"Emmanuel Macron ajoute du chaos au chaos" affirme Bertrand Pancher, député de la Meuse et président du groupe LIOT
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Questions et réponses
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Est-ce que vous n'avez pas comme une sensation de vertige ?
- 1:06OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron a-t-il eu raison selon vous de dissoudre l'Assemblée Nationale ?
- 1:54RelanceRéponse directe
Il aurait dû faire deux ans avant ? Qu'est-ce que vous voulez dire en disant qu'il n'a pas entendu il y a deux ans ?
- 2:20OuverteRéponse directe
Pour vous, quel est l'intérêt d'Emmanuel Macron d'issoudre l'Assemblée ?
- 2:41FerméeRéponse directe
Pour vous, il pourrait redissoudre à l'avenir ?
- 3:06OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous entendez dans votre circonscription ? Est-ce que vous pensez que cette annonce, elle est audible par les Français ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:09Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron rajoute au chaos, au chaos. »
- 1:22Invité politiqueFait
« on ne veut pas de majorité absolue et on veut que tout le monde travaille ensemble. »
- 2:25Invité politiqueFait
« Il y a ou bien un calcul cynique en disant « je vais ramasser que des morceaux et puis vous allez voir, il n'y a plus que moi » »
- 2:33Invité politiqueFait
« ou bien « je veux que le RN arrive et dans un an, je vais à nouveau dissoudre l'Assemblée Nationale ». »
- 3:26Invité politiqueFait
« Département rural, on est encore plus isolé qu'en territoire urbain. »
- 3:31Invité politiqueFait
« Des problèmes de communication, des services publics qui se dégradent encore plus qu'ailleurs. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Des difficultés plus qu'ailleurs de retrouver du travail quand on est au chômage. »
- 4:47Invité politiqueFait
« Il n'y a pas de problème de financement des retraites. »
- 4:58Invité politiqueFait
« Marine Le Pen, il n'y a pas de problème de financement des retraites. Il faut que la France fasse plus d'enfants. »
- 5:05Invité politiqueFait
« Il n'y a pas de problème de finances publiques. »
- 5:06Invité politiqueFait
« Il faut renvoyer les migrants. »
- 6:50Invité politiqueChiffre
« On est le premier pays occidental avec des dépenses publiques les plus élevées, des services publics qui fonctionnent le moins bien »
- 7:37Invité politiqueChiffre
« On attend les 7 milliards promis depuis une dizaine d'années pour faire en sorte que nos maisons de retraite fonctionnent. »
- 9:01Invité politiqueChiffre
« Vous étiez indemnisés 30 mois il y a deux ans. Ça va être maintenant 17 mois. »
- 10:35Invité politiqueFait
« en disant qu'il faut un choc démocratique. »
- 10:39Invité politiqueFait
« La priorité des priorités en termes de services publics, c'est l'hôpital. »
- 11:36Invité politiqueChiffre
« Il y a pratiquement 100% des jeunes qui, au bout d'un an, en sortie de centre éducatif fermé, qui ne refont plus une seule connerie dans la vie. »
Temps de parole
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Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. L'invité de la matinale, Pierre-Hugues Dubois. Votre invité ce matin est Bertrand Pancher, député de la Meuse et président du groupe Liotte à l'Assemblée Nationale, groupe Liberté Indépendant Outre-mer et Territoire, candidat aux prochaines élections législatives avec lui évidemment. Vous revenez sur la dissolution de l'Assemblée Nationale dimanche soir. Bonjour Bertrand Pancher. Est-ce que vous n'avez pas comme une sensation de vertige ?
Mieux vaut la fin d'une chose que son commencement, c'est l'ecclésiaste 7-8. Et surtout la fin, mieux vaut un esprit patient qu'un esprit hautain. Donc je suis patient, je pense que toute crise c'est une grande menace, mais c'est aussi une formidable opportunité.
Emmanuel Macron a-t-il eu raison selon vous de dissoudre l'Assemblée Nationale ?
Emmanuel Macron rajoute au chaos, au chaos. Emmanuel Macron aurait dû écouter le message, le premier message des Français il y a deux ans, quand les Français ont dit nous, on envoie au Parlement, on donne un signal, on ne veut pas de majorité absolue et on veut que tout le monde travaille ensemble. C'est ce qu'on fait d'ailleurs très facilement, le groupe Liot, avec les gens de gauche et de droite transpartisans. Ça se passe très très bien. Il aurait dû travailler comme ça, il ne l'a pas fait, un coup de 49-3. Le message a été d'une politique, mais directe, en sa direction, c'est-à-dire changer de méthode tout de suite et changer de priorité. Il n'a pas fait, il déçoue l'Assemblée Nationale.
