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interviewfranceinfo· 6 août 2025 10 min

Ambroise Méjean, secrétaire général de Renaissance, est l'invité de la matinale de franceinfo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

7h45 et c'est l'heure Alexandre Pérou de votre interview politique. Vous recevez Ambroise Mégan secrétaire général délégué de Renaissance. Bonjour et soyez bienvenu sur l'antenne de France info.

Bonjour. Bonjour Brason. Bonjour Alexandre Pou.

Le premier ministre hier soir s'est essayé un nouvel exercice le podcast. C'était donc 8 minutes pendant lesquelles il a essayé de justifier son plan budgétaire, son plan d'économie de 40 milliards. Est-ce que vous l'avez écouté le premier ministre ?

Oui, bien sûr. Sur la route du retour des vacances pour tout vous dire et je pense que c'est un bon exercice parce que dans un monde politique qui manque parfois de nuance, qui est parfois prompte à la simplification, que le premier ministre prenne le temps d'expliquer ce qu'il souhaite faire puisque il va le faire en plusieurs épisodes, c'est une bonne chose. Ça m'a rappelé Pierre Mandz France.

Alors ça c'est faut être passionné de politique pour connaître mais c'est pas très moderne mais c'est un des premiers à avoir eu cette idée qui faisait des causeries radiophonique comme on appelait ça à l'époque dans la 4e République et il avait cette phrase que moi j'aime beaucoup qui disait "La démocratie c'est d'abord un état d'esprit et je crois que en faisant cela, le premier ministre François Baotou a démontré que bah son état d'esprit c'était quand même le dialogue et que c'est une bonne chose. Mais est-ce que c'est vraiment une bonne méthode de faire ça en plein cœur de l'été quand les Français ont clairement la tête à autre chose ? J'allais dire de leur rappeler les soucis de la politique du quotidien ?

Je pense que ça coûte pas cher d'essayer de d'établir un dialogue. Si les gens ont ce matin en nous écoutant, en nous regardant quelques minutes à dépenser pour aller regarder cette vidéo, bah très bien, ils le font et ils se font leur avis. Positif ou négatif, ce qui compte, c'est qu'on puisse avoir des éléments pour trancher.

Et souvent, je trouve que dans le débat public, on tranche un peu facilement avec nos opinions sans jamais se confronter à la réalité euh de ce que de ce de ce qu'est par exemple une contrainte budgétaire. Et c'est ce que essaie de faire le Premier ministre en donnant des éléments. Voilà.

Donc je pense que l'exercice en tout cas le souhait est louable. On verra si les français adhèrent. La question c'est aussi de savoir est-ce que ça va suffire à sauver le gouvernement à la rentrée de la motion de censure.

C'est une bonne question à laquelle je n'ai pas la réponse et j'aimerais bien la voir. Je crois que le premier ministre lorsqu'il a présenté son budget en amont a fait le choix d'une méthode un peu différente, celle de permettre le débat. Vous vous souvenez qu'avec Michel Barnier, la méthode avait été un peu différente, c'est-à-dire que l'absence de dialogue avec les oppositions avait conduit à la censure de Michel Barnier.

François Bairou a choisi un chemin différent, peut-être un peu plus difficile au départ, mais qui permet au moins que les oppositions puissent débattre avant l'examen du budget des différentes mesures. Oui. Sauf qu'aujourd'hui les oppositions, que ce soit les socialistes ou le Rassemblement national aujourd'hui, ils disent qu'ils ont pas été concertés pour ce budget qui a été présenté le 15 juillet et que ça va peut-être même les amener à voter la censure.

Bah, on est le 15 juillet. Vous noterez que normalement un budget c'est plutôt on était le 15 juillet. Vous noterez que vous noterez que un budget s'est présenté d'habitude à l'automne.

Là ça a été présenté en juillet justement pour que les oppositions puissent préparer leurs échanges. L'idée c'est que c'est un point de départ. Le premier ministre l'a dit, il y a une réalité factuelle que personne ne peut nier.

C'est la nécessité du désendettement. Euh on a euh 3400 milliards de dettes, on a besoin de faire des efforts collectifs, non pas pour le plaisir de faire des efforts, mais parce que ça nous permet aussi d'investir euh dans l'avenir. Vous savez que l'année prochaine, pour que chacun a bien le chiffre en tête, on payera plus en remboursement de la dette que ce qu'on pérera pour l'éducation nationale.

C'est quand même pas acceptable. Et donc, il faut que chacun puisse se mettre autour de la table. Et moi, j'invite les oppositions à dire et comme le premier ministre l'a fait, s'il y a des dépenses que vous ne souhaitez pas réduire ou des recettes que vous souhaitez faire augmenter, mais dites-le, proposez-le, faites des propositions pour que l'effort de 44 milliards d'euros ne soit pas forcément celui qui a été proposé par le premier ministre, mais un effort différent.

