil de pauvreté. Le budget de l'État, le budget que l'État donnait à la Courneuve a été divisé par deux.

Comment voulez-vous faire ? Vous êtes obligés de faire des économies sur le périscolaire, sur la petite enfance, sur les bibliothèques, sur les loisirs. Vous êtes obligés. C'est trop difficile. Vous êtes obligés. Et c'est ce qui s'est passé. Et 4, 5 ans après, Libération a fait une première page en disant « Attention, ma crèche va craquer ». C'était prévisible. Si tu retires 10 milliards en collectivité locale, dans 5 ans, les crèches sont à l'os. Et tu auras un reportage, je ne sais pas moi, dans une émission, qui te dira « Oui, regardez, on ne peut plus payer les bus scolaires en province. Oui, regardez, il y a moins de personnes dans les bibliothèques. » Mais c'est normal.

Vous faites des économies sur les collectivités locales. C'est toujours douloureux. In fine, il y a toujours quelqu'un qui paye. Vous économisez 15 milliards sur l'assurance maladie, comme voulait le faire Macron en 2017, ce qui n'empêchait pas à certains de se poser la question si c'était de gauche ou de droite. 15 milliards sur l'assurance maladie, quels médicaments vont être moins remboursés ? Quelles économies vont être faites à l'hôpital ? Dites-le-moi. Au lieu de me dire « Je retire 15 milliards » comme ça, dites-moi quels médicaments ne vont pas être remboursés. C'est très clair. Personne ne lui a posé la question.

18:44
Présentateur

Sur la fiscalité, Bruno Le Maire en a parlé. Il a dit qu'en gros, si on voulait se livrer à un combat fiscal, il faudrait le faire à l'international parce qu'il y a toutes ces idées avec la concurrence, la fameuse compétitivité, etc. Toi, t'en penses quoi ? Le fait de taxer en France les plus riches les grandes entreprises, est-ce que ça va faire le fameux départ ? On n'investira plus en France, etc. Parce que déjà, on part sur l'idée reçue qu'il y a un investissement des entreprises en France, ça veut dire. Mais est-ce que tu peux un peu nous détailler ça ?

19:14
Invité

Vous savez, vous savez, moi, jadis, il y avait des grands intellectuels dans chaque pays. Vous savez, à l'époque, avant la mondialisation, aujourd'hui, y compris la mondialisation étudiante, parce que quand on fait une grande école, on fait un programme d'échange dans une autre grande école, on a des passerelles avec d'autres grandes écoles, ce qui fait qu'on a une pensée unique. Bruno Le Maire, il en fait partie. Parce qu'entre Bruno Le Maire, Macron ou un autre mec de Sciences Po moyen, ils ont la même pensée. Il y a une époque où il y avait des intellectuels qui étaient formés dans des endroits différents et qui avaient des pensées différentes.

Moi, je pense à Pierre Salama qui est décédé récemment, qui est un de mes professeurs à Ville-Tanneuse, qui, lui, était un vrai penseur marxiste. Et donc, à l'époque, il y avait des pensées qui se confrontaient. Aujourd'hui, ils pensent tous la même chose. Donc, ils disent tous la même chose. Et c'est toujours ce même type de choses. C'est-à-dire qu'on ne peut rien faire. En fait, ça ne sert à rien de faire des élections parce qu'il n'y a qu'une seule politique économique. On ne peut pas augmenter les impôts parce qu'il y a la compétition internationale. On ne peut pas investir dans les services publics parce qu'on est le pays qui a la plus grande dépense publique.

On ne peut pas augmenter les impôts parce qu'en comparaison à l'Allemagne, on a les prélèvements... Alors, dans ce cas-là, on peut faire quoi ? On ne peut rien faire, en fait. Ça ne sert à rien de faire une élection. Il faut un gouvernement technique qui applique la politique de Macron. C'est tout. Non, ce n'est pas possible, ça. Il y a un problème démocratique, là. La réalité, c'est que ces dernières années, nous avons été extrêmement ingénieux pour inventer des mécanismes fiscaux qui profitent aux grandes entreprises. Tellement ingénieux qu'aujourd'hui, les 40 plus grandes entreprises de France ont 1 200 filiales dans les paradis fiscaux. 40 entreprises, 1 200 filiales.