Il aurait dû faire deux ans avant ? Qu'est-ce que vous voulez dire en disant qu'il n'a pas entendu il y a deux ans ?
Il y a deux ans, il aurait dû faire comme dans tous les pays où il n'y a pas de majorité, il aurait dû faire en sorte qu'on se réunisse, qu'on travaille ensemble, on aurait trouvé des solutions, j'en suis absolument certain, nous-mêmes, gauche, droite, on était quasiment au sein du groupe Liot, et ici on l'unanimité. Le vrai sujet, c'est de rassembler les Français, ce n'est pas de diviser. Et là, on rajoute du chaos au chaos.
C'est vrai qu'on se demande un peu tous pourquoi Emmanuel Macron a fait ça. Pour vous, quel est l'intérêt d'Emmanuel Macron d'issoudre l'Assemblée ?
Il y a ou bien un calcul cynique en disant « je vais ramasser que des morceaux et puis vous allez voir, il n'y a plus que moi », ou bien « je veux que le RN arrive et dans un an, je vais à nouveau dissoudre l'Assemblée Nationale ». Pour vous, il pourrait redissoudre à l'avenir ? Oui, il pourrait redissoudre à l'avenir, ou bien parce que c'est comme un enfant parfois colérique, on casse le jouet. Tout ça, c'est incompréhensible parce qu'on parle quand même de la France, 7e puissance mondiale, on parle de la France qui jusqu'à présent a toujours tiré l'Europe. C'est quand même un pays très riche, très puissant. Et il y a une inquiétude complètement dingue.
Oui, parce que pour vous, dans votre circonscription, vous êtes député de la Meuse, la Meuse qui vote de plus en plus pour le Rassemblement National. Qu'est-ce que vous entendez dans votre circonscription ? Est-ce que vous pensez que cette annonce, elle est audible par les Français ?
Moi, j'entends dans ma... Je vois la souffrance de mes concitoyens, l'isolement de mes concitoyens. Département rural, on est encore plus isolé qu'en territoire urbain. Des problèmes de communication, des services publics qui se dégradent encore plus qu'ailleurs. Des difficultés plus qu'ailleurs de retrouver du travail quand on est au chômage. Certes, il n'y a pas beaucoup de chômage, mais quand on est au chômage, on ne trouve pas. Et des problèmes de pouvoir d'achat et le fait... Et cette incompréhension en disant, mais on n'est pas écouté, il n'y a rien qui va.
Est-ce que vous allez d'ailleurs y retourner ? Vous êtes un nouveau candidat, je crois. Oui, bien sûr. Pour faire quoi ? Par opposition au Rassemblement National qui est là, partout présent dans votre circonscription. Je crois qu'il a fait des scores aussi très importants, à Bar-le-Duc notamment. Comment est-ce que, j'allais dire, vous vous positionnez par rapport à un Rassemblement National puissant ?
Parce que moi, je crois en notre pays, à ses capacités de redressement. Je suis convaincu que le pays peut se redresser très très très très rapidement. C'est très facile, à une seule condition, qu'on se mette à écouter tout le monde et à travailler tous ensemble. C'est la seule façon dont le pays pourra réussir. Et si on divise, ce qui est le cas de l'extrême droite, comme de l'extrême gauche, si on rajoute de la division, de la haine à la haine, des manifestations aux manifestations, le pays va s'écrouler. Et puis, moi, j'ai entendu l'extrême droite, là, pendant deux ans, à l'Assemblée Nationale. Enfin, c'est caricatural, objectivement. En quoi, c'est caricatural ? Tout est caricatural.
Il n'y a pas de problème de financement des retraites. Nous-mêmes, Lyot, on s'était opposés aux retraites. En disant qu'il faut faire ça intelligemment, progressivement, il y a le plan seigneur. Eux disent, Marine Le Pen, il n'y a pas de problème de financement des retraites. Il faut que la France fasse plus d'enfants. Non, mais enfin, c'est à péter de rire. Il n'y a pas de problème de financement de nos finances. Il n'y a pas de problème de finances publiques. Il faut renvoyer les migrants. Enfin, c'est à exploser de rire. C'est tout ça. C'est des messages simplistes.