En tout cas, il faut du dialogue et je pense que le partialiste ne peut pas rester insensible à cette idée de dialogue. Mais alors justement, vous parlez de l'effort pour l'UR dans ce qui a été présenté par François Baou, on a la lutte contre la fraude sociale, des coupes claires dans la santé, dans la fonction euh publique, mais quasiment rien sur la fraude fiscale ou encore aucun effort demandé aux entreprises. Est-ce que c'est très en même temps ?

Alors sur la fraude fiscale, c'est pas vrai parce que c'est effectivement pas peut-être pas dans le budget, mais il y a un certain nombre de plans qui ont été présentés depuis euh qu'Emmanuel Macron est arrivé aux responsabilité qui ont permis de recouvrir une bonne partie une partie conséquente en tout cas. Il reste 80 à 100 milliards quand même. Oui.

Mais alors ça c'est le chiffre qu'on avance comme ça mais la réalité c'est que quand c'est les études hein, c'est pas moi. Oui. Oui.

Mais quand vous regardez euh les différentes recettes fiscales qui viennent justement de ce de ce recouvrement de la fraude, vous voyez que chaque année ça progresse parce que l'État réussit par une meilleure coopération notamment avec les banques à récupérer une partie de cet argent. C'est pas suffisant. Vous avez raison, faut qu'on continue.

Mais c'est pas une recette magique parce que on nous dit la fraude fiscale, la frude fiscale comme si c'était une recette magique. Tout comme ceux qui disent que la frude sociale, la frude sociale est une recette magique. Moi, je crois que ni l'un ni l'autre n'est vrai.

Il faut qu'on arrive à prendre un petit peu partout et que l'effort soit partagé et réparti équitablement. Est-ce qu'il vous a l'air cet effort comme il été présenté par le Premier ministre équitablement réparti aujourd'hui ? Je crois que ce qu'essaie de faire le premier ministre, c'est de mettre à contribution tout le monde.

Là où il fait par exemple un pas supplémentaire où les gouvernements précédents ne voulaient pas le faire, il demande une contribution par exemple aux retraités les plus aisés en mettant fin à l'abattement fiscal de 10 % qui existait pour les retraités les plus aisés. Aujourd'hui, c'est remplacé par un forfait à 2000 €. Donc, je pense qu'il y a une volonté de faire cette contribution.

Ajouter aussi qu'il y a une contribution sur les haut revenus, une contribution exceptionnelle sur les revenus de ce que demande la gauche aujourd'hui. Hauteur de ce que demande la gauche. Mais en même temps, si on faisait à la hauteur de ce que demande la gauche, on serait la gauche.

Et ça ne vous a pas échappé qu'on n'est pas la gauche parce qu'on considère que un certain nombre qui sont proposées par la gauche sont de nature à faire fuir une partie des gens qui investissent dans notre pays. Et donc moi ce que je dis c'est qu'il faut que on arrive à trouver une forme de compromis comme on l'a fait en janvier dernier lorsque François Baou est arrivé aux responsabilités et le compromis bah il faut qu'on soit plusieurs pour discuter. qu'il faut absolument que notamment le Parti socialiste, parce que vous savez, je crois pas vraiment à la volonté du Rassemblement national de dialoguer, mais je crois que le Parti socialiste est un partenaire avec lequel on peut sans être d'accord sur l'essentiel au moins réussir à avancer.

Sauf que les socialistes aujourd'hui disent qu'ils se sont sentir roulés dans la farine par François Bairou sur cette histoire de conclave sur les retraites qui a abouti clairement, on peut pas dire autre chose, à un échec. Notamment du fait que François Baïou a dit au bout de quelques semaines finalement l'âge légal qui était censé pas être un tabou, finalement on n'y touche pas. Euh est-ce que vous comprenez que les socialistes se soient sentis trahis ?

Ah, ce que j'ai compris surtout, c'est qu'il y avait pas eu d'accord euh entre les forces syndicales et patronales sur le sujet de l'âge légal. Euh j'ai compris aussi que certaines conclusions François Baou les a pas trop aidé, hein. Écoutez, moi je je pense qu'il aurait évaluement mieux euh valu ne pas forcément donner son avis au milieu du concl.

Après, est-ce que on peut lui reprocher d'avoir un avis sur le sujet ? Je ne pense pas. La réalité c'est qu'il y a quelques avancées qui ont été faites lors du conclave qui sont traduites, je crois par un projet de loi si j'ai bien compris ou une proposition de loi au moins si j'ai bien compris la façon dont les discussions avaient avancé et qu'on peut se féliciter de cette partie-là.

Après, est-ce que c'est un scoop de dire que pour supprimer enfin pour revenir sur la réforme de 2023, il fallait un accord plus large ? Non. Et il faut trouver des moyens de financement de le faire aussi.