Personne ne se demande ce qu'elles y foutent. Personne. Je veux dire, à Bercy, il n'y a personne qui dit « Ben écoute, je ne sais pas moi, Total, tu es dans tel paradis fiscal, est-ce que tu as des stations-s-services que tu produis pétrole ? Non, qu'est-ce que tu y fous ? Ah, qu'est-ce que tu y fous ? Tu payes des impôts ? Oui, tu payes des impôts là-bas parce qu'il n'y en a pas. D'accord, bon, très bien. Non mais c'est intéressant ça. On a inventé le bénéfice mondial consolidé. Des grandes entreprises peuvent rapatrier des pertes et les déduire de leurs impôts en France.

Et on ne serait pas capable d'inventer des mécanismes fiscaux qui leur fassent payer des impôts là où elles ont leurs sièges sociaux. Enfin, c'est quoi ça ? Donc bien sûr, alors là, les cabinets d'avocats sont capables de faire des prix de transfert, des prix comptables. Ce qui fait que des entreprises, moi quand je bossais au Congo, Total ne payait pas d'impôts au Congo. Puis ils n'en payent pas en France. Ils en payent où alors ? Ils produisent au Congo, ils distribuent en France, ils payent où ces impôts ? Ben là, il faut aller chercher. Donc oui, il ne faut pas baisser les bras. Il y a des moyens. Il y a des moyens de faire autre chose.

Après, si tu n'en as pas la volonté si tu as été formé dans des endroits où on te dit depuis le début que tu n'as pas la volonté de changer les choses que rien ne peut changer et que tout le monde autour de toi que rien ne peut changer, dans ce cas-là, c'est fini. Ça ne sert à rien de faire la politique et on arrête tout quoi. Sauf qu'il peut et chacun essaie de se sauver comme il peut. Et voilà, non, ce n'est pas possible.

22:02
Présentateur

On va passer au deuxième sujet rapidement après, comme ça, on pourra faire la phase de questions. On le sait, l'instant penché, c'est une émission économique mais c'est très lié à la politique bien sûr. Je voulais, et tu voulais aussi débriefer la petite polémique autour de Ruffin et Mélenchon. Alors, ce n'est pas du tout justement pour polémiquer parce que ça, on est d'accord qu'on s'en fiche mais c'est qu'il y a un vrai débat de fond sur ce qui a été dit. C'est la stratégie de la gauche autour du fameux électorat rural. Est-ce qu'il y en a un ? Est-ce que ça existe ? Qu'est-ce que ça veut dire ?

La discorde, pour ceux qui n'avaient pas suivi, c'est le fait que François Ruffin aurait accusé Jean-Luc Mélenchon, je cite, d'avoir abandonné une partie de la France pour se concentrer sur les quartiers populaires. Alors, la réflexion, est-ce qu'économiquement et plus si tu veux parler d'autre chose que d'économie, il y a vraiment une dichotomie entre la France des campagnes et la France des banlieues ?

22:59
Invité

Alors, sur cette dispute, vous savez, moi j'essaie de me tenir très loin maintenant de toutes ces petites polémiques, ces petits pics. Je suis de moins en moins sur Twitter, donc je me tiens très loin de ça. J'essaie de moins regarder les chaînes de télévision. Donc je me tiens... En fait, moi, le vrai problème, c'est plutôt les questions de fond. Et après, si vous avez un homme politique qui se dit de gauche et qui vous dit, bon, moi je suis de gauche, mais vous savez, quand même, remettre l'âge de retraite à 60 ans comme âge pivot, c'est problématique parce que ça va coûter tant d'argent. Là, je m'interroge sur le fait qu'il soit de gauche.

Si quelqu'un est de gauche et se dit, vous savez, l'Europe c'est génial, l'Europe, on est tous copains, alors que l'Europe c'est un marché unique qui met en concurrence les modèles sociaux, qui met en concurrence la fiscalité, qui a 5 paradis fiscaux et où la plupart des délocalisations ont eu lieu dans cette même Europe et donc qui vous dit que l'Europe c'est génial et que l'ennemi c'est en dehors de l'Europe, les Chinois, les Etats-Unis ou je ne sais quoi, je me dis, ce mec-là, il a une vision un peu naïve de l'Europe, est-il vraiment de gauche ? Voilà, ça c'est des questions de fond qu'il faut trancher.

maintenant les questions où je te balance une flèche pour x, y raisons où je règle des comptes. La politique, moi, c'est un petit peu comme quand j'aime bien un chanteur. Quand j'aime bien un chanteur ou un acteur, je ne préfère pas le rencontrer. Parce que quand je le rencontre, je suis tout le temps déçu. Je le trouve un peu bête. Les politiques, c'est pareil. Je préfère m'en tenir éloigné et me tenir à ce qu'ils disent, mais je n'ai pas envie forcément de les connaître et de rentrer dans leurs histoires parce que dans leurs histoires, il y a plein d'affects personnels, de vieilles histoires qui remontent, de vieilles rancunes. Il ne m'a pas serré la main. Il m'a pris la parole ce jour-là.