Pour certains Français, quand ils regardent le spectacle de l'Assemblée Nationale, ils se disent, les Insoumis, ils font beaucoup de bruit. Et les députés du Rassemblement National, ils viennent en costume cravate. Ils ont l'air plus sérieux. Et c'est, selon certains, ce qui peut amener à faire voter Rassemblement National. Est-ce que vous comprenez ces arguments ?
Oui, je les comprends. Mais d'abord, ce n'est pas la réalité. Vous savez, ce n'est pas le tout de mettre une cravate, une vache avec un chapeau de gendarme, ça ne fait pas un gendarme, dit-on, chez nous, à la campagne. Tout ça, c'est le vernis. La dernière, il y a 15 jours, quand il y a eu à nouveau ce fort incident à l'Assemblée Nationale avec les filles et le drapeau palestinien, de notre côté, l'extrême droite se levait en hurlant, en chantant la Marseillaise, on serait cru dans des spectacles.
Vous êtes député depuis 2007, Bertrand Pancher. Est-ce que vous avez déjà connu une telle ambiance dans les couloirs du Palais Bourbon ? Je pense à deux choses. Je pense déjà à l'ambiance qui est là depuis deux ans, depuis cette 16e législature, le début de cette 16e législature, et depuis quelques jours.
Non, parce que tout se radicalise. Mais c'est normal, c'est la société de l'instant, c'est la société de communication, il faut faire des coups politiques en permanence, c'est que des petites phrases, il n'y a pas de fond. C'est ça la politique à travers ces trois blocs, Emmanuel Macron et les filles et l'extrême droite. Mais ce n'est pas ça. Nous, on a un idéal de réellement développement humain, équilibré, on pense que les choses peuvent se régler en s'écoutant, en travaillant ensemble. Moi, j'en ai vraiment la certitude. On est le premier pays occidental avec des dépenses publiques les plus élevées, des services publics qui fonctionnent le moins bien, chercher l'erreur.
La conséquence, c'est quand même ce vote Rassemblement National. Oui, parce qu'on a un pouvoir public. Emmanuel Macron a fait la démonstration de son inefficacité avec une administration qui est folle, alors qu'il faut décentraliser, donner le pouvoir au territoire, aux collectivités, faire confiance aux acteurs, parce que les Françaises et les Français sont appauvris, parce qu'il faut ouvrir la question du débat sur le partage de la valeur ajoutée dans les entreprises, parce que quand on est une personne âgée, nos systèmes, nos EHPAD, ça se détériore. On attend les 7 milliards promis depuis une dizaine d'années pour faire en sorte que nos maisons de retraite fonctionnent.
On voit bien que ça ne fonctionne pas au quotidien et c'est pourtant si facile de remettre ça en place.
Le groupe Liotte était une force charnière stratégique au sein de cette 16e législature, composée de plusieurs députés issus de partis différents. C'est vrai que Liotte, ce n'est pas forcément très connu, mais en tout cas, c'était une force qui, dans ce contexte de majorité relative, était très importante pour le gouvernement. Aujourd'hui, quelle est la stratégie électorale de Liotte ?
La stratégie électorale de Liotte, c'est de dire « Regardez, nous, nous sommes nous-mêmes. Nous, nous avons su travailler gauche et droite de façon transpartisane par le dialogue, par le respect et par cette attache au territoire. Faites-nous confiance parce que c'est la seule solution pour que le pays réussisse. C'est la seule solution pour que le pays réussisse et on a vraiment une possibilité de travailler ensemble et de faire remonter vos grands combats communs. Ce n'est pas un hasard si on a été les chefs de file dans le domaine des retraites, parce que les Français et les Français disent « On n'en peut plus.
» Ce n'est pas un hasard si on s'est dit une nouvelle réforme de l'assurance chômage, qui est peut-être mon entreprise bergère de France en liquidation. Qu'est-ce que je dis aux personnes qui ont une soixantaine d'années ? Là, je vais leur dire « Vous étiez indemnisés 30 mois il y a deux ans. Ça va être maintenant 17 mois. » C'est en écoutant les gens, les Françaises et les Français, qu'on règle le problème des Françaises et des Français. Ce n'est pas par des slogans politiques.
Et pour revenir à ces législatifs qui arrivent, Stéphane Séjourné vous a-t-il tendu la main ? Écoutez, tous nous tendent plus ou moins la main.