Et je crois que ce qui a chopé, c'est qu'on a pas trouvé les moyens pour financer ce retour à 62 ans à 63 ans et à un moment, il y a pas d'argent magique. Est-ce que le macronisme est mort comme l'a dit Bruno Retaillot ? Sûrement pas.

Sûrement pas. Déjà parce que le macronisme c'est évidemment ce qu'a fait le président de la République depuis 8 ans, mais c'est aussi un état d'esprit. Et cet état d'esprit, c'est de dire que il faut travailler à la fois avec des gens qui viennent de la droite, à la fois avec des gens qui viennent de la gauche.

Et vous savez, j'ai une la la je suis persuadé d'une chose, c'est que dans 50 ans, on parlera encore de la façon dont Emmanuel Macron a bouleversé la classe politique en gagnant en 2017 contre deux grands partis établis en se faisant réélire en 2022 là où personne n'avait réussi au gouvernement. Vous avez Bruno Retaillot qui critique frontalement les macronistes, votre camp. Est-ce qu'il peut rester gouvernement ou est-ce qu'à des fois il faut que vous en sortiez ?

Parce que c'est compliqué. Ça vous a pas échappé que c'est un gouvernement qui n'est pas un gouvernement unitaire au sens propre du terme. C'est un gouvernement de coalition.

On n'a pas de majorité absolue. Euh vous savez après peut-être que en terme de mort d'un courant politique, Bruno Rotaillot a quelques expériences hein. Je rappelle qu'il est au républicains qui n'ont pas gagné une élection nationale depuis 18 ans.

Emmanuel Macron a quand même nommé un de leurs membres comme premier ministre il y a quelques mois. Oui, mais ils ont pas gagné une seule élection depuis 18 ans. Donc en fait, on peut se jeter des anathèmes à la figure.

Moi aussi, j'ai plein de choses méchantes à dire sur les républicains. C'est pas pour autant que j'ai envie de faire ça toute la journée parce que ça ne fait pas avancer les choses. Alors, on va parler d'un autre d'une autre question qui est très importante.

Demain, le Conseil constitutionnel va rendre son avis sur la fameuse loi du plomb qui réintroduit la Cétamiprix d'un pesticide très controversé selon les études scientifiques. Qu'est-ce que vous attendez du conseil des sages sur cette question ? Objectivement, moi, j'attends plutôt quelque chose du débat public que du conseil des sages.

La première chose que j'attends, c'est qu'on arrête la simplification et qu'on arrête de se jeter des anathèmes à la figure. Parce que j'ai vu d'un côté des gens qui expliquaient que la réintroduction de la cétamipride, c'était une condition nécessaire pour sauver l'agriculture euh d'une catastrophe absolue. On sait que c'est faux.

Et de l'autre côté, des gens qui expliquent que l'acétamyride, c'est la cause de de d'un nombre incalculable de cancer. Et là aussi, ça n'est pas prouvé scientifiquement pour l'instant. Il y a un doute sérieux.

Donc c'est pour ça que je dis que il faut le principe de précaution. Voilà, c'est pour ça que je parle de nuance et d'éviter de tout simplifier. Et donc nous ce qu'on attend surtout et là je parle au nom de Renaissance et ce qu'on a proposé à Gabriel Atal et Agè Panier Runaché la ministre de la transition écologique sur le sujet c'est de dire saisis son LANS qui est l'autorité de référence qu'elle donne son avis une bonne fois pour toute sur est-ce que cette réintroduction par dérogation comme le prévoit la loi est possible ou non et si ce n'est pas le cas et ben qu'on ne le fasse pas mais qu'on ait une vision scientifique de la chose et pas une vision qui soit politique ou dogmatique.

Est-ce que les 2 millions de signataires malgré tout ça n'oblige pas les élus, les politiques à remettre ce texte en débat ? Mais en tout cas, c'est certain qu'il faut que le débat continue d'avoir lieu. Et on va pas dire à 2 millions de personnes, écoutez, c'est vachement sympa que vous ayez signé un papier, mais on en a rien à faire.

C'est pas comme ça que fonctionne la démocratie. 2 millions de personnes qui vont sur un site internet qui rentrent leur carte d'identité, ça veut dire qu'il y a une vraie inquiétude et il faut l'entendre. Et objectivement, moi je l'entends pour ma génération.

On a réduit depuis 2017 de 97 % la vente des des pesticides les plus dangereux dans ce pays. Donc c'est quelque chose, c'est un combat qu'on porte. Donc moi je l'entends et la question c'est juste queon mène ce combat sur des bases scientifiques.

C'est ça qu'on demande. Merci beaucoup embr d'avoir été notre invité ce matin. Nathalie, c'est à vous.

Merci Alexandre Pérou. Et on va maintenant pas.