Et donc, à la fin, les mecs, ils se vouent une haine alors qu'ils défendent quasiment la même chose. Et donc, je m'en tiens éloigné pour ma propre santé mentale. Ce que je voulais vous dire, c'est quoi ? C'est que moi, j'avais écrit un livre qui s'appelait Les délaissés en 2019. Et je faisais des... C'était un livre un peu que j'avais écrit après avoir lu l'archipel de M. Fourquet. Et je disais, il y a peut-être un archipel en France. C'est-à-dire, une France des Gilets jaunes, une France des agriculteurs, une France des cadres, une France des banlieusards, des banlieues de grandes villes. Mais toute cette France subit le triptyque mondialisation, financiarisation, austérité.

C'est-à-dire qu'un jeune cadre, aujourd'hui, que l'on va présenter comme un gagnant, qui ne va pas forcément intéresser les parties d'extrême-gauche. Ce jeune cadre, aujourd'hui, il vit le déclassement. Il va gagner peut-être 2200 euros, ce qui est au-dessus du salaire moyen. Mais il va trouver son travail en Ile-de-France, il va vivre dans un studio. Son salaire réel a diminué ces 15 dernières années. Et on va lui dire, t'es un gagnant de la mondialisation ? Il se regarde, il dit, dans mon 15 mètres carrés à Paris ? Non. Ce mec-là, il faut le rallier au combat de gauche. L'agriculteur. L'agriculteur. L'agriculteur qui vote majoritairement à droite.

25:51
Présentateur

Alors là, je te contredis un petit peu aux dernières élections. C'est très partagé. C'est un tiers gauche, un tiers Macron et un tiers extrême droite, en vrai.

26:01
Invité

L'agriculteur, il vit la crise du modèle à l'export qu'on lui a imposé. La concurrence internationale, le libre-échange, des prix qui sont déterminés sur les marchés financiers par notamment le Goldman Sachs Commodity Index, un index sur les commodities qui relie toutes les commodities entre elles, ce qui fait que quand le prix du pétrole augmente, parfois le soja augmente alors qu'il n'y a pas vraiment de lien.

Et un agriculteur qui devait bien connaître les évolutions de l'offre et de la demande à long terme et même parfois les contextes géopolitiques aujourd'hui confrontés à en plus la financiarisation qui font que les prix sont très volatiles et qu'ils peuvent faire des investissements alors que les prix vont chuter massivement et se retrouver en faillite. Lui aussi, c'est une victime de la mondialisation, de la financiarisation. Ces territoires sont victimes de l'austérité. Et c'est pareil pour un banlieusard, un mec du 93 qui va vivre à la Cité des 3000 qui a été créée pour les industries automobiles qui sont délocalisées en Roumanie, en Pologne et dans les pays du Maghreb.

Lui, il vit la mondialisation, l'austérité budgétaire avec les services publics qui se cassent et la financiarisation qui font que parfois on ferme une usine qui fait des bénéfices parce qu'on veut faire augmenter le cours de l'action. Donc, tous ces Français, 85% de la population française vit négativement ce modèle. Et la question n'est pas de les diviser, c'est de les rassembler autour de cette question-là. C'est ça, le but.

C'est de trouver des passerelles entre des gens qui vont effectivement avoir des modes de consommation parfois différents, des prénoms différents, des styles différents, des modes de vie différents mais qui sont tous victimes de la même chose, du modèle économique tel qu'il fonctionne aujourd'hui. Et donc, les histoires de Mélenchon avec Ruffin, j'en ai rien à foutre, honnêtement.

27:36
Présentateur

Merci Thomas. Merci à vous d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porsche. Ça fait super plaisir de le faire ici. Merci beaucoup. Merci.

"Il n'a pas protégé les français" Le Maire quitte Bercy : Thomas Porcher dézingue son bilan · Pourquijevote