Tous nous tendent plus ou moins la main. Est-ce que vous l'attrapez ? Stéphane Séjourné ne m'a pas appelé. Comment je vous le dis ? Tout le monde se rend compte que si on ne fait pas attention, l'extrême droite va arriver au pouvoir. Mais c'est un peu tard du côté de la majorité relative. Il fallait quand même y penser plus tôt. Moi, j'aurais préféré que Stéphane Séjourné dise au président de la République que ça suffit. Visiblement, Yann Brunpivet, la présidente de l'Assemblée, lui a dit ça. Oui, Yann Brunpivet lui a dit ça. Mais Yann Brunpivet n'est pas plus écouté que les ministres ou le Premier ministre. Un président qui gouverne seul, ça ne peut pas fonctionner.
Est-ce que, je reviens au groupe Liotte, puisqu'on n'a pas tout à fait terminé, est-ce que ce groupe pourrait perdurer dans une nouvelle législature ?
Mais il va perdurer et je pense qu'il va se développer. On est 23 parlementaires. On incarne la solution pour notre pays. On a une capacité de travailler avec tout le monde. Demain, qu'est-ce qui va se passer à l'Assemblée nationale ? Très vraisemblablement, le RN va augmenter en taille. Très vraisemblablement, on va être tenu de travailler ensemble. Eh bien, nous, nous avons un programme qui est très précis. en disant qu'il faut un choc démocratique. La priorité des priorités en termes de services publics, c'est l'hôpital. La priorité, c'est le pouvoir d'achat de nos concitoyens. C'est la justice. C'est le même discours que le Rassemblement national.
Le pouvoir d'achat, la justice, vous m'ajoutiez à la sécurité, vous aviez le triptyque.
Oui, mais attendez, la seule différence, c'est la façon de mettre ça en place. Vous savez, dans mon département, je devais visiter hier, puis j'ai dû annuler un centre éducatif fermé. Le centre éducatif fermé, c'est des jeunes qui vont en prison. Bon, pour aller en prison quand on est mineur, il faut déjà y être allé très très fort. Très très fort, quoi. Parfois des crimes, c'est abominable. Il y a pratiquement 100% des jeunes qui, au bout d'un an, en sortie de centre éducatif fermé, qui ne refont plus une seule connerie dans la vie. Parce qu'il y a des éducateurs. Parce que, dès, comment, on les prend réellement en main. Est-ce qu'on parle de tout ça au RN ?
Au RN, c'est, il faut les foutre en prison. C'est-à-dire, ok, mais en faire des usines à délinquants. Est-ce que la prévention, c'est dans le cœur du RN ? Est-ce que les moyens d'accompagnement, c'est dans le cœur du RN ? Le cœur du RN, on rajoute, en slogan, en foutant la trouille aux gens. Non, non, nous, on s'attaque aux priorités des Français, mais dans le bon sens.
Quand vous dites ça à vos électeurs en circonscription, est-ce qu'ils vous entendent vraiment, Bertrand?
Mais je leur dis, moi, vous savez, y compris dans les bistrots chez moi, quand on me dit, il y a trop de migrants, Bertrand, c'est scandaleux. Je dis, mais tu veux que j'aille te présenter, le type dans mon quartier, qui a reçu une balle dans la tête, la tête, comment la balle est près du cerveau ? Tu veux que j'aille te présenter ? Moi, la femme qui est arrivée avec ses sept gosses, dit, tu veux comment, dériteraient, parce que son bonhomme s'est fait tuer, qui a couché en France, sous les ponts, et qu'on a récupéré ici, tu veux que j'aille te les présenter ? Viens. Elle me dit, ouais, mais c'est pas tout à fait ça. Je dis, on va pas accueillir toute la misère du monde.
C'est clair, mais ceux qui sont chez nous, il faut bien s'en occuper. Donc, quand on parle, au fond du cœur, avec son cœur à nos concitoyens, nos concitoyens le comprennent.
Merci beaucoup, Bertrand Pancher. Je rappelle que vous êtes député de la Meuse et président du groupe Liotte à l'Assemblée Nationale, le groupe Liberté, Indépendant Outre-mer et Territoire. On l'a entendu, groupe qui va perturber s'il y a une nouvelle législature. Et puis, vous êtes candidat aux prochaines législatives qui auront lieu le 30 juin et le 7 juillet prochains. Merci.